Merci à Nemerof91 pour sa review. Helimoen, j'espère que ce chapitre te plaira. ;-)
Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux appartient à J.R.R. Tolkien. Et Final Fantasy 7 à Square Enix.
Chapitre 26 :
Anciennes et nouvelles amitiés
En fin d'après-midi, Lowen voulut regagner sa chambre pour se changer avant le dîner.
Lorsqu'elle arriva devant sa porte, elle vit que Gandalf l'attendait.
« Bonsoir, Lowen », dit le magicien.
« Bonsoir… Il y a un problème ? »
« Je souhaiterais vous parler en privé, si cela ne vous dérange pas. »
La jeune fille le laissa entrer avec elle dans sa chambre.
« Vous vouliez me parler de quoi ? »
« Comme je l'ai déjà dit lors de notre entretien avec le seigneur Elrond, je regrette les conséquences de mes choix passés. Mais je me demandais… quand vous étiez dans cet autre monde, avez-vous appris à utiliser vos pouvoirs ? »
« Euh… Non. Je ne m'en suis jamais servie. J'avais trop peur de retourner dans un laboratoire. »
« Je vois… Et donc, en dehors de ces cristaux magiques dont les Hobbits et Grand-Pas m'ont parlé, vous n'avez jamais rien fait d'autre ? »
« Il m'arrivait d'écouter les plantes et les arbres, même si c'était assez rare à Midgar. »
Le magicien acquiesça avec l'air grave.
« Dans ce cas, j'aimerais vous apprendre à utiliser vos pouvoirs. »
« Pourquoi ? Je n'en ai jamais eu besoin jusqu'ici. »
« Mais cela pourrait s'avérer utile, dans ce monde. »
Lowen plissa les yeux. Ce qu'insinuait le magicien ne lui plaisait pas. Laissait-il entendre qu'elle allait rester ici longtemps et que, pour augmenter ses chances de survie, elle devrait développer ses vrais pouvoirs ?
« Je crois que c'est une mauvaise idée. »
« Pourquoi ? » demanda Gandalf.
« Eh bien, une partie de mes pouvoirs me vient de Sauron ! Vous avez vraiment envie que je devienne comme lui ? »
« Allons, Lowen, je ne vous connais pas depuis longtemps, mais Glorfindel, Grand-Pas et les Hobbits m'ont suffisamment parlé de vous pour confirmer mon opinion : vous n'êtes pas du côté de l'Ennemi. »
La jeune fille ne put réprimer une moue sceptique. Même si ce que disait le magicien la touchait, elle n'avait pas oublié sa réaction face aux Nazgûls. Son œil gauche ne lui faisait plus mal depuis son arrivée ici, mais le doute n'avait pas quitté son esprit.
« Vous ignorez vous-même de quoi vous êtes capable », renchérit le magicien. « Imaginez qu'un jour, sans le savoir, vous utilisiez des capacités dont vous ne soupçonniez même pas l'existence jusqu'ici. Cela pourrait engendrer un accident. Mieux vaut découvrir de quoi vous êtes capable, tant que nous en avons le temps. »
« Pourquoi ? Vous allez quitter Fondcombe, vous aussi ? »
« Pas dans l'immédiat, mais cela viendra. »
Lowen soupira. L'idée ne lui plaisait toujours pas… mais elle ne pouvait nier qu'elle s'était souvent demandé de quoi d'autre elle était capable. Et ses anciens cours de magie avec Radagast lui manquaient.
« Bon, d'accord. »
« Bien ! Dans ce cas, nous commencerons demain matin. Sur ce, je vous laisse. »
Lowen le regarda sortir en se demandant si elle avait bien fait d'accepter.
Elle finit par repousser ses interrogations et se rendit dans la salle de bains pour se laver.
Elle tendit les bras dans son dos pour dénouer les rubans de sa robe, quand elle sentit quelque chose d'étrange sous ses doigts. On aurait dit une petite bosse.
Inquiète, elle se dépêcha d'enlever la robe et se regarda dans le miroir. Elle vit avec stupeur qu'une espèce de protubérance s'était formée sous sa peau.
