C'est parti pour le neuvième chapitre de la fanfiction.

Bon, j'ai besoin de rappeler les disclaimers habituels ?

Allez, je vais publier le chapitre très bientôt !

Bonne lecture !


Chapitre 9

A mesure que le mois d'août avançait, la chaleur, supportable au début, devenait de plus en plus étouffante. Était-ce à cause de la chaleur, ou la zizanie qui régnait ? Mio, ne tenant plus au manoir Malefoy, s'était rapidement éclipsée pour rejoindre Severus Snape, seul autre membre de l'Ordre connaissant son rôle d'agent double. Elle avait insisté pour qu'il la fasse participer à ses missions. Au début réticent, il avait fini par craquer, ou plutôt, il avait eu envie de s'en débarrasser. La jeune femme avait donc hérité d'une «lourde» mission: tenir à jour la liste des mangemorts encore vivants et de leur activités et rôles respectifs. Elle ne cessait donc de flâner entre le manoir, le ministère, les rues londoniennes et les divers bourgs anglais, inscrivant le moindre détail: quel mangemort avait attaqué en premier, quelles étaient les victimes, quels étaient leurs liens avec l'Ordre. Plus le mois d'août avançait, plus il était force de constater que l'Ordre perdait du terrain. Visiblement, le ministère, complètement rongé de l'intérieur, ne laissait que peu de place à la révolte. Mais soutenue par une envie d'être utile, et surtout, effrayée par l'idée de se laisser faire, passivement, Mio avait continué, scrupuleusement, ses rapports au maître des potions.

De son côté, Severus Snape avait également fort à faire. Voldemort, revigoré par cette prise de terrain, n'avait pas cessé de donner ses ordres. Des ordres qui passaient pour beaucoup par le potionniste. Des ordres impliquant des potions très illégales aux ingrédients obscures, des ordres impliquant l'arrestation, ou plutôt la rafle de pauvres moldus ainsi que la rafle de qu'ils appellent plus que jamais: «les traitres à leurs sang». Même les rangs des mangemorts n'avaient pas été épargnés par cette purge. Beaucoup avaient peiné à prouver leur lignée sorcière et certains n'avaient même pas eu le loisir de se défendre. Ainsi, la jeune Mio Malefoy avait été visée par des accusations de traitrise, encore une fois. Mais la famille Malefoy, restant une des familles les plus puissantes du monde sorcier anglais, n'avait pas laissé passer ces accusations. Même portant un autre nom, le nom des Weasley, Mio restait une Malefoy. «N'a-t-elle pas fait ses preuves pour vous servir, Maître?» avait même osé demander Lucius Malefoy. La jeune fille avait été écartée des soupçons pour cette fois-ci, n'étant encore pas totalement hors de cause.

Snape recevait dans son bureau, situé dans les cachots de Poudlard, les rapports réguliers et détaillés de la jeune femme. Elle prenait sa mission terriblement au sérieux. L'homme choisissaient certains éléments des rapports et les faisaient parvenir discrètement à différents membres de l'Ordre anonymement, ou du moins c'est ce qu'il croyait.

L'Ordre recevait des étranges rapports détaillés depuis maintenant un peu plus de deux semaines. Les informations contenue, s'avéraient le plus souvent juste et permettaient, si ce n'est de sauver des vies, de limiter les dégâts. Déjà, les rumeurs et les débats allaient de bon train sur l'origine de ces messages. Qui donc aurait accès à toutes ces informations et aurait l'intérêt de les transmettre?

Mio s'écroula sur son lit. Elle rentrait d'une mission. Elle était épuisée, aussi bien physiquement que mentalement. Fermant les yeux, elle chercha le silence et la paix intérieure. Rien à faire, les images défilaient d'elles-mêmes, contre sa volonté. Des images de poursuite, de sorts lancés au hasard, des sorts parfois impardonnables, des tortures infligées à des innocents. En plus des images, les cris, les larmes et les supplications de ces innocents raisonnaient dans ses oreilles. Pourquoi devait-elle assister à tout celadéjà? Ah oui, pour aider l'Ordre, pour aider Harry à gagner cette guerre. En échange, elle sacrifiait sa santé et son sommeil. Les paupières commençant à être lourdes, Mio se senti partir. Mais le repos fut de très courte durée, réveillée en sursaut par un cauchemar. Un de ces cauchemars oublié mais au réveil mais laissant une désagréable sensation.

