Bonne année, bonne santé. Aujourd'hui est un grand jour. Si vous ne l'avez pas saisi, vous le saurez vite.

Aelita Yoru : Qui sait.

FoxyCha24 : je voulais écrire ce passage, mais j'admets qu'il a été très difficile à faire.

Yuwine : Iro a beau être une créature de la Grand Line, elle reste une bestiole curieuse et une grosse peluche./ Il a le droit de paniquer, non, pour sa mère, Harry.

Robinet667 : Au plaisir.

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Harry terminait tout juste de ranger le dernier livre dans son sac sans fond, avec l'aide de Neville et Drago, quand la porte de la Salle sur Demande s'ouvrit, les faisant se retourner.

- Qu'est-ce que vous fichez ici ? demanda Parkinson en regardant les trois garçons avec son teint pâle et maladif.

- Du rangement, répondit laconiquement Harry en refermant son sac.

Il essaya de le hisser sur son dos mais dû renoncer quand il s'avéra qu'il ne pouvait pas le soulever en dépit de la magie. Bon, il allait juste le faire passer par un Portail et il verrait en rentrant.

- Tu es pathétique, Portgas, soupira Drago en jetant un sort sur le sac pour le rendre transportable.

- Tout va bien, Parkinson ? T'es assez pâle, s'inquiéta Neville.

- Je t'ai pas sonné Londubat ! Va crever ! Cassez-vous !

- La Salle sur Demande appartient à tout le monde, tu sauras, Parkinson, pointa Drago.

- Qu'est-ce que vous faîtes ici ?!

- Du rangement par le vide. Toutes ces générations d'élèves et de professeurs qui ont caché leurs objets illicites ici, c'était trop tentant, sourit malicieusement Harry.

- Tu viens d'avouer devant une préfète que tu violais le règlement, sourit froidement la face de pékinois.

- Tu te souviens enfin que tu es toujours une préfète de Serpentard ? C'est un miracle en soit, nota moqueusement Drago. Mais ça ne sert à rien, parce que si Portgas a choisi des vêtement moldus aujourd'hui, ce n'est pas parce qu'il a envie de faire son rebelle un week-end où il est présent et que je suis là, mais parce qu'il rentre chez lui et que Neville et moi, on s'assure qu'il n'oublie rien.

- Je perds mon temps ici, et on en a assez que le Directeur nous fasse chier, alors, je vais faire quelque chose de plus utile dehors, se justifia Harry.

Le sac enfin sur l'épaule, l'adolescent suivit Drago hors de la Salle avec Iro sur les talons. Neville adressa un dernier regard perplexe et inquiet à Parkinson, avant d'emboiter le pas à ses amis. Dehors, ils marchèrent jusqu'à arriver dans une salle de classe vide où Drago ouvrit un Portail sur le salon des Portgas, permettant au D. de se débarrasser de son encombrant chargement. Puis, le passage fut refermé et ils ressortirent de la pièce comme si rien ne s'était passé.

Parlant de tout et de rien, sauf de l'éléphant dans la pièce, ou plutôt dans les couloirs, ils descendirent les étages jusqu'à rejoindre le hall d'entrée. Hermione et Luna y étaient déjà, discutant avec une Ace pâlotte, mais consciente et autonome, pendant que Marco arrivait par un autre couloir avec McGonagall, venant apparemment de finaliser le retrait de l'école de son fils. En voyant son petit-copain, Luna se jeta dans ses bras en se retenant de pleurer et le brun lui rendit l'étreinte, toute sa bonne humeur disparue. Le visage caché dans le rideau de boucles blondes, il se retenait de chialer.

- Tu m'attendras ? chuchota la petite serdaigle dans les bras du criminel.

- Autant qu'il le faudra, assura Harry.

Ils s'embrassèrent un long moment, personne n'ayant le cœur de leur faire des reproches, avant qu'ils ne se séparent à regret.

- On se voit cet été ? se fit confirmer Hermione avec espoir.

- Il y a de fortes chances, assura Marco. Encore pas mal de détails à régler avant qu'on ne quitte vraiment le pays, yoi.

A son tour, Hermione se jeta au cou du brun pour lui dire au revoir, avant de laisser place à Drago et Neville qui lui offrirent une solide accolade.

- Je vous souhaite beaucoup de chance pour le futur, Mr Portgas, souhaita McGonagall. Ne vous perdez pas.

Malgré son air austère, elle avait le regard suspicieusement brillant.

- J'y prendrais garde, assura Harry. Bonne chance pour la suite, professeur.

Un dernier signe de la main et Harry rejoignit ses parents. Ses affaires étaient déjà à Londres, il n'y avait eu que la Salle sur Demande à vider et faire des copies de la bibliothèque, et là, les livres obtenues avaient été évacués par Portail. C'est donc les mains dans les poches qu'ils se dirigèrent vers le parc et la calèche mise à disposition pour le voyage jusqu'à Pré-au-Lard. Ils s'arrêteraient en chemin pour faire un Portail et retour maison. Ace eut un peu de mal à monter, ses jambes tenant difficilement, faisant que les deux hommes durent lui donner un coup de main...

- ATTENDEZ !

Les trois criminels se détournèrent pour voir Dumbledore descendre presque en courant les marches du grand escalier pour traverser le hall d'un air furibond.

- Que faîtes-vous ?! demanda-t-il en les rejoignant devant la calèche.

- On s'en va, répondit froidement Marco en montrant l'évidence. Harry en a fini ici.

- Vous retirez Harry de l'école ?!

- Vous n'êtes pas devenu directeur pour rien, yoi, dit le blond avec sarcasme.

- Mais vous ne pouvez pas ! Vous n'avez pas le droit !

- Vous avez sorti le même refrain à toutes les familles qui ont préféré que leurs enfants reviennent chez eux, peut-être ? ironisa Ace d'une voix faible au fond de la calèche.

- On n'a pas le droit, en effet, confirma Harry.

Tout le monde regarda l'adolescent avec perplexité. Celui-ci eut un sourire froid et moqueur à l'attention de son ex-directeur.

- Mais ce n'est pas grave, parce que ce droit, on va le prendre. Ne vous en faîtes pas pour nous, Dumbledore, on a l'habitude de la vie dure. Nous sommes pleins de ressources.

Marco secoua la tête avec amusement alors qu'Ace laissait échapper un petit rire. Iro sauta dans la calèche et le duo père-fils suivit le mouvement.

