Informations :
Titre : Roses are raides
Rating : K+
Genre : Humour, romance
Contexte : Post-tout
Personnages : Aphrodite, DeathMask
Remarque spéciale : Petit texte pour célébrer l'anniversaire d'Aphrodite qui a eu lieu le 10 mars ! (à la bourre de 13 jours ? nooooon...)
Bonne lecture !
Le matin s'est tranquillement installé au Sanctuaire. La plupart de celui-ci est encore en train de dormir. Mais le Chevalier des Poissons, étant très matinal la semaine, est déjà debout depuis longtemps. Enfin debout, c'est un bien grand mot. À vrai dire, il est affalé sur son lit, et, comme tout homme qui se respecte, il lit La princesse de Clèves (un ouvrage que lui a conseillé Camus allez savoir pourquoi) en écoutant Gimme Gimme de ABBA en boucle.
Mais alors qu'il allait savoir si le duc de Nemours allait suivre sa capricieuse dulcinée dans son énième périple de... capricieuse, ses pensées se mettent à divaguer. Il se demande combien de personnes vont cette année lui souhaiter un joyeux anniversaire. Pour le moment, rien d'étonnant à ce qu'il n'y ait personne, il est encore tôt. Mais le Poissons est curieux. Pas qu'il se dise que ceux qui n'y pensent pas ne s'intéressent pas à lui, il ne quémande l'attention de personne, mais c'est juste qu'il aimerait savoir si ses camarades ont la notion du temps et détiennent cette information sur lui. Si personne ne le lui souhaite... Tant pis ? Oui, tant pis. De toute façon, quelle différente entre ce jour et un autre ? Aucune. Seulement qu'il a un an de plus. Et quand on est un Chevalier mort et ressuscité à longueur de temps, l'âge n'a plus réellement d'importance... Quel âge est-il censé avoir, d'ailleurs ? Vingt-trois ans, peut être ? Il s'avoue tout de même qu'il aimerait bien que quelques Chevaliers lui adressent cette modeste mais délicate attention. Bah, il verra bien dans la journée. En attendant, il peut toujours trémousser son petit derrière et continuer son roman plein de testostérone (n'est-ce pas) à plat ventre.
Il finit toutefois par lâcher son livre, n'arrivant plus à se concentrer pour lire. Et si eux avaient oublié ? Ses meilleurs amis ? Alors que lui, il leur a toujours souhaité. Le vingt-quatre juin dernier, il a offert des places pour un match de foot à Masque de Mort, en sachant pertinemment qu'il n'en avait jamais vu aussi important et en plein air jusque-là. Le douze janvier, il a invité tout le monde à déjeuner chez lui et il a cuisiné lui-même un gâteau à la carotte nappé de chocolat pour Shura - en plus c'est le seul dessert qu'il sait à peu près réaliser. Ce serait vraiment dommage qu'ils ne pensent même pas à lui dire un simple "bon anniversaire". Ce serait même vexant, en fait. Aphrodite ne veut pas se l'avouer mais il serait vexé si aucun des deux ne pensait à lui aujourd'hui.
Pour Shura, c'est moins difficile de douter. Il a une très bonne mémoire et étant donné qu'il l'a même souhaité à Camus alors qu'ils se parlent très peu, le suédois peut presque parier à coup sûr que le Capricorne y pensera. Mais le Cancer... Maintenant qu'il y pense, le Cancer n'a jamais célébré l'occasion sans que ce soit le plus vieux du trio qui ait eu l'initiative. Comme si Shura le lui rappelait, et qu'il avait oublié. Il y a même eu une année où Shura était en Espagne et DeathMask en Sicile, et où seul Shura avait pris la peine de contacter son ami par téléphone pour quand même lui dire quelques mots sympathiques malgré son absence. À croire que l'italien n'est pas doué pour les dates. Ou qu'il s'en fiche éperdument. Et comme Shura est reparti du côté des Pyrénées pour une mission de courte durée...
Ce n'est pourtant pas difficile ! Aphrodite ne demande pas la Lune, et encore, pour certaines choses il a abandonné tout espoir en connaissant DeathMask... Pourquoi les efforts ne vont toujours que dans un seul sens ?
