Dans les airs en direction d'un lieu dont ignorait Otus, cela lui faisait tout bizarre de se faire porter par quelqu'un d'autre que lui-même, il avait l'impression d'être comme un chat saisi par la peau du cou sauf qu'on lui avait seulement saisi par une petite partie de sa cape chouette et de son col. Il vit quelque chose apparaître dans l'horizon : la Tour Flottante ! 'fin ex-Tour Flottante... Car, tout comme les continents, la tour put se reposer au monde terrestre mais on continua de l'appeler Tour Flottante voire si on pouvait l'appeler la «Grande Bibliothèque des Chouettes Ancestrales» ou même la «Tour Ancestrale», pour la faire courte. L'endroit d'où était cachée la machine Anti-Hex !
Otus essayait de se retourner pour voir si les soldats ne les avaient pas suivis à bord de leurs appareils, il ne pouvait pas mais il suppose qu'ils ne les avaient pas suivis, il n'entendait pas le moindre bruit de pâles d'appareils. Il entendait seulement le bruit des battements d'ailes immenses de Solus.
Arrivé sur place, Otus fut déposé à une fenêtre de la tour après l'avoir ouvert à la demande de Solus. Avec sa gueule, l'harfang des neiges lui tendit un tissu avec des losanges bleues foncées et blanches comme motifs : sa cape chouette ! Otus lui prit. Elle était en partie déchirée par la transformation surprise, l'harfang des neiges n'avait pas eu le temps de l'enlever. Un petit rafistolage et ça ne se voyait plus. Mais fallait faire attention en la réparant pour ne pas entraver les «ailes» durant le décollage.
Solus reprenait son aspect normal en s'agrippant au bord, entrait par la fenêtre, il rejoignait Otus vers le centre de la pièce, c'était une immense bibliothèque accompagnée de statues représentant l'ancêtre de Solus : Aegolius. Cependant, Solus oubliait un détail radical sur lui alors que le bas de son corps était caché par une partie d'une des statues d'Aegolius (point de vue spectateur et dans un angle précis si c'était à la TV)...
Il reprenait aussi sec sa cape chouette partiellement déchirée qu'il avait confiée à Otus et se la met autour de la taille comme d'un caleçon rudimentaire. Je ne vais pas vous faire un dessin, vous avez compris.
Quelle honte... Et sous les yeux des statues de son ancêtre, en plus. Solus avait envie de se cacher dans une étagère de biblitohèque en se faisant tout petit tellement il avait honte. En fait, oui, bonne idée, il alla se cacher dedans ! Il retira les livres sur les étagères et se mit dedans. Otus, qui était distrait un moment, n'avait pas vu que son ami s'était caché par pure fierté de chouette. C'était ridicule aux yeux d'Otus lorsqu'il le vit se planquer comme ça ! Ce n'était pas comme si les morts pouvait le voir habillé de cette manière ! Il avait remis les livres pour que ça fasse plus naturel. Mine de rien, Solus savait très bien se cacher au cas où il y aurait un monstre ou autre chose ! Otus pouvait seulement l'entendre sachant où il était exactement en suivant le son de sa voix.
- Otus... je n'aime pas trop te dire ça mais... peux-tu me rendre un service, s'il te plait ?
Otus sifflait en guise de «Oui», c'était son ami après tout.
- Tu peux retourner à Vellie récupérer, chez moi, mes affaires de rechange ? Et mes livres (Tout, si possible) ? Et de quoi recoudre ma cape chouette ? S'il te plait, merci. Moi, je vais rester ici... Je me sens comme... observé. Et puis, je suis un fugitif désormais donc je dois doublement rester ici. Toi, tu peux revenir comme bon te semble, Otus. Personne n'a signalé un deuxième monstre dernièrement...
Otus sifflait à nouveau. Avant de repartir pour Vellie, Solus lui demanda une chose supplémentaire.
- J'espère que mes parents vont bien... Tu me diras s'ils vont bien ! 'fin, façon de parler. J'ai vraiment peur que les soldats aillent chez moi et s'en prennent à eux par pure vengeance... Ils n'ont rien à voir là-dedans. AH ! Et veille à ce que personne ne te suit ! Les soldats n'ont pas encore fouillé la Tour Ancestrale... Pour l'instant, je suis en sécurité ici...
Une fois les dernières instructions dites par son ami fait, Otus sortit de la Tour Ancestrale pour retourner à Vellie. C'était assez loin, il dût utiliser sa cape spectrale pour aller plus vite.
