Mi-décembre 1516
Morgans lui avait tenu le crachoir par denden une bonne partie de la matinée pour la félicité de son idée de denden discret pour l'affaire d'esclavage de la Marine pile quand le petit-fils de Genkotsu no Garp était arrêté. Il avait promis un chèque très gras à la demoiselle pour ce petit bijou. Il lui annonça aussi qu'il avait reçu un courrier pour elle de la main d'un envoyé de Dragon. Ce que lui voulait le révolutionnaire, elle ne le savait pas, mais elle n'était pas pressée pour le savoir. Elle réalisait pour le coup que l'homme savait que son fils n'était plus en East Blue. S'il allait chercher à le reprendre, c'était une bonne question, mais Ann savait que sa mère s'était assurée que son plus jeune ait un sac de prêt à tout moment pour fuir.
Depuis les évènements de l'autre fois, la presse faisait son pain avec l'affaire Rhyddid. Certes, Ann n'avait pas encore la première page, mais elle était heureuse pour son amie qu'on prenne enfin la défense de son père. Des quantités d'affaires se succéder dans les lignes les plus importantes du journal. On parlait même d'un procès. Morgans avait dit qu'il s'assurerait qu'elle soit invitée pour celui-ci. Elle avait fait un énorme boulot pour qu'ils y arrivent là, il était donc normal qu'elle puisse couvrir l'évènement en dépit de l'intervention de d'autres journalistes. Il lui avait d'ailleurs dit qu'il lui enverrait les documents de travail de ses camarades ayant bossé sur l'affaire Rhyddid pour qu'elle prépare un dossier exclusif retraçant toute l'histoire de Aarch aux Griffes Pourpres.
Ce qui tombait très bien parce qu'ils allaient se rendre sur l'Île des Tempêtes.
Ann se doutait qu'il y aurait des secrets de famille où elle ne devrait pas mettre son nez et encore moins sa plume, mais revenir à la source de l'individu serait intéressant. Et ça serait aussi une occasion de parler un peu de ce cher Bruno, puisqu'il avait été le mentor de l'homme et que beaucoup avait oublié qui il avait été.
Ils avaient donc pu prendre le large. Avant de partir, Rouge avait donné deux amphores précieusement scellées à sa fille en « cadeau d'anniversaire » pour sa majorité. Pas besoin de demander, la yôkai savait ce qu'il y avait dedans, surtout avec le marquage si particulier dans la cire qui gardait hermétique les poteries.
Et c'est ainsi qu'ils se retrouvèrent au large, direction la Grand Line pour trouver la destination du Log Pose.
Le temps étant de leur côté, ils se retrouvèrent plus vite que prévu à la lisière de la Calm Belt.
Marco entra dans la cabine pour entendre Carmen décrocher le denden pour répondre à un homme qui se présenta comme Smoker. Il hésita à partir, jusqu'à ce que celui-ci dise qu'il avait des nouvelles pour l'affaire Rhyddid.
Il s'appuya contre un des murs et écouta en silence.
Il allait y avoir un procès, donc ? A Enies Lobby, rien que ça ? Cela pouvait être un piège, mais il n'y avait pas de mensonge dans la voix de cet homme. Il esquissa un sourire quand le marine dit avoir découvert comment elle faisait pour aider et vivre avec la tête haute. Il avait tout fait pour l'aider.
Des Marines avec encore de l'honneur, ça existait donc encore.
Quand Carmen raccrocha, Marco s'avança en silence sur sa nièce qui riait avec des larmes aux yeux.
- Pas de larmes, doc, lui dit-il en posant une main sur son épaule pour lui signaler sa présence.
La main de la jeune femme se dirigea rapidement sur son arme mais elle s'arrêta juste à temps de dégainer en reconnaissant son oncle. Et son visage prit une belle teinte rosée.
- … Tu … enfin... Tu étais là depuis quand ? Je ne t'ai pas senti avec le Haki …
- Tu crois que je fais comment pour prendre sur le fait Thatch quand il essaie de me piéger, yoi ?
Il prit le denden par la coquille pour le poser un peu plus loin sur la table et se posa sur le bord de celle-ci avec un petit sourire.
- Je te rappelle que mon Haki est plutôt … trop présent ? Bref. J'ai une bonne nouvelle mais tu sembles déjà avoir entendu.
Il le savait et il s'était entraîné pour parvenir à passer sous le radar de personnes avec un Sensitif aussi puissant. Il l'avait élevé, la miss, après tout.
- C'est un homme bien honorable que voilà.
Il continua de lui sourire avec affection. Elle avait tellement grandi et il le réalisait pleinement aujourd'hui.
Elle gratta sa tête, souriant à son tour.
- Il semblerait. Étrangement... il est vrai. Et tu sais de quoi je parle, quand je dis cela.
Il hocha la tête, oui, il savait où elle venait en venir.
- Je suis content qu'il te tienne au courant de l'affaire au point de s'adresser à un type cool comme Kuzan. Après… cette affaire de procès, ça peut être une bonne nouvelle comme un piège, tu t'en doutes.
- Oui. Et Enies Lobby n'est jamais une bonne nouvelle. Donc... il faudra prévoir une porte de sortie néanmoins... Même si j'ai envie de faire confiance.
- Viens, poussin, appela Marco en ouvrant un bras.
Carmen ricana avant de se laisser tomber dans les bras de son oncle. Et ce dernier referma les bras autour d'elle. La médecin souriait dans le creux de bras du pirate. Il l'embrassa sur le haut du crâne avant de l'écarter pour la tenir par les épaules et mieux la voir.
