Titre: Les prophéties sont-elles inéluctables ?

Auteur: Lady Zalia

Type: Omegaverse [Voldarry]- Harry Omega Voldemort Alpha. Aventure – Romance, MPREG.

Disclaimers : Univers appartenant à J.K. Rowling. Rating M. Je publie ici et en parallèle sur Wattpad et AO3 sous le même pseudonyme. Puisque ffnet bug ENCORE et rend inaccessible les chapitres de manière random, je vous conseille de me suivre sur une autre plateforme selon vos préférences. Je n'abandonnerai pas ffnet mais ça devient FRANCHEMENT CHIANT !

Résumé du chapitre 4 : Harry en est à son 7e mois de grossesse. Les hormones jouent sur son appétit sexuel mais aussi sur son assurance et ses angoisses. Il accepte de ne plus quitter le domaine sans son Alpha. De son côté, Voldemort est déterminé à mettre fin à la malédiction qui afflige la lignée de Salazar Serpentard en préparant le meilleur pour sa fille à naître.


Chapitre 5

Harry se réveilla alors que la pleine lumière du jour échouait sur son visage. La veille, ils avaient acheté tout le nécessaire pour le bébé à venir et il se sentait dans un mélange d'euphorie et d'impatience à l'idée de pouvoir enfin tenir sa fille entre ses bras.

Les couvertures, les peluches et les pyjamas, tout était si doux…

Il roula sur le lit et se leva tranquillement sous le regard scrutateur de Nagini.

- Comment va l'Oméga aujourd'hui ?

- Je me sens très bien. Ne t'inquiète pas. Je vais prendre un petit déjeuner…

Il s'habilla d'une tenue légère et sortit de la chambre, mais il s'interrompit sur le palier en apercevant son Alpha à travers la porte ouverte de la future chambre du bébé.

Voldemort se tenait dans l'embrasure, comme s'il contemplait la pièce, et Harry se glissa pour observer les lieux. Tous les meubles achetés la veille avaient été montés et le linge du bébé était déjà plié dans la penderie.

Le Gryffondor fit une petite moue : il aurait aimé pouvoir ranger lui-même tous les vêtements, car il n'avait pas tant de distractions que cela. Cependant, si le mage noir voulait consacrer un peu de son temps pour le bébé, il ne pouvait guère s'en plaindre.

- Bonjour Alpha ! Tu as déjà tout installé !?

- Comme tu vois. Ce n'était l'affaire que de quelques coups de baguette.

- Je m'en doute. Et bien, il ne reste plus qu'à décorer la chambre !

Pour l'heure, les murs étaient intégralement blancs, ce qui n'était pas très joyeux. Voldemort leva un sourcil suspicieux.

- Tu le feras si tu veux, mais après avoir déjeuné. Et n'en fait pas un temple à la gloire de Gryffondor.

- Ce n'était pas du tout mon intention. Je pense peindre les murs de couleur ocre, comme un coucher de soleil. Avec un paysage verdoyant et quelques animaux fantastiques. Je pourrais représenter Nagini par exemple.

Intérieurement, il comptait aussi représenter un cerf et sans doute un griffon, mais cela il se garda bien de le préciser. Voldemort s'était déjà détourné pour se diriger vers l'escalier.

- Pourquoi pas. J'ai plusieurs choses à faire aujourd'hui. Nous discuterons des prénoms ce soir.

- D'accord. Passe une bonne journée.

Harry s'était approché pour déposer un simple baiser sur sa joue, comme à un époux qui partirait au travail. Il avait été amusé par ce geste si domestique, mais Voldemort s'était brièvement figé avant d'empoigner sa nuque. Il l'avait alors embrassé avec une avidité bien loin de l'innocence du premier baiser. Comme toujours, le sien avait été à la fois sensuel et dominateur, étourdissant presque le Survivant par son intensité.

- À ce soir… mon Oméga.

Le sourire du mage noir était sardonique. Il savait pertinemment dans quel état il le mettait. Lorsqu'il l'avait relâché, Harry avait dû se tenir au mur pour ne pas tomber.

Il prit une longue inspiration et lui emboîta le pas. Dans la salle à manger, Logi avait déjà mis la table pour son petit déjeuner. Un bol de salade de fruits était sous un sort de stase et l'odeur du pain chaud et du thé flottait dans l'air.

Harry devait reconnaître qu'il était bien agréable d'être ainsi choyé. L'elfe était aux petits soins avec lui et il mangeait chaque jour une nourriture d'excellente qualité servie directement dans son assiette. C'était une petite revanche pour son enfance à ne manger que les restes de son cousin Dudley ! Cela aurait été parfait si l'elfe acceptait de céder à ses caprices de grossesse. Une nuit, il avait réclamé des rollmops de hareng au vinaigre pour apaiser une fringale nocturne, mais Logi avait refusé de lui servir autre chose qu'une tisane calmante et l'avait dénoncé à son Alpha au petit matin.

Après le déjeuner, il rejoignit sa serre en compagnie de Nagini, profitant que les températures n'étaient pas encore trop chaudes à cette heure de la journée. À défaut de s'occuper d'animaux, il avait créé son propre espace pour faire pousser les plantes magiques nécessaires à la fabrication d'onguent et de potions curatives.

Il était tellement captivé par son activité qu'il ne vit pas le temps passer, et sa tête commença à lui tourner aux alentours de midi. Cela faisait plusieurs heures qu'il était debout et l'atmosphère sous la serre était peu à peu devenue étouffante avec la montée du soleil.

- Logi… LOGI !

L'elfe apparut instantanément, poussant un cri à sa vue.

- Meister Harry !

Harry lui adressa un petit sourire contrit. Il s'était appuyé contre un établi pour ne pas s'effondrer.

- Je ne me sens pas très bien, peux-tu me transporter jusqu'au salon s'il te plait ?

- Vous êtes si pâle et tout transpirant ! Sans compter vos vêtements recouverts de terre ! Ce n'est pas raisonnable ! Un Oméga enceint ne devrait pas faire de telles activités !

Le Gryffondor lâcha un grognement, cependant il n'était pas vraiment en état d'argumenter. Il se laissa presque tomber en avant pour attraper la main tendue de son serviteur, et lorsqu'il rouvrit les yeux, il se trouvait dans leur salle de bain. À l'aide de sa magie, Logi l'avait fait transplaner directement jusqu'à l'intérieur de la baignoire. D'un nouveau claquement de doigt, il se retrouva entièrement nu tandis que les robinets déversaient une eau chaude et mousseuse.

