J'ai découvert tardivement cette série et j'adore le couple Burzek. Après avoir vu le 12x14, il me semblait qu'il manquait quelque chose après que Bob n'ait pas reconnu son propre fils. Cette scène poignante paraissait incomplète. Etant restée sur ma faim, j'ai décidé d'écrire un OS là-dessus. Il s'agit donc de ma première fic sur Chicago PD.
Adam se trouvait dans la cuisine, avec juste une petite veilleuse en guise de lumière. Il s'était servi un verre de bourbon afin d'apaiser son esprit. Même s'il avait eu une grande satisfaction à retrouver la grand-mère de Zoé, la situation avec son père le perturbait au plus haut point. Il n'avait même pas réussi à en parler avec Kim et gardait ça pour lui mais ses émotions étaient en train de le rattraper maintenant qu'il était au calme, à la maison, sans plus aucune pression du dossier de Zoé.
Son père ne l'avait pas reconnu...
Il pensait s'être préparé à ce moment, il se rappela encore sa conversation avec Bob lorsqu'il lui avait dit qu'il vivrait avec eux et qu'il ne retournerait pas en Floride mais jamais il n'aurait pu croire que ça ferait si mal. La maladie de son père avait atteint un nouveau stade, celui où il pouvait devenir agressif de par sa confusion, la preuve en était qu'il avait hurlé sur Mack et ça ne pouvait pas continuer ainsi. Il avait eu une discussion avec Kim au sujet de son père quelques jours auparavant.
Il y a une semaine
Kim était déjà dans le lit, en train de lire un roman quand Adam rentra de sa journée. Il n'avait pas dîné mais il ne se sentait même pas le courage de manger et fila directement dans sa chambre en faisant un crochet par la chambre de Mack pour s'assurer qu'elle dormait paisiblement. Lorsqu'il entra dans leur chambre, il vit Kim qui lui fit un sourire auquel il répondit machinalement. Il s'approche d'elle et l'embrassa puis il se déshabilla rapidement et s'allongea dans le lit.
- Durée journée ? lui demande Kim .
- C'était beaucoup de paperasserie, je préfère quand on est sur le terrain mais je devais boucler le dossier Vaughn.
- D'accord.
Un silence s'installa mais il sentait que quelque chose tracassait Kim. Il la regardait et constata qu'elle le fixait.
- Je sais que tu es fatigué mais il faut qu'on parle de ton père.
- Je sais, répond-il en soufflant . Qu'est-ce qu'il a fait aujourd'hui ?
- La voisine est venue me voir quand je suis arrivée ce soir car il était à l'extérieur en milieu d'après-midi et il hurlait car il n'arrivait pas à ouvrir la porte. Heureusement la baby-sitter est arrivée et lui a ouvert puis il est allé se renfermer dans sa chambre au sous-sol.
- Tu lui as parlé ?
- J'ai essayé, mais il était complètement confus alors je n'ai pas voulu en remettre une couche. Adam… il est peut-être temps de parler avec lui, lorsqu'il sera lucide, pour qu'il aille dans un établissement spécialisé.
- Je ne sais pas s'il est prêt pour ça…
- Lui ou toi ? Ecoute Adam, je me rends compte que c'est difficile pour toi de devoir prendre ce genre de décision.
- J'ai l'impression de ne pas faire assez pour lui.
- Ôte-toi ça de la tête, tu m'entends ? Regarde, dit-elle en lui sortant une brochure . J'ai commencé à un établissement spécialisé et celui-ci est juste à côté de chez nous, je me suis renseignée au Med, ils le connaissent, il sera bien chercher là-bas et toi, tu n'auras plus besoin de savoir en permanence où il est, qu'est-ce qu'il fait. Qu'en dis-tu?
- Je vais y réfléchir.
- Il faut s'en occuper avant que ce soit trop tard, avant que son attitude devienne ingérable, voire même qu'il ne soit agressif, on le sait que ça peut arriver Adam… Pense à Mack…
- J'ai compris Kim, je vais y réfléchir je t'ai dit. Est-ce qu'on peut juste s'en tenir là pour le moment, je suis vraiment fatigué.
- Oui, bien sûr. Tu sais que je t'aime.
- Moi aussi, fini-il en l'embrassant puis en se couchant dans le sens inverse de Kim .
Il avala le contenu du verre cul sec, lui brûlant ainsi agréablement la trachée. Il n'attendit pas une seconde pour s'en réserver un. Il aurait pensé que cela lui apporterait un peu de réconfort mais ce n'était pas le cas, bien au contraire : sa peine se trouva exacerbée et les larmes se mirent à couler.
