Disclaimer : Tout de que vous reconnaissez de l'univers appartient à Kaoru Tada et à l'équipe de Playful kiss. Je ne touche rien en écrivant.
Episode 13 ter
Vers dix-sept heures trente, je me sauve de la maison pour aller chercher Hae-Ra. J'aurais préféré que cette première soirée en famille se fasse sans elle mais si elle ne stoppe rien, je serais bientôt marié avec Hae-Ra et elle fera partie de la famille… Je roule doucement craignant cette soirée plus que toutes les autres. Je peux compter sur maman pour faire sentir à Hae-Ra qu'elle n'est pas la bienvenue dans la famille. Le trajet est relativement court et bientôt je fais chemin inverse avec Hae-Ra qui m'annonce qu'elle est excitée à l'idée de rencontrer mon père et de dîner avec nous. Je reste zen, je refuse de parler, je n'aime pas être manipulé et le président Yoon ne s'est pas gêné pour nous imposer sa petite fille.
Il est dix-huit heures quand on entre dans la maison familiale et j'annonce notre arrivée avant de la conduire au salon. A peine est-on assis sur un des canapés qu'Eun-Jo et papa nous rejoigne en s'appropriant les deux fauteuils. Ha-Ni descend également mais reste en retrait comme si elle sentait qu'elle n'a pas vraiment sa place dans ce dîner, même si elle vit ici. De toute façon, je vais devoir la voir comme ma sœur à présent.
« - Seung-Jo, m'appelle mon père, ta mère est arrivée.
En effet maman arrive au salon très droite. Je ne l'ai jamais vu faire tant de manières à vrai dire. Elle rejoint Ha-Ni qui est derrière les fauteuils en retrait au moment où Hae-Ra se lève.
« - Bonjour.
« - Oui, répond maman avec distance avant de prendre une voix plus chaleureuse en se tournant vers Ha-Ni. Que fais-tu là ? Viens par ici, dit-elle en la prenant dans ses bras et en l'asseyant face à moi sur l'autre canapé.
J'ai un bref sourire mental en me rappelant que c'est presque les places qu'on avait lors de son arrivée à la maison, trois ans plus tôt.
« - Je vous ai déjà rencontré, ajoute Hae-Ra alors que je regarde Ha-Ni qui semble aussi mal à l'aise que moi. Je suis Yoon Hae-Ra.
« - Ah oui ? Il me semble vous avoir déjà vue, mais j'imagine que la première impression n'a pas été si formidable que ça. Ah ! Vous savez qu'Ha-Ni et Seung-Jo vivent ensemble, n'est-ce pas, demande-t-elle en commençant aussitôt les hostilités.
« - Oui bien sûr, répond mon amie après qu'on se soit regardé une seconde.
J'ignore ensuite la conversation. Tout ça m'indiffère. Je dresse seulement l'oreille quand j'entends mon prénom mais maman signale simplement que je ne suis pas très sucreries. Il est vrai que je suis plutôt difficile à nourrir. Je n'aime pas quand c'est trop huileux, trop sucré, pas assez épicé… Enfin disons que je suis exigeant question nourriture. J'entends Ha-Ni assurer qu'elle a acheté quelque chose que tout le monde pourra manger et je me demande si ce n'est pas un sketch qu'elle joue avec ma mère étant donné que même moi j'ignore ce qui est bon pour mon père. Seule maman qui a passé les deux dernières semaines à l'hôpital peut connaître les informations. Elle fait vraiment tout pour mettre Hae-Ra mal à l'aise qui heureusement ne se démonte pas.
« - Ce sont des gâteaux de riz. C'est fait pour être mangé confortablement. Mangez-en s'il vous plaît, insiste Hae-Ra en souriant.
« - Elle n'est pas comme Oh Ha-Ni, intervient mon petit frère.
« - En ce qui concerne les gâteaux de riz, demande maman. Même si c'est simple, les gâteaux de riz sont des gâteaux de riz. Dois-je manger le gâteau, ajoute-t-elle en sortant le gâteau de son emballage.
Je fixe maman incrédule. Se croit-elle au théâtre ? Elle joue un rôle bien déterminée à passer pour une Ajuma. Espère-t-elle faire fuir Hae-Ra ? Peut-elle le faire ? J'ai peur qu'elle y parvienne autant que je l'espère. Je me sentirais manipuler à nouveau et je ne suis pas certain d'apprécier tout ça. Papa reprend la parole et je me concentre sur lui.
« - Parlez entre vous, je dois aller me reposer, dit-il en laissant échapper son petit rire de malaise.
« - Moi aussi, ajoute mon petit frère.
Je me sens soudainement abandonné. Hae-Ra est seule contre ma mère puisque Ha-Ni semble essayer de se faire aussi discrète que possible. C'est du moins ce que j'en conclue étant donné qu'elle est habillée en gris et que sa seule intervention a été pour rassurer papa sur le fait qu'il pourrait manger quelque chose. Depuis, elle parle aussi peu que moi. J'observe maman se lever et aller chercher de quoi goûter au gâteau de Hae-Ra. Seulement elle le coupe en deux et en donne la moitié à Ha-Ni qui fixe son assiette surprise, avant de couper du gâteau de riz pour Hae-Ra et moi. Est-elle sérieuse ? Son attitude met tout le monde mal à l'aise et je n'ose plus bouger pour ne pas que maman attaque une nouvelle fois. Heureusement Hae-Ra finit par sourire et prendre un morceau de gâteau qu'elle me donne. Je le prends en la remerciant avant de le regretter dès que maman reprend la parole.
