Sans vraiment comprendre la logique, ils en étaient rendus là. Nami et Luffy étaient vraiment devenus amis. La rousse avait accepté de laisser Luffy lui prouver que tous les pirates n'étaient pas des salauds et l'aider à réaliser son rêve en cartographiant le monde entier. Et vu l'engueulade monstre que Rouge avait administré à son benjamin par denden pour son idée lumineuse, il était désormais certain qu'il ne se jetterait pas sur la Grand Line dès maintenant. Il avait trouvé un compromis qui satisfaisait tout le monde, cependant. Faire le tour des quatre océans, histoire de s'entraîner et gagner en force. Et faire de belles rencontres. Il avait néanmoins promis de continuer ses cours par correspondance (c'était ça, ou Rouge demandait à ce qu'on le ramène par la peau des fesses pour l'abandonner à la bonne garde de Garp).
Nojiko était passée pour leur offrir un de ses arbres en remerciement. D'où le pourquoi elles avaient donc un mandarinier sur un pot à côté de l'hibiscus qu'elles avaient déjà.
Elles n'attendaient que Carmen, désormais.
Temps qu'Ann avait passé à écrire une lettre à Marco. Le commandant n'ayant pas de denden personnel et leur relation devant rester dans le domaine du privée (histoire qu'aucun commandant avec une mentalité de gosse ne vienne s'immiscer dans leur vie amoureuse), c'était la seule méthode qu'ils avaient vraiment de communiquer.
Alors qu'elle pliait enfin sa lettre, Carmen revint au Calypso.
- On est prêt à partir ? Navrée du retard.
- T'en fait pas. Lu' a ramassé ses affaires et il est parti avec Nami y'a trente minutes, lui dit la journaliste.
- Enfin un peu de calme, soupira Kali de là où elle s'était glissée contre un mur à moitié caché par les énormes anneaux de sa queue. C'est quoi le programme ?
- J'aimerais pouvoir faire un détour par Dawn. De là, en suivant la Red Line vers le sud, on peut rejoindre la Calm Belt pour finir sur la Grand Line directement à Shabaody. Cela dérange quelqu'un ?
Ann regarda les trois autres pour avoir leur avis.
Marina redressa la tête de son siège puis haussa les épaules.
- Pour ma part, ça me va. On pourra continuer de faire les aménagements pour l'appart.
- Ça me va aussi. Shabaody est plus proche de l'ile des tempêtes, commenta Carmen. Soit j'irais faire un tour, soit Regulus viendra les récupérer.
- Tu peux y aller, c'est les restes de tes parents, c'est normal que tu t'en charges, pointa la journaliste. Faut que je pense à me renseigner pour voir comment passer mes épreuves pour la Selectividad. Si je les ai pas, je vais finir en shamisen. Ensuite… c'est toi la capitaine, c'est toi qui vois ce qu'on fait.
- On verra à ce moment-là, lui répliqua Kali. On s'en va ?
- En route. On retourne à Shabaody par Dawn, rétorqua alors Carmen.
Et c'est ainsi que les filles finirent sur le pont pour permettre au Calypso de prendre le large. Il était l'heure de la manœuvre.
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Fin avril 1517
- METS-TOI A L'ABRI, CARMEN !
La tempête les avait prise par surprise et les avait fait ralentir, pour le coup. Et c'était sans compter sur une étrange envie des deux zoans depuis quelques jours : protéger Carmen. Aucune idée du pourquoi du comment, c'était juste plus fort qu'elles. Carmen devait être préservée, protégée. D'où le pourquoi Ann s'égosillait pour faire comprendre à la logia d'aller se réfugier à l'intérieur.
- Ace… Si tu ne veux pas que JE te mette dans la cabine, tu me laisses conduire dans cette tempête. Je navigue depuis plus longtemps que toi, rétorqua la médecin.
- ON S'EN FOUT ! RENTRE ! insista Kali. Marina, prend la barre !
- Mais… si je le fais, elle va me tuer… gémit l'autrice alors qu'elles étaient toutes sur le pont et trempée jusqu'aux os.
- DEDANS CARMEN ! insista Ann.
La yôkai tenta à nouveau de la tirer hors de la barre, manquant de faire chavirer le navire dans une vague.
- Ann ! C'est déjà assez difficile de tenir la barre. Me tirer ainsi nous fera chavirer. Alors, tu prends sur toi et tu me laisses manœuvrer ! J'ai le Calypso depuis mes quatorze ans ! Je le conduis dans la Grand Line depuis mes seize ans ! Alors, la ferme et vérifie les cordages immédiatement !
Kali vint prendre un bras de Carmen, les yeux brillants d'inquiétude.
- Rentre… on t'en conjure, s'il te plaît, mets-toi à l'abri. S'il te plaît. Rentre…
Elle se mordit une lèvre en retenant tant bien que mal ses larmes. Ann n'était pas loin de cet état elle aussi.
- Mais qu'est-ce qu'il vous arrive à toutes les deux ?
- Carmen... Tu veux pas, juste pour qu'on réussisse à sortir de ce merdier, demanda Marina. Elles ne lâcheront pas et toi non plus. Mais, clairement, t'es la plus raisonnable des trois. Un consensus ?
- Marina… Elles me donnent l'impression que je suis inapte, là, sur mon propre navire.
