Bonjour à tous ! Un immense merci à chacun d'entre vous, d'être de plus en plus nombreux à suivre cette histoire avec autant d'enthousiasme ! Un grand merci à Katty Milagros et AmiralJo pour vos reviews – C'est toujours un plaisir ! 😊 Ce chapitre comporte quelques passages particulièrement amusants, que j'ai adoré écrire. J'espère que ce chapitre vous plaira ! Bonne lecture à tous et à bientôt ! ;)
Chapitre 18: "Provocations et Vérités"
House avait passé la journée à éviter Cameron avec une précision presque chirurgicale. Ce n'était pas une mince affaire, vu l'importance du cas en cours, mais il s'était arrangé pour toujours être dans une autre pièce, une autre aile. Pourtant, une vérité qu'il n'osait pas se dire – et encore moins admettre à voix haute – c'était qu'il redoutait que ses propres sentiments ne déstabilisent l'équilibre qu'il avait soigneusement construit autour d'elle. Cette tenue qu'elle avait choisie ce jour-là, le décolleté audacieusement plongeant, n'était pas une simple provocation : elle avait réveillé quelque chose de plus profond et plus insidieux chez lui. Un mélange d'agacement et de fascination qui le laissait parfaitement déséquilibré.
Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de l'observer de loin, caché derrière des portes vitrées ou dans un coin sombre du hall. Elle ne passait pas inaperçue : chaque regard – surtout masculin – se tournait vers elle à son passage. Mais Cameron semblait être au-dessus de tout cela.
Elle avait pris sa décision : si tout l'hôpital s'amusait déjà à spéculer sur sa grossesse et sur l'identité du père, pourquoi se soucier encore des regards ou des murmures ? House lui-même lui avait reproché de se laisser trop facilement atteindre. Cette fois, elle avait choisi d'assumer pleinement. Mais, en vérité, cette stratégie vestimentaire avait un objectif bien précis : le provoquer, lui. Juste lui.
Elle se demanda, presque amusée, si porter l'enfant de House n'avait pas commencé à modeler son état d'esprit. Était-ce possible que son cynisme et sa légendaire insouciance soient contagieux à ce point là? Un éclat de rire lui échappa à cette idée.
Ce qui était indéniable, c'était l'effet presque magique de ce fameux décolleté. Il semblait exercer une sorte d'enchantement, transformant les hommes prêts à exaucer le moindre de ses désirs. Dans la file de la cafétéria, ils s'écartaient avec empressement, lui cédant leur place avec des sourires béats qu'elle accueillait d'un regard malicieux. Loin de la gêner, cette situation l'amusait bien plus qu'elle ne l'aurait imaginé. Après tout, pourquoi ne pas en tirer un peu de plaisir ?
C'est à ce moment qu'elle croisa Wilson, fidèle à lui-même, partagé entre perplexité et maladresse. Il avait l'air pris de court, et pour cause : House n'avait pas menti, aujourd'hui, il semblait littéralement impossible de détourner les yeux d'elle. Wilson faisait pourtant un effort presque héroïque pour rester professionnel, mais son regard, oscillant entre fuyant et furtivement attiré, le trahissait à chaque seconde. Était-ce le décolleté ? Cette aura magnétique qu'elle dégageait soudain ? Ou bien cette assurance nouvelle qu'elle portait avec une désinvolture déconcertante ? Probablement un cocktail explosif des trois.
Ils échangèrent quelques banalités, comme si de rien n'était, mais la situation lui échappa complètement au moment de choisir un dessert. Près de la caisse, Wilson désigna le plateau de fruits devant elle et lâcha, dans un lapsus monumental : « Oh, je vois que vous prenez du téton… enfin, du melon, je veux dire. »
Le silence qui suivit fut presque assourdissant. Wilson devint écarlate, son embarras visible jusque dans la tension de ses épaules. Cameron, elle, resta figée une fraction de seconde avant qu'un sourire amusé n'éclaire son visage. De son côté, Wilson, visiblement mortifié, s'empressa de sortir son portefeuille, payant à la hâte pour leurs desserts à tous les deux avant de s'éclipser, marmonnant des excuses entre ses dents.
