Merci à Nemerof91 pour sa review au chapitre précédent. Ça me fait toujours autant plaisir ! ^_^
Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux appartient à J.R.R. Tolkien. Et Final Fantasy 7 à Square Enix.
Chapitre 24 :
Des chants et des cris
Sur l'insistance de Grand-Pas, les Hobbits et Lowen durent changer d'auberge.
Ils s'installèrent dans une située en face. Grand-Pas prit une chambre pour une personne. Sam, Merry et Pippin s'installèrent dans le seul lit qui occupait la pièce.
Lowen et Frodon choisirent de rester assis sur la couette, tant ils étaient nerveux.
Et le rôdeur s'assit sur une chaise près de la fenêtre. Immobile, les mains sur la garde de son épée, il observait la rue.
Bientôt, des hennissements de chevaux et un grand bruit de galop se firent entendre.
Lowen se tendit, tandis que Frodon se trémoussa à côté d'elle. Le rôdeur restait de pierre, imperturbable.
Pourtant, lorsque des coups d'épée se firent entendre à l'auberge du Poney Fringant, les trois derniers Hobbits émergèrent de leur sommeil. Assis dans le lit, ils regardèrent en direction de la fenêtre avec les autres.
Toujours assise sur le lit, Lowen regardait des cavaliers vêtus de grandes capes noires sortir de l'auberge. Ils auraient pu paraître normaux, si tous ne présentaient pas exactement le même aspect. Leurs chevaux étaient noirs et leurs yeux luisaient d'un éclat rougeâtre, comme des braises.
La jeune fille n'en revenait pas. Elle n'avait vu qu'un Nazgûl quand elle était enfant, après avoir franchi la lisière de Mirkwood en compagnie de Glorfindel.
Jamais elle n'aurait imaginé qu'il y ait plusieurs monstres identiques.
Cela lui rappela une vieille légende sur Terre, concernant les quatre Cavaliers de l'Apocalypse.
« Que sont-ils ? » demanda Frodon.
Grand-Pas quitta la fenêtre des yeux un bref instant pour lui répondre.
« Autrefois, des Hommes. De grands rois. Puis, Sauron l'Imposteur leur offrit neuf Anneaux de Pouvoir. Aveuglés par leur avidité, ils les acceptèrent sans poser de question, et sombrèrent l'un après l'autre dans les Ténèbres. Ce sont les Nazgûls, les Spectres de l'Anneau, mi-vivants, mi-morts. À chaque instant, ils sentent la présence de l'Anneau. Ils sont attirés par le pouvoir de l'Unique. Ils ne cesseront jamais de vous pourchasser. »
Le silence retomba sur ces sinistres révélations. Enfin, les cavaliers quittèrent la rue au galop.
Lorsque le rôdeur jugea que tout était redevenu silencieux et moins dangereux, il dit aux quatre Hobbits et à la jeune fille de dormir.
Cette dernière aida Frodon à s'installer dans le lit avec ses amis.
« Et vous, Lowen ? Vous allez dormir où ? » demanda Sam.
La jeune fille regarda autour d'elle, puis dit qu'elle allait s'allonger sur le tapis, près de la cheminée.
« Oh non, vous n'allez pas dormir par terre, c'est inconvenant ! Je vais le faire. Ce sera moins dur que de dormir par terre en pleine nature, il n'y aura pas de racine pour me labourer le dos », dit le Hobbit.
« Moi aussi », dit Frodon.
« Moi aussi », dirent Merry et Pippin.
Voyant que ses amis écartaient les draps, Lowen les arrêta d'un geste de la main.
« Vous êtes tous gentils, mais je vous assure que ça va aller. Je vais me mettre près de la cheminée, je n'aurai pas besoin de couverture avec le feu. »
Frodon lui tendit quand même un oreiller. La jeune fille le remercia, puis leur dit de dormir.
Lorsqu'ils eurent tous fermé les yeux, elle alla s'asseoir près du feu. Elle sentit le regard du rôdeur, mais l'ignora.
« Ils tiennent vraiment à vous », dit Grand-Pas.
« Normal, ce sont mes amis. Et ils sont attachants. »
Le rôdeur lui sourit. Lowen en fut surprise. Quand il souriait, cet Homme avait l'air plus jeune, voire… séduisant.
Holà, du calme, ma vieille ! Il est trop vieux pour toi.
Quoique, techniquement, elle avait vingt-neuf ans avec ses années de vie antérieure.
« Que vous est-il arrivé, Lowen ? Vous avez disparu pendant des années. Glorfindel n'a jamais bien compris ce qui s'était passé. Un Nazgûl vous pourchassait tous les deux, sur le dos d'une créature ailée. »
« Désolée, je ne vous connais pas assez pour parler de ça, Grand-Pas. »
Elle s'en voulut de contrarier ainsi le rôdeur, mais elle ne se sentait pas prête à lui raconter des histoires qui relevaient plus de la science-fiction que la réalité. Quoiqu'avec ce qu'ils vivaient, on se croyait déjà dans un film d'heroic fantasy…
« Tout ce que je peux vous dire, c'est que j'ai vécu à l'abri, loin du Mordor et de… tout ça, avec des gens qui m'aiment et m'ont rendue heureuse. »
Le rôdeur hocha doucement la tête et ne dit rien de plus. Lowen fut heureuse qu'il n'insiste pas, mais elle ne put s'empêcher de poser aussi des questions.