Elles seraient les dernières à penser ça de leur amie, c'est juste que depuis quelques temps, elles avaient leur instinct qui disait qu'il fallait préserver Carmen et là, avec la tempête, le sentiment était exacerbé. Elles n'arrivaient pas à se concentrer sur autre chose que leur sentiment d'inquiétude pour la médecin.
Après un grognement de mauvaise humeur, Carmen céda et Marina prit sa place pour lutter avec la barre. Sauf qu'elle n'avait pas la force de la capitaine du Calypso pour résister au courant.
- Je rentre, gronda-t-elle.
Et avec un air suprêmement blessé, elle s'en alla.
- Mais c'est quoi votre souci, les filles ? demanda Marina.
- Laisse-moi la barre, j'ai plus de force que toi pour résister au courant. Assurez les voiles, grogna Ann avec mauvaise humeur.
Kali était déjà sur les voiles pour s'assurer qu'ils puissent arriver jusqu'à Dawn. Ils finirent par dépasser l'île de Goat, se rapprochant de plus en plus de Dawn et donc du bout de la tempête. Elles s'excuseraient plus tard auprès de leur amie. Elles allaient d'abord rejoindre la terre ferme pour s'en remettre avant de partir sur du drame sentimental, sans compter que ni Kali, ni Ann n'avaient d'explications.
C'est peu avant midi qu'elles finirent par arriver dans le port du petit village de Fossha. Les habitants, aussi amicaux que dans les souvenirs d'enfant de la journaliste, les saluèrent avec entrain, avant de retourner à leurs occupations.
- Je ne vais pas la voir avant que vous ne vous soyez excusées les filles. Je tiens à ma vie, leur dit Marina. Qu'est-ce qui vous a pris ?
- Si on le savait, ce serait déjà très bien, marmonna Kali alors qu'Ann s'ébrouait furieusement.
- Allons-y, avant qu'elle ne décide de ramener une tornade sur nous en continuant de bouder, le vent est déjà bien agressif comme ça, soupira la journaliste.
- Bonne mort ! souhaita leur troisième comparse.
- Ma mère saura quoi faire de ma dépouille.
Et elle passa la porte que lui tenait Kali et ensemble, elles allèrent vers la partie bureau de la zone de vie du navire, séparée par un rideau. Elles échangèrent un regard et Ann toqua contre le mur à côté du rideau. Carmen usa de son logia pour ouvrir la séparation, montrant que la femme était occupée à travailler. Les deux plus jeunes échangèrent un regard. L'interrompre avec un câlin ou attendre patiemment le bon moment ?
Finalement, Kali s'adossa au mur de droite pendant qu'Ann s'asseyait à ses pieds. Elles allaient attendre. Alors, Ann appuya son coude sur son genou et son menton sur son poing.
Elles attendraient.
Kali ferma les yeux.
Ouais. Elles attendraient.
Finalement, Carmen termina de noircir sa page pour se tourner vers elles.
- Je pense que l'on a parlé, non ? Surtout sur vos comportements sur le pont pendant la tempête. Et laissez-moi terminer avant de commencer vos justifications ou explications, que je souhaiterais avoir.
Elles l'avaient déjà assez énervée comme ça, elles n'allaient pas en rajouter en lui coupant la parole. Les deux zoans restèrent sagement silencieuse pour la laisser s'exprimer jusqu'au bout.
- Chaque membre à bord est aussi important que les autres. Chacun à son rôle. Et dans une tempête, les actions de chacun peuvent avoir un impact sur l'ensemble. J'ai été blessée par votre volonté de me sortir du pont. Profondément. Ça m'a donné l'impression d'être inutile ou que vous considériez que je suis faible. Et nous aurions pu être projetée par-dessus bord par une mauvaise manœuvre. Alors, vraiment, j'aimerais comprendre. Car ce n'est pas dans vos habitudes. Surtout que ce n'est pas la pire tempête que l'on croise et vous avez déjà préféré que je prenne la barre car je connais mieux le Calypso que chacune d'entre vous. Je suis actuellement calme, mais j'aimerais vraiment comprendre.
Déjà, apaiser la femme effarouchée.
- Te blesser n'était pas dans notre intention, commença Kali. On est désolée, extrêmement désolée que tu aies mal prit notre intervention. Nous n'avions pas l'intention de te blesser, et remettre tes compétences et ton utilité en question n'était pas notre idée.
- Si on a autant insisté pour que tu te rentres à l'abri c'est… comment expliquer… souffla Ann en se massant les tempes. L'instinct du zoan. Et… et je crois qu'on a saisi pourquoi Iro et Strike sont aussi câlin avec toi. On a juste… ce besoin, cet instinct, ce… ce truc qui nous dit qu'on doit te protéger. C'est récent, et généralement, c'est supportable.
- Juste une envie dans l'arrière du crâne qu'on traduit par des câlins non justifiés, glissa l'elfe.
- Mais là, avec le danger d'une tempête, cela s'est changé en une alarme folle dans le crâne qui nous dit qu'il faut te protéger. On a pas vraiment de justification ou de réponse claire, c'est juste que…
Ann laissa tomber ses bras d'un geste défaitiste.
Kali n'avait pas plus d'explication.
