Moi : ... Bonjour ?

Kyoya : Attend t'es sérieuse là ? Tu reviens comme une fleur après DEUX ANS sans toucher à cette histoire, et tout ce que tu trouves à dire, c'est "bonjour" ?!

Moi : Eh bah je vois que t'as pas changé Kyoya, ça fait plaisir ! Mais oui, en effet, je suis vraiment désolée pour cette grosse coupure... Surtout que j'ai pas vraiment d'excuse, y'a juste eu les aléas de la vie et après j'écrivais autre chose ^^'

Chris : Te fais pas de bile, va !

Gingka : On est contents que tu sois revenue n_n

Moi : Oh c'est gentil ça n_n

Ryuga : C'est qu'un duo de fayots qui essaient de t'attendrir pour pas qu'il leur arrive des bricoles dans la fic.

Chris et Gingka : Pas du tout !

Moi : Ce que t'es médisant !

Ryuga : Réaliste, nuance.

Kyoya : Bon sinon, le chapitre, du coup ?

Moi : On reprend où on s'était arrêtés, héhé ! N'hésitez pas à relire le chapitre précédent si vous avez un peu oublié ce qui se passait (ce qui serait normal XD), et je vous souhaite à tous une bonne lecture !

Gingka : Plus de disclaimer ?

Moi : Non, je pense qu'ils ont compris à force...


Le premier son à déchirer le silence fut une exclamation de Destra.

— Enfin !

Sans se préoccuper le moins du monde de tous les regards sur elle, la déesse bondit de son trône pour sauter au cou de son frère. Ce dernier recula d'un pas sous son élan, un sourire amusé aux lèvres. Il passa un de ses bras dans le dos de sa sœur, dont l'expression n'aurait su mieux allégoriser la fierté qu'à cet instant.

— Ravi d'être de retour aussi, souffla Thanatos.

Sa voix, basse, presque douce, différait tant du ton explosif de son adelphe que plusieurs bladeurs ne s'en méfièrent que davantage. Comme si elle ressentait les ondes négatives provenant d'eux, la divinité tout juste réveillée posa son regard rubis sur eux, ce qui leur permit de mieux la voir. Seule une longue cicatrice barrant son œil gauche, aussi rougeoyante que si elle venait de lui être infligée, distinguait son visage de celui des autres membres de sa famille. Ses cheveux, courts, se décoraient d'une mèche écarlate. A l'image de sa sœur, ses vêtements s'apparentaient à l'esthétique gothique: sa tenue noire lisérée d'un violet profond était dotée de larges manches resserrées aux poignets, d'un sombre col à jabots et de divers bijoux, notamment une chaîne autour de la taille et une unique boucle d'oreille, perle d'obscurité à la droite de sa mâchoire.

— Vous êtes les bladeurs légendaires, je suppose. Vous devez me connaître sous le nom de Thanatos, mais j'admets préférer Lance. Mes hommages, s'inclina t-il. J'aurais aimé mieux pouvoir vous saluer, mais vous allez devoir m'excuser, je ne suis pas vraiment en état de le faire.

En effet, malgré son ton léger, ses paupières mi-closes et ses épaules relâchées témoignaient de sa fatigue ; à bien y regarder, Chris crut discerner qu'il profitait de l'étreinte de Destra pour s'appuyer sur elle. A côté de lui, Yuki déglutissait pour une raison bien différente. L'étonnante politesse de cet homme ne le dupait pas ; il entendait l'impitoyable froideur dissimulée derrière son ton mielleux. Il les haïssait autant que Destra, il n'y avait aucun doute à avoir à ce sujet.

— Thanatos…, murmura Nyx.

Un son à peine audible que Lance entendit pourtant. Lorsqu'il rencontra celui de sa génitrice, son regard s'assombrit.

— Bonjour, Mère. Quel plaisir de vous revoir, bien que vous ne devez pas penser la même chose.

— Et ça nous importe peu ! s'exclama Destra. Vous êtes tombés dans votre piège, vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous-mêmes !

— Tu n'es même pas capable de tenir une promesse ! s'énerva Aguma. Tu avais promis de libérer les adolescents si nous venions !

