Disclaimer : Tout de que vous reconnaissez de l'univers appartient à Kaoru Tada et à l'équipe de Playful kiss. Je ne touche rien en écrivant.

Déclaration de mariage

Je me sens rougir sous le regard de mon petit frère et je m'éloigne de mon épouse pour rejoindre mon bureau et mes devoirs. J'y reste jusqu'à vingt-trois heures puis je vais me laver. Je note que Ha-Ni vient d'en sortir et je souris bêtement. Mais ce n'est rien en comparaison de ce que je ressens en la voyant porter le même pyjama que moi. J'étais plutôt réticent à acheter des tenues de couple mais les pyjamas ne me dérangent pas. Personne ne nous voit. Ça peut rester pour nous. Je regarde ma main ou mon alliance brille ainsi que sa bague plus féminine. Aurais-je préféré me marier plus tard ? Certainement. Est-ce que je regrette d'être marié si jeune ? Hormis ce matin devant Hae-Ra, non. C'est une excellente amie et je ne voulais pas la faire souffrir mais maman a avancé une raison qui m'a interpellé. Si papa devait faire une nouvelle angine de poitrine, et que je doive reprendre de nouveau les rênes de l'entreprise, je pourrais mettre mon mariage en avant pour qu'on ne me mette plus de femmes dans les pattes. Cela dit, j'aurais tout de même préféré pouvoir choisir la date. Nous aurions pu faire ça durant les vacances d'étés par exemple et partir plus longtemps…

« - Ha-Ni-a, dis-je en m'approchant. Que dirais-tu si nous partions en vacances durant l'été, je demande quand elle me regarde m'asseoir.

« - En vacances ?

« - Juste toi et moi. Sans personne pour interférer.

« - Avec ma chance, on va tomber sur une nouvelle Hyun-Ah et tu vas avoir du mal à te défaire d'elle, marmonne-t-elle en replongeant dans ses cours.

« - Tu aurais voulu que je sois méchant avec une femme qui venait de se marier ?

« - J'aurais voulu… J'aurais voulu que tu la repousses plus tôt, dit-elle doucement après une hésitation qui m'interpelle.

Seulement j'ai beau la regarder, elle ne lève pas les yeux vers moi et je retiens un soupir frustré. J'embrasse sa tempe et la préviens que je vais me coucher. Je m'attends presqu'à ce qu'elle saute sur l'occasion de me suive mais elle reste assise à étudier et je m'arrête devant la chambre pour la regarder.

« - Tu ne viens pas ?

« - Je… je vais étudier encore un peu.

« - Très bien, dis-je agacé.

Je ferme la porte derrière moi et me couche en me demandant depuis quand j'ai besoin qu'elle se couche en même temps que moi. Je m'allonge et ferme les yeux pour dormir seulement je n'y arrive pas. Je l'entends s'agiter de l'autre côté de la porte, marmonner des phrases inintelligibles puisqu'elle est trop loin pour que je comprenne, je l'entends même souhaiter bonne nuit à nos parents et quand sonne minuit, je décide de me lever. J'ouvre la porte pour la voir lire en marchant et je soupire. Sans un mot, je la rejoins, lui arrache le livre des mains que je pose proprement sur la table, puis je prends sa main et l'emmène avec moi dans notre chambre dont je ferme la porte. Je ne lâche sa main qu'une fois qu'elle est assise sur le lit. Elle me fixe surprise et je ne dis rien. Je me contente de me recoucher sans qu'elle ne bouge. Elle finit cependant par s'allonger et je me sens plus serein. Si serein que je m'endors en quelques minutes.

Le lendemain matin, quand sonne le réveil, je me lève en grognant. Je n'ai pas assez dormi malgré tout. Quelque chose clochait. Je découvre ce que c'est en tournant la tête. Ha-Ni n'est plus là. J'entends du bruit dans la cuisine et le vague murmure d'une conversation. Je secoue la tête et me prépare avant de rejoindre la pièce pour voir que mon épouse semble déjà prête à partir. Elle est dans l'entrée, chaussures aux pieds. Je les fixe surpris puis lève la tête pour noter qu'elle me regarde.

« - Tu pars déjà ?

« - Oui, dit-elle simplement. Bonne journée mère.

Elle s'en va sans rien ajouter pour moi ce qui me perturbe. Je regarde ma mère qui grimace en me fixant avant de me dire que Ha-Ni m'a préparé mon petit-déjeuner. Je n'y crois pas, les toasts ne sont pas grillés mais je reconnais son café. Je ne sais pas comment elle fait mais il a meilleur goût que celui de maman. Je prends le temps de prendre mon repas et de lire le journal malgré le regard de maman qui me fusille le dos. Je refuse de lui faire le plaisir de lui demander ce qui la contrarie encore. Elle va me dire la même chose. Elle veut que j'aille déclarer notre mariage. Une fois repus, je monte terminer de me préparer et fais le lit avant de quitter la maison. Je suis en avance et je décide de me rendre à l'université à pied.

« - Baek Seung-Jo, me salue Seo Joon quand il me voit.

« - Comment vas-tu ?

« - Contrairement à toi, je vais bien.