« - C'est mon fils, sourit-elle, mais Seung-Jo a un caractère vraiment fatigant. Il est égoïste et fier et il n'est pas drôle, décrète-t-elle alors que je la fixe incrédule.
« - Ce n'est pas vrai. Il est amusant et il sait discuter, me défend Hae-Ra.
« - Vous aussi, vous devez être du genre rasoir. Vous répondez bien et parlez seulement des choses issues des livres. Vous devez être comme cela ?
« - Oui, vous avez raison. Nous sommes tous les deux rationnels et logiques. Mais même si les autres nous voient comme ça, c'est amusant pour nous.
« - Et en plus, il n'est pas très agréable avec les femmes, réattaque maman. Il ne dit pas un seul mot gentil. C'est le genre de personne qui corrige les lettres d'amour avant de les rendre, raconte-t-elle alors que je la fixe en cherchant à comprendre où elle veut en venir.
« - Ah oui ? J'ai déjà fait ça, moi aussi, sourit Hae-Ra prenant maman de court. Wow ! C'est vrai ? Tu l'as déjà fait ?
« - Oui. Vous devez être du même genre, tous les deux. Baek Seung-Jo semble être intelligent, non ? Mais, c'est un débile, ajoute-t-elle alors que je le fixe en faisant de mon mieux pour garder mon calme. Il ne connaît pas ses propres sentiments. Quand il aime quelqu'un, il est très froid avec elle et la blesse encore plus. Et il la repousse… C'est comme ça que je le vois. Cela veut dire qu'il est effrayé. Les sentiments ne peuvent pas se résoudre aussi facilement qu'une équation en mathématiques, il pourrait se faire prendre.
Tandis qu'elle fait mon portait, elle a une image peu flatteuse de son fils, je cherche à garder mon calme. Je déteste qu'on m'insulte ou qu'on me rabaisse encore plus devant témoins. Je ne peux pas perdre mon sang-froid devant Hae-Ra. Je dois garder la maîtrise de mes sentiments pour ne pas qu'elle voit que je suis ce que maman décrit. Egoïste, fier, incapable de faire face à ses émotions.
« - Vous êtes comme ça, vous aussi, finit-elle par demander à Hae-Ra alors que je décide que c'en est trop.
« - Maman, j'interviens enfin en me levant.
« - Quoi ? Je me trompe peut-être ?
« - Ce n'est pas le moment. De toute façon, Hae-Ra doit partir. Je vais la ramener chez elle.
Hae-Ra se lève et prend congé de ma mère oubliant, volontairement, Ha-Ni qui ne s'en formalise pas. Dans la voiture, je cherche comment expliquer l'attitude de ma mère et finit par lui raconter les projets que nourrit maman. A savoir : Me voir épouser Ha-Ni. Mon amie rit joyeusement avant de me demander si c'était dans mes projets avant notre mariage. Je serre le volant et grommelle après le feu qui passe au rouge. Je ne peux pas répondre à cette question et elle semble comprendre pourquoi puisqu'elle me demande ce que je fais demain. Comme d'habitude, je présume. J'irais au bureau travailler sur le jeu vidéo en espérant que le président Yoon m'accorde le financement promis.
Pour ne pas affronter maman tout de suite, je fais un tour par le parc où j'ai eu rendez-vous avec Ha-Ni et m'y promène jusqu'à sa fermeture. Je souris en voyant la location de bateau, en reconnaissant le coin tranquille où elle s'est endormie, l'arbre où on a observé l'écureuil se balader sur le tronc. Tout me revient même cette sensation de plénitude à être seul avec elle, loin de tous ceux qui pouvaient nuire à ce rendez-vous. Je m'assois sur le banc où Ha-Ni m'a attendu et laisse mes souvenirs me transporter à ce moment au refuge. Quand elle a passé la nuit sur place avec Eun-Jo, et la conversation que j'ai eu durant quelques minutes.
Flash-back
« - Seung-Jo-a ? Merci, dit-elle doucement quand je me tourne pour la regarder. Tu sais de… De ne pas être comme tu es d'habitude avec moi, rougit-elle.
« - Je suis comment d'habitude avec toi ?
« - Froid, moqueur, méchant, liste-t-elle sans réfléchir.
« - Tu as une sacrée image de ton ami Oh Ha-Ni.
« - Je sais, soupire-t-elle en baissant les yeux avant de me fixer, mais tu sais, je crois que je préfère le Seung-Jo d'aujourd'hui.
« - Comment est-il ce Seung-Jo, je demande en m'accoudant à la porte pour la fixer dans les yeux.
« - C'est l'inverse. Il est gentil, chaleureux, protecteur, dit-elle avant d'ajouter plus bas, doux.
