Merci Katty M. pour ton soutien et tes reviews! ça me réchauffe le coeur! 3 J'espère que tu apprécieras ce chapitre ainsi que tous ceux qui me suivent dans l'ombre. xxx

Chapitre 22 : Lâcher-prise pour les nuls

Le matin filtrait à travers les stores, projetant des éclats dorés sur les draps en désordre. Cameron ouvrit lentement les yeux, un sourire flottant sur ses lèvres avant même qu'elle ne comprenne pourquoi. Puis, tout lui revint en mémoire.

La chaleur de ses bras.

Le poids de son corps contre le sien.

Les mots qu'il avait murmurés dans le noir, entre deux soupirs rauques.

Elle se tourna sur le côté, son cœur battant un peu plus vite en posant les yeux sur lui. House était là, allongé sur le dos, un bras replié sous sa tête, les traits détendus, la barbe légèrement plus marquée après la nuit. Il semblait paisible, ce qui, en soi, était un petit miracle.

D'un regard, elle détailla les lignes de son torse, la façon dont les draps glissaient sur son ventre à chaque respiration. Dormait-il encore ? Elle hésita un instant, tentée de poser un doigt sur son bras, juste pour voir. Mais avant même qu'elle ne puisse bouger, sa voix rauque brisa le silence :

— Arrête de réfléchir.

Elle sursauta légèrement.

— Je sais exactement à quoi tu penses, ajouta-t-il sans ouvrir les yeux.

Elle plissa les yeux, mi-amusée, mi-sceptique.

— Ah oui ?

Un sourire effleura ses lèvres.

— Tu te demandes si je vais fuir, si je vais trouver une excuse foireuse pour éviter d'en parler.

Cameron ne répondit pas, mais elle n'en pensait pas moins. Il la connaissait trop bien.

House ouvrit enfin les yeux, son regard bleu perçant venant s'ancrer dans le sien, ce regard qui semblait toujours tout voir, tout comprendre.

— Mauvaise nouvelle, poursuivit-il en s'étirant nonchalamment. Je ne vais nulle part.

Cameron sentit un rire lui échapper malgré elle.

— Donc… pas de regret ? demanda-t-elle doucement.

House haussa un sourcil, la fixant comme si elle venait de poser la question la plus absurde du monde.

— Tu plaisantes ? C'était bien trop bon pour que je regrette, répondit-il avec un sourire en coin.

Elle leva les yeux au ciel, faussement exaspérée, avant que son regard ne soit attiré par quelque chose de moins plaisant. L'hématome qui s'étendait autour de son œil avait viré au bleu-violet. La veille, elle avait désinfecté la coupure de son arcade après sa bagarre idiote dans ce bar, mais le bleu ne s'était pleinement révélé que ce matin.

Sans un mot, elle tendit la main et effleura la contusion du bout des doigts. House grimaça légèrement sous le contact.

— À quel point c'est moche ? demanda-t-il avec un soupçon d'ironie.

Cameron inclina la tête, l'observant avec sérieux avant de répondre d'un ton faussement compatissant :

— Disons que si tu as envie de postuler pour un rôle de boxeur, c'est le moment.

House étira un leva les yeux au ciel, faussement exaspérée, mais n'eut pas le temps de répliquer qu'il l'attira brusquement contre lui, scellant ses lèvres sur les siennes. Cameron se laissa happer, oubliant tout le reste sous ses baisers fiévreux. Ses doigts effleurèrent sa nuque, savourant la chaleur de sa peau sous ses paumes.

Les minutes s'étirèrent, indécentes, jusqu'à ce que son regard tombe sur le réveil. Son cœur loupa un battement.

— House ! On est en retard !

Il grogna contre sa peau, refusant de bouger.

— Qu'est- ce que ça peut faire détends-toi, c'est moi le patron…

Cameron roula des yeux avant de le pousser sur le dos.

— Ce qui ne veut pas dire que tu peux faire ce que tu veux !