- J'ai encore du mal à réaliser à quel point le petit poussin que j'ai élevé a grandi.
Il lui caressa doucement une joue en souriant.
- Ce gars a l'air ok. Tu as ma bénédiction pour cette relation. Promets-moi juste de faire attention, d'accord ?
Et il la ramena dans ses bras pour profiter un peu plus de l'étreinte de sa nièce. Strike aboya à cet instant, juste à leurs pieds. Carmen tourna la tête vers le chien avant de souffler.
- Non. J'ai priorité là. T'attendras, le chien. Et... oncle M ? Tu m'as élevé. Tu sais que je fais attention.
Marco la regarda avec un air qui lui demandait sérieusement s'il voulait qu'il lui sorte tous les arguments qui prouvaient que Carmen pouvait être impulsive et irréfléchie de temps à autres. C'était rare, mais malheureusement, c'était là. Carmen était une fille vivante, trop vivante pour passer sa vie à s'asseoir pour peser le pour et le contre. C'était dans son nom. Strike aboya à nouveau en levant les pattes pour les poser sur le duo, les regardant avec des yeux suppliants.
- Cela aurait été avec plaisir, mais je connais quelqu'un qui va m'en vouloir si je vais la voir avec des poils de chien, yoi, sourit avec amusement le blond.
L'animal eu un gémissement triste en réponse.
Carmen eut un rire a la réponse de son oncle.
- Ce chien réussira un jour à faire qu'Ann l'aime. Je crois que c'est son objectif.
- Très certainement, yoi. Bon. Tu vas annoncer aux autres ?
- Oui.
La médecin sortit sur le pont. Marina était à la barre et la Calm Belt était en face d'eux. Seule Kali permettait d'avancer pour l'instant.
- Ann. Prépare ton meilleur tailleur. Un procès est prévu à Enies Lobby.
- J'ai orangé, marron, mauve et noir en couleur de tailleurs, je te laisse choisir, lui répondit la yôkai d'un ton montrant que ça lui passait un peu au-dessus de la tête. Sors-nous déjà de la Calm Belt, Kaze-chan et on verra la suite plus tard. Mais si procès il y a, faut quelqu'un pour représenter le vice-amiral Rhyddid.
Rouge pouvait faire cela, mais elle ne pouvait se permettre de laisser ainsi Baterilla et surtout Luffy derrière. Puis, elle regarda Marco avec un autre œil et un petit sourire.
- Il te faudrait combien de temps pour apprendre assez sur le droit pénale et civile pour te prétendre avocat, bel oiseau ?
Marco se contenta d'adresser un sourire à son amante qui disait clairement « si seulement tu savais ». En gros, c'était un défi qu'il pouvait relever aisément. Cependant, Carmen leva à cet instant un vent pour les faire avancer, suivant le chemin qu'indiquait le Log Pose. Celui-ci les avait menés, jusqu'à présent, proche de la Calm Belt. Elle prit la barre et fit alors entrée le Calypso dans les eaux sans vents.
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Début janvier 1517
Ann était à deux doigts de rire comme une hystérique et quelque chose lui disait que ce sentiment de joie intense, cette euphorie qui lui faisait tourner la tête et l'adrénaline… eh bien, tout ceci, ça avait l'air d'être un cadeau de son paternel. Elle était aujourd'hui, plus que jamais, une enfant de la mer. Parce que la Grand Line venait de leur rappeler sa réputation, et pourtant, ils étaient encore dans le « Paradis ». La tempête faisait rage autour d'eux, mais elle n'arrivait pas à se faire du souci. Elle courrait d'un bout à l'autre du pont pour ajuster voiles et nœuds qui étaient plus compliqués d'accès pour les autres. Elle n'avait aucune raison de s'en faire. Marco avait pris la barre, après tout, et s'il y a une chose que la demoiselle savait, c'est qu'en plus d'être un médecin de talent, c'est qu'il était un navigateur de génie, sans compter qu'il avait de la bouteille dans le domaine, avec tout le temps qu'il avait passé dans le Shin Sekai.
Même quand il avoua ne jamais avoir vu pareil tempête, Ann se contenta de l'embrasser sur la joue. Elle avait une foi inébranlable envers chaque membre de ce semblant d'équipage. Les vents cherchaient à les repousser au loin ou les couler. Clairement, ils protégeaient quelque chose, mais le Calypso continuait son avancée dans ces courant marins désordonnés et traîtres. Le Log Pose était la seule raison qui justifiait qu'ils prennent cette route.
- La tempête nous pousse inlassablement vers la Calm Belt. On a plutôt tendance à éviter la zone. Et y rentrer, c'est être stupide, yoi, commenta Marco qui luttait à la barre réparée par les soins de Leandro.
- Ou désespéré, dit rajouta Kali qui luttait avec les dons de son fruit et autre chose de mystérieux au point que ses cheveux commençaient à virer au blanc.
Ann se retint de faire un commentaire, mais elle était d'accord avec l'esprit de Roja qui était excitée comme une puce à l'idée de s'aventurer dans ces eaux dangereuses. Finalement, il n'y avait pas que son côté Gol qui jouait dans sa fièvre de la Grand Line, apparemment.
