Salut ! A la fin de ce chapitre, vous aussi, vous aurez sans doute envie de noyer Lucius dans les toilettes de Mimi Geignarde. Bonne lecture quand même !


Il entendit le grondement sourd de la Chambre qui s'ouvrait et il aurait voulu se tourner pour regarder, mais il ne pouvait même pas ouvrir les yeux. Il n'arrivait toujours pas à croire ce qui s'était passé, il ne pouvait pas comprendre comment les choses avaient pu tourner aussi mal. Il regrettait d'avoir essayé d'être le plus malin, il regrettait de ne pas s'être montré plus égoïste, mais il savait qu'il avait fait ça – principalement – pour elle. Il espérait que Ginny allait s'en sortir. Il ne se pardonnerait jamais si ce n'était pas le cas.

Des mots qui n'étaient pas les siens – des mots qui n'en étaient même pas – traversèrent ses lèvres. Un sifflement menaçant.

Maintenant, ouvre les yeux. Ne détourne pas le regard du miroir.

Non, dit-il à la voix.

Fais-le.

Il ouvrit les paupières et dans le miroir, il croisa des yeux jaunes.


« J'ai faim, déclara-t-elle, recevant un regard impassible en réponse. Tu viens ? »

« Mais- Le Professeur Chourave a dit que ce soir, on devait rester- »

« Tu as peur ? » demanda-t-elle, incrédule.

« Non. »

Son odeur était pourtant nerveuse, plutôt que défiante.

« C'est juste- je n'ai pas faim. »

« Tu te ramollis, renifla-t-elle. Que dirait Père s'il entendait que tu avais peur d'un serpent ? Tu as du sang sorcier en plus- tu ne risques- »

« Père est mort. » répondit-il.

Elle le fusilla du regard.

« Et c'est juste- je ne veux pas y aller, Sarah- »

« Tu sais que je déteste ce prénom, s'écria-t-elle. Très bien, tu n'as qu'à rester là. »

Il était parfois si agaçant. Elle attendait l'été avec impatience. Alors, ils pourraient rentrer à la maison et retrouver leur famille. Il en avait vraiment besoin. Elle s'inquiétait parfois qu'il ne se mette trop à réfléchir comme un humain.

« Bon, je vais aux cuisines, annonça-t-elle dans la salle commune. Quelqu'un veut venir ? »

« Walker, je ne pense pas que- »

« J'ai demandé si tu voulais venir, Diggory. Je ne t'ai pas demandé ton avis. » répliqua-t-elle.

Diggory la regarda en fronçant les sourcils, mais il ne dit rien d'autre. Smith se mit à rire depuis le coin où il se trouvait – il était si prévisible – et il se mit debout.

« Je vais venir, si ça te va. » lança-t-il.

Elle fronça le nez. Smith était une plaie, mais elle avait proposé.

« Bien, dit-elle. C'est parti alors. »

Ils étaient à mi-route quand une voix les arrêta.

« Que faites-vous là tous les deux ? »

Il s'agissait du Moine Gras qui se tordait les mains – elle n'avait jamais rencontré de fantôme plus agaçant, toujours à vouloir savoir comment se passait sa journée, si la maison lui manquait.

« Le Professeur Chourave ne vous a pas dit- Vous ne devriez pas être ici. »

« On avait faim. » répondit Smith.

Bêtement, elle pensa que le Moine Gras compatirait en entendant ça. Si elle pouvait se baser sur son tour de taille, il aimait manger quand il était encore en vie.

« Les cuisines sont toutes proches- »

« Quand même ... »

Le Moine laissa échapper un petit gloussement nerveux et alors, derrière lui, les oreilles sensibles de Sarah entendirent un autre son, fait par quelqu'un d'autre.

« C'était quoi ça ? » demanda-t-elle.

Smith lui adressa un regard impassible.

« Derrière lui. » dit-elle avec impatience en levant le doigt vers le Moine.

