Je tremblais, l'enveloppe dans mes mains aussi, tout mon corps tremblait, il me semblait que mon cœur aussi.

Je m'assis sur mon lit sans allumer la lumière, seule la lumière blême du matin éclairait mon lit, mes mains étaient aussi pâles que le papier. Sur l'enveloppe, l'écriture de ma mère semblait briller d'un autre éclat dans l'obscurité, les lettres noires étaient d'argent.

J'avais toujours aimé l'écriture de ma mère, si belle, si lisse, si douce. Comme ma mère, avant. J'avais toujours aimé son écriture, j'aimais la lire sur le papier, j'aimais les mots qu'elle adressait à mes professeurs quand j'étais petite, mes chèques de cantine, ses cartes postales quand je n'étais pas là. Je rêvais d'écrire comme elle, moi avec mon écriture si peu soignée, mon stylo qui traçait de grandes arabesques si peu harmonieuses puisque qu'il ne quittait jamais le papier.

J'avais toujours tout aimé et tout respecté chez ma mère, avant. Je la voyais avec des yeux émerveillés, auréolée d'une lumière vive et douce, Sainte Catherine, parfaite. Car elle l'était, si compréhensive, si intelligente, si douce, si droite et dure parfois, et si calme et belle, toujours. Si différente de moi. Sa fille "étrange", elle l'avait dit ça, un jour, étrange. Étrangère à sa perfection. Elle nous laissait toute liberté, nous faisait confiance, nous aimait. Ma mère, ma mère qui était morte. Ma mère.

Mon cœur se gonflait si fort de penser à elle, tout l'amour que j'avais enfouie si profondément depuis dès mois. Y penser, enfin, ressentir ce torrent à nouveau, cet amour si incroyablement douloureux. Le flux métissé d'amour trahi, de haine, menaçait de me noyer en se libérant. Et une tristesse, sans fin, en sortait et me submergeait de sa violence.

Un râle retentit, le mien?

Maman.

Maman.

Je t'ai haï et je t'aime. C'est si fort, ça fait si mal.

Je haletais, mes sanglots m'étouffaient.

Respire, Celia, respire. elle est morte mais tu l'aimes. Respire pour elle.

Je compte, dans ma tête, pour me calmer. Pour calmer mon souffle et mes entrailles. Catherine, maman. Je t'aime. Je suis à 100. Je suis à 200. Je respire doucement. Mieux. Maman.

Ma mère, si orgueilleuse. Cet orgueil dont j'avais hérité, c'est peut être là qu'on se ressemblait, moi qui depuis toujours avait les traits de mon père, moi qui était étrange. Ma mère. Ses mots, pour moi, dans ma main. Je pleure, j'ai peur.

Ses lettres sur l'enveloppe, ses lettres que j'aimais, qui retraçaient mon nom, effrayaient mon cœur si seul ce soir, mon esprit affolé. Ce n'était pas du sang qui coulait en moi, c'était de la solitude, de la peur liquide. L'enveloppe me brûlait les doigts. Me tiraillait le cœur, me tiraillait entre l'envie incommensurable de lire, d'entendre encore la voix de ma mère, de sentir ses mots me caresser comme ses doigts sur mon visage qui m'aidaient à m'endormir, avant. Et puis une autre envie, chargée par la peur viscérale qui faisait s'arrêter mon souffle, et me heurtait, aussi, celle de retarder ce moment.

Cette enveloppe minuscule, ce misérable morceau de papier, c'était tout, tout ce qui me restait d'elle, tout ce que je ne connaissais pas encore, tout ce qu'elle avait encore à me dire, à m'apprendre, sur elle, sur moi. Ma mère était morte, plus jamais je ne la reverrais, elle n'existera plus jamais dans le monde. Je ne lui parlerai plus, plus aucuns mots ne sortiront de sa bouche. Aucun, sauf ceux-ci, ceux enfermés dans cette enveloppe, ces mots tracés de sa belle écriture, c'était la dernière chose qu'elle ne me dirait jamais. Lorsque mes yeux auront tout lu, lorsqu'ils ne rencontreront plus que le vide sur la page, Elle ne me dira plus rien. Elle sera définitivement morte alors ?.

