Disclaimer : Tout de que vous reconnaissez de l'univers appartient à Kaoru Tada et à l'équipe de Playful kiss. Je ne touche rien en écrivant.
Episode 13
Quand la nouvelle semaine débute, je préviens le manager de papa, du moins le mien que je serai en retard. Je dois passer à l'université pour prendre un congé de quelques semaines pour le moment. Je verrais par la suite si je peux revenir ou au contraire si je dois arrêter totalement. Cependant je dois admettre que la conversation que j'ai eu avec Ha-Ni, l'étreinte qu'elle m'a donné, me donne la force de sourire, d'avancer et d'espérer. Elle est autant touchée que moi par ma décision et peut-être trouvera-t-elle le moyen de m'aider à m'amuser dans cette nouvelle voie ? Je n'y crois pas vraiment mais je me force à imaginer que c'est possible. Dû à mon niveau, l'université m'accorde un congé de trois mois. Si je dois revenir, ça sera juste à temps pour m'inscrire en médecine et j'espère pouvoir y parvenir. En attendant, je reprends ma voiture et rejoins l'entreprise bien décidé à convaincre mes collaborateurs de l'idée que j'ai eu hier en discutant jeux vidéo avec Eun-Jo. Je rejoins mon bureau et retire ma veste que j'accroche. Je pose ma sacoche et commence à rassembler mes idées pour préparer mon discours. Heureusement je suis bon en rédaction et il ne me faut pas dix minutes pour que mon discours soit prêt pour la réunion de onze heures. En attendant l'heure fatidique, je relis mes notes, vérifie mes calculs et surveille le marché afin de ne pas me planter pour mon premier projet solo.
« - Président ? On vous attend, m'annonce mon manager.
« - J'arrive.
Je souris, prends mes notes et tâche de retrouver la confiance en moi que j'avais en sortant de l'université. Je fais face à l'équipe et je les interroge sur les idées qu'ils ont eu éventuellement. Certaines sont bonnes, d'autres moins et je décide de leur soumettre la mienne avant de leur proposer de voter pour celle qui aura le plus de chance de réussir. Le vote sera anonyme afin que personne n'ait à craindre pour sa place.
« - Je souhaite continuer de travailler avec l'équipe qu'à choisi mon père. Il a étudié la gestion d'entreprise et a reçu chacun de vous en entretien. S'il vous a choisi c'est parce que vous êtes excellent dans votre domaine, dis-je en souriant. Vous n'avez donc aucune raison de craindre pour votre place. Je sais que je ne m'y connais pas autant que vous en jeux vidéo et en conception aussi ce que je vais vous proposer peut vous sembler inadéquat vu le marché. Vivre au vingt-et-unième siècle et jouer en 2D est assez ennuyeux. Mais jouer à un jeu différent, je veux dire qu'il n'y a pas beaucoup de bons jeux, dis-je en citant mon frère, quand on y joue, ce n'est pas très excitant. Utilisons une stratégie pour tourner les choses négatives en positives. Je pense qu'il serait sympa que nous créions un jeu accessible, avec un graphisme attrayant et en 3D.
« - J'ai entendu dire que votre QI était de 200. Je peux voir que vous êtes vraiment un génie, s'enthousiasme le manager de l'équipe.
« - Ce n'est pas ça. Vous n'utilisez pas vos idées au maximum c'est tout. Vos cerveaux sont un peu rouillés à force de ne pas vous en servir assez. Maintenant, allons-nous décider du nom de notre nouveau jeu ?
« - Rouillé… Rouillé, répète notre manager en cherchant une idée originale.
Comme tout le monde dans la pièce. J'observe leur visage et tous semble aimer mon idée mais pour le moment il nous faut un nom pour notre jeu. Même si je trouve étrange de travailler sur un nom alors qu'on a qu'un vague concept. Seulement papa a toujours travaillé ainsi et je ne fais que du remplacement, je ne veux pas changer ses méthodes. Elles ont prouvé qu'elles étaient bonnes durant plusieurs décennies.
« - Rusty (= Qui veut dire rouillé), suggère l'homme à gauche de notre manager et dont le nom m'échappe.
« - Rusty, répété-je en réfléchissant à l'idée avant de sourire. C'est chouette ça !
« - Vous avez vu, dit-il alors que tout le monde applaudit son idée.
« - Bien à présent qu'on a un nom, travaillons le concept, on a malheureusement que peu de temps pour le concevoir.
Aussitôt tous allument leurs ordinateur portables, sortent de quoi dessiner et on s'y met. Comme une équipe. Je n'ai pas grand-chose à faire si ce n'est les encourager et les rediriger quand ils s'égarent. C'est vrai que mes consignes sont floues. Je veux juste créer un jeu qui n'a jamais été fait. Quelque chose qui permettra à l'entreprise de se démarquer, d'être novatrice dans ce domaine. Créer simplement un nouveau concept. Rapidement deux groupes se forment. Le premier travaille les personnages, nous nous sommes décidés pour des personnages humains, l'autre travaille le scénario. On est tellement plongé dans notre activité, nos cerveaux bouillent d'idées, qu'on rate l'heure du déjeuner et je décide de passer une commande. On mangera tous ensemble ce midi pour garder notre dynamique.