- On voulait pas que tu te sentes mal, c'est juste qu'on pouvait pas se concentrer sur autre chose tant que tu étais sur le pont, parce qu'il y avait cette voix qui nous hurlait dans le crâne que tu étais en danger et qu'on devait te protéger. On est désolée, Carmen, mais on ne peut pas te promettre que ça ne se reproduira plus parce qu'on ne sait pas ce qui en est la cause, on ne peut donc pas y remédier.
Carmen monta la main vers sa bouche, comme frappée par la foudre.
Qu'est-ce qu'elles avaient dit ?
La médecin regarda son bureau un instant, puis revint vers ses deux amies qui étaient extrêmement perdues.
- Il y a peut-être... une explication, dit-elle peu sûre.
Les deux zoans se regardèrent, puis fixèrent Carmen avec espoir. Si elle avait une explication, elles étaient preneuses, elles trouveraient peut-être une solution pour que ça ne se reproduise pas. Elle chercha quelque chose dans son bureau pendant un instant, avant de se lever.
- Attendez ici un instant. Je dois confirmer une chose. Si ça se révèle exact... je suis dans la merde.
Elle rentra dans la salle de bain et ferma la porte à clef.
Les deux zoans se regardèrent sans comprendre alors que Marina passait la tête dans le navire.
- Vous êtes toujours vivantes ? demanda la demoiselle.
- Oui, mais… on est pas plus avancées, soupira Kali en allant vers le nid.
Et elle se laissa tomber en arrière dans le tas coussins/couvertures en soupirant. Ann se leva de sa place par terre pour rejoindre l'autrice.
- Qu'est-ce qu'il vous a pris, en fait ? se renseigna celle-ci.
- On est des zoans, et nos zoans nous ont fait hurler qu'il fallait mettre Carmen à l'abri. Ce genre de chose que tu ne peux pas ignorer, expliqua Ann. C'était soit ça, soit nous noyer.
Elles entendirent Carmen jurer dans la salle de bains.
Elle ressortit de la salle de bain et tira la boite de cookie de Thatch pour s'en enfiler un pour ensuite s'asseoir sur la banquette. Avec quelque chose de très gros dans l'esprit vu comment elle grignota son cookie.
Kali émergea à moitié du nid avec curiosité alors qu'Ann se rapprochait de Carmen avec inquiétude.
- On… on a fait quelque chose de mal… ? demanda la yôkai en se mordant un ongle.
Carmen redressa la tête, le cookie entre les dents. Elle poussa un soupir, posant alors celui-ci, pour frotter la tête de la yôkai.
Ann était encore plus perplexe.
- On va plutôt dire que... Je suis dans la merde. Et le plus simple...
Elle tira quelque chose de sa poche et le posa sur la table. La journaliste le ramassa. C'était…
- C'est un test de grossesse ? se fit confirmer doucement la demoiselle. Tu… Es-tu enceinte, Carmen ?
Derrière Carmen, Bruno et Roger étaient en train de procéder à la réanimation d'Aarch. Une femme que la brune n'avait vu que sur une photo de Carmen apparut, avec un air de famille avec la logia. Elle se saisit en souriant d'Aarch et annonça qu'elle allait le prendre en charge avant de disparaître avec lui.
Marina manqua de louper une marche invisible en entendant cela et s'approcha pour voir aussi. La médecin grogna, frottant ses tempes avec la migraine qu'elle avait. Kali se rapprocha en se serrant dans ses bras.
- Oui. Et il a un mois selon le test. Je préciserais avec un test supplémentaire. Mais, ça a commencé avec le comportement étrange de Strike, Iro et King, lorsque vous êtes venue me récupérer à Loguetown. Et mon unique partenaire du moment est Smoker… Shit. Et dire que je prends la pilule.
Ann passa derrière Carmen et passa un bras autour de leur amie.
- Est-ce que ça ira ?
- … je sais pas... On n'avait pas discuté de cela, avec Smoker... Et je dois lui dire. Et... décider de ce que je dois faire, maintenant.
- Tu veux qu'on retourne à Loguetown pour que vous en discutiez ? demanda Ann alors que Marina s'était rajoutée sur le câlin.
Kali se tenait de l'autre côté de la table, immobile, presque figée.
- Tu vas garder l'enfant ? finit par demander Ann. Ou alors, tu peux aussi appeler ma mère pour avoir des conseils. Elle t'a adopté, alors, elle sera ravie de t'aider.
- … J'aimerais... je sais pas. Je voudrais... le garder ? Mais, je n'ai pas envie non plus d'enfermer Smoker dans ça. Merde. Je ne sais pas quoi penser. J'ai toujours cru que je finirais vieille fille et que le nom Rhyddid disparaitrait avec moi. Et voilà qu'en l'espace d'un an, on innocente mon père, je trouve un copain parfait, et ça...
- Tu… tu veux garder cet enfant… ok. Mais… tu feras quoi si c'est… une fille ? demanda Kali.
Sa voix s'était presque éteinte sur le dernier mot avant de déglutir.
Carmen regarda leur amie avant de réfléchir. Elle eut un petit sourire avant de répondre :
- Lorsque j'étais bien plus jeune, je me disais que si j'avais une fille, je la nommerais Morgana. Si c'était un garçon, Galahad. C'est deux héros d'histoires que mon père me lisait. Et puis, une fille ou un garçon, ce sont des enfants. Ce sont des trésors.
