Disclaimer : Tout de que vous reconnaissez de l'univers appartient à Kaoru Tada et à l'équipe de Playful kiss. Je ne touche rien en écrivant.

Retour à la réalité

C'est papa qui vient nous chercher à l'aéroport et je crains le pire. Si maman reste à la maison, elle prépare peut-être une fête ou quelque chose comme ça. Seulement j'ai beau poser la question, papa m'assure qu'il n'y a rien de prévu. De toute façon, on est trop fatigué par le voyage pour faire quoi que ce soit, hormis défaire nos valises je veux dire. Je regarde ma femme dans le rétroviseur et souris en la voyant endormie… Elle est mignonne ainsi. Pourquoi je ne lui ai jamais dit que j'aimais la regarder dormir ? Mieux encore, pourquoi lui ai-je menti en lui disant hier qu'elle n'était belle que parfois ?

« - Papa, dis-je doucement sans la quitter des yeux, est-ce que parfois tu te lasses de regarder maman ? De la trouver belle, ce genre de chose, je demande gêné.

« - Eh bien, rit-il, non. Parfois je m'aperçois que je ne la regarde plus comme avant et certains matins j'oublie de la regarder mais je ne m'en lasserais jamais. Pourquoi ? Tu te lasses d'Ha-Ni-a ?

« - Non, je réponds spontanément. Au contraire. Plus je la regarde plus je la trouve belle. Plus elle est proche de moi plus elle me manque quand elle s'éloigne… J'ai peur que… Tu sais quand je ferai mon service militaire… Et si je faisais des erreurs parce qu'elle me manque, j'explique maladroitement.

« - Tu apprendras à être concentré lorsque tu tiens une arme, mon fils. Comme je l'ai appris et comme ton fils l'apprendra à son tour. C'est difficile de naître homme en Corée mais ce service militaire sera salutaire pour ton mariage. Il va t'apprendre que l'amour résiste même à l'absence, à la distance et que c'est parfois nécessaire pour retrouver l'unicité du couple.

Je quitte enfin ma femme des yeux pour le regarder. Il semble sérieux soudainement et je me demande s'il parle par expérience. Je n'ai jamais vu mes parents l'un sans l'autre. Ils prennent leur petit-déjeuner ensemble chaque matin et leur dîner ensemble chaque soir d'aussi loin que je me souvienne. Alors qu'avec Ha-Ni, on est si peu ensemble… A l'université, je déjeune avec mes amis et elle les siens, on ne se retrouve que le soir puisque le matin, on ne se lève pas à la même heure. La voiture s'arrête et papa me prévient qu'il va prendre nos bagages afin que je porte mon épouse jusqu'à notre chambre. Quand je l'entends, ça me frappe. A présent nous aurons notre chambre. Inutile de retarder le moment d'aller se coucher pour profiter encore un peu de son sourire. Inutile de m'asseoir à la fenêtre pour l'écouter vivre ou bien la chercher sur le campus pour apercevoir son visage quelques minutes. J'ouvre la porte et elle sursaute avant de regarder partout surprise.

« - On… Est déjà de retour à la maison ?

« - Oui.

« - C'était rapide, sourit-elle.

« - Si tu n'avais pas dormi tout le long du voyage aussi, je souligne mi-amusé mi-ennuyé.

« - Tu recommences à être méchant, soupire-t-elle en sortant de la voiture.

Je secoue la tête et attrape sa main dès qu'elle la tend pour prendre sa valise. Elle sursaute et me regarde alors que je prends ma valise. On rentre tous les trois et je soupire soulagé en m'apercevant qu'effectivement aucune fête ne semble être prévue… Même si maman nous saute dessous pour nous demander comment était le voyage. Je la fixe surpris et veux l'interroger sur le but de ses questions mais mon épouse commence à lui raconter le voyage en avion et lui parle de la mégère. Je l'interromps pour la prévenir que je monte nos affaires et machinalement j'entre dans ma chambre avant de m'arrêter sur le seuil. Mon lit n'est plus là naturellement et la chambre me semble vide. Je referme la porte et rejoins celle qu'occupait Ha-Ni. Rien n'a changé naturellement sauf le lit qui est plus large. Je vois que mes livres de cours sont posés sur le bureau et dans le placard, mes vêtements côtoient ceux de mon épouse. J'ouvre ma valise et range le peu encore propre avant d'emmener le reste dans la buanderie. Quand je reviens dans ma chambre, c'est pour voir Ha-Ni fermer la porte du placard, du linge pleins les bras. J'ignore ce qu'elle compte faire à présent mais pour ma part, je m'assois au bureau et je commence à travailler mes cours. Je reçois un sms de Damian peu après et je l'ouvre curieux. « Il paraît que tu rentres aujourd'hui. Demain je paye ma tournée de café, je t'en prends un ? » Je souris amusé par sa manière d'agir et décide de lui répondre. « Salut, je suis rentré depuis une heure à peu près. Prends-moi un café noir. Sans sucre de préférence et avec un sourire et un compliment destiné à ma sublime personnalité ! » Je lui envoie et replonge dans mon livre jusqu'à ce que la porte de la chambre s'ouvre. Ha-Ni s'approche du bureau et me demande si j'ai vu son livre d'économie. J'abandonne mes cours le temps de l'aider à le retrouver puis elle ressort de la pièce me laissant seul au moment où je reçois la réponse de Damian. « Ok pour le café. Pour le reste demande à ta femme ! » Je secoue la tête et reprends mes révisions jusqu'au dîner. Je sors de la chambre quand maman m'appelle pour voir mon épouse assise dans le petit salon le nez dans son livre. Ses sourcils m'apprennent qu'elle ne comprend rien et je lui propose mon aide après le dîner mais elle secoue la tête.