Mack avait été réveillée par une envie pressante et elle s'était tout de suite rendue aux toilettes puis en revenant vers sa chambre, elle vit qu'il y avait une légère lumière vers la cuisine. La curiosité l'important, elle avança à pas de loup, afin de ne pas se faire repérer. Sa curiosité atteignit son comble quand elle entendit que quelqu'un pleurait. Elle s'avança discrètement et vit qu'il s'agissait d'Adam. Elle ne l'avait jamais vu pleurer, en temps normal il était le roc de cette famille, jamais elle n'aurait pu imaginer le voir dans cet état. Elle se demanda ce qu'elle devait faire mais elle ne préféra pas se faire voir, pensant que s'il était venu s'isoler dans la cuisine, elle n'avait pas le droit de le déranger. Elle décide donc de retourner dans sa chambre en silence.
Le lendemain matin, lorsque Kim se réveilla, elle posa sa main sur l'oreiller d'à côté, pensant ainsi pouvoir caresser la joue de son homme mais elle ne sentit que le vide. Elle ouvre les yeux pour voir un papier. Elle le lut et sourit puisque c'était un mot d'Adam lui indiquant qu'il était allé courir, qu'ils se verraient au boulot et qu'il l'aimait fort. Elle ne perdit pas un instant pour se lever pour profiter de quelques instants seule avant que leur fille ne se lève, ce qui fut le cas un quart d'heure plus tard mais elle comprit rapidement que quelque chose n'allait pas : habituellement, elle était de bonne humeur dès le réveil mais là, elle semblait préoccupée.
- Que se passe-t-il Mack ? Tu as fait un cauchemar ?
- Non mais je suis inquiet.
- A quel sujet ma puce ? Tu sais que tu peux tout me dire ?
- Papa n'est pas là ?
- Non, il est allé courir, pourquoi ?
- Bah cette nuit, je me suis levée pour aller aux toilettes et quand je me dirigeais vers ma chambre, j'ai vu qu'il y avait de la lumière dans la cuisine. Je sais que je n'aurais pas dû y aller mais je me suis approchée et j'ai vu papa qui pleurait. Est-ce qu'il va bien ?
- Mais oui ma puce, il est juste fatigué en ce moment mais ne t'inquiète pas pour lui, je vais m'en occuper. Tu sais qu'on prend soin les uns des autres, n'est-ce pas ?
- Oui, c'est pour ça que je t'en parle parce que je sais que ce sont des histoires de grandes personnes.
- Je te remercie et je te promets de m'occuper de papa. Aller, sur s'active ?
Kim n'avait pas voulu montrer son inquiétude à leur fille. Ce qu'elle venait de lui avouer alarma Kim car elle savait qu'Adam était sous pression en ce moment au sujet du cas de Zoé, mais surtout à propos de Bob. Elle savait que ce n'était pas dans les habitudes d'Adam de se plaindre ou de parler de ses angoisses mais elle n'avait pas le droit de le laisser seul alors que lui, avait toujours été à ses côtés dans les bons comme les pires moments. Elle allait devoir trouver du temps pour lui en parler dans la journée même si elle savait qu'il ne se confierait pas aussi facilement.
La journée passa vite et Kim n'a pas pu trouver un instant pour parler à Adam. Ils étaient sur une enquête de meurtre et ils devaient faire une descente dans un bar afin de retrouver le suspect principal dans leur affaire. Toute l'équipe s'active et entre ensemble, entraînant une dispersion de tous les clients. Chacun cherche la cible lorsqu'Adam l'aperçut tandis qu'il se dirigeait vers la sortie à l'arrière de l'établissement. Il partit à sa poursuite en prévenant l'équipe sur le talkie. Il courut jusqu'à sortir du bar mais ce qu'il n'avait pas prévu, c'était que le suspect l'attendait et lui envoya une barre de fer en plein dans les côtes, le faisant ainsi tomber à la renverse, le souffle coupé. Sa respiration était saccadée, signe qu'une, voire plusieurs côtes, avaient été meurtries dans l'attaque. Tandis qu'il tentait de réguler sa respiration pour calmer la douleur, il vit le suspect se rapprocher de lui, toujours la barre de fer dans les mains. Ce dernière prise de l'élan dans l'idée de le frapper à nouveau quand Adam entendit Atwater lancer au suspect de lâcher son arme sinon il préférerait feu. Kim arrive quelques instants plus tard et s'agenouilla à ses côtés.
- Adam, tu es touché ?
- Non, il m'a juste frappé dans les côtes.
- Fais-moi voir ?
- Non, ça va aller. Aide-moi à me lever s'il te tresse.
Kim ne préféra pas insister et l'aida à se mettre debout mais elle sentit clairement qu'il s'appuyait sur elle et elle l'entendit grogner, les dents serrées.
- Adam, ça va ? demande Voight .
- Ouais patron, j'ai juste le souffle coupé.
- Il a pris un sale coup dans les côtes, a ajouté Kim .
- Va au Med pour te faire soigner, dit Hank .