Elle le regarda partir, incapable de retenir un rire léger. House avait sans doute raison : aujourd'hui, mieux valait éviter Cameron si on voulait conserver un semblant de dignité.
Consciente de l'effet qu'elle produisait, elle savourait cette situation avec une satisfaction teintée de malice. Peut-être qu'elle n'était pas si différente de House, finalement. La prise de conscience était aussi surprenante que libératrice : il était parfois plaisant de jouer avec les cartes qu'on avait en main, même si cela perturbait les autres. Aujourd'hui, il était clair que c'était elle qui menait la danse, et cette pensée fit naître sur ses lèvres un sourire empreint d'assurance...
Non loin de là, House, en observateur discret mais attentif, ne perdait pas une miette de cette évolution. Il avait passé une bonne partie de la journée à l'observer à distance. Il s'en défendait intérieurement, mais il avait du mal à détourner ses yeux d'elle quand elle apparaissait dans son champ de vision. Quand il la vit dans l'après-midi près de la machine à café, une tasse de tisane à la main, en pleine discussion avec l'un de ses internes des urgences, il sentit une pointe d'agacement — ou de jalousie, mais ça, il ne l'admettrait jamais. Cameron riait à une remarque de l'interne, et l'idée qu'elle puisse avoir cet effet sur presque tous les hommes autour d'elle aujourd'hui l'agaçait particulièrement.
Quelques heures plus tard, l'équipe était réunie dans la salle de diagnostic, sans House, pour tenter de progresser sur le cas du patient. Ils n'avaient même pas envisagé de le chercher. Le stratagème de Cameron avait été un succès retentissant, et il était évident qu'il ne mettrait pas les pieds dans cette pièce avant la fin de la journée.
Dans la salle, Foreman, Taub, Thirteen et Cameron se relayaient pour émettre des hypothèses. Les tests effectués jusqu'ici n'avaient donné aucune réponse concrète, et l'état du patient continuait de se détériorer. Après une discussion tendue, ils en vinrent à la conclusion que la seule option viable était un protocole expérimental, mais pour ça, il leur fallait l'approbation de Cuddy.
Foreman : « On parle de stimuler artificiellement son système immunitaire avec une méthode qui n'a encore jamais été testée sur un être humain. Aucun moyen de savoir comment il réagira. Cuddy ne nous donnera jamais son aval. »
Thirteen : « Si on attend qu'elle prenne une décision, il sera déjà trop tard. Il mourra avant même qu'elle ait eu le temps de dire oui ou non. »
Taub : « C'est pour ça qu'on doit en parler à House. Il trouvera un moyen de convaincre Cuddy. Il adore ça, en plus. »
Cameron : « Bonne chance pour obtenir un mot de sa part. Il évite tout le monde depuis ce matin. »
Foreman (avec un regard lourd en direction de Cameron) : « Oui, et on se demande bien pourquoi. » Un soupir las s'échappa de ses lèvres. « Mais peu importe ses humeurs, il reste le meilleur pour ce genre de situation. Appelons-le. »
Cameron roula des yeux mais hocha la tête, résignée. Foreman composa le numéro de House. De l'autre côté, ce dernier était confortablement installé dans le bureau de Wilson, les pieds posés sur le bureau de son ami, l'air faussement concentré, lançant distraitement sa balle en mousse dans les airs.
Le téléphone vibra. House leva les yeux au ciel avant de décrocher.
House : « Quoi ? »
Foreman (au téléphone) : « On a besoin de votre validation. Le patient ne réagit à aucun traitement, et on pense qu'un protocole expérimental pourrait être la solution. On a besoin que vous convainquiez Cuddy. »
House : « Vous pensez ou vous êtes sûrs que c'est la meilleure option ? Parce que si c'est juste pour jouer aux apprentis sorciers, on se fait une partie d'échecs. »
Thirteen (en arrière-plan) : « Si on ne fait rien, il sera mort dans quelques heures. »
Cameron (prenant le téléphone) : « House, arrête. On n'a pas le temps pour tes blagues. Si tu as une meilleure idée, dis-la maintenant. Sinon, dis-nous juste si tu comptes parler à Cuddy ou pas. »
Un silence lourd s'installa, et Wilson, assis en face de House avec sa tasse de café, observa la scène, un léger sourire en coin. House passa une main lasse sur son visage, puis répondit, son ton acide comme à son habitude.