House releva les yeux vers elle, narquois.

— Techniquement, si.

Elle secoua la tête, faussement désespérée, avant de filer vers la salle de bain.

— Si tu n'es pas debout quand je reviens, je te prive de ce truc que tu as tant apprécié cette nuit… lança-t-elle en disparaissant derrière la porte.

Il grimaça en souriant.

— T'es cruelle.

Elle ne répondit pas, mais il devina son sourire. House soupira, puis, après un ultime grognement dramatique, se leva à contrecœur.

Quelques minutes plus tard, Cameron, déjà prête malgré sa difficulté à se mouver, l'observa d'un air faussement sévère alors qu'il enfilait ses affaires avec son manque d'empressement habituel.

— Je vais passer prendre une douche et me changer chez moi, déclara-t-il finalement en attrapant sa canne. On se rejoint tout à l'heure.

Il ne semblait ni pressé ni mal à l'aise, comme s'il annonçait simplement qu'il allait chercher un café. Mais Cameron, elle, voyait plus loin. Ce n'était pas de l'indifférence. C'était du contrôle.

Elle le regarda, un sourire doux au coin des lèvres.

— House?

Il s'arrêta, tourna légèrement la tête, son regard évitant soigneusement le sien.

— Hm ?

— À tout à l'heure.

Il la fixa un instant, et cette fois, il n'éluda pas. Son expression ne changea presque pas, mais quelque chose passa dans son regard. Un infime instant où l'armure se fissura. Il hocha légèrement la tête, et un sourire, discret mais sincère, effleura ses lèvres avant qu'il ne tourne les talons.

Il ne fuyait pas. Il assumait.


Cameron franchit les portes du Princeton Plainsboro d'un pas rapide, tentant d'ignorer la sensation persistante d'être en retard. Ce qui était le cas. Et ce qui, pour elle, relevait presque de l'inédit.

Lorsqu'elle pénétra dans la salle de diagnostic, elle sentit immédiatement les regards se poser sur elle. Foreman, Taub et Thirteen étaient déjà là, assis autour de la table, café en main, et surtout… souriants. Trop souriants.

— Eh bien, ça alors, fit Taub en jetant un coup d'œil à sa montre. Le monde touche à sa fin ?

— Je croyais que tu faisais partie de ses gens qui supportent pas d'arriver en retard, lança Thirteen, l'air faussement perplexe.

Cameron soupira, posant son sac sur la chaise.

— Problème de réveil, c'est tout.

— Toi ? Un problème de réveil ? s'étonna Foreman, levant un sourcil sceptique.

— Ça arrive, rétorqua-t-elle en haussant les épaules, feignant l'indifférence.

Elle attrapa un dossier au hasard et se plongea dedans, ignorant les regards échangés entre ses collègues. Heureusement, elle fut sauvée par l'entrée fracassante de House quelques minutes plus tard.

Son retard à lui n'était pas surprenant. Ce qui l'était, en revanche, c'était cet air détendu qu'il arborait.

Il débarqua dans la salle en claudiquant avec entrain, son éternelle canne en main, mais son expression… Il y avait quelque chose de différent. Une légèreté dans son regard.

— Bonjour mes petits génies incompris ! déclara House en entrant d'un pas plus léger qu'à l'accoutumée.

Il lança sa canne sur la table avant de s'y appuyer nonchalamment, un sourire en coin accroché aux lèvres.

— Vous m'avez manqué. Mais rassurez vous, ce n'était que temporaire.

Les regards échangés autour de la table furent presque imperceptibles, mais ils étaient là.

Cameron ne leva même pas les yeux de son dossier. Thirteen et Taub, eux, échangèrent un coup d'œil appuyé. Quant à Foreman, il se contenta d'un soupir.

Mais cette fois, quelque chose d'autre attira leur attention.

— C'est moi ou… vous avez une coupure à l'arcade ? Et c'est un coquard ça? lança finalement Thirteen en plissant les yeux.