« - Qui a dit que j'allais mal, je demande amusé. J'ai passé une bonne matinée jusque là.

« - Si tu avais vu le visage de ton épouse quand elle est arrivée, dit-il avant d'ajouter sur le ton de la confidence. Ecoute, ce n'est pas mon truc les ragots de couloirs, dit-il en posant son bras sur mes épaules, mais Hae-Ra a été plutôt sèche avec ta si jolie épouse.

« - Sèche comment ?

« - Elle lui a plutôt fait comprendre qu'elle ne pourrait jamais être infirmière et que grâce à ça, Hae-Ra allait pouvoir te récupérer.

« - Comment Ha-Ni a réagi ?

« - Son visage s'est fermé et elle est partie. Probablement pour pleurer, ajoute-t-il après une minute de silence.

« - Ma journée avait si bien commencé, je soupire… Merci pour les commérages. Je vais rappeler à Hae-Ra que je suis un homme marié et…

« - Selon ce que j'ai entendu, rien n'est déclaré donc rien est officiel.

« - C'est déclaré et officiel. Seulement Ha-Ni l'ignore et j'aimerais que ça continue.

« - Je ne connais pas assez ton épouse pour aller la voir en ton absence, ne t'en fais pas.

Je le remercie d'un geste et comme il s'éloigne, je rejoins le bâtiment médical en envoyant un message à mon épouse afin de savoir où elle se trouve. Seulement je n'obtiens aucune réponse et j'entre en cours ennuyé par toute cette histoire. Elle a probablement oublié son téléphone à la maison. Je n'ai plus qu'à croiser Ha-Ni à la cafétéria pour éclaircir ce point.

Seulement je n'ai pas cette chance puisqu'elle ne passe pas pour déjeuner. Je le sais pour avoir posé la question à Joon-Gu. Lui aussi désespère de ne plus la voir se nourrir. Lorsqu'il me demande ce que je lui ai fait, je cache mon embarras derrière un sourire.

« - Rien de mal ou qui te concerne. Je suppose qu'elle doit trop étudier pour voir l'heure passer.

« - Qui c'était, demande Hyun-Min qui est derrière moi.

« - Un ami commun à Ha-Ni et moi. Alors ce QCM au fait ? Je suis le seul à être confiant ?

« - Visiblement oui, grommelle Damian le nez dans un bouquin. Tu étais au courant ou quoi ? Pour être se tranquille ?

Je secoue la tête amusé et lui avoue que j'ai simplement bonne mémoire. Inutile de parler de mon QI, il semble assez déprimé comme ça. Je lève les yeux dès que je la vois passer devant les fenêtres de la cafétéria et je le suis du regard. Elle entre, rejoins la file pour prendre de quoi déjeuner… Ah non, elle se contente de discuter quelques minutes avec Joon-Gu qui me désigne. Seulement si elle se tourne et me regarde, elle ne vient pas vers moi, au contraire. Elle lui parle puis hoche la tête avant de sortir son portable de sa poche. Visiblement, elle l'a avec elle… Pourquoi ne me répond-elle pas ? Je sors mon téléphone et lui envoie un message le temps qu'elle est dans mon champ de vision. « Me fuis-tu ? » Une fois parti, je la fixe de nouveau. Elle ressort son téléphone et prend connaissance de mon message mais n'y répond pas avant de ressortir après avoir ris avec Joon-Gu. Ce n'est qu'une fois qu'elle est dehors que je reçois une réponse. Un simple « Non » qui semble vouloir dire autre chose.

Je comprends son message quand mes cours s'achèvent. Je croise Hae-Ra devant le bâtiment et on discute tranquillement lorsque j'aperçois mon épouse. Elle nous fixe l'un et l'autre et fais demi-tour. Visiblement elle venait vers moi. Une petite partie de moi voudrait lui courir après pour savoir ce qu'elle voulait mais mon égo est bien plus important. Aussi je me contente de la regarder s'éloigner sans cesser d'écouter mon amie. Je ne réagis que lorsqu'elle me propose qu'on aille au cinéma.

« - Ça ne serait pas correct vis-à-vis de mon épouse, dis-je pour lui rappeler gentiment mon statut marital.

« - Tu ne portes pas ton alliance, personne ne le saura.

« - Moi je le saurais. Je vais rentrer Hae-Ra, j'ai des projets pour la soirée avec Ha-Ni et je voudrais étudier avant. A bientôt, j'ajoute avant de m'éloigner pour ne pas lui laisser le temps de réagir.

Seulement je ne rentre pas tout de suite. J'ai le cadeau de nos cent jours à acheter. C'est après-demain et je suis impatient de voir sa réaction. Je glisse le cadeau dans mon sac de cours et rentre à la maison espérant y trouver ma femme seulement il n'y a que maman. Elle m'informe qu'elle n'a plus revu Ha-Ni depuis ce matin et je ressors en fronçant les sourcils. Où est-elle encore partie ? Je décide d'aller voir au So Pal Bok sans y croire et je n'ai pas besoin d'entrer pour savoir qu'elle n'est pas là. Je peux voir Ki-Dong discuter avec ses employés dont Joon-Gu. Ils semblent tous de bonne humeur. Peut-être est-elle avec ses deux amies ? Je sais que Joo-Ri travaille dans un salon de coiffure près de la fac et je prends mon vélo pour aller plus vite. Seulement là encore, je fais chou blanc. Le salon est fermé quand j'arrive. A bout d'idées, je m'arrête et je réfléchis. Où peut-elle être ? Je décide de l'appeler seulement je tombe sur son répondeur et je fais demi-tour. Je rentre à la maison et elle rentrera quand elle sera calmée.