« - J'essaie de prendre un peu d'avance sur le programme, inutile de t'ennuyer avec ça pour le moment. Ga-Eul m'a envoyé tous les cours par mail. Je rattraperais ça plus tard.

« - Pourquoi ne pas l'avoir fait aujourd'hui, je demande alors qu'on rejoint la cuisine.

« - Tu étais devant l'ordinateur, je ne voulais pas te déranger.

« - Mais…

Je m'arrête et la regarde perplexe. Pourquoi ne pas m'avoir demandé l'ordinateur quelques minutes le temps de tout imprimer ? Je pouvais lire dans le salon ! Je me retiens de lui donner mon avis et on s'assoit pour écouter nos familles nous parler de ce qu'ils ont fait durant notre absence. Papa parle surtout du nouveau jeu sur lequel ils travaillent. Grâce à Rusty, ils engrangent suffisamment de bénéfices. Ils peuvent rembourser le président Yoon dans les temps et commencer à développer un autre jeu. Dans la même lignée que celui que j'ai aidé à créer. Je l'écoute plutôt fier d'avoir participé à cette nouvelle direction et quand le repas est terminé, je préviens Ha-Ni que je vais rester un peu en bas. Elle hoche la tête et monte probablement pour récupérer ses cours alors que je fixe maman.

« - Pourquoi es-tu venue à Jeju ? Avec Eun-Jo, je précise.

« - Moi ? Mais non, j'étais ici à m'occuper de…

« - Je t'ai vu au musée ! Tu as bousculé notre voisine de chambre à l'hôtel ! Tu étais à la boutique souvenirs à nous prendre en photos et j'ai vu Eun-Jo caché sous des cheveux châtain et un imper !

« - Oh ! Pourquoi es-tu comme ça, soupire-t-elle. Je voulais juste m'assurer que vous vous passiez un moment agréable ! Je ne suis pas venue vous déranger, non, se défend-elle.

« - … Oui… A propos, merci d'avoir éloigné la mégère de mon bras, je dis en montant.

Elle sourit ravie et je lui cache mon sourire amusé. A la place, je vais voir mon petit frère, j'ai un compte à régler avec lui depuis le mariage. Je le retrouve dans sa chambre sans grande surprise et je ferme la porte derrière moi.

« - Hyung ?

« - Tu t'es bien amusé à Jeju ?

« - Tu nous as vu, soupire-t-il. Maman voulait absolument partir avec vous.

« - J'ai cru comprendre ça… Eun-Jo, je croyais que tu savais garder les secrets, je soupire déçu.

« - Je le sais Hyung !

« - Ah oui ? Alors pourquoi Ha-Ni a connaissance du baiser au refuge, je l'interroge avec sérieux.

« - Je… Elle était stressée le jour du mariage. Elle tremblait et avait peur de faire une bêtise. Je voulais la rassurer sur tes sentiments pour elle. Je ne savais pas qu'elle allait te sauter dessus à la fin, m'assure-t-il.

« - Je t'avais demandé de garder ça pour nous, non ?

Il me fixe avant de baisser la tête en s'excusant. Cependant je ne lui en veux pas… Enfin plus vraiment. Ce que je lui prouve en lui frottant les cheveux que je m'amuse à emmêler avant de sortir de la chambre pour rejoindre la mienne. Ha-Ni est en train de lire ses cours alors que d'autres s'impriment et je m'appuie contre le chambranle de la porte, bras croisés pour la regarder. Elle semble sérieuse et j'aime la voir ainsi. Je la connais, ça ne durera pas mais au moins elle semble se donner les moyens de réussir son année. Seulement ça m'ennuie rapidement de savoir qu'elle m'ignore et je m'avance dans la chambre pour rejoindre le bureau et reprendre mon livre de médecine. Elle sourit et m'assure qu'elle a bientôt terminé mais je m'assois sur le petite canapé au pied au lit.

« - Prend ton temps, je n'ai pas besoin du bureau… Ha-Ni-a, j'ajoute plusieurs pages plus tard, veux-tu aller te laver en premier ?

« - Quoi ? Euh…

Je l'observe regarder le lit, la porte et le bureau et je devine son dilemme mais j'attends sagement. Elle finit par hocher la tête et je souris.

« - Merci… J'aime que l'odeur de ton gel douche envahisse la pièce quand je me lave.

