Le Maire les aida dans toutes les démarches administratives. Il les aiguilla sur le choix de l'agencement des pièces, en se servant comme appui des canalisations qu'il leur faudrait, ainsi que des potentiels murs porteurs. Après une bonne heure de papiers, Yureï et Ace purent enfin s'en aller. En sortant du bâtiment, Yureï s'étira en levant les bras au dessus de sa tête. Elle rangea alors, dans une de ses poches, la note donnant le lieu et l'heure du rendez-vous avec le maçon du village. Ace bailla quelque peu, tandis que son ventre gargouillait.
- Tu as faim, petit chat ?
Ace hocha la tête, un peu gêné. Il se dirigeait déjà vers la forêt, pour aller chasser, avant qu'une main ne se pose sur le stetson toujours sur son crâne.
- Attends, viens avec moi.
Yureï partit dans la direction opposée de la forêt, rentrant un peu plus avant dans le village que ne connaissait pas du tout Ace. Timidement, il lui emboita le pas, s'accrochant a la ceinture de la jeune femme, sans qu'elle ne fasse autre chose que sourire et passer un bras sur les épaules du petit. Le jeune garçon regardait partout autour de lui, comme pour imprimer le chemin qu'ils prenaient, dans un coin de sa tête. Ils longèrent la rue principale jusqu'une petite échoppe que la pirate connaissait pour y être déjà allée la semaine d'avant.
- On est où ?
- Chez Makino. C'est une madame très gentille, tu verras.
Yureï poussa alors la porte du commerce, entraînant par la même occasion l'enfant, toujours accroché à sa ceinture. C'était grand, avec beaucoup de tables. Un bar longeait le fond de la pièce, avec une porte qui devait donner sur la réserve. L'ambiance semblait chaleureuse. Ils n'étaient pas les premiers clients, certains pêcheurs se trouvaient déjà là, malgré l'heure approchant midi. Yureï prit une table, un peu à l'écart, pour que Ace ne soit pas dérangé par les autres gens. On n'aurait pas dit, mais dans ce village inconnu, il était extrêmement méfiant. La vie n'avait pas du être facile pour lui, surtout avec ce qu'elle avait entendu, il y a déjà plusieurs semaines maintenant. A ce souvenir, la main droite, celle hors de vue d'Ace en face d'elle, se contracta violemment. Pourriture... Si elle le revoyait, il était mort.
- Que puis-je pour vous ? Fit alors une voix féminine, près d'eux, la faisant revenir à la réalité.
C'était Makino, sans surprise, qui venait les voir. Elle souriait doucement à Ace, qu'il lui semblait être intimidé.
- On voudrait manger ici, Makino. Tu nous proposes quoi ?
- Je n'ai pas de carte, c'est vrai ! Sembla se rappeler Makino, habituée aux gens du coin. Alors aujourd'hui, les pêcheurs nous ont ramené du thon. C'est une très joli pièce. J'ai aussi un peu de crabe, mais je mettrais un peu plus de temps à le cuisiner.
Yureï hocha la tête, avant de se tourner vers Ace. Le petit semblait déboussolé, habitué à la viande rouge. Cela fit rire Yureï, qui trouvait qu'il était trop mignon.
- Pour cette fois-ci, on prendra du thon, s'il te plaît.
- Pas de soucis ! Je vous prépare ça.
La serveuse partit alors aux fourneaux, ayant pris les commandes des autres pêcheurs un peu plus tôt.
- La madame, elle est très belle... Souffla Ace, en jouant avec le bout de sa fourchette.
- Oui, c'est vrai...
Le regard rêveur de Yureï s'attarda un peu trop longtemps que nécessaire sur les courbes de la serveuse. Arf... Elle ne changerait jamais...