Catastrophée, elle passa les doigts dessus. Impossible de se tromper, elle avait une bosse ! Pas plus grosse qu'un œuf, elle était dure et chaude au toucher.
Lowen n'y comprit rien. D'abord ces crampes douloureuses avant d'aller à Costa del Sol et maintenant ça !
Elle voulut se rhabiller pour aller voir le seigneur Elrond, quand elle ressentit une douleur plus forte, qui la fit se plier en deux.
Elle tomba à genoux et gémit.
Mais qu'est-ce qui m'arrive ?
Lorsqu'enfin la douleur se dissipa, elle se releva et tendit prudemment les mains dans son dos. La bosse semblait avoir disparu.
Elle regarda dans le miroir et ne vit rien.
J'ai rêvé ?
Inquiète, elle fit un tour complet sur elle-même face au miroir, mais ne vit rien d'alarmant. Bizarre… Elle se promit d'en parler au seigneur Elrond demain, si jamais elle avait de nouvelles crampes.
Lorsqu'elle eut fini ses ablutions, elle choisit une robe de satin bleu ciel.
Une fois coiffée et habillée, elle quitta la chambre et voulut se rendre dans celle où était prévu le dîner… quand elle réalisa qu'elle ne connaissait pas encore bien les lieux. En plus, tout semblait différent la nuit !
Un peu inquiète, elle marcha jusqu'à arriver à la bibliothèque. Là, elle chercha du regard Arwen ou Lindir, mais les lieux semblaient déserts.
Alors qu'elle traversait la salle, elle crut voir une personne. Retrouvant espoir, elle s'approcha, mais réalisa son erreur. Ce n'était qu'une statue. Elle portait un plateau sur lequel reposait une épée brisée. Lowen la considéra avec curiosité. Que faisaient ces débris d'arme ici ?
Elle se tourna vers le mur et vit une fresque peinte dessus. Elle représentait un champ de bataille. Des dépouilles de guerriers jonchaient le sol. Un Homme en armure se tenait à genoux au milieu d'eux, un tronçon d'épée brandi bravement vers… Sauron.
Lowen regarda la véritable apparence du Maia déchu avec dégoût. Il portait une armure noire hérissée de pointes. Elle recouvrait entièrement son corps, ne laissant que deux orifices pour les yeux qui semblaient abriter un feu ardent. Il brandissait une massue vers le guerrier. Et à son doigt brillait l'Anneau unique.
La jeune fille reporta son regard sur la représentation de Sauron et serra les poings de colère.
Tu as gâché ma vie ! Même avant que je renaisse en tant que Lowen, tu n'as apporté que la mort et la désolation dans mon monde et tant d'autres !
La jeune fille quitta la fresque des yeux pour se diriger vers un balcon surplombant les jardins. Il y avait un escalier sur sa droite, qui y menait. Et à l'autre bout des sentiers fleuris, elle aperçut de la lumière. Des voix et de la musique lui parvinrent. Ce devait être là que tout le monde dînait !
Reprenant espoir, elle se dirigea vers les marches, quand elle vit quelqu'un traverser le sentier devant elle. En voyant l'éclat de la lune illuminer sa longue chevelure claire, la jeune fille sourit.
« Glorfindel ? »
L'interpellé se retourna. Lorsque Lowen l'eut rejoint, elle s'arrêta net. Ce n'était pas Glorfindel, mais Legolas.
Reconnaissant le prince, la jeune fille eut un choc. Jamais elle n'aurait cru le revoir si tôt. Depuis quand était-il à Fondcombe ? Grand-Pas ne l'avait même pas prévenue !
« Cela faisait longtemps, Lowen », dit le prince.
En le voyant s'approcher, la jeune fille recula d'un pas. Ce mouvement n'échappa pas au prince. Bien qu'impassible, il en fut intérieurement blessé. Mais qu'espérait-il, après avoir échoué à l'aider ? C'était de sa faute si son père avait accéléré sa décision de la faire quitter le royaume et risquer la mort dans la Forêt Noire.