J'arrive à l'étage pour voir que notre chambre est ouverte. Ha-Ni est assise à l'ordinateur et imprime des documents. Je la regarde perturbé de la voir à la maison et j'attends qu'elle ait terminé pour signaler ma présence. Seulement au même moment, une voix s'élève dans la pièce et je sourcille en comprenant qu'elle est au téléphone avec une dénommée Ga-Eul.

« - C'est bon, j'ai tout récupéré. Je te remercie, dit-elle avant que l'autre voix reprenne la parole. Ravie que ça puisse t'aider. Ma cousine n'en a plus besoin elle est infirmière à Busan maintenant et elle sait combien c'est difficile. Selon elle, si tu as déjà toutes ces notions en tête, tu devrais t'en sortir à l'examen d'entrée… Encore faut-il que j'y parvienne, soupire mon épouse. Accroche-toi Oh Ha-Ni ! Tu peux y arriver ! Merci Cha Ga-Eul. A demain en cours.

« - Que fais-tu, dis-je en entrant dans la chambre quand elle a raccroché.

« - J'étudie.

« - Es-tu en colère ?

« - Non.

« - Alors pourquoi ne me regardes-tu pas ? N'as-tu répondu à aucun de mes messages ? J'ai vraiment l'impression que tu m'ignores.

« - J'étudie pour entrer dans la formation infirmière spécialisée. C'est ce que tu veux, n'est-ce pas, dit-elle en me fixant.

« - C'est toi qui veux travailler avec ton mari, moi je m'en moque.

« - Si tu t'en moquais, tu ne me ferais pas ce chantage. On déclarera le mariage que si tu intègre la formation d'infirmière spécialisée, dit-elle d'une voix grave. Je te laisse le bureau, je vais étudier dans le salon.

Sur ces mots, elle attrape ses feuilles et sort de la pièce en me bousculant légèrement. Je la fixe surpris. C'est la première fois qu'elle réagit aussi violemment avec moi. Peut-être ai-je été trop loin en lui demandant d'intégrer cette formation rapidement ? Je devrais lui avouer que nous sommes légalement mariés non ? Je me tourne pour l'observer supposant qu'elle sera à me fixer si c'est une tentative de manipulation seulement elle est dos à moi dans le fauteuil, un livre devant elle et sa petite main qui écrit sur son cahier. Non je ne dirais rien. Elle est motivée et elle va réussir, je n'ai plus aucun doute. Je parais dur pour le moment mais quand nous travaillerons ensemble à l'hôpital, elle comprendra que c'était pour qu'elle puisse réaliser son rêve.

Quand elle revient de l'université le lendemain soir, elle semble encore plus déprimée qu'hier. Elle semble fatiguée et je me demande ce qu'elle fait de sa journée pour être dans cet état. Seulement avant que je ne puisse lui poser la question, maman me devance et la prend dans ses bras pour la consoler quand elle avoue étudier pour l'examen. Je croise le regard furieux de maman mais je ne cède pas. La prochaine session est dans un mois et à ce rythme-là Ha-Ni va éblouir tout le monde lors de l'examen. Satisfait, je mange tranquillement même si je grimace légèrement en entendant mon petit frère se moquer d'elle et surtout Ha-Ni ne rien dire.

« - S'il te plaît Eun-Jo, laisse Ha-Ni tranquille, je dis simplement.

« - Mais hyung ?… Très bien, cède-t-il quand je le regarde.

Je le remercie d'un sourire et lève les yeux espérant croiser son regard seulement elle n'a aucune réaction si ce n'est de terminer son repas avant de quitter la table en demandant à ma mère de l'appeler pour la vaisselle. Elle n'est pas loin cependant puisqu'elle reste dans le salon du bas pour étudier alors que je la fixe surpris. Je ne suis pas le seul puisque tout le monde l'observe perplexe. Où est passée cette belle Ha-Ni toujours souriante et de bonne humeur ? Cette infatigable jeune femme qui m'a volé mon cœur à force de me sourire malgré ma méchanceté ? Je suis partagé entre lui demander d'arrêter de s'abîmer la santé ainsi pour un examen, elle pourra le passer à la fin de l'année, et celui de l'encourager en l'aidant à réviser.

Une fois le repas terminé, je monte étudier refusant de céder à mon envie d'avoir un geste pour elle. C'est idiot mais je ne veux pas que maman me voit agir gentiment avec Ha-Ni, elle la pousserait à adopter cette attitude plus souvent pour que je sois plus gentil avec elle. Je travaille jusqu'à vingt-deux heures puis je décide d'aller me laver. Visiblement mon épouse est encore en bas, la salle de bain n'a aucune odeur particulière. Quand je ressors, je sourcille en voyant la porte de notre chambre fermée. Etrange ! J'entre sans faire de bruit et observe ma femme ouvrir mon portefeuille.

