Chapitre 42 : Tooms
Les ténèbres de Gotham semblaient toujours plus épaisses que dans n'importe quelle autre ville. La nuit tombait, plongeant la métropole dans une atmosphère étouffante. Les lumières des immeubles vacillaient comme des feux fatigués, et les rues, où l'on pouvait entendre les murmures du vent, portaient encore les traces de violence. Dracula observait la ville du haut d'un toit, l'obscurité l'enveloppant telle une vieille compagne. Il avait l'habitude des mystères, des meurtres, et des créatures terrifiantes, mais ce qu'il apprenait ce soir l'inquiétait.
Des meurtres sordides s'étaient multipliés dans les quartiers isolés de Gotham. Les victimes, retrouvées sans leur foie, gisaient dans des lieux difficiles d'accès, des appartements fermés de l'intérieur, des conduits d'aération ou des espaces étroits, tous pourtant impossibles à atteindre pour un être humain ordinaire. C'était un prédateur particulier, une créature insidieuse et vicieuse, et Dracula ne tarderait pas à découvrir son nom.
Cette affaire avait d'abord intrigué le commissaire Gordon, qui s'était tourné vers certains de ses contacts pour comprendre la nature surnaturelle de ces crimes. Dracula fut rapidement mis au courant par l'un de ces contacts. En épluchant les dossiers, il remarqua une similitude frappante avec une série de meurtres ayant eu lieu plusieurs décennies auparavant, une série d'actes horribles laissés sans solution. Chaque victime avait été mutilée de la même façon, chaque crime marqué par la disparition des foies.
John Constantine fut celui qui apporta les dernières pièces du puzzle. Le mage, connu pour son expertise en matière d'occultisme, avait entendu parler de ces événements, et son intuition lui soufflait qu'il s'agissait de bien plus qu'un tueur en série classique.
« Un vieux nom revient dans cette affaire, » avait-il dit à Dracula, une cigarette entre les doigts. « Eugene Tooms. Il est resté sous les radars pendant des décennies, mais à chaque cycle, il refait surface. Il a des capacités surnaturelles. Ce type est immortel, ou quelque chose de pire. Il se faufile dans les coins les plus étroits comme un serpent, et il se nourrit de ses victimes pour prolonger sa propre existence. »
Le regard de Dracula se durcit. Un monstre caché sous l'apparence d'un homme, nourri par une soif de survie malsaine. Une créature, non par soif de pouvoir ou de domination, mais simplement pour subsister, s'élevant des ténèbres pour terroriser les innocents.
« Un monstre qui se cache sous l'apparence d'un homme... et qui a survécu pendant des décennies en se nourrissant de vies humaines. Tooms, tu ne pourras plus te cacher, » murmura Dracula, son ton chargé d'une détermination glaciale.
Dracula passa les heures suivantes à examiner les lieux des crimes, suivant les traces laissées par Tooms. Les bâtiments dans lesquels les victimes avaient été retrouvées étaient d'une complexité architecturale telle que seules des créatures capables de se glisser dans les interstices les plus réduits pouvaient commettre de tels méfaits. Il utilisait ses sens vampiriques pour détecter les anomalies, les résidus d'énergie que des êtres comme Tooms laissaient derrière eux.
Il avait maintenant une cible. Eugene Tooms n'était plus un simple fantôme insaisissable, mais un prédateur dont il comprenait les mécanismes. Il ne restait qu'une seule chose à faire : localiser l'antre de cette créature et l'y affronter.
Dracula, froid et méthodique, savait qu'il devait rester prudent. Tooms avait survécu trop longtemps grâce à sa ruse, mais face à lui, le vampire savait qu'il serait capable de traquer cet être et de mettre fin à son cycle de prédation.
Les rues de Gotham étaient enveloppées dans une obscurité quasi palpable. Les bâtiments abandonnés, les entrepôts délabrés et les ruelles étroites se fondaient dans les ombres, créant un labyrinthe de ténèbres et de danger. Une ambiance pesante régnait, comme si la ville elle-même retenait son souffle, consciente que quelque chose de plus maléfique que d'habitude rôdait dans ses entrailles. La pluie fine qui tombait ne faisait qu'ajouter une couche supplémentaire à l'atmosphère oppressante, les gouttes ruisselant sur les pavés sales comme des larmes de désespoir.
