Moi : Hello !
Ryuga : Ni rapide, ni lente, en fait.
Moi : Eh, je suis en période d'examens je te signale ! Je fais ce que je peux !
Kyoya : Ah c'est pour ça que ton chapitre est chiant.
Moi : Il est pas chiant, il fait transition, nuance ! U_U
Chris : Je l'ai lu, et ouais. Vous attendez pas à beaucoup d'action là, par contre je sens que ça va péter au prochain...
Moi : Totalement ~ Ce chapitre-là porte bien son nom, il est chill ! Mais la fin... Vous verrez, héhé ! J'aurai aimé commencer le moment où ça pète, mais il faisait déjà quasi 4K de mots...
Kyoya : Ce que tu parles, même quand t'écris !
Moi : Eh !
Nyx joignit le geste à la parole et retourna en Grèce pour chercher les affaires délaissées. Hyoma s'amusa d'imaginer la réaction de la réceptionniste quand elle se rendrait compte que la horde de clients qui avait débarqué la veille avait disparu en embarquant leurs valises sans qu'elle ne les voit repartir. Tsubasa s'inquiéta des conséquences d'une telle disparition, mais Kyoya le rassura – quoique son ton tenait davantage de l'exaspération que du réconfort – en rappelant qu'ils avaient déjà payé, et que par conséquent, "se barrer comme des voleurs" n'avait rien d'illégal. Ainsi le sujet "hôtel en Grèce" se retrouva clos.
D'autres se succédèrent durant les deux heures qui suivirent. Le principal débat reposait sur l'élaboration d'une liste de leurs objectifs et surtout, dans quel ordre ils allaient s'y prendre. Trois ressortaient : dégoter le Don d'Hadès et une personne capable et volontaire de l'utiliser sur Ryuga, retrouver les bladeurs de la nouvelle génération et, bien entendu, vaincre Eris et Thanatos. Pour cette dernière obligation, la nécessité d'attendre restait de vigueur tant que les deux dieux n'auraient pas fabriqué leurs toupies. Aguma posa des questions sur la manière dont ils seraient au courant lorsque ce serait le cas ; Nyx leur répondit qu'elle serait capable de le sentir.
Cet enjeu reporté pour le moment, en restaient deux. Le débat sur ce qu'ils devaient faire en premier s'éternisa, avec des arguments que la déesse jugeait recevables des deux côtés. Au final, l'urgence de retrouver les adolescents l'emporta : même s'ils s'inquiétaient moins qu'auparavant, ils n'arrivaient pas à croire Destra sur parole quand elle affirmait qu'elle comptait les laisser tranquilles. Vint ensuite l'interrogation primordiale pour cette mission de sauvetage.
Où Destra et Lucina les avaient-elles enfermés ?
Les mots de la déesse tournaient dans les esprits. « C'est un lieu que vous connaissez bien », une affirmation que tous décortiquèrent plusieurs minutes avant que Dynamis n'élabore une hypothèse que tout le monde adopta aussitôt.
— Et si elle faisait référence au Royaume Perdu d'Hadès ?
Tous se demandèrent alors comment ils avaient pu ne pas y penser plus tôt, tant la possibilité relevait de l'évidence. Destra et Lance cherchaient une manière de venger Rago, bien sûr qu'ils s'établiraient à l'endroit que ce dernier avait choisi ! Selon Tsubasa, le lieu restait à l'abandon depuis la défaite du Dieu de la Destruction. Il avait été surveillé les deux premières années la suivant puis, comme les autorités constataient que rien ne s'y produisait plus, cette mesure avait été retirée. Aussi, si des divinités y avaient à nouveau élu domicile, il n'y avait qu'une seule manière de le savoir : s'y rendre.
Le comment aussi figura parmi les questions soulevées. Devaient-ils emprunter un hélicoptère, comme la première fois ? Ou alors un bateau ? La première option leur parut compromise ; même si Benkei se proposait de rester au Japon pour veiller sur Eight, ils formaient un grand groupe, sans oublier qu'ils reviendraient accompagnés de six adolescents, si tout se déroulait comme prévu. Nul doute qu'un seul engin ne suffisait pas pour tous les transporter et en louer plusieurs dans des délais aussi courts devenait complexe, y compris pour le directeur de l'AMBB. Quant au bateau, ils réalisèrent vite que ce serait prendre des risques inutiles, avec les typhons qui entouraient l'île, présents de manière naturelle y compris depuis la disparition de l'énergie néfaste qui les alimentait.