« - Que fais-tu ? Pourquoi fouilles-tu dans le portefeuille de quelqu'un d'autre ?

« - Qu'est-ce que tu veux dire, demande-t-elle surprise alors que je m'approche pour m'appuyer sur le dossier de sa chaise. Je regardais ton portefeuille parce que je le trouve joli. Ah, si mignon ! Devrais-je acheter un portefeuille de couple ?

« - Hey Oh Ha-Ni, dis-je en lui reprenant mon bien. Touches-tu déjà au portefeuille de ton mari ?

« - Ce n'est pas ça, se défend-elle en secouant la tête tandis que je m'éloigne.

« - On dirait qu'il manque quelques billets.

« - Hey de quoi tu parles, demande-t-elle vexée en haussant le ton. Tu crois que je suis comme ça ?

Je l'observe et comme elle me tourne le dos, je range mon portefeuille sous mon oreiller. Elle ne pourra pas le prendre sans que je ne le sente, n'est-ce pas ?

« - Tu ne viens pas dormir, je lui demande en replaçant mon oreiller.

« - J'arrive… Le temps d'aller me laver.

J'acquiesce et l'observe quitter la chambre en me demandant pourquoi elle fouillait mon portefeuille. Qu'espérait-elle y trouver ? J'ai du mal à croire à son histoire de portefeuille de couple mais ça me paraît crédible malgré tout quand on y pense. Elle voulait déjà qu'on s'achète plusieurs tenues de couples en voyage de noces. Plus les vélos que maman nous a acheté… Possible ! Bon au pire je lui en achèterais un s'il lui plaît tant que ça. Quand elle revient je dors déjà à moitié et je la sens à peine s'allonger à mes côtés. La lumière ne me gène plus autant qu'avant et je suis sur le point de m'endormir quand je la sens qui bouge doucement ce qui m'interpelle. Que fait-elle ? Je ne dis rien et j'attends de savoir si elle va se relever pour aller étudier mais non. Son bras glisse sous mon oreiller et je me tourne vers elle en posant mon bras sur le sien dès que je le sens glisser sous ma tête. Seulement c'est inconfortable et je me rallonge sur le dos pour me rendormir. A son tour, elle retire son bras signe qu'elle n'était pas plus confortable que moi et je décide de me tourner vers elle et déposer mon bras sur sa taille. Elle me manque en ce moment. Son beau sourire me manque, son regard fatigué mais brillant me manque. Tout me manque. Même ses manigances avec maman me… Non ça, ça ne me manque pas. L'idée me fait sourire et je décide de me rapprocher d'elle pour le reste de la nuit. Même si ce n'est pas un véritable câlin puisqu'elle n'y répond pas, mais au moins je fais l'effort de venir vers elle. De lui faire sentir qu'elle me manque. Du moins j'espère que c'est ainsi qu'elle le comprend.

Quand le réveil sonne, j'ouvre les yeux pour noter que mon épouse n'est déjà plus là. Je quitte le lit et me prépare avant de descendre. Je la croise dans l'escalier et la salue. Elle sourit et me demande si j'ai bien dormi. Son attitude positive m'étonne mais je m'arrête quelques instants pour faire la conversation à mon épouse. J'avoue avoir bien dormi surtout quand je l'ai prise contre moi, mais je garde ce détail pour moi avant de l'interroger à mon tour. On est, une nouvelle fois, interrompu par mon petit frère qui passe en me saluant. Je vois Ha-Ni le fusiller des yeux quand il l'ignore mais elle ne dit rien et son léger sourire me prouve qu'elle ne lui en veut pas. Je reviens à moi quand je la sens embrasser ma joue avant de monter à l'étage me laissant seul et perdu. Qu'a-t-elle ce matin ? Je secoue la tête et descends à la cuisine pour prendre mon petit-déjeuner. Je l'ai à peine terminé que mon épouse est de retour. Son sac sur l'épaule, elle nous prévient qu'elle part en cours puis rappelle à ma mère qu'elle finit à quinze heures.

« - Vous allez faire quoi, je demande avec curiosité sans quitter le journal des yeux.

« - Du shopping, annonce maman. Veux-tu venir avec nous ?

« - Non merci. Je vais profiter de votre absence pour travailler dans le calme. Avec Ha-Ni, ce n'est pas possible !

« - Hey Baek Seung-Jo, s'exclame maman. Cesse d'être méchant avec ton épouse.

« - Je ne fais que dire la vérité. J'apprécie le bruit qu'elle peut faire sauf quand j'ai besoin d'étudier. Et j'ai plusieurs QCM qui arrivent, j'ai besoin de calme. Je comptais aller à la bibliothèque mais si tu n'es pas ici, dis-je en fixant mon épouse qui fait la moue. Je préfère rester ici. Je ne serai pas dérangé par Hae-Ra, dis-je pour amener ce sujet sur la table.

A l'entente de ce prénom, je vois son regard s'éteindre et son visage se transformer. Heureusement, c'est encore maman qui pose la question avant qui que ce soit.