Elle rougit et sort de la chambre alors que je secoue la tête. Je n'aurais jamais dû lui avouer ça, n'est-ce pas ? C'est trop tard à présent et quand elle revient dans la chambre, les cheveux mouillés, je vais me laver. Je me sens gêné en m'apercevant que j'aimerais refaire l'amour à ma femme. Mais ici, sous ce toit, avec Eun-Jo de l'autre côté du mur, ça me semble impossible. Une autre fois, ce soir, nous dormirons simplement l'un avec l'autre. Comme durant la seule nuit qu'elle a passé chez moi. J'enfile mon pyjama, me lave les dents puis je retourne dans la chambre. Ha-Ni est à nouveau devant l'ordinateur mais elle n'est pas à l'aise, je le vois à sa manière de se tenir. Je reprends également ma place et mon livre avant de lever la tête quand elle me tend mon portable en me signalant que j'ai reçu un sms durant ma douche. Curieux, je l'ouvre et souris en voyant qu'il émane de Damian. « C'est bon ta femme t'a fait un compliment sur ta personnalité narcissique en souriant ? ». Il est fou cet américain ! « Non je te l'ai demandé à toi, pas à mon épouse. » Je repose mon téléphone et lève la tête pour croiser le regard d'Ha-Ni qui semble gênée. Comme elle ne dit rien, j'arque un sourcil puis replonge dans mon livre. Elle inspire longuement puis se tourne alors que je lève les yeux pour la regarder.

« - Je vais me coucher, j'annonce après avoir terminé le chapitre… Tu te couches bientôt ?

« - Je… Oui, j'arrive, dit-elle en éteignant l'ordinateur… Demain je te ferais le petit-déjeuner, ajoute-t-elle me s'allongeant.

Je me sens stupide de paraître si dur avec elle et quand elle se couche près de moi, je l'attire contre moi et lui souhaite de bien dormir. Elle est tendue quelques minutes puis elle se replace plus confortablement alors que je m'endors lentement. Même si je suis réveillé par son doigt qui se pose sur mon front avant de descendre doucement jusqu'à mon menton. Je l'entends murmurer et je retiens un sourire.

Je suis réveillé par la sonnerie du réveil et je tourne la tête pour voir que Ha-Ni dort profondément. Comment fait-elle ? Je me redresse et éteins ce réveil que je maudis en voyant qu'il n'est que cinq heures du matin. Hors de question que je me lève si tôt. Je me recouche pour terminer ma nuit seulement je n'y parviens pas. Pourquoi voulait-elle se lever si tôt ? Juste pour préparer le petit-déjeuner ? Je me tourne pour l'observer dormir, un spectacle dont je ne me lasse pas. Elle est si mignonne. Ses cheveux forment une flaque de pétrole sur l'oreiller blanc et rose et son visage est serein. Je ne peux pas la blesser ainsi. Comme elle hier, je pose mon doigt sur son visage et en dessine lentement les traits. Je t'aime Oh Ha-Ni !

A six heures, j'abandonne et je descends pour prendre mon petit-déjeuner. Maman arrive au même moment et me propose de m'asseoir pendant qu'elle cuisine. J'accepte serein avant de soupirer quand elle me demande si on a passé une bonne nuit dans notre nouveau lit. Et surtout si elle va bientôt être grand-mère. Seulement il est trop tôt pour ouvrir le débat, Ha-Ni et moi sommes d'accord pour attendre et je ne compte pas déroger cette fois-ci. Maman ne peut rien faire contre nous et nous imposer une grossesse ? Je compte nous protéger à chaque fois. Ainsi, nous deviendrons parents quand nous le désirerons. Eun-Jo arrive pile au moment où elle pose nos petits-déjeuners et je la remercie tout en regardant l'heure. Mon épouse va être en retard en cours si elle ne se lève pas. Au même moment, j'entends une porte à l'étage et des pas précipités dans l'escalier. Elle apparaît devant nous et je lève les yeux sans rien dire. Et pour cause, elle a exactement la même coiffure que lors de notre dernier réveil à Jeju après notre première nuit.

« - Good morning, lui sourit maman me ramenant au présent et à Séoul. Pourquoi te lever si tôt ? Tu aurais pu dormir plus longtemps. Tu dois être fatiguée, ajoute-t-elle alors que je regarde mon épouse avec l'envie de la ramener dans notre lit pour qu'elle se repose.

« - Je suis désolée.

« - Que s'est-il passé, je m'enquis. L'alarme a sonné à cinq heures. J'avais hâte de voir ce que tu préparerais pour le petit déjeuner.

« - Hyung ! Tu peux oublier tout ça.

« - Ha-Ni-a, assieds-toi aussi, intervient maman en lui désignant la chaise à ma gauche. Veux-tu aller te laver avant de manger ?

« - Oui, avoue mon épouse en hochant la tête. Je suis désolée.

« - Tu n'en as pas besoin, déclare maman alors que Ha-Ni me regarde.

« - Tu vas à l'université, n'est-ce pas ? Je me prépare rapidement, alors allons-y ensemble.

« - Tu vas étudier pour aller vers la formation d'infirmière, demande maman.

« - Oui, répond-elle alors que je continue tranquillement mon petit-déjeuner.

« - Mon fils va être médecin et ma belle-fille infirmière. C'est trop bien !