- On se revoit cet été, assura le brun à ses amis.

Il ne voulait pas que Poudlard soit la dernière fois où ils se verraient. Il voulait de vrais adieux qu'il pourrait graver dans sa mémoire et se rappeler en se disant qu'il n'avait rien oublié de leur dire. La porte de la calèche claqua en un adieu joyeux à Poudlard.

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Cela faisait un bien fou de revenir chez soi réellement. Retrouver Dobby qui avait préparé un festin en leur absence. Revoir les jumeaux et sa cousine, Thatch, Sirius, Remus, le reste des employés de sa mère… revoir Londres… et ne plus se dire qu'il devrait retourner à cet internat stupide...

Tout ça lui manquerait un peu, quand même.

Mais il avait besoin d'autre chose, d'une nouvelle vie, d'une existence qui puisse lui permettre de se sentir utile. Du défi, du frisson.

Et sa famille.

Harry et Marco avaient attendu qu'ils soient de nouveau tous entre les quatre murs de l'appartement pour faire la morale à Ace et sa stupidité. Elle les avait écoutés en silence, le visage dans les mains, se contentant d'hocher la tête à leurs remarques et reproches.

- Tu es irremplaçable ! rappelaient sans cesse les deux hommes.

Elle hochait à chaque fois faiblement la tête de son poste sur le canapé.

Harry avait fini par s'asseoir à côté d'elle pour la prendre dans ses bras. Elle lui avait rendu l'étreinte en sanglotant sur son épaule et en demandant pardon comme un disque rayé. Marco avait rejoint l'étreinte et ils étaient restés enlacés tous les trois un long moment jusqu'à ce que Lina se manifesta à l'étage pour dire qu'elle avait fini sa sieste et que la chipie, du haut de ses un an, eh bien, elle avait la bougeotte.

L'incident était clos, il était temps de passer à autre chose et ne pas penser à cette simple phrase de Marco qui laissait entendre que ce genre de comportement n'était pas nouveau venant de la D. et qu'il risquait de se reproduire.

L'idée était juste abominable.

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Avec le nombre de sorciers croissant travaillant pour sa mère, Harry pouvait sans difficulté s'exercer en autodidacte pour apprendre ses sorts, avec l'aide de Remus au besoin quand il avait du mal. Dumbledore avait juste fait une erreur monumentale en disant que le ministère ne pouvait pas percevoir qui jetait un sort s'il y avait des sorciers adultes dans un bâtiment. Pour le coup, il faisait de la magie sans crainte pour ne pas prendre de retard, utilisant un miroir à double-sens pour contacter Neville au besoin pour se tenir au courant de ce qui était vu en cours.

Étrangement, la seule chose que le ministère avait fait concernant le retrait de Harry de l'école, c'était proposer à lui et sa famille une protection ministérielle. L'adolescent avait trouvé très hilarant de dire au ministère que si ses gars arrivaient à vaincre ses parents ou son oncle en duel, il accepterait la garde. L'échec monumental était couru d'avance. Et il avait profité du pop-corn.

Dumbledore était venu régulièrement aussi. Certaines fois, c'était pour les persuader qu'ils avaient fait une erreur en retirant le jeune homme de l'école, d'autres fois, c'était pour dire qu'il avait encore des choses à voir avec lui concernant Voldemort.

- Le plus difficile, c'est son serpent, le reste, c'est déjà de l'histoire ancienne, lui avait dit laconiquement Marco de là où il était assis sur la causeuse à côté de Harry pour lui faire un cours d'Histoire accéléré sur le monde dans lequel il vivrait sous peu.

Ace avait donc pris sur elle de montrer la porte à Dumbledore… avec son trente-neuf au cul en prime.

Rendre le Retourneur de Temps avait d'ailleurs été le signe clair que le jeune Portgas ne souhaitait plus rien devoir à la communauté magique. Cela avait fait les choux gras de la presse pendant des jours. Savoir que l'Élu avait déserté Poudlard avait laissé penser à de nombreux parents d'élèves que leurs enfants n'étaient pas en sécurité, causant une hémorragie sévère dans les rangs étudiants. Un représentant du conseil d'administration était intervenu auprès des Portgas pour essayer de les inciter à renvoyer Harry à l'école pour arrêter la fuite des élèves et ne pas causer sa fermeture. Remus avait montré la porte à l'homme pendant que Marco ceinturait Ace pour l'empêcher de mettre son poing dans la tête du messager. La ICW était intervenue pour remettre le conseil à sa place et leur rappelait que si les élèves fuyaient, c'était plutôt parce qu'ils ne s'étaient pas montrés convaincant dans leur protection.

Outre tous ces soucis, ils avaient réussi à mettre la main sur une Pensine pour voir l'infâme souvenir de Slughorn. Et ils comprenaient pourquoi Dumbledore avait voulu mettre la main dessus. Non seulement le professeur avait expliqué à Voldemort le principe des Horcruxes, ce qui était tout bonnement immonde et expliquait très bien pourquoi le Haki leur faisait ressentir un tel sentiment contre-nature, mais aussi, le nombre de séparation que Voldemort avait accompli, expliquant comment, du garçon séduisant, il était devenu un être imberbe au faciès de serpent.

- La séparation d'une âme en plusieurs morceaux n'est pas un phénomène nouveau pour nous, avait dit Thatch un soir où il avait été invité à manger chez eux pour qu'il ne soit pas trop seul avec Edna, puisque Tonks était à Pré-au-lard pour la journée et la soirée.

- Exact, le don de Big Mum ressemble à ça, constata Ace.

- Donc, je dois aussi trouver des Horcruxes sur la Grand Line ? s'inquiéta Harry.

- Peut-être, mais le cas de Big Mum est différent. Les Homies, comme elle les appelle, sont des objets qui portent en effet un morceau de son âme, mais aussi de sa conscience, yoi, avait nuancé Marco. Là où ce Voldemort a fait des ancres pour son existence, Linlin…

- Linlin ? répéta Harry

- Charlotte Linlin est le nom de Big Mum, yoi. Donc, pour elle, je disais, c'est pas vraiment une séparation…. Je pense que là où Tommy boy arrache des morceaux de son âme, Linlin le fait plus comme si c'était de la simple division cellulaire et garde un control permanent sur ce morceau dont elle fait cadeau. Sans parler qu'elle peut compléter les morceaux perdus par les vies qu'elle aspire…

- Ou qu'elle bouffe, combien de personne elle a déjà avalé dans ses crises alimentaires ? rappela Ace.