Ce dernier se retourna, lui bloquant la vue – et celle de Smith qui soupira, visiblement agacé – mais avant qu'elle ne puisse étirer le cou pour mieux voir qu'à travers le corps translucide du Moine Gras, une longue langue apparut au bout du couloir, suivie par des yeux énormes.


Il soupira en regardant la médaille brillante et le nom inscrit sur la plaque. Il était en première année pendant la dernière année de Tom Jedusor, il avait entendu parler des horreurs de la Chambre (qui avait été refermé avant que lui ne commence l'école) et de l'héroïsme de Jedusor, qui avait capturé le pauvre Hagrid. Il avait entendu dire que Jedusor était charmant et talentueux et c'était ses résultats en cours de Sortilèges qu'il avait utilisé comme point de référence (et qu'il avait battu d'un seul point lors de sa propre septième année).

Et aujourd'hui, voilà où ils en étaient de nouveau. Il soupira en espérant que tout serait vite fini. Il n'entendit même pas le monstre se glisser derrière lui, mais il le vit se refléter dans la médaille de Jedusor.


Elle entendit quelque chose bouger et elle se figea. Était-ce son imagination – parce que ce soir, elle avait lu une sacrée quantité de choses sur les serpents magiques – ou est-ce que ça ressemblait à des écailles? Elle écouta et le son recommença à se faire entendre. Quelque chose glissa sur le tapis, puis quelque chose gratta contre une étagère. Elle pria que ce soit son imagination – il était presque trois heures du matin et elle n'avait pas encore dormi, donc il était tout à fait possible que la fatigue lui fasse entendre des choses.

Le cœur bloqué dans la gorge, elle jeta un œil sur la Carte, mais il n'y avait rien, juste son nom à elle dans une bibliothèque désertée. Pourtant, elle pouvait l'entendre et il était plus proche cette fois. Elle sentit des larmes lui monter aux yeux et tendit la main vers la cape. Peut-être que s'il ne la voyait pas, il ne pourrait pas la trouver … Mais elle en avait assez lu ce soir pour savoir qu'il pourrait entendre son cœur battre ou qu'il pourrait la sentir. Et si elle était sous la cape, personne ne la trouverait, personne ne trouverait ce qu'elle avait découvert. Elle déchira la page qu'elle était en train de lire et la rangea dans son sac.

« M- méfait a- accompli. » murmura-t-elle.

Puis avec des mains tremblantes, elle fourra ses livres, sa baguette, la Carte et la cape dans son sac, le balança sur son épaule et se leva. Il était proche maintenant. Elle pouvait entendre de légers sifflements et peut-être le claquement d'une langue énorme. Mais elle ne pouvait pas entendre de bruits de pas et cela la réconforta. Harry la tuerait – une deuxième fois – si Jedusor mettait la main sur la Carte et la cape. Ravalant un sanglot, elle se mit à courir, s'éloignant de la table. Elle savait qu'elle ne pourrait jamais le distancer. Elle ne courrait pas très vite et elle portait un sac plein de livres. Elle ne pouvait pas se battre contre lui ou il la mangerait sûrement et si elle fermait les yeux et refusait de le regarder, il ferait sans doute de même.

Respire, se dit-elle. Respire, ça va aller. Elle renifla et continua de courir. Elle savait qu'il pouvait l'entendre, les bruits de ses mouvements devenaient de plus en plus forts. Finalement, elle s'arrêta en face d'une fenêtre. A travers la vitre, elle pouvait voir le lac, noir et calme, illuminé par un rayon de lune, et l'éclat doré de la fenêtre de la cuisine de Hagrid.

Elle prit une longue inspiration tremblante et regarda la vitre, plutôt que ce qu'il y avait derrière. Elle pouvait voir du mouvement derrière son reflet apeuré.

Bonne chance, se dit-elle en pensant à ses amis et en se demandant si ce qui allait suivre allait être douloureux.


Elle bailla et sortit du lit, se faufilant doucement hors des couvertures pour ne pas réveiller sa jumelle. Mais sa sœur avait toujours eu le sommeil léger et elle bougea un peu.