A vingt heures cependant, je renvoie tout le monde chez eux et je quitte le bureau pour rentrer chez moi. Ha-Ni a préparé un repas qui est encore trop salé mais elle s'améliore. Un jour elle parviendra peut-être à gérer son dosage. Notre projet est si passionnant que j'expédie mon dîner pour pouvoir continuer de travailler dessus. Je ne peux rien faire sans eux, les collaborateurs de papa. Ce sont eux qui imaginent tout et qui le créaient, moi je ne suis là que pour les diriger tous dans le même sens et m'assurer que financièrement on pourra lancer le jeu, mais plus je fouille dans les papiers, moins je suis convaincu. Il va nous manquer de l'argent pour le lancer efficacement. Je ne veux pas leur annoncer pour le moment, ils travaillent tous très dur, à moi de prouver que je peux trouver quelqu'un qui accepterait de nous financer.
…
Je me lève le lendemain avec la conviction que je vais trouver l'idée parfaite. Le partenaire financier idéal qui nous aidera à sortir de cette galère. Je m'habille et descends en m'étonnant de ne pas voir Ha-Ni en cuisine. Ce n'est pas plus mal, ces repas ne sont terribles seul son café est parfait. Je me chausse quand je l'entends descendre les escaliers rapidement. Se serait-elle levée en retard ? Elle me rejoint au moment où je prends mon sac qui contient mon déjeuner et se plante devant moi en souriant pour me demander de l'emmener ce matin.
« - Où vas-tu, je demande curieux et un peu jaloux de savoir qu'elle a un rendez-vous.
« - Au même endroit que toi.
« - Au même endroit ? Non ! Tu…
« - J'ai eu l'autorisation de travailler à temps partiel dans la société de ton père. S'il vous plaît, prenez soin de moi, conclut-elle en joignant ses mains sous son menton les doigts repliés.
…
Durant tout le trajet, je lui ai demandé de ne pas se faire remarquer. J'accepte qu'elle travaille dans l'entreprise, je n'ai naturellement pas le choix, mais on n'a pas assez de temps ou d'argent pour réparer derrière elle. Elle m'assure qu'elle a compris et me promet qu'elle se tiendra tranquille. J'interpelle Monsieur Lee, le manager d'équipe et lui présente Ha-Ni avant de lui demander de lui faire faire le tour de l'entreprise. Pour ma part je l'attends dans l'openspace pour qu'on reprenne où on s'en est arrêté hier. Le temps qu'ils arrivent, je fais le point avec l'équipe qui travaille sur Rusty. Ils ont bien avancé depuis hier soir. Je les préviens que je quitterais plus tôt ce soir afin d'aller voir le véritable PDG et avant que je ne puisse m'appesantir sur ce point, Monsieur Lee arrive avec Ha-Ni et la présente à tout le monde. Je les regarde agir l'un avec l'autre en contenant ma jalousie. Ils semblent déjà proches. Je me demande quels incidents elle va créer. Ai-je réellement envie de la voir détruire tout notre travail ? Non c'est évident !
« - Notre investisseur, le président Yoon est en train d'attendre en bas, chuchote monsieur Lee pendant que tout le monde accueille Ha-Ni.
Je hoche la tête avant de craindre le pire. S'il s'appelle Yoon, il connaît peut-être Hae-Ra… Devrais-je m'inquiéter ? Bon le rencontrer ne m'engage à rien et avec un peu de chance, il acceptera de financer Rusty sans autre contrepartie que financière.
…
« - Baek Su-Chan avait la fâcheuse habitude de se vanter à propos de son fils, dit soudainement le président Yoon. Mais je peux constater que tout était vrai.
« - Pas du tout. Vous êtes trop aimable.
« - Très bien. Comment va votre père ?
« - Il va de mieux en mieux. Mais nous avons pensé que c'était une occasion pour lui de faire une pause, dis-je en mentant légèrement.
« - J'imagine que je vais devoir aider un peu, moi aussi.
« - Oui. S'il vous plaît, dis-je sans réfléchir ce qui le fait rire.
« - Bien.
« - Monsieur Yoon, dis-je pour reprendre la négociation, voici un dossier concernant le jeu que nous développons actuellement, expliqué-je en faisant glisser le dossier vers lui.
« - Oh ! Je l'ai déjà lu. Le nom du jeu est "Rusty" n'est-ce pas ?
« - Exact.
« - L'idée est vraiment originale.
« - Merci beaucoup.
« - Avec un héritier tel que vous, je suis certain que Baek Su-Chan se sent soulagé. Vous allez faire de cette société quelque chose de plus important que ça ne l'est à l'heure actuelle.
« - Nous devons d'abord passer cet obstacle, avant de penser à cela, dis-je avant d'être interrompu par quelqu'un frappe à la porte.
Je tourne la tête en retiens un soupir. Oh non ! Pas Ha-Ni ! Pas maintenant ! Elle va tout faire capoter, j'en suis presque certain ! Heureusement, elle entre en souriant avec professionnalisme et pose les tasses de café devant nous.
« - Merci. Seung-Jo, quel âge avez-vous, demande le président Yoon.
« - J'ai vingt ans.
« - Oh vous êtes encore jeune. Avez-vous une petite amie ?
Je déteste cette question. Je sens le regard de Ha-Ni sur moi ainsi que celui curieux du président. Comment faire ? Je ne peux pas avouer devant elle qu'elle me plaît c'est hors de question mais si je dis que je suis célibataire, je risque de devoir rencontrer sa fille ou sa petite fille pour voir si on ne ferait pas de beaux enfants ensemble… Je regarde Ha-Ni quelques secondes espérant qu'elle comprendra ma démarche.