Dracula, fidèle à son instinct, traversait les rues désertes, ses sens surnaturels à l'affût du moindre signe de son ennemi. Sa silhouette sombre, imposante, se fondait dans la nuit, ses mouvements aussi silencieux que la brise nocturne. Chaque recoin, chaque bâtiment avait le potentiel de dissimuler le monstre qu'il traquait : Eugene Tooms. Mais Tooms n'était pas un ennemi ordinaire. C'était une créature insidieuse, un prédateur qui se nourrissait de la peur autant que des organes de ses victimes.
Les habitants de Gotham avaient verrouillé leurs portes, se calfeutrant derrière des fenêtres couvertes de rideaux épais, comme si la vue de la ville elle-même était devenue trop angoissante. Les meurtres perpétrés par Tooms avaient éveillé une terreur sourde. Ce n'était pas un simple tueur. Non, ce qui terrifiait Gotham, c'était l'idée qu'un monstre pouvait surgir de nulle part, dans les espaces les plus restreints et les plus inaccessibles. La ville elle-même semblait respirer dans un rythme irrégulier, comme si elle redoutait le prochain coup.
Dracula repéra les premiers signes dans un immeuble ancien de Park Row. Des griffures nettes étaient visibles autour des cadres de fenêtres, mais elles ne correspondaient à aucun instrument ou créature connue. Ces marques n'étaient pas celles d'un animal sauvage, mais celles de quelque chose d'encore plus sinistre : une créature humaine capable de se transformer pour s'insinuer dans les recoins les plus exigus.
Il pénétra l'immeuble, ses yeux perçant les ténèbres sans difficulté. Il pouvait sentir la peur qui imprégnait l'air, un vestige des horreurs que Tooms avait infligées ici. Ses pas le guidèrent dans des couloirs étroits et déserts. Là, des conduits d'aération étaient arrachés, les murs intérieurs striés de traces, témoignant de la présence surnaturelle de Tooms. Les conduits d'air avaient été utilisés par ce prédateur pour traquer ses victimes sans être vu, s'immisçant dans leurs vies comme un serpent avant de frapper.
John Constantine, fidèle à son caractère, apparut presque comme une ombre à côté de Dracula. Le magicien, éternellement cynique, alluma une cigarette, le regard empreint d'une lucidité détachée, comme s'il avait déjà vu bien pire.
« Tooms est un vrai salopard, » dit-il en expirant la fumée d'un air las. « Ce type a survécu bien plus longtemps que beaucoup de monstres que j'ai croisés. Il n'a rien d'humain, tu sais. Il ne pense qu'à survivre. Sa faim de foies humains est la clé de sa longévité. Mais, crois-moi, il est plus retors qu'un démon des bas-fonds. »
Dracula, toujours aussi stoïque, écoutait sans détourner son attention des traces laissées par Tooms. Constantine ajouta, son ton devenu plus grave : « Ce ne sera pas facile de le capturer. Il peut se faufiler dans des espaces impossibles. Tu pourras le coincer, mais le maintenir captif, c'est une autre histoire. »
Constantine approcha d'un conduit d'aération brisé et passa sa main le long des parois métalliques. « Il se terre dans ces trous, un peu comme un rat, mais avec des griffes beaucoup plus affûtées. Si tu veux mon avis, t'as intérêt à faire vite, parce que ce genre de monstre ne s'arrête jamais longtemps. Une fois qu'il a mangé assez, il hiberne, mais il finira toujours par ressortir. »
Dracula ne répondit pas immédiatement, se contentant d'un regard acéré vers les profondeurs de l'immeuble. Il pouvait presque sentir la présence de Tooms se faufiler, comme une brume maléfique, dans les interstices de ce monde. Ses sens le guidaient, chaque détail devenant une pièce du puzzle menant à la créature.
