- Atchoum !
Yureï se retourna, lançant un regard au petit brun qui était devenu son fils. Elle laissait sa poêle crépitante, abandonnant sa crêpe. Cela faisait deux jours que Noël était arrivé, et pour le moment, la rousse n'avait pas mis le pied dehors, profitant de ce temps pour apprendre la joie d'une bataille de neige à son fils.
- Enrhumé ?
- Je crois...
La mère fronça des sourcils en se rendant compte qu'Ace tremblait. Elle éteignit le gaz, par réflexe, avant de s'avancer vers son fils. Elle posa une main sur son front. Fièvre.
- Toi, tu n'as pas qu'un rhume...
Sans lui laisser le temps de protester, elle le prit dans ses bras, l'emmenant dans sa chambre, dans son propre lit. L'enfant fut décontenancé.
- Mais...
- Chut. Tant que tu seras malade, tu dors avec moi, je ne veux rien savoir.
Elle sortit de la chambre, après l'avoir placé sous les draps rouges, la tête délicatement posée sur le coussin. Elle revint cinq minutes plus tard, une bassine d'eau sous un bras, son chat en peluche dans l'autre, ainsi qu'une assiette de crêpes qu'elle avait déjà faites, avant de fermer le gaz. Méthodiquement, elle déposa la bassine près de son petit, plaçant la peluche dans les bras de son fils. Elle déposa l'assiette de crêpes, entre eux.
- M'man...
- Hum ? Répondit la rousse, en plongeant un linge qu'il n'avait pas remarqué dans l'eau de la bassine.
- Je suis grand...
- Tu aurais quinze ans que je ferais pareil. Alors ce n'est pas à sept ans que tu pourras m'empêcher d'être au petits soins pour toi. Na.
- Sept ans et demi ! Bientôt huit en plus.
- Il n'empêche que tu n'en as que sept, encore.
L'enfant bouda pour la forme, mais la sensation de fraicheur qu'il eut, lorsque le linge essoré atterrit sur son visage, lui fit reconsidérer la chose. C'était pas mal après tout, d'avoir quelqu'un qui s'occupait de soi. Il se tut, appréciant juste les doigts de sa mère adoptive passant dans ses cheveux.
- Dors, petit chat. Je vais finir les crêpes, ensuite je t'amène un verre d'eau bien fraiche, d'accord ? Le repos guérit de tout.
- D'accord...
Il avait beau dire, il s'endormit au bout de cinq minutes, bercé par le chant de sa mère, qu'il entendait d'en bas. Lorsqu'il rouvrit les yeux, ce fut pour voir que sa mère n'avait pas menti, le plat de crêpes était sur la table de chevet avec le verre d'eau promit, ainsi qu'une cruche d'eau, au cas où. Il sentit alors le bras de sa mère sous sa tête, ainsi que son souffle dans ses cheveux. Il se tourna délicatement, la voyant endormie auprès de lui. Par réflexe, il se pelotonna contre elle, tel le chaton qu'il était pour elle, posant sa tête contre le cœur de sa maman. Le battement de cœur régulier finit par le faire se rendormir, après plusieurs minutes.
Tout le long de la semaine où son fils fut malade, Yureï prit soin de lui, amenant le médecin du village pour être sur qu'il ne s'agissait rien de grave et comme elle le pensait, il avait simplement pris froid. Il avait simplement besoin de repos et d'être au chaud. Par mesure de précaution, sa mère prit la liberté de demander à un commerçant qui amenait des marchandises sur l'île, s'il pouvait lui trouver des vêtements plus chaud pour Ace, en lui donnant les mensurations exactes. Au bout de trois jours de navigation, il était revenu, avec plein d'affaires et le remercia grassement par une bonne poignée de Berrys. Elle les avait rangés dans l'armoire de son fils, le laissant les découvrir lorsqu'il fut enfin rétabli. A sa question, elle ne répondit que par cette phrase :
- Il est vrai que ce n'était pas intelligent la bataille de boule de neige en short et en pull léger. Maintenant, tu as tout ce qu'il faut pour pouvoir être tranquille tout l'hiver. J'ai essayé de prendre pleins de choses variées, comme ça tu auras bien quelques affaires qui te plairont.
Elle eut droit à un câlin, chose rare. Ace venait peu vers elle de lui-même, sans lui demander un accord, qu'il soit verbal ou non. Elle ébouriffa les cheveux de son fils en seule réponse, avant de déposer un baiser sur le front du garçon.
- Merci, Maman.
- De rien, Chaton.
Ainsi, ils continuèrent leur petite vie, sur la falaise. De toute manière, ils faisaient beaucoup trop de gel pour risquer de descendre trop souvent à Fushia. Heureusement que Yureï était une femme prévoyante, elle avait des stocks de nourriture au cas où. C'était ainsi que pratiquement personne ne les vit durant un bon mois, en attendant que le temps se fasse plus clément. Cela permit à l'ancienne pirate de faire le tri dans ses idées avant de revoir la barmaid qui lui avait volé un baiser.