Je jette un regard fatigué à maman. Se rend-elle compte que grâce à ça, nous ne serons pas parents avant au moins nos trente ans ? Je ne pense pas sinon elle ne se réjouirait pas mais qu'importe. Tant qu'elle l'ignore, je suis tranquille. J'écoute Ha-Ni expliquer qu'elle va effectivement tenter d'obtenir une place pour la formation d'infirmière tout en sachant qu'elle a peu de chance d'y arriver mais je ne m'inquiète pas. Elle n'avait presque aucune chance d'entrer dans les cinquante meilleurs élèves du lycée et elle y est parvenue. Elle n'avait presque aucune chance d'entrer à l'université et elle a réussi… Et elle n'avait aucune chance que je tombe amoureux d'elle et nous sommes mariés…Je ne me fais aucune souci pour elle, elle va devenir infirmière mais elle aura probablement besoin d'être motivée… Surtout que si elle veut vraiment m'aider, elle va devoir être plus qu'infirmière. Elle va devoir être infirmière spécialisée en chirurgie. Je reviens au présent quand j'entends Eun-Jo se moquer de mon épouse. Selon lui, même si elle intègre la formation elle ne deviendra pas infirmière pour autant… Il a raison, beaucoup ne le feront pas mais je sais que mon épouse est capable d'épater tout le monde.

« - Baek Eun-Jo, grogne maman, fais attention à ce que tu dis ! C'est ta belle-sœur maintenant. Oh c'est vrai, ajoute-t-elle en me fixant avec enthousiasme ce qui me fait relever la tête. Nous devons enregistrer votre mariage !

« - Bien, dis-je simplement en songeant que j'ai trouvé comment motiver mon épouse.

« - Quel genre de réponse est-ce, me demande maman. Je sais que tu es occupé, mais c'est plus important tu sais ! Hey Ha-Ni-a, plus tard, va avec Seung-Jo et…

« - Je vais y penser d'abord, dis-je en l'interrompant vulgairement ce qui la surprend tant qu'elle s'assoit face à moi.

« - Quoi ? Penser à propos de quoi, me demande-t-elle en haussant le ton alors que Ha-Ni me fixe choquée.

« - L'inscrire dans notre livret de famille, j'explique en fixant mon épouse quelques secondes avant de regarder maman. Je veux attendre et voir.

« - Est-ce une chose à dire pour quelqu'un qui revient tout juste de sa lune de miel, demande maman choquée et probablement déçu par ce que je viens de dire.

« - C'est quelque chose que vous nous avez forcé à faire maman, je lui rappelle.

« - Baek Seung-Jo, est-ce que ça a un sens ce que tu dis ? Dieu merci, le père de Ha-Ni-a n'est pas là.

« - A quoi veux-tu encore penser, intervient enfin mon épouse en me regardant blessée.

« - Eh bien, je commence avant de me traiter de tous les noms en croisant son regard blessé. Je ne sais pas mais quelque chose n'est pas du tout normal. Je me sens comme si nous faisions tout cela précipitamment. Tu ne veux pas ça non plus, n'est-ce pas ?

Je ne suis qu'un pauvre type ! Je ne la mérite pas. Voilà ce à quoi je pense en attendant sa réponse. En réalité ma douce Ha-Ni, je voulais simplement que maman comprenne que c'est à nous de décider quoi faire et quand. Pas à elle. Nous sommes mariés à présent et nous sommes aptes à prendre nos propres décisions.

« - Est-ce ainsi, demande simplement mon épouse triste avant de me regarder. Alors que faire ?

Je la fixe une seconde en haussant les épaules. A vrai dire, tu n'aurais pas dû réagir ainsi. Tu n'aurais même pas dû entendre cette conversation. Elle n'aurait même pas dû avoir lieu puisque je comptais m'occuper de ça en quittant la fac ce soir. Mais à présent… Si je cède maman pensera avoir le contrôle de notre vie et ne cessera de nous harceler pour être grand-mère. Si je résiste Ha-Ni pensera que je me suis joué d'elle uniquement pour passer la nuit avec elle.

« - Change ta formation d'infirmière en infirmière spécialisée. Nous enregistrerons le mariage une fois que tu auras passé le test de spécialité.

« - Qu'est-ce que ça a à voir avec votre mariage, demande maman énervée.

« - Pas question, ajoute mon épouse que je ne quitte plus des yeux.

« - Quoi ? Tu n'as pas confiance ? Tu t'es engagée là-dedans et c'est tout, je lui demande pour la mettre au défi de me prouver l'inverse.

« - Non, ce n'est pas ça du tout. Il est probable que je ne sois pas capable de l'assumer du tout, dit-elle en butant à plusieurs reprises comme si elle avait du mal à s'expliquer.

« - Je suis sûr que ça arrivera, un jour, dis-je sûr de moi en terminant mon repas.

Comme je n'ai officiellement plus aucune raison de rester ici, je me lève et je quitte la pièce en bousculant doucement de l'épaule mon épouse afin qu'elle se reprenne et me dise qu'elle va tout faire pour être diplômée. Cette idée me fait sourire et je remonte dans notre chambre ravi de la tournure des choses. Le temps qu'il soit l'heure, je vérifie que j'ai les papiers qu'il me faut tout en écoutant mon épouse parler avec maman. L'une conseillant l'autre sur la manière de me faire changer d'avis. Ha-Ni finit par se reprendre et monte se préparer si bien que lorsqu'il est l'heure, elle est prête.