Harry s'empressa de s'asseoir pour cacher son sexe, frissonnant face au brusque changement de température. L'intérieur de la maison était bien plus frais que la serre et sa peau s'était couverte de chair de poule en attendant que la baignoire se remplisse suffisamment pour le réchauffer.

- Je peux me laver tout seul…

- Meister Harry ! Vous étiez au bord de l'évanouissement ! Vous êtes inconscient !

L'Oméga soupira.

- Je sais. Je vais simplement me détendre un moment dans la baignoire, le temps de récupérer. Maintenant, laisse-moi tranquille.

Il s'exprimait rarement de manière aussi autoritaire envers leur elfe de maison, mais il se sentait fatigué et courroucé. Son malaise allait sans aucun doute être rapporté à son Alpha qui utiliserait cette excuse pour lui refuser la présence d'Hannelore.

Il ferma les yeux en entendant Logi disparaître. La somnolence était en train de l'envahir. Après la chaleur étouffante de la serre, celle humide de la salle de bain était plus douce, et dans le grand bassin qui leur servait de baignoire, il se sentait plus léger. Tout était calme dans la maison. Paisible. Propice à une bonne sieste.

***/+/***

Lorsqu'il se réveilla, Harry était dans son lit. Manifestement, quelqu'un l'y avait transporté pendant son sommeil, et ce dernier avait été profond, car il se sentait empli d'une désagréable langueur.

Désireux de s'éclaircir les Idées, il se redressa, à peine surpris de trouver son Alpha au pied du lit. Ce dernier arborait un visage sévère.

- Tu t'es évanoui, encore une fois.

- Je me suis endormi, nuance.

- Dans la baignoire. Si Nagini ne m'avait pas prévenu, tu aurais pu te noyer !

Le Gryffondor leva les yeux au ciel.

- N'importe quoi ! Je me serais réveillé ! J'étais simplement fatigué. Le bébé commence à peser lourd, je te ferai remarquer…

Voldemort secoua la tête, bras croisés.

- L'elfe m'a dit que tu avais travaillé toute la matinée en pleine chaleur et il n'a rien trouvé de mieux que de te mettre dans un bain chaud sans surveillance. Je n'en reviens pas qu'il ait été aussi stupide.

- C'est moi qui lui ai dit d'aller voir ailleurs.

- Et je l'ai tué pour sa bêtise. Cela aurait pu te coûter la vie ! Ce genre de négligence est inacceptable.

Harry ferma brièvement les yeux avec un profond soupir.

- Par pitié, arrête tes délires. Qui va me faire à manger maintenant ? C'est toi peut-être ?!

Le visage du mage noir se fendit d'un sourire sarcastique.

- Je doute que tu apprécierais ma cuisine alors que cela fait un demi-siècle que j'ai cessé de m'alimenter. Mais ne t'inquiètes pas, je trouverai un autre serviteur, et en attendant j'ai ordonné à cette Oméga de venir.

Cette dernière nouvelle réjouit Harry plus que de raison : enfin il allait pouvoir raconter tous ses derniers émois à quelqu'un !

- Hannelore ?! Elle est à la maison ?

- Oui. À toi de faire en sorte qu'elle ne subisse pas le même sort que notre elfe de maison.

La réponse de son Alpha amena une certaine angoisse chez le Gryffondor. Il craignait légitimement ce qui pouvait arriver à la jeune femme si elle commettait une erreur aux yeux de l'exigeant mage noir. Remplacer leur elfe de maison requérait qu'elle vive à leurs côtés, et donc côtoie Voldemort bien plus souvent qu'auparavant. Ce n'était clairement pas l'idéal, car le Serpentard représentait une menace mortelle pour quiconque d'autre que lui et Nagini, mais d'un autre côté, il était égoïstement heureux d'avoir à nouveau quelqu'un d'autre à qui parler. Il devait donc réfléchir pour ne pas faire d'erreur et n'offrir aucune opportunité à son Alpha de punir Hannelore. Pour cela, la meilleure chose à faire était de jouer la carte de la docilité.

- Est-ce que je peux aller la voir ?

- Tu te sens capable de te lever ?

- Oui, tout à fait !

Pour le prouver, il s'empressa de repousser la couette et mit les pieds par terre. Mais il n'avait pas eu le temps de saisir un vêtement que Voldemort l'avait repoussé en arrière pour caresser son ventre.

- Je n'aime pas que tu parles à quiconque d'autre que moi… Savoir que tu te réjouis de la retrouver, que tu as hâte de la voir…

Le Gryffondor connaissait la possessivité de son amant, et il savait la désamorcer. Loin de ressentir de la peur, il lui sourit au contraire avec tendresse, recouvrant sa main de la sienne.

- Je t'appartiens, Alpha. Je suis à toi, personne ne peut changer cela, et c'est ton enfant que je porte. Je ne fais que discuter avec une autre Oméga. Elle n'est en rien une menace…

- Je sais. Son odeur m'agace. Si elle commet une nouvelle erreur, je la transformerai en Inferius.

- Tu n'as pas besoin d'être aussi cruel. Tu sais que je vais t'en vouloir si tu lui fais du mal.

Parfois, Harry avait un peu l'impression de devoir parler au mage noir comme à un petit garçon à qui il faudrait expliquer la différence entre le bien et le mal. Il ne put s'empêcher de sourire à cette idée mais s'empressa de la chasser de son esprit avant qu'elle ne soit interceptée par son compagnon tyrannique.

Ce dernier fit une brève moue, comme si cette considération n'était pour lui qu'une information sans importance.

- Tu la connais à peine. Tu l'auras vite oubliée. Mais il paraît que le stress est mauvais pour le bébé alors je suppose que je peux faire un effort… selon l'erreur commise…

Cette fois, le Survivant repoussa son Alpha doucement mais fermement.

- Elle n'en fera pas. Allez, maintenant laisse-moi me lever. J'ai faim là !

Voldemort consentit à se redresser et Harry put enfin sortir du lit. Il enfila une tunique, un caleçon et un pantacourt avant de quitter la chambre nu pieds. Heureusement, malgré la nuit tombée, la température était encore chaude dans la demeure. Il descendit les marches à petits pas prudents jusqu'à atteindre la cuisine où l'attendait l'autre Oméga.

***/+/***

Voldemort s'installa confortablement dans son fauteuil, une feuille de parchemin sur les genoux et Nagini roulée en boule à ses pieds. Il savait qu'Harry était dans la cuisine avec l'autre Oméga, et il savait aussi que le Gryffondor avait jeté un sortilège d'Impassibilité pour l'empêcher d'entendre la conversation, pourtant il ne fit pas un geste pour tenter de le dissiper.

