Le matin s'était levé, après plusieurs semaines. La mère regardait ses enfants manger à table avec un sourire, la tête posé au creux de sa main. Au bout d'un moment, elle se sent nauséeuse, comme si elle était au milieu d'une tornade, volant à l'intérieur au grès du vent. Elle posa sa main sur son front et sur celui de son fils le plus proche.
- Oula... J'ai de la température...
- Ça va aller, Maman ?
Le côté protecteur de son aîné avait bondit vers elle, en posant une main sur son épaule et l'autre sur sa joue.
- Je vais aller m'allonger... Ça doit être une migraine...
- On t'accompagne !
Les deux se levèrent et vinrent la prendre doucement vers ses hanches pour éviter de la faire tomber et ils l'aideront a grimper les marches et a l'allonger sans lui ajouter plus de douleur a la tête. Ils la glissèrent sous les draps avant de fermer les volets. Yureï ferma les yeux et attendit que ça passe. Elle entendit Ace revenir avec une grande bouteille d'eau en verre qu'il posa à côté d'elle et lui fit un bisou avant de repartir.
Pourtant les jours passèrent et elle ne guérit pas. Au contraire, ça empirait. Ace et Dans firent venir le médecin du village qui l'ausculta avant de déclarer sa maladie.
- C'est la Floralys Tempiratid.
Yureï releva les yeux vers le médecin au moment où Dans demandait ce que c'était.
- Une maladie de marin. Dit elle en essayant de prendre de court le médecin.
- Vous êtes mourante, Madame.
Yureï serra les dents, sous le regard horrifié de sa sœur et de ses deux fils. D'un seul coup, elle se redressa, attrapant le médecin par le col, le frappant de son autre bras.
- Yureï !
- Maman !
la rousse ignora les exclamations de sa famille. Le médecin la regardait ébahi et sonné. Elle tremblait.
- Comment osez-vous...
Elle tremblait de rage.
- De quel droit osez-vous me dire que je vais passer l'arme à gauche, devant mes enfants qui plus est...?
Elle le rejeta vers la porte, avant de s'appuyer sur le matelas devant elle. Ace tenait Luffy contre lui, pour l'empêcher de se mettre au milieu. Il n'était pas bien.
- Sortez...
- Yureï, attends.
- Dehors, médecin de merde ! Hors de chez moi ! hurla-t-elle.
Dadan, sentant la colère imminente et sans aucun doute pour le moins destructrice, attrapa le médecin avant de la raccompagner vers la porte d'entrée. Elle lui offrit un pain de glace pour sa joue, avant de le congédier, sans un mot.
- Ace, Luffy ..? Appela leur mère, al voix plus douce.
- Tu vas pas mourir, hein ? La questionna Luffy,, le visage toujours fourré dans le haut jaune d Ace.
- Ce médecin dit des conneries. Cette maladie n'est pas incurable. Approchez mes petits.
Elle tendit une main vers ses enfants. celui au chapeau de paille se jeta dans ses bras, tandis que le grand était plus réticent, les poings serrés.
- Je veux pas que tu meures !
Luffy s'accrochait désespérément à sa mère, les larmes coulant abondamment.
- Cette maladie...
- Ace...
- Elle était dans un de tes carnets. Elle était notée...
- Ace, chéri...
L'enfant, sans écouter celle qui le considérait comme l'un de ses fils, détala à l'étage inférieur, manquant de faire chuter Dadan dans l'escalier au passage.
- Hey, gamin !
Elle non plus, il ne l'écouta pas. Il ne pensait à rien d'autre que son objectif : la bibliothéque du salon. Il ne resterait pas sans rien faire ! Ce médecin avait tord. Lui aussi, il le savait. Il l'avait lu. Le nom de ce champignon, quel était il ? Dadan le vit parcourir tous les journaux de sa mère. Elle entendit Yureï consoler Luffy à l'étage.
- Que cherches-tu, Ace ?
- Un champignon. C'est le remède pour maman.
Alors elle leva le bras au dessus de la tête de l'enfant, attrapant à son tour un carnet.
- Je commence au vingtième. On ira plus vite comme ça.
- D'accord.
Et c'est ainsi qu'ils cherchèrent pendant des heures. Ils ne voulaient pas d'un second Sabo. Pas question de ne rien faire pour sauver leur famille une deuxième fois.
- J'ai trouvé ! Le Mariposa-Bleu, le champignon papillon.
Ace bondit vers les escaliers, pour avertir sa mère. Il grimpa les marches, quatre à quatre. Il arriva devant la porte de sa mère qu'il franchit, le carnet encore dans la main. Il ouvrit la porte à la volée, avant que son regard ne tombe sur sa mère caressant les cheveux de son petit frère.
