Salut, salut ! Très court ce chapitre, malheureusement. Avec un peu de chance, j'en posterais un autre dans la journée. D'ici là, bonne lecture !
Ginny jeta un œil autour d'elle pour s'assurer que les portes étaient bien fermées et que Demelza était toujours sous la douche. Puis elle tira ses rideaux et leva sa baguette. Cela faisait deux semaines qu'elle avait trouvé le sortilège d'Insonorisation à la bibliothèque, mais – même si elle avait essayé à la moindre occasion – elle n'avait pas encore réussi à le maîtriser correctement.
La première fois, Georgina et Demelza étaient la pièce, endormies, et Ginny avait mis le feu à ses rideaux. Depuis lors, elle s'était montrée plus prudente et n'avait réessayé que lorsqu'elle était seule. Cela avait été bien plus facile ces derniers jours, car Georgina était rentrée chez elle pour les vacances de Pâques.
« Mollescum. » dit doucement Ginny en essayant de bien prononcer l'incantation sans pour autant négliger le mouvement de poignet.
Il y eut un vif éclat de lueur orangée, mais il ne toucha pas les rideaux comme il aurait du le faire. En vérité, il ne toucha rien du tout. Ginny se gratta distraitement le nez et inspecta les rideaux, mais ils ne brillaient pas du tout comme ils auraient du le faire. Ginny se frotta à nouveau le nez, qui commençait vraiment à la démanger.
Elle relut la page qu'elle avait copié de Sortilèges avancés, s'entraîna à faire le mouvement de baguette qu'elle pensait correct – mais malgré qu'elle ait parfaitement recopié le dessin, il était bien plus difficile d'imiter un croquis qu'une personne en mouvement – avant de lever sa baguette, prête à recommencer. Alors quelque chose de poisseux lui toucha le menton et quand Ginny baissa les yeux, elle vit simplement beaucoup de vert.
Ginny sortit de son lit, sa baguette toujours dans la main, et traversa la pièce pour s'approcher du grand miroir qui se trouvait sur la porte de la salle de bain. Sa main libre ne faisait que toucher son nez. Elle mourrait d'envie de se gratter – c'était une sensation très inconfortable – mais elle s'empêcha de toucher le- quoi que ce truc vert puisse être.
Si Ginny n'était pas Ginny, elle se serait peut-être mise à crier. Pendouillant de sa narine, elle pouvait voir une énorme crotte de nez de la taille de son poing. Tom explosa de rire dans un coin de sa tête. Ginny avait le mauvais pressentiment que tout ça allait se terminer à l'infirmerie, que cela conduirait forcément à des questions sur ce qu'elle faisait et cela convaincrait Maman, Papa et McGonagall qu'elle avait vraiment besoin de voir quelqu'un. Et Ginny ne voulait voir personne.
« Finite Incantatem. » dit-elle.
Sa voix se retrouva un peu étouffée par son nez en partie bouché. Mais rien ne se passa. Au contraire, la crotte de nez sembla grossir encore plus. Elle secoua les mains près de son nez, tandis que la crotte de nez devenait plus lourde, rendant son nez un peu douloureux et augmentant son envie de gratter – et elle remarqua la boîte de mouchoirs sur la table de chevet de Demelza.
Ça ne peut pas faire de mal, pensa-t-elle en se détournant du miroir. La crotte de nez bougea un peu, d'abord doucement, puis plus violemment, comme s'il y avait quelque chose de vivant à l'intérieur. Tom se mit à rire à nouveau et Ginny posa comme elle pouvait sa main sur sa joue, son autre main attrapant un mouchoir. Aussitôt que le mouchoir toucha la crotte de nez, elle disparut – Ginny le savait, car elle avait couru vers le miroir pour vérifier. Par Godric, qu'est-ce que- ... ?
Elle se rassit sur son lit et attrapa maladroitement sa plume. Même si elle essayait de s'entraîner à écrire avec sa main gauche depuis la Chambre, elle trouvait ses progrès trop lents.
Crotte de nez, écrivit-elle. Au début de l'année, le Professeur Flitwick les avait averti sur l'importance d'une bonne prononciation en leur racontant l'histoire du sorcier Baruffio. Ginny se dit qu'elle s'en était bien sortie et que même si elle n'arrivait pas maîtriser son sortilège d'Insonorisation pour résoudre son problème de cauchemars, elle était certaine que ce sortilège lui servirait un jour. Peut-être la prochaine fois que Fred ou George l'ennuierait … pas que ce soit vraiment le cas, ces derniers temps. Et Bill aimait la magie étrange, alors il apprécierait sûrement, même si Ginny ignorait dans combien de temps elle pourrait le voir ou même quand il répondrait à sa lettre. Le travail de Bill avait tendance à l'accaparer parfois pendant plusieurs semaines.