- Heureusement qu'on a fini de manger, on a pas besoin que tu nous rappelles le cannibalisme de cette aberration de la nature, grimaça Thatch alors que Harry sentait la nausée lui monter à la gorge.

Le sujet se clôtura sur ce point, cependant, ils avaient avancé dans leur sac de nœud.

Si Voldemort avait bien séparé son âme en sept morceaux, il ne restait donc que le serpent et Tommy boy lui-même. Après ça, il faudrait mettre la main sur Peter et Harry en aurait fini avec sa quête de vengeance.

Sachant que le chemin retour était quasi stabilisé et que Marco avait déjà prouvé qu'il menait au bon endroit, ils pouvaient se permettre de parler concrètement de ce futur très proche.

Harry avait accepté qu'on lui dise qu'il n'était pas prêt pour le Shin Sekai, il était même assez content qu'on lui dise de ne pas faire la montée de l'océan à partir de son entrée. Shabaody était assez proche et correct pour ses débuts.

Une forte somme de l'argent amassé, depuis qu'Ace était à la tête de l'Underground, fut employée à l'achat de lingots d'or et de bijoux qui seraient échangeables contre des berrys une fois à Shabaody. Là, ils devraient avoir la possibilité d'avoir assez d'argent pour payer un studio à l'adolescent. Marco resterait aussi longtemps que nécessaire avec lui pour lui montrer les points importants de l'archipel et lui présenter deux trois personnes en qui il pouvait avoir un minimum confiance. Cependant, on attendait de l'adolescent à ce qu'il revienne tous les week-ends sur leur petite île perdue et les contacte tous les soirs pour les rassurer, mais surtout, appeler à l'aide si ça n'allait pas.

Là où Harry avait poussé une gueulante, c'était sur son nom. Avec ses activités, même en admettant que quatre-vingt pour cent des Marines étaient au même niveau de compétence que les Stormtroopers, il y avait des éléments assez compétents pour finir par remarquer ses actes, même s'il se faisait discret. Et dire « bonjour, mon nom est Portgas » ça serait le meilleur moyen de se retrouver avec Sakazuki aux fesses, qui le poursuivrait avec autant d'acharnement qu'un bulldog enragé. Et c'était sans parler des ennemis personnelles qu'Ace avait eu en tant que Shirohige ou de ceux qui ne se soucieraient pas de savoir que Harry n'avait pas le sang de Roger et ferait un amalgame, rapportant donc sur lui la vieille haine contre le Seigneur des Pirates. Personne ne voulait que ça arrive. Mais Harry était fier et attaché à son nom, il ne voulait pas s'en détacher, pas après toutes ces années à lutter contre les sorciers pour leur faire accepter le nom de Portgas. Il était prêt à endosser les risques, quitte, oui, à se prendre un poing de magma dans la poitrine.

Sa mère ne lui avait jamais mis de claque…

Avant cette discussion.

Marco avait demandé à Harry de retourner dans sa chambre pour réfléchir à l'idiotie monumentale qu'il avait prononcé pendant que lui-même touchait deux mots à Ace sur la baffe qu'elle avait donné à leur enfant. Le blond avait laissé mijoter son fils aîné pendant quelque temps avant d'aller le voir pour lui faire comprendre la bêtise qu'il avait dite. Si l'idée de perdre Hiken les avait tous brisés, ils le seraient tout autant si Harry disparaissait à son tour. Si en plus de ça, il se faisait tuer pour un simple nom, ce serait stupide. Et un bon moyen pour que le couple se blâme de sa mort. Il se ferait tuer pour des fautes qu'il n'avait pas commises. Tuer parce qu'il avait le malheur de porter le nom de quelqu'un qui avait laissé des ennemis sur sa route au lieu de les enterrer. Autant demander à sa mère de le tuer de ses propres mains, ça reviendrait au même. On ne lui demandait pas de renoncer au nom de Portgas, simplement de le cacher. Dans quelques années, une bonne partie de ces ennemis seraient déjà morts, et Harry lui-même aurait assez de force pour s'opposer aux survivants, et les jumeaux seraient assez grands pour qu'Ace ou Marco puissent se permettre de régler définitivement leurs affaires en cours, notamment les cas de Weeble et Marshall. Donc, revoir deux anciens commandants seraient plus inquiétant qu'un jeune adulte du nom de Portgas. D'autant plus que des personnes sans nom de famille, c'était courant, alors, s'il se présentait simplement avec son prénom, ça ne serait pas étrange, sans compter que rapidement, il se retrouverait affublé d'un surnom par lequel il serait le plus souvent désigné. Pas grand monde chercherait à savoir qui il était vraiment, sauf s'il y avait une grosse fuite ou des soupçons. Mais ils auraient le temps de le voir venir.

Après, ça restait sa décision, s'il voulait laisser derrière une famille éplorée pour avoir refusé de faire profil bas, après tout, ça restait son choix.

La technique de la culpabilisation était toujours aussi efficace.

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Harry allait ramener des verres au comptoir quand la dernière personne qu'il s'attendait à voir passer la porte du bar débarqua.

- Professeur Rogue ?

L'homme sombre, toujours aussi graisseux, avait une tenue classique moldue, pantalon et chemise. Il semblait retenir un rictus de dégoût alors qu'il observait le bar, avant de se tourner vers son ancien élève qui le regardait comme s'il avait deux têtes.

- Maitrisez-vos pensées, Portgas, rappela à l'ordre le professeur. Je suis venu voir votre mère et ça n'a rien à voir avec votre scolarisation.

- Elle est dans son bureau, c'est l'heure du bibi des jumeaux. Je vais vous montrer le chemin.

- Inutile, je le connais déjà.

- Vous savez que les gens demandent généralement un rendez-vous avant de rencontrer le patron d'une entreprise ?

- Faites ce que vous avez à faire et je fais ce que je dois faire moi.

Le jeune eut un reniflement narquois et retourna au comptoir pour déposer ses verres, signalant à Seb, qui y était en poste, le visiteur pour sa mère.