« Est-ce que Glorfindel et Legolas vont bien ? »
« Glorfindel s'est beaucoup inquiété après votre disparition, mais la dame Galadriel lui a envoyé une missive lorsqu'il a rejoint Fondcombe. Elle lui disait que vous étiez en sécurité, mais que personne ne devait savoir où vous vous trouviez, pour votre sécurité. Nous connaissons la sagesse et le don de vision de la Dame Dorée, aussi nous nous sommes fiés à sa parole. Quant à Legolas… même s'il croyait les dires de Galadriel, il s'en voulait de ne pas avoir réussi à vous aider. Il a quitté Mirkwood peu après votre disparition, pour rejoindre les rôdeurs du Nord. Il y est resté pendant des années, mais il n'est revenu que très récemment à Mirkwood, pour m'aider à livrer un prisonnier aux Elfes. »
Cette nouvelle surprit Lowen. Ainsi, il avait coupé les ponts avec son père pendant des années ? Sa disparition avait vraiment dû l'affecter ! Elle se promit qu'une fois à Fondcombe, elle trouverait un moyen de le contacter pour lui dire qu'elle allait bien et ne lui en voulait pas.
Le lendemain matin, Grand-Pas réveilla tout le monde aux aurores. Il avait réglé la note des deux auberges et trouvé un poney pour transporter les vivres et les bagages des Hobbits. D'après lui, Poidebeurré et ses employés n'avaient rien.
Sitôt hors de Bree, la cadence s'accéléra. Le rôdeur voulait rejoindre le couvert des arbres au plus vite.
« Où nous conduisez-vous ? » demanda Frodon.
« Dans la forêt », répondit le rôdeur.
Tandis qu'il menait la marche, les Hobbits se rapprochèrent de Lowen pour parler à voix basse.
« Comment être sûr que ce Grand-Pas est bien un ami de Gandalf ? » murmura Merry.
« Je crois qu'un serviteur de l'ennemi serait plus séduisant… et en même temps plus repoussant », dit Frodon.
« Je trouve qu'il l'est déjà bien assez », répliqua Merry.
En voyant le rôdeur tourner légèrement la tête dans leur direction, Lowen comprit qu'il les entendait.
« Nous n'avons pas le choix, il faut lui faire confiance », dit Frodon.
« Mais où c'est qu'il nous conduit ? » demanda Sam.
« À Fondcombe, maître Gamegie. Dans la demeure d'Elrond », répondit le rôdeur.
« Vous entendez ça ? Fondcombe ! Nous allons voir des Elfes », s'extasia Sam.
Lowen fit la grimace. Pour elle, ce n'était pas une si bonne nouvelle que ça. Tous les Elfes n'étaient pas parfaits, comme elle l'avait appris à ses dépens.
« Ça va, mademoiselle Lowen ? Vous avez l'air tendue », dit Pippin.
« Oui, ça va. Désolée, je suis un peu fatiguée. »
« Vous auriez dû prendre le lit ! C'est vraiment ridicule qu'on vous ait laissée dormir par terre. »
Lowen lui offrit un sourire touché. La gentillesse des Hobbits ne cessait de la surprendre.
Une heure plus tard, le groupe de voyageurs quitta l'abri des arbres pour arriver dans une vaste étendue jalonnée de bosquets. La neige couvrait la terre par endroits. L'air était frais et humide.
Lowen suivait Grand-Pas, quand elle sentit que les Hobbits s'étaient arrêtés derrière elle.
Les deux voyageurs se retournèrent et virent que les Hobbits avaient posé leurs sacs et commençaient à sortir le nécessaire pour cuisiner.
« Messieurs ! Nous ne ferons pas d'arrêt avant la tombée de la nuit », dit Grand-Pas.
« Mais et notre petit-déjeuner ? » demanda Pippin.
« Vous l'avez déjà pris ! »
« Oui, le premier, c'est vrai. Qu'en est-il du second petit-déjeuner ? »
Sans répondre, le rôdeur se remit en marche. Lowen regarda les Hobbits avec étonnement.
« Je voyage avec vous depuis plusieurs jours et vous ne m'avez jamais dit que vous preniez deux petits-déjeuners. »
« Parce qu'on était trop occupés à essayer de survivre dans la Vieille Forêt, ainsi que dans les Hauts des Galgals », dit Sam en commençant à remballer leurs affaires.
Merry se tourna vers Pippin avec l'air inquiet.
« Grand-Pas non plus n'a pas l'air au courant pour le second petit-déjeuner, Pippin. »
« Mais… et la collation de onze heures ? Et puis le déjeuner ? Le goûter ? Le dîner ? Le souper ?! Il est au courant pour ça, pas vrai ? »
Lowen ouvrit des yeux ronds.
