Chapitre 6: oups…
Je reconnu, dans la salle à manger, ceux dont je m'étais occupé le matin même. Il me semble également avoir reconnue mon nom parmi le brouhaha des conversations.
- Évite ce plat, il est particulièrement pimenté, me conseilla Iroh, me ramenant au moment présent. Je suivi son conseil, heureuse de ne pas me retrouver dans la même situation que la veille.
L'après-midi fut encore très chargée tout comme le matin. Iroh n'avait plus besoin d'aller chercher les blessés, ils venaient d'eux-mêmes. Le bouche à oreille du midi avais dû suffire à faire parler de la réouverture de l'infirmerie.
- Ça fait longtemps qu'on manque de médecin. M'apprit l'un des matelots, comme s'il voulait s'excuser.
Le défilé des patients s'étendait jusqu'au bout du couloir. J'appris également que le dernier médecin n'avait pas eu le choix de partir. Il avait été réquisitionné pour une autre mission plus prioritaire. Je trouvais la situation assez problématique.
Je ne pouvais pas voir tout le monde. La demande était trop forte. Je dû inviter les malades les moins urgents à revenir le lendemain.
La journée s'achève enfin! Quand je rentrai finalement dans la chambre, je n'avais qu'une envie, m'allonger…
Je remarquai une grande coupelle d'eau sur mon trajet jusqu'à mon lit. Au prix d'un immense effort, je me débarbouillai. Je commençai par me laver le visage. Ça faisait longtemps que je rêvais d'un bain d'eau savonneuse.
Faute de mieux, je retire mes vêtements pour un brin de toilette, ne gardant que mes dessous. L'eau, même si étant un peu fraiche, est douce et clair. Elle me revigore et me purifie. Je revis. Je me sens comme flottant sur un petit nuage, loin de tous mes tracas.
Mais bien vite de nombreuses interrogations m'envahirent l'esprit, sur l'avatar, sur ce que je voudrais devenir, sur le bien, le mal.
Zuko, par exemple doit ton le qualifier de «méchant» tout comme son père? Pourrait-il suivre une autre voie? Comme souvent ces dernier temps, j'étais totalement absorbé dans mes pensées philosophiques.
L'arrivé de mon colocataire, Zuko, me tira brusquement de mes pensées et un cri de surprise déchira ma gorge:
- Sort! Dehors!
Stopper dans son mouvement, il refermât précipitamment la porte, marmonnant des excuses. Je me précipitai vers mes vêtements pour me couvrir, glissant sur le sol, les pieds encore trempé. Boom… Je venais de m'étaler par terre.
- Likana, qu'est-ce qui se passe? Laisse-moi entrer! entendis-je derrière la porte.
Je réussis tant bien que mal à enfiler un pantalon et un haut.
Il tambourina à la porte.
- Si tu ne réponds pas j'entre! menaça-il.
J'ouvris alors la porte, mes cheveux encore dégoulinant. Il me fixait, le visage rougi.
- Mais que faisais-tu, bon sang?
- On ne peut pas avoir d'intimité?! Je voulais me rafraichir… Et toi? On ne ta pas appris à frapper?
Bien plus sur la défensive que je ne l'avais prévu. La surprise avais fait place à la colère. La journée, bien que satisfaisante et valorisante, avait été particulièrement épuisante pour moi.
L'air froid, qui provenait de la porte toujours ouverte, me fit éternuer non pas une mais trois fois. Encore trempée je grelottai de la tête au pied. Il se pinça, l'arête du nez et le visage las, referma la porte. Pour toute réponse de sa part, je cru n'avoir qu'un soupir. Mais, il poursuivit.
- Je toquerais la prochaine fois que je veux rentrer dans ma chambre. Mais évite de me mettre à la porte, ça reste ma chambre! me fait-il remarquer. Tu n'as pas à me mettre dehors!
Sa remarque avait touché juste, ma colère me semblait bien moins légitime à présent.
- Et s'il te plait… fait quelque chose pour tes cheveux. Tu mets de l'eau partout!
Je m'excusai et m'exécutai, soulagée d'avoir quelque chose à faire pour camoufler la gêne d'avoir été vu aussi peu vêtue. Il s'installa finalement dos à moi pour méditer, me laissant un peu plus d'intimité pour arranger ma tenue enfilée à la hâte.
M'occuper de mes cheveux n'était pas une mince affaire, ils n'avaient pas été démêlés depuis trop longtemps, à mon grand regret.
Une atmosphère calme régnait après l'agitation du début de soirée. Apaisée plus que je ne l'aurais pensé, je fermais les yeux un instant.
Dans un souvenir embrumé, je sentis une main déposant une couverture sur mon corps gelé.
- C'est le matin? marmonnai-je les yeux collés de fatigue.
- Dort. Chuchota la voix.
Je m'endormi, mon corps se réchauffant enfin.
Le réveil était moins dur de jour en jours. La danse des patients occupait pleinement mes journées. Malgré la masse de blessés, elle finissait par s'estompait doucement au fil des semaines. Je surveillais toujours la blessure de Zuko, elle tardait à cicatriser et je le soupçonnais de s'entrainer malgré mes avertissements.
Lors d'un repas, j'appris l'existence d'une légende pour la moins étrange. D'après l'un des soldats, une sirène essayait d'attirer les personnes quelle apercevait, à se jeter à l'eau et les envoutait pour les noyer!
Une histoire inventée pour essayer de me faire peur, j'en étais convaincu! J'avais réussi à m'intégrer à force d'aider l'équipage et il arrivait que l'on plaisante au moment des repas. J'étais loin de me douter de l'ampleur qu'allait prendre tout cette histoire.
La coque du bateau avait été entièrement réparée et le bateau allait pouvoir naviguer de nouveau. Heureusement d'ailleurs, les provisions étaient limités et commençaient à manquer avais-je appris lors d'un détour devant la salle de navigation.
J'avais gardé l'habitude de me promener de nuit sur le pont. Chanter au clair de lune m'apportait du réconfort. Mon frère et ma sœur me manquaient. Je n'avais jamais été séparé d'eux aussi longtemps. Je n'avais plus espoir de les revoir.
J'espérais quand même, pour le bien du monde, que leur quête atteindrait son but.