Fin du flash-back
Ce souvenir en amène un autre. Quand une heure plus tôt, je l'ai retrouvé dans les bois avec mon frère. Sa cheville douloureuse, la peur dans le regard mais cette même abnégation qui me rappelle mon égoïsme. Malgré sa peur de l'animal qui semblait être présent cette nuit, même si au final ce n'était que les cris de Joon-Gu dans une crevasse, elle voulait que je la laisse ici et que je ne m'occupe que de mon frère et le compliment qu'elle m'a fait.
Flash-back
« - Ton frère te ressemble beaucoup. Il est très fiable et formidable.
« - Tu me trouves formidable, je lui demande amusé alors qu'on avance tous les trois à sa vitesse.
« - Oui, sourit-elle, quand tu oublies de prendre tout le monde de haut, tu es formidable, sourit-elle.
Fin du flash-back
Je souris nostalgique et quand le gardien me signale que le parc va fermer, je rejoins le parking et la voiture que j'utilise. Je prends la direction de la maison et quand j'y suis, je m'assois avec maman au salon. Au moment où Ha-Ni arrive avec un plateau. Elle dépose deux tasses de cafés avant de retourner dans la cuisine pour nous laisser seuls. Même si je suis certain qu'elle nous entendrait même si on chuchotait. Je soupire doucement et me décide enfin à regarder maman.
« - Tu es puérile.
« - Quoi ? Puérile ?
« - Je ne dirais rien sur le fait que tu aimes Oh Ha-Ni. Mais pourquoi me pousses-tu à l'apprécier autant ?
« - Avais-je tort ? Tu es mon fils. Je te connais. Mais le problème, c'est que tu ne te connais pas toi-même.
« - Même si c'est le cas, laisse-moi faire des choses comme je le souhaite.
« - Baek Seung-Jo !
« - Ma carrière et également ma vie amoureuse. Arrête s'il te plaît de t'en mêler, dis-je en haussant le ton pour qu'elle l'accepte.
« - M'en mêler, me demande-t-elle en soupirant. J'ai toujours respecté tes décisions. N'est-ce pas, crie-t-elle. Mais qu'est-ce que c'est ? Tu connais les sentiments de Ha-Ni et pourtant tu l'amène à la maison ? C'est une question de courtoisie entre les gens. Es-tu un gamin qui ne sait pas faire preuve de courtoisie ?
Je fuis son regard. J'ai conscience de tout ça malheureusement je ne peux pas dire non au président Yoon. Je crains bien trop qu'il retire son financement et comment ferons-nous pour payer les employés si on perd son financement ? Encore si papa pouvait reprendre le travail, il pourrait peut-être trouver un arrangement mais moi j'en suis incapable.
« - Mère, je vais bien, déclare Ha-Ni depuis la cuisine me faisant revenir au présent.
« - Maintenant s'il te plaît, pourrais-tu arrêter tout ceci, je demande à maman en haussant à nouveau le ton.
« - Baek Seung-Jo, me reprend papa en nous rejoignant énervé.
« - Bien, dis-je en me levant. Etant donné que tu as toujours respecté mes décisions, fais-en de même cette fois-ci, je demande avant de rejoindre ma chambre.
Je m'enferme et m'assois à mon bureau pour lire mon livre de gestion. Je n'ai pas vraiment écouté mes cours l'an dernier, je ne comptais pas travailler dans ce domaine, pourtant j'y suis à présent et il est grand temps que je reprenne les bases. Jusque là, je n'avais pas vraiment de gestion à faire, il fallait surtout travailler sur Rusty et signer des documents. A présent, il va falloir organiser la suite de l'agenda. Fini le presque amusant. Je vais avoir réunion sur réunion, pour discuter budgets, relationnel, partenariat et tous ces trucs. Je reste tranquille une demi-heure peut-être plus puis Eun-Jo me rejoint. Je l'entends s'approcher avant de s'arrêter et je cesse de lire supposant qu'il veut me parler. Il me donne raison moins d'une minute plus tard.
« - Hyung, dit-il me faisant lever la tête vers lui. Vas-tu vraiment te marier avec Hae-Ra ?
« - N'est-elle pas belle, je lui demande en souriant. Tu aimes les jolies grandes sœurs.
« - Tu aimes cette grande sœur ?
« - Si on continue, ce n'est pas ce qui arrivera, l'interrogé-je après une seconde de réflexion.
« - Mais, crie-t-il avant de reprendre plus bas, mais la personne que tu aimes…
« - Cette grande sœur est une femme qui me correspond bien. Elle est intelligente et joue très bien au tennis également.
« - Hyung !
« - Si tu la rencontres encore à plusieurs reprises, tu finiras par l'apprécier.
Je cesse de le regarder, je ne peux pas lui mentir en croisant son regard. C'est au-dessus de mes forces. Eun-Jo ne comprends-tu pas que je me sacrifie pour que tu puisses être libre de suivre la carrière que tu veux ? Je déteste cette situation, elle m'horripile pourtant, si je le fais c'est simplement pour que notre famille puisse avoir un toit au-dessus de la tête. Que tu puisses faire les études que tu veux, et sortir avec tes amis si tu le souhaites. Je fais tout ça pour papa, pour maman et pour toi, je songe en serrant le poing de colère contenue, alors s'il te plaît petit frère, ne me demande pas de t'expliquer tout ça. Tu es encore un enfant, ces considérations d'adultes, ces problèmes de budgets, de réputations, d'apparence ne te concerne pas encore. Attends d'avoir l'âge pour t'y intéresser. Peut-être trouveras-tu la solution pour libérer ton frère d'un mariage qui le rend malheureux, d'une vie qui le tue à petit feu… Moi je ne trouve aucune solution… Mes deux cent points de QI ne me servent à rien. Cette voie est sans issue. Hae-Ra ne me laissera pas partir. Elle me tient et je crois sincèrement qu'elle est trop orgueilleuse pour voir que si je suis à elle, c'est uniquement pour l'argent de son grand-père.