« Vous… vous prenez vraiment tous ces repas tous les jours ?! »
« Quand on peut, oui », dit Frodon.
La jeune fille regarda les Hobbits en se demandant comment ils pouvaient avoir l'air aussi maigres. Enfin, sauf Sam. Il était bien en chair, mais vu le nombre de repas énumérés, elle les imaginait tous obèses.
Maintenant, je comprends pourquoi ils n'ont pas pu résister aux champignons lumineux !
Soudain, une pomme fut lancée depuis le haut d'un arbre. Merry la rattrapa de justesse. Visiblement, Grand-Pas avait grimpé dans un pommier pour dénicher un petit-déjeuner rapide aux Hobbits.
Toujours sous le choc à l'idée de se passer de tous ces repas, Pippin ne put anticiper la deuxième pomme, qu'il reçut en pleine figure.
« Pippin ! » lui reprocha Merry.
Tandis qu'ils poursuivaient leur route, Lowen rattrapa le rôdeur et lui sourit.
« Et vous vouliez voyager seul avec eux ? » dit-elle sur un ton malicieux.
Grand-Pas lui rendit son sourire.
« Parfois, j'oublie l'appétit légendaire des Hobbits », dit le rôdeur.
« Ah ça, sûr qu'ils ont un bon coup de fourchette ! »
« Vous en savez quelque chose ? »
La jeune fille lui raconta leur voyage à travers la Vieille Forêt et comment ils avaient découvert un tunnel rempli de champignons fluorescents. Lorsqu'elle aborda le sujet du hoquet de Pippin, ce dernier protesta.
« J'avais faim et ces champignons se sont révélés excellents ! En plus, c'est bien plus utile que votre drôle de petite machine pour éclairer, on garde les mains libres ! »
« Une petite machine ? » demanda le rôdeur, intrigué.
Lowen porta la main à la bourse, à sa ceinture. Son téléphone s'y trouvait toujours, en sécurité. Elle l'avait éteint depuis leur passage chez Tom Bombadil, pour économiser la batterie.
« Je vous expliquerai de quoi il parle quand on fera une pause », dit la jeune fille. « Dites-moi, Grand-Pas, est-ce que vous connaissez d'autres rôdeurs ? »
« Quelques-uns, pourquoi ? »
« Est-ce que vous avez déjà croisé la route d'un rôdeur du Gondor ? Il se nomme Talion. Il était posté à la Porte Noire, autrefois… »
« Glorfindel m'a parlé de lui, quand il m'a conté votre voyage. Non, je ne l'ai jamais rencontré, mais j'ai entendu des histoires, il y a des années, au sujet d'un immortel moitié Homme, moitié Spectre. »
Moitié Spectre… Elle se rappela le fantôme de Celebrimbor lié à l'âme de Talion.
Que sont-ils devenus, tous les deux ? Est-ce qu'ils vont bien ?
Elle l'espérait de tout cœur. Elle aurait aimé les revoir et les remercier pour tout ce qu'ils avaient fait. Sans eux, elle serait sans doute morte à Mirkwood.
Refusant de broyer du noir, elle se mit à interroger le rôdeur sur ses voyages. Grand-Pas lui décrivit avec tendresse la beauté de Fondcombe, les magnifiques paysages du Rohan et même la splendeur de Minas Tirith.
Dans l'après-midi, le groupe arriva au marais de l'Eau-aux-Cousins.
Lowen avait jugé la Vieille Forêt et les Hauts des Galgals horribles, mais ces marais étaient atroces !
L'air empestait la vase et le moisi. Le sol était boueux. Parfois, la terre s'enfonçait sous leurs pieds. Lowen et Grand-Pas se retrouvèrent dans l'eau jusqu'aux genoux.
Pour les Hobbits, ce fut pire, car ils étaient plus petits. Parfois, ils se retrouvaient dans l'eau jusqu'à la taille. Et les moustiques ne cessaient de tourner autour d'eux. Bizarrement, ils évitaient Lowen. Celle-ci en déduisit que l'odeur de plante qu'elle dégageait devait les tromper.
« Que mangent-ils quand ils n'ont pas de Hobbits ?! » se plaignit Merry en écrasant un énième moustique sur sa joue.
Lorsque Lowen vit Pippin tomber dans la boue, elle n'y tint plus. Elle rejoignit le Hobbit et le souleva pour l'installer sur ses épaules.
« Eh ! Que faites-vous ?! » s'écria le Hobbit.
« Je vous porte, voilà ce qui se passe ! Arrêtez de gigoter ou on va tomber tous les deux. »
Tandis que Pippin s'installait un peu plus confortablement sur son dos, les trois autres les regardèrent avec surprise.
« Mais… pourquoi vous le portez, lui, et vous nous laissez patauger dans la boue ?! » gémit Merry.
« C'est bon, c'est bon, je vous porterai chacun votre tour ! Mais là, c'est Pippin qui a bu la tasse, alors je le garde sur mon dos pendant un petit moment. »
« Attention, Lowen, pas par-là ! L'eau est plus profonde », dit Pippin.