Ce fut pour cela qu'ils s'arrêtèrent finalement sur la téléportation de Nyx. Si la déesse préférait limiter l'usage de magie divine sur ses alliés humains, elle reconnaissait qu'ils n'avaient pas d'autres choix. Aucun n'avait de sérieux problème de santé et ils possédaient tous un mental fort, tous de manières différentes. Elle estimait qu'ils supporteraient son énergie plusieurs fois sans risquer grand-chose, mais elle préférait prévenir que guérir.
— Nous partirons demain, si cela convient à tout le monde, proposa t-elle.
— Pourquoi pas de suite ? questionna Masamune. On pourrait les prendre par surprise, ils doivent pas s'attendre à ce qu'on attaque aussi vite !
— Mais on a aucune stratégie, protesta Tsubasa.
— Et je sais pas vous, mais moi j'avoue que je suis épuisé, confessa Yuki.
— C'est plus raisonnable de frapper demain, trancha Nyx. Profitez de la nuit pour vous reposer un maximum. Nous attaquerons demain matin, quand vous serez prêts.
Encore des moments de discussions stratégiques qui s'achevèrent lorsque certains commencèrent à bâiller. Les plus vaillants se chargèrent de ré-organiser le B-Pit pour accueillir tout le monde, avec deux nouvelles personnes à prendre en compte. Ryuga demeurait en retrait, mais s'il ne dormait pas avec eux, il devrait rester à la rue, comme l'état de L-Drago ne lui permettait pas de se téléporter dans un endroit plus reculé. Cette fois-ci, Nyx accepta l'invitation de ses camarades humains de rester. Yu s'amusa à interroger leur amie sur le sommeil chez les divinités, et fut presque déçu d'apprendre que ça ne différait pas vraiment des humains, pour le coup, à part qu'ils en avaient bien moins besoin qu'eux pour demeurer en forme.
Ainsi, tout le monde alla se coucher, concluant cette journée riche en rebondissements, davantage que la précédente et pourtant moins que les suivantes, personne n'en doutait.
Ryuga ne trouvait pas le sommeil.
Pas que ça le surprenait. Depuis qu'il se trouvait dans cet état, son sommeil s'était complètement déréglé, à croire que ses phases « mort » pompaient sur son temps passé endormi. Résultat, il ne ressentait que peu de fatigue en ne dormant qu'en moyenne trois ou quatre heures par nuit. D'ordinaire, il ne s'en plaignait pas et en profitait pour reprendre son périple. Or, dans de telles circonstances et entouré de plus d'une quinzaine d'autres personnes, difficile d'aller bien loin.
Les respirations régulières – et les quelques ronflements – des endormis résonnaient dans le silence de la pièce. Si une personne dans le lot ne se trouvait pas entre les bras de Morphée, elle cachait bien son jeu ; même Nyx avait les yeux fermés. D'elle émanait une étrange énergie, inhabituelle sans en devenir menaçante. Elle les avait prévenus qu'ils risquaient de la sentir, car elle la déployait lorsqu'elle dormait pour pouvoir réagir en vitesse en cas d'urgence. Elle leur avait confié qu'en tant que Déesse de la Nuit, elle se reposait plutôt le jour d'ordinaire, mais que son corps pouvait tout à fait s'adapter au rythme humain si nécessaire. Décidément, les dieux pouvaient faire un peu tout ce qu'ils voulaient.
Rapidement énervé de rester assis sans rien faire d'autre que gober les mouches ou compter les ronflements de Benkei, Ryuga finit par se lever. Il traversa la pièce en prenant garde de ne marcher sur personne, plus par absence totale d'envie d'expliquer pourquoi il sortait que par prévenance. Ce fut à peine s'il sentit la fraîcheur de l'air nocturne contre sa peau, une fois en extérieur. Sa sensibilité au toucher avait diminué depuis que Pluto l'avait ensorcelé. Aussi pratique que ce soit par moments de moins ressentir l'excès de chaleur ou de froid, Ryuga haïssait la moindre conséquence de cette foutue malédiction. A chaque fois qu'il en découvrait une, il se sentait davantage déshumanisé.
L'empereur dragon s'était mis dans un coin à l'abri des regards et comptait passer le reste de la nuit seul, comme il le redeviendrait une fois ce Don dégoté. Or, il fallait croire que le destin s'amusait à lui jouer des tours, car une voix un peu trop familière retentit à peine une minute plus tard.