— J'avais promis de le faire une fois Lance libéré, le rectifia t-elle. Et je ne vois pas où j'ai failli à cette promesse. Comme je l'ai dit, je n'avais jamais prétendu qu'ils seraient détenus à l'endroit où nous combattrions. Mais ne vous en faites pas, s'ils ont au moins deux neurones, ils doivent déjà être libres à l'heure où nous parlons.

— Comment ça ? s'étonna Tsubasa.

— Ils ne me sont plus d'aucune utilité, maintenant que j'ai récupéré mon frère. Je n'ai sincèrement pas envie de perdre davantage de temps à m'occuper d'eux plus que nécessaire, aussi j'avais laissé une issue dans leur prison. S'ils ne l'ont pas encore trouvée, ils sont encore plus stupides qu'ils en ont l'air ! J'imagine qu'ils attendent désespérément que vous veniez les chercher.

— Où ça ? osa questionner Madoka.

— Allons, je suis sûre que vous allez trouver tous seuls comme des grands, c'est un lieu que vous connaissez bien, après tout !

— Ne leur en dis pas trop, intervint Lance avec un sourire en coin. Ce ne serait plus amusant.

— Tu as bien raison !

Entendre ces deux divinités parler de l'enlèvement de leurs protégés comme si ce n'était qu'un jeu futile en enragea plus d'un. A cet instant, la deuxième personne qui venait de s'échapper de sa prison s'approcha de Lance. Il s'agissait d'un homme plutôt maigre, dont les longs cheveux noirs cachait la moitié de son visage, révélant juste un œil de la même teinte et une peau pâle. Un kimono trop large pour lui recouvrait son corps.

— Maître Lance, murmura t-il si bas que seule Nyx l'entendit, nous sommes encore épuisés de l'emprisonnement, je ne serai pas en état pour Noirceur Inéluctable… Vous devriez les faire partir...

— Oui, en effet, approuva le dieu à voix haute. Ce serait préférable.

Et, avant que quiconque ne comprenne ce qu'il entendait par là ou que Nyx n'ait le temps de les prévenir, une aura violette entoura le Dieu de la Mort, une puissance si froide que la température chuta de plusieurs degrés. Une vive lumière divine émanait de sa paume tendue vers eux, si forte qu'elle prit moins d'une seconde à aveugler plus d'un humain.

— Ce fut un plaisir, bladeurs légendaires, retentit son timbre au milieu de cet éblouissement. N'hésitez pas à venir à nous quand vous serez remis, ce sera toujours un plaisir de vous recevoir…

Et la dernière chose qu'ils entendirent avant que le décor disparaisse fut un rire malveillant, aussi glacial que le zéro absolu.


Gingka se sentit reconnecter à la réalité aussi brutalement qu'il l'avait quittée. Le monde tourna autour de lui à une vitesse si irrégulière que son équilibre survit moins d'une seconde avant qu'il ne s'écroule au sol. La douleur qui éclata sur ses côtes lui arracha une grimace ; étrangement, cette petite souffrance l'aida à calmer la migraine causée par son tournis. Il cliqua plusieurs fois des yeux, concentré pour ravaler la nausée qui pointait le bout de son nez. Lorsqu'il parvint enfin à se redresser sur ses coudes, une main tendue jaillit dans son champ de vision, celle de Benkei.

La légende vivante le remercia et s'empressa de s'appuyer sur elle pour se redresser. Passé le premier étourdissement dû à ce brusque mouvement, il put se concentrer sur ce qui importait. Bon sang, à peine cinq minutes après avoir été libéré, Lance les avait… attaqués ? Téléportés ? A en croire le décor modifié, cette deuxième option était la bonne. Du temple en ruines perdu au milieu de la Grèce, ils se retrouvaient dans une pièce qui paraissait très familière à Gingka… Et il comprit pourquoi quand il vit le logo du B-Pit accroché au mur.

— Il nous a téléportés au Japon ? comprit Kenta, qui se faisait les mêmes réflexions.