« Ah ? Merci, Pippin ! »
Lorsqu'elle rejoignit Grand-Pas, ce dernier parut surpris de voir le Hobbit sur son dos, puis amusé quand il se mit à les prévenir des endroits où le chemin était impraticable.
Au bout de cinq minutes, Lowen le fit redescendre malgré ses protestations. Ce fut le tour de Frodon, qui se fit une joie de jouer le guide.
Quand ce fut le tour de Merry, Lowen se sentit mal. Après lui, ce serait Sam, et elle craignait qu'il soit moins léger.
Heureusement, la nuit tombait et Grand-Pas les fit s'arrêter sur une zone plus grande où la terre était sèche.
Il les laissa se reposer et partit chasser.
Bercée par le chant des grenouilles et le « plouf » des poissons qui nageaient dans les marais autour d'eux, Lowen leva la tête vers le ciel.
Les étoiles étaient à peine visibles, mais la lune éclairait leur campement de son doux halo argenté. Cela lui rappela avec nostalgie les rares fois où elle était partie en randonnée avec Sephiroth et ses frères. Parfois, Angeal et Genesis étaient de la partie, mais la plupart du temps, son tuteur l'emmenait dans les régions sauvages avoisinant Kalm ,pour lui apprendre les bases de la survie en pleine nature.
Avec le recul, la jeune fille réalisait combien ces enseignements lui étaient utiles. Et toutes ces années d'entraînement avec Cissnei l'avaient rendue plus endurante et musclée.
Grand-Pas revint plus d'une demi-heure plus tard avec un jeune cerf mort. Il entreprit de découper des morceaux de viande, tandis que les Hobbits sortirent du bois d'un de leurs paquetages.
Lorsque le bois fut prêt, Lowen utilisa machinalement sa matéria Feu. En voyant des flammes jaillir de sa main pour embraser le fagot, le rôdeur ouvrit des yeux ronds.
« Vous avez des pouvoirs magiques ? »
« Euh… Non, juste des cristaux magiques », dit-elle en tapotant ses bracelets.
« Ça s'appelle des matérias », dit Pippin, fier d'enseigner quelque chose au rôdeur.
Gênée, la jeune fille laissa Grand-Pas prendre délicatement ses bracelets entre ses doigts pour examiner les pierres qui scintillaient dessus.
« Je n'ai jamais vu ce genre de pierre… Où les avez-vous eues ? »
« C'est un cadeau de l'Homme qui m'a élevée. »
Ce n'était pas un mensonge, Sephiroth lui avait acheté ses matérias quand elle avait débuté son entraînement avec Cissnei.
Elle soutint le regard inquisiteur du rôdeur. Il ne lui posa pas de questions, mais elle sentait qu'il ne cessait de s'interroger à son sujet.
Tandis qu'il cuisait la viande, Lowen eut un soupir. C'était toujours une torture pour elle aux repas, de voir Sephiroth et ses frères manger de la viande, alors qu'elle ne pouvait pas ! Alors sentir la bonne viande de cerf cuite au feu de bois…
En voyant la manière dont elle regardait le gibier cuire, Pippin parut curieux.
« Pourquoi ne mangez-vous pas de viande, Lowen ? On voit que vous en avez envie. »
« C'est vrai, j'en ai envie, mais ça me rend malade. Mon corps ne peut pas en consommer, c'est comme ça. »
Soudain, elle sentit une douleur à son ventre. Elle se rappela alors un fait douloureux : peu avant son départ pour Costa del Sol, elle avait commencé à ressentir des crampes d'estomac. Elles s'étaient un peu calmées depuis son arrivée en Terre du Milieu, mais à présent, elles revenaient avec force.
« Mais comment c'est possible ? » s'étonna Pippin, qui ne pouvait croire qu'un aliment aussi délicieux que la viande puisse faire du mal à quelqu'un.
« C'est comme ça, Pippin. Croyez-moi, on a essayé une fois de m'en faire manger à Mirkwood, et j'ai été méchamment malade. En fait… quand j'ai vécu chez les Hommes, j'ai même réessayé d'en manger, ainsi que divers autres aliments. »
« Et ? » demanda Merry.
« Eh bien… la seule chose que j'ai pu avaler sans tomber malade, c'est une mouche. »
Les Hobbits et le rôdeur ouvrirent des yeux ronds en entendant ça. Lowen eut un sourire penaud face à leur réaction.
En fait, elle n'avait fait cela qu'une seule fois. C'était une expérience à laquelle Kadaj l'avait aidée quand ils avaient tous deux dix ans. Lowen se demandait si tous les types de viande pouvaient la rendre malade. Après tout, les plantes carnivores pouvaient manger des insectes, qui étaient de la viande.
Kadaj s'était discrètement rendu dans la cuisine du manoir en pleine nuit, et lui avait rapporté une boîte pleine de petits bouts de différentes viandes : saucisson, jambon, jambon sec, poulet et steak.