— Ryuga ? T'arrives pas à dormir ?
L'interpellé ne prit d'abord pas la peine de regarder celui qui lui parlait, agacé de cette perturbation impromptue de sa tranquillité.
— Occupe-toi de tes affaires, Hagane.
Autant demander à un pégase de ne plus voler. Un bruit mat retentit quand Gingka s'affala près de lui, à une distance assez raisonnable pour ne pas empiéter sur son espace personnel. Sans daigner lui rendre la pareille, Ryuga sentit son regard noisette peser sur lui.
La légende vivante n'aurait pas su expliquer pourquoi elle avait suivi son plus puissant rival, en vérité. Il ne dormait que d'un œil, perturbé par son inquiétude pour Zyro, quand il avait entendu des pas résonner près de lui. Il lui avait suffi de lever la tête pour apercevoir la silhouette de Ryuga qui quittait le B-Pit. Craignant qu'il ait changé d'avis, il s'était précipité à sa suite, pour le découvrir assis contre le mur, à observer le ciel. Sa prise de parole résultait d'un pur instinct, qu'il ne regrettait pourtant pas.
Gingka mentirait s'il prétendait se sentir très proche de l'empereur dragon. Le passif entre eux restait lourd, bien qu'ils aient traversé tant d'épreuves chacun de leur côté qu'elles avaient peu à peu atténué la haine qu'il ressentait à son égard, la transformant en quelque chose de plus tempéré, et surtout de plus sain. Il ne le détestait plus ; il éprouvait un profond respect à son égard, sans qu'il n'arrive encore tout à fait à se délester du léger malaise qui l'habitait en sa présence.
Néanmoins, il était sincèrement heureux que Ryuga soit avec eux. Qu'il soit vivant. Pour Kenta, déjà ; mais aussi parce qu'il estimait que son rival méritait cette seconde chance… aussi désagréables que soient les circonstances. Puis, peut-être que ce serait l'occasion de créer un autre lien entre eux ?
— Dis, je me posais une question, lâcha t-il, soudain pris d'une inspiration.
Il entendit Ryuga soupirer ; enfin, son regard doré croisa le sien.
— Tu vas pas me foutre la paix, c'est ça ?
— Réponds au moins, après si tu veux vraiment que je parte, je te laisserais tranquille, promis !
— Alors abrège.
— Sakyo dit que c'est toi qui lui as donné sa toupie. C'est vrai ? C'est pour lui que tu es venu confronter Eris ?
Ryuga fronça les sourcils ; pour cause, il ne savait pas que Gingka connaissait Sakyo. A bien y penser, ça paraissait pourtant logique, si son protégé fréquentait Kurogane et le reste de sa petite bande. L'empereur dragon n'intervenait plus dans sa vie depuis un moment – ce gamin se débrouillait très bien pour tracer son chemin seul – mais il lui arrivait de surveiller, pour voir. Sa bonne entente avec le successeur spirituel de Hagane prouvait qu'il était plus sociable que lui.
— Pourquoi ça t'intéresse ? râla t-il. Tu connais si bien Sakyo ?
— Pas vraiment non, je suis surtout ami avec Zyro, sourit Gingka. Je sais pas, je suis juste curieux ! Ça nous a surpris quand il est apparu et a commencé à dire que tu lui avais donné une toupie, tu sais. Surtout qu'on croyait encore que tu…
Il ne termina pas sa phrase. Il n'en avait pas besoin.
— Puis même en dehors de ça, reprit le bladeur de l'automne, j'avoue que je t'imaginais pas trop faire ça, alors…
— C'était pas prévu, si ça t'intéresse vraiment. J'ai récupéré cette toupie par pur hasard, donc je savais pas quoi en faire. J'ai fini par rencontrer un gamin qui avait du potentiel et du caractère, j'ai jugé qu'elle lui irait bien, et voilà. C'est pas plus complexe que ça.
Gingka se posait des dizaines de questions, notamment sur la manière dont Ryuga était entré en possession de Dragoon, mais il choisit de les taire. Avait-ce une réelle importance ? Aucune personne connaissant Sakyo n'irait critiquer le choix de l'empereur dragon. L'adolescent maniait sa toupie avec dextérité et puissance, sans sombrer dans la malhonnêteté. En tous cas, lui trouvait que son rival avait fait un excellent choix pour l'héritier du dragon noir de jais.