Et je ne voulais pas.

Je voulais jeter cette enveloppe, loin de moi. La brûler, que le dernier mystère de ma mère dure encore, qu'elle vive encore, que son cœur batte encore dans cette enveloppe, que je puisses encore l'aimer et la haïr, jusqu'à ce que… je sois prête ? A quoi ? A la laisser mourir ?

Mais ce temps je ne l'avais pas. Carlisle me l'avait dit, le temps ici était compté, mon choix devait être imminent. Un jour, 12 heures, sous le soleil, apparemment, vu la gueule du ciel. A croire que c'était elle, ma mère, l'éclipse sur cette ville. Elle était partie, tout brillait maintenant, même Carlisle. Et moi j'étais toujours autant dans le noir, pendant un jour encore.

Je savais que demain ce serait fini. Que demain, Clémence et moi irions vivre chez les parents de papa, et que lui partirait, pour me protéger, pour me sauver, avait-il dit. Me sauver, c'était risible. Le naufrage avait déjà eu lieu, hier. Qu'est-ce qui pouvait bien arriver encore ? La mort ? Les êtres froids qui me surveillent sous les fenêtres ? Ces êtres qui me voudraient pour eux seuls ?

Ça n'avait aucun sens.

Ce scénario si étrange. Ces mots continuaient de me surprendre, je continuais de contempler la situation qu'il m'avait présenté comme je l'avais fait sur la plage. Incrédule, ahurie. J'avais envie de balayer tout ça. Ce délire. C'est n'importe quoi, Carlisle. Ça n'a aucun sens. Tu ne fais aucun sens. Ton existence même, dans ma vie, ou même ailleurs, n'a aucun sens. Vampire.

J'aurai dû le voir venir. Tu as toujours été un monstre, depuis le premier jour où tu es entré dans ma vie. Tu es grotesque, avec ton visage putain de parfait, avec ta légende qui tombe à pic. Sauveur sacrificiel, Monstre. J'avais même googlé la définition une fois. Étymologie. (1694) Du latin monstrum (« avertissement céleste, prodige »). Ça s'invente pas, sans déconner.

Un monstre, c'est celui qu'on regarde. Je te regarde et je ne te comprends pas. Je n'ai pas le temps de comprendre bien-sûr, demain… Mais qu'est-ce que je suis censé faire. Mes mains s'accrochent à l'enveloppe et ma colère reprend le dessus, enfouissant à nouveau la peine. Putain mais qu'est-ce que c'est que ce bordel.

Est-ce que je dois le croire ? Je revois ces yeux, ces traits intenses, sa voix urgente. Mais il a parlé de l'Autre. Et puis il y a eu ces yeux froids qui m'ont épiés sur la plage. Est-ce que c'était un de ceux-là ? Un autre monstre ? Un vampire ? L'Autre est muette, depuis hier, elle ne m'aide pas, elle ne fait rien. Comme pour renforcer encore l'impression de délire. Je suis seule. Tu n'es pas seule, il a dit.

Mais …

Mais il y avait quelque chose. Quelque chose qui me retenait. Dans ce tableau brossé de sang qu'il m'avait peint, ce tableau délirant, il y avait lui. Parmi tous ses mots, parmi le torrent de paroles qu'il avait enfin déversés, après tant de mois de silence. Parmi ses secrets honteusement révélés, certaines phrases me hantaient.

J'ai quatre cents ans de langage derrière moi.

Je ne suis pas humain.

Je l'ai été il y a très longtemps.

Ce sera comme si je n'avais jamais existé.

Avant tout était mort en moi, il n'y avait rien que la soif et le savoir.

Qui es-tu ?

