Le premier janvier, Ace était sur son bateau. Une barque simpliste avec un petit mât comportant une voile. Devant lui, sa mère vérifiait qu'il avait bien compris les bases de la navigation et qu'il avait ses médicaments contre la narcolepsie.

- Oui, Maman, j'ai tout...

- Et ton casse-croûte ? Ton sac ? Ton chapeau ?

Elle posa la question même si il l'avait sur la tête et son sac sur son dos. Elle stressait pour le départ de son premier enfant.

- Maman...

- J'en fais trop, c'est ça...?

Elle soupire lorsque son fils hocha la tête. Luffy arriva alors avec la carte et la boussole que voulait confier Makino à son frère de cœur. Il bondit sur la barque et donna le tout à son frère ainé qui lui sourit gentiment.

- Merci petit frère !

- De rien, Ace !

Finalement, les deux descendirent de la barque pour laisser l'ainé partir après que les villageois soient venu lui dire aurevoir.

- Donne nous des nouvelles !

- Oui ! J'oublierais pas !

Et il oublia, pendant deux bons mois. Autant dire qu'il se prit un sacré savon par sa mère et sa sœur.

Le 5 mai, c'était au tour de Luffy de quitter l'île, trois ans après son grand-frère. Sa mère le regardait, en équilibre sur le bord de la même barque que son frère. Egalité jusqu'au bout. Elle lui avait tout enseigné, avait vérifié calmement et voyait son fils faire un des derniers nœuds pour que les cordages de la voile soient correctement fixés.

- Bravo, mon petit ange... Je suis fière de toi, tu sais... Tu pars sur les pas de tes frères... Eux aussi, on prit la Mer. Tu es le dernier...

- Je sais... J'ai un peu le trac.

- T'en fais pas. Tout ira bien. Fais attention à la nourriture et tout se passera parfaitement bien. Tu me donneras des nouvelles de toute manière.

- Bien sûr, M'man.

Il lui sourit pendant qu'elle lui ébouriffait les cheveux.

- Tu vas me manquer, tu sais ?

- Toi aussi, M'man.

La mère bondit finalement en arrière après avoir enlacé une dernière fois son fils. Elle atterrit sagement sur l'herbe, alors que tout le monde arrivait finalement. Makino et Dadan avaient toutes les deux les larmes aux yeux.

- Si tu croises ton frère, tu lui diras qu'il a pas intérêt à revenir.

- Je lui dirais que tu lui manques, Tantine !

Yureï retint Dadan en faisant un signe d'aurevoir à son fils alors que la voile l'emmenait à l'horizon. La mère grimpa alors le long de la falaise et ouvrit la porte d'entrée. Le silence la choqua. Personne n'était ici, à présent. Seulement elle. Elle s'assit dans le salon, dans son fauteuil près de la fenêtre. Elle se mit à pleurer doucement en regardant vers l'horizon où les voiles de son cadet disparaissaient.

- Bonne chance mes fils. Vous avez pas le droit de mourir avant moi...