- Ace...?
- Maman, j'ai...
Avant qu'il n'ait pu ajouter un quelconque mot, il se fit enfermer dans l'étreinte de sa mère, qui malgré la maladie était encore assez puissante pour immobiliser ses hyperactifs d'enfants.
- Tu m'en veux...
- Hein, mais non, Maman !
- Mais alors... Pourquoi tu ne m'as pas écoutée ...?
- Parce que je voulais trouver le nom du champignon...
Il lui montra alors la page où elle avait dessiné et cataloguait ce remède. *
- Il vous suffit de le trouver et tu pourras guérir !
- Ce champignon ne se trouve que sur Grand Line, chaton...
- Tu abandonnes...? Demanda alors Ace, avec effroi, la voix tremblante.
- Bien sur que non. Mais je ne pourrais pas aller le chercher, moi-même. Malgré toute ma bonne volonté, je ne peux pas naviguer dans cet état, tu comprends ?
Ace hocha la tête, avant que Dadan ne prenne le carnet des mains de l'enfant.
- Je vais le montrer aux pécheurs et à Makino. Ils nous diront si ils en trouvent un. Reste avec ta mère, sale gosse. Vous avez besoin tous les trois.
Dadan remit sa sœur au lit, avec ces deux enfants, allongé de parts et d'autres d'elle, Luffy encore profondément endormi, épuisé par les pleurs. Ace se pelotonna dans le cou de sa mère, laissant cette dernière lui caresser les cheveux. Ainsi, ils s'endormirent, tous avec la même peur : que le champignon qui sauverait Yureï ne soit pas trouvé.
Ace attendait tous les jours au port, questionnant les pêcheurs qui revenaient, tous bredouilles. Il voyait sa mère de plus en plus faible et ça lui faisait si mal qu'il préférait rester loin.
- Pas de nouvelle mort... Pitié... Se répétait il à chaque fois.
Pourtant, alors qu'il allait abandonner, en remontant, une main se posa sur son épaule. Il se tourna vivement près à attaquer, avant de se rendre compte de qui était en face de lui. Il écarquilla les yeux devant les cheveux blancs devant lui.
- Comment... Maman avait dit qu'elle ne voulait plus vous voir...
- Je sais... Mais j'ai appris par un pêcheur. J'ai ce qu'il faut pour ta mère. Va chercher le médecin, je monte en avance.
Yakira grimpa directement vers la falaise alors que Ace hésitait avant de foncer vers le village. La mère de Yureï arriva à la maison et leva les mains en l'air en voyant Dadan prête à riposter.
- Attend. J'ai ce qu'il faut pour ta soeur. Laisse moi l'aider pour une fois dans ma vie...
Ace revint avec le médecin à ce moment là, en courant, à qui il fut confié le champignon, sous l'oeil attentif des autres membres de la famille.
Le médecin mixa le champignon donné par la grand-mère avec du lait de poule, avant de le faire boire à la malade, qui grimaça en se débattant.
- Bah oui, c'est pas bon du tout...
Il soupira avant de le relâcher après qu'elle l'ait bu en entier. Il partit ensuite, en recommandant aux enfants de revenir le chercher si quelque chose se passait mal. Les deux enfants veillèrent sur leur mère toute la nuit durant, Yakira réparant du chocolat chaud et de quoi rassasier la malade à son réveil. Enfin, lorsqu'elle ouvrit les yeux en plein milieu d'après-midi, Luffy dormait contre son bras. Elle croisa le regard d'Ace, qui semblait plus calme.
- Hey...
- Maman, coucou... Je vais aller chercher à manger. Je reviens.
Il descendit alors les escaliers avant de revenir accompagné de quelqu'un de lourd. Un adulte, sans doute. Elle vit sa mère entrer avec son fils, la faisant se tendre. Luffy le sentit et se réveilla en sursaut.
- Toi...
- Maman calme toi... Elle avait le champignon dont tu avais besoin...
La rousse ouvrit grand les yeux surprise de cet état de fait. Ace s'employa à tout lui raconter avec l'aide de Luffy. Elle se tourna finalement vers sa mère qui s'était accoudée sur une chaise près du lit.
- Tu ... m'as sauvée.
- Oh, c'est rien.
- Maman, arrête tes conneries... Merci.
- J'allais pas laisser tes fils sans mère.
La rousse sourit gentiment en prenant sa mère dans ses bras pour la remercier. En fin de compte, c'était pas si grave si elle passait occasionnellement.