On rejoint l'université en vélo et pour faire croire à mon épouse que je suis énervé par son côté défaitiste je fais mine de ne pas l'attendre. Même si je profite de chaque feu rouge pour m'assurer qu'elle suit. Elle doit mieux connaître le trajet à vélo que moi puisqu'elle vient régulièrement à la fac en vélo mais bon. Elle reste une fille. Quoi que je puisse ressentir pour elle, mon rôle en tant qu'homme est de la protéger. Comme lorsqu'elle a fait face à ce pervers au lycée. Je la détestais à l'époque pourtant je veillais à ce qu'elle soit en sécurité alors à présent que je suis amoureux d'elle… Je refuse que quiconque puisse lui faire du mal. Même si je n'arrive pas à m'empêcher de lui faire du mal. On arrive rapidement à l'université et je range mon vélo alors que Hae-Ra s'approche de nous.

« - Vous êtes venus en vélo, dit-elle en me saluant.

« - Ah, tu es là !

« - Salut, ajoute mon épouse en nous rejoignant alors que j'ai déjà mis l'antivol de mon vélo.

« - Salut, la salue mon amie avant de fixer nos bicyclettes… Ce sont des vélos pour couple, me demande-t-elle surprise avant de pouffer mi-amusée mi-blessée. Vous n'en faites pas un peu trop ?

« - C'est à cause de ma mère. J'ai échappé de justesse aux tee-shirts de couple, je grommelle pour m'excuser qu'elle en souffre.

« - Mais… Tu ne portes pas ton alliance, remarque-t-elle en voyant ma main, c'est pourtant le plus important.

Machinalement, j'acquiesce et me retourne pour regarder Ha-Ni et voir sa réaction. Elle se redresse choquée mais je peux voir que ma décision de cacher mon statut marital à l'université la blesse. Pardon mon Ha-Ni mais je n'ai pas ton courage.

« - On verra plus tard. Je la porterais quand on aura fait la déclaration de mariage à la mairie.

« - Déclaration de mariage, demande Hae-Ra perdue par la paperasse administrative.

« - Rien. Allons-y !

Je souris à Hae-Ra ravi de retrouver ma complice de cours. Tout en nous éloignant, je lui explique les démarches à faire une fois mariés. Même si elle les découvrira quand elle se mariera à son tour mais bon. Je conclue en lui disant simplement ce que j'ai dit ce matin. J'irais à la mairie pour officialiser le mariage quand Ha-Ni sera acceptée dans la formation pour être infirmière spécialisée.

« - Vraiment, dit-elle surprise en s'arrêtant alors que Seo Joon me fait signe au même temps.

Sans me soucier d'elle qui semble attendre mon épouse, je rejoins nos amis de cours. Seo Joon est accompagné de Heo Min-Soo. On n'est cependant pas très loin des filles puisqu'ils m'ont rejoint et tout en discutant avec mes premiers amis de la fac, j'entends leur conversation.

« - Alors légalement, vous n'êtes pas liés ?

« - Comment ça pas liés ? Eh ho ! Le ciel et la terre le savent ! Et il y avait plein de témoins, dit-elle sur la défensive. Toi aussi, tu étais là ! Tu parles ! C'est qu'un bout de papier !

« - Qu'un bout de papier, s'étonne Hae-Ra en même temps que moi. Mais ça, c'est la force du document ! La force du tampon ! Oui, c'est ça, s'exclame-t-elle après un silence. Je trouvais que tu avais gagné trop facilement.

Je cherche à comprendre sa dernière phrase mais elle arrive et prends mon bras au même moment. Je sais que je devrais l'en empêcher, je suis un homme marié et elle le sait mais j'ai envie de motiver Ha-Ni et je connais sa jalousie. Si elle nous voit ainsi et je n'ai aucun doute sur ce point, elle fera son maximum pour intégrer la formation d'infirmière spécialisée et y parviendra surprenant tout le monde sauf son mari. On salue nos amis et on s'éloigne en marchant tranquillement. Je vois Hae-Ra qui se tourne à moitié et qui désigne nos bras liés à quelqu'un que je soupçonne être mon épouse. Je devrais m'éloigner d'elle ou la rabrouer mais je la laisse faire pour le moment. Si ça peut motiver Ha-Ni, je veux bien faire ce sacrifice et mettre momentanément mon mariage en péril puisqu'il sera effectif ce soir en sortant de la fac. Même si tout le monde l'ignore pour le moment. Dès que Ha-Ni ne peut plus nous voir, je m'écarte de Hae-Ra. Gentiment, mais fermement. Elle semble le comprendre mais je préfère lui expliquer ma démarche. Tout ce que je veux, c'est motiver mon épouse à devenir infirmière spécialisée afin qu'on puisse travailler ensemble elle et moi. Depuis qu'elle m'a raconté son rêve et surtout depuis qu'elle a disparu une semaine pour réfléchir à la vie qu'elle voulait je veux vivre la même chose. Travailler avec elle, à ses côtés. La regarder prendre soin des gens que je soigne. Pouvoir admirer son sourire dès que l'envie m'en prend, et comme elle me manque dès qu'elle n'est pas près de moi, l'envie me prend souvent…

« - C'est vrai, s'étonne Hae-Ra quand j'ai terminé de lui expliquer les raisons de ma manière d'agir avec mon épouse.

« - Oui.

« - Elle veut devenir infirmière ? Parce que toi, tu entres en médecine, demande-t-elle aussi amusée que choquée.