« - Menteur, chuchote mon frère avant de sortir de la chambre.
Oui je te mens, petit frère mais je ne peux pas te dire la vérité. Personne ne doit savoir que je déteste toute cette histoire et qu'elle me rend plus malheureux que je ne l'ai jamais été. J'ai tout perdu le jour où papa a fait son angine de poitrine et je crois que je ne retrouverais jamais ma liberté. Je tourne la tête et en voyant que je suis seul, je cesse de faire celui qui maîtrise tout. La tête entre les mains, je soupire longuement le regard dans le vague. Je suis bloqué de tous les côtés et je ne peux pas me plaindre. Je fais tout ça pour ma famille.
…
Le lendemain je n'ai pas le courage d'aller travailler. La soirée d'hier a été un cauchemar. En fait la journée complète a été un cauchemar et j'ai besoin de prendre l'air. Je préviens Monsieur Lee que je prends ma journée et je rejoins l'université. Assis sur un muret, je regarde mes camarades vivre la vie qu'ils ont choisie en les enviant tous. Même le capitaine courage d'Ha-Ni. Je reste un moment à les observer rire et discuter en rejoignant un cours ou un autre. Mes yeux vont jusqu'au département de médecine où j'ai failli entrer et je soupire longuement. Je dois dire adieu à tout ça. Le cœur gros je décide de rejoindre le club de tennis. Je pourrais passer par les couloirs et me faire discret seulement je décide de rejoindre les courts. J'ai besoin de savoir si Kyung-Soo m'en veut de me fiancer à son coup de cœur… Et de voir Ha-Ni.
Quand j'arrive, c'est pour le voir faire courir ses recrues. Il est dur tout de même. Il fait vraiment chaud aujourd'hui et ils semblent tous au bout du rouleau. Je sais qu'on a appris de la même manière mais notre entraîneur nous autorisait à nous reposer et nous rappelait sans cesse de s'hydrater. Ce que Kyung-Soo semble avoir oublié.
« - L'entraînement ne finit jamais, jamais, crie-t-il avant de donner un coup de sifflet.
Ses gars repartent en courant alors que je souris à sa méthode. Je devrais signaler ma présence mais j'ai envie d'imaginer l'espace de quelques secondes que je viens simplement m'entraîner comme n'importe qui.
« - Toujours le même, dis-je une minute plus tard.
« - Mon Dieu ! Hey ! Seung-Jo ça fait un bail, sourit-il en me rejoignant avant de perdre son sourire. J'ai su pour ton père. Va-t-il mieux ?
« - Oui, il s'en est sorti.
« - Oh ! C'est un soulagement, dit-il ravi. Que faire, demande-t-il un peu ennuyé. Depuis que tu ne viens plus, les filles ne viennent plus non plus. Regarde-moi ça, ajoute-t-il en se tournant quelques secondes. Que des mecs ! Sérieux ! Tu viens à point nommé. Puisque tu es là, faisons un petit match.
« - Je suis venu pour vider mon casier. Je pense que je ne pourrais pas venir pendant un moment.
« - Quelque chose ne tourne pas rond, marmotte-t-il. Comment se fait-il qu'un élève de premier cycle soit si occupé ?
Je préfère ne pas répondre. Je ne peux pas lui parler de mon futur mariage avec Hae-Ra, ni du fait que je remplace mon père au pied levé dans l'entreprise qu'il a fondé. A la place, je regarde les terrains cherchant où elle est mais Kyung-Soo sunbae a raison. Il n'y a que des gars ici.
« - Je ne vois pas le ramasseur de balles, aujourd'hui.
« - Le ramasseur de balles, demande-t-il perdu avant de le fixer en comprenant. Ahhh, Ha-Ni ? Elle sèche souvent en ce moment. Je crois qu'elle est trop occupée à sortir avec le gars de la cafétéria, m'annonce-t-il avant de se rappeler de son équipe.
Sans un mot de plus, il commence à les houspiller, leur rappeler les résultats médiocres du club l'an dernier alors que je reste immobile. Assommé par la nouvelle. Ainsi Ha-Ni ne vient même plus au tennis ? Je savais qu'ils se voyaient de temps à autre, mais je pensais que c'était comme Hae-Ra et moi. Rien d'officiel, juste un ou deux rendez-vous dans la semaine. Mais apparemment, ils passent beaucoup plus de temps ensemble que ça… Et je n'aime pas ça. Je sais que je n'ai plus le droit de penser à elle ainsi mais je ne veux pas qu'elle sorte avec Joon-Gu. Je veux qu'elle m'attende. Je vais bien finir par être libéré de ce mariage, non ? Puisqu'avec Hae-Ra on est d'accord pour ne pas aller si loin ? Je décide de me reprendre et rejoins les vestiaires d'un pas tranquille même si je ne peux m'empêcher de songer à tout ça. Seulement je suis dérangé par une voix que je reconnais rapidement. Celle de Joo-Ri une des amies de Ha-Ni qui semble-t-il, visite les courts.