« - Quoi Yoon Hae-Ra ? Qu'est-ce qu'elle vient faire dans la conversation ?

« - J'ai appris hier qu'elle espérait encore qu'on pourrait former un couple elle et moi. J'ai beau lui dire que je suis un homme marié…

« - Si tu portais ton alliance, tu n'aurais plus ce problème, m'interrompt maman.

« - Il ne veut pas, explique Ha-Ni d'une voix légèrement triste. Tant que le mariage n'aura pas été déclaré, il refuse de la porter.

Il y a un léger moment de flottement interrompu par l'arrivée de papa et je le salue faisant revenir tout le monde au présent. Ha-Ni dit bonjour à mon père avant de quitter la maison, maman s'occupe de servir son mari et moi je termine mon petit-déjeuner avant de remonter terminer de me préparer. Ce n'est qu'à ce moment-là que je me rappelle où j'ai mis mon portefeuille et je le sors de son mon oreiller. Par acquis de conscience, je l'ouvre et soupire. Oh Ha-Ni ! Pourquoi as-tu fait ça ? J'observe la place vide de ma carte d'identité et comprends ce qu'elles vont réellement faire après les cours. Aller déclarer le mariage dans mon dos… Elles vont avoir une drôle de surprise. Je range mon portefeuille et pars en cours en songeant à ma femme qui me déçoit beaucoup.

Lorsque j'arrive, je rejoins directement mes camarades de médecine. Aujourd'hui ce sont les filles qui nous ont promis des cafés et la conversation tourne autour de Yong-Ha et Song-Hee qui se sont mis en couple. Je me retiens d'avouer qu'ils me semblent ridicules à porter une tenue identique. Heureusement Damian n'a pas ce problème et pose plusieurs questions sur cette coutume coréenne.

« - Mais vous êtes totalement à l'identique ? Genre jusqu'à vos sous-vêtements qui sont de la même couleur ou de la même matière ?

« - Personne ne va jusque là, j'explique en souriant. La tenue c'est davantage, pull, pantalon, chaussures. Éventuellement les chaussettes mais le reste est libre. Pourquoi veux-tu qu'on cordonne nos sous-vêtements ?

« - Pourquoi pas ? Vous êtes déjà des adeptes du maquillage, vous ne voyez aucun inconvénient à porter du rose, vous pourriez pousser la coordination jusqu'au bout !

« - Oui mais non. Et heureusement tout le monde ne le fait pas.

« - Eh bien, soupire-t-il en me fixant. Ta femme doit être bien malheureuse si tu ne lui fais même pas le plaisir de porter des tenues de couple alors que c'est ce qu'il faut faire.

« - Il ne porte déjà pas son alliance, souligne Seo Tae- Hee en souriant satisfaite.

Je songe brièvement à me défendre seulement le début des cours commence et on entre sagement alors que je me demande si maman et Ha-Ni n'ont pas raison. Si je portais cette fichue bague, les filles de la fac me ficheraient peut-être la paix. Il faudra que je pense à annuler le restaurant pour ce soir cela dit.

Je ne suis pas surpris de ne pas croiser Ha-Ni de la journée. Que ce soit à l'université ou en dehors. A l'heure qu'il est, elles doivent être à la mairie avec maman. Je secoue la tête et file à l'étage pour réviser. La maison est vraiment calme et je me concentre très facilement. A tel point que je sursaute quand j'entends la voiture dans l'allée. Les voix de Ha-Ni et maman se font entendre à travers la fenêtre ouverte et je me lève. Il est temps de récupérer ma carte d'identité. Je sors pour voir que Eun-Jo est rentré lui aussi et je lui ébouriffe les cheveux avant de descendre même s'il m'imite. Je m'arrête en bas des marches au moment où elles passent la porte, quelques sacs à la main. Je les regarde déçu que Ha-Ni n'ait pas voulu attendre et me prouver qu'elle ferait son possible pour intégrer la formation d'infirmière spécialisée. Dès qu'elle me fait face, et sans même la saluer, je tends la main pour récupérer mon bien.

« - Savais-tu que je l'avais pris, demande-t-elle en me rendant ma carte.

« - Tu n'as rien pris de ce qui était dans mon portefeuille ?

« - Seung-Jo ! Pourquoi la taquines-tu autant ?

« - C'est marrant, dis-je simplement. Je vis pour taquiner Oh Ha-Ni, j'ajoute en la regardant pour la voir faire sa petite moue grimace si mignonne. Elle essaye durement quand elle a un but, je décide d'expliquer à maman. Le changement de programme d'infirmière n'est pas facile. Je l'ai fait exprès pour qu'elle y mette du sien. Mais quand tu as touché à mon portefeuille, tu m'as déçu, je termine en fixant mon épouse qui grimace.

« - Non, s'exclame-t-elle. Je vais le faire ! Je vais le faire ! Je vais travailler dur.

Je hausse les épaules et je remonte pour continuer d'étudier. Je les entends vaguement discuter entre elles mais je n'y prête aucune attention. Je pensais que dire les choses serait suffisant pour que la déception passe mais j'avais tort. La porte s'ouvre dans mon dos sans que je ne bouge. Je voudrais terminer ce chapitre avant dîner. Ha-Ni s'agite dans mon dos et je la vois passer avec ses sacs avant de rejoindre le placard pour ranger ses achats vraisemblablement.