Un poids invisible se retira des épaules de l'elfette et elle se rapprocha à son tour pour se rajouter au câlin.
- Peu importe ce que tu décides ou feras, on sait que tu seras la meilleure des mères, chercha à rassurer Ann. Et, même si j'ai des doutes, si Smoker veut pas assumer, tu seras pas toute seule. On est toutes là pour toi. Et je te jure que je lui ferai payer. Après, reste la possibilité de prendre discrètement la température.
Carmen s'accrocha à chacune, au bord des larmes, et se tourna vers Ann.
- J'aimerais bien savoir… avant de lui parler. C'est bête, non ?
- Prendre la température, tu veux dire ? tenta de décrypter la yôkai. Pas de souci, je peux faire ça. Toi, tu vas te prendre un bon chocolat chaud et te mettre au lit. Laisse-nous gérer. Et là, c'est pas de l'hyper protection, c'est surtout que tu as besoin de te calmer les nerfs, ¿ vale ?
Avec un sourire affectueux, Ann essuya le début de larmes de leur amie avant de lui embrasser le crâne.
- Sans compter qu'on a Iro e Strike t en guise de peluche, rappela Marina.
- Vrai… par Davy Jones. Je ne sais pas ce que je ferais sans vous.
Après que Ann la lâcha, Carmen alla se glisser dans le nid, attrapant la couverture et les coussins. Strike et Iro vinrent s'enrouler autour d'elle alors que Marina posait la tasse de chocolat chaud. Carmen ferma les yeux sans rien entendre de plus, complètement lessivée par les évènements et la tempête émotionnelle par laquelle elle passait.
- Mesdames… nous allons être tantes, rit nerveusement Ann.
Elle ouvrit les bras et reçu les deux autres dedans. Avec un rire un brin hystérique, elles se tinrent dans un câlin collectif toutes les trois.
- Bon, répartissons-nous les choses… décida Ann en relâchant les deux autres. Vu que j'ai quelque chose à faire qui va prendre un brin de temps, parce que je vais prendre une engueulade pour ma mère…
- Qu'est-ce qu'elle a fait pour mériter une engueulade ? s'étonna Marina.
- C'est ici qu'on a adopté Luffy. Vu e que j'étais là, que je suis désormais adulte, et qu'on a plus ou moins enlevé er Luffy… Et je crois que c'était le seul gosse du village, et doublé er au fait que c'est le petit-fils de Garp...
- Ah. Oui, on peut comprendre que sa disparition ne soit pas passée inaperçue et que des gens soient… mécontents, grimaça Kali.
- Je vais aller faire les courses pour les provisions avec Kali, proposa Marina. Tu prends la température pendant ce temps ? De toute façon, ils te connaissent mieux, que ce soit Smoker ou que sa seconde, donc, tu as plus de chance d'avoir des informations. Et si tu as des mauvaises nouvelles, je vais m'acheter des balles de kairoseki pour apprendre une leçon à un logia.
Les deux autres hochèrent la tête et Kali alla prendre le porte-monnaie avant de partir avec Marina. Ann attendit qu'elles s'en aillent avant de soupirer. Elle eut un sourire en entendant Iro se mettre à ronronner dans le nid avec Carmen et Strike. Elle attrapa le denden et s'assit à la table de la cuisine. Elle composa le numéro de Loguetown, croisant les doigts.
Elle eut un soupir de soulagement quand Tashigi répondit.
- Buenas, Tashigi, j'espère que je ne dérange pas…
« Oh, Ace-san ! Non, du tout, je me suis mise à l'abri de la colère du vice-amiral, il remonte les bretelles à Fullbody en conférence denden. » informa Tashigi.
Et le denden eut un frisson visible.
- As-tu du temps à m'accorder pour une séance commérage ?
« Avec plaisir ! »
Une chaise racla, indiquant qu'une marine excitée venait de se mettre confortable sur une chaise de sa base, prête à tout dire et entendre sur les dernières rumeurs.
- On va parler des dernières histoires d'amours… Carmen et Smoker… commença Ann.
« Ooooh ! Oui ! Le plus mignon des couples ! Cela fait des mois qu'ils se parlent par denden. Smoker-san croit qu'il est discret, mais même Hina, durant sa seule visite, l'a surpris ! Cela a été dure de la persuader de ne rien dire, parce que sinon, il prendrait plus de précaution pour passer inaperçu et ils sont tellement… ! »
- La même, la même.
Enfin, la zoan, elle, elle avait les fantômes pour l'aider à se tenir au courant. Comme là, elle avait Roja qui se tenait littéralement sur son épaule avec des yeux avides.
- Et dis-moi… on sait qu'ils ont déjà consommé, qu'ils sont bien amoureux, mais… tu penses que ça va durer ? T'as des signes de ton côté qui puisse le laisser entendre ?
« Eh bien… »
- Lâche le morceau, Tashigi, tu me connais.
« Tu es journaliste, Ace-san ! Et… c'était pas ton ex ? »
- On était sex-friend, Tashigi, pas ex. Sans compter que je lui ai dit que j'avais trouvé chaussure à mon pied et donc, qu'on allait passer au statut de juste pote. Smoker est mon premier ami, alors, j'y tiens à ce lien.