— Je sais, c'est injuste. Mon visage est trop parfait pour subir ce genre de dégâts.

— Non, sérieusement, insista Taub. Qu'est-ce qui vous est arrivé ?

House fit semblant d'hésiter.

— Hmm… peut être que je suis tombé dans ma douche allez savoir.

Il croisa les bras, toujours accoudé à la table.

— Ou alors, j'ai peut-être eu une altercation mineure dans un bar avec un crétin trop alcoolisé qui ne supportait pas l'idée d'être plus stupide que moi.

Cameron, qui savait très bien ce qui s'était passé, garda un visage impassible.

— Je croyais que vous évitiez les bagarres, que vous vous étiez assagi ? Remarqua Foreman.

— Je les évite. C'est elles qui me courent après.

House balaya l'air d'un geste de la main, comme si l'incident n'avait aucune importance et claqua dans ses mains, changeant aussitôt de sujet.

— Bon, et maintenant, retour au boulot. J'ai un cadeau pour vous !

Il balança un dossier au centre de la table.

— Trente-quatre ans, douleurs abdominales inexpliquées, fièvre intermittente, hallucinations occasionnelles. Hier, il pensait que des hamsters géants lui grimpaient sur le torse. Ça, mes amis, c'est une énigme digne de nous.

Silence.

House fronça les sourcils, passant son regard de l'un à l'autre.

— Qu'est-ce que vous avez encore à me regarder comme ça ?

Foreman croisa les bras, un sourire en coin.

— Vous avez l'air… différent.

— Oh non. C'est pas vrai c'est reparti.

— Ce n'est pas une observation inutile, répliqua Taub, intrigué. Vous êtes… presque de bonne humeur malgré votre blessure.

House arqua un sourcil, l'air faussement perplexe.

— Attendez… Vous êtes en train de me dire que si je ne suis pas exécrable et irascible, vous paniquez ?

Thirteen soupira.

— Non, on s'interroge.

— Eh bien, arrêtez. Vous perdez votre temps. Vous avez déjà assez de mal à ne pas tuer les patients.

Il se détourna et attrapa un feutre, traçant rapidement les symptômes sur le tableau.

— Bon, si vous avez fini de jouer les enquêteurs du FBI, on peut se concentrer sur ce type qui voit des rongeurs géants, ou vous avez besoin d'un moment pour continuer à disséquer mon comportement ?

Thirteen haussa un sourcil mais ne répondit pas.

— Bien, enchaîna House. Foreman, testez les taux de sérotonine. Taub, vérifiez les antécédents familiaux et les toxines. Thirteen, IRM cérébrale, Cameron, échographie du cœur.

Un silence. Personne ne bougea immédiatement.

House leva les bras, faussement exaspéré.

— Allez, oust, dehors.

Il n'attendit pas de réponse et s'éloigna en direction de la porte.

Cameron passa à côté de lui, dossier sous le bras, prête à quitter la pièce.

Et à cet instant, ce fut subtil.

Un infime échange de regard. Une fraction de seconde. Un sourire, à peine visible, partagé entre eux deux.

Puis elle tourna les talons et disparut dans le couloir.

House, lui, resta une seconde immobile. Puis il secoua légèrement la tête, son sourire en coin toujours là, et sortit à son tour.

Comme si de rien n'était.


Dans le couloir, alors qu'ils prenaient des directions opposées, Foreman rattrapa Cameron.

— OK, c'est quoi son problème ?

— De quoi tu parles ? fit-elle, faussement innocente.

— House. Il est de bonne humeur. Ce qui n'arrive jamais.

— Tu devrais fêter ça, alors, répliqua-t-elle avec un sourire en coin.

— Très drôle.

Foreman la scruta un instant, cherchant une faille, un indice. Mais Cameron, professionnelle jusqu'au bout, resta impassible.

— Tu as une théorie à proposer, Foreman ? lança-t-elle en continuant de marcher.