« - Oui, dis-je avec sérieux en reprenant doucement mes distances.

« - Elle est incroyable cette Ha-Ni… Comme une planète en orbite autour de Seung-Jo.

« - C'est normal que la Terre tourne autour du soleil, non, je demande avec prétention.

« - Seung-Jo, alors comme ça, tu es macho ?

Je pourrais la corriger, je ne le suis pas. Au mieux je suis prétentieux ou arrogant mais macho certainement pas. Cela dit j'aime l'idée qu'elle déteste les machos. Et si m'imaginer l'être peut lui faire oublier ses sentiments pour moi alors je prends. J'acquiesce donc avec un faux petit sourire d'excuse puis on se sépare. Elle pour rejoindre ses cours et moi les miens. Je salue mes amis dès que j'entre dans le bâtiment et que je les aperçois. Damian me tend un gobelet sans sourire et je le fixe sans réagir.

« - Quoi, finit-il par demander.

« - Ben j'attends mon sourire et mon compliment !

« - Je t'ai dit de voir ça avec ta femme. Après j'y peux rien si tu es tellement imbuvable avec elle, qu'elle ne te fait aucun compliment.

« - Crois-tu ? J'obtiens de Ha-Ni ce que je veux. Sourire et compliment à la demande si je le désire. D'ailleurs j'en ai eu un hier soir avant de m'endormir, dis-je pensivement en me rappelant ces mots d'amours.

« - Ouais enfin un compliment est toujours plus agréable à l'oreille quand il n'est pas réclamé par un gamin égoïste !

« - Tu me trouves égoïste, je demande amusé.

« - Je vous ai vu arriver à vélo l'un et l'autre. Tu ne l'as même pas aidé à attacher son vélo, ni attendu. Tu as préféré laisser une autre fille accaparer ton attention et te prendre le bras alors… Ouais t'es quand même un poil égoïste.

« - C'est inutile d'être gentil avec mon épouse. Si je le suis, elle ne fera plus rien d'elle-même or quand elle se donne les moyens, elle est capable de grandes choses. Je suis obligé d'être dur avec elle.

« - Et pourquoi être gentil avec l'autre alors ? C'est une spécificité culturelle qui m'est inconnue ?

« - Non les coréens sont simplement galant par nature, je lui explique amusé avant de prendre une gorgée de café.

« - Sauf avec leur épouse alors ?

« - Non avec leur épouse également mais je connais la mienne. Je sais quand être gentil avec elle et quand ne pas l'être pour la faire avancer.

« - Donc tu la manipules ? Désolé mais je ne comprends vraiment pas votre manière d'agir l'un et l'autre, dit-il perdu.

« - Non, mais si je suis toujours gentil avec elle, elle n'essayera plus d'accomplir les choses d'elle-même et je ne sais pas toi mais pour ma part les épouses potiches ne m'intéressent guère. Je veux une épouse qui se batte pour obtenir un travail, une situation…

« - Son homme, intervient Yong-Ha en quittant sa console des yeux alors que je le fixe étonné… Désolé mon grand mais j'ai une excellente mémoire et je me rappelle encore de toi la repoussant avant de quitter la fac quelques mois pour rejoindre l'entreprise de ton père.

« - Personne n'est au courant de ça ici, dis-je surpris.

« - Moi si. J'étais dans votre cours d'anglais l'an dernier. Tu traînais toujours avec la déesse des premières années et tu étais froid avec ton épouse actuelle. Tu l'as renvoyée dans les cordes plus d'une fois, précise-t-il.

Je le fixe impassible alors que je me sens soudainement jugé et je n'aime pas l'image que cela renvoie de moi. C'est vrai, je n'ai jamais été tendre avec Ha-Ni et ils ne connaissent pas nos souvenirs de lycées mais je sais que j'agis pour le mieux pour elle. Je n'aime pas être dur ou froid avec elle bien au contraire. Je voudrais la traiter comme je traite Hae-Ra seulement je sais qu'elle se reposerait trop sur moi et je veux qu'elle puisse vivre sa vie quand je serai à l'armée. Sinon à quoi bon ? Je n'ai pas envie qu'elle reste dans son lit, notre lit, à pleurer mon absence comme une veuve pleure la mort de son mari. Je veux qu'elle continue de sortir avec ses deux amies, qu'elle travaille, qu'elle parte en week-end avec notre famille, qu'elle vive sa vie. Je vais être médecin, je ne pourrais pas toujours là pour dîner et peut-être que je serais muté dans une autre ville pendant un mois ou deux et que fera-t-elle en attendant si elle s'appuie trop sur moi ? La sonnerie retentit et je reviens à moi pour voir que mes deux amis sont passés à autre chose puisqu'ils parlent de Rusty mais pour une fois je n'écoute pas leurs commentaires. Je préfère songer à Ha-Ni. Est-elle réellement blessée par mon attitude ? Je pensais qu'elle comprenait ma manière d'agir depuis le temps. Je suis froid avec elle à chaque fois que maman prend les rênes de nos vies, je suis dur quand elle commence à se reposer sur ses acquis et je suis distant quand je suis perdu dans mes sentiments. Ce n'est pas difficile à suivre pourtant. Ce n'est pas comme elle qui continue de sourire même quand elle a mal ou qu'elle a envie de pleurer. Si elle est blessée, elle le cache et je ne le découvre que trop tard et par l'intermédiaire de quelqu'un. Je repense à son annonce sur l'annulation de notre mariage. Je n'ai découvert ses intentions que lorsqu'elle l'a dit après le dîner. Alors qu'elle aurait dû venir m'en parler avant. Nous sommes un couple après tout depuis… Depuis bientôt cent jours. Nous fêterons notre premier anniversaire dans trois jours. Il va falloir que je lui offre un cadeau. Je sais déjà quoi lui offrir naturellement mais vais-je trouver celui qui dit exactement ce que je veux ?… Le cours commence et j'oublie tout ce qui ne concerne pas la médecine.