« - Non, je n'en ai pas.
« - Pourquoi donc, demande-t-il alors que le sourire de Ha-Ni disparaît de son visage. Vous semblez très populaire.
« - Oui, intervient-elle soudainement et sans être invitée à se joindre à la conversation. Le président Baek Seung-Jo est très populaire.
« - Oh !
« - Mais il ne leur prête aucune attention. Il aime lire et écoute essentiellement de la musique classique. Il est aussi très bon au tennis et a déjà remporté un certain nombres de parties, liste-t-elle alors que je suis de plus en plus mal à l'aise. Son QI est de deux cents ! Il cuisine aussi bien qu'un chef en plus ! Il est presque parfait.
« - Impressionnant !
« - Mademoiselle Oh Ha-Ni, j'intervins.
« - Oui.
« - Pourriez-vous sortir maintenant ?
« - Oui monsieur Baek Seung-Jo.
Je déteste quand nos rapports ressemblent à ça mais pour le moment je n'y peux rien. Je lui expliquerais ce soir pourquoi j'ai préféré… Ah non je ne peux rien lui dire sinon elle va comprendre que c'est elle qui me plaît. Je n'ai plus qu'à trouver le moyen de réparer notre bavure. Heureusement l'entretien reprend et quand il se termine, le président Yoon me fait savoir qu'il me donnera sa réponse ce soir concernant le financement. Ce dont je le remercie avant de rejoindre mon équipe avec qui nous continuons de travailler sur notre concept. Pour l'instant ce n'est qu'une ébauche mais il nous reste un mois pour améliorer les graphismes, l'histoire, les niveaux et tout en fait. Je prends monsieur Lee à part et lui demande de cacher à tout le monde qu'on n'a pas encore le financement pour le lancer. Pour le moment, ils sont tellement motivés que je veux qu'ils gardent cet état d'esprit.
…
La journée passe lentement. Je suis pressé d'être ce soir pour avoir la réponse du président et peut-être annoncer à papa que j'ai sauvé son entreprise. Également pour m'enquérir de sa santé et lui transmettre tous les vœux de ses employés. J'ai interdit à monsieur Lee d'y aller si c'était pour parler de l'entreprise aussi il n'a des infos que par moi. Soit très peu. Comme maman qui ne sait pas tenir sa langue. Même si ce soir, j'ai demandé à mon manager de me prévenir à la minute où il aurait la réponse du président Yoon. Je profite que papa se soit endormi pour annoncer quelques nouvelles à maman. Notamment que j'ai rencontré le président Yoon et que j'aurais la réponse pour le financement ce soir. A vingt-deux heures maximum je pense. Une fois fait, je n'ajoute rien et je regarde mon père dormir inconscient que je joue peut-être mon avenir. Autre que professionnel je veux dire. Je reste sur mon intuition que si le président Yoon m'a demandé si j'étais célibataire, ce n'était pas sans arrière-pensée. Je crains qu'il veuille me mettre sa petite fille ou sa petite cousine dans les pattes et si tel est le cas... Je perdrais Ha-Ni pour toujours. Je ne pourrais pas lui demander de m'attendre je ne serai jamais l'homme qu'il lui faudra puisque je serai marié à une autre pour une entreprise dont je me fiche éperdument. Du moins juste un minimum pour la sauver. Parce que c'est l'entreprise de mon père et qu'elle permettra à mes parents et mon frère de vivre confortablement quelques années. Je suis sur le point d'en parler à maman, elle tient tellement à ce que j'épouse Ha-Ni, qu'elle pourrait peut-être m'aider à m'en sortir si mon intuition est la bonne mais quelqu'un frappe à la porte de la chambre au même moment. On tourne la tête au même moment et je regarde monsieur Lee passer la tête par la porte.
« - Vous êtes venu, dis-je en le regardant.
« - Oui. Auriez-vous un instant à m'accorder, me demande-t-il.
J'échange un regard avec maman. Dois-je lui annoncer que je joue peut-être le reste de ma vie ? Je préfère attendre d'être sûr avant aussi à la place, je me lève sans un mot et suis mon manager à travers les couloirs. On finit par rejoindre une petite terrasse à l'étage supérieur et je lui demande de me résumer la situation.
« - Il semblerait que la rencontre avec le président Yoon ait été assez efficace, admet-il.
« - Pensez-vous qu'ils vont investir ?
« - Cela est… Le président vous aime beaucoup. Le président a une petite fille. Il m'a demandé si vous pouviez la rencontrer.
« - Parlez-vous de quelque chose qui ressemblerait à un rendez-vous arrangé, je demande perplexe.
« - Ah… Oui. Il a dit qu'il serait dommage de marier sa petite fille à n'importe qui… Pour notre société, nous en sommes à un point où nous avons besoin de l'aide du président Yoon. J'ai été un peu surpris par son commentaire, dit-il alors que je baisse la tête résigné. Que dois-je répondre ?
« - Laissez-moi y réfléchir quelques instants… Manager Lee, j'ajoute quand il s'éloigne, vous qui vous y connaissez plus que moi en affaire, pensez-vous qu'il retirerait son offre de financement si je refusais de rencontrer sa petite fille ?
« - Je pense qu'il a en effet l'idée de lier vos deux entreprises d'une manière plus définitive.
« - C'est ce que je craignais, soupiré-je. Je vous contacte dans une heure maximum, j'ai besoin d'y réfléchir.
