Heeeellooooo !
Désolée pour mon non-postage du mois dernier, mais comment vous dire que je suis dans une situation personnelle assez reloue et épuisante en ce moment... ? Et qui ne va pas s'améliorer tout de suite, donc je poste ce chapitre de transition parce que quand même, 'faut pas abuser, mais je ne sais pas encore si je posterai le mois prochain, puisque mine de rien, je réduis énormément mon avance en ce moment et que je n'ai absolument aucune énergie et encore moins du temps pour l'écriture... BREF !
Sinon, on se retrouve pour un chapitre flashback un peu particulier... Je préfère donc vous « avertir » : on va avoir une scène de cul... qui n'est pas un AceLu.
Je sais que ça peut être parfois frustrant/soulant pour des lecteurs qui sont avant tout là pour le ship principal de l'histoire et qui ne veulent pas lire autre-chose. Comme tous les flashbacks de cette histoire, il peut évidemment être sauté, il n'est pas nécessaire pour comprendre l'histoire, même s'il en apporte des précisons sympas selon moi.
De mon côté, cette scène est écrite depuis looooongtemps, 2021 de mémoire. Je ne l'ai pas énormément modifiée car je la trouve parfaite telle qu'elle est. Je suis donc très contente d'enfin pouvoir la publier et la partager avec vous !
Enjoy !
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Cette soirée est juste trop cool.
Et j'suis un peu bourré, j'crois.
La maison de Cavendish est pleine à craquer, c'est juste ouf. Il disait qu'il voulait fêter la fin de l'année en grande plombe, ben là, ça rate pas. Quasi' toute notre classe de Seconde est là et c'est juste trop bien de retrouver les têtes qu'on voit moins parce qu'ils nous ont pas suivi dans la même branche que nous. Ça fait complètement écho à la première grosse soirée qu'on avait faite l'année dernière avec cette même équipe, dans cette même baraque, pour signer la fin de la Seconde.
Cette fois, on signe la fin de la Première et sérieux, j'me rappelle encore une fois que c'est un miracle que j'passe en Terminale.
Rien que pour ça, j'me suis dit que c'était une bonne idée d'me laisser aller et de pas faire gaffe aux limites, ce soir. T'façon les copains sont là pour me tenir à l'œil. Même Barto' est là pour me tenir à l'œil, alors j'continue de picoler et c'est vachement cool.
Même si un coup d'œil dans la direction de Barto' me prouve qu'il est pas très frais, lui non plus. Il répond à mon coucou avec un sourire aussi crétin qu'le mien. J'suis bien content qu'il ait respecté ma volonté qu'on s'colle pas trop, ce soir. Si j'l'écoutais, on passerait notre vie collés ensemble à s'rouler des pelles et plus si affinité, et j'ai pas forcément envie d'ça ce soir.
J'ai juste envie de m'amuser à fond.
J'rigole avec Shachi et Penguin pendant que Nami fait des commentaires épuisés sur leur connerie respective. Les « jumeaux maléfiques », qu'elle les appelle. J'suis plutôt d'accord sur le fait qu'ils doivent être des jumeaux cachés vu comme ils sont trop forts pour terminer les phrases de l'autre, mais j'comprends pas le côté maléfique. Ils me font trop rire, mais elle, elle a envie de leur exploser le nez à chaque fois qu'elle leur parle...
'Sûrement pour ça que j'les aime autant. On s'ressemble dans notre lourdeur.
J'finis par m'éloigner et vole un bisou au passage à Barto, qui reste à papoter avec Cavendish et quelques gens calmes qui squattent les canapés du salon. J'comprends pas trop comment il fait pour supporter les trucs que raconte ce prouteux. J'comprends pas la moitié de ce qu'il dit en temps normal, surtout quand il parle de fringues ou d'coiffure. D'ailleurs, Perona et Shiraoshi sont les seules qui semblent l'écouter avec passion, même si Shira' me fait un petit coucou timide auquel j'réponds joyeusement avant de m'éloigner pour remplir encore mon verre.
J'ai l'impression que le malaise post-rupture entre elle et moi s'estompe enfin de plus en plus... J'espère que c'est vrai, parce que ça me soule un peu qu'elle veuille plus me parler juste parce qu'on est plus ensemble. Ex ou pas, j'l'aime bien moi, Shira'. Ça me manque de pas venir la chatouiller par derrière pour lui faire peur dans les couloirs du lycée.
Mon verre rempli, j'reste scotché à la table de la cuisine – aussi désignée réservoir à alcool -, et j'constate en zieutant les environs qu'y'a vraiment du monde partout, au moindre tournant de couloir. La musique est méga forte, les gens gueulent pour se faire entendre, mais ça a l'air de déranger personne, au contraire. Dans un coin un peu plus loin, j'vois Koby qui est déjà par terre, recroquevillé sur lui-même avec Hibari et Hermep qui veillent au grain. Il tient pas l'alcool mais il essaie quand même à chaque fois de suivre les autres, débilos qu'il est.
J'vais pour aller le retrouver et vérifier quand même s'il va bien, mais j'me fais soudainement crocheter l'épaule et j'suis tiré en arrière pour atterrir dans les bras de quelqu'un. J'ai un instant de latence avant de reconnaître Usopp et j'me marre en lui rendant son câlin.
- J'ai besoin d'amour et j'me suis dit que tu tombais bien, marmonne-t-il la voix à moitié étouffée dans mon épaule.
- Shishishi, avec plaisir ! réponds-je en lui frottant le dos. Ça va pas, mon copain ?
Il me relâche et j'constate qu'il tire une tête super bizarre, genre grimace de frustration. Et qu'il tangue aussi. Beaucoup.
- J'ai super envie d'aller parler à Mikita... Mais elle a l'air à fond dans des histoires de bottes avec Cavendish et j'me sens pas de m'incruster...
- Ah ouais, j'ai vu, me rappelé-je en lui tapotant mécaniquement l'épaule. Tu devrais juste lui envoyer un message pour lui demander directement que vous sortiez ensemble, au pire !
- Mais arrête avec ça ! blêmit-il en me faisant les gros yeux. J'peux pas être aussi frontal ! Le râteau sera d'autant plus violent !
- Tu pars du principe que tu vas forcément te prendre un râteau aussi, intervient Sanji en sortant de je sais pas trop où.
Il passe son bras autour des épaules d'Usopp avec un sourire chelou qui m'prouve qu'il est pas très frais non plus et continue :
- C'est ton manque d'assurance qui fait que tu y arrives pas ! Ma proposition pour te coacher tient toujours, tu sais !
- Va chier Sanji, tu dois être le mec qui se prend le plus de râteaux que j'ai jamais vu d'ma vie, bougonne Usopp alors que j'explose de rire.
- C'est parce que je demande à plein de filles aussi ! s'énerve-t-il direct. Forcément, les ratés augmentent proportionnellement !
Ils commencent à s'engueuler sans que j'comprenne trop pourquoi, mais vu mon propre état, ça me fait plus rire qu'autre chose. 'Pi j'aperçois un truc gigoter vaguement derrière eux et j'remarque Torao assis à la table de la véranda un peu plus loin qui remue la main, comme s'il appelait quelqu'un.
Instinctivement, j'me retourne pour voir qui. Mais y'a personne, ou alors il est en train d'se prendre un vent monumental, le pauvre. J'reviens à lui qui ricane et qui pointe ma direction du doigt avec insistance. J'suis quasiment sûr que c'est bel et bien moi qu'il regarde droit dans les yeux. J'appuie donc sur mon torse avec mon index en penchant la tête sur le côté, histoire d'être sûr. Et le v'là qui acquiesce et qui fait un autre geste pour que j'vienne le rejoindre.
J'suis à ses côtés l'instant d'après et j'note comme le temps semble distordu de ouf. J'suis paumé. Et p't'être plus bourré que c'que je pensais.
- Tout va bien, Mugiwara-ya ? Je t'observe depuis tout à l'heure et tu n'as pas l'air dans ton assiette...
- Si ça va. J'suis juste bourré, j'crois, j'réponds, mon verre bien serré contre moi.
Et c'est seulement maintenant que j'capte le regard brûlant de Kidd attablé en face de lui. Y'a même toute sa bande d'abrutis avec lui en fait - Killer, Heat et Wire -, alors que Law a Bepo, Clione, Ban et Ikkaku d'son côté. Comme si les deux bandes s'affrontaient.
J'peux pas m'empêcher de ricaner en me demandant ce qu'ils branlent. Et puis ça rappelle des souvenirs marrants de la Seconde.
- Je vois que tu as noté la situation amusante... ronronne Law en jetant un œil à Kidd, qui fait encore plus la gueule en réponse. Nous nous sommes installés ici naturellement, mais Eustass-ya revendique cet endroit pour lui... Comme s'il y avait son nom sur la table, tu sais.
- Dis pas que t'as pas fait exprès de t'mettre là juste pour me casser les couilles, connard ! feule Kidd.
Law ricane encore et même moi et mon état de bourré, on devine que c'est donc le cas. L'enfoiré. J'me mets à rire : c'est pas nouveau que Kidd déteste Law, presque autant qu'il me déteste moi. Même si j'ai jamais compris pourquoi dans leur cas. Et que Law vienne faire chier Kidd en le cherchant frontalement quand ils se croisent, ça m'étonne même pas...
C'est marrant de faire chier Kidd, en même temps. Et c'est super facile aussi. Croyez-moi, j'suis passé pro dans cet art : j'en faisais mon sport préféré quand on était encore dans la même classe, l'année dernière. Et même si ça m'a valu beaucoup trop de bleus, de retenues et même de passages chez le proviseur, j'étais presque triste d'apprendre qu'il avait redoublé et qu'on serait forcément séparés pour la Première.
Ça fait toujours « plaisir » d'le retrouver de temps en temps en soirée, j'suppose. Même si j'suis pas certain que mettre « Kidd » et « plaisir » dans la même phrase soit super raisonnable.
Il commence à aboyer sur Law pour de bon quand j'vois Zoro s'installer comme si de rien n'était à un autre bout de table, visiblement agacé. Il s'assoit plus précisément à côté de Killer et récupère direct un verre en face de lui pour le boire. Et oui, j'me rappelle qu'ils s'aiment bien eux deux, c'est vrai. Ou qu'ils se tolèrent, je sais pas trop. Parce que c'est pas la première fois que j'les vois rester ensemble pendant une soirée, même s'ils se parlent pas pour autant. J'cherche pas à piger leur délire, mais j'comprends mieux où il était passé depuis tout à l'heure.
J'vais m'asseoir sur ses genoux sans réfléchir, du coup. Il me repousse pas, même s'il grogne de mécontentement.
- Vous faites quoi à part vous engueuler, en fait ? demandé-je innocemment aux deux groupes après être installé.
- Kidd a lancé l'idée de faire un jeu à boire pour « prouver qu'il était le meilleur », soupire Ikkaku en levant les yeux au ciel.
- Et je me suis dit que t'inclure dans l'affrontement serait amusant, m'explique Law sans lâcher son sourire chelou. En souvenir de nos engueulades de la Seconde...
Il fixe de nouveau Kidd dans les yeux alors que son sourire s'élargit.
- Après tout, tu risques de nous manquer cruellement l'année prochaine...
- J't'emmerde, putain d'émo de merde ! crache Kidd en lui balançant une capsule de bière dessus.
Il enchaîne en se lançant dans un monologue enragé où y'a dix insultes par phrases pendant que Law continue de s'foutre de sa poire, et moi j'comprends rien. J'hausse un sourcil en regardant Zoro.
- Kidd se barre l'année prochaine apparemment, m'explique-t-il alors que Killer acquiesce à côté.
- On s'est réorientés, développe Wire avec un sourire. On part en Mécanique avec Kidd, on aura moins d'chance de s'foirer qu'en Générale...
- Ou pas. 'Faut pas oublier que vous avez un QI négatif, ricane Clione en face, et les deux s'engueulent à leur tour.
Classique. Nos trois bandes se sont toujours engueulées assez facilement, même si ça s'est grandement amélioré entre la mienne et celle de Law durant l'année. Mais quand y'a Kidd et ses potes dans l'équation, impossible qu'il y ait le moindre mot gentil qui sorte, c'est machinal.
- Bon tout l'monde la ferme ! tonne Kidd en tapant du poing sur la table. On va lancer ce putain d'jeu à boire avant que j'saute sur l'émo pour de bon pour lui arracher la trachée ! Roronoa, Monkey, vous jouez ou pas ?!
J'hausse les épaules et j'entends Zoro ricaner dans mon oreille.
- Avec plaisir Eustass. J'vais faire en sorte de te faire vomir tes tripes, histoire qu'on ait un bon souvenir de toi pour l'année prochaine.
Un doigt d'honneur et une menace de mort plus tard, nous v'là avec des cartes sous le nez. Zoro essaie de m'expliquer les règles, mais j'pige rien. Déjà que j'pige pas grand-chose en temps normal, ils m'en demandent juste trop alors que j'ai picolé bien plus que j'le fais d'habitude… Mais j'suis le jeu quand même. Au talent.
Le temps et les tours défilent et j'comprends définitivement rien au dessin chelou qu'essaie de faire Kidd avec les cartes sur la table. Ça ressemble juste à une bite, à mes yeux. Et ça m'fait ricaner comme un con avant que j'constate avec tristesse que mon verre est encore vide. Mais ni une ni deux, Heat me resserre. Zoro pique ensuite une crise de nerfs sur Kidd en l'accusant de tricher. J'ai du mal à m'focus sur un seul truc à la fois, j'sais juste que voir Zoro s'énerver autant est marrant, d'autant plus qu'il me secoue dans tous les sens à remuer pour mieux grogner au pif du crétin de roux.
J'connais pas la boisson que m'a servi Heat. C'est méga fort mais j'aime bien. Même si j'ai un relent de nausée qui m'prend soudainement après une énième secousse de Zoro qui hurle de plus belle, mais une gorgée en plus fait vite passer la sensation gênante.
Et j'ai l'impression maintenant de suivre c'qu'il se passe en flashs. J'suis vraiment plus sûr de suivre en fait. Un coup, la bite de cartes est retournée pour faire plein de couleurs, l'autre coup les grandes mains pleines de vernis de Kidd les battent pour refaire une autre bite encore plus cabossée.
Flash. J'vois soudainement Law et sa bande qui se lèvent. Law pose une main sur mon épaule en me souhaitant « bonne chance » avec un sourire en coin et Bepo demande à Zoro s'il est « sûr que ça va aller ». J'comprends pas où ils vont et je geins parce qu'on s'amusait bien, mais Shachi, qui sort de je sais pas trop où, me dit qu'il faut qu'ils rentrent tout en me pinçant les joues avec un grand sourire. J'lui fais un câlin en lui disant qu'il va beaucoup me manquer, mais Zoro m'arrache de sa prise en râlant que j'suis « beaucoup trop bourré Luffy, bordel ! ».
Franchement, vu comment il est énervé, j'ai l'impression qu'il est pas mieux qu'moi.
J'atterris sur une chaise vide mais bien chaude à ses côtés et j'essaie d'me replonger dans l'jeu de la bite. Kidd est mort de rire en face de moi quand j'l'appelle comme ça à haute voix et il essaie d'me réexpliquer les règles, mais j'crois qu'il oublie des mots. Ou alors c'est moi qu'entends mal ? Mais vu comme il s'énerve au bout d'un moment et qu'il gueule qu'il est « trop bourré pour expliquer quelque chose à une sous-merde pareille », ça doit v'nir de nous deux.
Nouveau flash. J'tourne mollement la tête quand on m'appelle à ma droite. J'tombe sur la grosse tête de Cavendish accroupi à mes côtés qui m'explique un truc à propos de Barto'. J'pige rien, j'suis trop focus sur sa coupe de cheveux. J'lui demande si j'peux tirer sur ses bouclettes en ricanant et il s'éloigne brusquement de moi en râlant. J'crois que j'l'ai vexé.
J'comprends rien.
La main forte de Zoro m'agrippe l'épaule et il me regarde droit dans les yeux. Le bordel ambiant me donne l'impression que j'ai les oreilles bouchées tellement je pige rien à ce qu'il me raconte, mais j'finis par capter alors qu'il s'énerve encore : Barto' est apparemment en train de cuver dans un coin après qu'il ait gerbé plusieurs fois. J'lâche un minable « le pauvre » avant d'me marrer en l'imaginant. S'il a fini comme ça, c'est qu'il a passé une bonne soirée même sans m'coller, non ? C'est plutôt cool, moi j'suis content pour lui ! Mais ça a pas l'air d'être de l'avis de Zoro qui m'relâche en marmonnant. J'comprends pas pourquoi il est aussi énervé. Mais il s'énerve souvent quand il est vraiment bourré, c'est Sanji qui m'a fait remarquer ça.
Nouveau flash. J'vois Zoro se lever d'un bond en gueulant après Kidd et qui se casse. J'ai vraiment du mal à suivre, là. J'regarde le fond d'mon verre vide et j'me demande si j'devrais pas arrêter d'boire, mais Heat approche encore avec une bouteille. J'tends mon verre en souriant, trop content, mais Kidd l'arrête et j'me reconnecte un peu pour suivre ce qu'il me demande.
- T'as vraiment pas l'air frais, sac à merde. Faudrait p't'être que tu déclares forfait et que t'arrêtes de boire.
J'comprends pas trop ce qu'il veut dire, mais une chose est sûre :
- J'déclare pas forfait face à toi, enfoiré de coupe en brosse ! J'gagnerai toujours parce que t'es trop naze !
C'est bizarre, maintenant qu'il se lève d'un coup pour me sauter dessus en hurlant et me renverse par terre avec ma chaise, j'me rends compte seulement maintenant qu'il avait un air plutôt gentil, l'instant d'avant.
Kidd est pourtant pas censé être gentil avec moi.
La preuve : on est encore en train d'se castagner et j'comprends pas pourquoi. J'sais juste que c'est normal, alors j'essaie d'me défendre instinctivement, comme d'habitude. J'comprends pas trop c'qu'il cherche à m'faire parce qu'il cogne même pas cette fois, mais j'ai l'impression que ma survie s'joue ici et maintenant pour une raison inconnue. Sa grosse main me plaque la tête contre l'sol et mon pouce atterrit dans sa bouche pour essayer d'le repousser. Il est carrément à califourchon sur moi pour m'bloquer, ça craint. J'suis encore ballotté de tous les côtés. Mais ça m'fait un peu rire en un sens, surtout avec ses potes derrière qui l'encouragent pour m'mettre une raclée.
Ça rappelle des bons souvenirs. Ça faisait longtemps que c'était pas arrivé.
Mais j'le sens tout mou d'un coup. Il me relâche et plaque sa main sur sa bouche.
Nouveau flash : j'suis tout seul, étalé en étoile de mer par terre, les yeux qui fixent le plafond.
J'commence à m'reconnecter j'crois.
J'me redresse mollement et regarde autour de moi. La véranda est beaucoup plus vide et beaucoup plus calme, même si la musique dans l'salon fait toujours un boucan d'enfer. Y'a plus que Wire qui s'roule une clope et j'me relève difficilement en l'regardant.
- L'est où Kidd... ?
- Il a failli te gerber dessus, m'explique-t-il sans même me regarder. Il doit se vider les boyaux aux chiottes.
- J'confirme et c'est moche, ricane Heat en revenant.
Il s'assoit lourdement à côté de son pote et j'bugue sur lui. J'ai encore un peu de mal j'crois, même si mes oreilles fonctionnent de nouveau à peu près normalement.
- Killer est resté avec lui ? lui demande Wire.
- Ouais, mais il en a ras l'bol. Il dit qu'il va s'tirer si Kidd veut continuer la soirée.
- Il est pas marrant quand il s'y met... commente toujours aussi platement Wire.
J'tourne la tête et j'cherche comme je peux. J'aperçois Killer un peu plus loin, qui parle à une porte. Wah, le pauvre, il doit pas être très frais non plus en fait. J'me relève pour avancer vers lui en mode automatique tout en ricanant et j'lui demande ce qu'il a. Il m'regarde bizarre quand il se tourne vers moi.
- Il y a que j'en ai marre que ce con finisse toujours dans cet état à chaque foutue soirée qu'on fait.
- J't'emmerde Killer ! j'entends gueuler de l'autre côté de la porte et j'reconnais le rouquin.
- Waaah, Kidd ! m'exclamé-je en ouvrant la porte sans préavis. T'as gerbé ?
J'le vois assis dans l'noir à côté des chiottes. Il se tient fermement les deux genoux et m'regarde comme si j'avais insulté tous ses ancêtres.
- NIQUE TA RACE TOI, VIENS PAS ME FAIRE CHIER BORDEL DE MERDE !
J'vois pas très bien, mais il a pas l'air d'aller fort. J'rigole quand même à son insulte et m'incruste avec lui. Comme si ça m'faisait encore quelque chose de l'entendre gueuler, depuis l'temps... Et puis, il est dans le mal là, j'le sens. Si j'peux le faire aller un peu mieux, j'serai content d'moi.
J'referme la porte sans m'en rendre compte et me mets à ricaner.
- Merde j'te vois plus maintenant.
- Mais tu veux quoi putain... ?
Sa voix s'brise et il a un hoquet. J'me baisse par réflexe, m'étale à moitié sur lui dans l'processus mais j'arrive à me redresser pour lui frotter le dos alors qu'il gerbe pour de bon tout en essayant lamentablement d'me repousser.
- J'sais pas... expliqué-je doucement, sans arrêter de lui frotter gentiment le dos en soutien. On était en train d'rigoler et t'as disparu d'un coup. J'me suis inquiété, moi.
Il tousse plusieurs fois et crache. La situation devrait m'répugner un minimum il paraît, mais le vomi me fait pas grand-chose. Toutes les fois où, comme maintenant, j'suis resté enfermé dans les toilettes de chez nous avec Ace qui crachait ses tripes après ses grosses soirées m'ont p't'être endurci, qui sait.
- « T'inquiéter pour moi »... ? répète Kidd, la voix tremblante. Comme si t'en avais quelque chose à foutre... Arrête de dire de la merde.
J'm'assois à ses côtés pour de bon, mon bras toujours dans son dos. Ça m'rend un peu triste d'le voir dans le mal, lui qui passe toujours pour un mec inébranlable.
- Ben si, j't'aime bien t'sais. C'est marrant de m'battre avec toi. Et même si t'es le roi des crétins, on s'marre bien tous les deux...
Il tire la chasse d'eau, se rince la bouche à l'aide du p'tit lavabo à côté et revient s'étaler l'cul au sol à côté d'moi. J'ai l'impression qu'il cherche juste une position confortable pour comater. Il enchaîne les soupirs et avec la musique étouffée par la porte fermée, c'est la seule chose tangible qui arrive encore à atteindre mon cerveau. J'redescends de l'alcool, mais c'est encore violent. Être comme ça dans l'noir m'aide pas du tout, j'ai l'impression d'avoir encore moins d'repère. Au moins, on est dans un état similaire avec Kidd...
- ... Ça tourne, aaargh... je geins d'un coup.
- Tu m'étonnes... soupire-t-il encore.
J'me rends à moitié compte de l'improbabilité de la situation. J'comprends même pas vraiment pourquoi j'l'ai rejoint jusqu'ici. Pourquoi j'suis dans des chiottes avec lui, dans l'noir complet. Pourquoi j'reste collé à lui tout en l'tenant toujours fermement, comme si j'avais peur qu'il lui arrive quelque chose.
C'est pourtant pas mon pote, mais dans l'fond c'est pas grave... Parce que j'mens pas quand j'dis que j'le déteste pas vraiment... J'déteste jamais personne au final, j'en suis incapable. Kidd a beau être un gros con qui passe son temps à m'insulter et à m'chercher pour qu'on s'batte, je sais qu'il est pas mauvais dans l'fond. Des fois, j'le vois se marrer avec ses potes et j'trouve qu'il a une bonne tête. La tête d'un mec qui est pas vraiment un enfoiré dans l'âme mais qui s'donne des airs pour je sais pas trop quelle raison.
- ... Pourquoi tu joues les connards alors que t'es pas vraiment méchant ?
J'sais pas pourquoi j'ai sorti ça d'un coup. Mes paroles m'obéissent toujours pas totalement. J'sens juste vaguement Kidd se tendre et gigoter contre moi.
- Qu'est-c't'as à m'demander ça Monkey, sérieux... marmonne-t-il de sa voix aussi pâteuse que la mienne.
- J'sais pas, j'demande. J'te déteste vraiment pas hein, quelque part j't'aime bien, même si tu joues les crétins. 'Pi tu sais, j'me rends compte que ça m'met le seum que tu partes... J'le savais même pas. J'crois que tu vas m'manquer un peu. Qui est-ce que j'vais faire chier, maintenant ?
Y'a un nouveau blanc avant qu'il se mette à ricaner.
- J'te fais confiance là-dessus. Tu trouveras toujours quelqu'un à emmerder, c'est inscrit dans tes putains de gênes.
J'réponds à son rire, il a pas tort j'suppose. Pour toutes les fois où Nami, Usopp ou même Sanji me traitent de chieur...
Par contre, j'comprends moyennement c'qu'il se passe quand j'sens Kidd se pencher sur moi et que j'pige au bout de quelques secondes qu'il est en train de m'embrasser. Son immense main a glissé dans mon cou et il me bouffe les lèvres d'une manière bien bourrine qui m'étonne même pas. J'comprends juste pas pourquoi il fait ça.
J'déconnecte encore je crois. Parce que j'fais pas grand-chose pour le repousser. C'est... bizarrement pas désagréable. D'autant plus quand il s'installe pour de bon à genoux, entre mes jambes, et que son autre main glisse sous mon t-shirt. J'me surprends à lui répondre instinctivement, d'une manière de plus en plus affamée à mesure que j'sens une chaleur bien connue monter en moi. J'force un passage dans sa bouche qu'il rechigne à ouvrir, mais enfin nos deux langues se rencontrent et j'ai l'impression de m'enflammer pour de bon. J'fais à peine attention à son haleine cheloue et oublie aussitôt le rappel répugnant qu'il vient juste d'éjecter le contenu d'son estomac.
J'suis encore trop bourré pour ça.
Trop bourré pour essayer d'comprendre pourquoi ça part en couilles de cette manière.
Les flashs reprennent, j'ai l'impression d'être dans une bulle de coton. Y'a que la douleur de la dureté du sol sous mes fesses qui m'rappelle un peu au moment présent. Parce qu'en dehors de ça, dans mon crâne, y'a qu'un soudain appel au sexe qui est en train d'me rendre dingue. Les lèvres de Kidd sont partout sur moi et nos soupirs se mêlent les uns aux autres, pourtant à peine audibles avec le boucan extérieur. On s'emmêle les pinceaux à vouloir se magner d'se rassasier de l'autre, ça n'a aucun sens. J'ai jamais autant eu besoin de contact aussi soudain avec quelqu'un. J'sais pas si c'est l'alcool qui m'guide, la situation cheloue ou le fait que Kidd semble aussi grisé par l'instant qu'moi... Peut-être un mélange des trois. Il n'empêche que j'trouve rien à redire quand sa main se glisse dans mon caleçon pour tenter de me branler d'une manière aussi excitée que maladroite.
Il me force à me relever, certainement pour simplifier les choses, et il m'fait presque mal dans le processus avec sa force de bourrin. J'me fais brusquement plaquer contre le mur et la bouche de Kidd retrouve sauvagement la mienne. Sa main atteint enfin ce qu'elle cherchait, et j'crois que j'ai rarement été aussi excité de toute ma vie d'recevoir ce traitement. C'est donc guidé par ma seule faim que j'déboutonne son propre jean comme je peux et que j'finis par lui rendre la pareille.
Il est énorme, la vache. Rien à voir avec Barto'.
J'entrouvre les yeux sur le noir ambiant alors que des coups s'font entendre à la porte. J'ai du mal à traiter les deux infos qui s'présentent violemment à mon cerveau en même temps : la pensée de c'que je suis en train de foutre par rapport à Barto' et la voix de Killer qui demande si tout va bien. Kidd lui gueule de s'mêler de son cul et il attrape in-extrémis la porte en train de s'ouvrir pour la refermer d'un coup.
J'l'entends mettre le verrou et j'me dis que j'suis fichu pour de bon.
J'suis en train de faire la plus belle connerie de ma vie.
Mais la pensée est pas assez puissante. J'ai quasiment pas une once de remords qui monte en moi. Y'a que Kidd et ses dents qui me mordent la chair, sa langue qui s'amuse sur ma peau, sa main brûlante qui me masturbe beaucoup trop vite pour pas m'rendre dingue, sa gorge qui laisse échapper des grognements rauques sous mes propres va-et-vient.
J'me laisse aller totalement. J'me perds dans ses bras immenses. J'fais que m'accrocher un peu plus à lui quand il baisse mon pantalon et qu'un d'ses doigts me pénètre, rapidement suivi d'un deuxième. C'est loin d'être doux, contrairement à c'que je peux faire habituellement avec Barto'. Et c'est carrément aux antipodes de c'que j'faisais avec Shiraoshi : c'est juste brutal, sauvage, impatient, presque douloureux.
Et c'est juste putain de beaucoup trop excitant.
J'reconnecte de nouveau quand j'me retrouve brusquement retourné, le carrelage frais du mur rencontrant ma pauvre érection pendant que Kidd guide la sienne entre mes fesses qu'il a détrempé entretemps.
Nouveaux coups à la porte. J'reconnais vaguement la voix agacée de Cavendish. Kidd s'enfonce en moi.
Ça crame, bon sang. Il est tellement large, ce con...
Les premières minutes sont infernales. J'suis violemment tiraillé entre le noir ambiant qui m'fait perdre la notion de haut et de bas. L'excitation explosant en moi à un niveau que j'avais jamais atteint jusqu'ici. La douleur que me procure la taille de Kidd. Son souffle qui s'emballe tout contre mon oreille. Les coups à la porte qui redoublent. Les différentes voix qui s'étranglent ou se marrent de l'autre côté.
Mais la vague vision de Bartolomeo et du concept de fidélité quittent mon esprit pour de bon quand Kidd tape là où il faut à répétition. La moindre pensée négative à propos de cette situation sans queue ni tête me quitte en un claquement de doigts. J'contrôle plus ma voix qui part aussitôt dans les aigus, complètement emporté par les vagues de plaisir que j'me prends de plein fouet. Ses mains qui m'écrasent les hanches pour mieux me ramener durement à lui m'aident pas, pas plus que de sentir son visage échouer dans ma nuque et étouffer des gémissements que j'l'imaginais même pas être capable de produire.
Bon sang, bon sang... J'suis en train d'me faire baiser passionnément par Eustass Kidd et c'est juste trop bon.
J'suis incapable de dire si le moment était merveilleusement long ou horriblement court quand j'finis par jouir sur sa queue sans aucune retenue. J'me vide lamentablement sur le mur contre moi, les jambes qui m'lâchent à moitié alors que Kidd accélère la cadence. Il me martèle, j'ai l'impression qu'il pourrait me déchirer en deux, mais c'est plus douloureux depuis longtemps. Ça m'rend juste dingue de plaisir, complètement dingue. C'est trop bon et l'sentir jouir en moi quelques instants plus tard me rend encore plus dingue. Le gémissement qu'il lâche de manière incontrôlée dans mon oreille me fait l'imiter mécaniquement, tel un cri de désespoir lancé dans le néant. J'ai l'impression d'sentir la moindre parcelle de son plaisir résonner dans l'ensemble de son corps contre moi, d'être totalement connecté à lui. J'ai jamais connu ça avant, c'est incroyable.
On s'retrouve à plus bouger pendant un moment qui m'paraît infini, lui toujours collé à mon dos, bataillant pour retrouver son souffle comme moi. Je galère à rester droit sur mes jambes tremblantes, fragilisées par cette partie de sexe, l'alcool, la fatigue, le poids de Kidd derrière moi.
Mais finalement, il finit par se redresser et se retire. Doucement.
Bien plus doucement que c'que j'aurais pu imaginer venant de lui.
J'me laisse glisser à genoux par terre, la tête contre le mur. J'essaie de retrouver mes esprits et le temps m'semble encore distordu. J'entends vaguement Kidd s'affairer dans mon dos. J'entends sa voix basse à mon oreille. Je l'ai jamais entendu parler aussi bas, ça me trigger. Il me parle, mais ça monte pas à mon cerveau. Sa main échoue sur la mienne, mais pour la décoller du mur sans ménagement et il enfourne une tonne de papier toilette dedans.
J'reconnecte.
- Essuie-toi putain. Tu vas y arriver tout seul quand même ?!
Il est accroupi juste à côté de moi et j'me sens hocher mollement la tête comme s'il pouvait me voir. Idiot que j'suis.
- ... Ouais. Ouais, t'inquiète.
Il bouge pas et j'commence à nettoyer les dégâts. J'vais avoir du mal à marcher, le contrecoup douloureux commence à s'faire sentir.
Mais c'était trop bon.
Kidd finit par se relever et j'l'imite pour me rhabiller lentement, mais j'suis surpris d'le sentir m'aider. Il me remonte mon froc, toujours de sa manière bourrine, mais quand même.
- T'fais pas d'idées, marmonne-t-il, sa voix toujours délicieusement basse. J'ai juste envie d'sortir et j'ai un minimum de race pour pas t'afficher devant tout l'monde.
... C'est marrant, mais j'le crois pas une seule seconde.
Et pourtant, un rayon de lumière me grille la rétine quand il rouvre le verrou et sort dans la foulée l'instant d'après. La musique forte et le bordel ambiant me reviennent dans la tronche de plein fouet. J'finis assis sur les toilettes, comme repoussé en arrière par une force invisible, les mains plaquées sur les yeux pour épargner mes pauvres pupilles martyrisées.
Le retour à la réalité est super violent.
- Luffy ?! s'étrangle la voix de Sanji alors que des mains pressées s'accrochent furieusement à moi. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?!
... Beaucoup trop violent.
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- Athletics – II -
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J'espère que vous avez correctement replacé ce flashback dans la temporalité, qui s'inscrit dans la même veine plus récente que le précédent. J'ai cette scène en tête depuis quasiment le début de Paradis et je suis tellement contente de l'avoir placée ! Le jour qui a marqué un tournant décisif dans la tête de Luffy... Et qui va donner des sueurs froides à Ace pendant encore un moment xD
