Chapitre 14 : Une Alliance à Toute Épreuve

Après une nuit paisible passée collée à Edward, Isabella se sentait étrangement apaisée malgré les défis récents. Lorsqu'Edward la déposa devant son bureau ce matin-là, il baissa la vitre pour lui adresser un sourire.

- « Bonne journée, Isabella. Et n'oublie pas, je viens te chercher à 19 heures. »

Elle lui rendit son sourire, sentant une douce chaleur envahir son cœur.
- « Merci, Edward. Passe une bonne journée toi aussi. »

En entrant dans le bâtiment, Isabella salua quelques collègues avant de poser son sac sur son bureau. Elle passa ses doigts dans ses cheveux, se sentant soudainement observée. Peut-être était-ce son sourire ou la sérénité qu'elle dégageait ce matin, mais plusieurs regards curieux semblaient se poser sur elle.

- « Un café pour commencer la journée, » murmura-t-elle pour elle-même en se dirigeant vers la machine à café.

Alors qu'elle versait sa boisson, elle sentit une main se poser doucement sur son épaule. Elle sursauta légèrement et se retourna pour voir son patron, M. Harris, debout derrière elle avec un air sérieux mais cordial.

- « Isabella, puis-je vous parler un moment dans mon bureau ? » demanda-t-il.

Elle hocha la tête, un peu surprise par cette requête inhabituelle.
- « Bien sûr, M. Harris. Je vous rejoins tout de suite. »

Quelques instants plus tard, Isabella entra dans le bureau de son patron, un espace sobre mais élégant avec des étagères remplies de livres et un large bureau en bois. M. Harris l'invita à s'asseoir, puis ferma la porte derrière elle, ce qui renforça l'impression d'un moment important.

- « Tout va bien, M. Harris ? » demanda-t-elle, curieuse mais légèrement nerveuse.

Il s'assit derrière son bureau, joignant ses mains devant lui.
- « Isabella, je voulais prendre un moment pour discuter de votre travail et de votre implication récente. Vous avez traversé une période difficile, et pourtant, je vois que vous restez concentrée. C'est impressionnant. »

Isabella sentit un mélange de soulagement et de fierté à ses mots.
- « Merci. J'essaie de faire de mon mieux malgré tout. »

Harris hocha la tête.
- « Et ça se voit. Votre travail sur les derniers dossiers a été exemplaire. Il y a autre choses également... »

M. Harris attrapa un dossier et le posa devant elle.
- « Lisez cela. »

Elle attrapa la lettre et parcourut les premières lignes. Son visage blêmit alors qu'elle comprenait les implications. Il s'agissait d'une demande officielle émanant des avocats représentant le père d'Emmett. Ils invoquaient une enquête interne pour réclamer des informations sur ses contrats, ses performances professionnelles, et même ses échanges par courriel.

- « Qu'est-ce que c'est que ça ? » murmura-t-elle, la gorge sèche.

M. Harris croisa les bras, son expression oscillant entre l'agacement et la compassion.
- « Ils prétendent vouloir vérifier votre intégrité professionnelle. Mais soyons honnêtes, Isabella : c'est une tentative d'intimidation. Ils espèrent trouver quelque chose à utiliser contre vous. »

Elle posa la lettre avec précaution, se sentant soudain vulnérable.
- « Ils n'ont rien à trouver, M. Harris. Mon travail ici a toujours été irréprochable. »

Il hocha la tête.
- « Je le sais. Et c'est pourquoi je vais leur répondre avec un minimum d'informations, juste ce qui est légalement requis. Mais Isabella, écoutez-moi bien : ce genre de personnes ne recule devant rien. Vous devez être prudente. »

Elle serra les poings, une vague de colère montant en elle.
- « Ils ne veulent pas seulement me faire peur. Ils veulent me détruire. »

M. Harris posa une main rassurante sur le bureau.
- « Je peux vous protéger dans les limites de cette entreprise, mais en dehors… vous devrez être vigilante. »

Isabella releva le menton, déterminée.- « Merci, M. Harris. Je ne me laisserai pas intimider. Je continuerai à faire mon travail, et je trouverai un moyen de riposter. »

Il la fixa avec une certaine admiration.
- « Ne laissez pas ces requins vous briser. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis là. »

Elle hocha la tête, reconnaissante pour son soutien, même limité.