Il hoche la tête et je rejoins maman dans la chambre de papa la mort dans l'âme. Je reprends la même place et on reste silencieux quelques minutes même si je sens le regard de maman sur moi. Seulement je ne peux pas lui avouer tout ce que je viens d'apprendre, elle sera comme moi tiraillée entre les deux réponses possibles…
« - Maman, dis-je soudainement. Jusqu'où papa irait pour sauver son entreprise ? Jusqu'où me demanderait-il d'aller ?
« - Pourquoi me demandes-tu ça Seung-Jo ?
« - Parce que je suis face à un dilemme et j'ai besoin de ton aide pour y voir clair… Papa veut sauver son entreprise à tout prix, n'est-ce pas ?
« - Bien sûr sans son entreprise, nous n'aurons plus d'argent.
Je hoche la tête et lui annonce que je rentre à la maison. En chemin cependant, j'envoie un sms à monsieur Lee. Quand j'entre tout est silencieux. Même Ha-Ni n'est pas encore rentrée et je monte dans ma chambre pour chercher comment m'habiller pour le déjeuner. Mon manager m'a prévenu que le premier rendez-vous était demain midi. Dans un restaurant pas très loin de l'entreprise de papa. Je trouve un costume qui devrait faire l'affaire. La porte d'entrée se ferme et je soupire. Il est temps d'avouer à Ha-Ni que je la perds pour toujours ce soir. Je n'ai pas vraiment d'autre choix de toute façon si je veux sauver ma famille de la ruine. Seulement quand j'arrive en bas, mon courage m'abandonne. La voir si dévouée à ma famille. Elle a fait les courses pour que maman n'ait pas à s'en occuper, ses repas ne sont pas encore bons mais elle fait des efforts comme à chaque fois que quelque chose lui tient à cœur. Elle s'améliorerait sans doute si quelqu'un lui donnait des cours... Je cesse de réfléchir et je la rejoins
« - Oh ! Tu es rentré de bonne heure, sourit-elle en me voyant quand je lui tends la main. Hein ?
« - Donne-moi ça, dis-je en prenant les sacs de courses que j'emmène dans la cuisine alors qu'elle me remercie joyeusement.
« - Mangeons du bulgogi aujourd'hui. Beaucoup beaucoup, décide-t-elle enjouée. Tu as l'air fatigué ces derniers temps alors je dois prendre soin de toi. Comme ça tout ce qui te pèse va partir.
Je la fixe pour tenter de retrouver le courage de lui avouer que j'ai un rendez-vous arrangé en vue d'un mariage seulement je n'y arrive pas. Je vais lui briser le cœur si je lui en parle alors que pour le moment rien n'est établi Peut-être que ça ne collera pas et que la petite fille voudra un autre mari ? Inutile de la faire pleurer ce soir. C'est reculer pour mieux sauter parce que je ne pense pas que la petite fille du président ait réellement le choix mais tant pis. Voyons déjà de qui, il s'agit et j'agirais après. A la place, je quitte la cuisine alors que Ha-Ni me remercie une nouvelle fois et je remonte dans ma chambre pour travailler. Monsieur Lee m'a envoyé les deniers documents préparé par l'équipe de conception et je souris en notant que Rusty avance bien. Nous pourrons sans doute le sortir avant noël si j'obtiens le financement. Eun-Jo m'appelle pour me prévenir que le repas est prêt mais je ne peux pas faire face à Ha-Ni aussi je prétexte ne pas avoir faim. Je me replonge dans le travail et sursaute quand la porte s'ouvre dans mon dos. Je me tourne supposant que c'est mon frère qui revient mais non c'est Ha-Ni.
« - Fais comme si je n'étais pas là, dit-elle avec un petit sourire d'excuse, je t'apporte simplement de quoi dîner au cas-où tu aurais faim plus tard.
« - Bien… Merci, j'ajoute doucement quand elle est partie. Merci de toujours veiller sur moi, même quand je suis horrible avec toi Ha-Ni.
Je soupire, me traite de crétin, et replonge dans mon travail n'en sortant que peu de temps avant minuit. Je vais me laver et me coucher en songeant à demain. Dimanche… Demain je rencontre la petite fille du président Yoon.
…
Je travaille jusqu'à dix heures puis je décide de me préparer pour ce déjeuner. J'enfile un costume noir et une chemise blanche au moment où rentre mon petit frère. S'il est étonné par ma tenue, il ne dit rien ce qui me permet de ne pas avoir à lui mentir. Seulement quand je passe devant la cuisine, Ha-Ni me voit et s'arrête net en me regardant de haut en bas.
« - Tu... Tu sors ?
« - J'ai un rendez-vous d'affaire ce midi. Je déjeune dehors. Ça ira pour Eun-Jo et toi ?
« - Oui, oui ne t'en fais pas pour nous surtout, concentre-toi sur ton rendez-vous, assure-t-elle.
« - Ha-Ni, je… Ton bœuf va brûler, soupiré-je comme le coq que je suis.
Finalement elle avait raison au lycée, je songe tout en sortant de la maison, je suis un coq, un pauvre lâche incapable de dire la vérité à la jeune femme que j'aime… Je monte dans la voiture et démarre en priant de toutes mes forces que ce rendez-vous capote. Qu'il y ait un imprévu de dernière minute ou que cette petite fille me trouve repoussant… J'arrive trop rapidement devant le restaurant et je laisse ma voiture au voiturier avant de suivre l'hôtesse à travers la salle principale. Elle me conduit à un salon privé et ouvre la porte me laissant voir le président Yoon. Je m'incline mais quand je redresse ce n'est pas lui que je regarde mais l'autre personne présente…
« - Oh tu es arrivé, Seung-Jo-shi.