Otus toqua à la porte de la maison des harfangs des neiges. Une chance que les soldats n'étaient pas venus... mais la rumeur avait circulé en un éclair ! Il n'y avait pas un chat dans le village... C'était très calme. Rien, même pas de la musique ni celle de Mandolyne ni celle de Bomboman. On pouvait seulement entendre le vent souffler légèrement. Otus toqua encore une fois à la porte en poussant un petit cri. Il espère qu'on reconnaitrait le son de sa voix.
- Hum ? Hum ?
Il insistait.
Toc ! Toc ! Toc ! Toc !
De par une présence avec les bruits de pas étouffés, quelqu'un venait, ouvrait la porte et attirait Otus à l'intérieur de force. C'était la mère de Solus, Hedwige, qui l'avait fait entrer. Même si ce n'était pas son fils, elle lui faisait un câlin tellement elle était soulagée que l'ami de sa progéniture allait bien.
Bien qu'elle savait d'instinct que son fils ne ferait jamais de mal à qui que ce soit. Elle s'effondra en larmes par la suite. Otus la consolait comme il pouvait. Elle ne pouvait pas croire, avec son mari, que Solus soit le monstre et le couple se demandait comment ça avait pu arriver. Elle était au courant aussi pour son évasion. Actuellement personne ne savait où il était, les soldats étaient toujours à sa recherche. Otus, toujours sous l'étreinte d'Hedwige, ne pouvait pas dire non à un câlin venant d'une mère de famille. Sa mère, à lui, lui manquait tellement... terriblement...
- Où est Solus ? lui demanda-t-elle avec insistance. Est-ce qu'il va bien de là où il est ? Dis-moi... Oups ! Je sais que je ne dois pas dire ça à une personne muette mais t'as compris ce que je voulais dire.
Otus avait l'habitude de ce genre de maladresse, il la répondit par langue des signes.
- «Il va bien, actuellement il est à l'état normal... Cependant, je n'ai pas le droit de vous dire où il est, à cause des soldats qui sont à sa recherche...»
- ... Oui, je comprends. Si t'es venu malgré ça, c'est qu'il a de besoin de quelque chose, non ?
Otus hochait la tête et lui signa tout ce que Solus veut, le temps d'être blanchi (la blague puisque c'est un harfang des neiges) de sa situation en tant que dragon-chouette : Un kit de couture pour recoudre la cape chouette de Solus, ses habits de rechange et... tous ses livres !
- Connaissant Solus, il n'aime pas trop s'ennuyer tout seul, loin de tous... Compris, je vais te préparer un baluchon pour tout ça. Tu peux t'asseoir à une chaise en attendant.
Puis elle partit chercher un grand tissu, de la taille d'une nappe de table, assez solide et monta dans la chambre de Solus pour tout préparer. Pendant ce temps, Otus patientait en s'asseyant à une chaise et entama une «discussion» avec le père de famille. Celui-ci lui demandait si Asio n'était pas trop dur avec lui en tant que père de substitution. Tout comme Otus et Solus, Scops avait connu Hélios (le prénom du père de Solus) quand ils étaient enfants. Mais maintenant que Scops n'est plus là avec sa femme Lettia, la vie était devenue bien fade sans eux. Et encore aujourd'hui.
Ils étaient de bons voisins et amis.
- Je n'ai pas envie de remuer le couteau dans la plaie du passé mais ton père était un homme bon. Avec ta mère, ils avaient fait tout ce qu'ils avaient pu pour t'élever comme un enfant normal jusqu'à leur disparition tragique. On ne voulait pas que tu sois traumatisé en te disant qu'ils étaient... 'fin voilà quoi. On voulait qu'on te le dise sans que tu sois perturbé par cette nouvelle.
Otus se rappelait plus ou moins pourquoi il ne pouvait pas voir ses parents, le jour du drame, on l'avait empêché de les voir justement pour ne pas qu'il soit traumatisé. On l'avait isolé et on lui disait avec des mots simples pas trop brusques pour un enfant de moins de dix ans qui ne comprenait pas le concept de la mort. À l'époque, Otus n'avait pas encore sa propre cape chouette. Il fallait qu'il ait pile dix ans pour en avoir une.
«Otus... Tes parents... je crains fort qu'ils ne reviendront pas...» qu'on lui disait.
