Bonjour à tous ! D'abord, un immense merci à AmiralJO et Loki125 pour votre soutien. Ça me touche énormément, vous ne pouvez pas savoir à quel point ! Voici la suite de l'histoire. Ce chapitre a été beaucoup plus facile à écrire que les deux précédents ( je ne suis pas certaine qu'écrire en étant malade ces derniers jours ait été la meilleure des idées, mais bon, fallait bien que je m'occupe). En relisant les chapitres d'avant, je me rends compte que ce n'était pas vraiment mon meilleur travail… Quoi qu'il en soit, ce chapitre reflète davantage l'ambiance et la direction que je veux donner à l'histoire. J'espère que vous l'apprécierez autant que moi !
Chapitre 14: "Consultations, sarcasmes et auto destruction"
House claqua la porte de son appartement d'un geste sec. La discussion avec Wilson quelques heures plus tôt continuait de résonner dans son esprit comme une mélodie désaccordée. Chaque mot, chaque reproche, lui écorchait les nerfs. Il jeta sa canne sur le canapé, se dirigea vers le bar et se servit un verre de whisky, sa réponse instinctive à tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un sentiment.
S'installant devant son piano, il posa le verre sur le dessus laqué, laissant une trace de condensation. Ses doigts effleurèrent les touches, d'abord hésitant, puis plus assurés, jouant une mélodie sombre, presque mécanique. Les notes semblaient exprimer ce qu'il refusait de dire à voix haute : sa frustration, son incapacité à affronter cette situation qui lui échappait totalement. La grossesse de Cameron. Son retour. Et maintenant Wilson qui le sermonnait comme s'il avait une quelconque obligation à assumer.
Il s'arrêta net en plein accord, avala une gorgée de whisky et ferma les yeux. Le liquide brûlant coulant dans sa gorge lui offrait un bref répit, une illusion de contrôle. Mais cela ne suffisait pas. Rien ne suffisait.
D'un geste énervé, il attrapa son téléphone. Il hésita un instant, fixant l'écran comme s'il cherchait à s'en dissuader. Puis il composa un numéro qu'il connaissait par cœur. La voix d'une call-girl répondit rapidement, douce et professionnelle. Quelques mots échangés suffirent à sceller l'accord. Ce n'était pas qu'il en avait réellement envie, mais il avait besoin d'échapper à ce vide qui menaçait de l'engloutir.
La soirée se termina comme beaucoup d'autres : avec plus de whisky que de réflexion, et une impression de naufrage qu'il étouffait à grand renfort de sarcasme et de déni.
Les jours suivants furent marqués par un House au comportement encore plus tranchant qu'à l'ordinaire. L'équipe entière ressentait la tension qu'il portait, comme une mèche prête à s'enflammer. Il ne se rendait plus aux urgences pour vérifier que Cameron respectait la part de leur marché, préférant se noyer dans des cas médicaux tordus ou dans des disputes inutiles avec son équipe.
Dans la salle de diagnostic ce matin là, le silence régnait, seulement interrompu par le bruit sec de sa canne contre le carrelage. House balança un dossier sur la table, ses yeux froids scrutant son équipe.
"Je vous écoute, une femme de 37 ans avec des symptômes qui vous feraient passer pour des étudiants de première année si vous ne trouvez rien. Qui commence ?" demanda-t-il d'un ton tranchant.
Foreman croisa les bras. "On pourrait savoir ce qui justifie que ce cas soit ici et pas ailleurs."
House esquissa un sourire en coin, faux et acerbe. "Parce que je l'ai décidé, Dr. Congrès médical. Si vous n'avez rien d'intelligent à dire, fermé là."
Thirteen fronça les sourcils. "Vous ne pensez pas que la fatigue chronique de la patiente est peut-être liée à une cause environnementale ?"
House leva un sourcil. "Oh, génial, diagnostiquons la peinture au plomb et les plantes d'intérieur. C'est sûr que ça lui sauvera la vie."
Foreman roula des yeux, et Taub murmura à Thirteen : "J'en connais un qui s'est levé du pied gauche."
House, sans lever les yeux, répondit : "Merci, Dr. Freud en herbe. En attendant, trouvez-moi une réponse qui ne ressemble pas à une devinette de mauvais goût."
Tandis que l'équipe de diagnostic supportait l'humeur acerbe de House dans la salle de réunion, Cameron, elle, naviguait dans le chaos organisé des urgences. Là où la tension et le silence lourd régnaient sous le joug de House, les urgences vibraient d'une cacophonie incessante : conversations précipitées, cliquetis des chariots, bips stridents des moniteurs. Pourtant, Cameron semblait imperméable à ce tumulte. Plongée dans l'examen de son patient, elle affichait une concentration absolue, comme si rien au monde ne pouvait l'atteindre.