Surprise, Ginny sursauta lorsque la porte de la salle de bain s'ouvrit et que Demelza en sortit, occupée à se sécher les cheveux avec sa serviette. Elle se figea en voyant Ginny, qui venait de ranger son parchemin et tenait donc simplement sa baguette entre ses doigts.
« Tu voulais aller dans la salle de bain ? » demanda Demelza avec méfiance, les yeux sur la baguette de Ginny.
Ginny pouvait voir qu'elle était mal à l'aise – peut-être même effrayée – et cela l'ennuya presque autant que cela lui donna la sensation d'être nulle.
« J'étais juste- »
Mais Ginny fut sauvée de toute explication – ou prétendue explication – par un cri, puis un bruit du chute et un éclat de rire. Demelza s'approcha rapidement de la porte et l'ouvrit. Ginny la suivit, curieuse. Elles se penchèrent toutes les deux contre la rambarde qui donnait sur la salle commune pour voir Ron en mauvaise posture en bas de l'escalier qui menait au dortoir des filles. L'escalier, qui s'était transformé en toboggan, reprit sa forme initiale sous les yeux de Ginny.
« Ce n'est pas que tu n'as pas le droit de monter, Ron- »
« Bien que ce soit aussi le cas. » ajouta George.
« -c'est que tu ne peux pas monter là-haut. » poursuivit Fred.
Demelza avait parlé de l'escalier à Ginny – avant que Demelza pense qu'elle était folle. Elle l'avait entendu des filles plus âgées et Ginny fut donc capable de comprendre ce qui venait de se passer.
« Tu savais ? » demanda Ron à Harry, tout en se remettant debout.
Près de Neville, Harry était hilare, mais il secoua la tête.
« 'T'es son frère', continua Ron en se frottant le dos et en fusillant Harry du regard. 'Ça ne dérangera personne, Ron, je suis sûr qu'il n'y a pas de problème'. »
« Je pensais, réussit à articuler Harry entre deux éclats de rire. Je pensais que c'était possible. »
Ginny ne put se retenir de rire en entendant ça et en voyant le désarroi de Ron. Harry leva la tête pour la regarder et les yeux de Ron suivirent rapidement.
« Oh génial, marmonna Ron. Donc tout le monde m'a vu ? »
« Je ne t'ai pas vu tomber, mais je t'ai entendu brailler depuis ma chambre. » dit-elle en descendant les escaliers.
« Je n'ai pas braillé ! » répliqua Ron, les oreilles rouges.
Fred et George hurlaient de rire et Harry semblait lutter pour garder un visage sérieux par égard pour Ron. Ginny haussa simplement un sourcil en regardant le plus jeune de ses frères aînés, avant de tendre la main pour lui tapoter le bras. Ron s'écarta.
« Peu importe, Ginny, dit-il avec un regard noir. La prochaine fois, on ira juste manger sans toi. Pas vrai, Harry ? »
« Bien sûr, Ron. » répondit Harry.
Il avait abandonné la lutte et souriait largement à présent.
« Hermione et Malefoy me manquent, lui lança Ron. Ils sont de meilleurs amis que toi. »
« Drago ? lui demanda Harry qui souriait toujours largement, même si Ginny pensa que quelque chose avait changé dans son expression à la mention de leurs deux autres amis. Qui se serait encore plus moqué de toi ? »
« Hermione alors. » dit Ron.
« Voyons Ron, dit Harry en imitant plutôt bien la voix autoritaire de Hermione. Si tu avais lu- »
« -l'Histoire de Poudlard, poursuivit Ron avec une voix haut perchée. Tu aurais su qu'un vieux sorcier grincheux avait ensorcelé cet escalier- »
Harry se mit à rire et Ron secoua la tête avec un grand sourire.
« Tu crois que je devrais le lire ? Comme un cadeau de dépétrification pour Hermione ? »
« Non, répondit Harry. Parce qu'après, elle voudra que moi aussi, je le lise- »
Gamin,
J'ai essayé de te contacter avec le miroir cet après-midi pour répondre à ta lettre, mais je n'ai pas réussi, alors j'ai décidé de t'écrire. Regarde-nous : écrire … J'imagine que ça dit bien à quel point on est tous très occupés ces temps-ci. C'est bizarre de ne pas t'avoir à la maison pour Pâques, mais à vrai dire, je n'y ai pas passé beaucoup de temps non plus. Je pense que tu as bien fait de rester à Poudlard pour les vacances. Comme ça au moins, tu as quelqu'un d'autre à qui parler plutôt que Kreattur. En parlant de lui, as-tu reçu les œufs que Kreattur et moi t'avons envoyé ? J'espère qu'ils sont arrivés entiers – il a fait chaud les jours passés, alors j'espère qu'ils n'ont pas fondu en chemin. J'aurais du placer un sortilège de Refroidissement sur le paquet, mais j'ai complètement oublié.
J'ai bien ri en lisant ta dernière lettre. Pauvre Ron ! J'espère que sa fierté s'est bien remise. S'il l'a toujours mauvaise, tu pourrais lui dire que James a fait encore pire. En première année, il a essayé de monter pour embêter Lily ou lui offrir une fleur ou je ne sais plus quoi – à ce moment-là, taquiner et offrir des cadeaux signifiait plus ou moins la même chose ! – et il s'est cassé le poignet en retombant. Quel abruti. Au moins, je crois que Ron ne s'est pas blessé. Et oui, tu as raison, on a des histoires sur des farces qu'on a fait dans le dortoir des filles. Et non, avant que tu demandes, on n'avait demandé à aucune fille de nous aider. Je ne te dirais pas comment on a fait, parce que tu as douze ans et que pour l'instant, il n'y a rien d'intéressant pour toi là-haut. Quand tu seras un peu plus grand … et bien, tu trouveras bien une façon d'y monter. Tout ce que je peux te dire, c'est que tu as plus de chance d'y arriver que Ron – ou n'importe lequel des garçons, d'ailleurs. Et je vais m'arrêter là. Lunard serait horrifié de savoir que je t'ai donné autant d'indices.
Croupton Senior est bel et bien arrivé à Azkaban, mais nous n'avons aucune nouvelle de Croupton Junior ou de Peter. Je pense qu'ils sont partis à l'étranger pour se planquer, mais il n'y a aucun moyen de le savoir. Ce dont on peut être sûr, c'est qu'ils essayent de retrouver Voldemort. Mais je ne peux pas vraiment dire s'ils le cherchent lui, ou s'ils cherchent plutôt le médaillon ou des informations sur le journal. Il y a beaucoup de discussions ici au Ministère sur la façon dont l'école doit être protégée – et par l'école, je veux dire toi et Ron, et les autres qui ont été impliqué dans les événements de la Chambre (parce qu'on ignore ce que Croupton savait vraiment sur la Chambre). J'ai entendu Fudge parler de Détraqueurs l'autre jour, mais j'espère que Scrimgeour pourra l'en dissuader. Il avait aussi l'air de penser que c'était une idée stupide. Je te tiendrais au courant, mais heureusement, il ne reste plus qu'un mois avant que tu rentres à la maison pour les vacances.
En attendant – et Merlin ... j'ai vraiment l'impression de me répéter – fais attention à toi et si tu vois un rat ou n'importe quoi de suspect, dis-le moi ou va voir Dumbledore. Garder un œil sur la Carte ne serait pas une mauvaise idée non plus.
A bientôt,
Patmol.
« Vous vouliez quelque chose, Potter ? » demanda Rogue sans lever les yeux de son bureau.
Harry, qui avait rangé ses affaires de potions le plus lentement possible pour avoir une chance de parler à Rogue, balança son sac sur son épaule et s'avança un peu.
« Je me demandais s'il y avait des nouvelles des Mandragores- »
« Non, répondit Rogue. Pas depuis lundi et pas plus que la semaine dernière quand vous et Weasley me l'avez demandé trois fois, ou la semaine d'avant- »
« D'accord, dit Harry en rougissant. Désolé, c'est juste- A la reprise, Dumbledore avait parlé de Pâques et- et bien, Pâques est passé, alors- »
« Vous n'êtes pas les seules personnes à vous soucier des victimes, lui dit Rogue. Je peux vous assurer que le philtre sera préparé dès que les Mandragores seront matures, mais jusque là, il n'y a rien à faire pour eux. »
« Vous pourriez- nous tenir au courant- »
« Vous serez informés, dit Rogue, agacé, en levant la tête pour la première fois. Vous avez besoin d'autre chose ? »
« Euh non, je ne pense pas- »
« Alors veuillez sortir de ma classe, dit Rogue en baissant de nouveau les yeux. Je viens de passer deux heures en votre présence, je n'ai aucune envie de passer ma pause en votre compagnie. »
« D'accord, désolé- merci pour- »
« Sortez, Potter. » dit-il avec force.
Harry s'en alla et se dirigea vers Ron, qui l'attendait dans le couloir.
« Comment ça s'est passé ? » demanda Ron.
« Je pense qu'il m'aurait jeté quelque chose dessus si j'étais resté plus longtemps, dit Harry, pensif. C'est toi qui demande la prochaine fois. »
« Ça n'a jamais l'air de déranger le Professeur Chourave, dit Ron. Mais Rogue m'aime encore moins que toi, donc c'est normal que ce soit toi qui lui parle. »
Harry ne pouvait pas le contredire, pas aujourd'hui en tout cas. Crabbe avait poussé Ron contre le placard et Ron avait renversé un pot de champignons vénéneux particulièrement onéreux. Il avait perdu vingt points, avait reçu une retenue et Harry pensait que Rogue les sanctionnerait aussi en baissant la note attribuée à leur potion.
« Donc il ne t'a donné aucun délai ? »
Harry secoua la tête.
« Il a juste dit qu'on serait 'informés'. »
