Ils restèrent jusqu'à la tombée de la nuit dans le bar au nom de l'ancien capitaine de la rousse. Ace commença à bailler, ce qui fit se rendre compte de l'heure à la pirate.
- Il commence à se faire tard. On va y aller.
- Prends soin de toi, petit fantôme, d'accord ?
- C'est plutôt à moi de te dire ça, vieille branche.
Le gérant rit aux éclats, avant de les laisser partir, Yureï ayant tout de même payé plus que leur consommation, comme un petit cadeau de sa part, dans le dos du gérant. Elle fit traverser la ville à Ace, qui lui prit la main pour ne pas la perdre, pas forcément rassuré par les ruelles pleines d'ombres qu'il ne connaissait pas. Yureï le rassura d'une douce caresse sur le dos de sa main, avant qu'ils n'arrivent sur une immense place vide à cette heure. Pas même un marine. La pirate baissa la tête deux minutes devant l'échafaud toujours présent sur la place, plaçant ses mains en prière. Ace l'imita sans vraiment comprendre, restant près d'elle. Une fois ceci terminé, Yureï en profita, attirant Ace dans le creux de l'un de ses bras avant d'escalader à une rapidité admirable, l'armature de métal qui était en plein milieu. Elle redéposa Ace sur le plancher au sommet, qui fut estomaqué de la vue.
- Yureï... Où on est ?
- Là où ton père a eu la plus belle vue pour mourir.
Ace se figea quelques secondes, avant de comprendre.
- C'est ici, qu'il est...
- Oui. C'est aussi ici, qu'il a réussi à transmettre sa volonté à toute la nouvelle génération de pirates.
Yureï s'assit, avant de sortir de son sac, une bouteille de saké et deux coupes. Elle sentait presque son capitaine rire près d'elle, en assistant à ce qu'elle faisait. Elle était sûre qu'il l'a voyait faire.
- Ace, assis-toi, en face de moi.
Le petit le fit, s'interrogeant de ce que faisait la jeune femme dans la pénombre. Elle avait des gestes de quelqu'un qui a l'habitude.
- Ace, tu veux vraiment être mon fils ?
- Oui.
- Alors, je vais t'expliquer ce que je fais. C'est un rituel pirate, très utilisé par Barbe Blanche, d'ailleurs. En échangeant des coupes de sakés, on forme des alliances, ou, dans le cas du grand pirate, on crée une famille.
Elle remplit alors les deux coupes, avant de les attraper chacune dans une main. Elle en tendit alors une à Ace.
- Acceptes-tu d'être mon fils, Ace ?
Ace prit la coupe, avant de l'avaler tout rond, comme Yureï. Le gamin grimaça sous le gout très fort mais ne se plaignit pas. Elle regarda alors le ciel, appréciant la fine brise qu'il fit s'envoler doucement ses cheveux, comme un assentiment du capitaine. Elle sourit, avant d'ouvrir grand ses bras à son petit garçon.
- Dans mes bras, mon fils.
Ace se jeta dans les bras de la rousse, la serrant contre lui. Il n'aimait pas le saké, mais il était heureux que Yureï l'accepte.
- Je t'aime, Maman.
- Moi aussi, Ace.