« - Seung-Jo-a, dit-elle doucement. Tu m'en veux ?

« - Oui. J'aurais voulu que tu te donnes à fond, dis-je en la regardant. Que ça te donne la motivation pour travailler aussi durement que tu l'as fait au lycée. Mais tu as préféré manigancer dans mon dos avec maman, je soupire en secouant la tête avant de retourner à mes révisions.

« - Mais que devais-je faire ? J'étais désespérée ! Hae-Ra fait semblant de ne pas savoir que tu es marié et continue d'agir comme ta petite amie. Tu ne portes pas ton alliance à l'université et… Et l'examen est très difficile. Tout le monde le dit. Même Kyung Soo sunbae. Il n'y a aucune place pour moi dans le programme que devais-je faire ?

« - Etudier pour l'intégrer l'an prochain, je lui réponds en me tournant pour l'observer. Le domaine médical est difficile parce que la médecine ce n'est pas un jeu… Tu n'es peut-être pas faite pour ça finalement, je soupire.

« - Si je suis faite pour ça et je vais te le prouver !… S'il te plaît ne sois pas déçu.

Face à elle, j'ai tout le loisir de l'observer. Elle semble déçue que je le sois et je soupire. Il faut que j'arrête de trouver ses expressions faciales mignonnes mais je ne peux pas m'en empêcher. Elle est mignonne ainsi. On dirait une petite fille. Sans un mot, je me lève et fouille dans mon sac pour en sortir l'écrin que je lui lance.

« - Qu'est-ce que c'est, demande-t-elle en l'attrapant.

« - Le cadeau pour nos cent jours de relation. J'avais prévu de te l'offrir après un dîner au restaurant mais tu as pris ma carte d'identité et… Je suppose que ce n'est pas très important, dis-je en prenant mes affaires. Je te laisse l'ordinateur je vais réviser dans le salon.

Je sors de la pièce en prenant soin de fermer la porte et m'assois dans le fauteuil. Je reprends mes révisions tout en me demandant si elle apprécie l'anneau. J'aurais voulu quelque chose de plus personnel mais je m'y suis pris trop tard. Enfin c'est commandé pour nos deux cents premiers jours. La porte de la chambre s'ouvre et je fais mine de ne pas m'en être aperçu. Elle se rapproche jusqu'à s'asseoir sur l'accoudoir. Je suis obligé de lever les yeux pour la regarder et je l'interroge du regard.

« - Je suis désolée Seung-Jo-a.

« - Ce n'est rien, dis-je en notant qu'elle porte déjà l'anneau.

« - J'ai un cadeau pour toi. Je l'ai acheté tout à l'heure et comme je sais que tu n'aimes pas les marques qui indiquent que tu es en couple, je t'ai pris ça, dit-elle en me tendant une boite rectangulaire.

Surpris je prends la boite et l'ouvre pour en sortir une cravate bordeaux. Plutôt jolie et sobre comme j'aime. Je la range proprement et referme la boite avant de regarder mon épouse. Malgré l'échange de cadeau pas très romantique, elle sourit doucement quand nos yeux se croisent. Je décide de passer sur la dernière manipulation de maman et attire mon épouse sur mes genoux. Elle me fixe surprise et je souris avant de me lever en la gardant dans mes bras. Je ne la repose qu'une fois dans notre chambre et l'assois sur le lit avant de sortir mon alliance qui est toujours dans ma poche. Je la glisse à mon annulaire avant de m'asseoir à côté de mon épouse que je n'ai pas quitté des yeux.

« - Tu m'avais promis de ne plus manigancer Ha-Ni. Pourquoi l'as-tu fait ?

« - Parce que j'ai peur de toutes les jolies filles de la fac de médecine. Tu l'as dit à Jeju, je ne suis pas très jolie ni très belle et tu pourrais te lasser, dit-elle m'avouant son insécurité.

« - Ha-Ni-a si je n'étais attiré que par l'apparence physique, je serais marié à Hae-Ra.

« - Tu la trouves jolie ?

« - Bien sûr mais c'est toi que j'ai choisi. Parce que tu me fais rire, tu me surprends, parce que te voir sourire me rend heureux. Parce que même si tu échoues, quand tu décides quelque chose tu y vas à fond. C'est toi que j'ai choisi Ha-Ni… Si seulement tu n'étais pas partie quand cette femme à Jeju a fait semblant d'être malade, je soupire.

« - Pourquoi ?

« - Parce que tu aurais entendu ce que je lui ai dit sur toi. Sur mon épouse dont je suis tombé amoureux au fil des jours. Alors oui tu n'es pas la plus belle fille au monde, mais tu es celle que mon cœur à choisi et je m'en réjouis chaque jour… Ou presque, j'ajoute machinalement.

« - Qu'as-tu dit à Hyun-Ah ?

