Titre: Père Castor (et Pollux)
Sous-titre: Épisode 1 - Coin du feu ! Le Phénix renaît de ses cendres !
Genre: Parodie de conteur, humour, pêle-mêle de références - on ne change pas une équipe qui gagne
Contexte: Post-Hadès et SoG + Épisode 17 de Gintama 2015 (ou 282 de l'ensemble des épisodes de Gintama il me semble) auquel le sous-titre renvoie déjà. (ALLEZ LE VOIR CET ÉPISODE IL EST TELLEMENT GÉNIAL)
Personnages: Deux narrateurs principaux que vous reconnaîtrez, les Bronzes, Saori, mention d'autres personnages dans le gros bordel qui se profile
« La nuit est tombée sur le manoir Kido telle le voile noir qui s'abat sans prévenir sur le regard des guerriers agonisants, leur ôtant ainsi la vie. Une pluie fine se dépose sur les lieux comme pour pleurer un pêché impardonnable...
Au premier étage, dans la chambre au fond de l'obscur couloir de droite, Shun ajuste son kimono noir à motifs gris taupe, comptant profiter avec Seiya des joies douces et innocentes des soirs de vacances d'été.
Dans la chambre à côté, à la porte imposante et encore plus intimidante dans la pénombre, Hyōga fait la lecture au pauvre Shiryū encore privé de sa vision.
En face de cette chambre, dans une pièce uniquement éclairée par le rayon pâle et froid de la triste lune, Seiya fait l'inventaire de ses feux d'artifices et pétards. Car au parc, les effets pyrotechniques douteux d'un Pegasus Ryū Sei Ken sont proscrits.
Et enfin, au deuxième étage, l'endroit le plus silencieux et retiré de la Fondation, Saori, parée de son plus beau yukata, attend désespérément qu'on finisse par l'inviter à cette balade nocturne. Vu que Seiya s'y rend avec Shun, l'argument de la soirée virile entre hommes n'est pas vraiment valable, et pauvre déesse, elle s'ennuie maintenant qu'elle n'a plus de plateau d'argent sur lequel se présenter à un dieu maléfique...
Ses yeux se perdent sur la multitude de peluches inanimées qui ornent son lit gigantesque. Elle a récemment craqué sur une peluche en forme de pégase - allez savoir pourquoi au hasard je dirais que peut être qu'elle est fan du Hercule de Disney, au détriment de la licorne mauve au regard vide et rapiécée de partout qu'elle chérissait depuis sa plus petite enfance. Elle a fait son temps, hélas, et même si elle a de bons souvenirs avec ce bout de tissu et qu'à cet instant sa vie avec lui défile devant ses yeux - comme par exemple ces souvenirs des fois où elle chevauchait dessus pour imiter les "westerns" que regardait son grand-père en criant "Allez hue, cochonne, je sais que t'aimes ça !", elle n'a aucun regret. Il est temps de tourner le dos à son enfance pour rentrer dans la vie adulte même si ce passage consiste en l'achat d'une autre peluche ce qui est tout à fait absurde. Mais passons.
La demoiselle est soudain soustraite à ses pensées par la sonnerie du téléphone au rez-de-chaussée. Sachant pertinemment que Tatsumi est en congé et que ses chevaliers servants sont tous trop occupés pour répondre - ou alors ils vont encore faire le coup du Seiya qui tombe puis du Shiryū qui tombe avec sans parler du Hyōga qui préfère pleurer sa mère et du Shun qui ne fera rien tant que Ikki ne sera pas allé répondre "allô, c'est qui" trop tard, elle descend avec une hâte toute relative vers l'objet de son dépit. Elle saisit le combiné et, comme vous n'en doutez point, prononce le fameux "moshi-moshi ?" de nos amis nippons sans qui je ne serais pas là à vous embêter avec mes déblatérations au moins aussi loufoques que moi. »
- Allô, Saori ? Ici Jabu.