Ensuite, on lui avait présenté Asio qui sera son tuteur légal. Il était l'un des amis de ses parents. Au début, Otus était effrayé par cet homme-chouette à l'air sévère mais s'attacha très vite à lui car il était comme lui. Un hybride humain-chouette. Il était aussi l'un des descendants des six Chouettes Ancestrales. Ce qui faisait un point commun en plus. À ses dix ans, Asio lui donna sa cape chouette afin de prendre son envol pour la première fois. Mais ce n'était pas une réussite pour une première fois... Et évidemment, vous connaissez la suite.
Solus avait beaucoup de chances d'avoir encore ses parents. Otus, lui, avait perdu les siens jusqu'à l'arrivée d'Asio.
Hedwige revenait avec le baluchon prêt, fait à la japonaise. Il était énorme! En dessous du tissu, il y avait une boite en bois avec tous les livres du jeune harfang des neiges dedans. Ce ne sera pas un problème pour Otus de le porter, c'est juste que la taille l'avait impressionné.
- Oh ! J'ai failli oublier.
Elle s'éloigna quelques instants d'Otus qui prit le baluchon et revint avec un grand panier repas.
- En cas où il aurait faim.
Ah oui, avec l'appétit vorace qu'il a... bien vu !
Voilà, Otus était fin prêt pour retourner à la Tour Ancestrale !
- Il y a tout dedans comme tu me l'a indiqué, Otus. Ses livres, le kit de couture, ses habits de rechange, de quoi manger, une lettre de notre part... J'ai même rajouté une couverture en cas où il aurait froid... Oui, je sais ! Notre espèce est l'harfang des neiges, on ne devrait pas avoir froid mais Solus avait déjà attrapé un rhume quand il était petit, je n'ai pas envie que ça se reproduise ! Même si, désormais, son nouveau sang de dragon le rendait plus robuste, haha ! Ah et j'ai aussi rajouté quelque chose dont il tient à cœur quand il a peur du noir. Sa peluche.
Ça se comprenait. Otus, aussi, avait peur du noir et se mettait contre son propre doudou lorsqu'il avait besoin d'être rassuré. Assez ironique pour une chouette qui a une bonne vision dans l'obscurité !
Avant de repartir pour la Tour Ancestrale, Otus retourna chez lui pour chercher son propre doudou et se mit en route. Les parents de Solus l'avait conseillé d'être prudent durant son trajet, le baluchon japonais n'était pas discret en terme de taille.
Depuis sa cachette, Solus avait attendu son ami depuis déjà quelques minutes. Lorsqu'il entendit des battements d'ailes et un bruit sourd, entre les ouvrages, il en retira un pour voir que Otus était revenu. Il lui fit signe de venir. Otus poussa le paquet jusqu'à la bibliothèque où se trouvait Solus, il déposa le panier-repas juste à côté. Il commença à détacher le nœud et enlever le tissu enveloppant la boite.
En l'ouvrant, il y avait bien les livres de l'harfang des neiges couverts par une couverture et ses vêtements de rechange avec une enveloppe posée dessus. Rangée dans un coin de la boite, il y avait une peluche ressemblant plus à un doudou qu'à une peluche.
Si ça se savait à l'école, Solus aurait été la risée de ses camarades, le traitant de «grand bébé». Pour le rassurer, Otus lui montra le sien. Pour l'harfang des neiges, son doudou ressemblait à une chouette effraie... qui ressemble étrangement à Noctae mais en plus enfantin. Celui d'Otus ressemblait à un ourson avec les caractérisques d'une chouette cousues.
Solus s'habilla vite fait de ses habits de rechange, il se sentait très mal de souiller sa propre cape chouette en faisant comme si c'était un caleçon mais il devait se couvrir les parties intimes car il avait l'impression qu'Aegolius l'observait à travers ces statues le représentant.
La cape chouette fut recousu ensuite grâce au kit de couture. Otus ne savait pas que son ami savait recoudre sa cape, maintenant il le sait. Il dût l'observer comment faire en cas où ça lui arriverait la même chose.
Il testa en s'envolant ici et là , la cape chouette était réparée sans qu'il y ait le moindre souci de mouvement dans les ailes.
- Ouf, ça fait du bien d'avoir quelque chose sur le dos à nouveau, dit-il en se posant au sol.
Solus découvrit aussitôt que ses bracelets étaient élastiques, de même pour son pantalon et sa ceinture, il étirait à sa droite cette dernière dans la limite du possible. Otus paniquait.
