Chapitre 8 : Effet boule de neige.


Après les avoir aperçu, il fit tout pour les rejoindre et ne pas les perdre de vue. La foule était si dense que notre progression était bien trop lente. Zuko, impulsif, crie et lance une boule de feu dans leur direction. Cela permet de dégager le passage, mais déjà, ils prenaient la fuite.

La pluie avait commencé à tomber à grosse goutes. Le feu dans ces conditions perdait en puissance. Parallèlement la milice de la ville s'interposa, bloquant tous chemins vers notre objectif. Leur maitrise de la terre nous prenant de cours.

Zuko reste proche de moi dans ce combat à deux, non, disons 1.5 contre 6. J'esquivais comme je pouvais les blocs de pierre qui fonçaient vers moi. Dos au mur, je ne lui étais pas d'une grand aide. De plus sa blessure l'handicapait.

- Attention !

L'eau mélangée à la terre colle sous nos pieds. Distrait par l'effet ventouse du sol, je ne pus anticiper le rocher propulsé dans ma direction. Zuko voulait me prévenir mais je n'avais plus le temps, je savais que je ne pouvais pas l'éviter.

Je le vis plonger dans ma direction paniqué. Trop tard, le bloc nous plaqua tous les deux au sol. Bien qu'il ralentit le choc, l'impact fut tel que nous perdîmes connaissance.


Le réveil fut difficile, ma tête me faisait souffrir, mon dos également. J'aurais fini en bouillie si Zuko ne m'avait pas éloigné de l'impact. Où était-il d'ailleurs ?

Je le cherchais du regard. Les barreaux, le sol sableux et la saleté annoncent la couleur. J'étais encore emprisonnée. Zuko n'était pas loin de moi, nous étions deux dans ce pétrin cette fois.

Il était entravé par des menottes de pierre, tout comme moi. Nous étions tous les deux trempés et couverts de boue, mais heureusement toujours en vie. Je croisais ses yeux ambrés qui me fixaient également.

Il rompit le silence en premier :

- Likana, ça va ? Tu es blessé ?

- Non… Ça va, je crois… Ça aurait pu être bien pire…

Je grelottais, le froid n'était vraiment pas mon ami. Il le remarque, m'invite à m'approcher.

- Le courant d'air est plus faible de ce côté.

Je remarquais sa tunique de nouveau taché de sang, sa blessure s'était rouverte !

- Zuko, ta blessure ! m'écriai-je.

Il soupira, étant bien conscient de sa bêtise.

- Elle s'est rouverte… comme tu m'avais prévenu.

Vu les circonstances j'avais du mal à entièrement lui en vouloir. Bien sûr, il n'aurait pas dû lancer les hostilités, être plus discret même. Mais les maîtres de la terre n'avaient pas été tendres.

Mon corps devait être couvert de bleus, j'en voyais déjà quelques-uns sur mes bras. La pierre avait déchiré des parties de mon habitude rendant le froid encore plus mordant. Finalement, ne voulant pas perdre de vu la sortie, je m'assis de profil à la porte. Zuko vient s'adosser, dos à moi partageant mutuellement le peu de chaleur qu'il nous restait.

- Je suis désolé, je n'aurais pas dû t'embarquer aussi précipitamment ce matin. J'ai été bête, bien trop imprudent. La quête de l'avatar me fait perdre la tête. Mais c'est la voie que le destin m'a tracé ! Même si elle ne m'apporte que du malheur, je ne suis bon qu'à ça !

Accablé, je le sens se recroqueviller sur lui–même.

- Le destin ? Tout ne peut pas être aussi simple tu sais. Il n'existe personne qui n'éprouve aucun doute mais tu as le choix Zuko. Tu peux tout aussi faire le bien… si tu le souhaite.

Son état d'esprit résigné me révoltait. Il devait ouvrir les yeux. Malgré son passé, ses erreurs et le poids qui pesait sur ses épaules, il était libre. Libre de changer sa voie. Libre de parcourir le monde, de rythmer sa vie comme il l'entendait. Il soupira.

- Mon oncle, m'avait dit une chose semblable. « On ne sait jamais ce que demain nous réserve. Mais si tu gardes ton esprit et ton cœur grand ouvert tu découvriras ton destin. » c'était ses mots. (Il avait repris l'intonation que je connaissais de son oncle.) Le destin est une bien curieuse chose. Je n'y avais pas repensé véritablement depuis. Ca me semblait bien flou à l'époque…

- On a toujours le choix ! Libre à nous de tout mettre en œuvre pour que tout devienne possible…

Mais ça, lui seul pourra le décider. Le changement est une porte qui ne s'ouvre que de l'intérieur. Rien de ce que je dirai ne le fera changer, si lui-même ne le veut pas au plus profond de lui.

Le silence redevint mon seul compagnon.

Le temps s'emblait s'étirer, tel une pâte à pain élastique à l'infini.

Sans aucune lumière de l'extérieur. Nous étions isolés de tout, sûrement sous terre.

Personne n'était venu nous voir…

L'attente n'était que plus dure à supporter. Zuko n'avait plus dit un mot depuis notre dernier échange.

Je me mets à méditer. La méditation, c'est apprendre la lenteur avait-je entendu un jour. Le moment était plus que propice pour l'essayer. Ne se concentre que sur ce que l'on peut contrôler, la respiration, les battements de son cœur, les sensations… Même si c'est très peu de chose.


Je perçois un bruit de pas se rapprocher de nous.

- Par-là, c'est le dernier endroit qui reste !

Attentif derrière les barreaux, je tourne la tête vers le couloir, en direction du bruit.

-Aang ? (d'abord surprise, ma joie m'envahit quand je les aperçus) Katara, Sokka par ici !

- Likana, enfin on te retrouve. J'ai failli ne pas te reconnaître petite sœur, tu es dans un état de vente.

- Il faut vite qu'on te sorte d'ici avant que les renforts de la milice n'arrivent.

Je remarque une nouvelle personne dans leur bande. Toute de verte vêtue, une longue frange tombait jusqu'à son nez lui cachant les yeux.

- Rien de plus simple ! d'un mouvement de pied, l'inconnue dégagea un passage à travers le mur de pierre suffisamment large pour que je puisse sortir.

- Merci Toph ! Remercie Aang

- Petite sœur, dans mes bras !

Sokka m'attrapa dans de chaleureuses rétrouvailles rejointes par Katara. La voix de la petite maître de la terre, Toph donc, nous interpelons :

- Très émouvant tout ça mais… et lui c'est qui ? Qu'est-ce qu'on en fait ?

Bien que visiblement aveugle, elle pointait du doigt Zuko. Il s'était relevé, le bras toujours sanguinolent. Je me dégageais de l'étreinte de ma famille, préoccupée par ce qu'il se passait et leurs réactions.

- Je veux m'excuser, pour tous les problèmes que je vous ai causés. J'ai changé. Je pense avoir perdu mon honneur et que seul mon père me le rendrait. J'avais tort. Mais je sais aujourd'hui que personne ne peut vous rendre votre honneur. Je dois le regagner seul, en sélectionnant ma voie. Mon père doit être arrêté. Je souhaite contribuer à la fin de cette guerre. Le monde a besoin de changer. Le monde a besoin de l'avatar. Je pense que mon destin est de t'aider à restaurer l'équilibre du monde Aang. Je dois me joindre à vous.

Il s'incline, témoignant de son respect.