Rogue, lui, il n'attendit personne ou quoique ce soit pour se diriger vers la porte de service qu'il ouvrit et referma derrière lui, grimpant l'étroit escalier jusqu'au long couloir avec les portes de vestiaires de chaque côté et en face, le bureau. De la lumière sortait du dessous de la porte. Avant même qu'il soit assez proche de celle-ci pour l'ouvrir, quelqu'un le fit pour lui. Quelqu'un qui s'avéra être l'ancien elfe de maison des Malefoy. Ace était renversée en travers son fauteuil à roulette, les jambes croisées par-dessus un accoudoir, les genoux assez relevés pour servir de dossier au garçonnet d'un an qu'elle avait sur le ventre et qui buvait son biberon. Le père de l'enfant avait réussi à coincer sa haute taille dans l'encadrement de la fenêtre tout en surveillant la fillette du même âge qui préférait jouer avec son propre bibi plutôt que le boire qu'il avait dans les bras.

- Si tu es venu de la part de Dumbledore, tu peux faire demi-tour, lui dit directement Ace.

- Portgas D. Ace, je croyais que tu avais, il fut un temps, pris des cours sur les bonnes manières, soupira Marco avec lassitude.

- J'en ai pris, mais j'en fais usage quand je veux, nuance.

- Bonsoir, professeur, salua Marco avec un ton blasé. Nous ne nous attendions pas à votre visite, yoi. Que nous vaut ce plaisir ?

- Bonsoir à vous, docteur. C'est bien dommage que vous soyez le seul à avoir une once de tact et de politesse dans cette famille, salua Rogue.

- Son père était pire.

- Dobby va installer des coussins sur le canapé avec un plaid, pour le Capitaine, annonça l'elfe de maison avec amusement en voyant le regard assassin qu'Ace lança à Marco.

Il referma la porte derrière Rogue et disparut.

- Que nous vaut le plaisir de la visite ? demanda Ace alors que Marco lui déposait sur le ventre Lina pour aller chercher de quoi boire.

- Je suis ici pour empocher une récompense et préparer ma retraite… le problème est que… je tiens à ma vie quand même, expliqua Rogue d'un ton sinueux.

Il accepta le verre de whisky que lui servit Marco avant de s'asseoir devant le bureau de la tête de la Mafia. Le blond déposa un verre à portée de main de sa compagne, puis un autre pour lui-même avant de reboucher la bouteille qu'il posa à terre pour récupérer l'un des jumeaux sur sa hanche et sa boisson de sa main de libre.

- De quoi est-il question ? demanda Ace en prenant le biberon vide de son fils pour le mettre sur le bureau.

- Je sais où est Pettigrow. Le souci est que le Seigneur des Ténèbres a déjà tué trois mangemorts, et dans l'état actuel de ses forces d'actions, il ne peut se permettre de perdre un nouvel élément son armée, même s'il est aussi inutile et pathétique que ce rat, expliqua l'espion.

- Trois mangemorts ? s'étonna Marco. Il fait du ménage dans les rangs ?

- Non, il fait payer l'incompétence. Lucius a trouvé la mort pour la destruction du journal intime et Bellatrix est désormais la dernière personne à porter le nom de Lestrange. Le Seigneur des Ténèbres a tué son époux et son beau-frère suite au braquage de Gringott l'an passé. Je crois qu'ils devaient conserver un objet précieux pour lui, et ils ne l'ont pas fait.

Le sourire sanglant de la mère de famille devait lui expliciter en bonne partie comment une femme comme elle pouvait être arrivée au sommet de la pègre. Il fronça un instant les sourcils. Il avait l'étrange impression qu'Ace n'avait pas pris une ride depuis leur première rencontre. Et il y avait encore et toujours cet étrange sentiment de familiarité qui lui tiraillait les entrailles.

- Pettigrow se cache donc, poursuivit Rogue. Et chez moi.

- Ah. Forcément, s'il apprend que Pettigrow a disparu, il va savoir que tu l'as vendu, conclut la pirate.

- J'aimerais éviter qu'il le découvre. Je compte le voir mourir et ensuite quitter le pays pour commencer une nouvelle vie à l'étranger. S'il me tue pour trahison entre temps, je risque bien peu d'en profiter.

- Homme de peu de foi, grommela Hiken en levant le nez d'un air digne.

- Aucun risque qu'on remonte jusqu'à toi, yoi, assura Marco avec un regard fier à l'adresse de sa compagne. Ace est une pro dans le domaine. Une chasseuse dans l'âme. Pour lui avoir montré les ficelles, je peux t'assurer que l'on ne saura jamais que tu as vendu le rat. Tu préfères un versement sur ton compte ou voir l'argent de tes yeux, yoi ?

- Le plus discret.

- Tu auras l'argent quand on aura le rat, lui dit le blond avec un éclat jaune dans les yeux. Où est-il ?

Sans un mot de plus, Rogue prit un papier sur le bureau de la tête de la pègre et accepta le stylo qu'elle lui donna, grimaçant devant l'objet qui était loin des plumes auxquelles il était habitué. Il nota rapidement son adresse et fit glisser l'information de l'autre côté de la table.

- C'est un plaisir de faire affaire avec toi. Tu désires des faux papiers pour ta nouvelle vie ? demanda la D. avec un sourire bien trop grand en lisant l'adresse. Tu te doutes que si c'est un piège, tu le regretteras ?

- Votre mort n'est pas quelque chose que je regretterai.

- Comme si vous aviez la capacité de me tendre un piège fatal… ronronna la femme.

- Ace ! rappela à l'ordre Marco.

Elle se contenta de lui adresser un regard innocent. Elle ronronnait seulement au lit et pour lui, elle n'allait pas le faire pour cet homme, surtout avec lui dans la même pièce !

- Merci pour l'information, yoi, conclut le Phénix avec un geste de la tête pour le professeur. Nous saurons bientôt qui finira en premier. Nous ou Dumbledore…

- Vous. Le plan de Dumbledore est parti en morceau dès l'instant où vous avez brisé sa baguette magique. Ou peut-être devrais-je dire depuis que vous avez adopté le garçon. Profitez de votre victoire et de votre famille.

- On le fera quand on aura trouvé un sympathique petit studio pour Harry sur une magnifique mangrove ! assura joyeusement la Commandante.

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Rayleigh soupira en recevant une lettre de Shakky. Heureusement qu'il lui avait dit qu'il ne devait pas être dérangé pendant qu'il s'occupait de l'entraînement de Luffy. Il baissa l'enveloppe encore fermée qu'il avait entre ses mains et regarda le jeune homme qui dévorait un cuissot monstrueux de viande en se disputant avec lion grand comme une maison. Le vieil homme haussa un sourcil et décacheta son message. Shakky ne l'aurait pas fait si ça n'avait pas été important. Encore plus perturbant, il y avait une autre enveloppe à l'intérieur qui avait été enroulée dans la première lettre. Les sourcils froncés, l'ancien pirate lut le message, et sentit la tristesse l'envahir.