House : « C'est d'accord... Je vais lui parler. Mais si elle dit non, il n'y aura plus rien à faire. »
Avant que Cameron ou quiconque puisse réagir, il raccrocha brutalement, puis passa ses mains derrière la tête.
Wilson : « Tu sais, tu aurais pu les aider pour de vrai. Tu aurais pu aller dans ta salle de diagnostic et chercher une alternative. »
House : « Il n'y en a pas d'autre... Et puis je viens de les aider. J'ai dit que j'allais en parler à Cuddy. »
Wilson : « Non, tu n'as fait que confirmer ce qu'ils savaient déjà. Pourquoi tu refuses de t'impliquer davantage ? Cameron ? »
House ferma les yeux, un sourire narquois aux lèvres.
House : « Disons que la médecine est bien plus simple que les relations humaines. »Il se leva et se dirigea vers la sortie.
Quelques minutes plus tard, il traversa les couloirs de l'hôpital, sa canne claquant sur le sol et fit irruption dans le bureau de Cuddy sans frapper, comme à son habitude. Elle leva les yeux de ses documents, visiblement agacée.
"House, je suis occupée. Si vous venez encore me parler d'un budget pour des lasers ou des robots qui font du café..."
"Pas cette fois," répondit-il avec un sourire en coin. "On a un patient critique qui nécessite un protocole expérimental. Il y a des risques, bien sûr, mais..."
"Non," trancha-t-elle avant qu'il ne puisse finir sa phrase. "Je ne vais pas autoriser un protocole expérimental."
House s'appuya sur sa canne, adoptant une expression faussement blessée. "Vous ne voulez même pas entendre les détails ? C'est un cas fascinant. Un vrai défi médical. Et si ça marche, ça pourrait révolutionner..."
"Non, House. Vous avez déjà dépassé les limites plus de fois que je ne peux compter. Pas cette fois."
Il grogna, frustré. "Vous savez, ce genre de rigidité administrative, c'est ce qui tue des patients."
"Et ce genre de prise de risque inconsidéré, c'est ce qui peut également leurs coûter la vie," répliqua-t-elle fermement. "Maintenant, si vous voulez bien, j'ai une réunion à préparer."
House soupira et la regarda fixement, ses yeux trahissant une pointe de désespoir sous son sarcasme habituel. "Alors quoi, on laisse mourir ce gars parce que vous avez peur de prendre une décision importante ?"
Cuddy pinça les lèvres, visiblement agacée mais pas insensible. "Ce n'est pas une question de peur, c'est une question de responsabilité. Et si vous ne comprenez toujours pas la différence, alors je ne peux rien pour vous."
House tourna les talons en marmonnant quelque chose d'incompréhensible, mais son ton trahissait sa colère. Il passa un rapide coup de fil à son équipe pour leur annoncer la mauvaise nouvelle. "Cuddy a dit non. Vous avez d'autres idées ou on se contente de commander des pizzas ?"
Alors que tout le monde c'était attelé à trouver une autre solution pour sauver le patient en réalisant de nouveaux examens, Cameron décida de prendre les devants et de se diriger vers le bureau de Cuddy.
Contrairement à House, elle frappa à la porte avant d'entrer dans son bureau. Cuddy leva les yeux, légèrement surprise, mais aussi intriguée. Pendant une seconde, elle observa Cameron—sa posture droite, son air déterminé, et cette étrange lueur de confiance qu'elle n'avait pas toujours vue chez elle.
« Cameron ? Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? » demanda-t-elle, essayant de ne pas laisser transparaître son appréhension.
Cameron entra avec un sourire poli et referma la porte derrière elle. « Je voulais vous parler du patient de House. »
Cuddy, prévoyant où cette conversation allait mener, poussa un soupir. « Si c'est pour me demander d'autoriser son protocole risqué, je lui ai déjà dit non. »
« Je sais, » répondit Cameron calmement, posant sa tablette et sa tasse de tisane sur le bureau. « Mais j'aimerais que vous reconsidériez. »
Cuddy croisa les bras, le regard perçant. « Et pourquoi devrais je ? »
Un instant, Cuddy fut frappée par la tranquillité de Cameron. Ses mouvements étaient calculés, ses paroles pesées, et cela contrastait avec le chaos habituel de House. Elle nota même une certaine élégance dans son approche—une combinaison rare de professionnalisme et de passion.