En quittant le bureau de son patron, une chose était claire : elle ne pouvait pas se contenter de se défendre. Elle devait trouver un moyen de déjouer leurs plans avant qu'ils ne prennent l'avantage.

Isabella ferma la porte de son bureau, s'adossant un instant contre elle pour reprendre son souffle. Le contenu de la lettre tournait encore dans sa tête. Elle attrapa son téléphone, composant le numéro d'Edward d'une main tremblante mais résolue.

Après quelques sonneries, la voix familière d'Edward résonna, calme mais attentive.
- « Isabella ? Tout va bien ? »

Elle inspira profondément avant de répondre.
- « Non, pas vraiment. Je viens de parler à mon patron. Les avocats du père d'Emmett ont envoyé une demande formelle pour obtenir des informations sur moi. Ils fouillent dans mon travail, Edward. Ils essaient de salir ma réputation. »

Un silence tendu suivit, puis la voix d'Edward se fit plus grave.
- « Ces enfoirés. Ils passent à la vitesse supérieure. »

Edward poursuivit, son ton plein de détermination.
- « Isabella, il est temps qu'on prenne les devants. Si le père d'Emmett veut jouer à ce jeu, il faut lui montrer qu'il n'a pas le contrôle. »

Elle serra le téléphone plus fort.
- « Et comment on fait ça, Edward ? Je ne peux pas rivaliser avec leur argent ou leur influence. Ils ont des ressources infinies. »

- « Peut-être, mais ce qu'ils n'ont pas, c'est toi. » dit Edward d'une voix ferme.
- « Ils sous-estiment ta détermination et, plus encore, ils ignorent que tu n'es pas seule. On va renverser la situation. »

Intriguée, Isabella s'assit à son bureau, jouant avec un stylo pour calmer son anxiété.
- « Tu as une idée ? »
demanda-t-elle.

- « Plusieurs, » répondit Edward avec assurance. « D'abord, on va creuser profondément dans les affaires du père d'Emmett. Je parie qu'il a bien plus à cacher que son fils. Ensuite, on rend publique leur tentative d'intimidation. Ces gens détestent la lumière, Isabella. On va les exposer. »

Isabella hésita un instant.
- « Tu crois vraiment que c'est la meilleure solution ? Les affronter directement pourrait aggraver la situation. »

Edward, cependant, était catégorique.
- « Ils essaient déjà de te détruire. Tu n'as rien à perdre en leur montrant que tu es plus forte qu'ils ne le pensent. »

Edward adoucit son ton, sentant son hésitation.- « Écoute-moi. Je ne te laisserai pas traverser ça seule. Je vais mobiliser mes contacts et mes ressources. Et s'il faut affronter ce combat au grand jour, on le fera ensemble. »

Ces mots réchauffèrent le cœur d'Isabella. Pour la première fois depuis des semaines, elle sentit que le poids qu'elle portait n'était plus entièrement sur ses épaules.
- « Merci, Edward. » murmura-t-elle.

Il répondit doucement, mais avec une force sous-jacente.
- « Ce n'est pas une bataille que tu dois affronter seule, Isabella. Je suis là, et je ne reculerai pas. »

En raccrochant, Isabella se sentit à la fois nerveuse et résolue. Edward avait raison. Ils ne pouvaient plus rester sur la défensive. Le père d'Emmett avait fait une erreur en croyant qu'elle céderait à la pression.

Elle releva le menton, prête à passer à l'action. Il était temps de montrer qu'elle n'était pas une proie facile.

Edward et Isabella étaient installés dans le vaste bureau de son appartement. Les écrans d'ordinateur illuminaient la pièce, affichant des lignes de code et des graphiques complexes. Edward, concentré, tapait sur son clavier à une vitesse impressionnante. Une petite équipe de cyber-sécurité travaillait en ligne, coordonnée par ses instructions précises.

- « On entre dans leur système légalement, mais avec les outils nécessaires pour exploiter ce qu'ils pourraient laisser traîner. Les flux financiers ne mentent jamais, Isabella. Si le père d'Emmett a trempé dans des affaires douteuses, on le trouvera, » expliqua Edward sans détour.