Ha-Ni, tu vas avoir le cœur brisé… Hae-Ra a fini par gagner, c'est elle qui m'aura… Contre de l'argent et le bien-être de ma famille mais c'est tout de même Yoon Hae-Ra que je vais devoir épouser…
« - Bonjour Baek Seung-Jo.
Je reste un instant sans mot dire puis je finis par entrer dans le salon. L'hôtesse referme derrière moi alors que le président Yoon prend place à côté de sa petite fille m'invitant à m'asseoir face à Hae-Ra… Pourquoi n'ai-je pas faire le rapprochement plus tôt ? Je m'assois tout en me demandant quelle sera la réaction de Ha-Ni quand elle découvrira que je suis allé à un rendez-vous arrangé en vu d'un mariage avec Hae-Ra. En réalité, je sais comment elle va le prendre. Très bien en surface, elle sera ravie pour moi et sourira puis s'enfermera dans sa chambre pour maudire mon amie ou pleurer, voir les deux… Elle en parlera probablement à ses deux amies qui feront ce que je ne pourrais jamais faire. La consoler et lui dire qu'il y a une chance que ce mariage capote. Il n'y en a aucune. Si je dois épouser Hae-Ra pour protéger ma famille, je le ferais… Qui sait, peut-être qu'avec le temps, je finirais par tomber amoureux. Si j'ai pu tomber amoureuse d'une fille comme Ha-Ni, aussi maladroite et exubérante, je peux très bien trouver quelque chose chez Hae-Ra qui m'attire ?… Kyung-Soo va me détester ! Je reviens au présent que Hae-Ra prend la parole mais je n'arrive pas à sourire. Je me sens piégé dans un mariage sans amour et une vie sans réel avenir.
« - Tu n'as pas été surpris, me demande-t-elle. J'ai été surprise lorsque j'ai appris que c'était toi que je devais rencontrer. "Je ne voudrais jamais avoir de mariage arrangé". J'étais sûre qu'il m'était impossible de me marier avec un homme que m'a choisi grand-père. Puisque c'est toi, cela semble être amusant maintenant.
« - Moi aussi, je n'avais aucune idée que Hae-Ra et toi vous connaissiez, sourit le président Yoon.
« - Oui, dis-je en prenant enfin la parole. Nous allons dans la même université et nous sommes de la même année. Nous sommes amis, je précise mal à l'aise.
« - Je trouvais étrange que Hae-Ra vienne si facilement, sourit son grand-père.
Je les regarde sourire de concert et je me sens tellement étranger à tout ça. Tellement mal à l'aise d'être dans cette situation. Comment ai-je pu me laisser manipuler ainsi ? Il y a un mois, j'étais un futur étudiant en médecine libre de dire à Ha-Ni ce que je ressentais pour elle après avoir rempli mes obligations militaires. Libre de l'aimer et peut-être même de l'épouser. Aujourd'hui, je suis un jeune directeur d'entreprise en formation et futur époux d'une amie pour qui je ne ressentirais probablement jamais rien. L'arrogance de Hae-Ra à vouloir m'avoir dans sa vie nous conduit droit vers un mariage malheureux simplement pour avoir gagné contre Ha-Ni… Du moins dans son esprit puisque je sais que je ne ressentirais jamais le même amour, avec la même intensité pour Hae-Ra que pour Ha-Ni. Cette fille est peut-être une catastrophe, mais je pensais qu'elle serait la mienne. Qu'elle remplirait ma vie de bruits d'objets cassés, de rire et de repas ratés. A aucun moment, je n'ai pensé pouvoir la perdre si tôt dans ma vie. Je me concentre sur le rendez-vous arrangé quand le président Yoon reprend la parole. Je dois rester concentrer pour ne pas rater une information importante.
« - Mais on dirait qu'il y a un destin entre toi et Hae-Ra, dit-il me faisant davantage déprimer que sourire. Bien mangeons quelque chose d'abord.
« - Ah, oui, dis-je poliment.
« - Hae-Ra, choisis quelque de délicieux à manger.
« - Oui grand-père.
« - Seung-Jo, toi aussi choisis ce que tu aimes, me dit-il alors que je pense à Ha-Ni.
Sans elle, sans sa présence dans le bureau pendant le rendez-vous, je ne serais pas dans cette situation. J'aurais pu dire au président Yoon que j'avais une petite amie. Si Ha-Ni n'avait pas été présente et n'avait pas fait mon éloge à lister tout ce dont je suis capable, tout ce que je sais faire facilement, alors peut-être qu'il m'aurait simplement vu comme un partenaire d'affaire et Hae-Ra n'aurait pas le pouvoir qu'elle a sur ma vie à présent… Si Ha-Ni n'avait pas été là… Je devais arrêter de me cacher derrière ma mauvaise foi. Qu'elle soit ou non présente, je n'aurais pas osé mentir au président Yoon mais il ne saurait pas de quoi je suis capable et n'aurait pas pensé à moi pour épouser sa petite fille… Et j'aurais très bien pu dire devant Ha-Ni que j'étais en couple. Une fois rentré à la maison, je lui aurais expliqué la situation et elle aurait compris. Tout en réfléchissant à tout ça, j'acquiesce à la demande du président Yoon et tends la main pour prendre le menu seulement Hae-Ra s'amuse à jouer celle qui me connaît.