- «Si j'étais toi, j'éviterai de relâcher ça à cette distance... Même si on a des super-pouvoirs, ça peut faire très mal !»
Solus réfléchissait. Finalement, il remit normalement sa ceinture.
- Tu as raison, Otus, vaut mieux que j'évite de faire ça. Je me demande comment ils ont fait pour me trouver des vêtements assez résistants à l'identique de ceux que j'avais habituellement. Ils ont bien pensé mais...
Otus lui tendit l'enveloppe qui était dans la boite.
- «Peut-être que la réponse est dans cette lettre que tes parents ont mis avec tes autres affaires.»
- Ah oui, tiens, c'est vrai ça. Je n'y ai pas pensé, je vais la lire...
Il déchira l'ouverture de l'enveloppe et lit le contenu de la lettre.
«Cher Solus,
Nous savons que tu es le monstre dont tout le monde parle. «Monstre» est un mot assez péjoratif pour certains mais pour nous tu es TOUJOURS notre fils, on t'aime et on t'aimera TOUJOURS quoi qu'il arrive! Nous savons que tu t'es évadé une seconde fois des griffes de l'Armée, nous espérons que tu vas bien là où tu es.
On ne t'en veut pas pour le mensonge sur le fait en disant que tu as été dévoré ou que tu as été en stage, tu voulais juste nous préserver et c'est très bien ce que tu as fait (même si nous ne tolérons pas le mensonge dans la famille mais parfois la vérité se doit être préservée afin de protéger les autres en cas de dernier recours).
Tu n'as pas à t'en vouloir si tu te défends contre les tirs de ces soldats, tu as le droit de te défendre ! Tant que tu ne les dévores pas ou que tu ne les tues pas... Les humains, comme les chouettes, peuvent être vraiment stupides en n'écoutant que leur peur, mais nous on ne l'a pas écoutée, on a juste écouté notre instinct de parents, c'est notre devoir de continuer à t'aimer ! Que tu sois chouette, humain ou dragon, on s'en fiche ! On t'aime comme tu es, Solus. N'oublie jamais ça !
On est fier d'avoir un fils intelligent qui travaille bien à l'école, qui fait ses devoirs, qui étudie le passé de la communauté des chouettes et j'en passe ! N'oublie jamais que tu as des qualités qui t'aident dans la vie ! On peut estimer qu'avec cette expérience, tu as gagné en confiance, en force et en courage, on ne t'a jamais jugé sur tes peurs ni sur tes faiblesses. Tu as un esprit, si je puis dire, humain! En espérant qu'après avoir lu ces lignes, tu gagneras encore plus en confiance.
Comme nous savons que tu te transformes en un énorme dragon, on avait demandé au Professeur de renforcer la résistance de tes habits afin qu'ils ne soient pas réduits en confettis une énième fois! Ils s'adaptent tout de suite quelle que soit la taille et la masse que tu prends, tant que c'est supérieur à la taille initiale. On sait que tu prends soin de tes affaires ('fin surtout moi, ta mère) mais mieux vaut prévenir que guérir !
Le Professeur nous avait montré une copie des croquis de cette forme que tu prends, des modifications quasi-invisibles ont été mis à tes vêtements pour que, à certains détails, tu puisses te transformer sans crainte.
P. S. : Je ne te cache pas que j'ai de la chance d'avoir un fils qui se sent bien dans sa peau avec des muscles comme ça ! J'imagine que toutes les filles te tombent littéralement à tes pieds~ !
Ta maman, Hedwige»
Le Post-Scriptum avait fait rougir d'embarras à Solus. Si seulement, sa maman le savait... Otus s'était incrusté en toute discrétion pour lire la dernière ligne de la lettre en passant par en dessous, entre les bras de Solus, avec un sourire et un petit rire malicieux. Furieux, Solus lui donna un énorme coup de poing sur la tête.
- Excuse-moi, Otus, mais tu l'as bien cherché ! rougit encore Solus en pliant le papier à lettre avant de le ranger dans son enveloppe tandis que Otus s'était isolé, les mains sur sa bosse à la tête en train de souffrir, gémissant avec la petite larme à l'oeil.
Il cala l'enveloppe entre deux livres dans la boite. Si Otus n'avait pas le dofus en lui, il aurait eu le crâne fracassé ! Là, il n'avait qu'une simple bosse qui se guérit au bout de quelques minutes.