Il ouvrit la bouche, puis se ravisa. Il savait qu'il n'obtiendrait rien d'elle.

— Oublie ça.

— Sage décision, répondit-elle en entrant dans l'ascenseur, un éclat amusé dans le regard.

Les portes se refermèrent, la laissant seule avec son sourire.

House avançait dans le couloir jouxtant son bureau d'un pas nonchalant, sa canne traçant son rythme habituel sur le sol. Il allait tourner à l'angle lorsqu'une voix familière l'interpella.

— House !

Wilson le rattrapa, visiblement agacé.

— Je t'ai envoyé un message hier soir. Pourquoi tu n'as pas répondu ?

House haussa un sourcil, faussement surpris.

— Oh, vraiment ? C'est étrange… Je suis pourtant sûr d'avoir fait semblant de ne pas le voir.

Wilson roula des yeux mais, en s'approchant, il fronça les sourcils.

— Attends… c'est quoi, ça ?

Il désigna la coupure visible sur l'arcade et son coquard.

Ce dernier porta distraitement une main à sa blessure, comme s'il venait à peine de s'en souvenir.

— Oh ça? c'est rien c'est juste un souvenir mémorable d'hier soir.

Wilson plissa les yeux, soupçonneux.

— Tu t'es battu ?!

House resta impassible, jouant avec les nerfs de son ami.

— Un effet secondaire de ma charmante soirée avec Cameron.

Wilson écarquilla les yeux.

— Cameron ? Oh non… House, qu'est-ce que tu lui as encore fait pour qu'elle te colle un poing en pleine figure ?!

House eut un sourire en coin.

— J'ai suivi ton conseil. Je l'ai invité à dîner.

Wilson soupira, puis l'examina plus attentivement. Ses yeux se plissèrent alors qu'il assemblait les pièces du puzzle.

— Attends un peu… Vu le pansement et la façon méticuleuse dont c'est fait… C'est elle qui t'a soigné.

Il releva les yeux, réalisant.

— Donc j'en conclu qu'elle n'y est pour rien… Ce qui veut dire qu'il s'est passé quelque chose pendant votre soirée. Tu as joué les chevaliers servants et que tu t'es pris un coup pour défendre son honneur ou quelque chose du genre c'est ça ?

House ne confirma pas, mais son sourire en disait long.

— Un direct du droit assez respectable, je dois dire. Mais ça valait le coup au final…

Wilson le fixa un instant, puis plissa les yeux, suspicieux.

— Attends pourquoi ça valait le coup? Ne me dis pas que toi et elle vous...?! C'est pas vrai ! House… Tu as couché avec Cameron ?!

Il passa une main sur son visage, partagé entre la stupéfaction et l'amusement. House, lui, savourait la réaction.

— Disons que c'était une nuit… mémorable.

Wilson cligna des yeux.

— Mémorable ?! Il secoua la tête. Attends, attends, attends… Ça veut dire que vous êtes ensemble maintenant ?

House porta son café à ses lèvres, imperturbable.

— Hm…

Wilson ouvrit la bouche, puis la referma. Il détailla son ami, cherchant un indice prouvant qu'il affublait. Mais non. House avait vraiment l'air sérieux.

Un sourire amusé se dessina sur le visage de Wilson.

— Cela dit dans un sens, je n'arrive pas à croire que ça ait pris autant de temps.

House haussa les épaules.

— On dit que les meilleures choses prennent du temps.

— Ouais, et toi, t'as tendance à tout foutre en l'air.

— D'où mon étonnement actuel.

Ils arrivèrent devant l'ascenseur. Wilson le regarda un instant avant de déclarer, presque sincèrement :

— Je suis content pour toi, House.

House leva les yeux au ciel, faussement écœuré.

— Arrêtes ça tout de suite. Si tu continues, je vais devoir me prendre un autre coup pour compenser ce trop-plein émotionnel.