Plus tard dans la journée, alors qu'il errait dans les couloirs, House l'aperçut au loin prêt d'un distributeur. Elle riait doucement à une conversation avec un collègue, sa main reposant machinalement sur son ventre arrondi. Ce geste, simple mais instinctif, heurta House comme un coup porté directement à l'estomac. Il s'arrêta net, son regard se figeant sur cette scène. Une vague de jalousie, de colère et de nostalgie l'envahit, mêlée à un sentiment qu'il n'osait ni identifier ni affronter.
Mais, fidèle à lui-même, il choisit la fuite. D'un pivot brusque sur sa canne, il fit demi-tour, ses pensées plus chaotiques que jamais. En marchant, il se retrouva, presque inconsciemment, devant le bureau de Wilson. Ce dernier, attentif à la stratégie d'évitement de son ami depuis plusieurs jours, ne le laissa pas passer cette fois.
"House !" appela-t-il depuis son bureau en voyant son ami passer en coup de vent. "Arrête-toi !"
House roula des yeux et revint sur ses pas à contrecœur est rentra. "Si c'est pour une intervention sur mes choix de vie, passe directement à la fin. Oui, ils sont mauvais. Non, je ne vais pas changer." ironisa-t-il en s'affalant dans un fauteuil.
Wilson, les bras croisés, le fixa avec sévérité.
— Écoute, je ne vais pas m'excuser pour ce que je t'ai dit l'autre jour. Je t'en veux toujours de ne pas m'avoir parlé de ce qui s'est passé avec Cameron à Chicago. J'aurais pu comprendre, t'aider. Mais là, sérieusement, House, le fait qu'elle soit de retour et enceinte et que tu continues à agir comme si rien ne s'était produit… Je ne peux pas l'accepter.
House esquissa un sourire sarcastique.
— Correction voici ce qui s'est passé: je suis allé à Chicago, on a perdu un patient, on a fait une erreur entre adultes consentants, et aujourd'hui, on en paie les pots cassés. Fin de l'histoire.
Wilson plissa les yeux, cherchant une faille dans l'armure de son ami.
— Tu étais à Chicago pendant quoi… dix-huit heures ? Comment as-tu trouvé le temps de gérer un cas et, comment dire, de passer chez elle ?
Le regard de House dévia une fraction de seconde, une vulnérabilité fugace trahissant la façade qu'il tentait de maintenir.
Wilson fronça les sourcils, l'évidence s'imposant. Il se leva en bégayant et en agitant les mains.
— Son bureau… C'est ça, pas vrai ?! Ça s'est passé dans son bureau !
House, retrouvant son masque, inclina la tête, un sourire narquois aux lèvres.
— Sur son canapé, pour être plus précis. Mais maintenant que j'y pense, son bureau aurait été une option intéressante...
Wilson secoua la tête, abasourdi.
— C'est toi tout craché. Des années de tension entre vous, et il suffit d'une nuit pour que tout parte en vrille!
House, agacé, se leva d'un geste brusque, sa canne claquant contre le sol.
— Merci pour l'analyse, Jimmy Love. Maintenant, si tu veux bien m'excuser, j'ai des choses plus importantes à faire que de discuter de mes coups d'un soir.
Il quitta le bureau sans un regard en arrière, mais Wilson le suivit des yeux, le cœur partagé entre exaspération et inquiétude. Il savait qu'au fond, derrière les sarcasmes et les provocations, House était une cocotte-minute sur le point d'exploser.
Quelques minutes plus tard, House pénétra dans l'ascenseur, bien décidé à éviter toute interaction avec le personnel qu'il croisait. Son bureau ? Trop de souvenirs. Une salle d'examen vide ? Trop de silence. Il opta pour la cafétéria, cherchant une distraction, n'importe laquelle.
Lorsqu'une heure plus tard Cuddy le trouva, il était assis à une table, s'amusant à empiler méthodiquement des paquets de sucre, son visage empreint d'une concentration presque comique.
— House ! lança-t-elle en s'approchant, visiblement irritée. — Vous êtes censé être en consultations depuis deux heures.
Il leva les yeux vers elle, l'air nonchalant, un sourire paresseux étirant ses lèvres.
"Oh, Cuddy. Qu'est ce que vous faites ici? Vous êtes là pour me parler de vos problèmes intimes ? J'espère que ce n'est pas contagieux."
Cuddy croisa les bras, son regard perçant.
— Arrêtez vos idioties. Vous esquivez vos heures de consultation depuis des jours. Ça ne peut plus continuer.
House sembla réfléchir, puis un sourire carnassier illumina son visage.