Le mage noir eut un sourire en songeant combien le Survivant était devenu prévisible. Aujourd'hui il le connaissait si bien qu'il lui était impossible de le surprendre, mais au vu du caractère de son amant, ce n'était pas plus mal. Lorsqu'il était allé chercher la jeune femme pour remplacer leur elfe de maison, Voldemort avait renforcé son contrôle mental. Simple mesure de précaution…

Mais ainsi, il était assuré qu'aucun des deux Oméga n'aurait le moindre secret pour lui. Il lui suffisait de se connecter à l'esprit d'Hannelore pour écouter leur conversation.

Son sourire s'étira en entendant la fausse assurance dans la voix du Gryffondor.

- … Tout va bien se passer, ce n'est que le temps qu'il trouve un elfe de maison. Tu sais faire la cuisine, n'est-ce pas ?

- O… oui. Mais…

- Il ne mange pas et moi je ne suis pas bien difficile. Je te payerai pour ton travail, ne t'inquiète pas. Je me doute que ce n'est pas le boulot de tes rêves mais ça te permettra de mettre un peu d'argent de côté.

- Merci, maître Harry. C'est très généreux de votre part.

- Non, c'est le strict minimum. Je me doute qu'il ne t'a pas laissé le choix. Et par pitié, appelle moi juste Harry.

- C'est que… Il m'a ordonné de vous appeler ainsi. Je dois… me comporter comme un elfe de maison. C'est ce qu'a dit le maître.

Voldemort ricana intérieurement. Le lien lui transmettait les émotions de son Oméga, et il désapprouvait clairement son comportement. Le Serpentard pouvait sans peine imaginer sa tête…

Il cessa d'espionner la conversation des deux Omégas pour se concentrer sur son parchemin. La famille Peverell était une très ancienne famille sorcière dont les Gaunt étaient les descendants. Aujourd'hui, il n'en existait officiellement plus aucun membre vivant, et donc personne pour contester son identité. Sa fille allait aussi porter ce nom, et devrait donc porter un prénom typiquement sorcier…

Il commença à écrire plusieurs idées pendant qu'Harry dînait. Il voulait que sa fille soit fière de son prénom et que personne ne puisse trouver à en rire. Un prénom digne d'une reine ou d'une déesse…

Harry le rejoignit peu après le repas, s'asseyant sur le canapé après avoir jeté un coup d'œil à ce qu'il faisait.

- Tu lui as ordonné de se comporter comme un elfe de maison ! Vraiment, tu abuses !

Contrairement à ce que ses paroles laissaient présager, Harry avait un sourire amusé. Voldemort avait levé les yeux pour l'observer, et il ressentit un vif désir pour le Gryffondor espiègle.

- Elle n'a aucune fierté et a toujours laissé son père lui dicter tout ce qu'elle doit faire. Elle vivait déjà quasiment comme un elfe de maison, cela ne doit pas beaucoup lui changer.

- Tu la terrifies…

- C'est donc qu'elle a un instinct de survie.

Tout en parlant, il s'était levé pour venir rejoindre son Oméga sur le canapé, lui tendant la liste et la plume pour accueillir ses propositions.

- Gormlaith ?! Mais c'est horrible comme prénom ! C'est vraiment un prénom de fille, ça ?

- Gormlaith Gaunt était l'une de mes ancêtres.

- OK, j'ai rien dit. J'aime bien Isolt et Artemisia… Cassiopea aussi, mais on risque de la surnommer Cassiopée pour aller plus vite.

- Tu n'as pas de prénom à proposer ?

- Euh… Je doute d'avoir une grande connaissance en matière de prénoms sorciers, et je n'ai aucune envie de lui donner le prénom d'un de mes anciens camarades. Hum…

Il nota "Pandora" qui fit grimacer le mage noir, et barra trois prénoms parmi ceux qu'il avait écrit.

- Qu'est-ce que tu reproches à ces prénoms ?

- Lucretia, ça fait vieux. Et Lycoris, on dirait un prénom d'animal de compagnie, sérieusement !

- C'est un nom de fleur. Tu n'as vraiment aucune culture. Belvina ?

- Hors de question que le prénom de notre fille ressemble ne serait-ce qu'un peu à celui de cette pouffiasse ! Et puis tous les prénoms comme Callidora, Elladora, Isidora… C'est joli, mais ses camarades risquent de la renommer Dora, ce serait dommage. Tiens, que penses-tu d'Andromeda ? C'est un prénom de Sang Pur ça !

- Une traîtresse à son Sang…

Harry soupira.

- Je vois. Donc Isolt ou Artemisia… Ces prénoms ont-ils une histoire ?

- Isolt Sayre est une descendante de la famille Gaunt. C'est l'une des fondatrices de l'école de sorcellerie Ilvermorny aux États-Unis. Quant à Artemisia Lufkin, c'est la première femme devenue ministre de la Magie.

- De grands destins…

- Notre fille est vouée à un grand destin. Elle sera riche, puissante et intelligente.

- Elle sera surtout libre et elle aura ses deux parents pour veiller sur elle. J'ai tellement hâte de la tenir entre mes bras. Mais en attendant, je ne sais pas quel prénom choisir.

- Alors ce sera Isolt. Isolt Peverell. Elle marquera l'histoire.

Son Oméga s'appuya un peu plus lourdement contre son épaule, tout en caressant son ventre.

- Isolt… Tu as de grandes attentes pour elle. Moi j'espère surtout qu'elle sera heureuse. Qu'on sera heureux tous les trois.

- Le bonheur se gagne et se mérite. Il faut se battre pour l'obtenir.

- Je trouve que je me suis assez battu. Bien sûr, je le ferai encore pour elle, si c'était nécessaire. Mais j'estime que c'est ta tâche, Alpha. Ma vie est entre tes mains, et la sienne le sera aussi, au moins jusqu'à sa majorité. Je ne veux pas savoir ce que tu fais. Je me fiche du monde entier. Tout ce que je te demande, c'est de faire en sorte qu'on vive paisiblement.

Cette demande, Harry l'avait déjà formulée. Lorsqu'ils avaient quitté le Royaume Uni, presque trois ans plus tôt, il l'avait supplié de le protéger. À cette époque, son Oméga était désespéré, à bout de souffle après un mois seul, et il lui avait promis que plus personne ne pourrait lui faire de mal. Aujourd'hui, le Gryffondor vivait confortablement et paisiblement, mais son regard n'en était pas moins fort. Harry Potter avait connu l'insécurité toute son enfance, principalement par sa faute, mais aussi à cause de la maltraitance de sa famille moldue. Le besoin d'une vie paisible était profondément gravé en lui.