Isabella, fascinée mais légèrement anxieuse, observa.
- « Tu es sûr que c'est sans risque pour toi ? Pour nous ? » demanda-t-elle.

Edward leva les yeux vers elle, un sourire rassurant sur le visage.
- « Je sais exactement ce que je fais. Et cette équipe, » il désigna l'écran, « c'est la meilleure. Rien ne nous reliera directement à cette enquête, et tout ce qu'on trouve pourra être utilisé légalement. Fais-moi confiance. »

Alors qu'un des systèmes tournait pour analyser des transactions, Edward se tourna vers Isabella.
- « Pendant qu'ils travaillent, on va faire autre chose. Tu dois apprendre à te défendre, pas seulement avec des preuves, mais avec des mots. »

Elle haussa un sourcil, intriguée.
- « Défendre avec des mots ? Je croyais qu'on cherchait des faits. »

Edward rit doucement.
- « Les faits ne suffisent pas toujours. Tu es brillante, Isabella, mais face à des gens comme le père d'Emmett, il faut savoir négocier et riposter intelligemment. Laisse-moi te montrer. »

Il s'assit en face d'elle, croisant les bras.
- « Imaginons que je suis lui. Tu es toi, mais sans ton calme habituel. J'attaque. »

Edward adopta un ton glacial, imitant parfaitement le père d'Emmett.
- « Vous avez interféré dans mes affaires, Isabella. Savez-vous ce que cela pourrait vous coûter ? »

Isabella fronça les sourcils, prise au dépourvu.
- « Je… euh… Je n'ai rien fait de mal, alors pourquoi vous me menacez ? »

Edward secoua la tête.
- « Mauvaise réponse. Ne montre jamais que tu es sur la défensive. Cela leur donne l'avantage. Réessaye. Sois ferme. »

Elle redressa ses épaules, prenant une profonde inspiration.
- « Vos menaces ne m'intimident pas. Si vous pensez que j'ai fait quelque chose d'illégal, alors prouvez-le. Sinon, je vous suggère de partir. »

Un sourire satisfait éclaira le visage d'Edward.
- « Mieux. Maintenant, ajoute une touche personnelle. Rappelle-lui qu'il a quelque chose à perdre. »

Isabella réfléchit un instant avant de répondre.
- « Vous devriez être plus préoccupé par ce que cette affaire pourrait révéler sur vos propres pratiques. Votre réputation, monsieur, semble plus fragile que vous ne le pensez. »

Edward applaudit doucement.
- « Là, tu commences à comprendre. »

Alors qu'ils continuaient à pratiquer, Isabella posa une question qui lui pesait sur le cœur.
- « Edward, tu penses vraiment que je peux affronter ces gens ? Je ne suis pas comme toi, je ne suis pas habituée à ce genre de combat. »

Edward s'approcha, posant doucement une main sur son épaule.
- « Personne n'est prêt pour ça au départ, Isabella. Mais parfois, il faut savoir prendre un coup pour mieux riposter. Ce n'est pas une faiblesse, c'est une stratégie. »

Elle baissa les yeux, absorbant ses paroles.
- « Et si je tombe ? » murmura-t-elle.

Il lui releva doucement le menton pour croiser son regard.
- « Alors je serai là pour te relever. Toujours. »

En continuant à travailler ensemble, Isabella sentit une force nouvelle se développer en elle. Avec Edward à ses côtés, elle commençait à croire qu'elle avait les outils et la résilience nécessaires pour non seulement se défendre, mais aussi tourner la situation à son avantage.

Isabella se tenait devant la porte de sa maison, un mélange d'appréhension et de détermination nouant son estomac. La clé tournait difficilement dans la serrure, comme si même la porte hésitait à la laisser entrer. Quand elle ouvrit enfin, une vague de souvenirs la frappa de plein fouet.

L'intérieur semblait étrangement vide. Les objets d'Emmett – ses costumes soigneusement alignés, sa collection de montres exposées, les photographies de leurs moments partagés – avaient disparu. C'était comme si sa présence avait été effacée.

Elle lâcha un soupir, à la fois soulagée et mélancolique.