Carmen jura, voyant une nouvelle vague traîtresse se dresser vers bâbord. Elle et Marina terminèrent de tirer la corde pour changer l'orientation de la voile. Ann escalada agilement le mât malgré la tempête pour sécuriser les nœuds détrempés par la pluie et la violence des vents, sous le regard en coin très inquiet de Marco. Qu'il se rassure, elle était la fille du Roi des Pirates, ce n'était pas ça qui allait lui faire peur. Et aussi vite et aisément qu'elle était montée, elle redescendit une fois sa mission accomplie, avant de se permettre de tirer la langue au blond avec un air taquin. Carmen concentra un nouveau vent dans les voiles pour leur faire éviter la vague. Marco tourna le Calypso pour faire face à la vague scélérate. Kali et Carmen poussèrent leur pouvoir contre les lames de Davy Jones pour gravir l'obstacle avant qu'elle ne se brise sur elle-même.
Strike aboyait dans les cabines, sûrement par panique de ne pas être sur le pont. Il y avait un peu trop d'utilisateur d'akuma no mi sur le pont et une seule qui pourrait les aider. Et même avec les lignes de survie qu'ils avaient accroché à leur taille, une erreur et ils pourraient perdre la vie. Heureusement que la brave Iro était dedans. Même si Ann se sentait dans la tempête comme un poisson dans l'eau, elle n'avait pas envie que son bébé poilu se retrouve sous ce temps avec le risque de finir sous les eaux.
- Qu'est-ce que… ? Tribord, j'ai distingué quelque chose, yoi, appela Marco.
Les têtes se tournèrent alors que le Shirohige venait de tourner vers ce qu'il avait vu. Dans la noirceur de la pluie et de la tempête, il avait vu quelque chose. La journaliste s'avança vers lui, manquant de glisser jusqu'à ce qu'il la rattrape. Mais elle ne s'occupa pas le moins du monde de lui. Son regard était sur l'obscurité de la tempête. Elle était celle qui y voyait le mieux dans cette pénombre en dépit du regard de rapace de son amant. Enfin, elle le perçu. Juste un instant, quelque chose s'alluma dans les ténèbres.
- Vu ! Là-bas ! cria-t-elle en pointa du doigt le mystère.
C'est là que les autres virent de quoi il était question. Une lueur d'un instant avait brillé dans les ténèbres des nuages. Un phare ?
Marco fixa le Log Pose qui pointait la même direction que la lueur. Clairement, leur destination. C'est donc pour cela que le Calypso fendit l'océan et la tempête un peu plus dans son cœur.
Et en un instant, ce fut comme s'ils avaient passé une frontière invisible pour sentir la fin de l'agitation de la mer. Les vagues n'étaient plus des monstres et le vent ne semblait plus autant vouloir arracher le mât. Il y avait encore de la pluie, mais elle était moins agressive. Derrière eux, l'océan semblait encore et encore les saluer dans sa colère, alors que devant, c'était des vagues accueillantes.
- Une barrière naturelle ! siffla alors Kali. Là !
L'elfe montra alors les dents émergeant de la mer, brisant les vagues. Et le Calypso était passé par miracle sans être éventré par les longues dents de pierre émergeant à peine des eaux.
- Mon père était fou, marmonna Carmen.
- Eh oh, protesta Aarch en croisant les bras d'un air boudeur.
- Non. Il doit parfaitement connaître ces eaux, yoi. Je crois que ça se calme à partir de là, commenta Marco.
- On peut aller se rhabiller avec nos olives de sang, commenta Roja. J'aurai donné mes deux bras pour grandir avec la possibilité de jouer chaque jour avec une tempête pareille.
- Rajoute mon nom, Roja, souffla Ann avec son sourire de huit kilomètres.
Les membres de l'équipage soufflèrent enfin après des heures à traverser la tempête. C'est là qu'on vit dans la brume et la pluie, comme une immense statue émergeant des eaux. Chacun fixant en silence le géant de pierre silencieux qui faisait face à la mer. Il était ancien, couvert de mousse et de végétation. Il semblait qu'un jour, il est porté une lampe dans l'une des deux mains. Et on ne pouvait distinguer le visage de sous la capuche de pierre.
- Oi, on est pas les premiers, je crois, pointa la yôkai.
Une épave. Elle adorait ça. Petite, elle avait régulièrement joué dans ce genre d'endroit avec Amelia, puis ses frères. Oui, elle avait failli plus d'une fois se noyer si ça n'avait pas été pour sa cousine ou Sabo, mais elle adorait ces vestiges. Elle avait toujours trouvé cela fascinant. Les ruines étaient toujours emplies de mystères, de secrets et d'histoires. Sans compter que celle-là, c'était une épave d'un navire du Gouvernement Mondial. Et elle avait l'air d'être là depuis des décennies, échouée et éventrée contre les roches. Ses queues s'agitèrent alors que ses yeux étaient emplis d'étoiles. Elle devait l'explorer.
L'île apparut entre la pluie et la brume. Et malgré le fait qu'elle soit assez inaccessible, il y avait un port. Une cloche annonça leur arrivée. Etrange. Une ville pour un lieu si reculé ? Et pourquoi la cloche ? Est-ce que c'était une alerte ou juste l'heure qui le demandait ?
Carmen voulut dire quelque chose mais nota alors à l'aplomb de l'île, presque se mariant à la forêt qui la recouvrait, une maison. Elle était ancienne, comme celle des plantations de cotons ou de canne à sucre qu'Ann avait vu dans ses livres d'histoires. Juste au-dessus, surplombant la falaise, un phare ancien. Mais, ce n'était pas lui qui était allumé. Non, un second phare brillait au port.