Le parchemin alla voler jusqu'à la table tandis que Voldemort attira son amant sur ses genoux pour l'entourer de ses bras. Il embrassa doucement la marque sur sa gorge avant de humer son parfum.

- Je ne reviendrais pas sur ma promesse. Je ne commettrai pas deux fois la même erreur. Mon précieux Oméga.

D'un informulé, il fit disparaître le pantalon du Survivant qui glapit de surprise. Puis il glissa une main sous sa tunique pour caresser sa peau nue.

- Alpha…

Voldemort eut un sourire cruel en songeant à quelle mauvaise plaisanterie il allait encore jouer au Gryffondor.

- Servante !

La jeune femme apparut bientôt, provoquant une tentative désespérée chez Harry de recouvrir ses cuisses.

- O… Oui, maître ?

Hannelore avait immédiatement baissé les yeux, rouge de honte, en voyant dans quelle situation se trouvait son confrère Oméga. Harry était prisonnier entre ses bras, le dos plaqué contre son torse, les mains resserrées sur le bas de son vêtement. Cela n'avait pas empêché Voldemort de continuer à caresser sa cuisse, remontant lentement en direction de ses fesses.

- Prépare du thé pour deux.

- Bien, maître.

Elle avait immédiatement quitté la pièce, amenant une tentative plus franche chez le Survivant pour repousser ses mains.

- Arrête ! Sérieux, j'ai pas envie de me donner en spectacle !

- Qu'y a-t-il mon Oméga ? Elle te gêne, peut-être ? Tu ne t'es jamais offusqué de la présence de notre elfe de maison jusqu'à présent, je ne vois pas pourquoi cela changerait. Peut-être que je devrais la punir si elle ne se comporte pas comme tel…

Harry s'immobilisa immédiatement. Il était si proche que le Serpentard pouvait sentir les battements de son cœur tout contre son torse.

- Tu es un tyran.

Ses joues étaient roses, de gêne, de colère mais aussi d'excitation mêlées. Car malgré ses protestations offusquées, le mage noir pouvait parfaitement percevoir quelle émotion prédominait en lui. Voldemort se pencha et saisit le lobe de son oreille entre ses lèvres, le suçant jusqu'à arracher un gémissement chez son Oméga.

- Ose me dire que cela ne te plait pas. Je peux faire ce que je veux de toi, tu ne peux rien me refuser, parce que tu sais sans l'ombre d'un doute que je vais t'offrir la jouissance. Je ressens ton plaisir. Ton désir. Tu aimes jouer les héros vertueux, mais rien ne te satisfait davantage que mes doigts sur ton corps et mon sexe profondément enfoncé en toi.

Harry baissa les yeux. Il s'était mordu la lèvre pour retenir son cri lorsque Voldemort avait fait disparaître son caleçon d'un nouvel informulé.

Finalement, le mage noir sentit l'exact moment où la volonté de son Oméga vacilla. Du bout des doigts, il avait remonté le long de ses cuisses jusqu'à l'entre-jambe, et lorsqu'il atteignit son sexe, la tête de Harry avait basculé en arrière avec un soupir lascif.

C'est à ce moment que leur nouvelle servante revint avec le thé, mais le Survivant ne lui accorda pas un regard. Son sexe était prisonnier des doigts de son Alpha qui lui infligeait un mouvement lent, envoyant des vagues de plaisir dans tout son corps.

Avec le lien, Voldemort était tout aussi dur, mais la tension restait supportable. Il savait qu'il ne se coucherait pas sans avoir joui dans le corps chaud de son Oméga, cependant il voulait profiter encore un peu de la situation pour s'amuser.

- Harry. Ne voulais-tu pas donner tes recommandations à ta nouvelle servante pour demain ?

- Par Merlin, ne peux-tu pas juste me baiser dans notre chambre ?! Je… Je me fiche de ce que je vais manger !

- Sauf que nos réserves sont presque vides, elle va devoir aller faire les courses. Il ne faudrait pas qu'elle achète quelque chose de mauvais pour ta grossesse.

Il abandonna le membre tendu pour glisser un doigt plus bas entre les cuisses, approchant doucement de l'anus de son Oméga qui se mit à trembler. Ses gestes étaient dissimulés par le tissu de la tunique qui arrivait à mi-cuisse, mais leurs positions respectives ne laissaient aucune ambiguïté sur ce qu'il était en train de faire, laissant le Gryffondor autant mortifié qu'excité.

- Arrête, tu vas me rendre fou…

Hannelore regardait fixement le bout de ses pieds, les oreilles et les joues aussi rouges que celles du Survivant. Elle avait frémi en l'entendant parler fourchelang, cependant elle trouva le courage de reprendre la parole, comprenant sans doute qu'il était aussi dans son intérêt de quitter la pièce au plus vite.

- Maître Harry. Je peux vous proposer un menu. Salade de crudités en entrée, steak et pommes de terre sautées en plat et compote de pommes en dessert. Est-ce que cela vous convient ?

- Oui ! Oui ! Parfait. Ça…

Le Serpentard avait failli éclater de rire en sentant le soulagement flagrant de son Oméga. Sans même sortir sa baguette, il fit léviter les tasses jusqu'à ce que Harry se saisisse de la sienne, après quoi il consentit enfin à cesser ses attouchements pour boire le thé à son tour.

S'il devait au moins reconnaître du mérite à son nouveau serviteur, c'est qu'elle savait faire le thé.

- Tu peux disposer.

La jeune femme s'empressa de quitter la pièce et Harry se détendit rapidement.

- Ça t'amuse vraiment de m'embêter !

- J'ai bien du mal à réfréner mes pulsions sadiques, je le crains… Mais il vaut mieux que je t'embête toi que ton amie Oméga, tu ne crois pas ?

- Oui. Je ne veux pas que tu lui fasses du mal, elle ne le mérite pas.

Voldemort déposa un simple baiser sur sa tempe, appréciant malgré lui le calme et la paix environnante. En dépit de ses plaisanteries cruelles, il se sentait apaisé par la présence du Survivant tout contre lui, simplement heureux. L'idée que son enfant était sur le point de naître participait aussi largement à sa félicité, et il se rendit compte qu'il n'aurait sans doute jamais pu vivre un tel moment de quiétude s'ils étaient restés avec ses Mangemorts. Ici il pouvait simplement faire ce qu'il voulait quand il le voulait, et ses quelques marionnettes étaient suffisamment autonomes pour qu'il puisse totalement séparer ses activités de mage noir de sa vie domestique.