— Vous savez qui pourrait vraiment tirer profit de ces heures ? Cameron. Elle est enceinte, les urgences, c'est stressant… Écouter les petites plaintes de patients hypocondriaques serait un changement rafraîchissant pour elle.
Cuddy fronça les sourcils, méfiante.
— Vous voulez que Cameron fasse vos consultations ? Je peux savoir pourquoi ?
House prit une expression faussement préoccupée.
— Par souci pour sa santé, bien sûr. Dit il en souriant. Imaginez qu'elle s'épuise. Ce serait terrible pour la réputation de votre hôpital.
Cuddy le scruta avec attention, tentant de déceler la supercherie derrière ses mots.
— Et pendant ce temps, vous, vous ferez quoi ?
— Ce que je fais de mieux : sauver des vies et rendre cet hôpital célèbre, répondit-il, charmeur.
Cuddy soupira, lasse du combat constant qu'il représentait.
"Très bien, si Cameron estime que c'est dans son intérêt, je ne vais pas m'y opposer," dit-elle, son ton ferme mais résigné. "Cependant, c'est à vous de la convaincre. Et sachez une chose, House : dès qu'elle jugera que ça en est trop pour elle, vous retournerez faire vos consultations. Sans discussion, sans excuses. Et croyez-moi, je ne vous lâcherai pas des yeux."
Elle accompagna ses mots d'un regard perçant, laissant entendre qu'elle ne plaisantait pas.
— Votre foi en moi est inspirante, conclut-il avant de s'éloigner, satisfait d'avoir, une fois encore, contourné les règles.
House quitta la cafétéria d'un pas lent, sa canne martelant le sol d'un rythme irrégulier. Un sourire narquois jouait sur ses lèvres, mais son esprit, lui, bouillonnait déjà de pensées. Convaincre Cameron de faire ses heures de consultations… Cette idée résonnait en lui comme une forme de défi qu'il adorait.
Lorsqu'il arriva aux urgences, son regard scruta rapidement la pièce. Le chaos ambiant, les brancards alignés, les infirmiers qui allaient et venaient… Et au centre de cette agitation, Cameron. House s'avança, le bruit de sa canne attirant quelques regards, mais il n'y prêta aucune attention. Il avait un objectif clair, et comme toujours, il était prêt à aller jusqu'au bout.
Cameron s'activait derrière les rideaux tirés d'un brancard, concentrée sur un patient. Ses mains glissaient avec précision sur la peau lacérée, l'aiguille suturant avec une efficacité presque mécanique.
Le patient obtempéra, regardant le plafond. Le bruit et l'agitation des urgences filtraient à travers les rideaux, créant un cocon étrange de relative intimité. Cameron suturait machinalement son patient, mais rien ne parvenait à fixer son esprit.
Deux jours. Quarante-huit heures sans un mot, sans un regard, sans une apparition fracassante de House. Elle aurait voulu croire que ce silence la soulageait, mais au fond, il la perturbait. Pourquoi cette absence soudaine ? Il y avait forcement une raison. Était-ce une forme de punition, un nouveau jeu? ou simplement l'indifférence de House qui revenait au galop ?
Elle secoua la tête, agacée par ses propres pensées en plein travail. Il ne fallait pas qu'elle se laisse atteindre. Pas maintenant. Ce n'était pas le moment. Elle se mit malgré elle à repenser à la conversation échangé avec Wilson deux jours plus tôt. Il avait réussi à lui extorquer l'information comme quoi House était bel et bien le père de son enfant. Et aujourd'hui elle s'en mordait les doigts. Ce qu'elle avait cru être une confession déjà connue de House s'était transformé en un aveu piégé. Et maintenant, Wilson savait. Etait-ce pour cette raison que House avait disparu ses 48 dernières heures?
Soudainement, un bruit distinct, celui de la canne frappant le carrelage, interrompit ses pensées. Son cœur se serra un instant. Elle releva la tête et, comme une réponse ironique à ses interrogations, House se tenait là, planté dans l'encadrement du rideau tiré.
Son regard glissa lentement sur elle, prenant le temps d'analyser chaque détail.
Cameron se raidit imperceptiblement, ses doigts s'arrêtant une fraction de seconde avant de reprendre leur mouvement.
— C'est qui, le taré qui nous observe ? demanda le patient, curieux.
Cameron ne répondit pas tout de suite. Le rideau s'écarta légèrement, et House apparut, son regard perçant balayant la scène.
— Voilà une image intéressante : Cameron en train de recoudre un pilier de comptoir.
Cameron leva les yeux au ciel, mais son cœur accéléra malgré elle.
— House, soupira-t-elle, ce n'est pas le moment.