- Je crains que l'on ait un comité d'accueil, yoi, dit Marco en brisant le silence.
Ann allait porter une main à sa hache quand Aarch lui fit un signe négatif de la tête.
- Je me souviens, se contenta-t-il de dire au regard perplexe de la brunette.
Plusieurs petits navires à voiles étaient présents au port (qui était armé) et plusieurs commençaient à bouger. Cependant, il n'y eut aucun tir, rien. Un des synagots aux voiles rouges et à la coque noire commença doucement sa route jusqu'au Calypso. Carmen baissa son tricorne sur sa tête en rejoignant la proue du navire.
Il y avait deux personnes, dont un à qui on avait scarifié le visage et rendu borgne avec un bandana pour couvrir la part de son visage abimé. Le second portait une marque de feu sur le visage, traversant celui-ci de part et autre, ne laissant qu'une cicatrice ancienne quelque peu familière. Ann sentit dans son dos Marco se raidir et par réflexe, elle lui attrapa le poignet. Elle ne savait pas ce qu'il se passait, mais quelque chose avait touché le blond, alors, comme il avait été là durant ses crises, elle resta là pour le soutenir. Elle le lui montrait en lui prenant la main. Il devait en avoir besoin vu la façon dont il resserra la prise en tremblant légèrement.
- Bonjour, se présenta la médecin. Je suis Rhyddid Carmen et …
- Rhyddid Carmen Aelirenn ?
Ah ? Carmen était donc connue dans le coin ?
L'un des deux hommes s'était tendu à l'annonce du nom. Puis, il sauta sur le pont avec aisance pour être face à elle. Cela n'était pas au goût de la logia qui fit glisser sa faux de sa cachette dans sa main. Pourtant, son interlocuteur était tout sauf hostile :
- Putain... T'étais une mioche à l'époque...
- On se connait ? se renseigna Carmen.
Un regard triste passa sur le visage. Il se tourna vers son camarade.
- Envoie le message. C'est un Rhyddid qui revient au port.
- T'es sûr ?
- Totalement. Elle a le regard de sa mère.
Son camarade tira une voile blanche et on put voir les navires revenir au port. L'homme regarda les autres puis revint à elle.
- Je suis Allen. Bienvenue à l'ile des tempêtes. Je pense que c'sera le vieux qui expliquera le mieux pour les merdes et les questions.
- T'as juste putain la flemme.
- Ta gueule Jarod.
L'homme redescendit du navire. Mais, Carmen clignait toujours des yeux. Avant qu'ils ne commencent la manœuvre pour s'écarter, elle prit la parole :
- Votre bandana... il était noir... Pour le deuil à l'époque, non ? demanda-t-elle avec hésitation.
Il tourna la tête alors, surpris :
- Noir pour les miens qui ont été perdu. Tu … tu te souviens de moi ? T'es monté sur mes épaules pour …
- Pour attraper des cerises des champs de fruits. Al.
Marco serra brièvement la main d'Ann qui comprit le message. Elle lâcha sa main avec un certain regret et le remplaça à la barre alors que le bond s'avançait vers sa nièce.
- Carmen ?
- Je me souviens, expliqua Carmen. Al et Jarod. Des frères.
- On verra ça au port. C'est mieux de parler sur la terre ferme, commenta le fameux Jarod.
Ann tourna doucement la barre pour suivre la manœuvre alors qu'ils étaient escortés vers le port.
Ils furent escortés jusqu'au port où il y avait des hommes et des femmes. Beaucoup portaient des armes. Cependant, lorsque Allen posa le pied sur le port et annonça qu'un Rhyddid rentrait, les murmures s'élevèrent. Clairement, cette famille était importante pour les locaux. Et cela s'éclaira quand elle vit les cicatrices de marque au fer rouge. Plusieurs des personnes ici présente avaient le sabot des Dragon Céleste inscrit dans leur chair (de ce que lui expliqua Roja en la montrant sur la peau de diverses personnes présente). Et plus la foule se formait, plus la yôkai voyait la marque se répéter. Il y avait trop de monde à son goût. Impossible de savoir s'ils étaient tous vivants ou si des morts s'étaient joint à la réunion. Le petit truc qui la tranquillisa, ce fut de voir qu'on avait jeté les armes, mais ça ne l'aidait pas plus que ça. Elle se mordit un peu la langue quand on aida à la manœuvre du trimaran. Ils n'avaient rien demandé, pourquoi on les aidait ?
Un ancien avança alors, les gens s'écartant à son passage. Carmen monta sur le port, Marco restant à proximité alors que les trois filles restèrent sur le trimaran. Ann alla ouvrir la porte de la zone de vie et fut ravi de voir qu'Iro sortit en première. La D. avait besoin de soutien et sa panthère était pile à l'heure pour ça. Sans s'occuper du pont ou de ses vêtements mouillées, Ann s'assit dans l'un des filets du trimaran avec la panthère. Ainsi, en retrait, elle avait une meilleure vue et se sentait moins étouffée. Même Kali avait reculé alors que Marina s'était elle aussi planquée dans les filets avec Strike.
C'était… intense, presque dérangeant, toute cette émotion. Cela lui rappelait un peu l'émotion que tout le monde affichait quand Javier rentrait au port à l'époque.
- Il y a bien longtemps que je n'ai eu la joie d'accueillir une des nôtres sur l'ile, dit l'ancien. Rhyddid Carmen Aelirenn... Tu n'as peut-être pas de souvenir de moi. Mais sache que je suis heureux de voir que tu sois en vie après tout ce temps. Je suis Rhyddid Regulus.