De son côté, Lowen ne savait que penser. Le prince était tel que dans ses souvenirs : grand, élancé, des cheveux retenus en arrière par deux petites tresses nouées à l'arrière de sa tête. Il ne portait pas une de ses tuniques vertes et marron, mais une argentée. Sous l'éclat de la lune, l'Elfe semblait briller. Il incarnait un être féérique, né d'anciennes légendes telles que celles que Lowen avait lues dans son ancienne vie, quand elle était enfant.
Lorsqu'il fit un pas vers elle, la jeune fille recula sans réfléchir. Son visage n'afficha aucune réaction, mais elle vit clairement dans ses yeux qu'elle l'avait blessé.
Elle s'en voulut aussitôt. Legolas n'avait jamais été méchant avec elle, au contraire !
Inspirant à fond, elle lui offrit un sourire.
« Je suis heureuse de te revoir. »
L'Elfe parut surpris qu'elle lui réponde. Et encore plus qu'elle se penche en avant pour mieux l'observer.
« Je ne me rappelais plus tes yeux. Je croyais qu'ils étaient verts. En fait, ils sont bleus. »
Bleus comme ceux de Thranduil, pensa la jeune fille avec tristesse.
Mais contrairement au roi, les yeux du prince étaient plus lumineux et affichaient une foule d'émotions qui le rendaient plus… humain, d'une certaine façon.
Face à sa remarque sur ses yeux, Legolas lui offrit un sourire amusé. Elle l'avait tutoyé d'office, comme lorsqu'elle était enfant, et n'avait pas cette timidité que la plupart des femmes affichaient en sa présence. À Mirkwood, les Elfes de sang noble se pressaient toutes pour obtenir son attention et faisaient toujours preuve de cette réservée imposée par l'étiquette. Il ignorait que Lowen avait un esprit moderne de par son ancienne vie sur Terre, tout comme les années passées dans un monde assez similaire appelé Gaïa.
Il s'aperçut qu'elle portait un collier elfique représentant l'Elanor, la fleur de la Lothlorien.
« Est-ce un cadeau de la dame Galadriel ? » demanda-t-il en montrant le bijou d'un geste du menton.
« Oui. Elle me l'a donné peu après ma… enfin, tu vois, quand… j'ai dû quitter le palais avec Tangadion et ses guerriers. »
Une expression douloureuse apparut sur le beau visage du prince.
« Lorsque j'ai su qu'il t'avait emmenée, je me suis lancé à votre poursuite. »
Surprise, Lowen haussa les sourcils. Legolas poursuivit ses explications :
« Je les ai rejoints trois jours plus tard, à un poste avancé près de Dol Guldur. J'espérais t'y retrouver et te ramener au palais, avec ou sans la permission de Tangadion. Il m'a raconté que tu t'étais enfuie alors que le groupe avait fait halte pour la nuit. Ils ont dit t'avoir cherchée, mais que tu étais introuvable. Ils avaient alors présumé que tu étais morte, tuée par des Orques ou des araignées. Mais je savais que c'était faux. Tu n'aurais jamais pu t'enfuir sans qu'un des gardes le remarque. »
Lowen était d'accord avec lui. Elle n'avait pas le pied léger ni le don d'être silencieuse comme les Elfes. Elle avait bien fui le camp, et c'était les jumeaux de Faelwen qui l'avaient repérée.
« Je n'avais hélas aucune preuve qu'ils étaient responsables de ta disparition, voire pire. Ils ne semblaient ni tristes ni éprouver le moindre regret. Je n'ai pas pu rester après cela. Continuer de me battre à Mirkwood en compagnie de guerriers assez cruels pour abandonner une enfant m'était insupportable. J'ai donc rejoint les terres du Nord, où j'ai passé plusieurs années en compagnie d'Estel à défendre les frontières. »
« Estel ? Pourquoi tout le monde appelle Grand-Pas de cette façon, ici ? »
Legolas eut un sourire énigmatique.