Isabella se dirigea vers le salon, ses pas résonnant dans le silence. Elle remarqua quelques boîtes oubliées dans un coin, probablement des affaires qu'Emmett n'avait pas jugé utiles. En s'approchant, elle vit une chemise qu'elle lui avait offerte pour son anniversaire, encore soigneusement pliée. Elle la posa sur le côté sans un mot.

Dans la chambre, son absence était encore plus frappante. L'espace qu'il occupait dans l'armoire était vide, laissant un vide à la fois physique et symbolique.

- « Bien, » murmura-t-elle à elle-même, « autant tourner la page pour de bon. »

Après avoir rempli un sac de vêtements et quelques objets personnels, Isabella sortit son téléphone pour appeler un serrurier.

- « Bonjour, je voudrais faire changer les serrures de ma maison. C'est assez urgent. »
- « Bien sûr, madame, » répondit la voix professionnelle à l'autre bout du fil. « Nous pouvons envoyer quelqu'un dans les deux heures. »
-
« Parfait. Merci. »

Elle raccrocha et jeta un coup d'œil autour d'elle, prenant une profonde inspiration. Ce n'était plus chez elle – du moins pas comme avant. Mais ce pouvait être un nouveau départ.

Isabella appela Edward comme soulagé.
- « Je suis chez moi, »
dit-elle rapidement.
- « Tu es où ? »
demanda Edward, soudain alarmé.- « Tout va bien. Je voulais juste récupérer quelques affaires. Mais… je me suis rendu compte que tout ce qui appartenait à Emmett a disparu. »

Un silence suivit. Puis Edward répondit calmement :
- « C'est probablement une manière de garder le contrôle. Ne t'inquiète pas pour ça. Tu es seule ? »

- « Oui, mais j'ai appelé un serrurier. Les serrures seront changées ce soir. Je ne veux pas qu'il ait une clé, » dit-elle avec une note de défi dans la voix.

- « Bonne idée, » approuva Edward. « Rejoins-moi dès que c'est fait, d'accord ? »
-
« D'accord. »

Alors qu'elle attendait l'arrivée du serrurier, Isabella parcourut une dernière fois chaque pièce. Elle récupéra un vieux livre auquel elle tenait particulièrement, un cadeau de sa mère, et une photo d'elle avec ses amis d'université.

Quand le serrurier arriva enfin, elle se sentit étrangement libérée en entendant le cliquetis des nouvelles clés. Elle les tint dans sa main avec un petit sourire, réalisant que cette action symbolique marquait la fin d'un chapitre et le début d'un autre.

Elle ferma la porte derrière elle, ses affaires à la main, prête à retrouver Edward et la vie qu'elle commençait à reconstruire. Prête à prendre le taxi qu'elle venait d'appeler. Mais à peine avait-elle fait deux pas qu'une silhouette familière se dessina sous le réverbère.

Emmett était là, adossé à un mur, les bras croisés. Son visage trahissait une colère contenue, ses yeux brillaient d'une lueur sombre.

- « Enfin, tu te décides à revenir ici, » lança-t-il d'un ton glacial.

Isabella se figea, serrant instinctivement la bandoulière de son sac.

- « Qu'est-ce que tu fais là, Emmett ? »

Il s'approcha lentement, son expression oscillant entre frustration et arrogance.
- « Alors, c'est comme ça que tu veux jouer ? Détruire ma vie juste parce que tu ne peux pas contrôler la tienne ? »

Isabella sentit ses mains trembler, mais elle refusa de lui montrer sa peur. Elle se redressa, son regard ancré dans le sien.
- « Non, Emmett. C'est toi qui as détruit ta propre vie. Tout ce que j'ai fait, c'est révéler ce que tu es réellement. »

Cette réponse sembla le toucher au vif. Il fit un pas de plus, réduisant l'espace entre eux.
- « Révéler ? Tu penses être une justicière maintenant ? Isabella, tu es pathétique. Tu crois qu'en jouant les héroïnes, tu vas effacer tout ce qu'on a vécu ensemble ? »

Elle inspira profondément, refusant de céder à la provocation. Mais il n'avait pas fini.
- « Et Edward, hein ? Tu crois qu'il est différent ? Il utilise les gens, tout comme moi. La seule différence, c'est qu'il est plus subtil. »

Ces paroles résonnèrent en elle, plantant malgré elle une graine de doute. Mais Isabella secoua légèrement la tête, refusant de laisser Emmett reprendre le contrôle de ses pensées.
- « Edward est peut-être beaucoup de choses, mais il n'est pas toi, Emmett. »

Il éclata d'un rire froid.
- « Tu es tellement naïve, Isabella. Quand tu ouvriras les yeux, il sera trop tard. »

Elle serra les dents, sentant sa colère monter, mais elle savait que répondre davantage serait inutile. Le taxi s'approchait, ses phares perçant la pénombre. Isabella jeta un dernier regard à Emmett.