L'impression que les yeux froids m'observent encore ne m'a jamais quitté depuis hier. Sur leur poids, le regard mort de ma mère s'est rajouté. Sur ce sceau froid, le regard brûlant de Carlisle s'est rajouté. Bien-sûr que oui, il a dit. Je brûle pour toi, il a dit. On me regarde, on m'attend? je dois agir. Je ne sais pas quoi faire. Mes mains tremblent, avec elles, le cœur de ma mère tremble dans son enveloppe. Le vrai a cessé hier, d'émettre des signes de vie.

Comme lui, tout peut s'arrêter demain. Je peux choisir de rester. de garder la vie que je mène. Il me l'a dit. Il m'a laissé le choix. Il a fait ça proprement. je suis censé prendre ma décision. C'est risible mais c'est vrai. Je ne sais pas quoi faire. Ma mère m'appelle depuis mes mains. Elle me disait quoi faire avant, quand j'étais une gosse. Elle choisissait pour moi, comment m'habiller le matin, comment parler aux gens, quoi leur dire, comment me présenter au monde. Est-ce que tu vas me dire encore, Maman ? Je demande à l'enveloppe. Me dire qui croire, en qui avoir confiance. Dis-moi, tiens. Dis-moi, putain. Tu as placé ta confiance en Carlisle, toi. Tu lui as confié des choses, des missions. Il a gardé ton secret. Je vois maintenant, comme ce matin-là quand le pantin qu'il était s'est révélé à moi. Il était ton pantin, c'est toi, maman, encore toi qui a fait tout ça. L'enveloppe dans mes mains me brûle. Explique-toi putain. Peut-être qu'après avoir vu les choses à travers tes yeux, qui ont toujours tout décider pour tout le monde on dirait, je saurais ce que je dois faire ?

Je tremble de partout.

Mon regard perdu capte la lumière de mon réveil. Il est 9h. Mon cœur s'affole du temps que j'ai perdu sur cette plage, une nuit entière. Une nuit entière où j'aurais pu faire tant de choses. Mais quoi ? Ma mère était morte, Carlisle avait disparu, ma sœur dormait ou pleurait, le monde s'était arrêté hier soir. Endeuillé, il était endeuillé. Et moi il fallait que j'avance, que je vive, que je choisisse.

La lumière brillait, le jour s'étendait, actualisant mon sentiment d'urgence, comptant pour moi les précieuses minutes qui me restaient.

Mes yeux se baissèrent encore vers l'enveloppe. Mon cœur se déchira en même temps que mes doigts arrachait le papier, mes gestes étaient si brusques que je déchirais avec le haut de la feuille qui se trouvait à l'intérieur. J'avais 12 heures, non, s'ils étaient prévenus, mes grands-parents étaient déjà en route. 10, 11 heures ? Et les yeux froids attendaient.

La lumière pâle vînt faire briller les lettres de ma mère comme sur l'enveloppe, mon léger tremblement persistant vint faire danser les lignes, et toute la page entre mes mains se couvrit d'argent.

Ma Celia,

Je n'ai aucune idée de ce que tu dois ressentir en cet instant, peut-être me hais-tu, dans ce cas tu aurais raison ma fille, tu aurais mille fois raison, dans ce cas j'aurai réussi. Je ne sais pas ce que t'as dit Carlisle, s'il t'a tout dit ou s'il t'a caché encore des choses.

Je ne t'écris pas pour m'excuser tu sais, d'ailleurs j'ai longtemps hésité avant de t'écrire, je ne voulais pas tout gâcher, mais j'ai été égoïste, encore une fois, malgré toute les raisons que j'avais de le souhaiter je n'ai pas voulu que tu me haïsse. C'est idiot. Tu dois me haïr ma fille, je n'ai pas le droit de t'enlever ça. Je ne t'écris pas pour ça, hais moi ma fille, hais moi de tout ton être si tu y peux trouver là ton équilibre et un semblant d'apaisement.