Le bladeur de Pégasus parcourut la pièce du regard ; il eut rapidement la confirmation qu'il ne manquait personne à l'appel… Y compris Ryuga. Le premier élu de l'été se tenait en retrait, adossé contre le mur et les bras croisés contre sa poitrine, geste de refus de communication. Une impulsion prit soudain Gingka ; il s'empressa de palper sa sacoche… Et poussa un soupir de soulagement en y sentant sa fidèle toupie à l'intérieur. Plusieurs de ses camarades l'imitèrent, pour des résultats similaires. Quand bien même leurs partenaires tournoyaient encore dans l'arène au moment où tout ceci s'était produit, ils les avaient suivis dans ce départ forcé.

— Il s'est… passé beaucoup de choses très vite, souffla Yuki.

Ça tu peux le dire, songea Gingka. Son esprit grouillait de tant de questions qu'il ignorait par laquelle commencer. La situation de Ryuga ? La localisation de Zyro et des autres ? La libération de Lance ? Ils n'avaient même pas débuté le debriefing et voilà qu'une migraine le menaçait déjà...

— Thanatos a donc été libéré, soupira Nyx. Si seulement j'avais pu deviner que Destra retiendrait vos protégés ailleurs… Nous n'en serions pas là.

— Elle s'est bien foutue de nous ! s'énerva King. J'arrive pas à croire qu'on se soit tapé un combat aussi nul pour un résultat pareil !

— King, la qualité du combat, c'est bien la dernière chose qui importe là, se lamenta Madoka.

— Je sais bien, mais quand même ! Je déteste cette sensation d'avoir été mené à la baguette ! On pensait avoir repris l'avantage quand Yuki a trouvé le point faible de Lucina, et voilà comment ça finit !

— Je comprends que tu sois frustré, nous le sommes tous, intervint Dynamis. Seulement, si nous voulons trouver des solutions, nous devons rester calmes. Nous aurons trop besoin de notre énergie à l'avenir pour nous permettre de la gaspiller en nous énervant.

King ouvrit la bouche pour répliquer, avant de se raviser. Le bras de son petit-ami autour de ses épaules l'aida à se canaliser ; de plus, il savait que le bladeur de Jupiter avait raison. Ils avaient des questions plus urgentes à régler que l'évacuation de leur frustration.

L'une desdites questions se tenait juste derrière lui et accaparait toute l'attention de Kenta.

— Ryuga…

L'empereur dragon évitait tout contact visuel avec qui que ce soit. Il ne s'agissait ni de peur, ni de lâcheté ; plutôt d'une volonté profonde de ne pas engager de conversation avec eux. Pourtant, l'insistance du regard que son successeur de l'été posait sur lui l'informait qu'il n'y arriverait pas de la sorte. Ses fines pupilles dorées rencontrèrent enfin celles de Kenta, permettant au plus jeune de constater d'à quel point leur éclat avait fané depuis la dernière fois qu'il les avait vues.

— Je sais que la situation est pas du tout idéale, mais je suis quand même heureux de te revoir, sourit Kenta. Pourquoi tu n'es jamais venu me voir ? Je pensais que tu… Que tu étais…

— Mort ? lâcha Ryuga d'un ton cynique. On peut pas vraiment dire que je le sois pas, à en croire l'autre dépressif.

Les bladeurs mirent une seconde à saisir qu'il parlait de Pluto. Il était vrai qu'avec sa toge noire similaire à une tenue de deuil et ses expressions renfermées, le descendant d'Hadès ne transpirait pas la joie de vivre. Pas que quiconque n'éprouve la moindre empathie à son égard, cela dit.

— Ma question reste la même ! s'emporta Kenta. Ça fait sept ans, Ryuga...

— Et alors, qu'est-ce que j'étais supposé faire ? Revenir comme une fleur dans cet état ? Vous avez très bien fait vos vies sans moi que je sache, toi compris !

— Parce que j'ai pas eu le choix, j'avais aucune preuve qui indiquait que t'étais en vie ! Écoute, je dis que pas t'aurais dû revenir vers moi comme à l'époque où je te suivais, mais au moins me dire que t'étais pas mort ! T'es mon ami… J'ai été triste de te perdre, admit l'étudiant, la gorge serrée.