Regulus ? De la famille, donc ?
- Navré de ne vouloir vous croire sur parole...souffla Carmen avec hésitation avant de se tourner vers le Phénix derrière elle. Marco ? Il dit la vérité ? Il est vraiment mon grand-père ?
Trop de monde continuait de descendre sur le port. C'était l'île entière qui venait au rendez-vous. Même Marco n'avait pas l'air à l'aise à l'idée, mais il eut assez de jugeote pour répondre à l'affirmative à sa nièce.
- Aarch était borné. Il aurait dû venir ici lorsqu'il a senti la menace. Et j'en suis navré. Lorsque je suis allé sur East Blue, tu avais disparue, dit le vieil homme. J'ai perdu espoir. Jusqu'à...lire ceci.
Il sortit un journal qui avait été fait sur l'affaire de Doberman. Et en suivant, un autre journal, celui-ci sur l'affaire Kadar et Strawberry. Dans d'autre circonstance, Ann aurait été vexée de voir ses faits d'armes ainsi jetés sur le côté, mais l'homme n'avait d'yeux que pour Carmen, qui était donc sa petite-fille, alors, elle pouvait le lui pardonnait.
Décidément, en venant ici, elles avaient trouvé plus qu'elles ne le pensaient.
Voyant la tête de son amie, Ann prit son courage à deux mains et se leva. Doucement, pour ne pas paraître menaçante ou inquiétante, elle rejoignit le port et passa ses bras autour de celle qu'elle avait fini par adopter comme une sœur telle que l'avait été Amelia pour elle. Elle ignora l'agitation que provoqua l'ancien en chassant les curieux, même si pour le coup, elle se sentait moins étouffée.
- ¿ Quieres sentarte ? demanda-t-elle tout bas à la médecin.
- Je ... pense ? En fait... je crois que j'ai besoin de fumer. M'asseoir et fumer.
- Venga.
Montrant qu'elle n'avait pas hérité que de la ressemblance physique et des mauvais côtés de son paternel, Ann hissa littéralement Carmen en mode princesse dans ses bras et avança sans difficulté sur le pont pour aller la poser sur un banc qu'elle avait vu à proximité. Certes, Carmen pesta contre son amie, mais Ann l'ignora royalement, surtout que ça avait tiré un petit rire à Kali, et avec les épreuves que la miss avait subies dernièrement, c'était un bon point.
Une fois Carmen sur le banc, Iro sauta sur celui-ci et s'allongea royalement en travers les cuisses de la médecin, l'air de lui dire de rester là où elle était.
- Cela aurait valu une photo, yoi, nota avec amusement Marco pendant que Marina apportait à Carmen le paquet de cigarette qu'elle avait laissé à l'intérieur.
- Je vous désapprécie actuellement avec force, marmonna la médecin.
Elle tira une cigarette et l'alluma, regardant le port avec le soleil qui pointait le bout de son nez au-dessus d'eux.
- Meh, répondit Ann en haussant des épaules avec indifférence. On saura vivre avec.
Carmen eut un rire alors que l'ancien revint vers eux tranquillement. Même s'il semblait ancien, il semblait dangereux. Un peu l'impression que donnait Rayleigh.
- Bien. Maintenant que les commères sont loin... ça fait longtemps que l'on a pas eu des visiteurs. Je pense que l'on pourrait commencer par s'installer quelque part de moins public. Et puis, Carmen a un lieu à aller voir.
Il semblait assez grave sur la dernière partie. Surtout qu'il fixait la demeure à l'écart de la ville, encore cachée par la forêt ainsi que le phare.
- On t'attendra ici, proposa Kali en les rejoignant avec Strike. Ah, et au besoin, j'ai une bonne idée pour te venger de Neko-chan, donc, pense à moi, Carmen.
Ann regarda l'elfe avec une légère inquiétude. Ça puait pour ses queues, surtout vu la façon dont Carmen sourit à Kali.
- Vas-y, on t'attend, assura Marco à l'adresse de sa nièce.
La médecin se redressa, poussant un peu Iro de dessus elle, frottant entre les oreilles de la panthère qui comprit le message. Elle se tourna vers l'ancien qui lui montra alors juste un instant d'avancer. Il se tourna vers les autres en suivant :
- Vous êtes les bienvenus ici. Le pub de la ville vous est ouvert. Profitez-en pour vous sécher un peu. Ce ne sera pas long. Lorsque vous verrez le signe, et vous saurez lequel, allez à la demeure de la colline. C'est la maison familiale. Vous êtes mes invités. Sauf si vous voulez dormir sur le Calypso.
Il n'attendit pas de réponse et avança sur le chemin de pierre qui les menait du port jusqu'à la forêt. Marco se laissa aller lourdement tomber sur la place qu'avait occupé Carmen avec un lourd soupir.
- On peut se rhabiller avec nos olives rouges et notre poison d'hibiscus, soupira Ann.
Elle se frotta le visage avant de grogner.
- Je suis pas du genre à râler quand je suis en mode chat mouillé mais là, je commence à prendre froid. On est en janvier, pas un temps pour se balader comme ça. Je suis preums à la douche. Et je vais attendre Carmen au Calypso¸ histoire de voir ce qu'elle veut faire.
Ce serait aussi l'occasion de continuer ses cours.