Ne voulant plus rester enfermée, Mio décida d'aller jusqu'à la volière récupérer du possible courrier. Les couloirs du château, vides quelques semaines auparavant, étaient maintenant ponctués de quelques enseignants préparant la rentrée imminente. Ainsi, la jeune blonde se retrouva, au détour d'un couloir, nez-à-nez avec le professeur Flitwick.

- Bonjour professeur, salua gentiment Mio.

- Hum hum, bonjour, répondit timidement Flitwick en s'éclaircissant la gorge.

Faisant fi de l'apparent malaise, elle continua:

- Souhaitez-vous de l'aide pour vos préparations? Je pourrai faire comme l'an passé, les préparations pour les premières années.

Le regard fuyant, le petit homme, semblait très gêné et répondit:

- C'est gentil miss Weasley, mais au vu des évènements, les préparations seront beaucoup plus rapides.

- Comment ça, au vu des évènements?

- Et bien, nous perdons beaucoup d'élèves cette année. Les mangemorts, enfin je veux dire, le Ministère a … il a durcit les règles d'admission.

- Oh … répondit-elle simplement. Elle ne pouvait rien répondre d'autre. Elle était, comme tout le monde, au courant de la mise à l'écart de Poudlard des «nés-moldus».

- Je vous laisse, dit-il timidement, étant déjà parti à l'autre bout du couloir.

Restée seule dans ce couloir Mio se senti submergée par un flot d'émotion, des émotions bien loin d'être joyeuses. Elle s'été bien aperçu de la froideur de ses collègues de Poudlard. La réalité lui sautait maintenant aux yeux: elle avait beau ne pas encore porter la marque, elle était aux yeux de tous une mangemort… Une larme silencieuse coulait doucement sur la joue de la jeune femme. Décidément, cette guerre lui coutait beaucoup plus qu'elle ne le voudrait.

Décidant de ne pas rebrousser chemin pour autant, elle continua ses déambulations dans les divers couloirs aux portraits bien trop silencieux, aux tentures de diverses créatures et aux escaliers assez capricieux. Elle arriva à la volière où elle aperçut le vieil hibou lui livrant son courrier. Celui desserra les serres et lâcha le courrier, celui-ci atterrissant dans les mains de Mio. Il n'y avait pas grand-chose: la gazette du sorcier et une publicité pour Weasleys' Wizard Wheezes, l'entreprise de ses cousins, les jumeaux Fred et George. Ils étaient les seuls à lui envoyer quelques nouvelles. Elles étaient certes froides et sommaire, mais elle se contentait maintenant de peu. Sortant de la volière, la jeune femme alla s'installer à l'ombre de grands arbres, non loin de là, dans le parc du château. Elle posa dans l'herbe la publicité et déplia le journal et qu'elle ne fut pas sa surprise en lisant le titre:

SEVERUS ROGUE CONFIRMÉ COMME DIRECTEUR DE POUDLARD

- Quoi?! s'exclama-t-elle en se redressant.

Sur la première page du journal, l'homme au visage familier, le nez crochu, les cheveux noirs, la regardait. Mio serra plus fermement le journal et poursuivit la lecture de l'article.