De ce que Shakky lui disait, c'était Haruta qui lui avait fait passer la seconde lettre. Marco avait agi très bizarrement en demandant à ce que celle-ci soit remise à Luffy. Cela ne pouvait avoir qu'un rapport avec Ace. Le pauvre homme devait certainement accomplir les dernières volontés de son défunt amant avec ce mot.

Rayleigh hésitait.

Pouvait-il se permettre de laisser Luffy voir cette lettre et mettre en péril sa concentration sur son entraînement ? Rouvrir la plaie alors qu'il commençait à peine le deuil de son seul frère ?

- Rayleigh ? Il y a un problème ? demanda le futur Roi des Pirates.

L'ancien releva le nez pour voir le petit brun le regarder avec perplexité, la tête penchée sur le côté, continuant de mâchonner son repas. Rayleigh regarda de nouveau la seconde enveloppe et la donna à Luffy.

- Marco a demandé à ce qu'on te transmette ça.

- Marco ? répéta le brun en clignant des yeux d'incompréhension.

- Le second des Shirohige. Il se transforme en oiseau, tu as dû le voir à Marine Ford.

- AH ! La tête d'ananas qui parle avec des "yoi" ?!

- Oui.

- Qu'est-ce qu'il me veut ?

Rayleigh lui donna la lettre avec juste le nom du jeune homme inscrit dessus.

- Devine.

Luffy reposa sa nourriture et essuya ses mains sur son bermuda avant d'étirer un bras au-dessus du feu de camp pour récupérer le message. Il resta un long moment immobile en regardant son prénom sur le dessus.

- C'est l'écriture d'Ace, reconnut-il avec une voix vide.

- Tu veux que je te laisse ? proposa doucement l'ancien pirate.

Luffy pinça les lèvres et secoua la tête à la négative. En réponse, le vieil homme se leva de l'arbre renversé pour venir s'asseoir par terre à côté du jeune homme, repoussant au passage le lion géant qui prenait toute la place. Lentement, le Supernova ouvrit l'enveloppe et en sortit le message. A chaque ligne, ses yeux s'agrandissaient d'incrédulité, permettant d'y lire sa surprise en lettre majuscule et en gras souligné. Et une lueur s'y alluma. La lettre fut jetée sur le côté, littéralement sur les genoux de Rayleigh alors qu'il fouillait l'enveloppe pour en sortir une photo qu'il regarda longuement.

- Luffy ? s'inquiéta le Mei-Ô.

Chose à ne pas faire.

Le D. éclata en sanglot, cachant son visage dans une de ses mains, ses doigts crispés sur la photo. Délicatement, l'ancien pirate récupéra l'image pour l'observer. Une femme était assise sur une rambarde en fer forgée, avec juste un short, un haut de bikini et un chapeau de cow-boy orange avec des smileys bleu. On la voyait de profil, les jambes ramenées entre ses bras, une mèche de cheveux noirs ondulée s'échappant de son chignon, effleurant le tatouage qu'elle avait sur son biceps.

Si Rayleigh n'avait jamais su que Portgas D. Ace était un homme, il aurait dit que cette femme, là, sur cette photo, était Ace. Jusqu'au sourire malicieux. Il revoyait bien trop de son ancien capitaine dans ses jeunes années en cette femme.

Le vieux pirate ne savait pas à quoi jouait Marco en envoyant cette photo à Luffy. Mais c'était de la torture psychologique.

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Torture.

Pendant des années, au travers le trou de la serrure, Harry avait vu sa mère faire un étalage de ses compétences. Puis, avec Lockhart, il avait pu assister dans la pièce à ce qu'il se passait. D'abord, parce que sa mère pensait que ça l'effrayerait assez pour qu'il décide de ne pas finir lui aussi dans le crime. Puis, l'année suivante, quand il eut fait son choix, c'était pour lui apprendre les cordes et les ficelles à tirer sur l'esprit et le corps humain. Elle lui avait montré pourquoi elle avait eu le rôle de commandante de la flotte des « chasseurs ».

Et aujourd'hui, c'était à lui de prouver qu'il était capable de se faire craindre de ses ennemis. De les briser. Et son test était Pettigrew. L'homme était attaché à une chaise avec les menottes annulant la magie lui liant les mains derrière le dossier de son siège. Et il sanglotait en réclamant pitié.

Les sanglots étaient la chose la plus difficile à supporter, mais Harry avait fait face.

Il avait commencé doucement, se contentant de lire un des livres qu'il avait récupéré de la Salle sur Demande, ignorant totalement l'homme enfermé dans le sous-sol du bar avec lui, avant de cesser sa prise de notes. Il avait refermé sa lecture et son carnet, avant de se lever. Il avait pris sa chaise pour l'embarquer jusqu'à son invité en la raclant bien contre le sol, la mettant à l'envers pour ensuite s'asseoir à cheval dessus. Malgré la bile et le dégoût qu'il avait dans la gorge, il était resté impassible.

Il avait fait un choix.

Dans cette même pièce, il avait décidé de continuer sur la voie dans laquelle il avait grandi. Il avait besoin de compétences. Chacune de ces situations le rendait malade. Mais en dépit du malaise et de l'horreur, il ne regrettait pas ses actes.

C'est ce qui faisait qu'il avait encore son calme.

Les bras croisés sur le dossier de la chaise, il regarda l'homme qui avait vendu ses parents biologiques. Un individu pathétique, sans courage, preuve que le Choixpeau pouvait se tromper. Un être immonde, qui non seulement n'avait eu aucune hésitation à vendre un jeune couple et leur enfant en bas-âge qui étaient ses amis, mais n'avait pas non plus hésité à tuer un adolescent sur la fin de sa scolarité.

Ils étaient restés… quoi… dix minutes sans parler ? Enfin, dix minutes à supplier et sangloter pour Peter et silencieuse pour Harry.

Puis, l'adolescent avait fini par prendre la parole :

- Tu sais Peter… personne ne saura jamais que tu es venu ici. Et personne n'en aura jamais rien à foutre.

Il se redressa assez pour appuyer son menton dans sa main, comme par ennuis.