« - Waouhh, s'exclame-t-elle. Oh ! Ils s'entraînent… Oh ! Baek Seung-Jo, m'appelle-t-elle en m'apercevant. Que fais-tu là, ajoute-t-elle quand je les regarde depuis l'autre côté du grillage.
« - C'est moi qui devrais vous demander ça, je signale.
« - Ah, admet Min-Ah en hochant la tête. C'est vrai.
« - Enfin, nous avons entendu dire que tu allais te marier, reprend Jung Joo-Ri avec force. Avec Yoon Hae-Ra ?
J'ouvre la bouche pour répondre et lui demander de se mêler de ses affaires. Je n'aime pas qu'on parle de moi seulement je change d'avis et reprend tranquillement ma route vers les vestiaires. Seulement je sais qu'elles n'ont pas fini de me parler puisqu'elles courent dans ma direction.
« - N'est-ce pas aujourd'hui que Ha-Ni a rencard avec Bong Joon-Gu, demande-t-elle.
« - Si ! Bong Joon-Gu a préparé quelque chose de délicieux pour elle, précise Dokgo Min-Ah alors que je me concentre pour garder mon calme à l'entente de ce prénom maudit.
« - Bong Joon-Gu est vraiment génial !
« - Je sais ! Qui aurait pu penser qu'il irait jusqu'à la demander en mariage, ajoute Min-Ah.
En entendant ça, je m'arrête et ma tête se vide. Je ne sais plus rien, j'ai tout oublié, plus rien n'a d'importance. Ni ces deux bécasses, ni Hae-Ra, ni le financement de son grand-père. Seule une phrase m'importe. Bong Joon-Gu a demandé Oh Ha-Ni en mariage… Il lui a demandé de l'épouser… Ils vont se marier… Ha-Ni va m'échapper pour toujours… Je la perds réellement ce soir… Sans possibilité de la garder à moi… Tout ce que j'ai pu faire pour la garder à mes côtés ne comptent plus. Elle me chasse de son cœur, de sa vie, pour être avec un homme qui est disponible pour elle. Qui la traite mieux que je ne le fais… Quelque part loin de moi, une voix retentit mais je ne sais plus à qui elle est. Je ne connais plus sa propriétaire, je sais simplement que ce n'est pas celle de Oh Ha-Ni.
« - Elle doit lui donner sa réponse aujourd'hui ?
« - Ah, c'est vrai ! C'est pour ça qu'elle était toute pomponnée, ajoute une femme avant qu'elles ne se mettent à rire.
A se moquer de mon malheur, de la perte de Ha-Ni. Ha-Ni qui va épouser Bon Joon-Gu. Cet idiot qui n'a peur de rien. Pas même du ridicule. Ce type qui l'a fait sourire à chaque fois que j'ai pu la blesser. Qui n'a jamais hésité à prendre sa défense. Qui n'a jamais joué avec son cœur comme j'ai pu le faire.
« - Donc c'est Ha-Ni qui va se marier la première, reprend la première voix.
« - Ah c'est vrai, rit la seconde avant qu'elles ne s'effacent de ma tête.
Je suis comme anesthésié. Plus rien n'a d'importance. Elle me quitte, m'échappe de la seule manière qui m'empêche de la faire revenir à moi. Tu t'en vas Ha-Ni. Tu vas vers un autre parce que tu es lassée de m'attendre, n'est-ce pas ? Parce que toi aussi, tu as perdu espoir ? Je baisse la tête déçu qu'elle m'abandonne. Qu'elle refuse de se battre pour moi. Elle ne me reviendra plus. Je la perds à jamais et quand elle lui aura dit « oui », je n'aurais plus de raison de refuser ce mariage arrangé. Elle sera heureuse avec son capitaine courage alors que je vais dépérir et m'enfermer dans un travail que je déteste pour ne pas voir que je rendrais Hae-Ra malheureuse. Une balle passe devant mes yeux et je reviens au présent. Un des joueurs s'excuse et je lui renvoie la balle avant de rejoindre les vestiaires. Pourtant je ne vide pas mon casier tout de suite. Il n'y a personne ici. Je peux réfléchir en paix. Je dois trouver une solution pour qu'elle me revienne. Je ne peux pas perdre son sourire. Si elle se marie avec lui, elle quittera la maison et je ne la verrais plus jamais. Elle s'arrangera pour ne plus croiser ma route ou bien je la croiserais par hasard, enceinte ou avec un mini elle lui tenant la main. Cette vision m'arrache le cœur et j'ouvre violemment la porte de mon casier que je vide avant de la claquer de toutes mes forces. Comment peut-elle m'abandonner ? N'étais-je pas son Seung-Jo ? Son rêve n'était-il pas de vivre et de travailler à mes côtés ? De m'aider à chaque seconde ? De m'entourer de son amour et de son soutien ? De rendre ma vie amusante ? Pourquoi abandonner si vite ? Officiellement je ne suis même pas fiancé encore ! Enervé, je quitte l'université et je rejoins mon petit appartement. Je n'ai que trop retardé ce déménagement. Je vide mes placards et range tout dans ma valise et dans quelques cartons. Les meubles n'étaient pas à moi après tout. Je m'assure que je n'ai rien oublié et j'appelle le propriétaire