« - Que même si je l'avais rencontré avant toi, je ne l'aurais pas remarquée. Des filles comme il y en avait tellement au lycée, je soupire en repensant à cette époque. Je lui ai demandé de ne pas comparer une fille comme elle a une jeune femme telle que toi. Je lui ai dit que tu avais beaucoup plus de classe et de respect qu'elle n'en aura jamais. Que je ne pourrais pas être heureux avec une femme comme elle qui veut tout ce qu'il y a de plus beau ou de plus cher, je synthétique avant de me pencher pour l'embrasser.

Elle me répond doucement et se laisse faire quand je nous fais doucement tomber contre le matelas. Oublions cette journée et nos disputes. J'ai envie de la serrer dans mes bras ce soir. Ce que je fais aussitôt avant de me coller doucement contre elle. J'entends mon frère dans la pièce d'à côté et je regrette l'intimité que l'on avait à Jeju aussi je m'éloigne de mon épouse et la fixe dans les yeux.

« - Ha-Ni-a serais-tu d'accord pour qu'on prenne un appartement juste toi et moi ?

« - Mais mère voulait…

« - Je sais ce qu'elle veut mais j'aimerais qu'on ait notre propre coin à nous. Sans personne qui pourrait nous déranger en ouvrant la porte ou…

« - Seung-Jo, Eun-Jo, Ha-Ni à table, crie maman depuis la cuisine.

« - Ou nous empêcher de rester juste toi et moi dans les bras l'un de l'autre, je soupire en me redressant.

« - Ça serait bien, dit-elle me surprenant, mais je ne veux pas que mère soit triste… Mais on pourrait partir un week-end ensemble ? Même si c'est simplement pour dormir dans un love motel de Séoul.

Je soupire mais ne réponds pas. Je ne veux pas séjourner dans un hôtel le temps d'une nuit ou deux avec mon épouse. Je veux pouvoir avoir notre propre appartement. Pouvoir la prendre dans mes bras au détour d'une pièce sans craindre que l'on nous voie. L'embrasser sans surprendre personne… Lui faire l'amour certains soirs sans avoir peur qu'on nous entende. Avoir notre vie de couple tout simplement. A la place on quitte le lit et la chambre sans un mot. La complicité qu'on avait jusque là, s'évapore et quand le dîner est terminé, je monte étudier alors que mon épouse reste en bas pour aider à faire la vaisselle. Quand elle passe près de moi j'attrape son poignet et lui souris dès que nos regards se croisent.

« - Viens étudier avec moi.

Elle hoche la tête en souriant et va chercher ses affaires avant de s'asseoir sur le canapé. Durant son absence j'y ai pris place également et je soupire en la voyant si loin aussi j'attrape son bras et l'attire tout près de moi. Epaule contre épaule, je sens chacun de ses mouvements et son léger parfum. Beaucoup mieux. Aucun de nous ne parle pour autant, on étudie chacun de notre côté. Même si je la regarde de temps à autre. Je note une erreur dans ses notes et la lui signale. Elle hoche la tête et la corrige avant de m'annoncer qu'elle va aller se laver. Je la suis des yeux et quand elle a disparu, je soupire longuement. J'ai besoin de passer du temps avec mon épouse. Seul à seule.

« - Un problème Seung-Jo-a, demande papa en sortant de son bureau.

« - Je crois que je regrette mon voyage de noces. Je me sentais plus libre d'être tendre avec mon épouse alors qu'ici entre maman et Eun-Jo, je suis sans cesse sur le qui-vive.

« - Je comprends. La vie de jeune marié, c'est plutôt difficile… Pourquoi ne pas partir en week-end ?

« - Trop de révisions.

« - Alors on va partir, Eun-Jo maman et moi. Vous serez seuls le week-end prochain. Je vais organiser ça.

Il repart aussitôt et je souris en songeant que je vais pouvoir passer du temps avec mon épouse sans être dérangés par notre famille… Sauf qu'il y aura Ki-Dong à la maison… Je ne peux pas y réfléchir plus longtemps puisque la porte s'ouvre et je regarde mon épouse revenir vers moi dans son pyjama. Ses cheveux sont encore humides et j'attrape une mèche que je fais glisser entre mes doigts.

« - Je vais me laver, je reviens. Etudie en attendant, je te poserais des questions sur ce que tu auras déjà appris.

Elle hoche la tête sans me quitter du regard et je souris avant d'aller me laver. Je prends volontairement plus de temps que d'habitude pour qu'elle puisse lire davantage et quand je suis propre, j'enfile mon pyjama en songeant que je suis un bel hypocrite. J'ai critiqué le port des tenues de couples à la fac. Devant mes amis en médecine et Hae-Ra pourtant l'achat de ces pyjamas est une de mes idées. Même si c'est surtout parce que je n'ai pas apprécié de voir que sa chemise de nuit était aussi courte. Ou est-ce que maman avait la tête en la lui conseillant ? Je sors de la salle de bain et retourne m'asseoir à côté d'elle. Elle termine de lire une page puis m'en tend trois. Je les prends et les parcours rapidement avant de commencer à l'interroger. Elle se trompe sur beaucoup de choses mais c'est essentiellement des détails. Sauf sur la première page qu'elle a du lire plus souvent. Je l'aide plusieurs minutes puis je lui rends ces feuilles et je reprends mes révisions jusqu'à ce je sente sa tête tomber contre mon bras. Je tourne la tête pour voir qu'elle s'est endormie et délicatement je la porte jusqu'à notre lit où je la couche. Il est l'heure dirait-on. Je range néanmoins nos affaires puis je me couche à ses côtés. Je souris en la sentant se tourner vers moi et la serre dans mes bras en espérant que nos disputes soient derrière nous.

