Petit mot de l'auteure : Ce texte a été écrit pour la 125e nuit du FoF sur le thème "Armoire". Il répond aussi à plusieurs défis de la Gazette : prompt du jour (c'est la malédiction! elle arrive!), qui est-ce (écrire sur un prince), mot du jour (enfant), fandom du jour (OUAT), défi de Sarah (écrire sur OUAT), alphabet des personnages (Mary Margaret)


Contexte : 1x01 (j'ai plus l'épisode en tête, ya peut-être des petites inexactitudes chronologiques, mais bon le gros y est)

Personnages : [Blanche, Charmant] Regina

Merci à Angelica, Marina, Luna, Jyanadavega, Maya et JessWann pour leurs reviews sur le chapitre précédent.


L'armoire était magnifique.

Le tronc et les branches naissantes, laissées visibles, donnaient un aspect brut et simple à l'ouvrage, ce qui contrastait avec la porte délicatement forgée. Oui, Geppetto c'était incontestablement surpassé. En tant normal, Blanche aurait touché délicatement les reliures, appréciant la textures de celles-ci, laissant flotter son imagination sur ce qu'elle pourrait bien placer à l'intérieur, avant d'ouvrir doucement les battants de bois.

Mais les temps qui couraient étaient tous sauf normaux.

Ils avaient cessés de l'être dès lors que la méchante reine avait juré de réduire leur bonheur à néant – et si il y avait une chose que Blanche reconnaissait à Regina, c'était bien sa ténacité lui permettant d'accomplir tous ses objectifs. La méchante reine viendrait pour eux, Blanche en était sûre et certaine.

Le souvenir de ce moment, où leur mariage avait été gâché par cette funeste promesse, manqua de la faire défaillir, et la jeune femme décida de quitter cette pièce et son armoire. Machinalement, Blanche posa sa main sur son ventre arrondit, où son enfant grandissait, inconscient du danger qui menaçait de les engloutir tous. Ou peut-être pas si inconscient que cela, finalement – comme s'il avait senti le trouble de sa mère, le bébé commença à donner de vigoureux coups de pieds.

- Chut... murmura Blanche. Ça va aller. Tout ira bien.

À ce moment là, Blanche ne savait plus à qui elle disait cela – était-ce à la petite chose dans son ventre, ou bien à elle-même ? Après tout, peut-être que ces phrases étaient vraies. Peut-être que Regina reviendrait sur sa menace, ou peut-être qu'elle n'arriverait pas à la mettre à exécution.

Mais une alarme, résonnant funestement dans le palais, mis à mal son souhait :

- C'est la malédiction ! Elle arrive !

Comme s'il avait conscience que le moment fatidique arrivait, ce fut cet instant que choisit l'enfant pour manifester son envie de venir au monde. Les contractions furent alors intenses, mais pas autant que sa terreur – elle ne voulait pas que ce bébé naisse, pas alors que le sort noir menaçait de tous les détruire. Elle refusait que son enfant paie ses erreurs, elle voulait remonter le temps, redevenir une enfant elle-même et cette fois-ci garder sa langue, elle voulait que le bébé reste en elle, en sécurité, loin du danger. Elle voulait tellement de choses que tout se mélangeait, le passé regretté, le futur loin de son enfant, le présent douloureux...

Mais elle ne put retenir ni le temps, ni le bébé. Comme saisit par l'urgence de la situation, celui-ci se hâta de naître, et Blanche n'eut le temps que de penser C'est trop tôt, l'accouchement aurait dû durer plus longtemps, que Charmant était déjà au-dessus d'elle, emmenant leur bébé loin d'eux, faisant fit de ses supplications, taisant ses propres larmes.

Blanche resta longtemps dans son lit à pleurer, pleurer de douleur, pleurer ses erreurs, pleurer sa fille qu'elle n'avait eu le temps de tenir dans ses bras.

Puis, elle se releva, tremblante – où était Charmant ? Où était Emma ?

Mais ce ne fut ni Charmant, ni Emma qu'elle trouva – ce fut la Méchante Reine, le regard victorieux, lui expliquant ce qu'elle leur réservait.

Et alors que le nuage violet les enveloppait tous, Blanche n'eut le temps que de prier pour que l'armoire ait fonctionné, avant de tout oublier.