- Ton enlèvement a été masqué en une simple fuite. Quand les Mangemorts retourneront sur les lieux pour savoir pourquoi tu as disparu, ils ne remarqueront rien d'inhabituel. Ils verront juste que tu n'es plus là. Comme cet Halloween d'il y a quinze ans. Ce jour où tu t'es fait adopter par les Weasley. Tout laissera penser que tu as encore une fois pris la fuite.

Le brun se pencha légèrement sur le côté pour voir la Marque des Ténèbres, normalement rouge sang, qui venait de prendre une teinte noire. Peter gémissait de douleur pendant que la Marque des Ténèbres s'agitait comme un serpent en colère.

- Je pense que ton boss te cherche. Dommage, tu n'iras pas au rendez-vous. Tu as dû le constater, mais non seulement tes liens coupent la magie, mais en plus il est impossible d'user de transplanage, portoloin ou de se transformer en animal dans cette cave.

- Pi-pi-pitié… gémissait Peter.

- Tu m'as déjà servi ce speech.

Le D. se leva, fit tourner la chaise dans l'autre sens pour s'asseoir un peu plus proche de Peter, ses genoux contre ceux noueux de l'homme dégoûtant, les mains jointes entre ses jambes.

- Dis-moi, Peter. Tu crois que tu mérites de la pitié ? Tu en as montré pour mes parents que tu as trahis ? Et les années que tu as volé à Sirius ? Ou quand tu as tué Diggory ? Nop. T'es un couard de la pire espèce. Un sale rat.

Peter poussa un hurlement de douleur quand Harry lui planta son couteau dans la cuisse, juste au-dessus du genou, sans la moindre hésitation.

- J'ai pas besoin du Doloris pour te faire mal Peter.

Sans retirer la lame et avec autant de Haki qu'il pouvait réunir, il poussa le manche de son arme pour qu'elle remonte vers la hanche, déchirant le muscle au passage, tirant un nouveau hurlement à l'homme.

- Je vais prendre mon temps. Tout mon temps. Tout le temps du monde. Et quand j'en aurai marre, je te tuerai enfin. Mais avant ça…

Harry retira le couteau cranté du muscle, laissant l'hémoglobine dégouliner sur la robe de sorcier crasseuse. Le liquide carmin continuait de perler du métal du couteau, alors que le D. arborait un air étrangement indifférent sur son visage, pendant que Peter penchait la tête en arrière dans l'espoir d'éloigner le tranchant de sa gorge.

- Avant ça, donc, on va passer un long moment ensemble. Et tu me supplieras de te tuer. De t'accorder la délivrance. Tu veux savoir le plus drôle ? Remus bosse pour m'man. Et Sirius est un client régulier du bar. Mais ni l'un ni l'autre ne savent que tu es ici. Je devrais peut-être le leur dire... Ou pas. Ils seraient capables de t'achever trop rapidement pour mon plaisir.

La lame découpa aisément le devant de la robe crasseuse de l'épaule jusqu'au ventre, laissant sur son passage une fine ligne sur la peau laiteuse et grêle du prisonnier. La coupure se mit immédiatement à saigner.

Harry se releva et donna un puissant coup de poing dans la tête de Peter, faisant renverser la chaise sous la puissance. Le nez saignait en abondance. L'adolescent l'attrapa par la robe déchirée et avec sa force, parvint à le remettre debout avant de lever son couteau devant les yeux de son prisonnier. D'un sort, la lame se retrouva immédiatement chauffé à blanc. La chaleur rendait presque impossible à garder l'objet dans sa main, même lui qui était habitué aux fortes températures. Mais il tint bon. Il appliqua le métal brûlant contre la cuisse entaillée, soudant grossièrement les chaires pour arrêter le sang.

- Je vais prendre mon temps. On se revoit bientôt, et je commencerai à te tirer le moindre de tes secrets. Je t'en prie, profite de ton séjour.

Il laissa Peter derrière lui avec l'ampoule nue et son bruit harassant pour seule compagnie.

Trois semaines plus tard, le corps de l'homme était retrouvé par des gobelins dans le coffre de Gringott de Avery, totalement mutilé et quasiment méconnaissable.

Bien entendu, cela ne resta pas sans conséquence pour l'adolescent. Dès le premier soir, il avait commencé à avoir des cauchemars, mais n'avait pas reculé pour autant, luttant pour s'endurcir, se détacher de l'horreur qu'il était en train d'accomplir, essayant de rester fort. Mais il avait fini par craquer et achever Peter. Suite à ça, il resta presque deux heures sous la douche. Il avait fait bonne figure repas, même s'il savait pertinemment qu'il ne bernait pas le couple, ni Dobby. Il avait prétexté des devoirs à finir pour monter tôt dans sa chambre et essayer de se changer les idées. Quelques minutes plus tard, on avait frappé à sa porte et Ace était entrée sans attendre de réponse.

- Je vais dessiner, tu viens travailler au salon.

Le regard qu'elle lui avait lancé disait clairement que ce n'était pas une proposition.

A contre-cœur, le jeune homme avait ramassé ses affaires pour suivre sa mère en bas pour voir que Marco avait préparé (miraculeusement) trois tasses de chocolat chaud. Dobby avait souhaité une bonne nuit au trio avant d'aller se coucher. Assis par terre, à la table basse, Iro enroulait autour de lui, l'adolescent avait repris son travail pendant que sa mère dessinait dans son carnet de croquis, Marco lisant une revue médicale pour ne pas trop changer. Il n'avait pas fallu longtemps avant que le jeune ne craque. Il était monté aux toilettes pour vomir tout ce qu'il pouvait. C'était sa mère qui s'assura qu'il prenait la peine de respirer de temps à autre. Quand il n'eut plus rien à reverser dans la cuvette, il se retrouva assis dans le couloir, un verre d'eau dans les mains que lui avait servi son père. Et ils discutèrent, permettant à Harry de comprendre que tant qu'il ressentirait ce dégoût et cette horreur pour ce qu'il faisait, ça voudrait dire qu'il était encore humain.

Ces sentiments seraient son garde-fou pour lui rappeler qu'il n'était pas un monstre.

Pour lui rappeler que son objectif restait de construire des hôpitaux.

De rendre le monde dans lequel il vivrait un peu moins crade.

Il ne se ferait jamais à cette sensation.

Il pouvait seulement apprendre à faire avec et la masquée, mais l'horreur resterait toujours là.