« - Oh Seung-Jo n'aime pas vraiment la nourriture huileuse, dit-elle alors que je me sens terriblement seul autour de cette table. Que penses-tu d'un ensemble de plat, demande-t-elle en glissant son menu entre nous. Il semble qu'il n'y ait pas beaucoup de nourriture non plus.
« - Ça semble bien, dis-je alors que j'ai l'estomac coupé
« - Mon Dieu, vous vous entendez déjà bien, juste comme un couple marié, sourit le président Yoon me mettant de plus en plus mal à l'aise.
J'en viens à chercher une échappatoire à ce déjeuner. Je préférerais être à la maison et manger le repas raté de Ha-Ni plutôt qu'ici. Tout ça me rend mal à l'aise, je ne sais pas quoi dire ni comment agir.
« - Je suis désolé si je t'ai rendu mal à l'aise, me dit le président Yoon. Je vais partir tôt.
« - Quel est le problème, demande sa petite fille faussement surprise. As-tu quelque chose d'autre de prévu ?
« - Penses-tu que grand-père est insensé ?
Il sourit et je comprends que c'était prévu ainsi. Si je plaisais à sa petite fille, il s'éclipserait. Et je ne peux même pas lui parler du financement, ce n'est pas vraiment le lieu, même si c'est l'unique raison de ma présence. Je ne suis donc pas surpris qu'il s'en aille sans rien commander et lorsque nous sommes seuls, je regarde le menu en tentant de trouver quoi dire à mon amie… Ou plutôt ma fiancée, je suppose… Et dire que j'espérais que ce serait Ha-Ni.
« - Bon, soupire Hae-Ra en souriant, au moins on se connaît déjà.
« - Oui.
Je n'ajoute rien. Pour la première fois, je ne sais pas quoi dire face à elle et je reste à regarder le salon pour ne pas passer pour un total imbécile. Notre commande arrive au moment où je reçois un sms et tout en m'excusant auprès de Hae-Ra je l'allume. « Hyung tu as raté le premier repas réussi de Oh Ha-Ni. C'était tellement bon, (par rapport aux autres) que j'en ai pris deux fois ! » Je souris doucement et range mon téléphone au moment où notre serveuse s'éclipse. A plusieurs reprises, Hae-Ra tente de faire la conversation mais je n'arrive pas à l'aider. Je suis bien trop assommé par l'idée que j'ai perdu le contrôle totale de ma vie. La santé de mon père contrôle ma carrière, Hae-Ra contrôle ma vie amoureuse et Ha-Ni contrôle mon cœur. Ce dernier point ne me dérange pas mais je ne peux plus le laisser choisir pour moi.
Quand le repas est terminé, Hae-Ra me propose d'aller nous balader dans un parc et j'accepte songeant que je n'ai pas vraiment d'autres options. Je suis obligé de faire le dos rond pour que son grand-père ne parte pas avec le financement promis. On marche plusieurs minutes dans la terre, sans dire un mot puis elle demande à s'asseoir. J'en profite pour m'éloigner afin de lui acheter quelque chose à boire. Quand je reviens je m'assois comme elle, sur le dossier, mais loin. Je ne veux pas qu'elle pense que je suis ravi de cette situation.
« - Tu étais surpris, n'est-ce pas, demande-t-elle soudainement.
« - Oui, un peu.
« - Tu sembles avoir ravi mon grand-père. C'était la première fois qu'il m'apportait une photo et me disait de jeter un coup d'œil à un gars, dit-elle en mimant une photo dans la paume de sa main alors que je la regarde curieux. Bien sûr au début, je n'y ai même pas regardé, dit-elle comme dégoûtée par l'idée d'un mariage arrangé, mais quand il a dit que c'était l'héritier de la fulgurante compagnie de jeu. Et quand j'ai vu la photo, c'était vraiment toi ! Mais comment pouvais-je ne pas y aller si c'était toi ? Cela serait tellement amusant, déclare-t-elle me faisant sourire. Je voulais voir ton expression.
« - Comment c'était ?
« - Ton expression était… Crispée.
« - Alors qu'allons-nous faire après, dis-je en songeant qu'elle avait raison sur l'expression que je devais avoir. Si nous voulons être financés par ton grand-père, l'interrogé-je en la regardant, cela veut dire que je dois me marier ? Avec toi ?
« - Bien, c'est aussi possible… Mais tu n'aimerais pas ça, n'est-ce pas, demande-t-elle affectée par cette vérité.