« Oh ? »
- Raison de plus pour que tu me dises ce qu'il en est. Ce sont mes amis dont il s'agit et Carmen est accro. Si c'est pas destiné à durer, je préfère être mise au courant pour faire tampon et médiatrice.
« Je peux comprendre. Il s'est passé quelque chose pour que tu t'inquiètes ? »
- Ouais. Juste Carmen ultra sentimental qui s'interroge sur sa relation et qui craint de perdre le seul mec correct qu'elle ait rencontré.
« Oh ! Alors, écoutes-moi, tu vas pouvoir la rassurer, mais faut que tu gardes tout ça pour toi. J'ai ta parole ? »
- Je suis une tombe. Dime to'o.
Tashigi se racla la gorge et le mouvement d'œil du denden informa qu'elle devait s'assurer que personne ne les écouter.
« J'ai cru comprendre que le vice-amiral J'rem avait menacé Smoker-san de l'envoyer à la morgue s'il lui demandait encore conseil. »
- A quel sujet ?
« Il cherchait quelqu'un pour l'aider à trouver un anneau pour Rhyddid-san. »
Ann porta une main à sa bouche.
- Tu veux dire…
« Ouiii ! »
- ¡ Jodilla !
« Comme tu dis ! N'est-ce pas excitant ?! »
- C'est merveilleux ! Oh bon sang !
« Mais c'est un secret, on est d'accord ? »
- Je garderais ce secret, tu as ma parole. Santa madre de díos… oh, je vais pleurer.
Elle s'éventa pour lutter contre l'émotion.
« Il est donc nécessaire que vous reveniez vite à Loguetown. »
- Ce jour-là, on fera une fête de tous les diables, je te l'assure. Je vais te laisser.
« Tu ne dis rien, pas vrai, j'insiste, sinon, Smoker-san va savoir d'où vient la fuite et je vais en prendre pour mon grade. »
- Tranquilizate. Carmen dort et les deux autres sont parties faire des courses. Je vais régler une vieille affaire, personne ne saura quoique ce soit pour notre petite confidence.
« C'est injuste ! Je te donne des informations et moi, j'ai rien en échange ! »
Et la jeune marine eut une moue boudeuse.
Ann fit jouer sa langue sur ses dents, tordit le cou pour s'assurer que Carmen dorme vraiment et revint vers le denden.
- Faudra que tu sois apte à bien jouer la comédie et que tu gardes ça pour toi. Vraiment, j'insiste. Smoker ne doit rien savoir avant d'être confronté à Carmen.
« Il n'en saura rien. »
La yôkai attrapa le test de grossesse toujours sur la table et le fit tourner dans sa main.
- Y'a un mini-Smoker en route.
« …Pardon ? »
- On est deux zoans à bord, et sans parler des bêtes, on commence à avoir l'instinct qui agit bizarrement. Alors, Carmen a eu un doute et a fait un test de grossesse. Positif, bien entendu.
Tashigi manqua d'hurler d'excitation et se retint en se plaquant la main sur la bouche, mais les yeux brillants étaient une grosse indication de ce qu'elle pensait.
- Tu comprends pourquoi j'appelle, maintenant, n'est-ce pas ?
« Oh oui. Bon dieu ! Il faut que vous reveniez vite à Loguetown ! J'ai tellement hâte ! Oh ! Il faut faire redescendre Hina-san ! »
- Elle doit d'abord ramener ses parents là où il faut. Et on a un logement à aménager sur Shabaody.
« C'est triste que le couple sera quasi tout le temps séparé et le bébé n'aura que rarement ses deux parents en même temps. »
- Carmen est comme son logia, impossible à tenir en place. On peut rien faire contre. Mais c'est ce qui fait son charme.
« Mhmh. »
On entendit quelqu'un hurler un lointain « Tashigi » et la lieutenant sursauta.
« Oups, Smoker-san m'appelle. Merci en tout cas pour les dernières nouvelles. Je garde le secret, mais je suis très excitée ! »
- De même, de même. A très bientôt.
Elle raccrocha son denden.
Bon, elle allait devoir trouver les filles. Restait à savoir comment leur faire comprendre que tout allait bien se passer, sans leur parler de ce qu'elle venait d'apprendre. En soupirant devant la tâche ardue, elle se leva.
Elle alla vers son sac de travail où elle conservait une enveloppe de photos que lui avait donné auparavant sa mère dans le cas où elle passerait par Dawn. Elle attrapa l'enveloppe et sortit. Elle porterait les sacs de courses.
Elle remonta la petite route de terre pour retrouver ses amies. Elles étaient devant un magasin alimentaire à côté du bar où elle avait rencontré Luffy la première fois.
- Me voilà les filles ! ¡Ya voy !
Les deux filles se détournèrent d'un étal de fruit à l'extérieur du primeur, pas loin d'un vieil homme assit à l'extérieur du bar avec sa canne, à moitié caché par son bob.
- Ann ! Alors ? Des nouvelles ? s'enquit Marina.
La jeune femme s'arrêta de courir au niveau de ses amies et récupéra quelques-uns des sacs.
- Oh, j'en ai des bonnes… mais on m'a fait jurer au silence.
Kali haussa un sourcil.
- Nous laisse pas ainsi dans le suspense. On est toutes là pour Carmen. Tu vas pas nous laisser un ainsi comme ça, sans rien nous dire, supplia Marina.
