Chapitre 5 : Zuko et Iroh sont sur un bateau, le médecin tombe à l'eau qui 'est-ce qui reste ?


Dans la chambre, je découvris qu'un futon avait été déposé à mon intention.

Je profitais de cet instant de calme pour parcourir la pièce. À droite de l'entrée, une table basse et le siège que j'avais précédemment utilisé et dans le fond trônai la commode. À gauche se trouvait le lit de Zuko et maintenant le mien à ses côtés.

Le calme régnait depuis de longues minutes. Même en tendant l'oreille, aucun bruit de pas ne semblait venir par ici. Prise de curiosité j'ouvris un tiroir de la commode, espérant retrouver mon ruban «confisqué» par le jeune balafré.

Le premier contenait du matériel d'écriture, le second des affaires de toilette, rien de très palpitant. Le suivant contenait des habits semblables à ceux que je portais actuellement. Aucun autre adolescent n'était à bord, c'était forcément les vêtements prévu pour Zuko qui m'ont été donné. Bien que quand même trop grand. Cette révélation m'abasourdit un instant. Je remis tout parfaitement en place, mon imagination commençant à s'enflammer.

Il avait forcément dû le remarquer…

Peut-être n'avait-il rien dit par précipitation des derniers évènements ? Il n'avait repris ses esprits qu'il n'y a peu de temps. Peut-être éprouvait-il une satisfaction à me voir porter ses couleurs ? Peut-on dire que dans une autre temporalité nos corps se touchent ? (Non là je vais trop loin). Je m'assis sur le lit avec toutes mes hypothèses farfelues en tête. Mon cerveau devait certainement fumer.

Il ne sait certainement même pas pour les habits, il était inconscient quand ils m'ont été confié. Il ne faut pas que je les abime, je vais devoir les lui rendre… Je ne remarquais pas tout de suite que l'objet central de mes pensées marmonnait en entrant dans la pièce. Zuko venait d'arriver.

- Encore une journée qui m'éloigne de mon objectif. Fichu réparation ! (Il était rentré tel un orage près à éclater.) Ah oui Likana, tu m'attendais.

- Il faut que je vérifie ta plaie. Lui expliquai-je en espérant qu'il ne se brusque pas.

- Oui je m'en rappelle. Ronchonnât-il.

Il enleva le haut de sa tenue, à mon attention, dégageant ses beaux pectoraux et surtout son bandage. Il s'assit sur son lit, me facilitant la tâche. Debout à ses côtés, je ne perdis pas de temps. Je me mis sérieusement à défaire la bande qui protégeait la blessure. Elle avait désenflé et était propre. Je remis un cataplasme pour l'aider à cicatriser. Je sentis un regard me fixer…

- Oui ? Tu as une question ? lui demandai-je le trouvant bien calme tout à coup

- Alors cette première expérience de la cuisine épicée ?

Agacée par ce souvenir, je serrai inconsciemment plus que nécessaire le bandage, lui coupant le souffle momentanément. Mince, essaie de rester calme Likana ! J'essayais de lui répondre d'un ton neutre :

- C'est surprenant. Disons que ça a eu le mérite de me réchauffer. Après je me serais bien passé d'avoir la surprise. Donc, merci de m'avoir prévenu …

- Te réchauffer ? Tu as froid toi qui vient du pôle sud ? Ne te moque pas de moi, le climat est bien plus doux ici !

- C'est la vérité ! J'ai toujours été frileuse, je crains le froid depuis que je suis enfant. Je ne me suis pas encore remise de mon saut dans l'eau gelée.

Je me mordis la lèvre, oups mais pourquoi je lui parle de ça ?! Fais attention Likana, ça pourrait se retourner contre toi. Ce garçon est loin de te porter dans son cœur ! Sauf si …

- Mouais, Bizarre. (Il jeta un coup d'œil à son bandage que je venais de terminer.) Si tu as fini, je vais dormir.

Sans attendre ma réponse, il s'allongea et ferma les yeux. La discussion était close. Je regagnai rapidement le futon qui me servait de lit et rabattit la couverture sur mon corps. Du coin de l'œil, je voyais son bras posé sur son torse, qui se gonflait au rythme de ses respirations. Épuisée, je ne tardai pas à fermer les yeux à mon tour.


- Debout ! Réveilles-toi Likana !

J'émerge difficilement, la bouche encore pâteuse.

- Encore 5 minutes…

- Comme tu veux. Si tu es assez idiote pour te passer de petit déjeuner…

À contrecœur j'expulse ma couette et me prépare en quatrième vitesse.

Zuko marchait d'un pas vif, visiblement agacé de m'avoir attendu. Le réfectoire était bien moins remplie qu'hier et je reconnu le général Iroh. Il nous faisait signe de le rejoindre.

- Il n'y a rien de mieux d'une bonne tasse de thé Oolong pour bien démarrer la journée.

Zuko avait opté pour quelque chose de plus…consistant et refusa la boisson. Pour ma part, j'acceptais avec enthousiaste, une tasse fumante compléterait bien mon repas.

- Likana, il fallait que je te parle aujourd'hui du déroulement de la journée. Tu viendras avec moi au dispensaire médical, tes compétences vont encore une fois se révéler très utile. (Me voyant engloutir mon repas, il précisa) On n'est pas pressé, prends le temps de manger à ton rythme.

- Oui, oui … c'est mon rythme. J'adore, c'est si bon ! Je vais avoir besoin d'énergie après m'être lever si tôt.

- Oh (d'abord surpris) ton appétit fait plaisir à voir, tu as ce point commun avec mon cher neveu.

Ce dernier, peu ravit de la comparaison, ne fit aucun effort pour participer à la conversation et nous ignora royalement. Sans un mot, il finissait de manger et quitta la table.


Une fois arrivé à l'infirmerie, je remarquais vite que la pièce n'était que peu ou même pas utilisée. Ce que le vieil homme me confirma. Un brin de ménage s'imposait et nous n'étions pas trop de deux pour s'atteler à la tâche.

Bien qu'ayant commencé peu après l'aube, il nous fallut une grande partie de la matinée pour rendre la pièce fonctionnelle. Nous enchainons avec un inventaire rapide du petit matériel.

- Tout me semble prêt pour les premiers patients.

Iroh satisfait de ma remarque me fit patienter et revint avec un matelot. Ce dernier entra dans la pièce un d'un air étonné et méfiant. Je remarquai qu'il se tenait la main. C'était flagrant, il saignait. Je l'accueillais, calme et assurée.

- Bonjour, je m'appelle Likana. Comment tu t'es fait mal ? demandai-je en tendant ma main vers la sienne pour regarder plus en détail.

- Je m'appelle Kayo.

Il hésita, semblant jauger mon âge et mes capacités médicales. Il regarda le général. Visiblement rassuré, il poursuivit :

- Un moment d'inattention, nous ne savions plus où donner de la tête avec ces réparations. Je me suis blessé avec un clou. J'ai besoin que ça s'arrête de saigner pour y retourner.

J'acquiesçai et attrapai le désinfectant.

- Ça va piquer mais c'est tout à fait normal, il faut nettoyer. Le prévins-je avant de verser un peu de liquide. (Il serra les dents) Je confirme, ça reste une plaie bénigne.

En deux temps trois mouvements, tout était fini et le bandage était en place.

- Évite de mettre la main sous l'eau quelques jours et ça devrait vite cicatriser.

Il approuva d'un signe de tête, me remerciant chaleureusement et repartit. Iroh satisfait et méthodique attendait déjà avec un nouveau patient. Je les enchainais jusqu'à la pause de midi. Une pause bien méritée.