pour lui rendre les clefs. Je n'ai que très peu vécu ici et il me rend ma caution sans sourciller. Je fourre le chèque dans ma poche et monte dans ma voiture pleine. Je roule jusqu'à la maison de mes parents et je ramène tout. Je range mes vêtements d'étudiants, derrière les costumes chics de jeune PDG, mes serviettes et tout le linge de maison dans les placards puis je m'assois à mon bureau. Mon livre de gestion est encore ouvert et je le ferme avant de poser ma tête sur mes bras croisés. Je sursaute quand j'entends la porte du bas s'ouvrir et je regarde l'heure. Il n'est que dix-sept heures pourtant je ne peux pas rester là une minute de plus. Je dois agir ! J'ignore encore comment faire mais je dois faire comprendre à Ha-Ni qu'il y a encore de l'espoir pour nous deux. Je rejoins l'entrée et croise maman. Quand elle me voit me chausser, elle me conseille de prendre un parapluie, la météo annonce de fortes pluies. J'obéis avant de m'arrêter en bas de la rue. Comment faire pour la rejoindre et lui parler ? J'ignore même où elle se trouve. Je m'arrête en me sentant soudainement idiot. Où aller à présent ? A bout d'idée, je rejoins l'arrêt de bus. S'il doit pleuvoir, Ha-Ni rentrera en bus pour ne pas prendre froid. Je suis à peine assis que les premières gouttes tombent du ciel. Je soupire et essaie de trouver une raison d'annuler mon mariage. Peut-être pourrais-je trouver un autre financement ? Quelqu'un qui donnera moins mais qui ne m'obligera pas à épouser sa petite fille ? Je prends mon portable pour envoyer un sms à Hae-Ra seulement je me dégonfle. Que pourrais-je lui dire de toute façon ? « Salut, j'apprécie ton amitié mais Ha-Ni va en épouser un autre alors je dois lui rappeler que c'est moi qu'elle doit épouser ? » C'est complètement idiot ! Je range mon téléphone. Je ne peux pas non plus envoyer un sms à Ha-Ni. Même un truc du genre « S'il te plaît, dis-lui non et rejoins-moi. On s'enfuira et on ira se marier en cachette ! » Bien que l'idée soit tentante, je veux faire ça dans les règles… Et je suis prêt à parier que comme toutes les filles, elle veut un beau mariage, pas un truc à la sauvette genre aller-retour à Las Vegas marié par un Elvis Presley bedonnant. Je ne suis pas prêt pour le mariage, c'est certain, je souhaite être libérer du service militaire au préalable mais s'il faut ça pour que je ne sois plus obligé épouser Hae-Ra alors je veux bien me marier dès maintenant.
C'est un coup de tonnerre qui me ramène au présent. La chaussée est détrempée et la nuit commence à tomber. Pourtant je suis certain qu'elle n'est pas encore rentée. Elle est encore avec lui. Qui la fait rire et sourire. Qui la protège et la défend quand d'autres la blesse. Moi, le plus souvent. Des pneus crissent et je regarde un conducteur perdre temporairement le contrôle de son véhicule. Il s'arrête et quand il redémarre, il a de nouveau le contrôle. Je suis le véhicule des yeux alors qu'un second coup de tonnerre retentit. La foudre s'y met et j'observe la rue. Elle est déserte ou presque. Les coréens qui ont oublié leur parapluie sont tous à l'abri en espérant que ça s'arrêtera bientôt mais pas moi. Je reste assis, immobile espérant que Ha-Ni n'a pas de parapluie. Qu'on pourra marcher côte à côte comme la fois où elle est arrivée trempée au restaurant. Où je l'ai ramené chez moi, le cœur battant. J'aurais dû lui confier mes sentiments. Depuis longtemps. Je soupire une nouvelle fois alors qu'un bus s'arrête. Des gens montent, d'autres descendent mais pas elle. Peu importe ! J'attendrais le temps qu'il faudra. Je ne sais pas encore quoi lui dire à vrai dire. J'ai passé la journée à repenser à nos souvenirs. Son chantage à la photo au lycée, ses encouragements pour passer l'examen d'entrée à l'université, les petits boulots qu'elle a pris pour m'acheter ce casque massant, nos rencontres à l'université. Notre balade au parc après la course contre les bandits, le baiser que je lui ai volé au refuge et ses nombreux sourires. Son étreinte quand je lui ai avoué que je renonçais à l'idée d'être médecin. Un nouveau bus s'arrête de l'autre côté de la rue je le vois du coin de l'œil mais je ne le regarde pas. J'essaie d'imaginer Ha-Ni lui dire oui mais je n'y arrive pas. Je ne veux pas la voir s'éloigner définitivement de moi. Je finis par regarder la rue avant de la voir qui me regarde surprise de me trouver là. Je me lève sans la quitter des yeux et je cherche quelque chose de gentil à lui dire.