Ma Celia, ma chérie, mon amour, je suis morte. Je suis désolée.

Je sais depuis longtemps que je vais mourir, ma mort est inéluctable, là encore je la sens, elle me touche, elle me caresse, je crois que c'est pour ça que je t'écris. Je te dois des explications, Carlisle s'en est sûrement déjà chargé mais tu dois les entendre de moi.

Je suis malade ma chérie, très malade. Comme ma mère l'a été avant moi, et avant elle m'a grand-mère, je crois. C'est une malédiction de femmes apparemment, pas vraiment surprenant.

Tu n'as pas ça, ne t'inquiètes pas, j'ai vérifié, Carlisle m'a aidé. Clémence non plus. C'est toi ma chérie, toi qui a nettoyé mon corps et protégé les tiens. Mon petit bébé miracle, j'ai tant voulu un enfant, j'ai tant essayé avant toi. Je les ai tous perdus, ils étaient trois, tes frères et sœurs disparus. Et puis un jour, il y a eu toi, tu t'es accroché comme jamais, tu as tout combattu. Une grossesse difficile, ils disaient, impossible, ils disaient. Des mots qui te conviennent bien je pense, mon bébé miracle. Il n'y avait que toi pour pouvoir naître. Ta sœur est arrivée presque tout de suite après, née des restes de la couche invincible que tu avais créé autour de toi. Mon bébé miracle, évidemment que tu ne seras pas malade, évidemment tu ne serais pas comme moi.

Je ne vais pas guérir, ma chérie, Carlisle n'est là que pour m'accompagner, je vais juste mourir.

Mais ma mort n'est rien, je veux qu'elle ne soit rien, pour toi et pour Clémence, je ne veux pas qu'elle vous touche, qu'elle vous fasse du mal, je ne veux pas que vous soyez les spectatrices de ma souffrance, je ne veux pas vous voir confronter à ma douleur, à ma mort. Alors je vais mourir et vous ne le saurez pas, je vais mourir et vous ne le verrez pas, vous ne vivrez pas ma mort.

Ça fait cinq mois que je souffre, je sens que c'est proche, mais je suis heureuse ma chérie, car j'ai réussi, j'ai réussi à faire que ces cinq mois ne soit pas pour vous ce qu'il auraient dû être, une longue veillée funèbre, le décompte vers ma mort. J'ai réussi à vous tenir éloignées de moi et de ce que j'étais devenue, une mourante. Bien sûr vous avez souffert et je le sais, mais je préfère vous voir me haïr plutôt que de vous voir me regarder mourir, je préfère vous voir me haïr plutôt que de vous faire porter le poids de ma maladie. Je ne voulais pas que vous deveniez les enfants d'une morte en devenir, je ne voulais pas que vous viviez avec la certitude que vous allez perdre votre mère, je ne pouvais pas vous faire ça. Je ne voulais faire peser ma mort comme une épée de Damoclès au dessus de vos têtes, je ne voulais pas vous faire vivre des nuits d'insomnies de peur que ce soit moi qui ne me réveille pas, je ne voulais pas vous faire vivre des jours d'angoisse de peur qu'a votre retour à la maison je ne sois déjà plus. Je l'ai vécue, avec ma mère, je sais. La souffrance, la peur, l'angoisse, le deuil impossible, qu'on ne sait pas où mettre. L'attente, l'espoir désespéré, la lente habitude de voir l'autre disparaître. C'est horrible ma chérie, je ne peux pas. Je suis désolée mais je ne peux pas. Je ne voulais pas de ça pour vous. C'est impensable. Je devais porter ça seule, et vous éloigner. Maintenant j'ai réussi. Tu lis cette lettre et je suis morte.