« Je ne suis plus cette fille que tu pouvais manipuler, » dit-elle calmement. « Si tu pensais que me suivre ici allait changer quoi que ce soit, tu te trompes. »

Isabella fit un pas pour contourner Emmett, prête à rejoindre le taxi qui venait de s'arrêter devant le trottoir. Mais avant qu'elle n'atteigne la voiture, elle sentit une main ferme saisir son bras.

- « Attends ! » gronda Emmett, son ton à la fois suppliant et furieux.

Isabella se retourna brusquement, le regard rempli de défi.

- « Lâche-moi, Emmett. Tu ne fais qu'empirer les choses. »

Son visage s'assombrit, et sa poigne se resserra légèrement.
- « Non, tu vas m'écouter. Tu crois vraiment que tu peux simplement te débarrasser de moi ? Que tout ça va disparaître comme ça ? »

Elle tenta de se dégager, mais il ne bougea pas.
- « Tu me fais mal, Emmett, » dit-elle, sa voix froide mais tremblante.

À ce moment précis, deux hommes surgirent de nulle part. D'un mouvement rapide et maîtrisé, ils s'interposèrent entre Isabella et Emmett.

- « Monsieur, je vous conseille de lâcher son bras immédiatement, » déclara l'un des hommes, sa voix calme mais chargée d'autorité.

Emmett resta figé, la surprise se peignant sur son visage.

- « Quoi ? Vous êtes qui, vous ? » demanda-t-il, tentant de masquer sa nervosité derrière un ton agressif.

Le deuxième homme, plus imposant, ajouta d'un ton glacial :
- « Nous sommes là pour assurer sa sécurité. Relâchez-la. Maintenant. »

Emmett hésita un instant, son regard oscillant entre Isabella et les deux hommes. Il finit par lâcher son bras avec une brusquerie contrôlée.
- « T'as besoin de gardes du corps, maintenant ? Pathétique, Isabella. Vraiment. »

L'un des hommes fit un pas en avant, menaçant, mais Isabella intervint.
- « Ça va. Laissez-le. »

Elle jeta un dernier regard à Emmett, ses yeux brûlant de colère et de détermination.

- « Tu ne me fais plus peur. »

Les deux hommes l'escortèrent jusqu'au taxi, l'un d'eux vérifiant rapidement les environs avant qu'elle ne monte. Ils prirent place à ses côtés, et le taxi démarra.

- « Vous allez bien, mademoiselle ? » demanda l'un des agents, son ton professionnel mais inquiet.

Isabella hocha la tête, massant légèrement son bras.

- « Oui, merci. Heureusement que vous étiez là. »

Les agents échangèrent un regard complice avant de répondre.
- « Monsieur Masen a insisté pour que nous soyons à proximité. Il avait un mauvais pressentiment. »

Le nom d'Edward provoqua un mélange de soulagement et de frustration chez Isabella. Elle savait qu'il avait raison d'être prudent, mais elle détestait se sentir surveillée.

Arrivée au bureau d'Edward, elle se précipita vers l'ascenseur, accompagnée de ses gardes du corps. Edward été en réunion, on la guida jusqu'au bureau d'Edward pour l'attendre.

Isabella, seule dans le bureau d'Edward, fit lentement le tour de la pièce. Le mobilier en bois sombre, les étagères remplies de livres, et les détails minutieusement choisis reflétaient parfaitement la personnalité d'Edward : sophistiquée, organisée, mais avec une touche de mystère.