Rien n'avait marché, son corps rejetait tout dès la première bouchée.
Elle avait alors tenté de manger une mouche que le garçon avait capturé pour elle. Elle avait fermé les yeux en s'imaginant manger un chocolat en forme d'insecte. Bien que très… croustillant, l'insecte ne lui avait pas provoqué le moindre inconfort comme le steak ou le poulet.
« Vous êtes sérieuse ? Vous avez mangé un insecte ? » demanda Frodon.
« Eh, j'avais dix ans ! Et c'était une expérience, rien de plus. »
« Qui voudrait se prêter à ce genre d'expérience ? » dit Sam en roulant des yeux.
Lowen croisa les bras sur sa poitrine.
« Quoi ? Les insectes sont fascinants, vous savez. L'un de mes frères a même traité ce thème pour un concours de sciences, à l'école, quand on était enfants. »
« Vous avez étudié les sciences ? » demanda Grand-Pas.
« Oui, pourquoi ça vous étonne ? »
« C'est… un sujet rarement étudié par les femmes. »
Lowen se rappela qu'en effet, en Terre du Milieu, on apprenait plutôt aux femmes à coudre, tresser des paniers et jouer d'un instrument de musique.
« Où se trouve cette école où vous avez étudié ? » demanda Grand-Pas.
Lowen comprit qu'il profitait de la discussion pour lui soutirer des informations. Mais la jeune fille n'allait pas tomber dans le piège.
« C'est une école où on apprend tellement de choses que certaines ne servent à rien, mais qui sont fascinantes. »
« Comme quoi ? » demanda Merry.
« Eh bien, par exemple, saviez-vous que vous clignez des yeux plus de quatre millions de fois par an ? »
Les Hobbits ouvrirent une bouche ronde de surprise.
« Que quatorze centimètres de neige égalent un centimètre de pluie ? Que le miel est le seul aliment qui ne pourrit jamais ? Qu'on perd la plus grande partie de la chaleur de notre corps par la tête ? »
Lowen s'arrêta en voyant que les Hobbits la regardaient comme si elle débarquait d'une autre planète. Le rôdeur mit un terme à ce silence en annonçant que la viande était prête.
Tandis qu'ils mangeaient, Lowen repensa à sa vie sur Gaïa. Ce qu'elle n'avait pas avoué aux Hobbits ni au rôdeur, c'est qu'en fait, son intérêt pour les sciences était dû à sa nature végétale. Elle avait fait plus que des expériences avec la nourriture.
Elle savait qu'elle n'avait pas de battements de cœur, aussi avait-elle testé son niveau d'apnée dans une baignoire d'une des nombreuses salles de bain du manoir. Elle avait tenu plus d'une demi-heure, et aurait peut-être fait plus si les garçons ne l'avaient pas suppliée d'arrêter. Ce genre de test les rendait nerveux, car ils avaient déjà eu droit à une torture similaire quand ils étaient prisonniers d'Hojo.
Lowen avait adoré ça, elle. C'était comme si elle incarnait Percy Jackson.
Après le dîner, les Hobbits ne tardèrent pas à se coucher. Lowen en fit autant. Enveloppée dans sa cape, la tête posée sur son sac, elle ferma les yeux et attendit que le sommeil la gagne, quand la voix de Grand-Pas lui parvint.
« Tinúviel elvanui
Elleth alfirin edhelhael
O hon ring finnil fuinui
A renc gelebrin thiliol… »
Lowen ressentit un pincement de cœur. Cela faisait des années qu'elle n'avait pas entendu quelqu'un parler ou chanter en elfique !
Elle ouvrit les yeux et vit le rôdeur, assis plus loin devant elle. Il lui tournait le dos et fumait la pipe en regardant la lune.
La jeune fille voulut écouter la suite, quand Frodon se redressa.
« Qui est-ce ? La dame de la chanson ? »
Grand-Pas se tourna vers lui avec surprise, puis répondit : « La dame Luthièn, qui offrit son amour à Beren… un mortel. »
« Que lui est-il arrivé ? » demanda Frodon.
« … Elle est morte. Essayez de dormir, Frodon. »
Le Hobbit obéit et se rallongea. Lowen voulut faire de même, mais en voyant le visage du rôdeur, elle se sentit bizarre. Il paraissait plus songeur que d'habitude, mais aussi plus vieux, plus… noble.
La jeune fille se leva et, emmitouflée dans sa cape, elle vint s'asseoir près de lui.
« Vous devriez dormir. »
« Je sais, mais… je n'y arrive pas. »
Le silence s'étira entre eux quelques secondes, avant que Lowen reprenne.
« Vous chantez bien. Je n'avais pas entendu cette chanson depuis des années. »
« Comparé aux Elfes, mon chant ne vaut rien. »
« Tout de même, je trouve ça beau. J'ai toujours aimé l'histoire de Luthièn et Beren. »
« Vraiment ? Elle est pourtant fort triste », s'étonna le rôdeur.