« Tooms ne pourra plus se cacher, » déclara-t-il finalement. « Ce cycle de terreur va se terminer, une bonne fois pour toutes. »
Le duo improbable, composé d'un vampire millénaire et d'un exorciste cynique, continuait sa traque. Dracula, guidé par sa détermination méthodique, savait que Tooms ne pourrait plus échapper à sa traque.
L'antre de Tooms, caché dans les entrailles d'un vieil immeuble abandonné de Gotham, n'était pas facile à trouver, même pour des traqueurs aussi expérimentés que Dracula et Constantine. Le bâtiment lui-même semblait être un vestige d'une époque oubliée, un squelette de béton et d'acier rongé par le temps. Les fenêtres brisées laissaient passer un faible éclat de lune, illuminant à peine les corridors déserts et poussiéreux. Chaque pas résonnait dans le silence pesant, tandis que l'odeur de décomposition et de métal rouillé imprégnait l'air, annonçant que quelque chose de profondément malsain vivait ici.
Constantine, toujours nonchalant malgré la situation, écrasa sa cigarette sur le sol de béton. « Voilà l'antre de notre cher Tooms. Charmant, hein ? » Il fit un geste vers une porte défoncée menant à un escalier en colimaçon qui plongeait dans l'obscurité.
Dracula, silencieux, s'avança, ses sens en alerte. Ses yeux perçaient les ténèbres comme s'il marchait en plein jour. Au fur et à mesure qu'ils descendaient, l'atmosphère devenait de plus en plus oppressante, chaque marche grinçant sous leur poids. Ils finirent par atteindre un couloir souterrain, ses murs couverts de marques étranges. Des griffures profondes striaient les parois, comme si une bête avait tenté de s'échapper de ce lieu depuis des années. L'air était glacial, et même Constantine, habitué à des situations surnaturelles, sembla mal à l'aise.
« Ce mec a vraiment un goût pour l'horreur, » murmura Constantine en scrutant les lieux.
L'antre de Tooms ressemblait à une tombe macabre. Le sol était jonché de journaux, certains datant de plusieurs décennies, tous relatant des meurtres identiques à ceux qui avaient eu lieu récemment. Les articles étaient jaunis et fragiles, des témoignages silencieux de l'horreur perpétuelle qui avait marqué Gotham à travers le temps. Des photos des victimes y étaient épinglées, certaines presque effacées, d'autres plus récentes, avec des visages déformés par la douleur et la mort.
Sur une table, des restes humains étaient étalés, bien que la plupart des organes aient disparu, engloutis par la faim insatiable de Tooms. Des os rongés gisaient à côté de ce qui semblait être des outils primitifs, rouillés, comme s'ils avaient servi à découper les corps avec une brutalité sans nom.
Dracula parcourait cet espace lugubre, ses pensées tourbillonnant. Cet endroit n'était pas simplement le repaire d'un tueur. C'était un sanctuaire macabre, une chapelle dédiée à la mort elle-même. Tooms n'était pas un simple prédateur qui chassait pour survivre ; il était une abomination qui se délectait de la souffrance, un être qui avait défié la mort à maintes reprises en volant les organes de ses victimes pour prolonger une vie maudite.
« Voilà donc à quoi tu t'accroches pour survivre, » murmura Dracula pour lui-même, son ton glacial. « Tu as sacrifié ton humanité pour un semblant d'immortalité. Mais je vais mettre fin à ce cycle, Tooms. Ton règne de terreur est terminé. »
Constantine s'approcha d'une vieille boîte en bois posée dans un coin de la pièce. Il l'ouvrit avec précaution, révélant des objets personnels : des vieilles coupures de journaux, des morceaux de vêtements et des souvenirs grotesques des victimes. « C'est un véritable musée de l'horreur, ici. Ce type garde des trophées comme un chasseur. Mais toi, mon vieux, tu vas l'arrêter. »
Dracula acquiesça. « Ce n'est plus un homme depuis longtemps. Il vit comme une bête, se nourrissant des autres pour survivre. Je connais ce genre de malédiction. Mais il est temps de mettre fin à cette existence corrompue. »
Les deux hommes savaient que Tooms ne reviendrait pas ici sans raison. Il était en chasse, et chaque instant passé dans ce repaire était un pas de plus vers sa prochaine victime. Ils devaient agir vite.