Je regarde devant moi pour ne pas avoir à lui répondre. En effet, je n'aime pas cette situation. Je me sens comme une poupée dans les mains d'un groupe de filles qui lui font jouer le rôle qu'elles veulent. Sans que je ne puisse donner mon avis ou signaler mon désaccord. Afin de changer de conversation, je lui propose de continuer notre balade. Tout ça ressemble à un rendez-vous, mais le cœur n'y est pas. J'ai choisi un autre parc de Séoul que celui où j'ai pu observer Ha-Ni dormir, afin de rester concentré. Hae-Ra a beau être gentille, elle peut mettre ma famille sur la paille et je suppose qu'elle le sait. Elle accepte et on se balade sans vraiment parler. J'aime le silence de la nature. Juste le gazouillis des oiseaux, le bruit du vent dans les branches… Tout ça à le don de me rasséréner et je me concentre dessus pour rester calme et poli. Le Seung-Jo que Hae-Ra connaît en quelque sorte. Je crois qu'elle ne sait pas à quel point, je peux me montrer froid voir blessant quand je perds le contrôle de ce que je ressens et je suppose qu'elle ne le verra jamais. C'est une amie, rien de plus. Je m'excuse auprès d'elle quand je vois une fontaine et je vais boire quelques gorgées. Le stress, de ne pas savoir où je vais exactement avec ce rendez-vous, m'assèche la gorge. Seulement je ne me suis pas éloigné de trois pas qu'Hae-Ra m'asperge avec de l'eau. Je suis surpris par ce comportement immature venant d'elle mais au moins ça nous fait rire et je me sens mieux après. Je m'approche quand elle me dit avoir un mouchoir dans son sac mais avant qu'elle ne le sorte, je me venge appréciant de voir qu'elle est à présent dans le même état que moi. Voilà une attitude qui ressemble plus à des jeunes de notre âge… Aurais-je réagi de la même manière si Ha-Ni s'était permise ce genre de chose ? Non, j'ai avec elle une relation toute autre et elle ne risquerait jamais de mouiller son Seung-Jo pour ne pas qu'il tombe malade.
…
« - Dans l'état où nous nous trouvons actuellement, dis-je quand on termine notre second tour du parc, le jeu ne peut pas être mis en vente. Nous sommes en retard sur les salaires des employés. C'est pourquoi je suis venu aujourd'hui. Cependant, puisque tu es cette personne, je suis vraiment soulagé. Mais ne déteste-tu pas cela ? Puisque c'est pour cette raison ?
« - Je ne savais pas que ce genre de mots pouvait sortir de la bouche de Baek Seung-Jo.
« - Vraiment ?
« - Vivre est assez extrême. Ce n'est pas une plaisanterie. Mais je suis venue parce que c'était toi. Tu es venu et tu es soulagé que ce soit moi, mais je suis venue parce que c'était toi même si je savais pourquoi tu venais, m'explique-t-elle alors que je la regarde perdu par ce discours. Puisque je connaissais la vraie raison, ma fierté en avait pris un coup alors je n'ai fait que dire que je n'avais pas envie de venir. Mais quand le matin s'est pointé, je voulais sortir en étant jolie, sourit-elle avant de se placer face à moi. Ne dirait-on pas que je t'aime vraiment ?
Sa question me prend au dépourvu. Je ne suis pas habitué à ce qu'elle me dise ce qu'elle ressent pour moi. Je savais que son attitude était un peu ambiguë avec moi, sinon pourquoi me suivre partout où je travaille, mais je suis davantage habitué à ce que ce soit Ha-Ni qui me rappelle ses sentiments pour moi.
« - Mais ne t'inquiète pas, reprend-elle. Même si la situation semble réelle, je ne veux pas aller aussi loin. Prenons juste cette occasion, pour voir si on serait bien ensemble. Essayons ça !
« - D'accord, c'est bien.
« - Vraiment ? Vraiment, crie-t-elle en sautant sur place de joie.
Naturellement à cause de ses talons, elle manque de tomber et je la rattrape avant de lui proposer qu'on reprenne notre balade. Elle semble ravie et je suppose que c'est ce que je devais faire pour obtenir le financement nécessaire à l'entreprise familiale. Heureusement, il est déjà tard et je la raccompagne à son appartement avant de rentrer chez mes parents. Seulement quand j'arrive, une surprise de taille m'attend puisque maman est présente.
« - Je suis rentré, dis-je avant de rejoindre l'escalier pour prendre une douche.
« - Discutons un peu Baek Seung-Jo.
« - Ne vas-tu pas rendre visite à père à l'hôpital, je demande à maman. Vas-y. Nous parlerons une prochaine fois.
« - Mon Dieu, soupire-t-elle alors que je rejoins le premier étage. Regardez moi ce gosse. Qui aimerait quelqu'un d'aussi froid ? Tu es probablement la seule personne qui peut supporter son humeur, dit-elle à Ha-Ni. Sois forte d'accord ?
Une fois en haut, je m'arrête pour les écouter seulement maman ne dit rien de plus. Je l'imagine très bien prendre Ha-Ni dans ses bras pour la réconforter puis elle s'en va. Je reste immobile encore quelques secondes espérant qu'elle aura le courage que je n'ai pas. Qu'elle montera et qu'on parlera de mon rendez-vous seulement, je l'entends rejoindre la cuisine et je décide de prendre ma douche. Cette journée a été horrible et je ne souhaite qu'une chose, c'est qu'elle s'achève. Seulement je manque de chance puisque lorsque je sors de la salle de bain, c'est pour la voir arriver sur le palier. Sans un mot, j'ai peur du prochain qui sera prononcé entre nous, je la regarde caressant son visage des yeux et comme je suis encore trop lâche pour lui parler, je commence à rejoindre ma chambre.
« - Tu es revenu tôt, dit-elle m'empêchant de fuir comme je l'espérais.
« - Ouais… Je ne peux pas, je lui demande à la regardant une seconde avant de reprendre le chemin de ma chambre.
« - Excuse-moi, dit-elle alors que je la regarde de nouveau. Tu avais un rendez-vous arrangé ?