« Elle n'est pas juste triste. Il y a de l'espoir, un amour qui triomphe de tous les obstacles… Quand j'étais petite, je l'ai racontée à mes meilleures amies, Jessie et Iruka, et… »
Elle se crispa, réalisant trop tard qu'elle avait avoué des choses de l'époque où elle avait « disparu ». Le rôdeur l'écoutait, l'air calme et curieux.
Au point où j'en suis, autant continuer.
« Mes amies l'ont tellement aimée qu'avec d'autres enfants, on en a fait une pièce de théâtre. »
« Une pièce ? » répéta le rôdeur, amusé.
« Oui, une pièce. Tout le monde a aimé. »
« Vous y avez joué quel rôle ? »
« Aucun. J'étais en coulisses, je m'occupais du scénario et j'aidais pour différentes choses comme les costumes, l'éclairage… »
Repenser à ses amis fut douloureux. Comment allaient-elles ? Cela faisait plus d'une semaine qu'elle les avait « quittées » à Costa Del Sol. Ses frères et elles avaient sans doute signalé sa disparition. Sephiroth avait dû rentrer à Midgar pour écouter leur déposition. Que penserait-il de tout ça ? Croirait-il qu'elle les avait abandonnés pour retourner en Terre du Milieu ? Non, il savait bien qu'elle n'avait pas envie d'y retourner, elle n'y avait jamais été vraiment heureuse.
Et Jessie, qui devait jouer au Gold Saucer ! Lowen avait peur de rater sa représentation.
La jeune fille se rappela qu'à la fin des vacances d'été, elle avait prévu de se trouver un appartement où elle comptait vivre en colocation avec Jessie et Iruka. Les garçons comptaient faire de même, de leur côté. Tous ces projets qu'ils avaient…
Un regard vers les Hobbits la fit se sentir mal. Ils avaient des ennuis, ce qu'ils faisaient pour empêcher Sauron de regagner son pouvoir était important. Mais pourquoi avait-il fallu qu'elle se retrouve mêlée à ça ?
Si jamais elle arrivait à Fondcombe et voyait ce Gandalf, serait-il en mesure de l'aider ? Non, elle en doutait un peu.
Le jour suivant, le groupe eut la chance d'évoluer sur un terrain moins humide et ils quittèrent rapidement les marais.
La marche reprit à travers des collines et des plaines inhabitées, sous un ciel nuageux.
Le groupe ne parlait plus pour différentes raisons. Les Hobbits fatiguaient, ils n'avaient pas l'habitude de voyager si longtemps. Lowen continuait de s'interroger sur les gens qu'elle avait laissés sur Gaïa. Et Grand-Pas n'était pas d'un naturel très loquace.
Enfin, un soir, un changement survint dans le paysage : ils arrivèrent au Mont Venteux, devant une tour en ruines.
« C'était la Grande Tour de garde d'Amon Sûl », dit le rôdeur. « Nous y passerons la nuit. »
Lowen n'aimait pas cet endroit. Il y régnait une ambiance sinistre, un peu comme celle dans les sous-sols de l'hôtel de Costa Del Sol.
Mais les Hobbits étaient trop fatigués pour se soucier de l'atmosphère. Sitôt à l'intérieur de la tour, ils lâchèrent leurs sacs et se laissèrent tomber par terre.
« Lowen, je vais surveiller les alentours. Veillez sur eux, en mon absence. »
La jeune fille le regarda s'éloigner avec de grands yeux surpris. Il lui faisait donc confiance au pont de la laisser avec eux ? Elle en fut secrètement flattée.
Tandis que les Hobbits déballaient leurs couvertures pour se coucher, elle regarda autour d'elle.
Il y avait des statues à moitié détruites d'hommes cachées sous des capes, avec une épée dans leurs mains jointes. Le vent gémissait à travers les ouvertures, donnant à cet endroit un air vraiment lugubre.
« Lowen ? »
La jeune fille se tourna vers Frodon. Il l'avait rejointe et regardait autour de lui avec inquiétude.
« Vous allez rejoindre Grand-Pas ? »
« Quoi ? Non, je ne vais pas vous laisser seuls ! C'est juste que cet endroit me met mal à l'aise. J'avais besoin de voir le ciel un bref instant. »
« Je vous comprends. Moi aussi. »
Le Hobbit serrait la garde de son épée dans son fourreau. Il avait beau apprécier le cadeau de Tom, il ne connaissait rien à l'escrime.
« Mais il n'y a pas que ça », dit le Hobbit. « Vous pensez à vos amis et votre famille ? Je vous ai entendu discuter avec Grand-Pas, lors de notre nuit passée dans les marais. »
Lowen le regarda avec surprise. Elle n'avait pas pensé qu'il aurait continué de les écouter.
« Oui, je m'inquiète pour eux. Ils ne savent pas où je suis ni si je suis en vie. »
« Vous ne pourriez pas leur envoyer un message ? »
« Ce n'est pas si simple… » soupira la jeune fille.
Soudain, une odeur de bois brûlé parvint aux deux amis. Inquiets, ils rejoignirent l'endroit où ils avaient laissé leurs bagages.
Sam, Merry et Pippin avaient allumé un feu et faisaient cuire de la nourriture.
« Qu'est-ce que vous faites ?! » s'écria Frodon.
« Des tomates, des saucisses et du bacon bien grillé », dit Merry.
« On vous en a gardé un peu », dit Sam en tendant des assiettes vers Frodon et la jeune fille.
Ignorant son geste, Frodon se précipita près du feu et tenta de l'éteindre avec ses pieds.
« Éteignez ce feu, sombres crétins, vite ! » dit-il d'une voix paniquée.
« Oh, je te remercie ! De la cendre sur mes tomates », geignit Pippin.
Lowen écarta Frodon et arma sa matéria Glace. Le feu s'éteignit, ne laissant que des bouts de bois gelés.
« Oh non, vous avez aussi gelé mes saucisses ! » gémit Pippin en regardant son assiette.
Lowen le fit taire en plaquant une main sur sa bouche, quand un cri retentit. La jeune fille se crispa. On aurait dit le mélange de plusieurs bruits : des ongles sur une ardoise, les gonds d'une porte mal huilée, le grincement d'un vieux plancher, un cri de femme aigu… Le cri des Nazgûls !
Les cinq amis coururent au balcon de la tour. Le sol était couvert de brume. Tout semblait calme, quand ils virent cinq silhouettes vêtues de noir fendre le brouillard pour venir dans leur direction.
Catastrophée, Lowen dégaina son sabre. Frodon et les Hobbits en firent autant. Sur ordre de la jeune fille, tous montèrent l'escalier menant au sommet de la tour.
Là, ils réalisèrent qu'ils étaient coincés ! Lowen crut qu'un cavalier les avait rejoints, mais ce n'était qu'une statue lui ressemblant.
Elle se demanda où était passé Grand-Pas, quand les cinq intrus franchirent les ouvertures de la tour.
Lowen déglutit avec peine. Les Nazgûls avaient tout de fantômes. Drapés de noir, l'intérieur de leur capuche était si sombre qu'elle était sûre de ne rien y trouver. Leurs mains étaient cachées sous des gantelets en métal, aux pointes acérées. Leurs bottes étaient elles aussi en métal. Mais tout ça n'était rien à côté de l'aura de danger qu'ils dégageaient.
Lentement, ils dégainèrent leurs épées et s'avancèrent. Malgré elle, Lowen recula d'un pas, avant d'armer sa matéria Feu. Elle allait jeter un sort sur le Nazgûl au centre, quand une voix sortit de sa capuche.
« Lowen… »
Pardon ? Comment ce Nazgûl pouvait-il connaître son nom ?! Lorsqu'il répéta son nom, la jeune fille crut reconnaître sa voix. On aurait dit Talion ! Mais elle sonnait différemment : faible et sifflante, comme si elle s'échappait de la gorge d'un mort.
Prise au dépourvu, elle visa mal. Sa boule de feu fusa entre deux des Cavaliers. Celui tout à droite se précipita pour l'attaquer. Elle para son coup de justesse, mais il était plus fort que prévu, si bien qu'elle partit en arrière et tomba sur le dos.
Sam, Merry et Pippin se placèrent devant Frodon pour tenter de le protéger à leur tour, mais le même Cavalier les repoussa d'un geste de la main.
Terrifié, Frodon lâcha son épée et recula. Il trébucha et tomba à son tour sur le dos.
Soudain, une voix sépulcrale résonna, semblant provenir de la veste du Hobbit. Il glissa la main dans une de ses poches et en retira l'Anneau.
Pas de doute, la voix venait de l'Anneau ! Elle murmurait des mots dans la langue du Mordor.
Lowen se crispa en l'entendant. Cela agitait quelque chose en elle. Son œil gauche lui parut douloureux. Elle sentit un liquide poisseux s'en échapper. Lorsqu'elle y porta les doigts, elle vit qu'elle pleurait du sang !
Stupéfaite, elle ne réagit que lorsqu'elle entendit Frodon hurler. Elle leva la tête et vit qu'il avait disparu. Pourtant, le Nazgûl avait son épée pointée vers le bas et elle semblait remuer, comme si elle avait transpercé quelque chose d'invisible !
Soudain, Grand-Pas apparut devant le Nazgûl. Armé d'une torche et de son épée, il se mit à combattre les cavaliers. L'un après l'autre, il parvint à parer leurs coups et à mettre le feu à leurs robes avec sa torche.
Frodon parvint enfin à ôter son Anneau. Mais sitôt qu'il l'eut fait, il se remit à crier de douleur.
Catastrophé, Sam courut près de lui. Lowen émergea de sa torpeur et le rejoignit. Il avait une blessure près de l'épaule gauche. Elle se dépêcha d'utiliser sa matéria Soin, mais cela n'eut aucun effet.
« Grand-Pas ! » cria Sam. « Grand-Pas, aidez-le ! »
Enfin débarrassé des Nazgûls, le rôdeur ramassa une épée abandonnée par l'un d'entre eux et l'examina. La lame était noire, comme faite de métal et de charbon.
« Il a été poignardé par une lame de Morgul. »
Soudain, la lame tomba en poussière. Le rôdeur la jeta au sol avec dégoût, puis se dépêcha d'envelopper Frodon dans sa cape et le prendre dans ses bras.
Le groupe se dépêcha de quitter la tour. Tandis qu'ils s'enfonçaient dans les bois, les cris des Nazgûls retentirent au loin. Lowen gémit. Ces choses ne pouvaient donc pas mourir, même après que Grand-Pas les ait fait brûler ?
« Plus vite ! » dit le rôdeur.
« Nous sommes à six jours de Fondcombe. Il n'y arrivera pas ! » dit Sam.
Tandis qu'ils avançaient, Lowen entendit Frodon gémir. Il appelait Gandalf. Elle lui adressa un regard empli d'excuses. Pourquoi avait-elle perdu tous ses moyens face aux Cavaliers Noirs ? Son ami était blessé, elle avait tellement honte !
Bientôt, le rôdeur s'arrêta devant trois étranges statues. Grandes, trapues et grimaçantes, elles évoquèrent à Lowen des gargouilles sans ailes ni cornes.
Grand-Pas déposa Frodon, puis se tourna vers Lowen. En voyant les traces de sang sur sa joue, il parut inquiet.
« Vous êtes blessée ? »
« Laissez, c'est rien ! » dit-elle en se frottant nerveusement la joue.
Le rôdeur ignora ses protestations et lui saisit le visage pour l'examiner. Voyant qu'il n'y avait pas de blessure apparente, il n'insista pas.
De son côté, Sam se pencha vers Frodon pour lui montrer les statues du doigt.
« Regardez, m'sieur Frodon. Les Trolls de m'sieur Bilbon. »
Mais Frodon ne pouvait lui répondre. Son visage était en sueur et ses yeux semblaient recouverts d'un voile.
« Monsieur Frodon ? » dit Sam. Il toucha son front et eut un frisson. « Il est tout froid ! »
« Est-ce qu'il va mourir ? » demanda Pippin.
« Il passe dans le monde des Ombres. Et sera bientôt un Spectre, comme eux », dit Grand-Pas.
Frodon émit un gémissement lugubre. Aussitôt, les Nazgûls lui répondirent dans le lointain.
« Ils approchent ! » dit Merry.
« Sam, connaissez-vous l'athelas ? C'est une plante », dit Grand-Pas.
« L'athelas ? »
« La feuille des rois. »
« Oui, c'est de la mauvaise herbe. »
« Elle peut ralentir le poison. Allez en chercher. »
Tandis que Sam et le rôdeur s'éloignaient dans les buissons, Lowen s'approcha de Frodon et lui prit la main. Sam avait raison, il était froid comme un glaçon.
« Je suis désolée, Frodon. Je ne sais pas pourquoi j'ai perdu tous mes moyens », murmura la jeune fille.
Elle palpa son œil gauche. Il lui faisait moins mal, mais elle sentait comme une pulsation sous sa peau. Quelque chose s'était éveillé à cause de l'Anneau. Et ça ne demandait qu'à ressortir.
Refusant de perdre espoir, la jeune fille tenta un nouveau sort de Soin, mais rien n'y fit. Elle approcha doucement ses doigts de la blessure et sentit quelque chose de glacé qui s'en échappait. Cette plaie était maléfique, tout comme l'arme qui l'avait causée.
Soudain, un bruit de galop lui parvint. Craignant que ce soit un Cavalier, elle se retourna en brandissant son sabre, mais le cheval qui approchait était blanc. Et la personne qui le montait était une femme.
En la voyant approcher, Lowen fut frappée de stupeur. Cette cavalière était une Elfe d'une beauté incroyable !
Grande, élancée, de longs cheveux brun sombre encadrant un visage magnifique, l'Elfe s'agenouilla près d'elle et du Hobbit. Elle adressa un regard curieux à Lowen, puis se tourna vers Frodon et lui parla en elfique.
« Qui est-elle ? » souffla Merry.
« C'est une Elfe », dit Sam, admiratif.
Grand-Pas se dépêcha de la rejoindre avec un peu d'athelas qu'il glissa dans la plaie. Sitôt qu'il l'eut fait, les yeux de Frodon perdirent de leur aspect laiteux, mais il fut pris de douloureux spasmes.
« Il ne va pas tenir longtemps », dit l'Elfe. « Il faut le mener à mon père ! »
Ignorant les questions des Hobbits, le rôdeur prit Frodon dans ses bras et, suivi de la belle dame, s'approcha du cheval pour mettre le Hobbit en selle.
Après une brève discussion en elfique, Grand-Pas laissa la jeune femme monter derrière Frodon, puis les regarda partir au galop.
« Qu'est-ce que vous faites ? Les Spectres sont toujours là ! » s'écria Sam.
Le rôdeur ne lui répondit pas. Les yeux emplis d'espoir, il regarda le cheval s'éloigner avec ses deux cavaliers.