- Jabu ? Tu n'es pas au Maroc ?
- Mais qu'est-ce que vous voulez que je foute au Maroc ? Enfin là n'est pas la question. Vous m'avez oubliée, Mademoiselle Saori... C'est mal... Je m'en vais vous voir...
- ... Comment ça ?
- ... Je sors de l'aéroport, Mademoiselle Saori...
- Bah, si tu n'étais pas au Maroc, pourquoi est-ce que tu...
- ... Chuuut... J'arriiive...
« Saori raccroche, inquiète par l'étrange ton du chevalier de la Licorne. Elle se frotte le menton, perplexe. Oublié ? Lui ? A-t-elle réellement pu oublier ce brave Chevalier qui pour elle a... A... A fait quoi, déjà ?
Elle s'assoit sur une chaise et frissonne, appréhendant la réaction du blond cendré. Que compte-t'il lui faire une fois arrivé au manoir ? Lui en veut-il vraiment ? La japonaise a une boule dans la gorge, un mauvais pressentiment... Elle pense à tous ces étranges phénomènes qui se sont déroulés sous ses yeux ces derniers temps. Comparé à ce qu'elle a vécu en temps de guerre, ce n'est certes pas grand chose, mais ces événements maintenant qu'elle est sous tension ont piqué son intérêt. Si bien qu'elle ne remarque même pas le Shun qui la salue accompagné de Seiya, tous deux quittant la résidence pour la sortie qu'ils ont prévu. »
- Shun, tu peux me dire ce que tu fais avec un filet dans ta main ?
- Oh, ça ? C'est au cas où je croise Ikki. Comme ça, il ne pourra plus s'échapper et nous passerons enfin un bon moment entre frères, hi hi hi hihihihi Ikki Ikki Ikki ~!
- ... Il te manque plus que les cheveux roses, espèce de yandere psychopathe.
- Je plaisantais !
- Mais bien sûr !
- Ouïe !
- De quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Non rien, c'est bizarre, j'ai eu super mal au bras l'espace d'une seconde... Sûrement Ikki qui joue encore avec sa poupée vaudou à mon effigie... Mais c'est passé. Il va voir, celui-là ! Je te suis, Seiya !
- Si tu veux, mais là je suis derrière !
« Une fois les deux jeunes hommes disparus de son champ de vision et d'audition, Saori se tourne vers le téléphone, et, comme s'il avait compris ce qu'elle redoutait le plus, il se met à sonner de nouveau. Après un moment d'hésitation, elle décroche une seconde fois. »
- Allô ?
- Allô Saori ? Ici Jabu. J'arriiive... Je suis au croisement...
- Mais il n'y a pas de croisement sur le chemin ! Dis-moi, tu es où, là ?
- Heu... Troisième district.
- Hé bien ! Tu es complètement perdu mon cher Jabu ! Tourne à droite et continue tout droit jusqu'à croiser un cinéma. Ensuite c'est à gauche après le feu rouge, tu longes la rue puis tu traverses l'hippodrome privé et tu y es !
- ... Oh. Merci. J'arriiive...
« Kanon, je crois que tu vas arrêter de faire les dialogues. Ça devient n'importe quoi. Enfin bref.
La demoiselle raccroche puis déglutit. Elle monte jusqu'à sa chambre, ressentant le besoin de serrer ses petites peluches contre elle, maintenant qu'elle est seule au manoir et sans défense - Hyōga et Shiryū sont sûrement en pleine débâcle sentimentale exagérée sur la beauté du livre qu'ils viennent de lire alors ne comptons pas sur eux pour changer. Et là, elle constate avec stupeur qu'il manque sa peluche licorne... Pensant qu'elle est simplement tombée, elle vient se blottir contre le petit pégase.
Quand le téléphone sonne une troisième fois, Saori va le décrocher toute tremblante. »
- Allô Saori ? Ici Jabu. Je sais ce que vous portez...
- Ah oui ? Et je porte quoi ?
