Fin de chapitre compliquée à écrire... Yana a eu raison de ma patience.


Chapitre 450 : Disillusion

Pieds déchaussés sur la table basse, il lit une revue de chasse.

Il se fait tard.

Il referme le magazine et éteint la lampe.

Sa vue est telle qu'elle lui permet de parfaitement se diriger dans l'obscurité.

Il entrouvre la porte de la chambre et m'y trouve assoupie.

Il s'installe au bord du lit, paume remontant lentement le long de ma cuisse. "Beauté." en français.

"Hmm ?..." émergeant lentement, n'étant partie que dans mon premier sommeil.

"Ce n'est que moi, Princesse." sans cesser ses caresse, appréciant ce qui défile sous sa paume.

"Rook..." remontant une main le long de son bras.

"Jamais je ne renoncerai, Princesse." attrapant ma main pour en baiser le dos puis l'intérieur, descendant jusqu'à la naissance du poignet. "Jamais."

C'est au tour des mes doigts d'être honorés tour à tour, dans la cavité suave.

Il les suçote presque d'une obscène façon - explicite en tout cas. Son envie de moi ne fait plus aucun doute maintenant.

"Attends..."

"Dix ans... c'est presque une éternité, Princesse." retirant son haut, venant se nicher entre mes jambes, regroupant les pouces contre mon entrejambe, attentionné.

"Haaaah..." électrisée. "Il te reste... tant de siècles à tuer... Rook..."

Il me cale contre son entrejambe éveillée.

"Existe-t-il un moyen... d'y mettre fin ?..."

"Rook... tu parles... d'un suicide ?..." ébahie.

"Quand j'en aurai assez... je veux me retirer dans ma cabane... et y mourir."

"Rook, tes paroles sont... haaaaaah..."

Il vient d'abaisser son pantalon et caresse son sexe renflé contre ma fente, appliqué.

"J'ignore pourquoi je te parle de... mmm... haaaaah ouiiiiii... ça... Princesse..." sur un petit rire troublé.

"Oooooh Rooooook... qu'est-ce que... tu fais bien l'amour..."

"Nous n'y sommes pas enc... haaaaaaah..." alors que mes mouvements de hanches me pressent davantage contre sa verge durcie qui réclame qu'on la libère du tissu, menton se levant, visage tourné vers le plafond.

Il finit par plonger sur moi, bas de nos corps bataillant pour être libérés de nos entraves.

Enfin nos sexes entrent en contact et il s'en délecte. "Mmm... Princesse... déjà si... exquise..." presque au regret de ne pas devoir batailler davantage pour obtenir cette faveur humide.

Il part m'explorer d'un doigt puis deux, allant et venant, appelant d'autant plus de moiteur.

Je l'appelle, folle de lui.

"Oui ?" en français, joueur.

"Viens... Rook !..." l'appelant de tous mes bras.

Les mouvements de ses doigts agiles s'accompagnent de sons organiques délectables.

Nos soupirs et geignements s'offrent la réplique.

Il quitte enfin son boxer pour venir se placer entre mes jambes, s'attrapant par la base pour s'inviter dans le creux aux chairs gorgées.

"Haaaaaaah !... Rook !..."

"Princ..."

Il pousse en avant, se retrouvant avalé jusqu'à la garde.

Hissé sur les bras, il initie les mouvements, les laissant à son appréciation du moment.

Il bascule un instant sur ses jambes repliées pour me laisser diriger avant de s'octroyer à nouveau le contrôle, nous menant droit à un orgasme extrêmement fulgurant et diffus.


"Tu... n'y pensais pas sérieusement... au suicide... n'est-ce pas, Rook ?"

Il tarde à me répondre, pesant la gravité de ce qu'il dira. "Lorsque le moment sera venu... j'entends être en droit de disposer de ma vie comme je le souhaiterai."

Je me redresse. "C'est... me faire insulte, Rook."

"Princesse, Princesse, ne t'emballe pas. C'était simplement... une idée. Le mood du moment."

"Serais-tu en train de réaliser... tout ce qu'implique la situation ?..."

"J'en prends la mesure." caressant mon flanc sans rompre la proximité.