- Non, je ne dirais rien ! Je sais quelque chose et je ne le lâcherai pas comme ça. Cela serait la pire chose à faire que de trahir la surprise. Mais franchement, Carmen a décroché la perle rare.
Marina regarda droit dans les yeux Ann.
- Une surprise assez acceptable pour qu'on n'ait pas à faire comprendre à quelqu'un que Carmen est notre sœur ainée et qu'on n'accepte pas qu'elle soit triste ? Il va la rendre heureuse ?
La yôkai la regarda avec un air blasé.
- Tu crois vraiment que j'aurais cette tête si ce n'était pas une promesse de bonheur ce que je venais d'apprendre ?
- Tout comme ta mère a prétendu avoir fait le trajet juste pour sa gosse et enlève le petit-fils d'un haut fonctionnaire de la Marine au passage avec très certainement l'assistance de ce sale pirate qu'est Shanks ? gronda le vieil homme silencieux juste derrière elle. Qu'as-tu à dire à ça, Portgas D. Anabela ?
- C'est quoi ton souci avec Rouge-san, vieil homme ignorant ? gronda Kali avec un regard tellement noir que ses cheveux avaient l'air d'avoir gonflé sous la colère.
- Vieil homme ignorant ? Vieil homme ignorant ! Parce qu'une fille de…
- Je te recommande de tourner sept fois ta langue dans ta bouche avant de dire quelque chose que tu vas regretter, grogna Ann
- Et je pensais de connaissances communes qu'il n'est pas poli de s'immiscer dans les conversations d'autrui, l'ancien, continua Marina en grognant. Surtout si c'est pour être désobligeant.
- Oh, mais désolé pour votre conversation de midinette, mais je parle d'un enlèvement d'enfant et c'est un sujet bien plus sérieux !
Les cris firent sortir la tenancière du bar.
- Woop-san ? Que se passe-t-il ?
- Les Portgas sont de retour, voilà ce qu'il se passe ! D'abord Luffy, ensuite quoi…
L'ancien se fit arrêté par une gifle bien sonore et Marina secoua sa main sur le côté, l'orage presque visible au-dessus de sa tête.
- Midinette… MIDINETTE ? J'AI L'AIR D'ÊTRE UNE MIDINETTE ?! Je vous insulte pas et vous vous permettez de faire des commentaires sur moi et mes amies parce que l'on s'inquiète pour notre capitaine ?!
Les villageois s'arrêtèrent d'un air choqué alors que Kali avait un sourire de coin empli d'une satisfaction sadique alors qu'Ann se mordait une phalange pour ne pas éclater de rire.
- Calmons-nous, que se passe-t-il ? demanda Makino (si Ann avait bonne mémoire) en se mettant au milieu pour que ça ne s'aggrave pas.
- Notre amie et capitaine a appris une nouvelle importante, et notre camarade devait s'assurer que l'autre parti impliqué ne fasse pas une bêtise, résuma diplomatiquement Kali. Seulement, il semblerait que la mère de notre amie ci-présente a laissé une mauvaise impression à ce… cet individu, qui a donc décidé de couper vulgairement et agressivement notre conversation, avant de commencer à devenir insultant. D'où le pourquoi il s'est reçu une claque. Je pense que tout a été dit. Pouvons-nous reprendre notre conversation en paix ou est-il nécessaire de percer és l'abcès de l'incident qui rend ce vilain petit homme si mal poli ?
Marina croisa les bras. Elle regarda l'ancien qui semblait prêt à hurler au meurtre. La femme eut un sourire néanmoins avenant.
- Il ne faut pas s'énerver ainsi. Je pense qu'il est mieux pour Woop-san ainsi que vous, jeune fille, vous présentiez des excuses respectives. Et nous pourrions peut-être trouver ce qui à causer cette situation, non ?
Kali regarda Marina du coin de la tête et celle-ci baissa les épaules, mordant ses lèvres.
- Juste que… midinette est le surnom qu'il me donnait. Je sais que je ne devrais pas…
Ann se mit à grogner encore plus fort. Ce sale type avait eu le culot de ramener des mauvais souvenirs à la surface. Elle allait lui refaire le visage avec ses griffes.
- Allons, coupa Makino. Certes, Woop-san ne devrait pas insulter les gens ainsi.
Le concerner voulut protester mais la femme continua.
-… Mais de là à frapper quelqu'un ?
Elle donna juste un regard à Marina avec ce sourire doux, sans aucune malice ni méchanceté. Juste ce regard qui disait qu'il fallait prendre la bonne décision.
- Je m'excuse de vous avoir frappé, marmonna Marina.
- Le respect des…
- Woop-san, vous n'oubliez pas quelque chose ? Ces jeunes filles n'ont pas mérité pareille appellation, non plus, coupa la tenancière.
- Mais c'est la fille de cette Portgas de…
- Être la fille ne veut pas dire porter le fardeau de la mère. Allons, vous êtes adulte, non ? Et puis, ce n'est pas comme si Luffy n'a pas envoyé de lettre. Miss Rouge l'a protégé depuis qu'elle est venue. Et Garp-san ne laisserait pas ainsi son petit-fils entre les mains de n'importe qui s'il ne savait pas qu'il serait en sécurité, non ?
C'était Garp, même pour ça, son inconscience pouvait être remise en doute.