Quand la matinée se termine, on rejoint la cafétéria et je fronce les sourcils en n'y voyant pas mon épouse. Bon elle va bientôt franchir la porte après tout. On commande notre repas avant de s'asseoir à une table et je me place de manière à pouvoir la voir entrer. Seulement l'heure passe sans qu'elle n'entre et je fronce les sourcils avant de sortir mon portable. Aucun message. Aucun appel manqué. Où est-elle ? Je décide de prendre les devants et j'ouvre mon téléphone. « Tu as déjà déjeuné ? » Seulement ça ne me plaît pas aussi j'efface tout avant d'en commencer un nouveau. « Tu as déjà renoncé à être mariée ? » Là encore le sms ne me plaît pas et je le supprime. Bon sang ! Pourquoi est-ce si dur de lui envoyer un message ? Je veux y réfléchir plus longtemps mais mon portable m'est soudain arraché des mains et je lève les yeux pour voir Damian partir avec. Je le poursuis afin de l'empêcher d'écrire n'importe quoi mais quand j'arrive à le rattraper, c'est beaucoup trop tard. Il me rend mon portable en souriant grandement et j'observe l'écran inquiet… Avant de noter qu'il n'a rien envoyé. Je le regarde perplexe et il soupire.

« - Tu semblais avoir du mal à envoyer un message à ton épouse. Il y a un problème entre vous ? Enfin un sérieux, je veux dire, précise-t-il.

« - Rien qui ne te concerne, ne t'en fais pas.

« - Je vois… Eh bien, si tu changes d'avis, sache que je compte m'orienter en psychologie afin d'être psychiatre.

« - N'essaie jamais de trouver du travail à Séoul. Ici personne ne va voir un psy pour ne pas être étiqueter comme fou.

« - Ça tombe bien, je compte bosser à Boston ou New York. Y a de sacrés cas de névroses mais à mon humble avis, monsieur le jeune marié, tu t'en veux d'avoir été probablement dur avec ton épouse ce matin et ne pas la voir venir déjeuner t'inquiète. Tu as peur qu'elle t'en veuille vraiment ou pire qu'elle discute et rit avec un autre que toi.

« - Tu feras un très mauvais psy, je ris en songeant qu'il a visé juste. Je ne suis pas inquiet. Ha-Ni est amoureuse de moi depuis quatre ans et on s'est mariés récemment. Pourquoi irait-elle voir ailleurs ? Alors qu'elle sait que je prends le mariage au sérieux. Je n'aurais pas accepté d'épouser n'importe qui !

« - Et elle ?

J'ouvre la bouche pour lui rappeler qu'elle n'aime que moi depuis quatre ans seulement les mots de Bong Joon Gu me reviennent en mémoire.

Flash-back

« - Ah Oh Ha-Ni, vraiment, soupire-t-il… Tu n'as vraiment pas de goût en ce qui concerne les hommes. Plus tard, même si tu le regrettes, je ne serai plus là. Tu l'accepteras ?… Tu vois ? Tu ne peux même pas répondre assez vite, dit-il avant de se tourner pour me regarder. Baek Seung-Jo. Qu'est-ce que tu vas faire ? Ha-Ni n'est pas capable de répondre.

« - En effet, soupiré-je. Je deviens nerveux, j'admets en le regardant.

Je crois que pour la première fois, je comprends Bong Joon-Gu. Il ressentait chaque jour ce que je ressens en ce moment. Ces doutes qui m'assaillent. Et si je ne suis pas capable de rendre Ha-Ni heureuse ? Et si demain, elle regrette le choix qu'elle a fait hier ?

« - Seung-Jo-a, m'appelle-t-il. Dis-toi que je vais toujours te surveiller. Si de l'eau sort des yeux de Ha-Ni, je ferai en sorte que du sang sorte des tiens.

Fin du flash-back

J'étais nerveux quand ça s'est passé et le fait de lui avoir dit « oui » ne calme pas ma nervosité. Je ne peux pas imaginer Ha-Ni se tourner vers un autre mais Joon-Gu l'aimait autant que moi. Je sens mon cœur se pincer en les imaginant mariés et je secoue la tête avant de regarder Damian qui semble sourire amusé.

« - Laisse-moi deviner ? Tu n'as pas peur qu'elle aille voir ailleurs ?

« - Je vais être honnête avec toi. En réalité et même si je sais qu'elle n'est pas ainsi et qu'elle m'aime…

« - Alors il a envoyé quoi, demande Yong-Ha en nous interrompant avant que je ne commette l'erreur de parler de mes sentiments.