Sa tasse de thé terminée, il replongea vers le col de son Oméga, s'enivrant de son odeur.

- J'ai d'autant plus de mal à m'arrêter que tu ne m'en veux même pas. J'ai senti ton excitation…

- Je ne peux pas t'en vouloir tant que cela ne reste que des taquineries. Et puis il y a le lien. Je suis si bien entre tes bras, quand j'ai ton attention… C'est difficile de ressentir autre chose, d'autant que ces sensations sont accentuées par la grossesse. Mais je ne suis pas un exhibitionniste. Je ne veux pas que tu recommences !

- Elle ne pouvait rien voir.

- M'enfin elle n'avait pas besoin d'imagination pour deviner. C'est trop gênant à la fois pour elle et pour moi.

Le mage noir mordilla le lobe de l'oreille du Gryffondor, lui arrachant quelques bruits aigus.

- Et bien dans ce cas, rejoignons la chambre où je pourrai te déshabiller entièrement.

Il se leva en soulevant son précieux chargement, ne le reposant qu'une fois arrivés au bord du lit.

La libido de son Oméga était exacerbée par sa grossesse, mais il était bien loin de s'en plaindre, car il ressentait les mêmes symptômes…

***/+/***

Harry se recula de quelques pas pour observer le rendu final. Il avait terminé de peindre la chambre de sa fille et il était satisfait du résultat. Il avait représenté l'orée de la forêt Interdite au crépuscule, avec un ciel allant du violet au jaune-oranger. Entre les arbres, on pouvait voir différentes créatures, fantastiques ou non : griffon, python, loup, cerf, chouette, blaireau, fléreur, boursouf et même un petit dragon volant dans le ciel. Il ignorait si son Alpha connaissait la symbolique cachée derrière chacun d'entre eux, mais quand bien même c'était le cas, il doutait qu'il y trouverait grand-chose à redire.

Les mains et le visage parsemés de tâches de peinture, il se tourna vers Hannelore, un large sourire au visage.

- Alors, qu'est-ce que tu en penses ?

- C'est magnifique, maître Harry !

Elle lui tendit une jatte remplie d'eau ainsi qu'une serviette pour qu'il puisse se nettoyer.

- Merci. J'adore peindre et dessiner. J'ai hâte de pouvoir le faire avec mon enfant. Je n'ai absolument aucun repère pour son éducation, je suis moi-même orphelin… Mais je veux tout lui faire découvrir. Est-ce que tu as un petit frère ou une petite sœur ?

- Non, je suis la dernière-née. Ma grande sœur est une Bêta, elle a déjà un enfant, mais cela fait longtemps qu'elle ne nous a pas rendu visite. Vous avez l'air d'avoir de merveilleux projets pour votre bébé. Je suis certaine qu'elle sera heureuse et épanouie.

- C'est tout ce que j'espère. Je doute qu'elle ait l'occasion de rencontrer beaucoup d'enfants avant son entrée au collège, mais je vais faire mon possible pour qu'elle ne s'ennuie pas.

Hannelore baissa les yeux et fit une tête étrange, comme si elle était sur le point de dire quelque chose, mais qu'elle se retrouvait incapable de parler.

Harry décida de changer complètement de sujet en faisant comme si de rien n'était.

- Pfiou, j'ai bien travaillé, je crève de chaud. Je vais me changer et je te rejoins en bas. Peux-tu me préparer une boisson fraîche, s'il te plait ? Ensuite j'irais plonger dans la piscine…

Il la dépassa rapidement pour aller enfiler un maillot de bain, et lorsqu'il atteignit la terrasse, une carafe de citronnade l'attendait sur la table. Il en but en grand verre avant de plonger dans l'eau, éclaboussant tout autour de lui. Nagini s'était installée sur les pierres chaudes qui composaient le dallage autour du bassin, et elle siffla de mécontentement à être ainsi arrosée, faisant éclater de rire le Gryffondor.

- Ahahah ! Il faudra t'habituer à être dérangée. Quand notre fille aura appris à marcher, elle risque de beaucoup bouger !

- Le maître est calme. Son enfant sera sans doute aussi calme.

- Je suis presque certain que tous les enfants sont agités. C'est le signe qu'ils sont heureux et en bonne santé. Je ne vais certainement pas lui interdire de courir et de sauter.

Il ne se souvenait que trop bien de son enfance. Tante Pétunia n'avait jamais toléré qu'il fasse le moindre bruit, et il avait appris très rapidement à jouer silencieusement. Même à l'extérieur de la maison, il ne pouvait se permettre de se faire remarquer, sans quoi Dudley et sa bande lui tombaient immanquablement dessus.

Aujourd'hui qu'il allait avoir une enfant, il voulait qu'elle puisse faire tout ce dont il avait lui-même été privé. Il espérait seulement que son Alpha ne serait pas trop strict avec elle…

***/+/***

Le 8e mois tomba sur Harry avec son lot de désagréments supplémentaires. Ils étaient désormais en plein mois d'août et l'été avait amené une atmosphère étouffante malgré la localisation de leur demeure. Les hauts conifères de la Forêt Noire bloquaient le vent, empêchant le moindre courant d'air. Le Gryffondor se réveillait régulièrement la nuit et avait l'impression que son poids avait doublé. Son dos et ses jambes étaient douloureux au point qu'il comptait littéralement les jours le séparant du mois de septembre où l'accouchement était censé avoir lieu.

L'échéance approchant, Voldemort était parti chercher une accoucheuse spécialisée dans les Omégas, mais cela faisait déjà trois jours qu'il était absent, et Harry ne pouvait s'empêcher d'angoisser.

Entre-temps, l'Alpha avait trouvé un elfe de maison pour remplacer le précédent, en profitant au passage pour renvoyer Hannelore chez elle sans préavis. De ce fait, le Survivant était "seul" en compagnie de Nagini et de leur nouvel elfe nommé Humel, et le temps lui semblait défiler au ralenti.

Le bébé ne devait pas arriver avant plusieurs semaines, mais son esprit traumatisé lui faisait sans cesse imaginer des scénarios catastrophes. Il était furieux que son Alpha l'ait abandonné dans un moment pareil.

Lorsque le mage noir rentra, la nuit était sur le point de tomber. Affalé sur le canapé depuis plusieurs heures, Harry avait largement eu le temps de ressasser sa fureur. Il se redressa immédiatement en entendant le bruit de la porte d'entrée, roulant sur lui-même pour se relever complètement.

- Alpha ?!