Seul le silence lui répondit, le silence et un changement d'expression chez Ryuga, si subtil qu'il passa à ça de le manquer. Une tension à la mâchoire et aux épaules, une inspiration plus lente que les précédentes, un baissement d'yeux qui ne dura qu'une demi-seconde : tant de signes que sa déclaration le touchait.

S'il avait entendu de telles phrases sept ans plus tôt, l'empereur dragon lui aurait ri au nez, aurait répliqué qu'il n'avait pas besoin d'un mioche pleurnichard comme « ami », qu'il n'en désirait aucun. A présent, sa langue se refusait à prononcer de telles bêtises. Tant de temps passé dans cette condition à moitié fantomatique l'avait fait réfléchir sur son erreur de l'époque, celle de s'enfermer dans une solitaire et vaine quête de puissance, en rejetant toute aide extérieure au moment où il en avait eu le plus besoin. Il ne pouvait pas lui répondre de la sorte ; pas après avoir eu cette prise de conscience tardive, pas après lui avoir légué son fragment d'étoile en guise de reconnaissance, avant de s'évanouir dans la nature aux yeux du monde.

— Eh bah tu le sais, maintenant, finit-il par répondre. Je vais pas rester de toute façon, alors faudra te satisfaire de ça.

— Mec t'es sérieux là ? intervint Chris. Tu vas nous refaire le coup du « je peux me débrouiller tout seul » ? T'as déjà oublié comment ça s'est fini la dernière fois ?

— Tu crois que je suis en état de l'oublier ? rétorqua Ryuga, acide. Je parlais pas de combattre, de toute façon je peux pas ! J'étais venu là-bas pour mes raisons. Maintenant que c'est fini, j'ai aucune raison de rester avec vous.

— Mais t'es pas obligé de partir ! protesta Kenta. Même si tu peux pas combattre, rien nous empêche de travailler ensemble pour arrêter Eris et Thanatos ! On peut t'aider à trouver une solution pour ton état, et pour L-Drago aussi !

— Y'a pas de solution, gamin ! Ça fait sept ans que j'en cherche une, si elle existait je l'aurais déjà trouvée ! Quand bien même je déteste dépendre des pouvoirs de cet enfoiré, j'ai pas vraiment le choix, cracha l'empereur dragon.

A croire que la malédiction de Pluto le punissait, ses traits se floutèrent jusqu'à disparaître. Malgré la répétition de ce phénomène, plusieurs sursautèrent de le revoir dans un contexte plus calme, sans que leur attention ne soit dérivée vers une déesse agressive prête à les attaquer au moindre faux pas. Les secondes qui les séparèrent du retour de Ryuga parmi eux leur parurent éternelles.

— Nous ne sommes pas certains qu'il n'existe aucune solution, déclara Dynamis une fois le concerné réapparu. Nyx, nous n'auriez pas une idée ?

— Je ne sais pas, réfléchit la déesse. Peut-être qu'il existerait un moyen, mais…

La pause qu'elle marqua frustra Kenta au possible. L'excitation naissante galvanisait son rythme cardiaque, aux battements cadencés par l'espoir. Elle ne niait pas l'existence d'une solution en bloc, c'était une bonne nouvelle ! S'il existait ne serait-ce qu'une infime chance de ramener Ryuga chez les vivants pour de bon, le second bladeur de l'été se tenait prêt à soulever des montagnes pour y parvenir. Il ne le laisserait pas tomber – pas encore une fois, pas comme il l'avait abandonné sur cette île au Mexique après leur premier affrontement contre Némésis. Ce choix, l'étudiant le regrettait encore des années plus tard. Il ignorait si sa présence aurait réellement empêché l'empereur dragon de s'attaquer au Dieu de la Destruction, toutefois le monde infini des hypothèses revenait le hanter à chaque fois que ses pensées s'y aventuraient.

— Mais ? finit par la relancer Kyoya. Y'a une solution, oui ou non ?

— Désolée, j'essayais juste de me remémorer les propriétés de l'artefact auquel je pensais, s'excusa l'entité nocturne. Votre nom est bien Ryuga ? vérifia t-elle en se tournant vers le principal intéressé.

Ce dernier hocha juste la tête. La déesse n'en prit pas ombrage et poursuivit :

— Comme vous le savez tous, la Barrière de Zeus est un emprunt de son pouvoir que Zeus accorde aux humains quand les conditions sont réunies. Il existe cependant d'autres emprunts autorisés par l'Olympe, un par dieu ou déesse, en vérité. Celui auquel je pense s'appelle le Don d'Hadès.

La mention du Roi des Enfers en surprit plus d'un. Ce dieu condamné à régner sur le royaume des morts à cause de son soutien à la trinité machiavélique aurait en sa possession le moyen de sauver Ryuga ?

— Mais Hadès, c'est un méchant dieu, lui aussi ! lança Tithi. Il voudra jamais nous donner ça !

— Si vous remplissez les conditions, il n'aura pas le choix. Seulement, il a le choix de ces conditions, et je ne les connais pas. Cela dit, ce n'est pas ce qui me pose le plus souci avec ce Don.

— A quoi il sert ? s'enquit Bao.

— A ramener un mort à la vie.

Un silence funèbre s'abattit sur la pièce. Au fond de lui, Chris songea que cette révélation ne devrait pas tant les surprendre : à quoi s'attendaient-ils ? Nyx leur parlait d'une manière d'aider Ryuga à se fixer dans le monde des vivants, bien sûr que cet artefact servirait à ça ! Toutefois, de leur point de vue d'humains pour lesquels la mort représentait une étape inéluctable dont personne ne revenait, entendre qu'il existait une manière de contourner la règle la plus primaire de l'existence les secouait un peu.

— Et vous pensez que ça marcherait même avec les pouvoirs de l'autre là ? demanda Ryuga, sceptique. Techniquement, je suis ni mort ni vivant.

Sept ans qu'il cherchait une solution, qu'il se démenait par frustration de stagner dans cette faiblesse répugnante ! Alors non, il ne s'emballait pas comme Kenta pouvait le faire près de lui. Si sa défaite contre Némésis lui avait bien appris une chose, c'était que foncer sans réfléchir, quand les dieux s'impliquaient, apportait des conséquences néfastes.

— Je pense, oui, répondit Nyx. Les pouvoirs de Pluto vous permettent de rester parmi nous, mais vous êtes supposé être mort… Donc cela me surprendrait beaucoup que le Don ne fonctionne pas sur vous.

— C'est fantastique ! s'enthousiasma Kenta. Tu entends ça, Ryuga ? Il existe un moyen !

— Ne t'emballe pas trop, Kenta, le tempéra Madoka. Ça paraît un peu trop facile…

Ryuga ne l'admettrait jamais à voix haute, mais ses réflexions s'accordaient avec celles de la mécanicienne. Il ne détachait plus son regard doré des orbes écarlates de leur alliée divine.

— En effet, obtenir le Don n'est pas du tout aisé, déplora cette dernière. Tout d'abord, il faut en faire la requête auprès d'Hadès en personne… Ce qui, vous en conviendrez, n'est déjà pas une mince affaire du tout.

Des déglutitions se firent entendre. Se retrouver face à face à l'un des instigateurs des chaos passés et présents, une incarnation du vice capable de les réduire à néant s'il en avait la possibilité sans craindre des représailles… Seules de rares personnes n'éprouvèrent aucune crainte à la perspective de rencontrer Hadès, notamment Kyoya ou King. Le premier pensait qu'après tout ce qu'ils traversaient, ce n'était pas un énième dieu avide de pouvoir et de destruction qui lui ferait peur ! Quant au bladeur de Mars, il trépignait d'envie de faire redescendre cette divinité à l'origine de tous leurs maux de son piédestal !

— Et ensuite, le Don n'a encore jamais été utilisé pour des humains, expliqua Nyx. Si c'est Hadès qui y insuffle son pouvoir pour le faire fonctionner sur Ryuga, j'ai bien peur que son corps d'humain ne le supporte pas.

— On fait comment, alors ? s'enquit Yu.

— Il faudrait que quelqu'un de la lignée d'Hadès nous prête sa force. Ces personnes ont certes du pouvoir et du sang divins, mais leur essence reste humaine. Seulement…

— Autant chercher une aiguille dans une botte de foin, se lamenta Yuki.

Déçu par toutes ces conditions qui se mettaient en travers de sa route, il serra les poings. Alors ça allait se terminer comme ça ? Ils jetteraient l'idée du Don d'Hadès à la poubelle et Ryuga repartirait d'où il venait, sûrement pour ne jamais revenir ? Non, il refusait de l'accepter ! Il ne voulait pas perdre celui qu'il admirait encore une fois, pas après l'avoir tout juste retrouvé !

— Mais on a supporté la téléportation de Thanatos ! lança t-il. Pourquoi Ryuga ne pourrait pas encaisser le pouvoir d'Hadès ? Il est très fort !

— Je ne dis pas le contraire, sourit Nyx. Mais ça importe peu. La téléportation requiert beaucoup moins d'énergie qu'une résurrection, c'est pour ça que vous l'avez supportée. Et encore, je pense que ça finirait par devenir dangereux si ça devait vous arriver trop de fois, c'est pour ça que j'ai préféré que nous allions en Grèce par des moyens humains.

— Mais quand même, il existe un moyen, même si c'est compliqué !

Le plus jeune se tourna vers Ryuga, la flamme de la détermination consumant son regard. Même l'empereur dragon parut surpris de lui voir une telle expression.

— On peut t'aider, Ryuga, insista t-il. Je sais que t'es pas le genre de personne à aimer qu'on t'aide, mais tu peux pas rester comme ça pour toujours !

— Il a raison, approuva Gingka. Je suis sûr que tous ensemble, on arrivera à vaincre Eris et Thanatos et qu'on trouvera une manière d'avoir le Don et de le faire fonctionner !

— S'il te plaît, Ryuga, supplia Kenta.

Les yeux de l'interpellé passèrent de Kenta à Gingka au reste du monde, puis retournèrent croiser le regard de son successeur de l'été. Son erreur passée fut de s'enfermer dans la solitude et la recherche de puissance ; toutefois, l'étudiant ne se trompant pas en partant du principe qu'il n'aimait toujours pas recevoir le soutien de d'autres personnes. Ryuga avait toujours fonctionné dans l'indépendance depuis qu'il s'était libéré des griffes de ce maudit Doji et de toutes ces histoires de pouvoir obscur incontrôlable.

Pourtant, depuis son réveil après la défaite de Némésis, il avait réalisé avec désarroi qu'il avait fini par s'habituer à la présence de Kenta à ses côtés. Pire, le fait qu'avoir une compagnie capable de le suivre partout, à qui parler et à affronter lorsqu'elle en avait le courage, lui manquait. Il n'avait jamais éprouvé de tel sentiment auparavant, qu'il aurait autrefois considéré comme parasité et cadenassé au plus profond de son cœur. Une partie de lui le pensait toujours, la faute au reste de sa vie passé avec cette philosophie.

Autant qu'il haïssait l'admettre, ils avaient raison. Rencontrer Hadès, dégoter le Don, trouver un descendant du dieu qui accepterait de l'utiliser sur lui… Il n'y parviendrait jamais seul. De plus, il éprouvait une farouche rancune envers cette foutue Déesse de la Discorde pour avoir mis Sakyo en danger ; s'il pouvait contribuer à sa chute, ne serait-ce qu'un tout petit peu, il en serait ravi !

Alors, Ryuga fit ce qu'il aurait dû faire sept ans auparavant : il céda aux suppliques de Kenta.

— C'est bon, pas la peine de me regarder comme ça, marmonna t-il. Je vais rester.

S'il revenait à la normale un jour, pourrait-il reprendre son ancienne quête de puissance ? Il ne comptait pas recommencer à voler le pouvoir des autres, la destination à laquelle il avait fini la dernière fois l'en dissuadait. Cependant, il refusait de se laisser distancer par tous ces bladeurs qu'il menait à la baguette autrefois ! A moitié vivant ou non, changé ou non, Ryuga était et resterait toujours l'indétrônable empereur dragon.

— C'est vrai ? se réjouit Kenta.

La joie s'entendait tant dans sa voix que plusieurs sourirent, y compris ceux qui ne connaissaient que peu Ryuga et l'amitié que lui vouait le bladeur de Sagittario. Un tel enthousiasme faisait plaisir à voir, revigorait les âmes, après la déception qu'ils venaient de vivre avec la libération de Lance. Toute amertume à ce sujet avait déserté le plus jeune ; pour l'heure, il était dominé par le bonheur de retrouver son ami.

— C'est génial ! Merci, Ryuga !

Il amorça un geste vers lui, les bras ouverts, avant de se figer dans une hésitation.

— Euh, enfin… Je peux te faire un câlin ?

Il n'avait jamais franchi ce pas même à l'époque où il le suivait : dès qu'il s'accrochait à lui pour une quelconque raison, Ryuga le repoussait toujours. Face à cette demande plus que surprenante, l'empereur dragon haussa un sourcil. Le contact physique figurait tout en bas dans la liste des choses qu'il appréciait, c'était à peine s'il tolérait que quelqu'un le touche sans le frapper en réponse. Mais, à cet instant, devant le regard amical de Kenta…

— Si ça peut te faire plaisir, maugréa t-il.

Si Kenta ne répondit pas avec des mots, l'agrandissement de son sourire en valait mille. Il se contenta de refermer ses bras autour de lui ; sa taille d'adulte faisait qu'il lui arrivait au menton, à présent. Ryuga demeura stoïque, bien déterminé à ne croiser aucun des regards attendris qu'il devinait poser sur eux. Yuki et Madoka en particulier souriaient, touchés par cet instant émotionnel si inattendu de la part d'une telle personnalité.

— Hum, maintenant que c'est réglé…, s'éleva soudain la voix de Masamune. Désolé de briser cet instant émotions avec une pensée aussi matérialiste, mais, euh… Comment on fait pour nos affaires restées en Grèce ?

Il y eut une latence, puis un léger rire se fit entendre de la part de Nyx.

— Ne vous en faites pas. J'irai les chercher.


Dès leur retour au lieu qu'ils occupaient, Destra avait embarqué son frère pour lui montrer les premières pièces de Golden Eris, suivie par une Lucina dont le sourire n'avait pour une fois rien d'hypocrite. Le serviteur personnel de Lance, Alistair, s'était volatilisé. Cet homme se plaisait dans les ombres, à en croire sa tendance à disparaître on-ne-savait-où en dehors des moments où son maître exigeait sa présence. Aussi, Pluto se retrouvait seul.

Pas que ça le dérangeait. Il ne s'entendait pas mal avec Alistair et Lucina, sinon la coopération que leurs rôles respectifs leur imposaient lui poserait problème. Il ne prétendrait pas pour autant avoir une connexion particulière avec l'un ou l'autre. Le respect qu'il éprouvait pour Destra n'avait rien de feint ; n'empêche qu'il ne lui obéissait qu'en attendant le retour de Rago et qu'elle en avait conscience. Son caractère lunatique et prompt à s'emporter dans les émotions à la moindre contrariété bloquait avec le sien, habitué à un maître à l'effrayante présence silencieuse. Quoique absence serait un terme plus adéquat, à présent.

Quant à Lance… Pluto n'aimait pas ce qu'il dégageait, sans parvenir à comprendre pourquoi. La froideur de l'aura que le Dieu de la Mort emportait avec lui révélait à la fois du littéral et du métaphorique ; ceux qui parlaient avec lui la ressentaient autant dans leur chair que dans leur âme. La différence avec ses propos doux créait un contraste… étrange, face auquel le descendant d'Hadès ignorait comment se positionner.

— Pluto ?

L'appelé sursauta. Il suffisait de songer au loup pour qu'il pointe le bout de son nez ! Lance l'observait, l'épaule appuyée contre l'une des paroi du lieu, un sourire indécryptable au coin de ses lèvres.

— Maître Lance, répondit-il, surpris. Vous… Vous n'êtes pas avec Dame Destra ?

— Plus maintenant, comme tu peux le voir. Je l'ai laissée travailler sur Golden Eris avec Lucina. Il faudra que j'en fasse de même avec Chasm Thanatos.

— Certainement…

Pluto ne savait pas quoi répondre d'autre. Pourquoi Lance l'interpellait-il ? Destra, elle, ne le faisait que lorsqu'elle attendait quelque chose de lui. A l'ère où les trois divinités destructrices n'avaient pas encore été enfermées, ces deux-là ne lui parlaient que peu, parce qu'il demeurait l'extrême majorité de son temps aux côtés de Rago. Comme à chaque fois que son esprit remuait les souvenirs de son défunt maître, son cœur se serra sans qu'il ne permette à ce tourment d'apparaître sur son visage.

— Vouliez-vous quelque chose de moi ? finit-il par demander.

— Pas spécialement, je t'ai juste vu alors je suis venu te parler, le détrompa le dieu. Je t'aime bien, tu sais. Mais si tu souhaites quelque chose à faire…

Pendant qu'il faisait mine de réfléchir, Pluto frissonna. Apprendre que Lance « l'aimait bien » ne le rassurait pas beaucoup, à vrai dire.

— Pourquoi n'irais-tu pas vérifier que les protégés des bladeurs légendaires ne font pas n'importe quoi dehors ? Inutile de gaspiller de l'énergie à les tuer. A moins que tu n'en éprouves l'envie, bien sûr ! J'ai cru comprendre que ma sœur t'avait demandé d'achever l'humain qui te servait auparavant ?

Le dieu s'approcha, le claquement de ses pas résonnant dans le vide de l'intérieur. Et lorsqu'il croisa la neutralité glaciale du regard de Lance, opposée à l'amabilité de sa voix et de son sourire, Pluto eut l'impression qu'il savait.

— En effet, s'empressa t-il de répondre pour dissiper cette impression. Il n'a eu que ce qu'il méritait pour nous avoir trahi.

Ce que ses mots lui sonnaient creux ! Pourquoi avait-il la sensation que son interlocuteur pensait la même chose, qu'il s'apprêtait à lui faire payer son mensonge ? Après un silence d'une seconde qui en parut des milliers à Pluto, Lance reprit la parole :

— Dans ce cas, je te laisse surveiller ces adolescents humains. Connaissant les bladeurs légendaires, ça m'étonnerait qu'ils ne pointent pas le bout de leur nez dès demain, de toute façon. Dès qu'ils auront compris où nous sommes.

Et sur ces mots, il tourna les talons, sans rien ajouter. Pluto déglutit. Si Lance ne réagissait pas à sa déclaration, cela signifiait-il qu'il le croyait ? Peut-être qu'il n'éprouvait que de la paranoïa, que les émotions négatives remuées par son combat contre les élus du fragment d'étoiles lui faisaient imaginer des choses… Oui, ce devait être ça. Douter sur de telles futilités ne lui ressemblait pas, il fallait qu'il se ressaisisse. Pour l'heure, autant écouter les directives du Dieu de la Mort, autant que la perspective de veiller sur des gamins mortels ne le réjouissait pas.

Ce fut lorsqu'il quitta la pièce qu'il réalisa à quel point il avait froid.


Moi : Et voilà, c'est tout pour ce chapitre de retour !

Ryuga : Ca a encore bien parlé dis donc. Et sur moi en plus...

Moi : Tu t'attendais à quoi toi aussi ?

Chris : C'est moi où elle est cheloue l'ambiance côté Pluto ?

Moi : Tu verras n_n

Kyoya : J'le sens pas, Lance. Le coup du perso aimable mais avec une aura froide, on me le fait pas à moi !

Gingka : Moi c'est cette histoire de Don qui me fait peur...

Moi : Ce que vous êtes méfiants dis donc !

Chris : Est-ce qu'on a tort ?

Moi : ... Non n_n

Kyoya : Génial...

Moi : Bon sur ce je vais vous laisser pour aujourd'hui ! Comme avant, pas de date précise pour la suite, vous verrez quand elle arrivera x)

Kyoya : En espérant que ce soit pas dans deux ans.

Moi : Promis, non ! Et je vous dis à bientôt pour le chapitre 10 - déjà ! n_n