« - Rien… Heureusement pour lui. Il ne sait pas qu'un téléphone portable est sacré ici, dis-je en me moquant gentiment.

Hyung-Min décide de lui expliquer alors que j'ouvre mon téléphone pour envoyer un sms à mon épouse. « N'oublie pas de te nourrir. Et n'essaie même pas de comploter avec ma mère ! Je le saurais, vous êtes trop prévisibles ! » Je l'envoie avant de soupirer… Bon visiblement, je n'arrive pas à être gentil avec elle aujourd'hui ! Mais il vaut mieux qu'elle se rappelle la promesse qu'elle m'a faite. Ne pas laisser maman nous manipuler.

Nous sommes rejoints par Hae-Ra et je m'excuse auprès de mes amis pour passer un peu de temps avec elle. Seulement bien vite, je comprends qu'elle n'a pas renoncé à moi et que si je veux qu'elle passe à autre chose afin de retrouver mon amie, je n'ai pas d'autre choix. A présent, je suis obligé d'y aller aujourd'hui. Je ne peux reculer et la laisser espérer. Je lui raconterais tout demain en lui demandant de garder le secret. Mais si elle en parle à Ha-Ni ? Que faire ? La sonnerie de reprise nous empêche de terminer notre conversation et je regagne le bâtiment médical en réfléchissant à ce dilemme.

A la fin de ma journée je ne suis pas plus avancé et je rejoins l'entreprise de papa, à vélo, pour lui demander de venir avec moi. J'ai besoin de deux témoins pour déclarer mon mariage et je pense qu'en le choisissant avec Ki-Dong ça sera parfait… Il ne me reste qu'à les convaincre de garder tout ça secret.

Une heure après, papa raccompagne Ki-Dong puis je rentre à la maison en vélo. Celui d'Ha-Ni n'est pas dans le jardin ce qui m'étonne et je rentre pour voir maman qui me fixe méchamment.

« - Quoi, je demande perplexe.

« - Tu étais obligé d'être aussi dur avec Ha-Ni-a ce matin ?

« - Et toi ? Tu étais obligée d'insister sur le fait que tu veuilles être grand-mère, dis-je sans réfléchir avant de reprendre plus calmement. Maman, nous nous sommes mariés le jour où tu l'as décidé, on a porté les tenues que tu avais choisie, avec Ha-Ni-a mais c'est tout de même ton choix, tu as choisi la salle, la musique et même les photos au mariage, dis-je en essayant d'oublier ce moment gênant. Alors s'il te plaît laisse-moi choisir quand déclarer notre mariage à Ha-Ni et moi. De plus, nous sommes tous les deux d'accord pour attendre avant de le déclarer ! C'est notre vie de couple maman, tu n'as plus à t'en mêler. Laisse-nous choisir ce que l'on veut ! S'il te plaît.

Elle soupire en grimaçant et je la fixe jusqu'à ce qu'elle me donne son accord. Rassuré, je monte à l'étage et commence à travailler avant de songer au sms que j'ai envoyé plus tôt. Je regarde mon téléphone mais je n'ai pas eu de réponse… En réalité, je n'ai plus vu mon épouse depuis que je suis parti avec Hae-Ra au bras… Pourquoi l'ai-je laissé me tenir ainsi ? Comme une petite amie ? Alors que je suis marié à la femme que j'aime ? Devrais-je m'excuser de ça auprès d'Ha-Ni-a à son retour ? Je ne peux pas y réfléchir puisque je l'entends qui annonce son retour. Je secoue la tête et reprends mes devoirs au moment où elle rentre dans la chambre. Je m'attends à ce qu'elle me salue mais elle ne dit rien et se contente de prendre des livres dans le secrétaire avant de ressortir de la pièce… On dirait bien qu'elle m'en veut. Je soupire et sors pour voir qu'elle travaille dans le salon. Je l'observe en silence quelques minutes puis je traverse la pièce pour m'asseoir à ses côtés avant de la prendre dans mes bras. Elle sursaute je le sens, mais ne me repousse pas, ce qui est déjà bien.

« - Ton sourire m'a manqué ce midi. Où étais-tu ?

« - A la bibliothèque, dit-elle simplement.

Je baisse les yeux pour voir qu'elle ne quitte pas son livre du regard et je décide de la basculer contre le dossier comme je l'ai fait le soir où nous avons consommé notre mariage. Elle me fixe avec le même regard surpris bien qu'il soit un peu perdu et je me penche pour l'embrasser avec toute la tendresse que je peux. Elle se détend et me répond en s'accrochant à mon cou ce qui me donne le courage de me rapprocher davantage d'elle. Bientôt la chaleur de son corps réchauffe le mien et je m'éloigne de quelques centimètres pour la fixer.

« - M'en veux-tu pour ce matin ?

Elle secoue doucement la tête en souriant et je l'imite avant de revenir contre sa bouche. Elle ne le sait pas encore mais nous sommes réellement mariés à présent, elle fait partie intégrante de ma famille et je veux en fonder une avec elle… Plus tard naturellement.

« - Oh !

Je sursaute et m'éloigne de mon épouse pour regarder qui nous a surpris en pleine tendresse l'un pour l'autre…