Voldemort se trouvait en compagnie d'une vieille femme aux traits burinés. Le Gryffondor trouvait que son visage ressemblait à une pomme de terre difforme. Elle portait une jupe noire surmontée d'un tablier, d'un chemisier et d'un gilet à fleurs. Ses cheveux étaient recouverts d'un fichu et elle dégageait la même odeur que miss Figg, la voisine Cracmolle de son enfance.

La sorcière tendit un doigt en direction de son ventre, donnant une furieuse envie à Harry de lui jeter un sort. Mais pour qui se prenait-elle ?!

- Harry, je te présente Oksana Nikolaïevna Berberova, une éminente spécialiste de grossesses Oméga. Госпожа Берберова, это Гарри, мой Омега.

La vieille femme trottina vers le Gryffondor qui la bouscula de sa magie. Il n'avait pas l'intention de lui faire réellement mal mais simplement de la repousser, cependant Voldemort la protégea immédiatement d'un bouclier, accroissant encore la colère du Survivant.

- Tu te fous de moi ?! Tu disparais pendant 3 jours sans le moindre contact, et tu ramènes une spécialiste des Omégas qui, comme par hasard, parle russe ?! Encore une fois tu veux tout contrôler, y compris les informations auxquelles j'ai accès ! Je ne peux même pas lui poser de question par moi-même et tu t'attends à ce que je me laisse tripoter sans rien dire ? Espèce de sale c… NUL !

Il avait retenu l'insulte qui lui brûlait les lèvres, mais il n'en pensait pas moins.

Son Alpha semblait toujours incapable de le comprendre, ou s'il le comprenait, il n'accordait aucune importance à ses états d'âme. Comme toujours lorsqu'ils se disputaient, il lui offrit un regard méprisant, comme s'il n'était qu'un Mangemort inutile :

- Tu te comportes encore une fois comme un enfant capricieux. Je me suis efforcé de chercher la personne la plus qualifiée pour m'assurer que tout se passe bien, et toi tu te montres grossier. Tu me fais honte.

Harry inspira longuement pour éviter de faire quelque chose qu'il regretterait par la suite. Il sentait sa magie prête à exploser sous le coup de la colère. Il avait envie de pleurer et hurler, de frapper son Alpha et de se jeter dans ses bras tout en même temps. Il trouvait la situation terriblement injuste. Sa nervosité et son angoisse avaient sapé son énergie. Il se fichait bien d'avoir été impoli. Il voulait juste rejoindre sa chambre pour aller dormir, mais bien évidemment Voldemort était sur sa route, et il pouvait être certain qu'il ne le laisserait pas esquiver la conversation aussi facilement.

Restait la solution de transplaner directement à l'étage au-dessus, mais il allait devoir aller vite pour éviter que son Alpha ne l'immobilise.

D'une simple pensée, il attira sa baguette qui traînait sur le canapé, et avant même que Voldemort ne puisse rajouter un seul mot, il transplana juste à côté du lit. Cela n'avait duré qu'une seconde, cependant son environnement immédiat continua à tourner autour de lui, et il se sentit perdre connaissance.

Il n'avait plus qu'à espérer que son Alpha ne serait pas trop furieux lorsqu'il se réveillerait…

***/+/***

Voldemort fulminait. Après avoir cherché la sage-femme des jours durant, il avait aussi dû déployer des trésors d'ingéniosité pour parvenir à la convaincre de venir chez eux. Et alors qu'il pensait retrouver son Oméga prêt à se jeter dans ses bras, ce dernier lui avait au contraire hurlé dessus après avoir presque attaqué leur invité.

Lorsque Harry avait transplané, il avait failli céder à la rage, puis à la panique en le sentant perdre connaissance, heureusement ce dernier avait simplement atterri sur le lit, épuisé par sa décharge de magie et ses émotions chaotiques.

La sorcière l'avait suivi dans la chambre, observant le Gryffondor inanimé avec une moue réprobatrice.

- Votre Oméga est sur les nerfs. Ce n'est pas bon pour le bébé.

- C'est parce que je n'étais pas là. Notre lien est particulier. Mon Oméga souffre dès que je suis absent plusieurs jours.

La vieille femme haussa les sourcils.

- Je ne vous connais pas mais vous avez pris des risques pour me trouver. Un Oméga enceint ne devrait pas être éloigné de son Alpha. Son instinct lui fait sentir qu'il est vulnérable.

Voldemort l'allongea sur le lit, observant ses traits tendus. Il essayait toujours de faire les choix les plus rationnels pour protéger Harry, mais le caractère du Survivant était loin de lui faciliter la tâche. Un autre Oméga aurait peut-être tenté d'expliquer à son Alpha à quel point il s'était senti mal, mais Harry ne pleurait pas. Il avait appris depuis toujours à taire sa douleur, préférant grogner et mordre que se plaindre.

Le mage noir avait tendance à réagir de la même manière, mais lui était l'Alpha. Il devait parvenir à comprendre son Oméga pour subvenir correctement à ses besoins…

Il s'assit sur le lit et prit la main du Gryffondor tandis que la sorcière jetait un sortilège de diagnostic.

- Est-ce que le bébé va bien ?

- Il est en bonne santé. Votre Oméga en revanche est épuisé et anémié. Il faut qu'il se repose et mange davantage. Y a-t-il un endroit où je puisse brasser des potions ?

Voldemort se leva immédiatement. Il n'avait pas envie de faire entrer qui que ce soit dans son laboratoire, heureusement son Oméga avait tout le nécessaire dans son bureau.

- Je vais vous y conduire. N'hésitez pas à me faire savoir si vous avez besoin de certains ingrédients.

Il la guida jusqu'au rez-de-chaussée où le Gryffondor avait son établi. Il ne rentrait pas si souvent dans cette pièce, et il eut un sourire en voyant les ingrédients et les potions soigneusement étiquetées et rangées. Harry avait préparé plusieurs potions de soin et il piocha un philtre de paix pour en renifler le contenu.

- Est-ce un philtre de paix ? Si vous avez confiance dans ses capacités, vous pouvez lui en donner une à son réveil. C'est sans danger pour le bébé. Je ne sais pas lire l'anglais mais je devrais m'y retrouver dans les ingrédients. De votre côté, restez avec votre Oméga.

- Bien. Notre elfe de maison parle allemand. Je crois que vous le parlez un peu ? Il vous indiquera votre chambre. N'hésitez pas à lui dire si vous avez faim.