- Envoyer des lettres ? Il a envoyé des lettres ? Et je l'apprends maintenant ? Et qu'est-ce qui nous dit que ce n'est pas une ruse de cette démone rousse !
- Primero, ma mère n'est pas rousse, elle est blonde, elle a juste des reflets rougeâtres. Segundo, on doit parler de l'ascendance particulière de Luffy et la comparer à ma mère, banale citoyenne de de Baterilla ?
Woop eu un cri étranglé en réponse.
- Sans compter que comme Makino-san l'a dit, certes, l'adoption de Luffy ne s'est pas faite de façon très conventionnelle, mais c'est pour le mieux. Il a eu une éducation, un cadre familial bien défini qui ne se résume pas à un grand-père qui ne fait que passer de temps à autre et un donneur de sperme aux abonnés absents. Tercero…
Elle rendit un paquet à Kali pour pouvoir sortir de son veston l'enveloppe qu'elle donna à Woop.
- Son pruebas. Des preuves que l'on a pas mangé Luffy. La preuve, il y a quelques jours encore, il nous faisait tourner en bourrique. Pas vrai les filles ?
- Il a failli nous rendre toutes folles, confirma d'un ton épuisé Kali.
- Il est banni à vie du café. S'il boit du café, le monde ne serait pas prêt à le supporter. Et après, on se demande pourquoi Carmen dort, en fait, renchérit Marina.
- Conclusion, on veut mes preuves du fait que Luffy est bien vivant ? se renseigna la D. en agitant l'enveloppe.
D'un geste sec, Woop attrapa l'enveloppe bien épaisse et l'ouvrit. La première photo qu'il sortit, c'était une belle rangée de jeunes (Ann, Sabo et Luffy) en mode de cochons pendus suspendus la tête en bas, par la simple force des genoux, à l'une des rambardes de la hacienda, avec des pistolets à eaux qui arrosaient une Amelia plus que blasée. Et vue le sourire des trois ouistitis, cela les amusait énormément.
- Alors ? Avons-nous mangé Luffy ? A-t-il été utilisé en engrais pour nos oliviers ? Sacrifié sur un autel impie ? Ou que sais-je ? Je trouve qu'il a l'air plutôt content de sa nouvelle vie. Ceci étant fait, on peut retourner à notre conversation ?
En grommelant, le vieil homme se détourna sous le sourire gêné de Makino.
- Oi, tío. T'as pas oublié quelque chose ? Comme présenter tes excuses pour avoir craché sur le dos de ma mère ?
Woop se mit à siffler de mauvaise humeur mais un regard de Makino lui fit changer d'avis.
- Je suis désolé d'avoir mal parlé sur ta mère.
- Bien.
Ann se tourna donc vers ses amies.
- Nous disions ?
- Que les nouvelles sont bonnes mais que tu ne peux rien dire car tu l'as promis. Par contre, faudra que l'on pense à prendre des choses pour Carmen. Parce que, elle a un petit bout en elle et ça va l'épuiser.
Kali hocha la tête avant que Marina ne reprenne.
- Et surtout qu'elle peut faire une fausse couche.
Les deux zoans se figèrent. Lentement, avec presque un grincement de film d'horreur, elles tournèrent la tête vers Marina, avec des visages sans expressions. Elle venait vraiment de parler de fausse couche alors qu'elles étaient en mode surprotectrices devant la grossesse de leur amie.
- On doit être vigilante à ne pas mettre des aliments interdits, continua la demoiselle. Mais c'est tout ce que je sais réellement.
La barmaid eut un petit rire, les deux mains devant le visage d'excitation. Elle était restée là, apparemment après avoir chassé le maire et les autres curieux.
- Il est vrai que c'est une nouvelle assez excitante et effrayante. Mais je pense que votre mère pourrait vous répondre à vos questions, miss Portgas.
- Euh… certes… certes…
Ann n'avait jamais demandé à sa mère comment s'était passée la grossesse. Avec tout monde qui cherchait Roger, rien ne disait que ça avait pu se passer correctement ou pas. Cela ne coûtait rien de demander, et au pire, elle demanderait à un de ses aïeules.
- On va attendre que Carmen se réveille avant ça. On va finir nos courses et retourner au trimaran. C'était juste un crochet é avant de retourner à la Grand Line, ma mère voulait absolument que je dépose pour elle les photos, que Garp ne revienne pas à Baterilla et se retrouve r à nouveau avec sa poêle à paëlla dans la figure.
Le sourire de Makino se figea alors que la D. souriait au souvenir.
- Aaaah, le bon temps… et 'Melia qui avait pris e le pompe de son père pour accueillir Garp. M'enfin. On va finir nos courses. Bonne journée.
Marina leva la liste pour montrer ce qu'il restait à récupérer. Chacune fit néanmoins un salut aux curieux d'un mouvement de tête avant de partir finir leur course. Elles revinrent au navire pour mdi et Marina se désigna d'office pour faire le repas.
- Qui veut aller la sortir du pays des songes pour manger ? demanda la cuisinière.
- J'y vais, annonça Kali.
- Je vais finir de ranger tout ça.
Ann alla terminer de ranger les courses, les répartissant entre les placards de la cuisine et les zones de stockage dans les flotteurs. Kali avait entre temps détaché une plume de sa collerette et chatouilla avec le cou d'une Carmen bien endormie entre Strike et Iro. Pendant ce temps, Ann était revenue et mettait la table.
- Le soleil vient de se lever~… chantonna avec amusement Kali en continuant les chatouilles contre Carmen qui commençait à émerger.
La logia qui se réveille, c'était toujours un spectacle amusant, surtout quand elle avait encore envie de dormir. Elle avait de tout petits yeux en se frottant adorablement le visage.
- … l'heure ?
- Juste à temps pour manger. Ensuite, on appellera ma mère, parce que je pense clairement que dans cette situation, on aurait besoin de quelqu'un qui est passé par là, fit Ann. Alors, toi, tu vas t'asseoir et te laisser aller. Imagine ça comme une longue et savoureuse séance de cocooning. Ne ?
Et la yôkai offrit un sourire innocent à la femme enceinte en lui tirant une chaise.
La médecin releva la tête vers Ann avec clairement l'intention d'aller retourner se coucher. Elle usa de son pouvoir pour se lever avant de rejoindre la chaise en s'attachant ses cheveux pour qu'ils ne soient plus sur son visage.
- On met juste une limite au cocooning sur un point. Et je sais que c'est compliqué pour les zoans. J'accepte l'aide et les câlins, mais réfrénez le sur-assistanat, c'est tout. D'acc ? Et quand penses-tu contacter ta mère pour ça ?
- Après manger, lui répondit Ann en s'asseyant à côté. Et j'ai réfléchi à une chose. Si tu veux fonder une famille avec Smoker, chose que vous êtes sur le point de faire, tu vas devoir lui parler de la particularité de ta famille… je veux pas parler des Rhyddid, cela viendra en son temps, je pense surtout au risque pour sa vie avec une tripotée d'oncles surprotecteurs qui peuvent nettoyer le sol avec sa tête.
Et Kali vint s'asseoir à son tour à la table pendant que Marina finissait le repas.
- Après, tu me diras, ça l'a juste secoué un instant quand je lui ai lancé que j'étais la gosse de Roger, donc, ça devrait passer plutôt bien comme pilule, sourit innocemment Ann.
En tout cas, l'idée fit frissonner Carmen.
- … J'ai déjà glissé des indices... Comme par exemple que j'ai été élevé dans le Nouveau Monde, sur un navire. Que ma famille est plutôt étendue, etc. J'espère qu'il va digérer cela. Et surtout, survivre aux idiots surprotecteurs.
Marina posa sur la table ce qu'elle venait de préparer. C'était du riz, du poisson sauté à la poêle avec des tomates à la provençale.
- On gardera le silence jusqu'à ce qu'il sache, promit Kali. Mais si Ann et moi, on a eu ce sentiment, tu peux t'attendre à ce que le Phénix le perçoive aussi. Tu penses pouvoir les éviter assez longtemps pour qu'ils ne puissent pas le tuer ? Merci pour le repas, Marina. Je ferai la vaisselle, le temps que vous appeliez Rouge-san.
- Pas de quoi. Mais, j'ai un avis sur la question. Plus ça traine, plus ça peut mal se passer. Ce genre de nouvelles, mieux vaut l'avouer avant qu'on se retrouve au pied du mur.
- Je suis au courant... Va falloir que je l'annonce à Smoker, mais aussi à Marco et Oyaji. Un, parce qu'il me fait office de père. L'autre, car il peut tenir en laisse les autres. Qu'est-ce que je raconte ? Smoker va mourir. Marco peut accepter un copain. Mais, là ? Un bébé ?
Elle enfonça ses baguettes dans le riz pour en prendre avec un désespoir croissant.
- Donc, au final, on retourne à Loguetown pour l'annonce ? demanda Ann. Je pense que c'est la première étape avant de lâcher l'apocalypse sur un marine innocent. Des types bien comme lui, on en voit pas des masses.
- Il le faudra bien. Je vais pas lui annoncer par denden ça, grogna Carmen en mordant dans un morceau de poissons. Et plus vite il sera au courant, moins il sera surpris s'il voit débarquer un membre de l'équipage de Barbe Blanche qui voudra lui faire la peau. Et puis, s'il me plaque à cause de ça... C'est que c'était pas le bon… Mais pour une fois que j'ai la conviction de trouver le bon. J'ai pas envie que ça s'arrête.
- Il te fait ça, je le tue de mes mains, mais, mon instinct de yôkai me dit qu'il y a peu de risque, sourit d'un air rassurant Ann.
Roger trouva cela très drôle vu comme il se foutait de sa gueule et Kali manqua de s'étouffer en cherchant à ne pas rire avec son verre de lait.
- Eh oh… protesta faiblement la journaliste.
- Revois ton humour, recommanda l'autre zoan en s'essuyant la bouche.
- On part demain pour Loguetown ? Puis on file vers Shabaody quelle que soit la réponse, proposa Carmen. Mes parents peuvent attendre un prochain voyage avant de se reposer... Ann, parlant de mon père, il a réagi comment ?
- Oh, il est juste tombé dans les pommes. Ta mère l'a évacué. Il est pas réapparu depuis. Tu me diras, j'ai entendu Bruno dire qu'il allait chopper Javier pour aller fêter ça, alors, je suis pas certaine qu'on en reverra un avant un moment.
Qu'on soit mort ou vivant, un bébé se devait toujours d'être un heureux évènement.