« Tu le sauras peut-être, un jour. Ce que j'aimerais savoir, en revanche, c'est ce qui t'est réellement arrivé. Où étais-tu, depuis tout ce temps ? »
Lowen hésita. Pouvait-elle lui parler de sa vie dans l'autre monde ? Elle ne le connaissait pas assez, elle ignorait s'il la croirait au sujet d'autres planètes habitées.
Des éclats de rire et des chants lui parvinrent depuis l'autre bout du jardin.
« Est-ce qu'on pourrait en parler plus tard ? Tout le monde nous attend et… »
Soudain, le ventre de la jeune fille émit un gargouillis. Ce bruit fit rire le prince, tandis que Lowen rougit.
« Très bien, allons-y », le prince.
Il lui tendit le bras. Surprise, mais heureuse, la jeune fille le prit. Ensemble, ils rejoignirent la salle où se tenaient de nombreux convives.
Plusieurs tables avaient été disposées. Des Elfes occupaient la plupart des sièges, mais l'une des tables était occupée par des Nains. La jeune fille remarqua aussi un petit groupe d'Hommes, reconnaissables à leur barbe et leurs oreilles rondes. Ils étaient assis à une autre table avec des Elfes.
Lowen aperçut les Hobbits à la table d'Elrond. En voyant Lowen, Merry et Pippin lui firent signe. Ils lui avaient gardé une place.
La jeune fille offrit un dernier sourire à Legolas, puis rejoignit ses amis.
Aragorn, qui se tenait assis près d'Elrond, laissa le prince de Mirkwood s'asseoir à côté de lui.
« Je vois que vous avez pu discuter », dit le rôdeur.
Legolas acquiesça.
« En effet. »
« Tout s'est bien passé ? »
Il se doutait que oui, puisqu'ils étaient arrivés ensemble et que Lowen se tenait même à son bras.
« Nous n'avons pas beaucoup parlé », dit Legolas. « Mais je suis déjà soulagé de voir qu'elle ne nourrit aucune rancœur à mon égard. »
Cela ne surprit nullement le rôdeur. Lowen était quelqu'un de bien intentionné. En la voyant discuter et rire avec les Hobbits, son impression se renforça.
La jeune fille passait en effet un agréable moment avec les Hobbits, même si ces derniers ne semblaient pas apprécier le dîner que ça.
« Qu'est-ce qui se passe, les garçons ? Vous n'avez pas faim ? »
En effet, ils mangeaient avec peu d'entrain.
« Si, nous avons faim, seulement il n'y a pas de viande », dit Merry.
« Ni même de fromage », soupira Pippin.
Lowen s'aperçut qu'en effet, tous les plats et les assiettes ne comportaient que des crudités et de la soupe de légume. Pour elle qui ne mangeait que ça, ce n'était pas un problème, mais elle pouvait comprendre la déception des Hobbits.
« Oh, il y a du pain, quand même », dit-elle dans l'espoir de leur remonter le moral.
Ils lui offrirent une moue blasée. Lowen s'aperçut que si les Hobbits semblaient ennuyés par l'absence de viande, les Nains semblaient franchement contrariés. Elle pouvait les entendre se plaindre à l'autre bout de la salle, malgré la musique jouée par les musiciens.
Elle se tourna du côté du seigneur Elrond. Grand-Pas et Arwen étaient assis de chaque côté du seigneur elfe, mais il y avait aussi, de l'autre côté de la table, deux Elfes bruns qui se ressemblaient comme deux gouttes d'eau. Elle se rappela les explications de Grand-Pas à leur sujet : c'était les fils jumeaux du seigneur Elrond, Elladan et Elrohir.
La jeune fille se demanda s'ils étaient comme les fils jumeaux de Faelwen. Mais en voyant Arwen échanger un doux sourire avec eux, elle se dit qu'il y avait peu de chance. Grand-Pas lui avait dit du bien d'eux, lui aussi.
Après le dîner, on conduisit tous les invités dans une autre salle. Il y avait là une cheminée où brûlait un grand feu. Des coussins étaient disséminés sur le sol.
Tandis que tous entraient, Lowen fut rejointe par Arwen.