Il n'avait pas l'habitude de faire des ronds de jambe pour qui que ce soit, mais il était obligé de traiter son invitée avec tout le respect qui lui était dû, car elle allait tenir son enfant, et potentiellement la vie de son Oméga, entre ses mains…

De retour dans la chambre, il verrouilla la porte et se déshabilla pour rejoindre le Survivant dans le lit. Entre temps il s'était réveillé et arborait une moue boudeuse.

- Je parie que tu comptes encore me faire la morale ?

- Je crois que tu es suffisamment conscient de tes erreurs. Tu as, une nouvelle fois, mis en danger notre enfant par ta conduite. La médicomage dit que tu ne manges pas assez.

Harry détourna les yeux.

- Le stress me coupe l'appétit. J'ai l'impression que mon cœur ne se calme jamais. J'ai peur pour l'accouchement, j'ai peur d'être seul et de ne pas savoir ce qui m'arrive… et toi tu me ramènes quelqu'un avec qui je ne peux même pas communiquer. Comment je peux apaiser mes angoisses si tu…

- Elle parle un peu allemand. Je n'ai pas choisi cette femme pour t'empêcher de lui parler mais parce qu'elle est la meilleure. Quelqu'un en qui j'ai suffisamment confiance pour l'accueillir dans notre demeure et lui confier ta vie. C'est difficile pour moi aussi. Désormais je ne partirai plus, je te le promets. Il faut que tu te reposes, que tu prennes soin de toi et du bébé.

- Tu ne l'as pas plongée sous Imperium ?

- Non. Tu es suffisamment bien placé pour savoir qu'un esprit fort peut en contrer les effets. Et il est hors de question qu'elle puisse se rebeller lorsqu'elle tiendra notre enfant entre ses mains. Donc je l'ai convaincue. Et grassement payée.

Voldemort tendit les bras pour rapprocher son corps et il sentit avec soulagement le Survivant se détendre à son contact.

Peau contre peau, il ne put s'empêcher de louer la puissance du lien qui avait transformé le rebelle Gryffondor en un sorcier totalement dépendant de lui. Malgré leurs divergences d'opinions et leurs disputes régulières, Harry recherchait son contact, sa présence, se soumettait à ses ordres… Et il le désirait sexuellement, le regardant avec admiration et lui offrant son corps chaque fois qu'il le désirait.

Les désagréments du lien étaient compensés par la grande satisfaction qu'il lui apportait au quotidien.

- Alpha… Il ne reste qu'un mois. On va bientôt pouvoir la voir, la tenir dans nos bras. J'ai hâte et en même temps… Ça me terrifie bien plus que de devoir voler un œuf à un dragon ou même d'affronter un mage noir monstrueux dans un cimetière sordide.

Il se resserra entre ses bras, comme s'il cherchait un réconfort dans son étreinte, et le Serpentard déposa un baiser sur son front.

- Mon Oméga, tu es le sorcier le plus brave que je connaisse. Je suis persuadé que tu seras un père admirable. Et tu surmonteras cette épreuve avec brio, comme toutes celles que tu as pu traverser. J'ai la même confiance en toi que j'en ai pour moi. Tu es l'Oméga de Lord Voldemort, tu ne peux que réussir…

Harry se redressa pour déposer ses lèvres sur les siennes, et son baiser fut long et chaste. C'était une manière de le remercier pour ses encouragements, et Voldemort ne chercha pas à prendre l'ascendant, profitant simplement de l'affection qu'il ressentait à travers le lien. Parce que ce qui le surprenait sans cesse n'était pas tant la soumission ou la dépendance, mais bien l'affection sincère et lumineuse que le Survivant ressentait pour lui. Il ne savait trop comment l'interpréter, oscillant entre le mépris et l'incompréhension. Pourtant, il devait bien reconnaître que c'était agréable quelquefois, de se sentir désiré, révéré, attendu par un autre être…

***/+/***

Le jour de l'accouchement arriva finalement à la fin du mois de septembre, presque 9 mois jour pour jour après sa conception.

La perte des eaux avait plongé Harry dans une nervosité telle que Voldemort avait tôt fait de lui confisquer sa baguette de peur qu'il ne fasse exploser tout et n'importe quoi. Il se sentait terrifié et avait refusé de lâcher le bras de son Alpha depuis l'instant où il avait ressenti les premiers symptômes.

La vieille médicomage l'avait fait déshabiller et allonger, son corps recouvert d'un drap, mais il avait au contraire envie de se mettre à courir pour évacuer son angoisse. Il avait le besoin urgent de voir un visage amical et le mage noir avait finalement consenti à faire venir Hannelore.

Bien qu'impressionnée par la présence de son Alpha, la jeune femme se tenait à sa droite avec un sourire un peu crispé, et Harry lui en fut reconnaissant. Il avait vraiment envie d'avoir une amie, ou ce qui s'en rapprochait le plus, présente pour le soutenir et l'accompagner dans ce moment. Cependant, lorsque les premières contractions arrivèrent, elle se recula prudemment vers un coin de la pièce, tandis que Voldemort et la vieille sorcière s'affairaient autour de lui.

La douleur était si aiguë que Harry crut un instant être sous l'emprise d'un Doloris. Elle irradiait de son ventre jusqu'à sa nuque et ses orteils, comme une décharge électrique directement envoyée depuis l'intérieur. Il n'avait pas crié, mais sa respiration s'était brutalement coupée, et il avait poussé un long gémissement aigu qu'il n'aurait jamais cru pouvoir produire.

Il voulut resserrer son emprise sur le poignet de son Alpha, mais celui-ci se libéra pour venir observer entre ses jambes relevées, donnant au Gryffondor l'envie de lui envoyer un maléfice cuisant.

- ALPHAAAA !

- Inutile de hurler, je suis là.

- Je hurle si je veux au moment de mon accouchement, BORDEL ! Ça fait un mal de chien…

- Tu veux vraiment que les premiers mots que notre fille entende soient des jurons ?

- Non. Mais reste avec moi. S'il te plait…

Il ferma les yeux et se concentra sur sa respiration, le regard perdu dans le plafond de leur chambre. Il savait que ça serait douloureux, mais il devait se calmer… Il était en sécurité avec son Alpha, une médicomage chevronnée et même une autre Oméga. Des potions étaient prêtes en cas de complication, et il n'avait pas besoin de se rendre où que ce soit. Il accoucherait chez lui, sur son lit…

- Aaaaaaaaah…

Il retint une insulte tonitruante alors qu'une nouvelle contraction survenait quelques dix minutes plus tard. Il avait lu et relu le livre moldu sur l'accouchement. Tout était normal, il savait à quoi s'attendre, mais se calmer était plus facile à dire qu'à faire.