« Tuvasoù ? » marmonna-t-elle en ouvrant à peine les yeux.

« Je retourne dans ma salle commune. » murmura-t-elle.

Hier soir, Flitwick lui avait dit de rester où elle se trouvait et elle en avait été soulagée. Dans des temps comme celui-ci, elle préférait la compagnie de sa jumelle à celle de sa sœur à Serpentard … Même si cela voulait dire qu'elles devraient partager un lit et qu'elle devrait supporter les ronflements de sa sœur et le fait qu'elle s'accapare les couvertures.

« Il est presque six heures et j'aimerais récupérer mes affaires avant le petit-déjeuner. »

« C'pasrisqué ? »

« C'est le matin, il n'y a plus de risque, dit-elle avec une voix rassurante. On se voit en Défense. »

Elle reçut un murmure ensommeillé pour toute réponse et sourit en se glissant hors du dortoir. La statue de Rowena l'observa traverser la salle commune vide de son air sévère et sage. Elle avait tout juste atteint le premier étage et passait près des toilettes de Mimi Geignarde quand elle entendit un drôle de sifflement.

« Bonjour ? » dit-elle.

Quand elle ne reçut aucune réponse, elle décida qu'il devait s'agir d'un bruit de plomberie dans les toilettes. Elle balaya les alentours du regard, haussa les épaules et continua de marcher. Ensuite, elle vit une armure bouger près d'elle. Elle fronça les sourcils et leva sa baguette en s'avançant un peu. Elle remarqua rapidement que ce n'était pas l'armure qui bougeait, c'était quelque chose qui se trouvait dans l'armure, la colorant d'ombres vertes foncées. Un reflet, peut-être.

Puis elle vit du jaune.


« J'y serais allée plus tôt, dit Granger en se levant du lit de Harry. Mais Harry avait disparu et je voulais savoir ... »

« Et bien, tout va bien pour moi, dit Harry d'une voix lasse. Et si tu y vas, j'y vais aussi. Je veux savoir comment l'empêcher d'entrer dans ma tête. »

« Non. » dirent ensemble Drago, Weasley et Granger, mais Granger fut la seule à poursuivre.

« Tu restes là, Harry. McGonagall te donnera des retenues jusqu'à ce que tu passes tes A.S.P.I.C. si jamais elle t'attrape à te promener dans l'école après la soirée que tu as passé. »

« Mais avec la cape et la Carte- »

Drago aurait pu se laisser convaincre, mais Granger fronça le nez.

« Je ne compte pas me coller à toi sous la cape, alors que tu sens comme ça. »

Drago ricana, amusé, tandis que Potter reniflait sa robe de Quidditch en affichant une expression déconfite.

« Je vais aller me doucher- »

« Vraiment, Harry, tout ira bien, dit-elle. Je vais trouver un livre sur la magie de l'esprit et lire un peu plus sur les serpents- »

Elle, Drago et Weasley avaient pas mal lu dans l'après-midi et avaient trouvé des hypothèses intéressantes sur ce que pouvait être le monstre de Serpentard, mais ils n'avaient pas encore assez d'informations pour le prouver.

« -parce que maintenant qu'on sait qui est responsable, il faut qu'on trouve de quel monstre il s'agit et comment il se déplace. Ensuite, on pourra essayer de trouver où est la Chambre et tirer tout ça au clair- »

« Et la bague, ajouta Potter. La bague des Gaunt. »

« Oui, répondit impatiemment Hermione. Je ferais des recherches sur ça aussi. »

Elle souleva le sac de Drago et le vida.

« Ça ne t'ennuie pas ? Je crois que je vais avoir beaucoup de choses à porter. »

« Je ne suis pas contre une promenade, dit Weasley. Et je pourrais aider pour porter le sac. »

Potter eut l'air soulagé.

« Ne sois pas bête, Ron, dit-elle. Harry a besoin de compagnie- »

« Et moi, je compte pas ? » demanda Drago.