Le Poissons est stoppé net dans ses pensées quand il entend la sonnerie de son vieux téléphone fixe retentir. Ah, les affaires reprennent. Il se lève, s'étire un peu et va dans le salon décrocher le combiné.
- Oui allô ?
- Bonjour, Aphrodite, c'est Shura. Je ne te réveille pas ?
- Tu te doutes bien que non, sinon je n'aurais pas pris la peine de décrocher ! Alors, l'Espagne ?
- À vrai dire, je suis du côté français des Pyrénées. Je compte bien apporter un souvenir à Camus, ça lui fera plaisir je suppose. Je ne lui ai rien offert pour son anniversaire et j'ai presque été le seul...
- Tu oublies DeathMask, rétorque le Poissons d'une voix pincée.
- Oh, mais tu le connais, lui, les dates, les attentions... À ce propos, on ne serait pas le dix mars, à tout hasard ?
- Et tu ne m'appellerais pas en toute connaissance de cause, à tout hasard ?
- Haha ! Bien entendu, joyeux anniversaire Dite !
- Aaaah ! Tu es le premier à me le dire ~
- Tu as du déjà te le dire à toi-même bien plus tôt et bien plus de fois !
- Tu marques un point !
- Alors, ça fait quoi d'avoir quarante ans ?
- Oh, dis donc, toi ! Tu t'es regardé, dois-je te rappeler lequel de nous deux est le plus vieux ?
- Ha ha ha, c'est vrai, c'est vrai. J'essaie de t'apporter un petit quelque chose, à toi aussi. D'accord ?
- Tu n'es pas obligé...
- Oh, arrête ! Tu m'as fait un très bon gâteau, je te dois bien ça ! ... Par contre Dite, je dois raccrocher, le guide qui doit me faire traverser les villages alentour est arrivé. Je te rappelle dès que je le peux, ça marche ?
- Aucun problème, mon ami ! Merci beaucoup en tout cas !
- De rien, passe une bonne journée !
Et le suédois raccroche en poussant un léger soupir de satisfaction. En voilà un qui y a pensé ! Mais les autres... ?
Le reste de la journée s'est passé de la plus banale des façons, mises à part les fois où le Poissons a été apostrophé pour qu'on lui souhaite un joyeux anniversaire. D'abord Saga, pendant l'entraînement matinal, suivi par Aiolos qui le talonnait. Ensuite, Shun contre toute attente, qui discutait avec Aldébaran pas très loin du Colisée, et de fait le Taureau lui-même. Après, Mû quand il est passé par son temple en remontant, juste avant Kanon, qui errait aux abords du Deuxième et du Premier en cherchant de quoi s'occuper quand il a entendu le Bélier. Milo, ensuite, qui l'a même arrêté au Huitième le temps de lui remettre un cadeau - un très joli bracelet. Et enfin, Camus, juste avant d'arriver là où il est à présent, à savoir presque devant le Temple des Poissons. En passant par la Cinquième maison, il lui a semblé qu'Aiolia était absent. Shaka devait être en pleine méditation.
Mais DeathMask, lui, n'a pas d'excuse. Il l'a vu chez lui, il l'a salué. La seule chose qu'il a trouvé à dire, c'est "t'es sorti comme ça, avec ce pull infâme sur le dos ?".
- Je t'en ficherais, moi, du pull infâme ! siffle rageusement le Poissons, qui se met à pester tout seul. Le cadeau de Camus de l'année dernière, en plus ! Mais ça, tu ne t'en rappelles pas, tu t'en fiches ! Evidemment ! Bon sang ! Que les autres, et pourtant c'est presque tout le Sanctuaire, ne me dise rien, c'est pas grave ! Mais toi, toi ! Allons bon Dite à quoi tu penses, de quoi tu rêves ? Tsh, tellement prévisible !
Il tire sur un caillou puis va se terrer dans sa maison fleurie, le moral en berne. Il monte directement sans sa chambre située sur l'étage attique, et reprend sa lecture pour se changer les idées. Il change de musique et passe de ABBA à Europe pour se donner un coup de fouet.