Elle s'éloigna en jugulant un éternuement avant de s'arrêter brusquement. Elle se retourna pour adresser un regard sévère à Marco qui se contenta de lever les mains d'un air innocent.
- Je suis certaine que ton capitaine doit avoir envie de savoir ce que devient son second en commande qui a fait littéralement un abandon de poste, siffla d'un air menaçant la Portgas.
Et la tête haute, elle reprit sa route vers le Calypso, un sourire jouant néanmoins sur le coin des lèvres. C'était plutôt flatteur le comportement du blond même si elle l'avait grondé. Et franchement, lui, trempé jusqu'aux os, c'était plutôt alléchant comme vue, elle pouvait donc comprendre qu'il la reluque ainsi.
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Tout le monde avait pris une douche et s'était changé dans des vêtements secs. Kali avait décidé que le froid n'était pas bon pour ses écailles et s'était enfoncé dans le nid, pendant que Marina avait décidé d'explorer un peu avec Strike sans s'éloigner pour autant du Calypso. Ann s'était installée à la table dans ses devoirs pendant que Marco lisait un ouvrage de lois qu'il avait réussi à dégoter et qui l'aiderait à se faire passer pour un avocat. Il esquissa juste un sourire en sentant quelque chose de velu s'enrouler autour d'une de ses chevilles.
C'est dans ce silence confortable qu'ils attendirent Carmen, même si au bout d'un moment, Ann n'étudiait plus, son cerveau s'étant mis en pause encore une fois.
Marco tourna légèrement la tête en entendant un son de tissu et nota que Kali avait pris sa forme hybride pour dormir plus confortablement. Elle poussa un petit souffle et ne bougea plus. Il rapporta son attention sur Ann qui avait un regard vitreux et ne réagissait à rien, clairement perdu dans les profondeurs de son esprit. Rouge l'ayant averti, il ne s'inquiéta pas et retourna à sa lecture.
Il en était à la moitié du livre et considérer l'option de se lever pour se faire un café quand Carmen revint avec l'air de quelqu'un qui s'est pris un mur sur la tête.
- Alors, yoi ? se renseigna le blond dans le cas où elle aurait quelque chose à partager.
- ... T'as élevé une D., lui dit-elle.
Non. Elle lui faisait une blague, c'est ça ? Elle était trop… trop posée pour en être une. Même Rouge, qui pourtant était une femme assez douce dans son comportement, avait un fond sanguin et impulsif. Quoiqu'elle eût eu une adolescente très… émotive. Le nombre de navire qu'elle avait retourné avec son logia en grandissant en était la preuve.
- Dis-moi que c'est une blague.
Bon sang, il commençait à y avoir trop de D. dans ce bas monde à son goût.
- Nope. Plus sérieuse que moi, il n'y a pas. Rhyddid D. Carmen. Le D. Disparaissait dans le nom. Et j'ai un truc pour … plusieurs de l'équipage par mon père. Regarde.
Elle tira alors une caisse qu'elle avait porté jusque-là avec plusieurs des affaires avec des noms et des étiquettes. C'était un peu comme des scellés avec marqué dessus "Pour" et le nom d'une personne. Marco cligna des yeux en voyant alors les affaires étiqueter au nom de Thatch dans un coin. Il y en avait d'autres de l'équipage qui avaient eu le même traitement qu'eux deux.
Aarch, vraiment… Il n'y avait pas de mot pour ça.
- … Peluche plumeuse avec un cœur de guimauve. Il va se faire adopter une seconde et une troisième fois. Il planque qu'il libérait des esclaves ? Oyaji va en rire et prendre un verre en son honneur.
- La famille Rhyddid le fait depuis longtemps, sur ce que j'ai découvert. Ma mère était une ancienne esclave. Yenna, de North Blue. Et c'est à cause des horreurs de Marie Geoise qu'elle... n'a pas été assez forte pour survivre à ma naissance.
Le blond posa son livre qu'il avait jusqu'à présent encore en main et porta sa main sur le crâne de la jeune femme pour la frotter d'un geste rassurant.
- Tu es son trésor. Elle aurait certainement tué pour toi.
- Très certainement. Elle aurait assassiné deux dragons célestes là-haut avant de s'échapper, parait-il. … Et mon père a des archives ici que Ann pourrait fouiller un peu. Il a vraiment pris de Bruno et de mon grand-père. Quoique Regulus est plutôt dans la création de faux papiers et de "négociations musclées". Sinon, où sont les autres ?
- Ann est quelque part au fond de sa tête, Kali a trouvé le sommeil il y a quoi… cinq minutes. Quant à Marina, elle fait le tour du quartier en prenant des notes pour ses histoires avec Strike. Et ne me demande pas où est Iro, je l'ignore, yoi.
Carmen hocha la tête et alla se prendre une douche et se changer.
Quand elle revint à la cuisine, Marina était rentrée et Ann était revenue des méandres de son esprit. Elle était en train de regarder Iro dévorer avec joie un sanglier qu'elle venait de chasser et qu'elle partageait pour le coup avec Strike. Après des débuts difficiles, ils commençaient à être bons amis. Peut-être que le toutou arriverait à charmer Ann un jour. Kali s'était levée entre temps et avait fait du thé pour le poser sur la table de la cuisine.
- Je nettoierai tout ça, assura Ann à l'adresse de Carmen quand celle-ci arriva sur la scène.
Après tout, c'était un gros sanglier qui se vidait de ses entrailles sur le sol de la cuisine.