"Rook, je ne voudrai pas... que l'on s'éloigne." glissant mes doigts entre les siens.

"Cela n'arrivera pas, Princesse." souriant, caressant ma tempe et ma joue d'un revers doux.

"Sûr ?..."

"Oui. Sûr." réconfortant.


Mon regard bascule sur son profil. Qui est cet homme à ma table ?...

J'ai la désagréable impression que nous sommes en train de nous perdre, Rook et moi. Que l'histoire avait commencé dans un rugissement de feu et qu'il n'en reste à présent que quelques braises tout juste tièdes. Il me semble que nous sommes à l'arrêt.

Je savoure mon café pour m'éviter de parler de ces doutes qui m'assaillent.

Mais ma léthargie ne dure qu'un temps et je passe immédiatement à l'offensive. "Tout ce tapage parce que j'ai sollicité quelques détails croustillants auprès de Leona..."

Il me fixe. Ses doigts tremblent sur l'anse de la tasse.

"C'est ma façon, maladroite certes, de te signifier mon intérêt pour toi."

Allez, courage, Lévi, continue de monologuer...

Il prend enfin la parole. "Je ne comprends pas ce vif intérêt pour mes anciennes conquêtes. Quelle crainte cache-t-elle ? Que je serai susceptible de ne pas te considérer ni te traiter avec tout autant d'égards ?"

Je renifle. "Que je ne suis pas... suffisamment bien pour toi..."

"Et donc, j'aurai bataillé dix ans pour quelque chose qui n'en aurait pas valu la peine ? Tu divagues, Princesse !..."

"J'ai peur, Rook..."

Il me fixe, yeux agrandis. "Princesse, je... ne te reconnais plus..."

"J'ai l'impression que nous sommes en train de nous perdre... pour une raison que j'ignore totalement..."

Des larmes me montent aux yeux. "Je ne le supporterai pas, Rook."

Mes larmes le touchent. Au cœur. Tout au fond. Elles le remuent comme bien peu de choses sont susceptibles de le faire.

"Tu pleures pour moi, Princesse ?... Cela, c'est bien la première fois que ça arrive..." dépliant un kleenex en s'approchant pour essuyer mes larmes.

"Je ne veux pas que... tu penses que c'est pour... t'amadouer..."

"Je ne pense pas cela, Princesse. Je pense juste... qu'elles sont sincères et soulignent que je me suis conduit comme un parfait abruti." chagriné.

Il quitte sa chaise pour s'accroupir devant moi. "Pardon, Princesse. Je n'ai pas... mesuré que mon comportement t'a profondément heurté le cœur."

"Rook... dis-moi que ce n'est pas perdu... j'ai besoin de l'entendre." attrapant son poignet, le saisissant par les bras, au final.

Il abaisse les paupières, silencieux un moment.

"Partons, Princesse. Wonderland nous étouffe l'un l'autre. Partons loin de Vil. Loin de Pomefiore et Savanaclaw."


"Rook, tu... t'en vas ?" ébahi.

"Oui, ma reine." lui faisant face.

"Je... ne te le permets pas, Rook !..." levant la main pour le gifler. "Nous venons de nous retrouver et toi, tu veux partir ?"

Rook se saisit du poignet de Vil. "Vous rappelez-vous ce que je vous ai dit à notre propos, ma reine ?! C'est moi qui dicte les règles du jeu, à présent, et que je visiterai votre lit lorsque cela me chantera !... Vous en rappelez-vous ?!"

"Rook..." effrayé par cette nouvelle facette dominatrice de son chasseur.

"Vous aurez quelques semaines pour méditer sur la question." libérant violemment le poignet de Vil. "Je ne redeviendrai pas celui que j'ai été pour vous plaire, ma reine."


Il a suggéré d'occuper l'une des villas de sa famille située à l'extérieur de Wonderland.

La suggestion m'a beaucoup touchée.

J'espère secrètement découvrir quelques photographies de famille mais je suis assez déçue, à l'arrivée, de constater que cette villa - splendide au demeurant !... située en contrebas d'un contrefort rocheux et d'une immense forêt - ne possède aucun bibelot personnel, aucune photographie. Suffisamment impersonnelles pour être... une location Airbnb !...

Piscine à l'extérieur, vaste jardin - avec champ de tir à l'arrière. Les Høyer savent vivre - au même titre que les Von Kreutzberg, me direz-vous !...

Cela m'étonne vraiment que Rook ne soit pas davantage embourgeoisé, d'ailleurs !...

J'espère qu'il s'ouvrira un peu à moi durant ce séjour sur ses terres.


Jamais sans nos montures !... Nous avons évidemment emmené nos précieux canassons avec nous !...

Na'ir est frémissant de découvrir les alentours.

"La fougue de la jeunesse !..." rit Rook.


Le soir, nous nous retrouvons autour d'un repas préparé à la va-vite avec quelques produits locaux.

"Quel enfant étais-tu, Rook ?... Si... je puis poser la question."

"Du genre débrouillard." souriant. "J'avais énormément de mal à m'exprimer, à mettre des mots sur mes idées et mes émotions. Le théâtre m'a beaucoup aidé. Une sorte de... thérapie."

"Et aujourd'hui, quelle aisance !..." sincère.

"Ça n'a pas été facile." jouant avec le rond de serviette. "Aujourd'hui, je suis devenu un véritable moulin à paroles qu'on peine parfois à freiner !..." rit, détendu.


Rook demeure également excellent archer à cheval !... Ses nombreuses chasses à succès en attestent.

Nous nous entraînons régulièrement à l'arrière de la villa, nous jugeant et nous encourageant mutuellement.

Rook est extrêmement stimulant ! Il ne ménagera ni ses remarques ni ses éloges !...

Il apprécie voir les gens évoluer, progresser.

Notre petit séjour nous a été fortement profitable à tous les points de vue !...

Je regrette simplement qu'aucun membre de sa famille n'ait débarqué lorsque nous y étions - on ne se refait plus ! XD


"Roi du mouchoir, quelle surprise !..." se fend Rook.

Rollo fait violemment volte-face. "Comm..."

"Tu aimerais beaucoup le savoir, n'est-ce pas ?..." sur un clin d'oeil joueur.

"Je vois." regard plissé. "La magie... toujours la magie." serrant le poing. "Vous autres, habitants de Wonderland, en êtes ivres ! Elle vous possède !"

"Mon sort demeure l'un des plus faibles de Wonderland pourtant... il m'est précieux pour localiser et traquer mes proies."

"J'exige que tu retires immédiatement ce sort de ma personne, Chasseur !" le menaçant de son sceptre imposant.

"Malleus sera ravi de te revoir, Rollo Flamme. A moins que... ce ne soit pas pour lui que tu aies fait le déplacement ?..."

"Silence !"

"Hmm. C'est donc pour elle que tu as fait tout ce chemin ?..."

"Garde ta bouche de proférer des inepties que je te ferai regretter !"

"J'en ai côtoyé des hommes de toute nature, Flamme. Mais j'ai rarement rencontré une telle capacité à se voiler la face."

Mouchoir, bonjour !...

"Oh !... Aurais-je touché un point sensible ?..."

"Je ne vais pas aller plus avant dans ce débat stérile avec toi, Chasseur."

"Ainsi, Rachel semble t'avoir laissé un souvenir pour le moins... vivace, si je puis dire ? Il est vrai qu'elle fait partie des femmes remarquables que nous ne saurions oublier, n'est-ce pas, Flamme ?"

"Humpf. Je n'en ai que faire."

"Oh la la !..." en français, rit, agitant la main. "Un mensonge après l'autre."

"Comptes-tu te dresser sur ma route ?..." humeur belliqueuse lui revenant.

Rook penche le haut de son corps en avant, lui ouvrant le chemin. "Non, non." en pur français dans le texte. "Et quand bien même je chercherai à te nuire, tu ne verrais sans doute pas arriver ma flèche." sur une menace à peine déguisée.


"On peut se voir ? Je serai bref."

Conversation pour le moins laconique avec Satoru.

Me voici en route. Nous nous rencontrons dans un salon de thé.

"Écoute. Des forces à l'œuvre depuis hier."

"Des forces, uh ? Evoques-tu des fléaux ?..."

"Des forces malveillantes. Je te demanderai donc de te tenir sur tes gardes."

Pensiez-vous qu'il parlait de Rollo ?... Non. Bien pire que cela.


Nous nous baladons dans un quartier sympathique de Wonderland lorsque soudain un violent spasme me traverse, tel un coup de poignard en plein ventre ! Je me voûte en avant et rends le contenu de mon estomac, à la vue des passants.

"Hey !..." s'affole Rook, venant en soutien. "Que t'arrive-t-il ? Tu n'as pas digéré un plat ?"

Mon estomac vidé, la douleur ne cède pas. J'en suis K.O., vacillant sur ce trottoir.

Ma rétine est assaillie de flashes déplaisants.

"Rook..." attachant ma main à son t-shirt sombre. "Je... dois aller à... non, non, non..." en panique, vision se précisant.

"Princesse ! Calme-toi !... Viens, prends place sur un banc..."

"Je n'ai... pas le temps, Rook ! Je dois aller... à la boutique du Lys... Undy... je... la force dont parlait Satoru... n'est autre que... Je dois y aller, Rook !"

Mon charabia lui est évidemment incompréhensible. Il pense à une insolation.

"Je dois aller... là-bas..."

"Princesse, tu n'iras nulle part, tu ne tiens pas sur tes jambes !..." m'invitant une nouvelle fois à m'asseoir pour prendre du repos.

"JE DOIS Y ALLER, ROOK !" le poussant de ma force de tueuse.

Il en heurte un candélabre, un peu sonné.

Oh, bon sang ! Si mes jambes me soutenaient, je partirai dans la direction en courant !...


Il a accepté de m'escorter jusqu'à la boutique mortuaire. Là, Caroline se tient dans l'arrière-cour et fume.

"Oh, hey !..."

"Où est-il, Caroline ?!" la secouant presque.

Elle réalise après qui j'en ai. "Parti... tôt ce matin."

La panique me reprend, une agitation sans pareille.

"Princesse, calme-toi !..." me supplie Rook, totalement désarçonné.

"Tu penses... qu'il est arrivé quelque chose ?..." questionne Caroline.

Mon cœur saigne. Le sentiment est similaire à celui que j'ai éprouvé, enfant, en perdant ma mère.

"Non, non, non... il ne peut... pas me faire ça !... Il ne peut pas mourir !"

"Princesse ?" largué.


Trois jours s'écoulent. Toujours sans nouvelles d'Undy.

"Les forces sont à l'œuvre... m'avait prévenue Satoru..." répété en litanie tragique. "Nous ne retrouverons pas son corps..."

Rook me sert une boisson réconfortante, m'adressant toutes sortes d'attentions.

Caroline demeure là, totalement perdue sans son mentor. "Non, je... refuse d'y croire..."


Quelques jours plus tard encore, nous sommes contactés par son notaire.

Il a reçu, lui aussi, un signal convenu si le patron de la boutique du Lys venait à disparaître ainsi.

Undy lègue sa boutique et son appartement à Caroline. Il lui laisse également une coquette somme.

"Je ne peux... accepter..." bredouille cette dernière. "C'était... toi, sa compagne..."

"Je ne suis pas à la peine, Caroline. Undy t'aimait comme sa fille. Il est normal qu'il te mette à l'abri pour le restant de tes jours."

Je peine à réaliser les mots qui viennent de quitter ma bouche et pourtant...

Undy m'avait prévenue ; son combat risquerait de lui coûter la vie.


Je veille avec Rook sur l'avancée de sa cabane dans les bois. Il voit que je pique du nez et me propose de nous coucher. Je lui dis qu'il me devance, je ne tarderai guère.

Au moment où Rook rentre, une lueur étrange quitte un fourré et s'avance vers moi, sans crainte.

Je peine à reconnaître l'animal de loin mais à son approche, sa nature se précise.

Il s'agit d'un kyūbi no kitsune - dans le folklore asiatique : un puissant esprit renard à neuf queues.

Il s'arrête devant moi, s'assied puis reprend sa marche, venant fourrer son museau entre mes mains.

"Un... dy ?..."

Son esprit, je le sais, veillera toujours sur moi avec bienveillance depuis l'endroit où il se trouve.