Wilson rit en entrant dans l'ascenseur, mais avant que les portes ne se referment, il lança :

— Fais gaffe, House. Le bonheur, c'est contagieux. House observa les portes se refermer, son sourire s'adoucissant légèrement.

Puis il se détourna et continua sa route.


Wilson retourna dans son bureau, mais il n'arrivait pas à se concentrer. Les heures passaient mais les mots de House tournaient en boucle dans sa tête. Il n'avait jamais imaginé que House pourrait évoquer une nuit avec Cameron de manière aussi désinvolte. Ce n'était pas tant la révélation qui le perturbait c'était plutôt prévisible, ce qui était étonnant c'était la façon dont House en parlait. Il n'avait pas l'habitude de voir son ami parler de ses relations personnelles avec une telle… sincérité, ou plutôt, sans son habituelle façade de sarcasme.

Il essaya de se replonger dans ses dossiers, mais son esprit revenait sans cesse à cette discussion. Pourquoi House avait-il agi ainsi ? Wilson avait toujours cru que House était implacable, insensible à l'idée de se laisser atteindre par qui que ce soit. Mais avec Cameron, c'était différent, et il se rendait compte qu'il n'avait pas vu venir cette dynamique.

Il tenta de se concentrer sur un rapport de patient, mais les mots se brouillaient devant ses yeux. Un soupir échappa à ses lèvres alors qu'il se levait brusquement, incapable de se concentrer. Il ne pouvait pas s'empêcher de chercher des réponses, même si cela signifiait s'immiscer dans des terrains qui ne le regardaient pas et il décida d'aller chercher la vérité à la source.

Il sortie de son bureau et à ce même moment aperçut Cameron dans le couloir, quittant le labo, un dossier de résultats à la main. Elle marchait avec assurance, concentrée sur ses analyses. Mais Wilson nota ce détail infime : ce léger sourire en coin.

Il accéléra le pas et se plaça à sa hauteur.

— Docteur Cameron.

Elle tourna la tête vers lui et lui adressa un regard poli, teinté d'amusement.

— Docteur Wilson.

— Vous avez l'air… en forme aujourd'hui.

Elle haussa légèrement les épaules.

— Les analyses confirment notre hypothèse, c'est plutôt une bonne nouvelle.

Wilson esquissa un sourire.

— Et… comment s'est passée votre soirée d'hier soir ?

Cameron ralentit imperceptiblement, juste assez pour qu'il note le changement, avant de répondre d'un ton maîtrisé :

— Quelle soirée ?

Wilson retint un soupir.

— House m'a dit que vous aviez passé la soirée ensemble. C'est vrai?

Elle lui lança un regard en coin, visiblement amusée.

— Je ne vois pas de quoi vous parlez.

— House prétend même que vous avez passé la nuit ensemble.

— Vraiment ? fit-elle d'un ton léger.

— Oui.

— Et vous, vous le croyez ?

Wilson la fixa, essayant de lire dans son expression. Mais elle restait impassible, maîtrisant parfaitement son jeu.

— Je veux juste savoir si c'est vrai, je ne veux absolument pas de détails ou vous mettre mal à l'aise. En tout cas, si c'est le cas c'est super pour vous! finit-il par dire.

— Vous doutez de la fiabilité de votre meilleur ami ?

Wilson souffla du nez.

— Disons que… ce ne serait pas la première fois qu'il me fasse marcher.

Cameron ne répondit rien et continua son chemin, l'obligeant à la suivre jusqu'au bureau de House.

Elle ouvrit la porte sans hésitation et entra, Wilson toujours sur ses talons.

House était là, occupé à jouer avec une balle rebondissante. Sans lever les yeux.

Cameron posa le dossier devant lui.

— Les taux de ferritine sont élevés. L'hypothèse de l'hépatite auto-immune tient toujours.

House attrapa le dossier avec nonchalance.

— Donc, biopsie hépatique.

— Je vais m'en occuper.