J'en ai la preuve le lendemain matin. Mon réveil sonne et elle est encore dans mes bras. Elle dort à poing fermés et je la réveille doucement avant de quitter le lit. Etrangement j'y serais bien resté un peu plus longtemps. Je me prépare puis je décide de l'attendre. Si bien qu'on rejoint la cuisine ensemble ce qui semble ravir maman. Comme elle ne parle pas du week-end prochain, j'en conclue que papa lui fait la surprise et je me tais. A la place, je prends le journal qu'il me tend et je l'ouvre tout en prenant mon petit-déjeuner. A chaque fois que je tourne la page, je jette un œil à mon épouse mais elle déjeune en souriant tout en discutant avec maman. Elles se mettent d'accord pour passer le reste de leur journée au spa et je retiens un soupir. J'aurais bien aimé passer du temps avec mon épouse. Tant pis ça sera pour la prochaine fois ! Elle se lève la première et monte terminer de se préparer sans que je ne la quitte des yeux. Cette soirée nous a fait du bien visiblement. Du moins à moi. Je me sens à nouveau proche d'elle.

« - Allons à l'université ensemble, dis-je en la rejoignant dans notre chambre.

« - D'accord. On prend nos vélos ?

« - Non j'ai envie de me balader avec mon épouse à mon bras.

Elle sourit et hoche vivement la tête. Satisfait, je termine de me préparer une fois prêt, on quitte la maison faisant sourire maman. Je la laisse faire quand Ha-Ni renoue l'écharpe autour de mon cou puis on rejoint l'université. Pourtant quelque chose manque et je lui prends la main la faisant s'arrêter. Elle me fixe perplexe et je lui demande ce qu'elle a avant de sourire quand elle lève nos mains liées.

« - Je voulais marcher avec toi à mon bras mais tu ne sembles pas avoir envie de le prendre alors je n'ai pas le choix. Comment les autres hommes de la fac sauront que tu es une femme mariée ?

« - Je porte mon alliance contrai… Oh mon Dieu, s'écrit-elle en regardant ma main. Tu la portes enfin, demande-t-elle en souriant plus que ravie ce qui me fait sourire.

« - Tu l'as enfin remarqué, je demande amusé. Le mariage est déclaré, je n'ai plus de raison de cacher mon alliance.

Elle sourit en acquiesçant et on repart en discutant tranquillement. Je l'interroge sur ses cours d'hier et je me moque d'elle à chacune de ses erreurs si bien qu'on arrive devant le département médical sans même que je m'en aperçoive. Mes camarades sont là et je fais les présentations sauf pour Damian qui était là au mariage. Ils semblent tous ravis de la rencontrer officiellement même si je note rapidement que Seo Tae- Hee a un sourire plus hypocrite que sincère. Mais ça ne me dérange pas ce matin. Au contraire, je n'ai aucun scrupule à lui envoyer mon bonheur marital au visage afin qu'elle cesse de me sourire pour tenter de me séduire.

« - Hey Baek Seung-Jo, tu portes enfin ton alliance, s'écrie Damian au moment où Hae-Ra nous rejoint.

Je hoche la tête et garde la main de ma femme dans la mienne alors qu'elle semble vouloir s'éloigner. Hae-Ra la salue avec gentillesse même si elle ne semble pas ravie de nous voir ensemble et on discute tous ensemble. Bien que Seo Tae-Hee parle médecine pour tenter d'éloigner les filles du groupe seulement Ha-Ni s'en sort plutôt bien au contraire de mon amie qui s'éloigne rapidement pour reprendre ses cours de finances. Une nouvelle fois mon épouse tente de lâcher ma main et je tourne la tête pour la regarder curieux.

« - Je dois être de l'autre côté du campus dans cinq minutes, me dit-elle simplement.

« - D'accord. On se retrouve ce midi ?

« - Pour déjeuner ensemble ? D'accord. Je t'attendrais à l'entrée de la cafétéria.

Je hoche la tête en lui souriant avant de la laisser partir. Elle salue mes amis et s'éloigne d'un pas vif. Damian est le premier à admettre qu'on forme un joli couple. Le nombre de fois où j'ai entendu cette phrase… Mais c'est, je crois, la première fois que je savoure chaque mot. Yong-Ha le reconnaît également même s'il m'avoue préférer les filles plus grandes et pour cause Song-Hee fait sa taille. Hyun-Min quant à lui soupire devant son célibat avant de me demander Ha-Ni n'a pas une petite sœur. Je secoue la tête amusé et quand la sonnerie raisonne on entre en cours. Je sors mon téléphone pour demander à mon épouse si elle est arrivée à temps et elle me répond au moment où je m'assois. « J'ai dû courir mais oui c'est bon. A ce midi. » « A ce midi. Mangeons que tous les deux veux-tu ? »