Chapitre 4 : Des nouilles, une mélodie et au lit ?

Notre petite bande arrive rapidement au réfectoire. De nombreuses personnes occupaient déjà les quatre tables de bois du massif. Sur ma gauche, le cuisinier attendait devant ses marmites déjà bien entamées. Dès que nous franchissons la porte, je sens les regards braqués sur nous. Le vieil homme, d'un pas plus que décidé, atteignait déjà les différents plats.

- Je vous laisse manger… entre jeune ! insistant très fortement sur ce dernier point.

En un éclair, il avait son assiette pleine et s'asseyait, complétant une des tables.

- Nouilles ou boulettes ? Me demanda le cuisinier visiblement presser de finir son service.

Je choisis les nouilles sans vraiment savoir à quoi m'attendre. La nourriture n'avait rien en commun avec ce que je mangeais dans ma tribu ou même lors de notre périple avec l'avatar. Chaque région a ses propres spécialités après tout. Je suis Zuko qui me laisse la dernière place restante, entre lui et le mur.

De nombreuses discussions emplissaient la salle. J'essayai de ne pas attirer l'attention. Au moins Zuko m'abritait des salutations. Ça m'offrait un peu de calme dans cette grande pièce bondée. Ce dernier lancement un regard vers mon plat, leva un sourcil puis un sourire narquois passé sur ses lèvres. Ça ne dure qu'un instant. Je n'étais même pas sûr d'avoir bien vue.

Distraite mais affamée, je fini par prendre ma première bouchée. Une sensation de chaleur envahit ma bouche et rapidement tout mon visage. Je ne pus retenir une grimace. Il la remarque visiblement amusée et peu surprise.

- Ce plat est réputé pour ses épices… (il marqua une pause pour croquer une de ses boulettes.) J'aurais peut-être du te prévenir. Après, ça n'a jamais tué personne ! moi nargua-t-il clairement amusé.

Je le foudroyai du regard. J'attrapai mon verre d'eau, en espérant atténuer la sensation. Il tente de me retenir. Je ne lui fis pas cette joie et le bu d'une traite. Immédiatement, ma langue se mit à pulser de plus belle. Les larmes me montaient aux yeux, je peinais à respirer normalement.

- Idiote ! M'accusa Zuko.

Ne sachant plus quoi faire, totalement dépasser par les événements, j'haletai la bouche ouverte. Je sens une cuillère de crème glacée directement dans ma bouche. Je rouvris les yeux, Zuko avait la cuillère toujours en main. La sensation de frais, pour mon plus grand bonheur, me soulage rapidement. Je pu reprendre mon souffle et me calmer. Il m'explique visiblement agacé :

- La première bouchée est toujours la plus forte ! Tous les enfants le savent.

Puis-je souffler, amusé.

- Enfin bon, évitez de croquer les piments et vous pourrez finir de manger ton plat.

Je n'ajoutais rien et bien qu'un peu sceptique je suivis son conseil tardif. Heureusement je pu finir mon assiette et rassasier ma faim. Malgré ma première impression, le plat est bien plus savoureux que je ne l'aurai avoué. La fin de ma crème coco ajoute une touche de douceur bienvenue.

J'aurai voulu prendre le temps de me reposer après avoir copieusement mangé mais Zuko se dirigeait déjà vers la sortie d'un pas vif. Sur ses serres j'avais du mal à le rattraper.

- Zuko il faut que je change ton pansement ! Tentai-je de le ralentir.

- J'ai des affaires plus urgentes . Tu n'as qu'à m'attendre dans ma chambre.

Rapidement je le perdu de vue et je me retrouvai seule dans les couloirs. Ne sachant pas vers où me diriger, totalement désorienté, je choisis de me laisser guider par le Destin.

Malgré une marche rapide, je ne reconnaissais toujours pas la porte que je cherchais et commençai à perdre espoir. Un courant d'air descendant de l'escalier attire mon attention. L'air était chargé d'iode, l'odeur nostalgique de l'océan. La nuit était déjà tombée mais la brise marine m'appelait et me réconfortait.

Au fur et à mesure que j'avançais sur le pont, mes yeux s'habituaient à la pénombre. J'étais certain d'être seule à être sortie, je n'entendais que le doux rugissement des moteurs. Je m'accoudais à la rambarde, le regard perdu dans les vagues sombres. Je ne me rappelais pas la dernière fois où je m'étais senti aussi seule, aussi vulnérable. Cette pensée m'angoissait.

Je pris de grandes inspirations, tentant de me calmer mais, dans le noir, le poids de la solitude me submergea. Inconsciemment, je me mets à fredonner.

C'était une chanson d'amour qui m'avait marquée, sans me rappeler précisément d'où elle venait. Nous avons traversé tellement de ville et village depuis notre départ du pôle Sud, elle vient surement d'un où nous étions passés. J'encrais mes deux pieds au sol, mon courage vibrant dans mes veines et me mis à chanter. La mélodie m'enveloppait, ma voix emportée par les vagues me remplissait de réconfort et en particulier d'espoir.

Finalement l'air frais de la nuit finie par me résoudre à rentrer à contre cœur. J'étais quand même ressourcée, prête à affronter cette soirée et les jours qui suivront. Un nouveau tournant de ma vie s'imposait à moi, j'y ferais face avec courage !

J'ai l'impression de tourner en rond. Ces couloirs sont labyrinthiques pour moi et pas un seul plan ou inscription au mur.

Deux gardes m'arrêtèrent de leur voix grave et autoritaire :

- Que fais-tu ? C'est la troisième fois que tu passes par ici !

- Je ne t'ai jamais vu ! Il vaudrait mieux pour toi que tu ne sois pas en train de fouiner…

Loin d'être impressionnée, je répondis :

- Je cherche le prince Zuko . (remarquant mon ton un peu sec, je me radoucie) Il m'a demandé de le rejoindre mais je n'arrive pas à le trouver.

- Il doit être dans la salle des cartes, c'est par ici. L'un des soldats, non rancunier, m'indiqua le chemin.

Je précisai, me rappelant d'un détail.

- Il m'a demandé de l'attendre dans sa chambre.

-Il y a eu un moment de silence. Un sentiment de gêne intense s'empara de moi. Le sous-entendu était loin d'être flatteur et je remercie le ciel qu'ils ne relèvent pas.

- Ce n'est pas la même direction, par ici.

Ils firent demi-tour et d'un pas militaire me montrent le chemin. Ils me laissent devant la porte.

Je prends le temps de la regarder plus attentivement, c'est la seule porte du couloir à avoir deux lampes pour éclairer. Le détail devrait grandement m'aider les prochaine fois.

Un regard aux alentours m'apprit que le couloir était redevenu désert. Ne sachant pas si Zuko était à l'intérieur je préférais toquer avec force.

Pas de réponse…

Les deux soldats ne s'étaient pas trompés, je devais bien être la première arrivée.