« Il va revenir pour se cacher après son prochain meurtre, » dit Dracula, ses yeux perçants fixant les griffures sur les murs comme des avertissements. « Nous devons l'attirer ici. »
Constantine hocha la tête. « J'ai quelques incantations en réserve qui devraient ralentir ce monstre. Je peux verrouiller cette pièce avec de la magie assez longtemps pour qu'on puisse l'immobiliser, mais ce ne sera pas suffisant. » Il alluma une autre cigarette. « Tooms, c'est pas un monstre qu'on neutralise facilement avec des sorts. Il va falloir une approche plus... directe. »
Dracula savait qu'un affrontement physique était inévitable. Tooms pouvait se faufiler dans les espaces les plus réduits, mais il ne pourrait pas échapper à un combat frontal avec un prédateur bien plus puissant et expérimenté. Dracula, maître des ombres et de la force brute, était prêt à ce que cet affrontement devienne violent et implacable.
« Prépare ton sortilège, Constantine. Quand il sera piégé, je m'occuperai de lui. Mais ne sous-estime pas cette créature. Elle a survécu pendant des décennies en échappant à la justice. »
Constantine sourit avec son air sarcastique habituel. « T'inquiète pas, vieux. Je connais les pires saloperies que cette ville peut cacher. Tooms en fait partie, mais tu es Dracula. C'est lui qui devrait avoir peur. »
Les deux hommes se préparaient alors à tendre un piège. Dracula savait que la confrontation serait brutale. Tooms ne se rendrait pas sans se battre, mais cette fois, il n'y aurait pas d'échappatoire pour lui.
L'immeuble délabré où Tooms avait choisi sa prochaine victime ressemblait à un vestige oublié de Gotham, abandonné par le temps et rongé par l'obscurité. La lune éclairait faiblement les ruelles, créant des ombres dans lesquelles même les plus courageux hésitaient à s'aventurer. À l'intérieur, le silence n'était rompu que par les craquements sinistres du bois sous le poids des pas de Tooms. Sa prochaine victime, un sans-abri ignorant de ce qui l'attendait, se recroquevillait dans un coin, inconscient du danger qui se rapprochait.
Eugene Tooms se mouvait avec une fluidité inhumaine. Ses membres semblaient se désarticuler et s'étirer à volonté, permettant à son corps de se glisser à travers les interstices des murs, presque comme un serpent rampant dans les ombres. Ses yeux brillaient d'une lueur malveillante, et un rictus de satisfaction tordait ses lèvres alors qu'il se préparait à frapper. Ses mains s'allongèrent de manière grotesque, prêtes à arracher le foie de sa prochaine proie.
Mais alors que ses doigts décharnés approchaient de leur cible, une silhouette surgit de l'ombre avec une vitesse surnaturelle. Dracula, vêtu de noir, les yeux flamboyant d'une lueur rouge sanguine, saisit le poignet de Tooms avant qu'il ne puisse frapper.
"Pas cette fois," murmura Dracula d'une voix glaciale.
Tooms, surpris, émit un grognement guttural avant de reculer avec une vitesse tout aussi inhumaine, ses membres s'étirant démesurément pour lui permettre de s'éloigner de son adversaire. Mais Dracula n'était pas un simple humain. Il connaissait les monstres, il était un monstre, et Tooms n'avait aucune chance de lui échapper si facilement.
La confrontation éclata dans une explosion de mouvements rapides et brutaux. Tooms, utilisant ses capacités surnaturelles, frappait depuis les recoins sombres, ses bras et ses jambes s'étirant dans des angles impossibles pour tenter d'attraper Dracula à revers. À chaque fois qu'il frappait, ses membres s'enroulaient comme des tentacules cherchant à immobiliser son adversaire. Mais Dracula, avec ses réflexes vampiriques, esquivait chaque coup avec une aisance calculée.
"Tu as survécu trop longtemps en te cachant dans les ombres, Tooms," grogna Dracula, ses yeux ne quittant jamais la silhouette insidieuse de son adversaire. "Tu n'échapperas pas à la justice cette fois."
Tooms se faufila dans les conduits, espérant échapper au combat. Mais Dracula était déjà en mouvement, anticipant chaque repli. Sa vitesse était telle qu'il apparaissait presque instantanément devant chaque nouvelle sortie que Tooms tentait d'emprunter, le forçant à revenir à son point de départ.
Constantine, qui observait depuis un coin de la pièce, sortit un petit grimoire de sa poche, récitant des incantations à voix basse. Une lueur bleutée émana de ses mains alors qu'il lançait un sortilège de désorientation. Des éclairs d'énergie mystique traversèrent la pièce, frappant Tooms de plein fouet, perturbant sa concentration.
"Essaye donc de fuir maintenant, sac d'os," ricana Constantine.
Tooms, pris au dépourvu, grogna de frustration. Bien que son corps puisse s'étirer à des longueurs incroyables, il n'était pas invincible à la magie. Désorienté par les sorts de Constantine, il tenta de frapper Dracula à distance, ses bras s'étendant à des mètres de longueur dans l'espoir de saisir le vampire au cou. Mais Dracula, vif et implacable, attrapa les membres distordus de Tooms et les tordit violemment, le faisant hurler de douleur.
Le combat continua avec une intensité croissante. Chaque fois que Tooms tentait de s'échapper, Dracula utilisait sa force brute pour le ramener à lui, brisant ses tentatives de fuite avec des coups d'une précision et d'une puissance dévastatrices. Tooms frappait avec une rage aveugle, ses griffes cherchant désespérément à atteindre la chair de Dracula, mais chaque attaque était contrée par la vitesse et l'agilité surnaturelle du Seigneur des Ténèbres.
"Tu es fort, mais pas assez," grogna Tooms, ses yeux remplis de haine alors qu'il tentait une ultime attaque, son corps entier se contorsionnant pour envelopper Dracula dans une étreinte létale.
Dracula sentit les os anormalement flexibles de Tooms s'enrouler autour de lui, cherchant à l'étrangler, mais au lieu de se défendre, il laissa un sourire glacial se former sur ses lèvres. Il attendait ce moment.
"Tu penses vraiment pouvoir m'immobiliser ?" murmura-t-il avant de se transformer en une nuée de chauves-souris, se libérant instantanément de l'emprise de Tooms.
Avant même que Tooms ne puisse réagir, Dracula réapparut derrière lui, utilisant cette fois ses Chaos Claws. Ses mains s'embrasèrent d'une lumière ardente, et il frappa Tooms de plein fouet, infligeant des blessures brûlantes sur le corps du tueur. Tooms hurla de douleur, tentant de reculer, mais Dracula le saisit à la gorge avec une force titanesque.
"Il est temps d'en finir," déclara Dracula, son regard perçant plongé dans les yeux de Tooms.
Tooms tenta une dernière fois de s'échapper, ses membres s'étirant frénétiquement pour atteindre les murs et les conduits autour de lui, mais Dracula serra sa prise, immobilisant le tueur avec une facilité déconcertante. Luttant pour sa vie, Tooms crachait des insultes, mais il savait que le combat était perdu.
Constantine, toujours en retrait, murmura un dernier sort, créant un cercle mystique autour des deux adversaires pour empêcher toute fuite supplémentaire. "Voilà, il est pris au piège. À toi de finir le boulot, mon vieux."
Avec une dernière étincelle de force, Tooms tenta de frapper Dracula, mais ce fut en vain. Le vampire, sans une once de pitié, resserra son emprise, plongeant ses yeux dans ceux de Tooms.
"Tu as eu ta chance. Mais il est temps que cela s'arrête," dit Dracula d'une voix sombre.
D'un geste puissant, il envoya Tooms s'écraser contre un mur, le laissant finalement à terre, désarmé et vaincu. Le tueur, qui avait survécu pendant des décennies en échappant à la justice, était maintenant à la merci du plus ancien des prédateurs.
Tooms, le souffle court, tenta de se redresser, mais Dracula le maintint au sol avec une pression écrasante. Constantine s'approcha, prêt à sceller la capture de Tooms avec un sort de confinement.
"Il est fini," déclara Dracula en relâchant son emprise, tout en maintenant Tooms immobilisé d'un simple regard.
Dracula et Constantine se tenaient au-dessus du corps inerte de Tooms, leurs silhouettes sombres projetant des ombres inquiétantes dans l'immeuble délabré. Bien que vaincu, Eugene Tooms n'avait pas perdu sa malignité. Même dans sa défaite, il continuait de ramper lentement, ses bras et ses jambes encore capables de s'étirer malgré ses blessures. Dracula observa cela d'un œil froid, ses pensées tournées vers la manière dont ils allaient l'empêcher de reprendre son cycle de meurtres.
"Nous ne pouvons pas simplement l'enfermer dans une prison classique," déclara Dracula en se tournant vers Constantine. "Ce monstre pourrait s'échapper de n'importe quelle cellule grâce à ses pouvoirs."
Constantine, tout en essuyant le sang qui perlait à sa lèvre après le combat, hocha la tête. "T'inquiète pas, mon vieux. J'ai juste ce qu'il faut pour le garder en place."
Il sortit de sa poche un petit sachet rempli de poussière mystique et une craie blanche, qu'il commença à utiliser pour tracer des symboles anciens sur le sol. Les runes qu'il traçait brillaient faiblement dans l'obscurité, chaque symbole émettant une légère lueur, rappelant à Dracula l'ancienne magie occulte qu'il connaissait bien.
Pendant que Constantine préparait la scène, Dracula se pencha sur Tooms, immobilisant ses bras distordus sous son talon. "Tu as survécu trop longtemps en prenant la vie d'innocents, Tooms," murmura-t-il, sa voix aussi froide que la nuit. "Ton règne de terreur est terminé."
Tooms, malgré son état affaibli, réagit avec une grimace sinistre, ses yeux luisant d'une malice déconcertante. "Vous ne pourrez pas m'arrêter pour toujours, Dracula... Je reviendrai, tout comme je l'ai toujours fait. Il n'y a pas de cellule qui puisse me retenir."
Dracula, imperturbable, le fixa avec un calme glacé. "Je n'ai pas besoin de te tuer pour t'empêcher de nuire, Tooms. Ta fin ne sera pas aussi honorable."
Constantine, ayant terminé son cercle magique, s'approcha, son regard rivé sur les mouvements lents de Tooms. "D'accord, sangsue, tout est prêt. On va enfermer ce charmant monsieur dans une petite cellule personnalisée, à l'abri des regards. Tu t'y connais un peu en occultisme, alors tu sais ce que ça signifie." Il jeta un regard à Tooms. "Plus de pouvoir, plus d'étirements, plus rien. Juste une vie d'enfermement. Sympa, non ?"
Dracula hocha la tête et attrapa Tooms par le cou, l'entraînant avec une force mesurée jusqu'au centre du cercle magique. Constantine se pencha et murmura une incantation en latin, un chant ancien qui fit briller les symboles autour d'eux d'une lumière vive. Tooms, sentant le changement d'atmosphère, commença à se débattre.
"Non... Non ! Vous ne pouvez pas me faire ça ! Vous ne comprenez pas... Je survivrai ! Je me suis échappé des enfers eux-mêmes !" hurla-t-il, son corps se tordant dans des angles impossibles pour tenter de briser l'emprise de Dracula.
"Tu ne t'échapperas pas cette fois," répondit Dracula, implacable. "Tu es fini, Tooms."
La lumière mystique s'intensifia autour du tueur alors que Constantine achevait son sortilège. Une force invisible enserra Tooms, l'empêchant de se mouvoir. Son corps, d'ordinaire souple et élastique, semblait maintenant figé, comme si ses capacités d'étirement étaient soudainement neutralisées.