— Oh, je vois ça, dit-il en s'appuyant contre le bord du brancard, son regard délibérément planté dans le sien. Tu as oublié de m'informer que tu avais changé de spécialité pour devenir couturière.
Le patient observa l'échange, groggy par les analgésiques se demandant se qui se passe captant cependant la tension qui crépitait dans l'air. Il détourna les yeux, mais pas assez pour ne pas écouter.
Cameron termina ses points, coupa délicatement le fil, et posa une main rassurante sur l'épaule du patient.
— Voilà, c'est terminé. Une infirmière va venir pour le pansement. Reposez-vous maintenant.
Le patient hocha la tête, mais son regard passa de Cameron à House, intrigué.
Cameron referma le rideau derrière lui, se retrouvant seule face à House. Elle croisa les bras, le jaugeant avec un mélange d'agacement et d'amusement.
— Deux jours sans te pointer aux urgences… On aurait presque pu croire que tu avais disparu, lança-t-elle d'un ton faussement désinvolte.
House s'avança d'un pas, son sourire s'élargissant.
— Deux jours, c'était trop long ? Je ne savais pas que je te manquais autant.
— Ne te fais pas d'illusions, répliqua-t-elle, bien qu'un léger rouge lui monta aux joues. Qu'est-ce qui me vaux cette visite?
Il fit un pas de plus, réduisant encore l'espace entre eux.
— On t'attend en salle de consultations, répondit-il simplement.
Elle éclata de rire, secouant la tête.
— Mais bien sûr, tu plaisantes! N'est-ce pas?
— Pas du tout, dit-il, son ton léger mais son regard brûlant.
Il se pencha alors lentement, jusqu'à ce que son souffle frôle son oreille.
— Tu n'as pas le choix, murmura-t-il, sa voix basse et traînante, presque un frisson à elle seule.
Cameron frissonna, malgré elle. Elle recula d'un pas, troublée, son regard cherchant un appui dans celui de House, mais tout ce qu'elle y trouva fut une intensité désarmante.
— De quoi tu parles ? demanda-t-elle, sa voix plus faible qu'elle ne l'aurait voulu.
Il se redressa, l'air triomphant.
— Wilson, dit-il simplement.
Elle cligna des yeux, l'estomac noué.
— Oh...lâcha-t-elle, comprenant aussitôt à quoi il faisait allusion.
House joua distraitement avec le pommeau de sa canne, un sourire victorieux étirant ses lèvres.
— Tu as rompu notre accord, expliqua-t-il.
— C'était un accident ! protesta-t-elle. Wilson m'a manipulée. Il m'a fait croire que tu lui avais tout raconté.
— Peu importe, coupa-t-il. Le résultat est le même.
Il planta son regard dans le sien, et le silence qui s'ensuivit fut presque palpable.
— Donc, pour la peine, tu feras mes consultations aujourd'hui, dit-il son ton faussement désinvolte.
Cameron serra les bras contre elle, hésitant entre indignation et amusement.
Leurs regards restèrent verrouillés, la tension entre eux palpable, presque électrique.
— Je ne ferai pas tes consultations, murmura-t-elle, son souffle court.
Il inclina la tête, son sourire s'adoucissant, mais ses yeux restèrent perçants, presque tendres.
— Tu les feras, dit-il doucement. Pas pour moi. Pour toi. Parce que tu as besoin de ralentir.
Elle serra les poings, son cœur battant la chamade.
— Et si je refuse ?
Il haussa un sourcil, l'amusement revenant dans ses yeux.
— Alors, tu devras me supporter ici, toute la journée, à chaque patient. Arrange-toi avec ton équipe pour te faire remplacer. Dépèche toi. Tu as une salle d'attente pleine.
Elle le fixa un long moment, pesant ses options, mais la vérité était qu'elle n'avait jamais été capable de lui résister complètement.
— Tu es impossible, House! Elle enleva ses gants résignées et les lança dans une poubelle à côté.
Il planta son regard dans le sien, et malgré son ton léger, elle sentit la tension dans ses mots. Cameron le regarda, cherchant dans ses yeux un indice, un signe que tout ceci n'était qu'un prétexte. Et peut-être que c'était le cas. Peut-être que c'était sa manière détournée de lui dire de ralentir, de prendre soin d'elle et du bébé?
Elle soupira, secouant légèrement la tête.
— Juste pour aujourd'hui, dit-elle finalement, sa voix teintée d'un mélange de colère et de résignation. Et parce que Wilson me l'a fait à l'envers. dit-elle énervée.
Elle le regarda s'éloigner, sa canne marquant son pas irrégulier, et malgré son irritation, elle ne put s'empêcher d'avoir un sourire en coin. Avec House, rien n'était jamais simple.