Wilson les observait, intrigué.

Quelque chose sonnait… différemment. Leur façon de se parler, la fluidité de leurs échanges…

Il allait poser une question quand House lâcha, l'air de rien :

— Chez toi ou chez moi ce soir ?

Wilson écarquilla les yeux.

Il s'attendait à voir Cameron réagir, être prise de court. Mais elle resta impassible et répondit simplement, comme si c'était une évidence :

— Ce soir, c'est chez toi.

Puis, sans cérémonie, elle se pencha et lui déposa un baiser rapide sur les lèvres.

Un baiser simple. Presque anodin.

Mais pour Wilson, c'était comme si la réalité s'était dérobée sous ses pieds.

Il resta figé, incapable de formuler la moindre pensée cohérente.

Cameron, elle, se redressa et se dirigea vers la porte, prête à retourner à ses occupations.

Juste avant de sortir, elle se retourna légèrement, croisa le regard abasourdi de Wilson et ajouta avec un sourire taquin :

— Au fait, Wilson… merci de l'avoir incité à m'inviter à dîner.

Puis elle disparut.

Wilson ouvrit la bouche, la referma. Il tourna lentement la tête vers House, qui arborait son air satisfait habituel.

Wilson était sous le choc essayant d'analyser se qu'il venait de se passer.

House haussa un sourcil.

— Quoi ?

— Alors c'est vrai !

House attrapa sa canne et se leva, l'air faussement songeur.

— Exactement.

House s'arrêta sur le seuil, un sourire moqueur aux lèvres.

Et sur ces mots, il quitta la pièce en sifflotant un air joyeux.

Wilson resta seul, encore choqué par l'ensemble de ses révélations.

Trop d'informations à la fois

Refusant d'en rester là, Wilson se lança à la poursuite de House dans le couloir.

— Oh ça suffit Wilson ça devient du harcèlement là, lança House en souriant sans se retourner.

— Qu'en est il du bébé? Tu comptes l'assumer? Être présent pour l'accouchement ? persista Wilson.

House ralentit légèrement.

— On n'en a pas parlé, mais j'imagine que je devrais être là pour la naissance de ma fille.

Wilson s'arrêta net.

— Quoi ?! Tu vas avoir une fille et tu ne me l'as pas dit ?! Depuis quand tu le sais ?

House haussa les épaules, comme si c'était un détail sans importance.

— Depuis l'agression de Cameron aux urgences. On l'a découvert lors de l'échographie.

Wilson ouvrit la bouche, puis la referma, complètement abasourdi.

— Et tu n'as pas jugé bon de me le dire ?! s'étrangla-t-il.

House continua à marcher avant de lâcher d'un ton faussement innocent :

— J'avoue, ça aurait été bien d'en informer le futur parrain.

Wilson cligna des yeux, confus.

— Attends… Attends...un peu t'es en train de me demander d'être le parrain de ton enfant ?

House lui lança un regard sarcastique.

— Bah quoi ? T'as pas envie ?

Wilson bafouilla, pris de court.

— Si, évidemment que j'en ai envie c'est pas la question… C'est juste que… tu me balances des informations et des vérités de tous les côtés ! Je suis censée réagir comment moi?!

House s'arrêta et tapota l'épaule de Wilson, l'air faussement compatissant.

— Il faut quand même que j'en parle à Cameron avant, mais je suis sûr qu'elle n'y verra aucun inconvénient.

Et sur ces mots, House planta Wilson au beau milieu du couloir.

Wilson resta là, la bouche grande ouverte, totalement déboussolé. Il n'était pas prêt d'oublier cette journée.


La journée touchait à sa fin et, comme à leur habitude, l'équipe s'était réunie en salle de diagnostic pour faire le point. Foreman, Thirteen, Taub et Cameron exposaient les derniers résultats pendant que House, assis nonchalamment sur sa chaise, lançait des remarques sarcastiques entre deux rebonds de balle contre le mur.