Ne sois pas triste ma chérie, pleures si tu le veux, mais ne sois pas triste longtemps car moi je suis heureuse de t'avoir préservé, j'ai fait ce que j'avais à faire, ne penses plus à moi, vas ma chérie, vas et vis. Vis la vie que tu dois mener, sans moi car je ne devais pas en faire partie. Mais sache ma chérie que je suis fière de toi, incroyablement fière de toi. Tu es si forte. Plus forte que nous tous réunis, je suis si fière ma chérie. Tu as toujours été un peu sauvage et solitaire, tu as toujours été plus étrange que les autres, je l'ai toujours su. Cela ne te rendra pas toujours heureuse, mais ça t'aidera sûrement à survivre jusqu'au jour où tu le seras. Et je serai toujours fière de toi, et je t'aimerai toujours ma fille. Toujours, toujours, toujours. Tant que tu vivras, que tu marcheras dans le monde, que tu parleras, que tu respireras, je t'aimerai, même si je suis morte, l'amour qu'il y a dans mon corps coulera dans tes veines pour le restant de tes jours mon petit amour. Alors vas, vis ta vie sans jamais douter de mon amour, emmène Carlisle et vas-t'en. Je vois d'ici tes yeux écarquillés ma chérie, mais pour qui me prends-tu ? Je ne suis pas aveugle, je le connais, bien peu certes, mais assez pour savoir que ce n'est pas que pour moi qu'il supportait tout ça.

Oh Carlisle, lui aussi comme j'ai dû le faire souffrir, je l'ai forcé à se faire haïr par tous juste pour mieux me protéger, lui aussi à bien le droit de me détester, mais j'aime à penser qu'il restait principalement pour rester près de toi. J'en suis aussi sûr que je sens la maladie s'étendre en moi. C'est une certitude tangible pour moi; je le vois, ma chérie, je le vois te regarder, te ressentir. Ça me fait un peu peur parfois, je l'avoue. Mais ton âme est aussi vieille que la sienne, alors. Je n'essaie pas de savoir, ce qui le lie à toi. Cela m'a surpris au début. c'est comme s'il t'attendait. comme si tous nos échanges n'avait pu amener qu'à ça, à sa rencontre avec toi. C'était étrange. Ta haine était palpable ma chérie, la violence de ton rejet. J'en étais contente aussi, au début. C'était tout de même étrange, cet attachement. Non, le mot ne convient pas. Cet enracinement ? De lui vers toi. Je ne sais pas.

J'ai eu peur au début. De ça, de ces sentiments que je ne maîtrisais pas. J'ai voulu le renvoyer, même si j'avais besoin de lui. Mais à chaque fois que je voulais aborder le sujet, quelque chose se passait. Ma maladie est violente, mes crises sont violentes. Personne n'aurait pu me soigner comme lui, ma chérie, je veux que tu saches ça. Personne n'aurait pu me prendre en charge comme lui. Il est si doux, je n'ai jamais vu ça, il a tout accepté, même si je voyais dans ses yeux sa souffrance. Il est sensible, à un autre niveau, d'autres choses se jouent sûrement pour lui, il y a d'autres forces à l'œuvre, qui justifient sa présence. Je le vois bien ça. Mais il a compati, il a accepté tout ce que je voulais. Je lui suis si immensément reconnaissante pour ça. C'est pour ça aussi, ma chérie, que je ne te préviendrai pas contre lui. C'est pour ça aussi que j'ai renoncé à le renvoyer. Il t'aime, ça crève mes yeux malades. Je sais, de toute façon, que tu feras bien ce que tu veux. Tu n'en as toujours fait qu'à ta tête.