« Ceci est la Salle du Feu. Elle reste vide la plupart du temps, sauf pour les grandes occasions comme aujourd'hui. Nous ne l'utilisons que pour y conter maintes chansons et maints récits. »
La Salle du Feu ? Lowen regarda la couleur des murs. Était-ce les flammes de la cheminée ou avait-on peint la pièce aux couleurs du feu, pour y renforcer la sensation de chaleur et de confort ?
La jeune fille voulut prendre congé d'Arwen pour rejoindre les Hobbits près de la cheminée, quand elle vit les jumeaux d'Elrond s'approcher.
« Bienvenue à Imladris, demoiselle Lowen. Je suis Elladan, fils d'Elrond. Et voici mon frère, Elrohir. »
Maintenant qu'elle les voyait de plus près, elle pouvait voir qu'ils avaient le même regard bienveillant qu'Arwen. Ils étaient beaux, mais il y avait aussi une lueur de malice dans leurs yeux.
« Ravie de vous rencontrer », répondit Lowen.
« Glorfindel et notre sœur Arwen nous ont parlé de vous, mais nous espérions pouvoir faire plus ample connaissance », dit Elrohir.
« Les garçons, ce soir, on se repose en écoutant des chants et des récits », intervint Arwen sur un ton faussement sévère. « Laissez-la en profiter. »
« Allons, ma chère sœur, on peut très bien faire les deux en même temps », sourit Elladan.
« Mais si vous y tenez, on peut remettre ça à plus tard », dit Elrohir à Lowen.
« Non, ça ne me dérange pas », dit la jeune fille.
Sa réponse fit plaisir aux jumeaux.
« Jusqu'ici, que pensez-vous de Fondcombe ? » demanda Elladan.
« C'est magnifique ! Je n'aurais jamais cru qu'un endroit aussi beau et paisible puisse exister. »
« Paisible… ce terme est relatif quand mes frères sont ici », dit Arwen.
« Ah bon ? Pourquoi ça ? »
« Oh, ne l'écoutez pas, Lowen ! Elle va vous raconter des histoires où nous tenons le rôle de vauriens », dit Elladan.
Pourtant, il affichait un grand sourire amusé qui démentait ses paroles. Lowen comprit alors que les jumeaux devaient être du genre facétieux, comme Kadaj.
« Laissez-moi deviner : vous aimez faire des blagues ? »
En voyant Arwen soupirer, elle comprit qu'elle avait bien deviné.
« Pas des blagues, juste quelques tentatives de dérider les gens », dit Elladan.
« Ah oui ? Et en quoi piéger la porte de ma chambre avec un seau rempli de mélasse peut me dérider ? » demanda Arwen.
« C'était lorsque tu étais enfant », dit Elrohir. « Nous voulions juste t'aider à développer ton sens de l'humour. »
« Dans ce cas, nous n'avons pas la même définition du mot humour », dit Elrond.
En voyant leur père les rejoindre, les jumeaux inclinèrent respectueusement la tête. Malgré le ton sévère employé par le seigneur elfe, Lowen vit qu'il souriait. Le sourire d'un père aimant ses enfants.
Cela lui rappela avec un pincement de cœur son père, dans son ancienne vie. Et Sephiroth. Bien que peu démonstratif, il avait toujours été plus détendu et souriant en sa présence.
« Comment trouvez-vous cette soirée, Lowen ? » demanda le seigneur Elfe.
« Très agréable. »
À ce moment, Lindir s'avança au centre de la salle et commença un chant. Bien qu'en elfique, Lowen le traduisit sans mal. Elle fut surprise d'entendre l'Elfe chanter la rencontre de Beren et Luthièn dans les bois de Doriath. La voix de Lindir était magnifique.
Lorsque le chant prit fin, beaucoup applaudirent. Lowen s'aperçut qu'Arwen ne faisait pas partie de ceux qui applaudissaient. Elle avait le visage tourné vers… Grand-Pas. Ce dernier la regardait avec un sourire triste.
En voyant comment tous deux se fixaient comme s'il n'y avait personne d'autre dans la salle, la jeune fille comprit qu'ils étaient plus que de simples connaissances. Et après ce qui venait d'être chanté… Oh, bien sûr, ils devaient se sentir concernés !