« Parce que ce patient n'a pas d'autres options, » commença Cameron avec un ton mesuré. « Et je sais que House peut être insupportable, mais il est aussi le meilleur diagnosticien du pays. Si nous avons une chance, même infime, de sauver cet homme, pourquoi ne pas la tenter ? »
Cuddy pinça les lèvres, observant Cameron attentivement. « Vous savez aussi bien que moi que ces décisions ne sont pas si simples. Et si cela tourne mal ? Vous serez la première à devoir rendre des comptes.»
Cameron inclina la tête, acceptant le poids de cette réalité. « Je suis prête à assumer cette responsabilité. Parce que si on ne fait rien, ce patient mourra. Et vous savez aussi bien que moi que cela vous pèsera. »
Ces mots frappèrent Cuddy plus qu'elle ne l'aurait voulu. Elle se souvenait d'autres cas, d'autres moments où elle avait dû faire face à des conséquences difficiles. Mais elle n'avait jamais douté de Cameron, de ses compétences ou de son intégrité.
« Vous êtes sûre de vouloir porter ce fardeau ? D'assumer cette lourde responsabilité pour House? » demanda-t-elle, cherchant une faille dans sa détermination.
« Oui, » répondit Cameron, ses yeux brillant d'une conviction sincère. « Je le suis. »
Un silence pesa dans la pièce, tandis que Cuddy pesait le pour et le contre. Enfin, elle poussa un long soupir. « Très bien. Mais si quelque chose tourne mal, je tiendrai House et vous pour responsables. »
Un sourire discret s'étira sur les lèvres de Cameron. « Merci, Lisa. »
Elle quitta le bureau et se dirigea vers la salle de diagnostic, où l'équipe discutait toujours du cas. House était encore au téléphone, probablement en train de râler sur la situation.
"On a l'autorisation," annonça-t-elle en entrant.
Tous les regards se tournèrent vers elle, incrédules. Même House sembla décontenancé de l'autre côté de la ligne.
"Comment... ?" commença-t-il, mais elle l'interrompit.
"Peu importe," dit-elle avec un sourire énigmatique. "On a ce qu'il faut. Maintenant, au travail."
Plus tard dans la soirée, le patient avait été stabilisé, mais il était encore trop tôt pour savoir si le traitement avait réellement fonctionné. Ce qui était certain, en revanche, c'est que ça ne l'avait pas tué. Une petite victoire, certes fragile, mais une victoire tout de même. L'équipe avait fait ce qu'il fallait.
Cameron, épuisée mais soulagée, se retrouva seule dans les vestiaires. Ses pensées encore accrochées à la journée qu'elle venait de vivre, quand soudain, elle entendit la porte s'ouvrir derrière elle. Elle se retourna et aperçut House, son regard acéré et un léger sourire en coin, comme s'il avait été intrigué par la situation. « Qu'est-ce que tu fais ici ? » lança-t-elle en haussant un sourcil, son regard perçant. « Tu as enfin décidé de sortir de ta cachette et de cesser de m'observer en silence ? »
House sourit légèrement, s'appuyant sur sa canne. "Et toi, tu as renvoyé ton fan club ?"
Elle leva les yeux au ciel.
Il s'avança de quelques pas, un sourire narquois aux lèvres.
« Comment tu as convaincu Cuddy ? » dit-il, son ton moqueur. « Tu as utilisé ton décolleté pour la faire céder? ou bien tu as couché avec elle pour obtenir l'autorisation? S'il te plait, dis-moi que c'est la deuxième option, juste pour que je puisse imaginer la scène. »
Cameron le fixa, l'exaspération claire dans ses yeux.
« Pervers, » répondit-elle sèchement en désignant son visage d'un geste agacé.
« Allumeuse, » rétorqua-t-il sans la moindre hésitation, son sourire en coin s'élargissant tandis qu'il la fixait toujours avec insistance.
Cameron avança d'un pas et, d'un mouvement brusque, lui releva le menton, forçant son regard à se concentrer sur le sien.