Mais je sais, ma chérie, je sais que tu dois l'aimer aussi. Tu es difficile à percer ma chérie, et tu haies plus facilement que tu aimes aussi, mais je reste ta mère. Tu dois t'étonner que je t'encourage à t'enfuir avec celui qui semble avoir le double de ton âge, mais ma chérie, de toi à moi, nous savons bien qu'il est loin d'être comme les autres. Je ne sais pas qui il est, je ne sais pas ce que ça veut dire mais je sais que si c'est lui que j'ai rencontré ce jour là à l'hôpital, ce n'est pas un hasard et je sais que s'il est resté chaque jour, chaque nuit, à supporter la haine ce n'était pas simplement par devoir. Il voulait rester près de toi, il était obsédé par toi, il ne pensait qu'à toi tout le temps, il faisait tout pour que je ne le remarque pas mais je ne suis pas idiote. Il doit y avoir une raison à tout ça. Et si jamais cette raison te met en danger, comme j'en ai peur, je sais qu'il ferra tout ce qui est en son pouvoir pour t'aider. C'est ça, aussi, la raison pour laquelle je ne l'ai pas congédier. J'ai l'impression que tu vas en avoir besoin, de lui, ma chérie. Je le sens, je ne comprends rien, mais je sais que tu es en danger, mais je n'ai pas peur, car si je suis certaine d'au moins une chose sur cette terre, c'est bien qu'il donnerait sa vie entière pour te protéger.

Oh je lui en aurait bien demander beaucoup à ce Carlisle, mais il s'exécutera volontiers tant tu l'as ensorcelé ma fille. Je ne sais pas quel danger tu cours, je ne sais pas ce qui va se passer pour toi, et je n'ai pas le droit de le demander à Carlisle, je n'ose pas, j'ai peur de mal faire, j'ai peur de tout gâcher, de tout gâcher, j'ai peur de te mettre en danger, et je ne peux pas t'aider, mais ma chérie n'ai pas peur, n'ai pas peur. J'ai confiance en toi, je sais que tu feras le bon choix. Et quel que soit le choix que tu fais, je serais toujours fière de toi. Et puis ma chérie peu importe ce que tu choisis c'est ta vie, la tienne, ne laisse personne te forcer à rien. J'aurai voulu te protéger, toujours, mais je ne peux pas, alors il y a Carlisle, je l'ai laissé dans nos vies pour ça, pour te confier à lui, pour qu'il te protège et te couve comme il l'a fait pour moi, comme j'aurai voulu le faire pour toi. Et pour ce que tu vas peut être affronter je pense qu'il est plus de taille à faire face que moi. Je te le donne, si tu veux bien de lui.

Cette lettre prend vraiment une tournure imprévue tu ne trouves pas ? Oh ma chérie je suis si heureuse de pouvoir te parler, des mois que j'en crève d'envie, tous les mots que je ne te dis pas restent dans ma tête, ils m'embrouillent, je ne peux plus penser tant je brûle de te parler. Je pourrais t'écrire des pages et des pages de mots, noircir des cahiers entiers de tout ce que je veux te dire, mais il faut que je fasse vite, que j'aille à l'essentiel, même si je ne sais plus vraiment où il est à présent.

Ma chérie je t'aime, je ne regrette pas le choix que j'ai fait, même si il vous a fait souffrir, c'était peut-être égoïste, mais c'était la seule façon que j'avais de partir. Alors haïs moi, mais n'oublies jamais que je t'aime.

Adieu mon ange, adieu, ne penses pas à moi, n'ai pas mal, parce que moi je n'ai pas mal. Je t'aime c'est tout, toi et Clémence vous êtes ce que ce monde a réussis à me donner de plus beau, ce que j'ai réussis à créer de plus magique, tout ce à quoi ma vie tendait, tout ce qui fait que je ne regrette rien de ma vie, je vous aime, j'aurais voulu vous voir grandir, vous voir avec vos enfants, voir l'amour que j'ai pour vous dans vos yeux lorsque vous serrerez votre enfant dans vos bras, peut-être que là vous comprendrez.

Je vous aime, tant que je ne peux même pas te le décrire, il n'y a pas de mots pour décrire l'amour d'une mère, il n'y en a jamais eu, je vous aime, mon cœur est plein de vous, mon cœur n'est que vous.

Adieu mes deux amours.

Un cri dans le noir, le mien.