- Je sais, assura Carmen… J'ai trouvé pas mal de chose ici. Ann, il faudra que je te montre la planque de dossiers sur toute la Marine de mon père. Mais… une info doit être cachée. Il libérait des esclaves. C'est le seul crime qu'on peut lui reprocher. Ah… aussi. Semblerait que je sois une D.
La yôkai la regarda sans grande surprise. Même Kali manquait de réactions sur la révélation. Marina, qui commençait clairement à avoir l'habitude des grosses révélations, n'eut pas grande réaction non plus.
- Bon, ça s'est fait, fit d'un ton blasé l'écrivain. La prochaine découverte est que l'une d'entre nous est une descendante de Tenryuubito en pleine rébellion, c'est ça ?
Marco recracha sa tasse de thé à l'idée que venait d'annoncer la demoiselle et lui adressa un regard noir. On n'abordait pas comme ça le sujet des Tenryuubito, même pour déconner.
- Franchement, je commençais à m'en douter depuis un moment, pointa la journaliste. J'ai grandi entourée de D. donc, je commence à les sentir. Bon, d'accord, c'est ma famille, mais même, sans savoir que Lu' en était un, à notre première rencontre, j'ai senti un petit truc que j'ai vu en toi quand on a fait connaissance. Après, si tu veux absolument me faire une surprise, aucun souci, on peut la refaire !
- C'était pas la surprise que je cherchais à avoir. Juste que je sais à présent des trucs. Et en comprend d'autres.
Elle but la tasse d'infusion avant de reprendre.
- On est invité demain à une fête par la ville, au fait. Mais vous êtes invités à vie ici. Tant que ça reste un secret. Toutefois, j'ai pas besoin de vous le dire, je vous fais toutes et tous confiance ici.
- Je vais passer mon tour, yoi, grimaça Marco. J'ai… reconnu quelques visages, qui m'ont rappelé de mauvais souvenirs. Donc, si tu as quoique ce soit pour que je puisse m'assommer cette nuit…
Ann fixa la table et plissa les yeux d'un air meurtrier. C'était tout ce dont elle avait besoin pour savoir que même si la marque n'était plus/pas visible à l'œil nue (bon, ok, ils avaient couché ensemble qu'une fois mais elle l'aurait remarqué), son amant était un ancien esclave. Elle savait que s'attaquer aux Tenryuubitos dans la presse était le meilleur moyen de se faire censurer. Elle devrait trouver donc un meilleur moyen pour les tirer de leur paradis tordu. Et elle allait se faire une joie de trouver l'ancien maître de Marco. Et de lui faire regretter chaque jour de sa misérable existence.
- Je suis pas très fête, mais tu as dit qu'il y avait des documents à voir, non ? Cela doit correspondre à ça ?
Elle souleva son livre de cours et sortit une feuille à carreaux où elle avait pris des notes qu'elle donna à Carmen.
- Revenir ici a rendu la mémoire à ton vieux, donc, ça, ce sont des références importantes qui pourront nous aider pour son affaire. Cela doit correspondre à quelque chose si on le rapporte aux dossiers que tu as déniché.
- On te laisse pas le choix pour la fête, dit Kali.
Et elle adressa un sourire mauvais à Ann.
- Il faut qu'on fête ton anniversaire, après tout.
La. Garce.
Elle savait. Et elle osait la trahir auprès des autres.
Carmen redressa la tête avec un sourire vicieux et Marina avait des étoiles autour des siens. Yup, elle était fichue. En grognant, elle laissa tomber sa tête sur la table.
- Donc… on ne parle pas de son anniversaire à ses amies… Tu en penses quoi Marco ? On devrait la punir. La faire venir à la petite fête. Et tu te charges de la punition générale ? sourit vicieusement Carmen.
Le Phénix la regarda avec un air critique. Elle sous-entendait vraiment ce qu'il pensait ?
- Je ne suis pas un cadeau à offrir à ton amie, je te rappelle, yoi.
S'il devait de prendre Ann à part, ce serait parce qu'ils en avaient envie autant l'un que l'autre. Sans compter qu'ils venaient d'arriver ici, ça la foutait très mal de s'envoyer en l'air comme ça, dans un coin d'une île si importante pour les fuyards du Gouvernement Mondial. Et faire l'amour sur le Calypso était exclus. Sans négociation possible. Roger, qui riait jusqu'à présent, se mit à protester bruyamment à l'idée que son bébé se fasse dévergonder par le méchant Phénix, forçant sa fille à croiser ses bras sur sa casquette pour essayer de protéger ses oreilles.
- Voui. Je sais. Mais, une seconde… poursuivi Carmen.
Elle alla fouiller dans un placard pour en sortir un paquet qu'elle posa devant la journaliste qui leva lentement la tête pour voir de quoi il s'agissait.
- Tiens, ma chère. Même si je ne suis pas sûre que tu le mérites.
Les yeux d'argent de la yôkai montèrent jusqu'au visage de Carmen avec un air peu amusé. Elle soupira et se redressa.
- Roger, tu sais que je t'aime, mais pour l'amour du ciel, ta gueule. J'ai des oreilles sensibles et il t'entend pas, y'a que moi que tu incommodes avec tes conneries ! grogna la demoiselle en se saisissant du paquet.
Marco leva un sourcil. Il doutait que le défunt pirate parle de Strike. La question était donc : que lui reprochait donc Roger ?
- Justement, tu pourrais te dire que ce serait une occasion d'arrêter ces bêtises avec ce gars ! Il a le double de ton âge !