« - Que fais-tu là ?
« - Qu'est-ce que tu crois, je lui demande en échouant lamentable à être gentil. Ça ne te paraît pas évident ? J'étais sûr que tu n'avais pas de parapluie.
« - Donc, est-ce que tu m'attends ?
Je ne la quitte pas des yeux. Son regard est plein d'espoir et je cesse enfin d'être sur la défensive. Je ne peux lui répondre, c'est évident que je l'attendais aussi j'ouvre le parapluie et commence à partir seulement je ne l'entends pas me suivre. Je me retourne pour constater qu'elle n'a pas bougé alors je l'attends. Ce n'est pas grave si elle ne vient pas tout de suite. Au moins grâce à cette pluie, on est seul elle et moi et je peux profiter de sa présence sans interférence. Elle se reprend au même moment et me rejoint sous la toile imperméable. Je me retiens de sourire et doucement on rejoint la maison dans un silence confortable. Ce n'est qu'en bas de la rue que je décide d'aborder le sujet qui me préoccupe.
« - Est-ce que tu reviens de ton rencard, je lui demande d'une voix calme…Quelle réponse lui as-tu donnée, j'ajoute puisqu'elle se tait.
« - Hum ?
« - J'ai entendu dire qu'il t'avait fait sa demande.
« - Et alors ? Je n'en ai pas le droit ?
« - C'est pour ça que je te demande ce que tu lui as répondu, admets-je.
« - Qu'importe ma réponse, ça ne te regarde pas, dit-elle alors que je me penche légèrement pour mieux percevoir sa voix par-dessus la pluie.
Je suis concentré sur chaque mot qui sort de sa bouche. Je veux savoir ce qu'elle a dit, quelle réponse elle a donné à son capitaine courage seulement elle semble refuser de me répondre et je décide d'accepter ça pour le moment. Je lui reposerais la question quand on sera à l'abri.
« - Certes.
« - Je… vais déménager, m'annonce-t-elle soudainement me faisant m'arrêter au milieu du trottoir. J'en ai parlé à mon père. Je risque d'être sur ton chemin.
Je m'arrête quelques instants surpris et blessé. Je pensais qu'elle resterait jusqu'à son mariage au moins. Qu'elle ne quitterait pas sa maison avant mais visiblement elle préfère se rapprocher de lui. Je songe à lui crier dessus, lui interdire de partir mais je ne veux plus la blesser aussi je repars simplement sans m'assurer qu'elle suit. Il vaut mieux que je me calme. Je décide de prendre un raccourci et traverse le parking de l'épicerie ou j'achète mes cafés glacés quand elle me rejoint en courant.
« - C'est une bonne chose que Joon-Gu soit si travailleur. Mon père l'apprécie beaucoup aussi. A présent, je vais aider mon père au restaurant avec Joon-Gu.
Va-t-elle cesser de me blesser ainsi ? Je m'arrête et me tourne pour lui faire face. J'admire son visage quelques secondes avant de lui poser franchement la question.
« - Tu as des sentiments pour lui ? Bong Joon-Gu, je précise inutilement.
« - Bien sûr… Il n'a eu d'yeux que pour moi au cours des quatre dernières années.
« - Si quelqu'un t'aime, tu te dois de l'aimer en retour, je l'interroge en haussant le ton.
Je ne comprends pas sa logique. Pourquoi se lancer dans une histoire qui ne la rendra pas plus heureuse que moi avec Hae-Ra ? Pourquoi t'infliger ça Ha-Ni alors que tu es libre de choisir ta vie ? Pourquoi recréer ton rêve autour de Joon-Gu et abandonner là l'idée d'être infirmière pour m'aider dans un cabinet de campagne ?
« - Pourquoi ? Je n'en ai pas le droit, demande-t-elle en haussant également le ton avant de reprendre plus triste qu'en colère. J'en ai assez de ce béguin. Je veux être avec un garçon qui m'aime aussi. J'apprécie Joon-Gu.
« - Toi, je reprends maladroitement… Tu es amoureuse de moi, je décrète sans la quitter du regard. Tu ne peux en aimer un autre que moi.
« - C'est quoi, ce trop plein de confiance, demande-t-elle en baissant les yeux gênée.
« - Non ?