- Non, ça va…
- Adam, c'est non négociable. Kevin, Hayley, emmenez-moi le suspect et on boucle l'affaire ! Kim, emmène-le au Med et rentrez chez vous, sur gérer la suite.
Kim avait donc emmené Adam se faire ausculter et il s'était avéré qu'il avait une côte cassée, son flanc droit commençant d'ailleurs à prendre une couleur violée lorsque le médecin l'avait palpé. Le chemin du retour se fit dans un silence de mort, Kim ne voulant pas entamer une conversation au volant, elle le laissa donc dans sa bulle mais une fois arrivées, elle regarda l'heure et vit qu'ils avaient encore deux heures avant de devoir récupérer Mack. Elle l'observa, remarquant qu'il avançait plus doucement qu'à son habitude, devant souffrir de ses contusions.
Adam se sert une bière puis sort sur le perron, observant le jardin quand il sentit le corps de Kim dans son dos puis elle pose ses mains sur le torse de son homme, sérieusement ainsi ses côtes douloureuses. Il sursauta légèrement au contact puis se détendit rapidement. Il pose une main sur celles de Kim.
- Adam, qu'est-ce qu'il se passe ?
- J'ai dû être distrait, je ne l'ai pas vu venir avec sa barre de fer…
- Je ne te parle pas de ça.
Elle le lâcha puis se positionna devant lui. Il la regardé, les émotions commençant à se bousculer dans sa tête. Il suffit à Kim de poser sa main sur la joue d'Adam pour le faire réagir. Elle le vit fermer les yeux puis les larmes commencèrent à couler. Elle ne perdit pas un instant pour le prendre dans ses bras. Adam se laissa faire, laissant toute sa peine s'extérioriser et Kim attendit patiemment que les sanglots se calment puis elle se détache doucement de son homme, voyant ainsi toute la peine dans son regard.
- Mon amour, dis-moi ce qu'il se passe, tu ne peux pas garder tout ça en toi, ça te ronge, je le vois bien.
Adam regardait Kim dans les yeux et comprit qu'il devait tout lui dire. Il était le premier à dire qu'il fallait communiquer et il était en train de faire tout l'inverse !
- Le jour où mon père a fait peur à Mack, lorsque nous sommes rentrés et que je lui ai parlé, il ne m'a pas reconnu… il ne savait plus qui j'étais! fini-il, les larmes aux yeux .
- Oh Adam… je suis désolée mon amour. Pourquoi tu ne m'as rien dit ?
- J'avais du mal à réaliser qu'il était arrivé à ce stade et puis… faisait ça trop mal, ajoutéa-t-il en se pinçant les lèvres comme pour retenir de nouvelles larmes qui menaçaient de tomber . Et puis j'ai l'impression de le laisser tomber, de devoir l'envoyer dans un établissement parce que je suis incapable de m'en occuper…
- Non Adam, je ne peux pas te laisser dire ça. C'est moi qui t'aie poussé à lui parler de cet établissement. C'est moi qui suis désolée.
- Tu avais raison, j'étais juste dans le déni. Il fallait quelque chose, je n'aurais pas dû attendre qu'il s'en prenne à Mack. Et puis ça risque de rapidement empirer… Je ne t'en veux pas du tout de m'avoir poussé à le placer. J'ai juste le sentiment d'être un mauvais fils…
Kim, bouleversée par la peine de son homme, ne perdit pas un instant et prend ses joues dans ses mains, le forçant ainsi à la regarder.
- Ecoute-moi bien mon amour. Tu es un fils, un père et un mari formidable. Je ne veux pas que tu doutes un instant de cela. J'ai mis du temps à le comprendre mais maintenant j'ai la certitude que je veux passer ma vie avec toi, je sais que Mack ne peut pas rêver d'un meilleur père et je pense qu'elle te le rend bien, n'est-ce pas ? continua-t-elle alors qu'un petit sourire s'afficha sur le visage d'Adam . Il faut juste que tu comprennes que tu ne peux pas sauver tout le monde, et encore moins de la maladie. Il te suffit juste de l'accepter mais tu dois aussi voir que maintenant tu n'es plus seul, tu as une famille et tu dois t'épauler sur nous, on est là les uns pour les autres, tu te rappelles ? Pour le meilleur et pour le pire, fini-elle en lui souriant .
Adam avait besoin de ces paroles, qu'on lui dise, même s'il le savait, qu'il avait dorénavant une famille. Les larmes se remirent à tomber même s'il sent un énorme poids soulageant ses épaules à cet instant.
- Je t'aime, dit-il.
- Moi aussi.
Il l'embrassa alors tendrement avec tout l'amour dont il était capable puis la serra dans ses bras, sachant maintenant avec certitude que même si cette nouvelle épreuve serait difficile pour lui, il n'était pas seul.
