- Tu veux de l'aide, Makino ?
La gérante du seul bar de Fushia se tourna vers la pirate rousse, répondant au nom de Curly Yureï. Elle lui offrit un sourire, au vu du regard inquiet que lui portait la jeune femme.
- Ne t'en fais pas, je vais réussir à porter tout ça.
Le "ça" étant constitué de trois caisses de vivres, dont des légumes, de la viande et des mandarines confites venues d'une île nommée Cocoyashi, plus au nord de leur position. Yureï soupira avant de prendre d'autorité deux caisses sur son épaule qu'elle transporta à travers le port et le village devant le regard franchement étonné de la verte.
- Mais, Yureï ..!
- Chut, et laisse-moi t'aider. Tu es trop frêle pour porter tout ça.
- Tu dis ça, mais tu n'es pas beaucoup plus musclée que moi... Analysa Makino, en rattrapant la pirate.
- Tu veux parier ? Je peux enlever ma chemise, si tu veux... Rétorqua la rousse, avec son sourire le plus malicieux de son répertoire.
La serveuse rougit sous le regard de la mère de Ace, qui haussa un sourcil, intéressée par cette réaction. Elle ne fit cependant aucune remarque, se contentant d'avancer vers le bar, déjà à portée de vue. Même sous la neige, la jeune femme était en chemise, bien qu'elle soit plus molletonnée que celles qu'elle portait habituellement. Le village était magnifique sous ce manteau blanc. Les toits, les marches et le sol de terre étaient ensevelis, rendant le paysage féérique. Néanmoins, Yureï préférait la jungle. Les branches des arbres étaient magnifiées par cette saison, au grand bonheur de la pirate, qui préférait davantage le froid à la chaleur.
Elles atteignirent finalement leur but, avant de se mettre à la tâche. Makino partit directement en cuisine, poser la caisse déjà trop lourde pour elle, sous le regard légèrement moqueur de l'autre femme, qui déposa les deux doucement sur la table.
- Comment tu fais pour avoir autant d'endurance ..? Fit Makino, essoufflée.
- Je suis une pirate, n'oublie pas. Rit Yureï, avant de sortir un carnet de recette de sous sa chemise, sous le regard médusé de l'autre.
Elle tourna quelques pages avant de trouver ce qu'elle voulait faire.
- Tu crois qu'on est capable de cuisiner une dinde farcie, du canard à l'orange et une buche de noël au chocolat ? Mon petit chat adore le chocolat presque autant qu'il aime la volaille.
La rousse ne remarqua pas le regard attendrie que lui réservait la serveuse, en entendant le surnom qu'elle avait donnée à Ace, sans même s'en rendre vraiment compte.
- Oui, bien sur, mais avant ça...
- Hum ? Fit Yureï, en se tournant vers elle pour se prendre un tablier dans la tête. Mais qu'est-ce que...
- Il va me falloir des bras en plus !
- Ah ! Laisse-moi deux minutes pour enlever ma chemise et j'arrive.
- Hein ?
Voilà un fait que peu connaissaient. Yureï ne supportait pas salir ses vêtements en cuisinant alors elle avait tendance à cuisiner en soutien-gorge... Pauvre Makino.
- Louons Davy Jones pour ce jour de grâce...
Yureï murmura cette phrase en finissant de préparer tout le bar en cette fin d'après-midi, avec l'aide de Makino et du maire. C'était la veille de Noël et Yureï avait envoyé Ace chercher des coquillages enroulés sur la plage, accompagné de Dogra, l'un des membres de la Famille Dadan, pour qu'ils puissent tout faire. Luffy, quand à lui, avait été embarqué par une habitante pour la lecture. Ils avaient donc le temps. Il avait été convenu que les deux enfants seraient ramenés aux alentours de dix-neuf heures, pour le repas, où tous les villageois seraient cette année. Makino et elle avaient fini de préparer le repas en conséquence. Le maire s'était occupé du sapin et de décorer la salle, avant que la pirate vienne lui filer un coup de main, sans oublier de remettre sa chemise, pour pousser les tables et former des blocs où tous pourraient discuter. Enfin, sonna dix-huit heures et demi et presque instantanément la porte s'ouvrit dans le dos de la rousse qui se tourna, pensant voir l'un des deux petits garçons avant de tomber sur une chevelure blanche et un visage qu'elle ne s'attendait à voir ce jour-là. Elle ne s'attendait pas à la voir de son vivant, du moins.
- Je t'ai enfin retrouvée, gosse ingrate.
- Merde... Tu pouvais pas nous laisser tranquille ? C'est quoi ton plan, cette fois-ci ? Tu veux toujours me marier à un connard ?