Mais il était d'accord sur le fait que Potter avait besoin de compagnie. Il avait l'air de garder son sang-froid, mais Drago pouvait voir qu'il avait été secoué (et Drago pensait qu'il avait de quoi). Il n'aurait lui-même pas trop aimé avoir quelqu'un dans la tête.

« Prends Weasley avec toi, Granger, s'il te plaît. C'est plus sûr- »

« Si ce que Quirrell a dit à Harry est vrai, Jedusor doit être épuisé, déclara Granger. Et maintenant que les professeurs et les élèves savent que c'est lui, il va faire profil bas. Et on nous a tous dit de rester dans nos salles communes, donc il ne s'attendra à voir personne ce soir et même si c'était le cas, il serait idiot de risquer une attaque maintenant, sachant que tout le monde est sur les dents. »

« Elle a raison, dit Potter à contrecœur. Hermione, tu es sûre- »

« Certaine. »

Elle ajusta le sac de Drago sur son épaule et avec un sourire, elle prit la cape et la Carte des mains de Potter. Elle adressa un regard à Drago et Weasley qui voulait dire prenez-soin-de-Potter et elle se dirigea vers la porte.

« A demain, au petit-déjeuner. »

Elle avait menti.

Drago et les autres n'avaient même pas eu le temps de descendre au petit-déjeuner. A la première heure, une McGonagall bien pâle les attendait – ainsi que Weasley Un et Deux – dans la salle commune.

« Venez avec moi, vous tous. » avait-elle dit simplement.

Mais Drago avait su. Et Weasley et les jumeaux paniquaient aussi. Comme Drago, ils avaient remarqué que Weasleytte avait disparu, ainsi que le Préfet Weasley.

« Ils ne sont pas- » avait haleté Drago, mais McGonagall avait secoué la tête.

« Pétrifiés, M. Malefoy, avait-elle dit avec émotion. Heureusement. Miss Weasley nous rejoindra là-bas. »

Weasley avait soupiré et Weasley Un avait glissé un bras autour de ses épaules. Weasley Deux semblait plus sérieux que Drago ne l'avait jamais vu. Potter ne semblait même pas avoir entendu. Son visage était blanc et impassible et il n'avait pas prononcé le moindre mot toute la matinée.

A l'infirmerie, Weasley avait lancé au lit de Granger un regard misérable et avait couru pour enlacer sa sœur, avant de rejoindre ses frères au chevet du Préfet Weasley. Potter s'était directement dirigé près du lit de Granger et Drago l'avait suivi, les jambes un peu coupées. Cinq autres lits étaient occupés – Drago reconnut Astoria, Flitwick, Smith, le fantôme de Poufsouffle, ainsi qu'une fille de Poufsouffle dont il ne connaissait pas le nom. Tous semblaient choqués ou confus, et incroyablement immobiles. C'était perturbant.

« Il semble que Jedusor a été très occupé cette nuit. » dit McGonagall d'une voix tremblante.

Drago déplaça son sac – celui que Granger avait emprunté la nuit passée – de la chaise près de celle de Potter et s'y laissa tomber. Il ne se sentait pas prêt à se lancer dans les recherches et ne put rien faire d'autre que fixer son visage figé. Drago avait l'impression qu'elle ne semblait pas surprise du tout. Ses lèvres étaient fermement serrées l'une contre l'autre et ses yeux paraissaient terrifiés. Drago détourna les yeux.

« Pourquoi ? souffla Potter. Je veux dire- Les Greengrass sont des sang-purs, tout comme Percy et Smith- »

« Je me demandais si vous aviez une hypothèse, répondit McGonagall avec une voix tremblante, avant de déglutir. Le Directeur devrait arriver bientôt. Il devait rencontrer le Conseil d'Administration ce matin, après- »

« Où? demanda Potter. Où ont-ils tous été- »

« Miss Granger se trouvait dans la bibliothèque – c'est son sac juste là – Miss Greengrass était dans le couloir du premier étage … et – aussi affreux que ça puisse paraître – c'est une chance, car nous n'aurions jamais trouvé M. Weasley sinon. Il se trouvait dans les toilettes. »

Drago vit Potter froncer les sourcils, mais il ne dit rien et McGonagall ne sembla pas le remarquer.