- Carmen, fait passer le kairoseki, s'il te plaît.
Le bracelet de kairoseki fut transmis à la yôkai qui le passa à son poignet avec un soulagement immédiat pour ses oreilles. Elle se débarrassa de sa casquette et cligna plusieurs fois des yeux. C'était toujours très étrange de passer de la vision aux couleurs désaturés des félins à celle vibrante des humains. Plus tranquille, elle défit le paquet pour se retrouver avec un magnifique appareil à photo de qualité professionnel, comme elle en avait vu quelques-uns dans les bureaux de Morgans.
- Whouawe…je… wow… hm…
C'était… c'était un très beau cadeau. Un trop beau cadeau. Elle allait l'utiliser… pour le privé. Elle venait de constater que contrairement à son appareil actuel, celui-ci marcher avec une pellicule. Elle ne pouvait pas se permettre de prendre des photos importantes pour ses articles et de les confier aux mains d'un inconnu sur une île, si elle trouvait un studio de développement. Rien ne disait qu'il ne pourrait pas chercher à la doubler en lui volant les clichés ou tout simplement détruire son dur labeur. C'était dommage. Un si bel appareil, condamné à prendre la poussière. Elle le tourna pour que l'objectif soit face à elle.
Oui, un bel objet qui allait être rangé dans un coin et serait sorti pour immortaliser les bons moments de leur groupe. Elle le posa avec précaution sur la table et se leva pour prendre Carmen dans ses bras.
- Merci. Il est magnifique.
Elle resserra son étreinte sur la médecin avec d'esquisser un sourire.
- Mais je ne donnerai pas la date précise.
- Elle a ton dossier médical, si elle a fait attention, normalement, elle doit être dedans, yoi, pointa Marco.
Lui, il se réservait pour une île plus adaptée pour un tête à tête entre amoureux. Il avait bien retenu la date, même si elle lui était sorti de la tête. Il allait faire son possible pour se rattraper prochainement. En tout cas, il avait réussi à remettre la date en tête de Carmen.
Ann pensa si fort son "Salaud" que tout le monde devait l'avoir entendu.
Elle lui adressa un regard suspicieux auquel il répondit par un air innocent. Non non, il ne vendrait pas la mèche, après tout, il était coupable d'avoir zappé son anniversaire, alors, il allait garder son savoir dans le placard pour se rattraper plus tard. Avec douceur et subtilité. Il s'était attaché à cette demoiselle, il était clair qu'il l'aimait malgré le début un petit peu chaotique et peu conventionnel. Passer tout ce temps ici, avec elle, permettait de faire connaissance et comprendre vraiment que si son instinct de zoan l'avait poussé vers elle, c'était pour une bonne raison et qu'il avait bien fait de l'écouter.
Il était condamné. Condamné par l'amour. Et c'était une condamnation qu'il commençait à apprécier de plus en plus.
- Il est vrai que je l'ai vu mais je n'ai jamais percuté le jour en question, pointa Carmen en coupant les pensées de son oncle. Mais, ce qui est amusant, Marina et Kali se suivent. Kali est du trente et un octobre, Marina du premier novembre.
Ce n'était pas tombée dans l'oreille d'une sourde, ça, Ann pouvait le dire. En tout cas, Marina regarda Carmen avant de tirer la langue. Et la médecin ricana.
- Bon, profitons d'une petite fête. Et je pense que l'on pourra ensuite partir.
Marco la regarda avec perplexité :
- J'aurais cru que tu serais…
- Restée ? J'ai jamais été bonne à rester à un seul endroit. J'aime voyager. Et puis. On a des choses à faire, des trucs à découvrir, des conspirations à exposer. Et peut-être aussi que je sais comment venir. Rien ne m'empêche de faire des aller retours. Après tout, le Calypso est un navire de l'ile des tempêtes. Il est fait pour traverser les tempêtes de la Grande Line.
- Ce qui nous laisse le temps de réunir les documents pour boucler le dossier Rhyddid juste à temps pour le jugement, pointa Ann en relâchant Carmen en reculant d'un pas.
Ainsi, elle était à la portée de Marco qui recula juste un peu sa chaise en posant une main sur le genou de la brunette. Et comme si c'était la suite logique pour elle, elle recula d'un autre pas pour s'asseoir sur ses cuisses, sans se poser de question.
- Mais t'es certaine que t'as pas autre chose à voir ici ? Je sais pas, cette île est importante pour ta famille. Ce serait normal que tu veuilles rester un peu plus longtemps. On peut pas t'en vouloir et je pense que Marina a déjà trouvé assez de matos pour son prochain bouquin.
Et l'avant-bras de Marco tomba sur les cuisses de la jeune femme qui ne releva pas.
- J'ai plusieurs choses à voir ici, confirma Carmen. C'est une maison dont je me souviens de très loin et que je voudrais redécouvrir. Mais, quelqu'un d'autre doit rentrer à la maison. Donc, si ça ne vous dérange pas, on va rester le temps nécessaire puis… On retourne sur l'océan.
- Tu ne trouveras personne ici qui votera contre, assura Kali. Donc, Ann, tu vas suivre Carmen, laisser le piaf en paix, pour voir ce qu'on a à rajouter dans cette affaire.
Et elle pointa la porte avec un doigt autoritaire.
La demoiselle avait fait une sacrée évolution depuis la jeune femme qui avait déjà du mal à donner ses opinions et s'ouvrir.