« - Oui tu as raison, crie-t-elle avant de continuer tristement, je n'aime que toi. Mais que dois-je faire ? Tu ne me vois pas. Quelqu'un comme moi…
Je ne la laisse pas continuer. J'ai entendu les mots que je voulais voir franchir sa bouche et je lâche mon parapluie pour prendre son visage en coupe. Sans un mot de plus et avant que mon courage ne m'abandonne, je me penche vers elle et pose mes lèvres sur les siennes. Je l'embrasse enfin. Sans lui voler de baiser. Sans témoins. Rien que pour qu'elle sache ce que je ressens pour elle. J'appuie mon baiser, je l'embrasse jusqu'à ce que je la sente me répondre. Quand elle le fait, je sens mon cœur battre frénétiquement dans ma poitrine. Mon corps ne m'appartient plus, quelque chose éclate en moi mais j'aime cette sensation. J'aime ses lèvres presser les miennes, sa bouche répondre à mon baiser, son souffle contre le mien. Je ne veux plus m'arrêter, m'éloigner d'elle, retirer mes mains de son visage, lui laisser une chance de m'échapper. Pas à présent que je lui ouvre enfin mon cœur. Que je la laisse entrer. Tu es petite mon Ha-Ni, tu peux y tenir toute entière. Viens je t'en prie… L'eau coule sur mon visage et ça ne me dérange pas mais je m'éloigne tout de même de sa bouche. Je ne veux pas qu'elle prenne froid. Pourtant mes mains ne peuvent se résoudre à quitter son visage et je la fixe pour lire dans son regard. Je veux savoir si elle a aimé ce baiser. Si elle est d'accord pour qu'on soit un couple elle et moi. Je ne lui ai pas demandé c'est vrai mais j'espère que ce baiser, tellement différent de celui de la soirée au lycée lui a fait comprendre que c'est elle que mon cœur a choisi. Pourtant elle garde la tête baissée m'interdisant de lire dans ses yeux. Le bonheur de savoir que son Seung-Jo n'est qu'à elle, ou l'effroi en songeant qu'elle trompe son fiancé. Même si j'espère qu'elle lui a dit non.
« - Ne dis plus que tu aimes quelqu'un d'autre, dis-je doucement.
« - C'est le deuxième, dit-elle après avoir hoché la tête.
« - Le deuxième quoi ?
J'ai la voix légèrement rauque et quand elle me regarde enfin je peux lire dans ses yeux qu'elle est heureuse.
« - Baiser, souffle-t-elle.
Frôler sa peau n'est plus suffisant et je l'attire doucement à moi en posant ma main sur l'arrière de sa tête pour la sentir contre ma poitrine.
« - C'est le troisième, avoué-je en souriant… C'est rien… On ne va plus les compter désormais.
Je crois l'entendre chuchoter quelque chose contre ma poitrine mais ça n'a plus d'importance à la seconde ou je sens ses bras entourer ma taille. Je sens mon rythme cardiaque retrouver son calme et une sérénité nouvelle s'empare de moi… Je ne me suis plus senti aussi heureux et léger depuis le jour où papa m'a appelé pour me demander de rentrer à la maison. Juste avant son angine de poitrine. On reste ainsi plusieurs secondes puis je finis par rattraper le parapluie et nous abriter dessous. Ce n'est plus vraiment nécessaire, nos cheveux et nos vêtements sont mouillés mais au moins nous ne seront pas plus exposé à la pluie.
« - Tu… Tu m'attendais, n'est-ce pas, demande Ha-Ni quand on reprend la direction de la maison.
« - Oui… Je voulais savoir si tu étais fiancée ou pas.
Elle n'ajoute rien et je la regarde quelques instants. Elle sourit doucement ce qui me rend incroyablement heureux. Pour une fois je suis la cause de son sourire pas de sa colère. On arrive trop vite devant la maison et je la regarde une dernière fois.
« - Peux-tu garder cette soirée pour toi ?
« - Pourquoi ? Tu regrettes…
« - Non. Souviens-toi de ce que je t'ai dit chez moi. Si maman apprend quelque chose s'est passé entre nous alors, nous serons contrôlés par ma mère toute notre vie.
Elle me regarde et hoche la tête. Rassuré, j'ouvre la porte et la laisse entrer sans dire un mot. On retire rapidement nos chaussures qui sont mouillées avant d'entrer. J'espère que l'état dans lequel on est nous permettra de disparaître à l'étage sans qu'un mot ne soit prononcé mais je me trompe puisqu'Eun-Jo vient vers moi dès qu'il m'aperçoit.
« - Hyung !
Je regarde nos parents. Tous les trois réunis, la mine grave, je crains ce qu'il est en train de se passer. Je ne veux pas entendre de mauvaises nouvelles ce soir. Je suis enfin heureux et j'ai envie d'en profiter quelques heures avant de retourner à la dure réalité.
« - Oh chéri ! Que vous est-il arrivé à tous les deux, demande maman inquiète en voyant notre état. Vous allez attraper froid. Dépêchez-vous de monter et de vous changer.
« - Oui, sourit Ha-Ni avant qu'on commence à monter même si je me retourne quand Eun-Jo me rappelle.
« - Hyung ! Oh Ha-Ni va déménager.
Non ! Ce n'est plus utile à présent. Je voulais garder le début de notre histoire secrète mais si je veux garder Ha-Ni près de moi, je dois leur avouer… Je regarde nos parents. Oh Ki-Dong hoche gravement la tête, papa évite mon regard et maman baisse les yeux, triste. Je me tourne et observe Ha-Ni. Elle semble incertaine aussi je décide de faire preuve de courage. Je prends sa main entrelaçant nos doigts pour trouver en elle le courage nécessaire pour leur faire face à tous et je me lance.
« - J'ai quelque chose à dire, dis-je en fixant Ki-Dong.
« - Ah… A moi, demande-t-il surpris alors que mes parents me regardent curieux. Bien, va te changer d'abord, ensuite…
« - Je… Je veux épouser Oh Ha-Ni !
…