- As-tu des regrets ? avait demandé doucement Ace avec inquiétude. Est-ce que tu regrettes d'avoir appuyé sur la détente et d'avoir choisi cette voie ?

Harry secoua la tête.

Malgré l'horreur et l'impression d'être un monstre, il n'arrivait pas à regretter les morts qu'il commençait à semer sur son passage. C'était peut-être naïf, stupide même. Mais les faits étaient là. Chacune des trois personnes qu'il avait tuées, avait fait du mal. Certes, le cas de Peter était plus personnel, cependant, cet homme restait un Mangemort, un assassin qui avait courbé l'échine et tué un adolescent, et certainement d'autres personnes. Un lâche de la pire espèce.

Ce que lui-même faisait était horrible, mais il pouvait se regarder dans un miroir et répondre à la petite voix qui l'asticotait dans son crâne. Contrairement aux autres vendeurs de morts au dehors, il avait dans l'idée de tuer ceux qui avaient choisi de faire du mal eux-mêmes. Utopique et naïf, mais c'était son seul rempart pour ne pas se haïr lui-même et ses choix.

- Je ne regrette rien, assura Harry d'une voix ferme à ses parents.

Il ne refusa pas pour autant l'étreinte de sa mère.

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En ouvrant le journal pour profiter des derniers ragots people avec son thé matinal, Pétunia dû se référer à la date pour se confirmer que non, ils n'étaient plus le premier avril mais le dix. Elle aurait espéré pourtant que ce soit une blague, parce que le contenu de l'article qui faisait la Une et surtout la photo, la faisait bouillir en silence. Elle était une grande fan de Lady Di', mais la voir, ainsi, souriante, procédant à l'inauguration d'un nouvel hôpital au côté de cette femme, cette Portgas, alors que son Vernon luttait pour se défaire des ennuis qu'elle leur avait causé… c'était enrageant.

Et pour bien enfoncer le couteau, le reportage à l'intérieur disait que Portgas D. Ace avait financé l'hôpital et même le personnel. Cette grognasse avait l'argent nécessaire pour se permettre de faire une chose aussi futile pour les beaux yeux du peuple anglais, tout en les laissant dans leur mouise à côté. Les photos de la cérémonie avaient montré que les deux femmes, pourtant en apparence si différente, s'étaient entendues comme des larrons en foires. Pire que tout, d'autres clichés avaient montré le garçon semblant passer un bon moment avec les jeunes princes William et Harry de quinze et onze ans respectivement. Si la magie et cette femme ne s'y étaient pas mises, cela aurait pu être son Duddy à la place de ce Potter.

Pétunia serra les dents devant les anecdotes de l'événement, comme par exemple, les quelques fois où l'une des deux mères avait voulu appeler l'un des gosses, pour voir l'enfant de l'autre lui répondre, parce que ce Potter et le plus jeune des princes avaient le même prénom. Et il y avait cette citation de la duchesse de Sussex. Cette mention juste sous une image souriante des deux femmes, disant que Lady Di' savait « qu'à sa manière un peu bancale, Miss Portgas aide beaucoup notre pays. Mais c'est aussi un modèle pour nous les femmes. La preuve que l'on peut être forte, indépendante et ne pas être constamment dans l'ombre de nos époux. Miss Portgas est une femme de caractère qui n'est pas apprécié à sa juste valeur malgré le bien qu'elle fait à notre belle nation. » Quel bien ? Quelle aide ? Cette femme était une criminelle ! Et aucune mention de ce qu'elle avait fait à son Vernon n'était faite dans le journal ! Et Pétunia en était certaine, mais c'était cette femme qui les avait volés toutes ces années ! Tout ça à cause du rejeton de Lily !

La haine pour sa sœur ne pouvait qu'augmenter quand des sorciers vinrent chez elle sans invitation.

Quand le ministère arriva à son tour, il était déjà trop tard, Bellatrix Lestrange avait déjà laissé un avertissement sanglant contre Harry sur la dépouille de sa tante maternelle. Bien entendu, la scène fut maquillée pour la police moldu, mais les deux hommes de la famille Dursley savaient qui ils devaient blâmer : les Portgas.

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Convertir un maximum d'argent en lingots et bijoux était plus difficile qu'on pouvait le penser. Bien heureusement, ils avaient l'Underground et la magie de leur côté. Il était tout à fait possible d'obtenir des portoloins très longue distance sous le manteau, permettant à qui le voulait de se retrouver aux quatre coins du monde en un rien de temps, sans que personne ne le réalise. Les lieux qu'ils visitaient été dans des pays en sous-développement économique, là où on ne posait pas beaucoup de questions aux étrangers qui dépensaient des sommes colossales pour acheter de l'or, des pierres et des bijoux. Et après, ils n'avaient aucun souci à se faire avec la douane pour le retour, puisqu'ils pouvaient réapparaître directement dans le bureau du bar. Ni vu, ni connu. Et même dans un tableau, Izou était tout à fait capable d'enseigner à son neveu comment estimer la valeur d'un objet.

La somme ainsi réunie permettrait à Harry d'avoir un pied à terre à Shabaody avec Dobby (et peut-être Luna, mais ça restait à voir si la blondinette viendrait ou pas) et même un petit voilier, même s'il devrait apprendre à la dure la navigation dans la Grand Line, ce qui était certainement une toute autre aventure que le faire dans les eaux de la Manche. Mais après ça, il devrait se débrouiller.

Restait donc à organiser la conquête du monde de l'ombre. Comme ici, c'était aussi des factions bien nationales avec quelques ramifications à l'étranger. Plus on s'éloignait du centre, plus la force de l'organisation faiblissait. Mais les personnes à leur tête étaient d'un tout autre calibre sur la Grand Line. Il suffisait de songer à Stussy, à la tête de ce qui était tourné autour des trafics comme la prostitution et qu'on soupçonnait fortement de faire partie d'une unité d'élite du Gouvernement Mondial, pour comprendre à quoi on se frottait.

- Et en l'attaquant comme maman, par le mercenariat ? demanda Harry à sa mère pendant le dîner alors que Dobby avait les oreilles grandes ouvertes, puisqu'il deviendrait le bras droit de l'adolescent.

- Les mercenaires sont une organisation indépendante pour nous, expliqua Marco. La grosse majorité des contrats sont donnés à un organisme qui se veut neutre. N'importe qui peut faire appel à eux, que ce soit Marine ; Révolution ou Pègre, yoi. Certes, certaines mafias, notamment dans les Blues, ont leurs propres mercenaires, mais sur la Grand Line, c'est géré par ce conseil des cinq, yoi.