— Le patient répond bien au traitement, ses enzymes hépatiques se stabilisent, déclara Taub en refermant le dossier.

— Fascinant… marmonna House en feignant un bâillement.

— On dirait que vous êtes déçu qu'il ne soit pas en train de mourir, lança Foreman, bras croisés.

House haussa les épaules.

— Disons que c'est toujours plus intéressant quand le diagnostic est un défi. Mais bon, félicitations, vous avez sauvé un homme.

Les quatre médecins échangèrent un regard, habitués à son attitude.

— Si vous n'avez plus besoin de nous, on se retrouve demain, dit finalement Foreman en attrapant sa veste.

Taub, Thirteen et lui quittèrent la pièce, laissant Cameron seule avec House.

Elle se tourna vers lui et s'adossa à la table.

— Tu y es allé un peu fort aujourd'hui avec Wilson, fit-elle remarquer avec un sourire en coin.

House haussa un sourcil.

— Moi ? C'est lui qui me harcèle. Je devrais déposer plainte.

Cameron secoua la tête en riant.

— Toi non plus, tu ne l'as pas épargné, répliqua House.

— J'ai été à bonne école. Un éclat malicieux dans le regard. Il y avait une vraie complicité entre eux, une légèreté qui ne leur était pas toujours évidente mais qui, en cet instant, semblait couler de source.

Mais soudain, Cameron grimaça et porta une main à son ventre.

House perdit instantanément son air moqueur.

— Un problème ? demanda-t-il, plus sérieux.

— Rien, rien, répondit-elle en soufflant légèrement. C'est juste le bébé qui tape un peu fort contre mes côtes.

House fronça les sourcils, observant son ventre comme s'il pouvait voir à travers.

— Tu as mal ?

— Non, c'est juste désagréable.

Il hésita une seconde avant de demander :

— Est-ce que… je peux… ?

Cameron le regarda, surprise par cette demande et cette hésitation inhabituelle chez lui. Puis, sans un mot, elle prit sa main et la posa sur son ventre.

House resta figé un instant, puis sentit les petits coups sous sa paume. Il fronça légèrement les sourcils, concentré, comme s'il analysait un symptôme invisible.

— C'est… étrange, murmura-t-il.

— Dans le bon sens ou dans le mauvais ? demanda-t-elle avec amusement.

— Je ne sais pas encore.

Mais il ne retira pas sa main.

Cameron l'observa, touchée par cette vulnérabilité qu'il laissait transparaître, aussi discrète soit-elle.

— Elle bouge surtout quand elle entend ta voix.

House arqua un sourcil, mi-surpris, mi-amusé.

— Je suppose que ça veut dire qu'elle essaie déjà de m'éviter.

— Ou qu'elle te reconnaît.

Un silence s'installa, mais il n'avait rien de gênant. Juste un instant suspendu, hors du temps. Cameron posa sa main sur celle de House, scellant ce moment d'une douceur inattendue. Son regard brillait d'une émotion qu'elle ne chercha pas à masquer.

Puis, fidèle à lui-même, House finit par briser la magie du moment :

— Bon, on parie combien qu'elle aura mon intelligence ?

Cameron souria avant de répliquer :

— Tant qu'elle n'a pas ton caractère…

Amusée, elle se hissa légèrement sur la pointe des pieds et déposa un baiser rapide sur sa joue.

House la fixa, surpris par ce geste spontané. Il ouvrit la bouche, comme pour dire quelque chose, puis se ravisa. Un simple hochement de tête, presque imperceptible, fut sa seule réponse.

— Merci, souffla-t-elle.

— Pour ?

— Ne pas avoir fui.

Il ne répondit rien, mais elle vit bien, à la lueur dans ses yeux, qu'il avait compris.

Alors, avec un sourire, elle tourna les talons et quitta la salle, le laissant seul avec ses pensées. House resta immobile un instant prit ses affaires et la suivie.