La jeune fille en fut attristée, mais elle se promit de garder cela pour elle. Après tout, cela ne regardait que le rôdeur et la princesse elfe.
Bilbon finit par rejoindre Grand-Pas pour lui demander de l'aide afin de finir la composition d'un chant.
Lowen regarda autour d'elle et ne put retenir un bâillement. Quelle heure était-il ? Il faisait toujours nuit, mais elle commençait à se sentir fatiguée. Ce qui était quand même bizarre, elle avait déjà eu des nuits blanches et tenu jusqu'à quatre heures du matin.
Elle se dirigea vers un coin de la salle. Dos au mur, elle s'assit sur un coussin et ferma les yeux.
« Lowen, tu ne vas quand même pas t'endormir maintenant ? L'aube ne pointera pas avant plusieurs heures », dit une voix taquine.
Surprise, elle rouvrit les yeux et vit Legolas penché vers elle.
« Désolée, mais si, je commence à fatiguer. »
À moitié endormie, elle ne vit pas l'éclat de malice dans les yeux du prince avant qu'il fasse volte-face et rejoigne les jumeaux d'Elrond.
Croyant qu'il allait la laisser tranquille, Lowen referma les yeux et voulut s'allonger sur les coussins, quand Legolas revint.
« Tiens », dit-il en lui tendant une coupe.
Trop fatiguée pour réfléchir, Lowen but une gorgée. Le liquide était de couleur ambrée, chaud et avait du tonus ! Elle manqua s'étouffer avec le breuvage.
« Bon sang, ça bastonne, ce truc ! C'est quoi ? » dit-elle en lui rendant la coupe.
« Quelque chose pour les Hommes qui ont du mal à tenir toute la soirée », dit le prince sur un ton amusé.
Bien réveillée, Lowen considéra Legolas. C'était bien la première fois qu'elle le voyait ainsi. À Mirkwood, il avait toujours l'air solennel. Ici, il semblait une tout autre personne.
En voyant les jumeaux qui souriaient un peu plus loin dans le dos du prince, la jeune fille comprit qu'ils lui avaient fourni le breuvage.
« Je ne savais pas que tu étais comme ça ! »
« Comment, exactement ? » demanda le prince avec amusement.
« Du genre sournois », dit-elle en faisant un geste du menton vers les jumeaux.
Pour toute réponse, Legolas lui offrit un sourire amusé. Contaminée par sa bonne humeur, la jeune fille lui rendit son sourire.
Pourtant, le breuvage ne fit effet qu'une demi-heure. En la voyant se coucher sur les coussins, le prince fut surpris. Cette boisson pouvait maintenir un Homme éveillé plusieurs heures. La jeune fille devait vraiment être fatiguée.
Cette fois, Arwen prit les devants. Elle s'approcha de Legolas et lui demanda de l'aider à la ramener dans sa chambre.
Acquiesçant, le prince s'approcha de la jeune fille. Tout en veillant à ne pas la réveiller, il la souleva dans ses bras et sortit de la pièce avec Arwen.
Guidé par la fille d'Elrond, il conduisit Lowen jusqu'à sa chambre. Arwen écarta les draps et le prince déposa délicatement la jeune fille sur le matelas.
Une fois que Lowen fut déchaussée et bordée, la dame elfe et le prince quittèrent la pièce en silence.
Tandis qu'Arwen rejoignait la Salle du Feu, Legolas choisit de regagner les appartements qu'on lui avait attribués.
Sitôt dans sa chambre, il réfléchit. Il s'était promis d'écrire à Thranduil lorsqu'il serait arrivé à Fondcombe, mais il se demanda s'il devait lui parler de ses retrouvailles avec Lowen. Non, il ne commettrait pas deux fois la même erreur.
Il avait promis à la jeune fille de l'aider lorsqu'elle était enfant.
Et maintenant qu'une nouvelle chance lui était offerte, il tiendrait parole.
Il quitta donc ses appartements pour retourner dans la Salle du Feu.