Une main fraîche se posa sur son front tandis que l'autre caressait son ventre. Voldemort était à ses côtés, son regard carmin fixé en direction de son visage.

- Le travail peut durer plusieurs heures. Essaye de te reposer en attendant que les contractions se rapprochent.

Sans doute était-il en train de traduire ce que la médicomage venait de dire…

Le Gryffondor hocha la tête.

- Tu restes avec moi, hein ?

Il savait qu'il se répétait, mais il avait besoin d'être certain. Il serra les draps pour se retenir d'attraper à nouveau le poignet de son Alpha. La caresse était agréable. Apaisante…

- Harry, Oméga, je n'irai nulle part. Jamais je ne te laisserai dans une situation pareille. Aie confiance en moi.

Harry soupira longuement. Tant que le mage noir restait contre lui, il était rassuré. Il ferma les yeux, se concentrant sur le contact de sa main sur son visage et son ventre.

Peu à peu, les contractions s'intensifièrent. Plus fréquentes, plus longues aussi.

Le Survivant avait enfoncé ses doigts dans le matelas…

- Настоящая работа вот-вот начнется !

Cette fois, il n'avait pas besoin de traduction pour comprendre ce que l'accoucheuse avait voulu dire. Il avait l'impression que son entrejambe était en train de se fendre en deux sous l'effet d'un maléfice particulièrement sadique et il était à mille lieues de se préoccuper de son sexe qui devait pendre à la vue de tous. Son rythme cardiaque s'était brusquement accéléré et des larmes avaient envahi ses yeux.

Manifestement, la médicomage russe avait pris l'initiative de recruter Hannelore comme infirmière, car elle lui donnait des ordres dans un allemand rudimentaire.

- Maître Harry, vous allez devoir pousser de toutes vos forces chaque fois que je vous le dirai. Votre enfant est sur le point de naître !

Il savait pertinemment qu'il devait pousser pour extraire son enfant de son corps, mais il n'était pas certain d'avoir les muscles nécessaires pour cela. Néanmoins, il poussa de toutes ses forces, comme s'il voulait rejeter ses organes internes. L'impression était particulièrement douloureuse et il serra les dents, mais on le rappela à l'ordre.

- Oméga, tu dois prendre de grandes inspirations puis pousser en soufflant. Tu y arrives, continues comme ça.

Voldemort était resté à ses côtés et n'avait pas quitté son visage des yeux, manifestement pas si curieux de voir un enfant s'extraire de son amant. Harry aurait pu s'amuser de ce fait, mais il avait bien autre chose à penser. Il avait toujours affronté chacune de ses épreuves avec une détermination inébranlable et il comptait bien en faire de même pour celle-ci. Il voulait voir sa fille, la tenir dans ses bras, l'embrasser. Il voulait enfin ressentir le fait d'avoir une famille à lui. Une vraie famille qui soit de son sang. Une vie à aimer.

Il serra les poings et s'appliqua à suivre les consignes qui lui étaient données. Inspirer, souffler. Inspirer, souffler. Encore. Encore. ENCORE.

Puis ce fut la libération. Sa fille était là, couverte de morceaux placenta, la peau marbrée de sang et de liquide amniotique. Mais elle était vivante. Elle criait. Et Harry sentit son cœur exploser.

Il se mit à pleurer franchement, de bonheur cette fois.

La médicomage et son infirmière de fortune nettoyèrent un peu le bébé avant de la déposer sur son torse, peau à peau, tous deux recouverts d'un drap épais.

Voldemort avait gardé le silence, mais désormais, Harry était bien incapable de détourner le regard du nouveau-né entre ses bras. Sa fille, Isolt, était en train de crier à pleins poumons, heureusement son elfe de maison arriva bientôt avec un biberon qu'elle commença à boire goulument.

Elle avait déjà quelques touffes de cheveux d'un noir de jais, mais ses yeux étaient d'une couleur indéfinissable.

- Alpha… On a créé la vie… Et je n'ai jamais vu une magie aussi belle…

Il avait chuchoté, effrayé à l'idée qu'elle se remette à pleurer, et lorsqu'il releva la tête pour enfin croiser le regard de son Alpha, il fut stupéfait par ce qu'il vit : Voldemort était presque dans le même état que lui. Il se contenait, stature de mage noire oblige, mais ses yeux étaient bien plus brillants que d'habitude, et il semblait incapable de la moindre répartie à cette heure.

Harry en ressentit une vague d'amour pour son Alpha. Parce que malgré tout ce qu'il avait fait, le Serpentard était humain. Et en le voyant aussi ému, Harry eut la certitude qu'il aimait déjà sa fille, et qu'il serait lui aussi un bon père.

Voldemort était un orphelin, comme lui. Il connaissait le désir d'avoir une famille. Et aujourd'hui, il en avait une. Tous les trois. Une véritable famille.

Sans un mot, le mage noir déposa un baisser sur son front, puis un second sur celui de leur fille. Sa main était toujours sur son épaule, chaude et réconfortante.

Le Survivant bascula sa tête en arrière. Contre son torse, Isolt avait fini de boire et était en train de s'endormir. Lui se sentait intensément heureux mais aussi épuisé. Il avait réussi. Il avait donné naissance à leur enfant. Désormais tout irait bien.

- Tu peux dormir, Oméga. Tu as bien travaillé.

- Alpha… C'est le plus beau jour de ma vie. Merci. Grâce à toi je suis heureux, et je sais que ça va continuer, parce que tu veilles sur nous.

Il avait envie de lui dire qu'il l'aimait. Mais il avait peur de la manière dont il pourrait prendre la chose, alors il se contenta de le regarder jusqu'à ce que ses yeux se ferment tout seuls.

Voldemort, son Alpha, le mage noir qui gouvernait sa vie. Et désormais le père de sa fille. Un homme dont rien ni personne ne pourrait le séparer. Pas même la mort…


Fin du chapitre 5 !

Kyaaa, je fonds de mignonnerie. Ce chapitre a été très compliqué à écrire pour moi, pour différentes raisons un peu trop personnelles pour que je les raconte ici. Mais je me suis documentée et j'ai réussi à le mener à son terme. Je suis assez satisfaite de ce que j'ai écrit. Voilà désormais Isolt, notre nouveau personnage principal. Je n'ai pas prévu d'en faire une narratrice, ce sera toujours une alternance de Harry et Voldemort pour les POV.

J'ai essayé de rendre les descriptions aussi cohérentes que possible mais ça reste un MPREG dans un monde de fantaisie hein ^^. J'espère que ce chapitre vous aura plu ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !