Disclaimer : Tout de que vous reconnaissez de l'univers appartient à Kaoru Tada et à l'équipe de Playful kiss. Je ne touche rien en écrivant.

Episode 12 bis

En voyant que j'ai une heure de libre, je décide d'aller me balader dans le parc de l'université. Mes démarches avancent bien et le chef du département de médecine m'a assuré que j'avais un excellent dossier scolaire. Je n'aurais aucun mal à entrer dans cette filière. Ce qui m'arrange. Je souris en voyant Ha-Ni arriver sur son vélo. Ou peut-être part-elle, seulement elle ne regarde pas où elle va et je sais avant elle qu'elle va rentrer dans le banc. Quand ça arrive, je l'entends pousser un petit cri de surprise et retiens un sourire.

« - Fais attention à ce que tu fais, dis-je pour lui faire prendre connaissance de ma présence.

Je m'assois sur le banc et pose mon sac à ma droite avant de m'apercevoir qu'elle n'ose pas bouger aussi je me sens obligé de reprendre la parole.

« - Qu'est-ce que tu fais ? Si tu t'en vas, pars. Si tu restes, assieds-toi, dis-je avec douceur.

Je l'observe descendre de vélo et le ranger contre un arbre pour ne pas qu'il tombe puis elle vient s'asseoir à côté de moi. Je me retiens de sourire en songeant que nous serons tranquilles sur ce banc. Hae-Ra est en cours de gestion et ne pourra pas venir nous interrompre… Comme elle ne parle pas tout de suite j'en profite pour réfléchir. C'est déjà sur ce banc qu'on avait pu parler. Quand je lui avais fait croire que je vivais avec Hae-Ra avant que Ji Yeon ne démente tout à son arrivée sans le savoir. Je me rappelle encore son regard brillant, sa main qui s'est posée contre la mienne quand elle s'est tournée soudainement. De mon cœur qui a accéléré brutalement quand elle a souri…

« - Tu n'as rien à dire, m'étonné-je en m'apercevant de son silence.

« - Je réfléchissais.

« - A quoi ?

« - Joon-Gu travaille dur pour devenir chef. Et Hae-Ra a aussi des choses à faire. Pareil pour Joo-Ri et Min-Ah. Même Eun-Jo semble s'inquiéter pour son avenir, liste-t-elle d'une voix triste.

« - Et toi, tu n'as rien ? C'est ce que tu veux dire ?

« - Quoi, sursaute-t-elle avant de soupirer. Oui.

« - Je t'envie, soufflé-je à mon tour. Ton insouciance.

« - Moi aussi, j'ai un rêve. Mais…

Je sourcille quand je l'entends qui s'interrompt et je souris. Mais son rêve me concerne, je complète mentalement pour elle. Je suppose que son rêve est un mariage, une vie à deux et des enfants. Aujourd'hui ça ne me fait plus peur. Je sais où je vais et même si elle restait à la maison pour tenir la maison et éduquer nos enfants, je pourrais subvenir à ses besoins sans problème. Ha-Ni n'est pas une fille qui coûte très cher en voulant sans cesse le dernier sac à main, ou le dernier parfum qu'on sent partout.

« - Quoi, l'interrogé-je. C'est quelque chose que tu veux faire avec moi ? Parle-moi de ton rêve. Je t'écouterai.

« - Tu vois… Tu es le médecin d'un petit village et moi je suis l'infirmière qui t'aide. Tu es célèbre donc tu es toujours à l'hôpital. Ce n'est pas un grand hôpital comme ceux des universités, mais tout de même je fais de mon mieux pour t'aider.

Je l'écoute en souriant légèrement. Une fois de plus douce Ha-Ni, tu me surprends et j'aime ça.

« - Joli rêve mais que ferais-tu si j'avais choisi une autre voie que le médical ?

« - Je te suivrais. Par exemple, si tu dis que tu veux devenir pilote, alors moi je veux devenir hôtesse de l'air. Ou si tu dis que tu veux devenir joueur de golf professionnel, je veux devenir caddy… Au final mon rêve est simple et fait ce qu'il veut. Je… Je prends juste la direction que choisit Baek Seung-Jo, qui en est le cœur. Je n'existe pas par moi-même.

Tu sais si bien parler ma douce Ha-Ni. Je pourrais t'écouter des heures. Je souris en entendant ces mots. Je ne devrais pas encourager cette abnégation chez elle, ça a déjà failli lui coûter la vie deux fois pourtant l'entendre dire qu'elle n'existe pas par elle-même mais seulement pour être avec moi me remue à l'intérieur.

« - C'est exactement comme tu l'as dit. Mais quand j'ai décidé de devenir médecin, j'y ai beaucoup réfléchit moi aussi… Et alors, demandé-je une minute plus tard. Même si ce rêve est irréaliste, un rêve est tout de même un rêve, dis-je en la regardant avec douceur du moins je l'espère. Ça te correspond.

« - Hé !… C'est vraiment irréaliste à ce point ?

« - Penses-tu vraiment que tu peux être infirmière simplement parce que je veux être médecin, demandé-je en en regardant avant de détourner la tête pour regarder devant moi avant de trouver les mots pour la réconforter. Cela dit, un rêve… Plus il est difficile à réaliser, ajouté-je en la fixant une nouvelle fois pour la remotiver, plus tu veux y parvenir, conclus-je en lui tapotant doucement le dos. N'est-ce pas ?

Je retiens un soupir en voyant que je l'ai plus déprimée que motivée. J'ai simplement voulu lui faire comprendre que devenir infirmière ne sera pas facile pour elle mais j'ai envie de voir si elle en est capable… Une partie de moi se doute qu'elle en est capable, Ha-Ni n'est pas l'idiote que tout le monde imagine, elle a des capacités insoupçonnée et si elle veut vraiment devenir infirmière alors je pourrais lui proposer mon aide pour étudier ? Je décide de me lever pour rejoindre ma prochaine classe et souris quand elle m'imite. Je dois lui rappeler qu'elle était sur son vélo à notre rencontre pour qu'elle aille le chercher et je décide de l'attendre. Ce moment, cette conversation en tête-à-tête m'a rappelé celle qu'on a eu au parc. Sans personne pour nous déranger, pour savoir ce qu'on s'est dit, pour me voir caresser son visage et l'observer dormir avec sérénité. Elle me rejoint et sourit avant de me demander quel cours j'ai. Je lui réponds et comme ce n'est pas un cours commun on se sépare quelques minutes plus tard. Elle pour rejoindre son cours et moi le mien. Je m'assois en me retenant de sourire. C'est mon seul cours qui ne soit pas en commun avec Hae-Ra. Elle n'est pas aussi douée que moi en biologie visiblement et doit suivre la filière normale alors que j'ai pris l'option avancée. Le professeur nous annonce une interro surprise et je sors de quoi répondre aux questions inscrites sur le tableau. Je termine en vingt-huit minutes et rends ma feuille. Puis, en attendant que les autres terminent, je sors ma dissertation sur Moby Dick que je peaufine quelques instants avant de sentir mon portable vibrer. Je le sors de ma poche et m'interroge. Pourquoi la maison m'appelle ? Maman aurait besoin de moi pour Eun-Jo ? L'appel s'arrête et quelques minutes après je reçois un sms probablement pour me dire que j'ai un message qui m'attend sur ma boite vocal. Je dois cependant attendre la fin du cours pour en prendre connaissance. Aussi dès que je suis sorti de la salle, j'écoute mon répondeur en sourcillant. Pourquoi papa veut-il que je passe à la maison ? J'y étais, il y a deux jours. Bon… Je lui envoie un message pour lui dire que je passerais à la fin de mes cours et j'entre dans le cours d'anglais. Ha-Ni est assise à la table à droite de la mienne alors que Hae-Ra est assise à ma gauche, sur la même table… Si seulement elles pouvaient échanger leur place… Quoi que non, Ha-Ni ne cesserait de me parler ou me regarder et je ne comprendrais plus rien au cours. Finalement comme ça c'est bien. L'allée qui nous sépare Ha-Ni et moi l'empêche de m'apostropher… Cela dit, elle sait peut-être pourquoi je suis convoqué à la maison ? Je décide de lui poser la question dès qu'on sera libre pour la matinée.

« - Ha-Ni, l'interpellé-je en sortant de la salle.

« - Je… Oui Seung-Jo ?

« - Je… Viens je dois te parler de quelque chose de personnel, dis-je en prenant doucement son coude pour nous éloigner de Hae-Ra plus que du reste de nos camarades qui nous ignorent joyeusement.

« - Que se passe-t-il ?

« - J'allais te poser la question. Papa m'a demandé de passer à la maison après mes cours, sais-tu pourquoi ?

« - Non. Je suis désolée Seung-Jo. Mère ne m'a rien dit à propos de ça.

« - Merci quand même.

Je souris et commence à m'éloigner seulement Hae-Ra me rattrape et m'interroge sur la conversation que je viens d'avoir. Je souris en l'entendant supposer que j'ai demandé à Ha-Ni de m'oublier et je refuse de confirmer. Si je voulais qu'elle soit au courant de ce que je viens de dire, je la tiendrais au courant, non ? Seulement je passe le reste de la journée à me demander pourquoi papa veut que je vienne le voir. Que se passe-t-il dans ma famille ? Serait-il au courant de mes projets d'avenirs ? J'en doute, Ha-Ni m'a promis qu'elle ne dirait rien et je sais qu'elle n'a qu'une parole.

Quand j'arrive devant la maison, je soupire. Je vais enfin savoir. J'entre et signale que je suis arrivé. Maman me signale que papa m'attend dans le salon à l'étage entre les chambres et je monte tout en me demandant ce qu'il se passe.

« - Assieds-toi ici. Aujourd'hui, quelqu'un à l'université, un professeur de médecine, m'a contacté.

« - Ah, ça, souris-je plutôt serein.

« - Est-ce vrai que tu vas suivre le programme médical ?

« - Oui. Je prévois de suivre le programme médical à partir du semestre prochain, annoncé-je.

« - Quoi ? As-tu décidé de ton avenir sans même m'en avoir parlé, me demande papa en haussant le ton. As-tu ignoré ce que je t'ai dit ?

« - J'ai aussi pensé à ta société, papa. Mais comme toi papa, et comme le père de Ha-Ni, j'ai décidé de mettre ma vie sur le bon chemin en faisant quelques que je veux faire.

« - Seung-Jo-a, ce que je veux dire… C'est que mon rêve est…

« - J'ai décidé de devenir médecin, je l'interromps d'une voix décidée. Tu peux dire ce que tu veux, c'est inutile. Je n'hériterais pas de ta société.

« - Seung-Jo-a ! Que viens-tu de dire, demande-t-il blessé par ma décision.

Je le regarde prêt à me défendre à sa prochaine attaque seulement l'atmosphère change la seconde suivante. Papa a du mal à respirer et pose sa main au niveau de son cœur. Ma colère s'envole aussi sec pour être remplacé par de l'inquiétude.

« - Papa ! Papa !

« - Chéri, crie maman en arrivant avec Eun-Jo.

« - Papa ! Papa, l'appelé-je inquiet. Qu'est-ce qui ne va pas ? Tu souffres ?

« - Chéri ! Chéri ! Reviens à toi !

« - Papa, crie Eun-Jo.

« - Seung-Jo, appelle une ambulance ! Vite !

Je hoche la tête et j'embarque Eun-Jo en lui demandant d'apporter une serviette humide pour papa. Ça ne sera pas d'une grande utilité mais il vaut mieux qu'Eun-Jo ne voit pas trop papa dans cet état. J'appelle l'ambulance de mon côté et dès que c'est fait, je demande à mon petit frère de les attendre devant la maison pendant que j'aide maman à prendre soin de papa. Il rechigne, lui aussi voudrait aider mais papa semble faire un infarctus du myocarde et ça pourrait mal finir. Je ne veux pas qu'il assiste à ça. Heureusement les secours arrivent rapidement et une demi-heure plus tard, nous sommes tous dans la chambre d'hôpital avec papa qui dort. Un moniteur cardiaque surveille son cœur et je soupçonne les médecins de lui avoir injecté un sédatif pour qu'il puisse se reposer et que son cœur continue de battre régulièrement. Appuyé contre le mur de la fenêtre, je note qu'il a une perfusion dans le bras. Ha-Ni et Ki-Dong sont là ce que j'apprécie. Je me sens responsable de cet arrêt cardiaque et trop coupable pour rassurer maman. Ki-Dong saura le faire. J'écoute maman nous résumer la santé de papa même si les examens ne sont pas encore arrivés, ils sont sûr d'une chose sa vie n'est pas en danger. C'est rassurant, dans un certain sens. Oh Ki-Dong prend la parole et je décide d'écouter leur conversation sans intervenir pour autant. Je me sens coupable de la présence de papa à l'hôpital. Selon maman, il a fait une angine de poitrine. J'apprends, selon Ki-Dong que c'est douloureux, que papa a dû sentir les premiers symptômes avant notre conversation, mais ça ne me déculpabilise pas pour autant. J'aurais dû leur parler de ma décision dès qu'elle a été arrêtée. Au lieu de tout faire dans mon coin comme j'en ai l'habitude. Maman parle de la société de papa, qui rencontre des difficultés avant de conclure en expliquant que pour le moment, seule la santé de papa est importante. Le reste peut attendre. Pour le moment, il va rester hospitalisé quelques temps le temps de se remettre.

...

« - Mère, parle doucement Ha-Ni. Mère !

« - Oh ?

« - Je vais rentrer en premier, parce qu'Eun-Jo est seul, annonce Ha-Ni alors que je fixe maman pour savoir quoi faire.

« - C'est vrai. Merci Ha-Ni.

« - Tu dois faire attention aussi, mère, s'inquiète-t-elle. Et si tu t'effondrais aussi ?

« - Ha-Ni-a… Seung-Jo-a, vas-y aussi, dit-elle en se tournant vers moi qui suis assis près du lit.

« - Est-ce que ça va aller, je lui demande inquiet.

« - Je vais bien. Rentre à la maison.

« - D'accord. Alors je reviendrais demain, je lui annonce.

Elle hoche la tête et je me lève pour embrasser le front de mon père avant de quitter la chambre. Ha-Ni m'attend près de l'ascenseur et je sourcille en voyant ses yeux brillants. Les portes s'ouvrent et on entre dans la cage métallique sans un mot. Nous ne sommes pas seuls pourtant je ressens le besoin de prendre Ha-Ni contre moi pour la rassurer. Mon père est un battant ! Je sursaute quand je la sens pleurer contre mon épaule et rougis en croisant le regard attendris de certains médecins. Qu'est-ce qu'ils s'imaginent encore ? Mon amie est triste et je la console ! Les portes se rouvrent et plusieurs personnes sortent. D'autres entrent et ce jusqu'à ce qu'on arrive au rez-de-chaussée. Impossible d'être seuls ! Heureusement Ha-Ni se décolle de moi et on quitte l'hôpital côte à côte. Je la vois qui essuie ses yeux et je me retiens de lui faire une remarque. Après tout, son père va bien contrairement au mien.

« - Je suis désolée d'avoir pleuré, soupire Ha-Ni quelques minutes plus tard. J'ai seulement eu très peur que ton père aille vraiment mal. Que sa santé soit en danger.

« - Je comprends.

« - Tu n'as qu'à rejoindre ton frère, je vais marcher plus lentement pour terminer de me calmer et ne pas pleurer devant Eun-Jo qui pourrait s'inquiéter.

Je souris mais je préfère rester à ses côtés. Même si on ne dit plus rien durant le trajet. Sa présence me calme et lorsque je rentre, je rassure mon petit frère. Ha-Ni a décidé de rester un peu dans le jardin pour ne pas l'inquiéter. Elle a versé quelques larmes silencieuses pendant qu'on marchait et je n'ai pas osé faire un geste vers elle. Elle vit avec son cœur en bandoulière et ça m'impressionne toujours autant. Elle finit par nous rejoindre et sourit à mon petit frère avant de lui proposer qu'on commande du poulet frit pour dîner. Il vaut mieux, elle ne sait pas cuisiner et je n'ai pas le cœur à faire un repas. Eun-Jo est ravi et demande à le manger devant un jeu vidéo, ce que j'autorise naturellement. Aussi pendant le dîner, je m'isole avec Ha-Ni en bas pour lui demander si elle va mieux. Elle sourit vaillamment et m'assure que je peux rentrer chez moi, tout se passera bien. Peut-être que oui mais je préfère passer la nuit ici. Ce que je lui annonce avant de monter à l'étage pour prévenir mon petit frère. Il est ravi de partager sa chambre avec moi et à vingt-deux heures, on est tous couché. Même si j'entends Ha-Ni marcher dans sa chambre.

Quand j'arrive à l'hôpital après mes cours, je croise les médecins de mon père et les apostrophe pour avoir quelques informations supplémentaires. On discute quelques minutes de l'état de papa puis je pose la question qui me travaille depuis ce matin.

« - Ce n'est pas une crise cardiaque ?

« - Je ne pense pas que cela tournera en un infarctus du myocarde, me réponds le médecin me rassurant. Cependant, s'il continue à en faire trop, il y a de fortes chances que cela le devienne. Dans ce cas, les possibilités de chirurgie…

« - Il n'y a que la méthode de passer par l'artère coronale et à le greffer dans une veine ?

« - Oh ! Vous vous y connaissez ! Nous voulons éviter cela. Donc avec un peu de patience, nous le traiterons qu'avec des médicaments.

« - Merci docteur.

A présent rassuré sur l'état de santé de papa, je rejoins la chambre qu'il occupe et note tout de suite la présence d'un inconnu.

« - Tu es venu ?

« - Qui est-ce, dis-je en m'asseyant avec elle à la table loin du lit.

« - C'est le directeur de la société de ton père.

« - Tu sais qu'il doit se stabiliser, demandé-je surpris. C'est totalement interdit, dis-je en me levant avant d'être interrompu par maman.

« - On dirait que c'est un travail vraiment important, soupire-t-elle sans doute pour m'expliquer pourquoi papa met sa santé en danger.

« - Quand bien même ! Il lui sera difficile de guérir s'il continue comme ça.

« - Tu sais que ton père n'a pas l'esprit tranquille s'il ne prend pas les décisions lui-même.

« - Il était mort d'inquiétude pour le boulot, lui rappelé-je, c'est pour ça qu'il s'est effondré comme ça, dis-je en regardant mon père qui au même moment fait une nouvelle angine de poitrine. Papa !

Maman et moi accourons au lit alors que l'inconnu appelle papa par son titre dans la société. Est-ce que sa santé le préoccupe réellement ? J'en doute ! Tout en m'occupant de papa, j'appuie sur le bouton pour appeler infirmières et médecins et quelques secondes plus tard, il est pris en charge par l'équipe médicale. Il ne leur faut que trois minutes pour stabiliser papa et lui rappeler qu'il doit se ménager s'il veut pouvoir rentrer chez lui. Tout ça sans que je ne le quitte des yeux. Je m'inquiète réellement. Ne se rendent-ils pas compte à quel point la santé de papa est précaire ? Je décide de passer le reste de la journée ici pour m'assurer que l'employé de papa ne revient pas. Il est parti juste après que papa soit stable et j'entends bien le chasser d'ici à coup de pieds s'il revient.

« - On n'est pas passé loin, soupire maman quand papa se rendort après son dîner. Il ne reste plus beaucoup de jours avant la sortie du jeu. Après que ton père ait fait une attaque… Le développeur du jeu est parti et a disparu. Il l'a appris et c'est pour quoi il a fait une attaque. Que devrions-nous faire, demande-t-elle en sanglotant. Ton père reste allongé là, et son entreprise ne va pas bien.

« - Je vais devoir y aller, dis-je la mort dans l'âme.

« - Seung-Jo-a !

« - Je suis encore jeune et sans expérience, mais je m'occuperais de l'entreprise jusqu'au retour de papa.

« - Merci Seung-Jo-a.

Ne me remercie surtout pas maman. Je suis en train de faire le contraire de ce qui me rendra heureux. Je vais rompre la promesse que je n'ai pas réellement faite à Ha-Ni pour sauver notre famille. Je vais devoir tout arrêter même l'université. Je ne pourrais pas assurer les deux ensemble. Je ne dis rien de tout ça pour autant. Je regarde mon père, mon héros en quelque sorte, depuis l'entrée de sa chambre. Il dort à point fermé, inconscient que le cœur de son fils est brisé. Que sa vie est finie et qu'il ne sera jamais heureux. Papa ne pourra jamais réellement reprendre son entreprise. Il n'a plus la santé pour et je vais être condamné à y travailler à mon tour jusqu'à ce que quelqu'un me remplace… Eun-Jo ne le sera pas avant au moins dix-huit ans et d'ici là, il sera trop tard pour moi. Je ne pourrais plus devenir médecin. La seule lumière que j'entrevois actuellement c'est que je verrais à nouveau Ha-Ni chaque jour jusqu'au jour où elle quittera à nouveau la maison pour faire sa vie… Mon Ha-Ni, que vas-tu faire à présent ? Ton rêve tombe à l'eau, tu ne peux pas travailler à m'aider. Comment vas-tu prendre ma décision ? Je me sens tellement mal que j'embrasse la joue de maman en lui annonçant que je vais revenir vivre à la maison et je quitte le service en lui rappelant de prendre soin d'elle. Seulement une fois dehors, je ne sais plus où je dois aller. Chez moi ? Chez mes parents ? Où est ma place ? Pour ne pas affronter son regard tout de suite, je décide de passer la nuit chez moi. La dernière avant trop longtemps je le crains.

Quand je me réveille le lendemain, je me demande l'espace d'une seconde pourquoi je me sens si démoralisé puis la journée d'hier me revient en mémoire. Je quitte mon appartement, l'université et tous mes projets d'avenir. A partir d'aujourd'hui, je suis directeur d'une entreprise de jeu vidéo. Domaine où je ne connais hélas rien. Je me prépare et rejoins les locaux de l'entreprise. L'accueil me laisse entrer sans problème, ce qui me dérange un peu et je monte rejoindre le bureau de papa. Mais pour ça, je dois passer par la salle où sont réunis tous les collaborateurs des jeux vidéo. Tous ces hommes plus diplômés et plus expérimenté que moi dans ce domaine… Vais-je réussir à obtenir leur respect ? A les faire travailler comme si c'était papa qui les dirigeait ? Pour la première fois de ma vie, je doute de tout pourtant je finis par être remarqué par le manager de papa. Il me rejoint en souriant et me salue avant de me présenter à toute l'équipe. L'un vient d'être réveillé, deux autres discutent d'autre chose que de jeux quant aux deux filles, elles me fixent comme si je ressemblais à un autre. Voilà qui promet pour l'ambiance. On se salue, respectivement puis le manager me conduit dans le bureau de papa où je voudrais me barricader. J'ai entendu une des filles me comparer à l'acteur sud-coréen Yon Sama. Je reviens à moi quand le manager de papa pose un tas de dossiers devant moi.

« - Ce sont les documents sur notre entreprise ainsi que sur les nouveaux jeux. Jetez un coup d'œil à tout ça. Devons-nous faire une réunion vers onze heures, demande gêné. Il y en a pas mal.

« - Ah oui ? Pouvez-vous l'organiser rapidement ?

Il me regarde bizarrement et commence à prendre congé mais je le rappelle le priant, lorsqu'il n'y a que nous, de me parler normalement. Sans formalité ni rond de jambe seulement c'est sans espoir. A ces yeux, je suis le remplaçant de papa. Un homme, peut-être jeune, mais qui a la carrure pour ce poste… Comment vais-je faire pour ne pas couler la boite ? J'ouvre un dossier tout en écoutant le babillage des employés. La plupart craignent pour leurs postes, les femmes elles, préfèrent connaître ma vie sentimentale… Si elles savaient que je n'en ai aucune et que je n'en veux aucune pour le moment… Allez concentre-toi Seung-Jo. Tu as quinze dossiers à lire avant onze heures ! J'ouvre le premier et commence à prendre connaissances de ce qu'il y est marqué seulement je me sens rapidement étouffer. Je tire sur ma cravate, défais un bouton et tente de continuer ma lecture sans succès. Je me sens toujours écrasé par les responsabilités qui m'incombent. Pourtant ça ne sera que pour quelques semaines. Quand papa ira mieux, il reprendra son poste et je n'aurais qu'à le seconder au maximum. La charge sera moins écrasante !

Je termine le dernier dossier peu avant onze heures et je sors de mon bureau. Je retrouve le manager à son bureau en train d'étudier un dossier me semble-t-il. Il lève la tête en entendant quelqu'un arriver et se met debout dès qu'il voit qui lui fait face.

« - Avez-vous regardé tous ces documents ?

« - Ce sont les données comparatives à celles de l'an dernier, je demande en lui tendant un dossier.

« - Oui c'est ça.

C'est ce que je craignais. L'entreprise de papa est au bord du gouffre. Les bénéfices ont diminué de moitié ou presque, l'entreprise n'a aucun projet en cours donc aucune fusion n'est possible et on ne peut même pas être racheté. Ou alors ça serait à perte… Comment faire pour remonter cette entreprise ? Je ne peux pas laisser papa tomber ni ma famille. On a de l'argent de côté mais tout de même. Beaucoup de gens dépendent de moi, je ne peux pas leur faire perdre leur travail parce que je ne suis pas à la hauteur. Il va falloir trouver un projet novateur. Il semble d'accord avec moi sur l'entreprise et sur mon idée de trouver une nouvelle idée de jeu. Seulement on a que très peu de temps et je vais devoir annoncer une pluie d'heures supplémentaires pour tous les employés moi compris.

Je passe la journée à chercher une solution. Tout le monde est d'accord pour trouver une idée originale et ils ont tous promis qu'ils allaient y réfléchir chez eux. Tout comme je vais devoir le faire de mon côté. Sauf que je n'y connais rien. Je vais voir avec Eun-Jo, il est davantage calé que moi dans ce domaine. Je quitte les locaux et prends la voiture pour rentrer chez moi. Il faudra que je pense à rapporter mes vêtements de chez moi. Je me gare devant la maison et inspire longuement pour décompresser. J'entre dans la maison seulement avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, Ha-Ni me saute littéralement dessus en m'abreuvant de questions. Quand elle parle de prendre une douche, je m'arrête et la fixe partagé entre la surprise et l'envie de m'amuser à ses dépends. Seulement ma journée a été difficile et je veux juste dîner avant d'aller me coucher. Elle s'approche de moi et je me recule instinctivement. Que veut-elle me faire encore ?

« - Qu'est-ce que tu fais ?

« - Je t'enlève ta veste.

« - Pourquoi est-ce que tu fais ça, demandé-je sur mes gardes.

« - Qu'est-ce que tu veux dire, intervient mon petit frère. Elle fait comme si elle était une jeune mariée.

« - Qu'est-ce que tu dis ? Votre père est à l'hôpital. Comment pourrais-je penser à quelque chose d'aussi indécent ?

Ces mots me rassurent légèrement et je la laisse faire quand elle me pousse gentiment vers l'étage. Je suis de toute façon trop fatigué pour dire ou faire quoi que ce soit. Je rejoins la salle de bain et me lave avant d'enfiler mon pyjama. Quand je redescends, ils sont à table et elle amène tranquillement les plats. Je prends place entre eux en bout de table et regarde les plats incertain. Qu'a-t-elle voulu faire ? Pourquoi veut-elle se compliquer la tâche en faisant du compliquer quand elle ne sait même pas faire quelque chose d'aussi simple qu'une omelette roulée ? Je l'écoute nous annoncer qu'elle a préparé du taro, du maquereau grillé, vu l'odeur elle a réussi à le griller en tout cas, et du ragoût de haricot. Je suis mauvaise langue, peut-être a-t-elle réussi ? Elle sert Eun-Jo en ragoût qui goûte avant de décréter que c'est bien trop salé. Le repas va être long !

« - Oh mon dieu, c'est salé. T'as mis la salière entière, demande-t-il en la mettant volontairement mal à l'aise. Hyung, c'est pas bon, je te conseille de ne pas le manger.

Je refuse de l'écouter et prends un taro que je mange. Je garde mon visage impassible tandis que je croque le taro cru. C'est horrible mais tant pis. Je n'ai pas envie de faire mon difficile ce soir, ni d'embêter Ha-Ni. Même si ce repas semble totalement raté, elle a pris le temps de nous cuisiner quelque chose au lieu de commander un truc trop gras. On devrait la remercier ou au moins éviter de tout critiquer.

« - Baek Eun-Jo, je reprends une fois le taro avalé, cesse de te plaindre. Dépêche-toi, mange-le.

« - Manger ? Lequel, me demande mon frère.

Pour ne pas mettre Ha-Ni plus mal à l'aise qu'elle ne l'est déjà, je conseille à mon frère de ne manger que les cuits. Même s'il n'y en a aucun. Sans critiquer, je goûte au ragoût… Il est horrible. Mes artères se resserrent déjà tant il est salé. Pourtant, je décide de donner le bon exemple et avale le tout sans me plaindre.

Une fois le repas terminé, je décide de m'occuper de la vaisselle seulement elle m'en empêche. Eun-Jo est à l'étage et je la regarde.

« - Va te reposer Seung-Jo, tu as eu une grosse journée et ce repas était raté pourtant tu as mangé. Je vais faire la vaisselle.

« - On devrait t'aider et…

« - Alors Eun-Jo le fera. Tu es déjà tellement occupé avec la société de votre père, je refuse que tu m'aides à garder la maison de vos parents, propre.

Je ne sais pas quoi dire aussi je fais demi-tour et quitte la cuisine avant de la regarder tout nettoyer sans se plaindre. Toi aussi tu as eu une grosse journée Ha-Ni. L'université, plus le repas et le ménage…

« - Ha-Ni ?

« - Oui Seung-Jo, demande-t-elle en me regardant.

« - Merci. Ce n'était pas terrible comme repas mais merci de prendre soin de nous… A ta façon.

Elle sourit faisant briller ses yeux et je monte me coucher. Même si je passe plusieurs minutes à interroger Eun-Jo sur les jeux vidéo, les points faibles et forts de ceux auxquels il joue, ce genre de chose. Je prends plusieurs notes et le laisse enfin dormir puisque je fais la même chose. Pourtant, je n'arrive pas à m'endormir. J'entends Ha-Ni en bas, en train de tout nettoyer et s'activer comme si elle était la maîtresse de maison. Cette idée me fait sourire et je finis par m'endormir avant qu'elle ne remonte.

Quand je quitte mon lit, je me prépare en silence puis descends bien décidé à déjeuner à la cafétéria ce midi. Je refuse que Ha-Ni s'occupe en plus de mes déjeuners. Le dîner et le ménage c'est assez suffisant comme charge de travail en plus, inutile qu'elle en fasse plus. Seulement elle est déjà debout et semble prête à partir. Je rejoins l'entrée et commence à me chausser quand elle me rejoint en courant.

« - Tu pars déjà ? As-tu pris ton mouchoir ? Et ton portefeuille ?

« - Je l'ai.

« - Là. Prend ça.

« - Qu'est-ce que c'est ?

« - Qu'est-ce que tu veux dire ? C'est ton repas.

« - Je vais manger à la cafétéria donc c'est bon.

« - Non, ne mange pas ces trucs. Je me suis levée à l'aube et j'ai préparé ça. Les sandwichs à l'œuf sont à point. Quand tu l'ouvriras, tu seras totalement surpris.

Je prends la boite sans ajouter quoi que ce soit et quitte la maison. Je l'entends me dire au revoir mais peu importe. Je monte dans la voiture et roule jusqu'à l'entreprise de papa.

La matinée passe trop vite. Je suis inquiet de ce qu'elle a préparé pour le déjeuner seulement je ne peux pas sauter ce repas. Le prochain sera probablement aussi raté que le précédent et j'ai besoin de force. Comme tout le monde a décidé de manger, autant faire comme eux aussi j'ouvre le panier repas qu'elle m'a fait. Tout semble bon aujourd'hui et en forme de petits cœurs. Je souris en songeant qu'il n'y a qu'elle pour s'amuser à faire ce genre de chose et je veux commencer à manger quand on frappe à ma porte. Je n'attends aucune visite aussi je suis surpris que le manager de papa me rejoigne. Par politesse, je l'invite à manger avec moi mais naturellement il refuse avant de voir les cœurs dans le bento. Je suis forcé de mentir en prétextant que c'est ma petite amie qui a préparé le repas, quand il me pose la question. Je n'aime pas mentir et je sens que ça se voit sur mon visage pourtant il me laisse déjeuner et quitte le bureau. La seconde suivante, j'entends que quelqu'un se fait livrer un repas et tout en observant les sandwichs aux œufs, en forme de cœur, je cherche à me souvenir où j'ai déjà entendu cette voix.

« - Bong Joon-Gu. Qu'est-ce que tu fais, je demande quand il entre dans mon bureau.

« - Je ne peux pas t'autoriser à manger le repas qu'Ha-Ni a préparé pour toi. A la place, mange ça, déclare-t-il en déposant une petite boite sur mon bureau.

Sachant quelle cuisinière est Ha-Ni, je le laisse volontiers échangés les repas. Surtout lorsqu'il m'annonce qu'il va venir tous les jours, manger le repas d'Ha-Ni et m'apporter autre chose. J'aurais au moins un repas acceptable dans l'estomac par jour. C'est toujours mieux que rien. Même si ce ne sont que des anguilles grillées comme ce midi.

« - Bien alors, merci, dis-je en déballant le bento. Tu n'as pas mis de poison dedans, n'est-ce pas ?

Il prend ma boutade au sérieux et m'intime de tout manger puis s'éloigne avec le repas fait par Ha-Ni… Je le plains… En tout cas ces anguilles sont délicieuses.

Cinq jours… Ça fait maintenant cinq jours que je travaille à la place de papa. Je n'en peux plus. Je n'aime pas ce travail, ce rôle, cette carrière. Rien ne me plait sauf le défi que je me suis lancé. Remettre l'entreprise à flot. Une fois que ça sera fait… Je n'aurais plus rien à faire et je serai perdu à jamais. Comment convaincre mon entourage que je déteste travailler dans l'entreprise des jeux vidéo si malgré mon aversion pour les écrans, je réussis à sauver l'entreprise paternelle ? Pas seulement la remettre à flot mais dépasser les objectifs prévus ? Je me pose toutes ces questions depuis que je suis descendu dans la cuisine. Il est minuit et tout le monde dort. La semaine a été harassante pour tout le monde. Eun-Jo a cessé de se plaindre des repas de Ha-Ni, qui a décidé que cuisiner simple était davantage à sa portée… Ses omelettes roulées sont mangeables et son café incomparable. J'en aurais bien besoin là tout de suite. Je n'arrive pas à dormir. Je suis trop fatigué pour réussir à trouver le sommeil. Quand je pense que je me moquais de Kang-Dae quand il me disait ça il y a deux ans… Quelqu'un descend l'escalier et je sais que c'est elle. Je n'ai pas besoin de bouger, de me tourner pour le savoir. Comment je l'ignore mais si Ha-Ni a bien un talent c'est celui d'apparaître quand j'ai besoin d'elle. Pourtant je ne bouge pas. Peut-être est-elle somnambule ? Peut-être ne va-t-elle pas me voir alors que je vais la suivre des yeux comme à chaque fois qu'elle est dans mon champ de vision. Une partie de moi espère qu'elle ne me verra pas. Je n'ai pas le moral et aucune envie de faire la conversation. L'autre partie de moi, plus grande et nettement moins rationnelle voudrait qu'elle me voit, qu'elle vienne vers moi et me parle jusqu'à me distraire pour me faire oublier que je me prépare une vie sans joie et sans réel avenir. Une vie médiocre qui rendra tout le monde heureux. La seule chose qui me plaît dans l'avenir telle que je le vois, c'est le désir de maman de me voir épouser la douce et la surprenante Oh Ha-Ni. Elle sursaute, je la vois du coin de l'œil pourtant je ne bouge pas.

« - Qu'est-ce que tu fais aussi tard les lumières éteintes ?

« - Je pense.

« - Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qui te tracasse ? Je peux aider ? Sûrement pas, n'est-ce pas ? Alors je vais aller me coucher en première.

Non s'il te plaît Ha-Ni reste avec moi. Laisse-moi profiter de ta présence encore quelques instants. De la chaleur de ta voix. S'il te plaît. Je n'ai plus envie de ruminer tout seul dans mon coin.

« - Mon père ne va pas bien, dis-je pour relancer la conversation et l'empêcher de partir.

« - Quoi ?

« - Il pourrait avoir besoin d'une opération.

« - Opération du cœur ? C'est plutôt une opération difficile.

« - Je vais probablement devoir continuer à travailler dans la société de mon père pour le moment. C'est juste trop pour mon père de s'en occuper.

« - Alors… Pour l'école de médecine, demande-t-elle s'approchant de quelques pas.

« - Il n'y a aucune raison pour que j'y retourne.

« - Il y en a une, dit-elle d'une voix plus forte ce qui me fait tourner la tête pourtant je n'ose pas encore la regarder. C'est la première fois, n'est-ce pas, que tu voulais faire quelque chose. Ton rêve.

« - Ce n'est pas vraiment un rêve, avoué-je en la regardant durant quelques secondes avant de reprendre en regardant devant moi. Mais une fois que je serai vraiment dedans… Je ne sais pas comment ça sera.

« - C'est amusant de travailler dans l'entreprise ?

« - Non, ça ne l'est pas.

« - Alors que devons-nous faire ? Le jour de la remise des diplômes, tu as dit que tu allais vivre une vie agréable. Tu l'as promis en face de tous ces gens.

« - Je ne suis pas du tout intéressé, mais si je travaille dans sa société, mon père en sera heureux. Alors, ça sera une vie à moitié réussie au final. Je ne suis pas intéressé mais si les autres sont heureux…

Je n'arrive pas à terminer ma phrase. Je ne veux pas que tous soient heureux sauf moi… Je veux l'être aussi mais je ne peux pas. Je suis l'aîné, c'est à moi de reprendre les rênes de l'entreprise. C'est mon rôle. Je dois montrer l'exemple à Eun-Jo et tant pis si ça me détruit le cœur. Je l'entends autant que je la vois s'approcher de moi mais je ne m'attendais pas à ce qu'elle entoure mon cou de ses petits bras. A une autre époque, je l'aurais repoussé, j'aurais joué les durs, les fiers, mais pas ce soir. Ce soir je veux profiter de sa présence à côté de moi. De la tendresse de son étreinte, de la douceur de sa peau contre la mienne. Ce soir, juste ce soir, pour ce moment, j'ai envie de rêver qu'on est ensemble. Que c'est une femme qui réconforte son petit ami de la semaine difficile qu'il a eu. Jouons à ce jeu Ha-Ni. S'il te plaît, laissons-nous imaginer ce soir, que nous sommes un couple. Que je ne suis pas qu'un pauvre idiot qui s'est laissé convaincre qu'il devait reprendre l'entreprise familiale. Que je suis ce que je voulais être et que tu es celle qui se tient fièrement à mes côtés ?

« - Que peux-tu faire, demande-t-elle en me faisant revenir au présent. Que faire ?

Son étreinte se resserre à peine contre moi pourtant j'ai l'impression qu'elle cherche à me donner sa force et sa joie de vivre. Qu'elle veut me contaminer pour que j'apprenne moi aussi à ne voir que le positif de chaque chose.