«Severus Snape, depuis longtemps maître des potions à l'école de sorcellerie de Poudlard, a été promu aujourd'hui au rang de directeur. Cette nomination constitue le changement le plus important parmi ceux intervenus dans la réorganisation du personnel de l'antique établissement. À la suite de la démission de l'ancien professeur d'étude des Moldus, ce poste sera désormais confié à Alecto Carrow, tandis qu'Amycus, le frère de cette dernière, sera chargé de la défense contre les forces du Mal. Je me réjouis que l'occasion me soit donnée de maintenir et de perpétuer les plus hautes valeurs et traditions de la sorcellerie…»

Mais comment? Les autres professeurs n'accepteront jamais ça. McGonagall, Flitwick, Chourave, tous connaissent la vérité, ils savent comment Dumbledore est mort. Ils ne voudront pas de Snape comme directeur. Et les Carrow, en enseignants? Quelle blague! Ils étaient là quand Dumbledore est mort! Ils font partie des pires mangemorts, ceux infligeant les pires tortures. Ces mangemorts, qui tout comme Yaxley ou Bellatrix, se font pas confiance à la jeune Weasley.

Menée par un soudain regain d'énergie, Mio courra à travers les couloirs pour atteindre le bureau du directeur. Comme devinant ses intentions, la grande gargouille pivota sans même un mot de passe. Mio s'avança. Là, devant elle, se tenait, debout, la grande silhouette de Severus Snape. Il lui faisait dos.

- Comment osez-vous être là? Pourquoi vous êtes là? Vous retournez votre veste maintenant que vous l'avez tué? questionna-t-elle.

L'homme se retournant prestement, plongea son regard noir dans le sien. Un frisson lui parcouru l'échine.

- Pourquoi? Pour continuer son œuvre voyons, répondit-il d'un ton ironique.

- Arrêtez! Je ne vous laisserai pas faire, personne ne vous laissera faire! Les autres professeurs, ils s'opposeront à vous!

- Vous en êtes sures? Son ton prodigieusement calme énerva encore plus Mio.

- Je ne vois pas pourquoi ils laisseraient l'assassin du précédant directeur le devenir à sa place!

- Votre idiotie ne cesse de grandir visiblement!

- FERMEZ-LA! hurla-t-elle.

En un déplacement, Snape était à présent à la hauteur de Mio, son regard toujours plongé dans le sien. Il lui attrapa l'avant-bras, la tirant vers lui. D'un ton menaçant, il dit:

- Vous pensez réellement, pauvre chose que vous êtes, qu'ils choisiront de s'élever contre moi? Se dresser contre moi, c'est se mettre à dos les mangemorts et donc le Ministère. Ils n'ont plus d'autre choix que de continuer à enseigner ou passer quelques joyeuses années à Azkaban – et encore, s'ils ont de la chance.

Soutenant le regard de l'homme, elle répondit, d'un ton se voulant calme:

- J'imagine qu'ils préféreront rester pour protéger les élèves.

Relâchant son bras sans s'éloigner, il répondit:

- Ha, si vous ne comprenez les choses que sous la menace, nous risquons de nous amuser! ajouta-il avec un petit rire.

- Si vous ne communiquez que par menace, je ne risque pas de m'amuser! rétorqua-t-elle.

- Vous ne pouvez pas me mettre responsable de votre manque d'intelligence!

- Toujours et encore ces mêmes insultes! Mais arrêtez! Par Merlin, vous ne m'aimez pas, je vous rassure moi non plus! Mais, bon sang, nous sommes dans le même camp. Ou… tout du moins, je le croyais.

Mio, maintenant hésitante, toujours proche de Snape, ses yeux plongés dans ceux de l'homme, reprit d'une voix, d'un murmure:

- Je le croyais mais vous êtes là, à sa place. C'est ce qu'il voulait? C'est ce que Dumbledore voulait? Ou… c'est ce que «Vous savez-qui» voulait?

- Vous doutez de mes intentions… énonça-t-il de façon presque neutre.

- Mais bien sûr que je doute de vous! Utilisez-vous donc seulement les rapports que je vous envoie? Ou bien, c'est comme pour tout le reste, je subis, je subis simplement le spectacle des rafles, des tortures et massacres sans servir à rien, rien tout?

Mio pleurait à présent, la tête baissée, sanglotant. D'un geste inattendu, Severus attrapa son menton, lui relevant la tête doucement et ajouta:

- Vous ne servez pas à rien.