« Miss Walker, M. Smith et le Moine Gras ont tous été retrouvé près des cuisines et Filius se trouvait dans la salle des trophées. »

Elle sortit son mouchoir en tartan de sa poche pour tapoter ses yeux.

« Par chance, aucune de ces attaques n'ont été fatales, mais je me demande quel but- »

Les portes de l'infirmerie s'ouvrirent et Rogue entra, suivi de Daphné qui s'approcha du lit de sa sœur, l'air plus confuse qu'autre chose, et d'une Vivienne en pleurs. Chourave fut la dernière à arriver avec un troisième année dégingandé à l'air fatigué que Drago avait déjà vu, mais ne pouvait pas nommer.

Il déglutit et reposa les yeux sur Granger.


« -lettres écrites aux familles des victimes, bien sûr, mais en plus de cela- »

« La Gazette voudra une déclaration, j'en suis certain, dit Lucius en lissant sa robe, tandis que lui et Dumbledore approchaient de l'infirmerie. Et aussi admirable que soit le fait de vouloir garder cette affaire discrète, je ne pense pas que votre avis sur la question compte beaucoup.»

Dumbledore resta silencieux.

« A la lumière des derniers événements, je pense aussi qu'il vaudrait mieux que vous soyez écarté de l'école. Clairement, votre capacité à protéger les élèves a été grandement surestimé. »

A nouveau, Dumbledore garda le silence. Lucius ne l'avait jamais vu si fatigué, ou si … brisé. Il en était ravi.

« Oh et Hagrid aussi- »

« Pas Hagrid, dit sèchement Dumbledore. J'ai fourni au Conseil des preuves suffisantes- »

« Les preuves de Potter. Aucune n'est vraiment tangible, répondit Lucius avec nonchalance. Hagrid était coupable la dernière fois. L'écarter aujourd'hui ne fera pas de mal. »

Il se mit à sourire. La désapprobation de Dumbledore se lisait sur son visage âgé, mais il semblait n'avoir rien à répliquer à cela. Ou peut-être qu'il savait que Lucius ne changerait pas d'avis.

« Vous devriez fermer l'école, dit Dumbledore. Percy Weasley a été attaqué et c'est un sang-pur- »

Lucius n'avait sans doute pas assez bien caché son mépris, car Dumbledore fronça les sourcils et poursuivit.

« -tout comme Astoria Greengrass et Zacharias Smith. Les motivations de Tom ont changé. »

D'après Lucius, il était intéressant que Dumbledore fasse référence à l'œuvre du journal comme s'il s'agissait véritablement de l'œuvre du Seigneur des Ténèbres … Le journal n'était pas doué d'intelligence, par Merlin, c'était juste un enchevêtrement de sorts ou du moins, c'était ce que le Seigneur des Ténèbres lui avait expliqué quand il avait donné le journal à Lucius. Il expliqua cela comme une énième excentricité de Dumbledore.

« Personne n'est en sécurité. »

Lucius laissa échapper un soupir qui indiquait ses doutes. Il ne comprenait pas pourquoi la fille Greengrass avait été attaqué, mais Smith était un nom de Poufsouffle et les Weasley valaient autant que des sang-de-bourbes … Et l'un d'eux avait aussi été attaqué. L'autre fille de Poufsouffle était tout à fait ordinaire, tout comme Flitwick et bien qu'aux yeux de Lucius, ils n'étaient pas des cibles, il n'y avait rien qui pouvait justifier qu'ils soient particulièrement protégés non plus.

« Poudlard restera ouvert tant que des élèves voudront y étudier. » dit Lucius.

D'après lui, cela ne ferait pas de mal à Poudlard de recevoir une certaine pression au niveau de la sélection des élèves et si les sang-de-bourbes et les traîtres à leur sang n'étaient pas assez malins pour partir d'eux-mêmes, alors ils méritaient ce leur arrivait. Dumbledore secoua la tête, sa colère bien visible derrière ses lunettes en demi-lune, mais il resta silencieux. Lucius montra les portes de l'infirmerie.

« Pouvons-nous entrer ? »

« Après vous. » répondit sèchement Dumbledore.

Les sept lits les plus éloignés de l'entrée de l'infirmerie étaient tous occupés par les victimes de l'héritier et Mme Pomfresh se trouvait de l'autre côté de la pièce, assistant un garçon qui toussait. Tout autour de l'infirmerie se trouvaient d'autres élèves, réunis autour des lits de leurs amis. Lucius se demandait ce qu'ils comptaient accomplir en restant là. Il repéra les chevelures rousses des Weasley, tous réunis autour de leur frère pétrifié. La plus jeune – la fille – avait l'air secoué et Lucius se demanda si elle avait conscience de ce que son journal intime avait lâché dans l'école, avant d'écarter cette pensée. Si elle était au courant, elle aurait amené le journal au Directeur, il l'aurait brûlé et Lucius ne serait pas ici, en visite.

Les yeux de Lucius passèrent sur d'autres chevelures aux couleurs affreusement vives, sur les cheveux noirs de Potter pour finalement se poser sur une chevelure platine familière.

« Drago. » dit-il, surpris.

Drago ne l'entendit pas et ne sembla pas avoir remarqué Lucius. Ses yeux étaient fixés sur la fille dans le lit près de lui. C'était Granger, la sang-de-bourbe aux cheveux broussailleux.

« Si vous voulez bien m'excuser, dit-il à Dumbledore. J'aimerais parler à mon fils. »

« Bien sûr, répondit Dumbledore. Je pense qu'un peu de réconfort ne fera pas de mal au jeune Drago. »

Lucius leva les yeux au ciel et s'avança rapidement vers son fils. Drago leva la tête et ne sembla pas le reconnaître pendant un moment.

« Père. » dit-il, stupéfait.

Lucius trouva que le trémolos de sa voix était inconvenant. Potter les observa, méfiant, et Lucius l'ignora.

« Viens avec moi. » dit-il à son fils.

Drago adressa un long regard à Granger, avant de tourner les yeux vers Potter.

« Je reviens dans une minute. » murmura-t-il, et Potter hocha la tête.

Lucius se dirigea vers la sortie de l'infirmerie – remarquant au passage que Dumbledore s'était approché de Potter – et Drago se traîna derrière lui, silencieux.

« Tu es là pour le Conseil d'Administration ? » demanda Drago, une fois qu'ils se soient arrêtés dans un coin, dans le couloir.

« En effet. »

« Quelles sont les conclusions ? » demanda Drago.

« Dumbledore sera suspendu d'ici à l'heure du dîner, dit Lucius avec un léger sourire. Il essaye de me convaincre de fermer l'école, mais c'est idiot- »

« Vous gardez l'école ouverte ? s'écria Drago, horrifié. Père, vous ne pouvez pas faire ça ! »

« Je te remercie de ne pas me dire ce que je peux et ce que je peux pas faire, Drago. » répliqua sèchement Lucius.

Le regard qu'il adressa à Drago aurait calmé Hydrus et l'aurait même conduit à murmurer une excuse, mais Drago semblait atterré. Il leva la main en direction des portes de l'infirmerie.

« Bien sûr, tu peux laisser l'école ouverte, dit Drago sur un ton glacé qui lui rappela Narcissa. Mais tu serais stupide de le faire. »

Furieux désormais, Lucius ouvrit la bouche, mais Drago poursuivit.

« Es-tu aveugle, Père ?! Cinq personnes et un fantôme ont été attaqué la nuit dernière- »

« C'est regrettable, c'est certain, répliqua Lucius. Mais ça ne justifie pas de fermer Poudlard. C'est l'œuvre de Serpentard- »

« L'œuvre de Serpentard ? répéta froidement Drago. D'après ce que tu as toujours dit, Serpentard se souciait de la pureté du sang, sauf que Granger était la seule née-moldue. Tous les autres sont des sang-purs ou des sang-mêlés. L'héritier est un fou, Père, il attaque des gens parce qu'il le peut, pas parce qu'il veut accomplir l'œuvre de Serpentard- »

Lucius aurait souhaité que son fils soit un peu plus âgé ou un peu plus raisonnable. Alors, Lucius aurait pu lui expliquer que c'était l'œuvre du Seigneur des Ténèbres et qu'ils n'avaient aucun droit de remettre cela en question. Lucius n'approuvait pas tout ce qu'avait fait le Seigneur des Ténèbres pendant la guerre, mais il était persuadé que cela contribuait à leur cause. Il n'y trouvait donc rien à redire. C'était la même chose aujourd'hui.

« Si l'héritier les a choisi, c'est qu'il avait ses raisons, dit Lucius avec une voix mielleuse. J'en suis certain. »

Étonnamment, en entendant ses mots, Drago se figea.

« Ses raisons, répéta Drago avec une voix lasse. D'accord. Quelles raisons, Père ? »

Il croisa les bras.

« Je te demande pardon ? »

« Tu es assez impliqué dans cette affaire pour en connaître quelques-unes, je suppose. »

La voix qu'il employait était presque désinvolte, mais ses yeux étaient sévères et fixaient Lucius sans ciller.

« Je te demande pardon ? » demanda encore Lucius, incrédule.

L'expression furieuse et sinistre de Drago ne changea pas du tout et son attitude fermée non plus.

« Tu m'as entendu. C'est scandaleux, Père, s'écria Drago, la lèvre retroussée. Un membre du Conseil, impliqué avec l'héritier et les attaques menées sur des élèves, refusant de fermer- »

Lucius commença par se demander ce que Drago savait sur le journal, ou ce qu'il avait deviné, et comment. Lucius se dit ensuite que Drago devrait savoir qu'il valait mieux s'abstenir de lancer des accusations aussi graves à deux pas de la porte de l'infirmerie, dans laquelle se trouvait le Directeur et plusieurs membres de l'équipe professorale. Finalement, Lucius arriva à la conclusion que, peu importe ce que Drago pensait savoir, il n'avait aucun droit de s'adresser à lui d'une manière aussi insolente.

« Ta mère et moi-même avons toléré beaucoup de choses depuis ta Répartition, répondit Lucius à voix basse. Y compris toutes sortes d'histoires atroces que Hydrus nous a raconté sur tes aventures avec tes petits amis de Gryffondor. Il m'a dit à quel point tu étais impoli envers les enfants sang-purs- »

« Tu te fiches clairement de leur sort ou tu fermerais l'école après l'attaque sur Astoria. » dit froidement Drago.

« Ne m'interromps pas, Drago, siffla Lucius. Nous avons supporté des moqueries, des questions de nos amis sur la façon dont tu as fini dans ta Maison et puis, il y a le fait que tu te retrouves mêlé aux histoires folles et soi-disant héroïques de Potter- »

Lucius prit une longue inspiration pour se calmer. Il faisait toujours de son mieux pour ne pas montrer son énervement à ses enfants et il n'avait aucune intention de commencer maintenant.

« Si tu veux vraiment parler de déshonneur, Drago, peut-être devrions-nous parler de l'air misérable que tu affichais quand je t'ai trouvé au chevet de Granger ? C'est une sang-de-bourbe, elle n'est rien. »

Drago était pâle, mais son expression n'avait pas changé du tout.

« Ou des accusations que tu me lances au milieu de l'école ? »

Lucius prit une autre inspiration et se grandit un peu … Même s'il le surplombait moins qu'avant. Drago avait grandi cette année, semblait-il.

« Je suis en représentation pour le Conseil et je n'ai pas le temps de gérer ton insolence, mais ton comportement est inacceptable et sera sanctionné, je peux te l'assurer. »

Lucius abandonna son fils là et s'éloigna pour rejoindre Dumbledore. Il n'avait plus qu'une envie désormais: quitter Poudlard et rentrer au Manoir.