Alors qu'il allait se mettre à chanter The Final Countdown à tue-tête, il est interrompu par quelque chose qui est venue s'échouer sur la fenêtre carrée de la pièce, dans un "sponk !" qui a manqué de le faire sursauter. Bah, sûrement un oiseau qui s'est cogné en s'envolant. Il y a un nid d'hirondelles par ici, sous la corniche. Même les hirondelles ont chanté pour lui ce matin, c'est dire !
Il ne se soucie donc guère de cet incident et tourne régulièrement les pages de son ouvrage, jusqu'à ce que ça recommence. Encore et encore. À un rythme de plus en plus soutenu. Allons bon, de la grêle ? Des giboulées ?
Le suédois se lève après avoir marqué la page et regarde fixement sa fenêtre, dans l'attente de voir ce dont il s'agit. Et il constate avec effroi que ce qui vient se cogner à chaque fois à sa fenêtre... C'est un bout de rosier déraciné. Quelque chose ou quelqu'un est en train de meurtrir la roseraie inoffensive à l'arrière de son temple, et cela vole jusqu'à sa baie d'attique ! Effaré, Aphrodite ouvre grand la fenêtre. Et ce qu'il voit le laisse bouche bée, choqué, horrifié, aphone.
Son magnifique parterre de roses rouges, sans poison et qui fleurissent peu importe la saison (vous avez déjà vu des roses en mars vous ?), est troué à plusieurs endroits. Certaines zones sont piétinées. Son coin de paradis est vandalisé.
Mais attendez voir... Ces horreurs laissent des sillons sur le jardin... Des sillons qui se rejoignent, divergent... Le Poissons recule, stupéfait, pour regarder la scène dans son ensemble. Et là, ses yeux veulent rivaliser avec sa bouche tant ils sont ouverts.
Car, au milieu du parterre, se tient DeathMask, une main dans une des poches d'un costume trois-pièces bordeaux et blanc, une bouteille de champagne dans l'autre. Et ce qu'il croyait être un odieux acte de profanation est en réalité une inscription incisée dans des proportions gargantuesques sur le parterre de fleurs relativement hautes : Χρόνια Πολλά, "joyeux anniversaire" en grec. Impassible devant la petite tête horrifiée d'Aphrodite à travers la fenêtre, le Cancer beugle.
- Bon, tu descends où j'dois en arracher d'autres, de tes saloperies ?
- ...
- Hé, ça m'a pris du temps, depuis c'matin que j'profite de quand tu r'gardes pas par ici ! J'ai même du soudoyer Milo pour qu'il te r'tienne chez lui !
- ...
- Allez, ramène-toi ! J'ai eu la flemme de faire à dîner, du coup j'ai commandé chez l'traiteur ! Tu pourras pas dire que c'est dégueulasse, au moins !
- ...
- Ouais, bon, ils avaient plus qu'ça, en boisson, puis toi t'aimes pas l'whisky... Du champagne. P'tain qu'est-ce que tu m'coûtes cher.
- ...
- Me r'garde pas comme ça ! J'avais plus qu'ça à m'mettre, tout est parti à laver ! Ça peut pas être pire que ton pull, si ?
Aphrodite referme brusquement la fenêtre, sous l'air mi-surpris mi-dépité de son camarade. Quelques temps plus tard, on le revoit apparaître en bas du temple, tout fulminant, habillé d'une belle chemise en satin lilas et d'un chino blanc assorti à une veste de tailleur. Arrivé face à DeathMask, il lui assène une gifle magistrale et hurle :
- Ça, c'est pour mes roses ! Et puis tu sais combien de temps, combien d'années j'ai attendu ?!
Il ne lui laisse même pas le temps de répondre qu'il vient ensuite prendre son visage dans ses mains et l'embrasser à en perdre haleine.
- Et ça, c'est pour tout le reste, espèce de crétin.
Et voilà, c'était tout pour moi ! Je vais maintenant me concentrer sur mes autres textes à finir et sur la fac, haha !
Bon, j'avoue que je me suis pas mal inspiré d'une scène dans le film Deadpool que ceux qui l'ont vu reconnaîtront sûrement... Je plaide coupable !
Allez, à la prochaine !
Oh, et : ABBA et Europe sont des groupes suédois, c'est fait exprès ! Bisous bisous !