- Bah du blanc, comme d'habitude !
- Faux ! Je porte un yukata mauve !
- ... Heu... Regardez en dessous !
- ... Hhhhh ! D:
- Héhé... C'est moi, Saori, c'est moi Jabu... Et je suis...
« Elle n'a pas le temps de savoir la suite qu'une autre voix s'élève ailleurs. Elle se retourne. »
- Derrière toi !
« Et là bâm plot twist !»
« Hein ? M-Mais Kanon qu'est-ce que tu... »
« Seiya se tient derrière elle, les yeux brillant d'un éclat rouge comme le ciel des Enfers ! Il lui dit "Il n'y a que moi qui dois compter pour vous, princesse... Car je suis..." avant de lever lentement son bras pour aller l'abattre sur... »
- Derrière toi ! s'écrie alors le chevalier Phéniiiiix en enserrant le cou de Seiya avec ses deux bras forts !
« Comment ça, encore un retournement de situation ? Je comprends plus rien, les frangins ! Et Jabu, alors ? »
« Jabu il voulait inviter lui-même Saori à sortir au parc et sa voix c'est parce qu'il a chopé une angine... »
« Kanon, cesse donc de raconter n'importe quoi, tu es en train de gâcher mon récit ! Puis d'abord on ne peut pas refaire deux fois le coup du "Derrière toi" ! Une même attaque ne marche pas deux fois sur un même chevalier ! »
« Alors ça ça se discute...»
« Alors déjà c'est notre histoire pas juste la tienne. Et ton "Attentioooon !" du doublage français, Saga, on en parle ? »
« Ça n'a rien à voir, ça c'est une technique ancestrale ! Vegeta est bien content de s'en servir ! »
« Ouais enfin là paraît-il qu'il se tape des vacances au club Med... »
« Mais ça yé m'en fous ! ¡ Gillipollas ! Et la fín de l'histoire, alors ? Saga ? »
« Hé bien... J'ai oublié. Merci, petit frère. »
« Ce n'est pourtant pas compliqué. Seiya tue Saori, Ikki tue Seiya, Shun attrape Ikki avec son filet, Jabu tue Shun, Ikki fait de la combustion spontanée et tue Jabu avant de se jeter dans ses propres flammes pour rejoindre son frère dans la mort tel le rite de la sati, Shiryū se suicide pour laver son honneur et Hyōga fait de même, ne pouvant supporter la vision d'horreur qui s'offre à lui. Et je dirais pour terminer qu'il est un principe que Bouddha nous a enseignés: mange car un jour tu seras mangé. »
« Shaka... Elle fait peur ton histoire... »
« Et encore, Aiolia, ça c'était la version Disney. »
« Mais, tu es sûr pour la moralité, là ? Pas que je me mette en doute tes... »
« Oserais-tu douter de la parole de l'Éveillé, frère d'Aiolos ? »
« N-Non non ! Et lâche cette lampe torche, tu es déjà assez illuminé comme ça !»
« Badam tss. »
« Foi de Saga et même d'Arlès si vous voulez, plus jamais je ne vous raconte d'histoires au coin du feu. »
« Quelqu'un a vu les guimauves ? »
« Mū, c'était pas des guimauves, c'était la mozzarella que DeathMask a apporté de ses vacances. »
« ... A-Ah ? »
« Du vrai buffle, mon pote ! »
« ... En tout cas c'est très bon grillé ! »
« Hein ? Tu l'as faite griller ?! Puttana madonna, mais il est pas bien ! »
« Merde, les gars ! Y'a mon portable qui sonne ! »
« C'est Bouddha ! Tous aux abris ! »
« Ou alors les Bronzes... »
« Revenus d'entre les morts ! »
« ANOTHER DIMENSION ! »
« GOLDEN TRIANGLE ! »
« Hé poussez pas ! »
« Pas de panique ! Il y aura de la place pour tout le monde ! Même pour toi, Aldebaran ! »
FIN
