Coucou !
Ne vous inquiétez pas, la suite de Fête et feta est en cours d'élaboration ! J'hésite juste entre deux cas de figure qui pour le moment m'empêchent d'avancer. Mais je vais finir par faire un choix, pas de panique !
Informations :
Titre: Ôtez-moi ce soleil
Genre: Improvisation, bribe de monologue, angst, drama
Contexte: Pré-Bataille du Sanctuaire (headcanon ou pas, telle est la question)
Personnage: Saga
Remarque spéciale: Ce court texte sans réel début et sans véritable fin est grandement inspiré du style romantique, dans son sens littéraire j'entends. Ce n'est pas la première fois que j'écris comme ça (Seppuku a également beaucoup d'inspiration romantique), mais cette fois-ci je force la dose et je le signale ouvertement. D'autant plus que j'ai fait une référence voulue à une réplique du célèbre Lorenzaccio de Musset. Je vous la citerai à la fin. La littérature romantique est de loin ma littérature préférée et c'est dans ce style que j'improvise le plus facilement et que je me sens le plus inspirée pour faire des métaphores.
Allez, trêve de bavardages, je vous laisse découvrir ce petit exercice de style. Bonne lecture !
Ô Dieux, qu'attendez-vous du pion que vous manipulez sur l'échiquier du destin par le biais d'une folie criminelle ? Je ne suis pas un Hercule, et pourtant il me semble percevoir les hurlements de ma Megara damnée depuis les Enfers, et je finis peu à peu par croire que la tunique sombre que je porte m'enserre et m'étouffe comme les deux serpents de l'optimisme et du pessimisme que j'ai étranglé de mes mains pour m'emprisonner dans une morne incertitude. Ah ! Le soleil se rit de moi à présent ! Sa sécheresse empoisonne ma gorge et me cloisonne encore un peu plus dans le mutisme. Je le recouvrirai du sang qu'il m'oblige à faire couler pour que plus jamais il ne brille ! Soleil rouge, ardent et sans pitié, viens toi aussi brûler le Sanctuaire ! Je ne suis après tout qu'un spectateur impuissant qui n'a que ses yeux pour voir comment ma folie furieuse a embrasé jusques aux plus innocents, et s'est propagée grâce aux vents contraires de mes décisions arbitraires. Le Domaine sacré ne sera bientôt plus que cendres, et pourtant j'ose encore espérer qu'un renfort extérieur viendra éteindre l'incendie et que des cendres du sinistre s'opèrera la renaissance d'un oiseau que j'ai pourtant fait taire. Belle chouette aux plumes dorées, ton chant me manque, j'aimerais tant l'entendre à nouveau. Mais hélas, je l'ai déjà dit, je n'ai plus que mes yeux. Mes lèvres prêchent la parole du fou, mes oreilles n'entendent plus que les murmures de sédition, mes mains ne servent plus qu'à briser, et l'air que je respire est saturé de ma propre honte et m'emmène chaque seconde un peu plus vers la mort. Et les larmes qui coulent de mes yeux trop pâles ne peuvent éteindre le feu qui emporte tous mes espoirs et amorce la crémation d'une génération presque morte-née.
Ô Milo, Scorpion impétueux mais qui a reçu l'honorable don de discerner le bien du mal en toutes circonstances, combien de temps te reste-t'il avant que je ne parvienne plus à berner ton jugement et que tu finisses par voir la perversité de ton guide et le désolant mensonge de ton meilleur ami ? Ô Lion, fier et fort, Aiolia piégé par ma propre folie, rugiras-tu la vérité pour sortir tes camarades de la torpeur que je leur impose ? Ô Mū, ô disciple de ton maître, Bélier forgeron qui peut modeler la vérité, quand reviendras-tu pour remuer les braises portées à incandescence de nos erreurs et ouvrir les yeux du sage Shaka qui s'aveugle d'une vérité artificielle ?
Pauvres enfants, vous êtes les pions d'un pion qui avance sans son consentement. Comment pourrez-vous avancer de votre propre chef et briser vos chaînes ? Le Sanctuaire brûle, le soleil rit, et le remède ne viendra pas de l'intérieur.
Ah, Soleil, que tu m'agaces ! Que l'on m'ôte cet astre maudit qui me cache les nuages ! Ces lieux n'ont nul besoin d'être éclairés et de briller. Ce sont les ténèbres qu'il leur faut. Pour que les flammes désespérées puissent appeler les étoiles et que les constellations recueillent nos lamentations.
Comme promis, la réplique que je cite à présent:
« Ô soleil ! soleil ! il y a assez longtemps que tu es sec comme le plomb ; tu te meurs de soif, soleil ! son sang t'enivrera. »
- Lorenzo in Alfred de Musset, Lorenzaccio (1834), III, 1.
Vous voyez quel passage de mon texte y fait pas très subtilement référence ? :3
Bref, voilà voilà, j'espère que ça vous a plu, je sais, c'est pas très rigolo, mais il faut de tout pour faire une salade – niçoise et plutôt grecque qui plus est ! À très bientôt je l'espère !