« Mes yeux sont là, House, » dit-elle, l'intensité de son regard ne laissant aucun doute.
Il haussait les épaules, implacable, comme si la situation ne l'affectait pas.
« Difficile de se concentrer sur tes yeux aujourd'hui, » répondit-il avec nonchalance, ne détournant pas son regard du reste de sa silhouette.
Puis, d'un geste fluide, il se tourna vers un casier, attrapant une blouse de chirurgien qu'il brandit devant elle.
« Si tu veux vraiment une conversation où je te regarde dans les yeux, mets ça, » dit-il, en lui tendant le vêtement d'un geste théâtral.
Elle le regarda avec un sourire en coin, et avant qu'il ne puisse répondre, elle commença à déboutonner son haut devant lui. House resta figé, ses yeux s'écarquillant légèrement. Elle ne se retourna pas, le défiant ouvertement.
Il la regarda intensément, son regard captivé par la transformation de Cameron. Il adorait ce mélange de confiance assumée et de défi sensuel qu'elle lui lançait. Son corps, bien qu'il l'ait déjà exploré cette fameuse nuit, était différent, sublimé par sa grossesse. Ses seins, plus gros, étaient soulignés par un soutien-gorge en satin et dentelle qui épousait sa peau avec une élégance provocante. La délicate transparence du tissu laissait deviner ses tétons, durcis, comme un écho silencieux à la tension palpable entre eux. House, incapable de rester silencieux, fit ce qu'il faisait de mieux : un commentaire provocateur.
"Eh bien, je crois que je vais revoir tous mes aprioris sur la grossesse," lança-t-il avec un sourire malicieux. "C'est… incroyablement excitant. "Elle sourie en enfilant la blouse qu'il lui avait tendue, consciente de l'effet qu'elle avait produit. Une fois habillée, elle le regarda avec un sourire malicieux.
C'est alors que la porte s'ouvrit brusquement et que Chase entra, s'arrêtant net en voyant House et Cameron dans le vestiaire, son expression oscillant entre exaspération et une lassitude résignée. Il planta son regard sur Cameron, puis sur House, avant de soupirer lourdement.
"Super. Il manquait plus que ça," lâcha-t-il, les mâchoires serrées.
Cameron, qui venait d'enfiler la blouse que House lui avait tendue, croisa les bras sur son ventre arrondi, adoptant une posture gênée, mais son regard restait calme. House, lui, semblait ravi de la tension dans l'air. Un sourire narquois se dessina sur son visage alors qu'il s'appuyait davantage sur sa canne, son regard se promenant entre Chase et Cameron.
"Ah, vraiment, pas gênant du tout comme situation," déclara-t-il d'un ton faussement innocent. "Chase tombant sur son ex femme enceinte jusqu'aux yeux… et de moi qui plus est. Il manquerait plus qu'un violon pour rendre le moment parfait."
"House," gronda Cameron en lui lançant un regard glacial.
Chase esquissa un sourire amer et secoua la tête. "Non, laisse le parler. C'est son terrain de jeu favoris, non ? Les petites humiliations, les sous-entendus… regarde comme il est content."
House ouvrit la bouche pour répliquer, mais Cameron leva une main pour l'arrêter. Elle s'avança légèrement vers Chase, son ventre visible malgré la blouse ample. "Chase… je sais que cette situation n'est pas évidente, et je suis désolée que tu sois tombé sur nous ici."
"Ici?" Il éclata d'un rire nerveux, mais ses yeux étaient remplis d'amertume. "Tu veux dire dans un vestiaire, avec lui, en train de jouer à je ne sais quel jeu tordu ? Oui, c'est plus que perturbant. Mais plus rien ne m'étonne venant de toi, au final."
Cameron resta calme, même si la tension dans l'air était palpable. "Écoute, je sais que c'est difficile à comprendre. J'ai essayé d'être honnête avec toi lors de notre dernière conversation. Ce n'est pas évident pour moi non plus..."