- En travaillant pour eux, tu te feras une réputation et tu pourras récolter des informations. Mais eux-mêmes ne font pas partie de la pègre, lui dit sa mère. Le White Devil et John le Sobre, par exemple, sont des pirates. Le premier était de ma flotte et le second bosse pour Akagami no Shanks. Si on les approche pour te faire entrer dans leur rang, tu seras immédiatement associé à l'image des pirates. Il y a aussi que je ne confierai même pas un poisson rouge à Ben.

- HEY ! protesta Haruta dans sa peinture. Ben est responsable, il peut veiller sur Harry !

- Toi, tu n'es pas objective, vous avez été ensembles, lui dit clairement Izou.

La femme prit la fuite hors du tableau avec des joues rouges.

- Cependant, s'il y en a un à qui on peut faire confiance, c'est le Pyrobarbare, enchaîna Ace.

Marco n'avait pas l'air convaincu au vu de son sourcil.

- Je lui confierai Harry sans hésiter, il m'a déjà plus d'une fois dépanné, justifia Ace. Sans parler qu'il y a la Lady Brisée. Elle pourra aider Harry et elle est la preuve que le Lennon n'est pas aussi désespérant qu'on pourrait le penser.

- A une condition, exigea le Capitaine.

Il leva un doigt sérieux qui inquiéta sa mère.

- Tu demandes gentiment à Rayleigh de garder un œil sur lui, yoi.

La mention de l'homme ferma le visage de la femme.

- Tu veux forcer un retraité à garder un œil sur un adolescent hyperactif ? se moqua Izou.

- Je suis pas aussi intenable que ça ! protesta l'ado en question.

- A d'autres, Harry, je te rappelle que je garde la tour de Gryffondor depuis deux ans et demi.

Fichtre ! Izou avait bien trop de dossiers contre lui !

- Je n'ai rien contre Brisée-san, Ace, assura Marco. Cependant, je ne pense pas que Lennon ait assez la tête sur les épaules pour garder un œil sur Harry. Il est constamment en vadrouille avec sa couverture de musicien. Mettre au moins Rayleigh dans la confidence, qu'est-ce que ça coûte, yoi ? Où est l'intérêt qu'il nous trahisse ? Sans compter que tu lui offres l'opportunité de se faire pardonner son absence involontaire en lui confiant notre fils. Il ne t'en voudra pas et te sera même reconnaissant de cette occasion de se rattraper et verra ça comme une opportunité de pouvoir mieux te connaître.

- Je ne veux rien lui devoir, dit simplement Ace.

- C'est lui qui te doit quelque chose, alors, laisse-lui l'occasion de payer cette dette, yoi. S'il te plaît, koibito. Il s'agit simplement de lui demander de garder un œil sur Harry, pas de parler de Roger. Il n'est pas son capitaine, pas plus que je ne suis Oyaji.

La façon dont sa mère laissa tomber sa tête en avant informa que c'était une victoire pour le Phénix.

Le reste du dîner avait enchaîné sur une discussion des points importants de la première partie de la Grand Line et des zones à esquiver. Harry et Dobby n'avaient pas su dire si les pirates se foutaient d'eux en leur demandant de faire attention aux pluies de navires dans la région de Jaya.

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On pouvait dire que Portgas avait quitté l'école, c'était très net. Les couloirs et les classes étaient bien calmes sans son sarcasme. Pourtant, il ne les avait pas laissé tomber pour autant. Il y avait la fois où un simple cadeau à Hermione sous la forme d'un autographe de Lady Di' joint à sa lettre, avait rendu la lionne presque hystérique durant le petit-déjeuner devant la chance qu'avait eu son ami de rencontrer la femme si populaire auprès des anglais moldus. Ou encore, il y avait la plante bizarre que Neville avait reçu soi-disant que Harry avait découvert ce truc dans un jardin et que son ami la trouverait à son goût. Drago recevait des livres. Tellement et tellement de livres que le blond se demandait si son ami n'avait pas braqué une librairie, avant de réaliser qu'il s'agissait d'ouvrages qui n'étaient plus édités depuis longtemps si ce n'est interdits depuis des lustres. Intéressant. Luna, quant à elle, avait reçu un Boursoufflet blanc comme neige qui avait été rebaptisé Plume.

Il y avait aussi ses tentatives d'empoisonnements.

Parce qu'il apprenait à faire des pâtisseries avec son oncle et qu'il avait décidé que ses anciens camarades de classe devraient les goûter. Comment dire qu'il n'y avait que Ronald qui soit capable de les manger sans tomber malade ?

Bref, même absent, Harry faisait toujours parler de lui.

Même Rogue avait l'air de le regretter un peu, vu qu'il disait parfois en classe des petites remarques bien piquantes soi-disant pour réveiller tout le monde parce que celui qui s'en chargeait avant n'était plus là maintenant.

Le D. n'était peut-être plus là, mais la vie continuait. Les liens qu'il avait aidé à former s'étaient renforcés pour compenser son absence, continuant un peu de son travail et de son œuvre. C'était presque historique et miraculeux ce qu'il avait réussi à faire comprendre à ses camarades. Et de quoi en être fier.

Après tout, quelques décennies avant, l'idée de voir les quatre maisons cesser leur guerre constante n'auraient effleuré personne, et aujourd'hui, en ce beau jour de printemps, alors que presque tout le monde était à Pré-au-Lard parmi les sixièmes années pour passer son permis de transplanage, Neville et Drago étaient les seuls en cours de potions. Avant, cela aurait été une guerre entre les deux maisons, surtout avec le caractère fort et dominateur des Malefoy. Pourtant, quand Slughorn leur avait dit de le surprendre, au lieu de travailler chacun de leur côté, les deux jeunes s'étaient mis à la même table en discutant à voix basse autour d'un même chaudron avec des sourires assez inquiétant, pour finir par présenter à leur enseignant, en fin de cours, une potion de leur invention qui faisait cracher des flammes à son consommateur tellement elle était épicée.

En bref, même si le jeune homme chaotique n'était plus là, il restait assez de lui dans les couloirs pour compenser son absence, même s'il manquait à tout le monde.

Enfin presque.

McGonagall aurait bien voulu l'oublier. Surtout quand il lui avait envoyé un colis contenant une pelote de laine et de l'herbe à chat.