Tooms hurla de rage, ses yeux brillants de haine et de peur. "Non... Non ! Vous ne pouvez pas m'enfermer ainsi ! Je trouverai un moyen de m'échapper, je le jure !" Sa voix, autrefois insidieuse et remplie d'arrogance, trahissait maintenant une peur profonde.
Constantine, nonchalant, haussa les épaules. "Bonne chance avec ça, mon pote. Ce cercle, il est à l'épreuve des petites ruses de créatures comme toi. On a scellé des démons bien plus costauds que toi avec ça."
Tooms, toujours piégé, se contorsionnait de plus en plus frénétiquement, ses griffes tentant de gratter le sol, de s'accrocher à quelque chose, mais en vain. Chaque tentative de s'étirer pour fuir échouait. La magie de Constantine avait coupé tout lien entre son corps et ses pouvoirs surnaturels. Il était, pour la première fois depuis des décennies, totalement vulnérable.
Dracula se pencha légèrement vers Tooms, le dominant de sa présence imposante. "Ta survie n'a été qu'un cycle de mort et de destruction, mais ici, tout cela prend fin. Tu es condamné à passer le reste de tes jours dans cette prison que tu as créée pour toi-même."
Tooms, le visage déformé par la haine, cracha au sol. "Vous pensez avoir gagné, mais je reviendrai... Je trouverai un moyen de revenir..."
Constantine éclata de rire. "Ah oui ? Écoute, mec, ça fait des siècles que des types comme toi me sortent ce genre de menaces. Mais regarde, je suis toujours là, et eux... Eh bien, eux, ils sont enfermés pour l'éternité ou pire."
Le cercle lumineux autour de Tooms commença à se resserrer, les symboles gravés dans le sol s'enfonçant lentement dans la pierre comme s'ils devenaient partie intégrante du sol même. Tooms sentit sa liberté lui échapper définitivement. Son corps autrefois insaisissable était maintenant prisonnier de cette magie.
"Non... NOOOON !" hurla Tooms dans un dernier élan de désespoir, sa voix se répercutant contre les murs de l'immeuble abandonné.
Dracula et Constantine se redressèrent, observant leur prisonnier qui, malgré tous ses efforts, ne pouvait plus bouger. Tooms était captif, incapable de s'étirer, incapable de fuir, condamné à rester piégé dans cette cellule mystique pour le restant de ses jours.
"Et voilà, une affaire rondement menée," déclara Constantine avec un sourire satisfait. Il se tourna vers Dracula. "On fait un beau duo, hein ? La prochaine fois, je te laisse le choix du monstre."
Dracula, toujours froid et méthodique, jeta un dernier regard à Tooms. "Peu importe la créature ou le monstre, ils finissent tous par être neutralisés. Il n'y a pas de place pour eux dans ce monde."
Alors que Tooms tentait encore de se débattre, ses menaces et ses hurlements ne faisaient que s'évanouir dans l'air glacé de la nuit gothamienne, désormais sans aucun espoir de rédemption.
Dracula se tenait immobile, ses yeux perçant l'obscurité oppressante de Gotham alors que le hurlement désespéré de Tooms s'éteignait enfin. Dans le calme qui suivit, il ressentit une satisfaction froide. Il avait capturé la créature, un prédateur implacable qui avait échappé à la justice pendant des décennies, et l'avait enfermé dans une cellule mystiquement scellée. Tooms ne tuerait plus jamais.
Pourtant, alors qu'il regardait la silhouette contorsionnée de son prisonnier dans le cercle magique, Dracula ne pouvait s'empêcher de penser à la nature de ce qu'il venait de vaincre. Tooms, malgré sa monstruosité, n'était pas né monstre. Il était devenu cette créature insidieuse, transformée par les forces ténébreuses qui s'étaient enfoncées dans chaque recoin de Gotham. Cette ville, bien plus que les autres, nourrissait et amplifiait les horreurs qu'elle cachait.
Dracula savait mieux que quiconque à quel point les ténèbres pouvaient s'infiltrer dans l'âme d'un homme, le transformant en une bête ou en une abomination. Tooms était une manifestation des horreurs plus profondes de cette ville maudite. "Gotham," murmura-t-il pour lui-même, "est plus qu'un nid de corruption. C'est un champ de bataille, où les ténèbres sont à la fois la cause et le symptôme."