« Vraiment ? » Chase croisa les bras, ses yeux lançant des éclairs. « Parce que, de mon côté, ce que je retiens, c'est que tu es revenue ici, enceinte de six mois, sans même me prévenir avant de débarquer. Tu t'es excusée lors de notre dernière conversation, mais ça ne rend pas la situation plus facile à digérer. Quant à l'identité du père de ton enfant… » Il ricana, un rire sec et amer, qui éclata comme une gifle, trahissant la douleur qu'il avait du mal à cacher. « Je l'ai appris par hasard, encore une fois, Cameron par des rumeurs, comme si j'étais un parfait inconnu dans ta vie. » Il fit un pas vers elle, sa voix prenant une teinte plus grave, presque incrédule. « Sérieusement, tu t'attendais à quoi ? Que je te félicite ? Que je sois ravi pour toi ? »
Il laissa échapper un rire nerveux, mais ses traits se crispèrent soudainement alors que sa colère explosait. "Bordel, Allison, tu es enceinte de House ?! De House ! "
House intervint avec son air désinvolte habituel, mais son ton était plus acéré qu'à l'accoutumée. "Chase, c'est bon. Si vous voulez passer vos nerfs sur quelqu'un, contentez vous de moi. Mais laissez Cameron en dehors de ça. Elle n'a pas à se justifier."
Chase fixa House, les poings serrés, l'air menaçant, son regard devenu aussi tranchant qu'une lame. « Se justifier ? » cracha-t-il, la voix glaciale. « Vous avez joué avec elle pendant des années, House. Manipulé ses sentiments, ses émotions, à votre bon vouloir. » Il secoua la tête, presque incrédule. « Je n'arrive même pas à croire qu'elle soit enceinte… et encore moins que ce soit de vous. C'est… c'est surréaliste. » Un rire amer s'échappa de ses lèvres, aussi sec qu'une gifle. « Vous vous êtes bien foutus de moi, hein ? Vous avez piétiné tout ce que j'ai fait pour vous, tout ce que Cameron a enduré pour vous. » Il s'avança d'un pas, sa voix se faisant plus basse, plus acerbe, presque un murmure empli de dégoût. « Et là, vous attendez quoi, House ? Que je vous félicite ? Que je vous dise "bravo" ? »
House haussa les épaules, apparemment indifférent. "Ce serait un bon début, oui."
Cameron secoua la tête, frustrée. "Stop ! Ca suffit." Elle se tourna vers Chase, son regard adoucissant légèrement le ton de sa voix. "Chase, je comprends que ça te mette en colère. Mais ce qui s'est passé entre House et moi… ce n'était pas quelque chose de planifié. C'est arrivé c'est tout, et je ne m'excuserai pas pour ça."
Chase la regarda longuement, comme s'il cherchait à lire dans ses pensées, à comprendre ce qu'elle ressentait vraiment. Mais ce qu'il vit – sa posture, son assurance, la manière dont elle se tenait malgré son ventre arrondi – le désarma.
"J'ai du mal à te reconnaitre," murmura-t-il finalement.
Cameron le regarda longuement, un air presque mélancolique dans les yeux. « Je comprends ta réaction mais sache que je ne suis plus celle que tu as connu. J'ai évolué, grandi. »
Un silence tendu s'installa, lourd de tout ce qui n'était pas dit. House, bien évidemment, fut le premier à le briser, tapotant sa canne sur le sol pour attirer l'attention. "Bon, si on en a terminé avec le concours de tragédies personnelles, j'aimerais récupérer Cameron. On a une procédure risquée à finaliser. Et, croyez-le ou non, Chase, il nous arrive encore de sauver des vies entre deux... moments de distraction."
"La ferme House!" commença-t-elle énervée.
"Chase l'ignora, gardant ses yeux fixés sur Cameron. "J'espère que tu sais ce que tu fais, Allison," dit-il, sa voix presque inaudible. Puis il tourna les talons et quitta le vestiaire, laissant derrière lui une tension palpable.
Cameron, les bras croisés, regarda la porte se refermer avant de laisser échapper un soupir. House s'approcha, un sourire en coin. "Il va s'en remettre. C'est un grand garçon."
"House…" commença-t-elle en le regardant, fatiguée.
"Quoi ? J'ai été adorable. J'ai même évité de lui raconter comment cet enfant a été conçu."
Elle leva les yeux au ciel. "Allons y. On a un patient à sauver."
Elle passa devant lui, et House la suivit, non sans murmurer pour lui-même, "Et dire que tout le monde trouve que je suis le roi du drama..."