— Mais tu devais quand même te soucier de lui, pour venir le sauver…
— Te fais pas des films, c'est pas mon « protégé », railla Ryuga. Je lui ai parlé quelques fois et je regardais un peu comment il évoluait, c'est tout. Je doute qu'il se sente très proche de moi et c'est mieux ainsi. Il a même pas respecté ma demande de dire à personne que j'étais vivant, maugréa t-il.
Gingka émit un petit rire. En effet, en clamant haut et fort qu'il avait obtenu Dragoon de la part de Ryuga, il en révélait beaucoup… Pas que ç'ait eu des conséquences particulières ceci dit, vu que personne, avant de revoir Ryuga, ne savait quel crédit accorder aux prétentions du jeune garçon.
— Je voulais juste pas laisser un gamin crever entre les mains d'une déesse qui a l'air encore plus dingue que le type de Némésis, c'est tout, conclut-il.
— Compréhensible, oui… On est aussi venus à cause des otages qu'elle avait, expliqua Gingka. On savait très bien que c'était un piège, mais on allait pas prendre le risque de les laisser en danger…
Ryuga ne réagit pas, déjà conscient de ces faits. Gingka considéra le fait qu'il ne l'envoie pas bouler avec un « Oui, je sais, Hagane » comme une petite victoire, qu'il fêta avec un sourire. Une minute de silence s'écoula entre eux, aussi paisible que l'élément divin de Nyx brillant au dessus de leurs têtes. La légende vivante le brisa la première en se relevant, bras étirés.
— Tu te casses ? s'étonna Ryuga.
— Je t'avais promis que je te laisserai tranquille après ma question, non ? J'honore toujours mes promesses ! Après, si t'as envie que je reste…
— Ça ira.
— Je m'en doutais, haha !
Le léger malaise qui prenait possession de lui lui nouait la gorge, aussi Gingka s'empressa de débiter, avant qu'il ne perde l'audace nécessaire aux aveux qui suivirent.
— Tu sais Ryuga, Kenta est pas le seul à être content que tu sois parmi nous. Moi aussi je le suis, et je pense que Sakyo aussi, quand il le saura. Alors je te force à rien bien sûr, et t'as le temps de décider, d'ici qu'on chope le Don, mais… Une fois que tout sera fini, rien ne nous oblige à tous repartir chacun de notre côté. On pourrait peut-être… devenir amis ?
Puis, avant que Ryuga ne l'interrompe pour lui vociférer qu'il ne s'agissait que d'inepties :
— Enfin, on a le temps de voir ça, j'imagine ! Sur ce, je te laisse, j'ai les yeux qui se ferment tous seuls, haha ! Bonne nuit !
Un geste du bras et l'élu de l'automne filait à l'anglaise, laissant son premier congénère de l'été seul avec ses pensées, une habitude à l'aspect rassurant pour lui. Les mots prononcés par Gingka avant sa fuite tournèrent un moment en boucle dans son esprit. Aussi ridicules et dégoulinantes de naïveté qu'elles soient, ses fichues paroles de Bisounours s'y coincèrent et ne s'y délogèrent plus du reste de la soirée, sans que Ryuga ne comprenne exactement ce qui retenait son attention. Lui, Hagane et sa bande ? Devenir amis ? La légende vivante se mettait le doigt dans l'œil jusqu'au coude si elle y croyait pour de vrai. Il était bien trop tard pour ça.
— Il est complètement stupide, marmonna t-il.
Et pourtant, il avait l'impression qu'un poids avait été retiré de ses épaules.
Le lendemain, ce fut le branle-bas de combat dès le réveil. La plupart des bladeurs ne mangèrent que parce Madoka les y forcèrent, déclarant qu'ils auraient besoin de toutes leurs forces pour l'affrontement à venir. Nyx se concentrait pour visualiser leur destination, quand Kenta s'approcha de Ryuga :
— Euh, Ryuga…
L'empereur dragon répondit par un haussement de sourcils. Décidément, tout le monde n'arrêtait pas de venir lui parler !
— Je voulais juste te dire… Désolé pour hier, s'excusa le plus jeune.
La confusion devait se lire sur son visage fantomatique, car ce dernier s'explicita :
— J'ai réalisé que j'ai un peu forcé hier, et c'était pas le but. J'étais tellement content de te revoir, mais je voulais pas te mettre mal à l'aise non plus, donc… