Chapitre 2 : Première mission

Nous avançons dans les entrailles du bateau. Les flammes des lampes rendent l'ambiance oppressante, projetant des ombres sur les murs de métal. N'avoir aucun repère ne m'aidait pas à me rassurer. Mon guide s'arrête finalement devant une des portes et se tourne vers moi :

- Je voudrais avoir ton avis sur la blessure de mon neveu. Il ne s'est toujours pas réveillé.

Il ouvre la porte, le visage figé.

Je pénètre dans la pièce. Sur le mur, un énorme étendard de l'emblème de la nation du feu. Sur ma gauche, étendue sur le lit se trouve Zuko, les yeux fermés, l'épaule tachée de sang.

Il est assorti à la pièce, je pense tristement en me rapprochant. Je ne pus que constater la cicatrise de brulure qui ornait son visage depuis de nombreuses années déjà. Rumeur tristement célèbre de ce prince bannit. D'abord hésitante, je pose une main sur son front. Il est brulant et perlé de sueur. Je me penche ensuite vers l'épaule. Le plastron avait déjà été retiré et posé sur le coffre de l'entrée avant mon arrivée, le tissu de ses vêtements était collé par le sang.

- J'ai besoin de voir la blessure, pouvez-vous m'aider à dégager le vêtement ?

Délicatement son oncle le redressa et je pus dégager son bras de la tunique. J'en profite pour regarder l'arrière de l'épaule. Il a un corps de guerrier, on ne peut pas le nier. Il doit s'entraîner assidument… Je ne suis pas là pour ça ! Le rouge m'était monté aux joues. Il a quand même des pectoraux bien dessinés… Likana se concentre sur toi ! Je chasse toute ces pensées parasites et reprends l'auscultation.

C'est l'avant qui a pris la majorité de la poutre. Heureusement il ne reste aucun résidu de métal. Je tâte la peau proche de la plaie. Je vois Zuko réagir et grimacer de douleur, mais je dois rester concentré sur l'examen. J'attrape son coude et le lève avec précaution, le décale vers l'avant puis l'arrière du buste. L'articulation de l'épaule est toujours mobile et ne posera pas de problème en soi.

- Il ne doit pas avoir d'os cassé, vous pouvez le rallonger. Explique-je au général. Maintenant je vais devoir m'occuper de la blessure. Je vais avoir besoin d'eau chaude et de linge propre pour la nettoyer…

Je suis interrompu par l'intrusion d'un soldat qui après avoir toqué, tend une mallette métallique au général, avant de s'éclipser. Il me la tendit à son tour.

- Notre trousse de soin. Tu trouveras certains remèdes dont tu auras besoin. Je te laisse regarder. Je me charge de ramener l'eau et le linge.

Aussitôt dit, il quitte la pièce.

Seules les respirations croustillantes de Zuko emplissaient désormais le silence du lieu. J'entrepris de regarder les bandages emmelés ainsi que les produits à ma disposition. Je grognais tout bas en séparant les différentes bandes bien emêlées.

Heureusement pour moi les dégager m'aidait à faire le tri dans mes pensées. Je réalise petit à petit que je suis loin, très loin de ma famille. Mabouba, ma grand-mère est conservée au pôle sud, mon père n'est jamais revenu de la guerre. Sokka, Katara, ma fratrie me manque bien plus que je ne l'aurai imaginé. Je soupirai.

Sauver cet homme a eu bien plus d'impact que je ne le pensais. Je voulais prouver à tous ma valeur. J'ai toujours rêvé de liberté, de découvrir de nouveaux horizons, d'avancer sans jamais penser aux conséquences. C'est d'ailleurs sur un coup de tête que je les ai accompagnés dans leur quête pour rétablir l'équilibre entre les éléments et les différentes nations.

Ils ne doivent pas savoir que je suis piégé ici ! Je m'étais mis un peu à l'écart lors de l'affrontement, je les ai perdus de vue et tout s'est enchainé trop vite. Aujourd'hui doit être la première fois que je ne suis pas sûr de ce qui va m'arriver. Je suis très loin de retrouver mes compagnons.

Le général à l'air plutôt conciliant à mon égard mais ne va-t-il pas changer d'avis dès que je ne serais plus utile.

Et moi, à quel point puis-je assumer de les aider ? En ne soignant pas Zuko j'aiderais énormément Aang, l'avatar. Je lui enlèverais, ou bien retarderais, une belle épine du pied. Devrai-je ne rien faire ou même mentir sur mes capacités, quitter à me refaire enfermer ? Pour quelle raison le destin m'a placé dans cette situation ? Ces questions tournaient dans ma tête au point de me donner le tournis. Je n'avais aucune certitude.

Je soupirai, une fois de plus, lançant un regard vers Zuko. Je suis bien incapable de faire du mal, surtout à une personne sans défense. Mon instinct me poussait même à croire que j'avais un rôle à jouer ici. Et que malgré les coups bas qui nous étaient opposés, Zuko n'était pas pourri de l'intérieur. Je me confortais dans cette idée sans fondement réel en finissant de ranger les bandages enroulés proprement.


Mot d'auteur:

J'espère que l'histoire vous plait. Je pose doucement les bases pour insérer mon héroïne dans la série, Avatar le dernier maitre de l'air. Si vous avez des remarques ou subjections n'hésiter pas.

Je vais pouvoir sortir un chapitre par semaine, je m'organise pour prendre le plus d'avance possible donc à bientôt.