Il repensa à la traque. L'odeur de la peur dans les rues sombres, la méfiance constante des habitants qui savaient, au fond d'eux-mêmes, que cette ville abritait bien plus que des criminels ordinaires. Dans chaque recoin, derrière chaque ombre, quelque chose attendait de frapper. Gotham était une ville qui consommait ceux qui n'étaient pas préparés à affronter ses profondeurs, ses monstres. Tooms n'était qu'une des nombreuses créatures qui se nourrissaient de l'âme de la ville.
Dracula porta son regard sur Constantine, qui était en train d'allumer une cigarette avec une nonchalance typique, malgré la gravité de la situation. "Ce n'est pas la première fois que j'affronte un monstre comme Tooms," dit Dracula d'une voix basse et grave, "mais Gotham... cette ville est unique. Elle engendre des horreurs à un rythme que même les ténèbres n'expliquent pas complètement."
Constantine, toujours un brin cynique, souffla une longue bouffée de fumée. "Gotham est un trou sans fond, mec. Tu le sais aussi bien que moi. La question n'est pas combien de temps tu peux la nettoyer, mais combien de temps avant que tu deviennes une partie de sa saleté." Il lança un regard amusé à Dracula, sachant pertinemment que le Seigneur des Ténèbres avait une résistance bien différente de celle des autres créatures gothamiennes.
Dracula resta silencieux un moment. Il savait que Gotham n'était qu'un terrain parmi tant d'autres dans sa quête pour protéger le monde des créatures surnaturelles et des forces occultes. Mais chaque fois qu'il plongeait dans cette ville, il ressentait une fatigue, non physique, mais spirituelle. La nature de Gotham, ses ténèbres intangibles, affectaient même les êtres les plus puissants.
Constantine, finissant sa cigarette, observa le ciel menaçant de Gotham. "Bon, ça fait un monstre de moins sur la liste. Mais entre toi et moi, Dracula, ce Tooms n'est que le début. J'ai entendu parler d'autres trucs qui traînent dans les bas-fonds de cette ville. Des trucs bien pires, même pour quelqu'un comme toi."
Dracula hocha lentement la tête, son regard toujours fixé sur Tooms, prisonnier dans son cercle mystique. "Je le sais, Constantine. Gotham est un puits sans fin. Mais tant que je marcherai dans ses rues, aucune créature ne sera à l'abri."
Constantine sourit en coin. "J'aime cet optimisme, même si je pense que cette ville te rendra dingue un jour. Enfin, tant que tu m'appelles pour les pires horreurs, je suis content. On fait une sacrée équipe, toi et moi."
Un léger sourire passa sur le visage de Dracula, une rareté pour quelqu'un de sa nature. "Je ne me fierais pas à toi pour tout, Constantine, mais je reconnais ton efficacité. Ensemble, nous neutralisons ce que cette ville a de plus dangereux."
Constantine, visiblement amusé, hocha la tête en signe d'accord. "Eh bien, tant qu'on arrive à éviter les fins du monde, ça me va."
Alors que la brume nocturne s'installait à nouveau sur Gotham, Dracula tourna les talons, prêt à reprendre sa traque d'autres créatures tapies dans les ombres. La victoire sur Tooms était une preuve que, même dans cette ville où la justice semblait souvent inatteignable, les monstres pouvaient être arrêtés. Mais il savait aussi que d'autres horreurs attendaient dans l'obscurité.
Chaque nuit apportait son lot de nouveaux défis, et même si cette ville était corrompue jusqu'à la moelle, Dracula ne faiblirait pas. Il était le prédateur ultime, celui qui traquait les ténèbres, peu importe où elles se cachaient.
Alors qu'il disparaissait dans la nuit, sa silhouette s'évanouissant dans les ruelles étroites de Gotham, Dracula savait que sa mission ne faisait que commencer. Les ténèbres étaient infinies, mais tant qu'il serait là, elles ne régneraient pas sans opposition.