Je confirme ce point en regardant ailleurs. Je ne peux pas voir la tristesse dans ses yeux. Pas toute de suite. Je n'y suis pas préparé. J'espère que cette réponse lui suffira seulement je suis incapable de bouger et quand elle reprend la parole, je ne peux m'empêcher de me retenir de respirer.
« - Comment c'était ?
« - As-tu entendu avec qui c'était, je l'interroge ennuyé et déçu de la rendre triste.
« - Hae-Ra, confirme-t-elle en hochant la tête. J'ai entendu dire que c'était la petite fille de Windy Media.
« - Ouais… C'est parfait n'est-ce pas ?
S'il te plaît Ha-Ni dis-moi que je me trompe ! Que tout ça est insensé et que tu vas m'aider à me sortir de cette histoire. J'ai déjà accepté de sortir avec Hae-Ra pour voir si entre nous, ça pouvait fonctionner tout en sachant que ça n'ira jamais. J'ai presque envie de lui demander de m'aider. Je suis sur le point de le faire seulement je me stoppe quand je la vois ouvrir la bouche pour répondre à ma question.
« - … Vas-tu… Te marier, demande-t-elle avec hésitation.
« - Me marier ?
Je la regarde espérant croiser son regard, savoir comment elle prend la nouvelle seulement elle a la tête baissée. Pour me cacher sa douleur je suppose. Seulement je la sens, je la connais, je ressens la même à la simple idée de ne pas pouvoir sortir avec elle et lui confier ce que je ressens pour elle.
« -… Probablement. Le mariage s'ensuit normalement après un rendez-vous arrangé.
Mon cœur bat la chamade dans ma poitrine. Mais pour une fois elle n'en est pas la cause. C'est la peur ! Je ne veux pas perdre le contrôle de ma vie, la perdre elle, perdre mon libre-arbitre. Je veux être médecin, soigner des gens et sauver des vies. Je veux qu'elle soit infirmière auprès de moi. Qu'elle m'aide. Qu'on vive dans un village où tout le monde me connaîtrait. Ce rêve qu'elle m'a raconté, je veux le vivre aussi fort qu'elle le voudrait. Elle n'ajoute rien et je décide de rentrer dans ma chambre. Seulement je ne peux plus me coucher. Savoir qu'elle est au courant de tout, même de celle qui m'a attachée à elle, me déprime. Assis sur mon lit, je cherche une solution quand j'entends de drôles de bruits de l'autre côté de la porte. Je songe à aller voir, elle s'est peut-être fait mal ? Seulement, comment pourrais-je la réconforter alors que je n'ai même pas été capable de lui annoncer la nouvelle hier soir ou même ce matin quand je l'ai croisé ? Je dois trouver un moyen de m'en sortir tout seul. De récupérer ma vie. De retrouver ma carrière, mon libre-arbitre, Elle. Seulement si je dis non à Hae-Ra, son grand-père se retirera de l'entreprise et je n'aurais pas les moyens de payer les employés et de sortir le jeu vidéo sur lequel, ils ont tant travaillés. L'entreprise coulera et je serais celui qui l'aura mené à la faillite. D'un autre côté, si je renonce à Ha-Ni, que j'accepte d'épouser Hae-Ra, mon père pourra reprendre une affaire florissante, Hae-Ra aura l'homme qu'elle veut depuis plus d'un an et j'aurais une vie sans surprise, ni joie. Un mariage désastreux mais qui permettra à ma famille de continuer à vivre normalement. Ils pourront garder la maison, et Eun-Jo pourra faire ce qu'il veut de sa vie. Il sera libre… Je suis désolé Ha-Ni, mais je ne peux pas te choisir. Je le voudrais, probablement plus que tout ce que j'ai, mais si je le fais, je condamne ma famille. La porte s'ouvre et je tourne la tête pour voir mon frère entrer le visage chiffonné.
« - Un problème Eun-Jo ?
« - Pourquoi Ha-Ni est triste ? Elle était assise par terre et pleurait avant de rejoindre sa chambre.
« - Elle a appris une mauvaise nouvelle.
« - Oh Ki-Dong aussi est malade ?
« - Non petit frère. Simplement je sors avec une fille et ce n'est pas Oh Ha-Ni. C'est pour ça qu'elle pleure. Allez va te coucher.
Je vois bien que ma réponse ne lui convient pas mais je fais office d'autorité quand maman n'est pas là aussi il obéit sagement et bientôt la maison est calme. Seulement je n'arrive pas à dormir. Et je ne dois pas être le seul puisque Ha-Ni sort de sa chambre alors que minuit va sonner. Je suppose qu'elle va simplement boire mais il n'y a aucun bruit dans la cuisine et je finis par la sortir pour voir ce qu'elle fait. Il n'y a personne dans le salon ni la cuisine et je songe à remonter, j'ai peut-être inventé tout ça, seulement je la vois dehors dans le jardin. Je m'approche de la fenêtre et je l'observe. Assise sur le muret elle fixe les étoiles. Régulièrement sa main vient essuyer son visage et j'en conclue qu'elle pleure seulement j'ignore quoi lui dire pour lui remonter le moral. Que puis-je dire de toute façon ? Je n'ai pas le choix mais je ne veux pas qu'elle le sache. Je veux qu'elle pense que c'est ma décision, mon cœur qui a choisi sa rivale. Pour qu'elle soit heureuse, elle doit penser que je le suis. Je la regarde une dernière fois puis je remonte me coucher espérant que demain nos rapports se seront normalisés.
…