Elle s'arrêta devant une photo encadrée sur son bureau. C'était une vieille photo en noir et blanc d'un jeune garçon et d'une femme élégante, probablement Edward avec sa mère. Un sourire tendre apparut sur son visage alors qu'elle imaginait l'enfance de l'homme qu'elle apprenait à connaître.

Le bruit de la porte s'ouvrant doucement la fit sursauter. Edward entra, un sourire fatigué mais sincère sur les lèvres.

- « Désolé pour l'attente, » dit-il, s'approchant d'elle. « Les réunions avec les avocats ne sont jamais des plus agréables. »

Avant qu'Isabella ne puisse répondre, le téléphone d'Edward vibra sur son bureau. Il fronça légèrement les sourcils en voyant le nom affiché, mais il décrocha.
- « Oui ? » dit-il, son ton devenant immédiatement plus professionnel.

La voix à l'autre bout du fil était grave et pressante. Bien qu'Isabella ne pouvait entendre que des bribes de conversation, elle devinait que l'appel était sérieux.

- « Écoute, Edward, » dit l'homme à l'autre bout de la ligne, son ton chargé d'urgence. Isabella pouvait clairement tout entendre de leur conversation. « Je sais que tu veux bien faire, mais tu es en train de jouer avec le feu. Les McCarty, ce n'est pas une famille que tu veux avoir contre toi. Ils ont des alliés partout, et ils n'hésiteront pas à utiliser toutes leurs ressources pour te briser. »

Edward resta silencieux un instant, ses mâchoires serrées, avant de répondre calmement.
- « Je sais exactement à qui j'ai affaire. Et je ne reculerai pas. »

- « C'est admirable, mais tu devrais savoir que leur prochain mouvement pourrait viser ta réputation. Si ça se retourne contre toi, tu risques de tout perdre. »

Edward raccrocha, son expression fermée et son regard troublé. Isabella, qui l'observait attentivement, prit la parole avec douceur.
- « Qui était-ce ? »

Il passa une main dans ses cheveux, un geste nerveux qu'elle n'avait pas l'habitude de voir chez lui.
- « Un ancien associé. Il voulait… me mettre en garde. »

Elle fronça légèrement les sourcils.
- « Contre quoi ? »

Il la regarda un moment, comme s'il pesait le pour et le contre de lui dire la vérité. Finalement, il soupira.
- « Les McCarty ont plus de pouvoir que je ne l'avais anticipé. Ils ont des contacts dans des sphères influentes, des moyens d'atteindre non seulement toi, mais aussi moi. »

Isabella croisa les bras, une lueur d'inquiétude dans les yeux.
- « Edward, qu'est-ce qu'il voulait dire par "salir ta réputation" ? »

Il hésita avant de répondre.

- « Disons que mon passé n'est pas aussi lisse que je voudrais le croire. J'ai fait des choix… pour me protéger et protéger ce que j'ai construit. Des choix que certains pourraient interpréter comme discutables. »

Isabella s'approcha de lui, posant une main réconfortante sur son bras.
- « Si tu veux qu'on se batte contre eux ensemble, je dois savoir. Qu'est-ce qu'ils pourraient utiliser contre toi ? »

Il la fixa, son regard oscillant entre la vulnérabilité et la détermination.
- « Rien qui te concerne directement, Isabella. Mais ils peuvent jouer avec des demi-vérités, manipuler des histoires du passé pour me discréditer. »

Elle hocha la tête, absorbant l'information.
- « Alors, nous allons être prêts. Tu m'as appris qu'il faut toujours anticiper. Et quoi qu'ils disent, je te connais. Je sais qui tu es maintenant. »

Edward esquissa un sourire, touché par sa confiance. Il prit sa main dans la sienne.
- « Merci. Ça compte plus que tu ne peux l'imaginer. »

Le moment fut interrompu par un message qui apparut sur l'écran d'Edward. Il le consulta brièvement avant de relever les yeux vers Isabella.

- « J'ai une réunion importante à finaliser, mais je veux que tu restes ici pour l'instant. Si tu veux travailler ou te reposer, fais comme chez toi. »

Elle acquiesça, résolue.
- « Et toi, fais attention à toi, Edward. Ils ne gagneront pas. Pas contre nous. »

Il l'embrassa sur le front avant de s'éclipser, laissant Isabella réfléchir aux nouvelles batailles qui les attendaient.

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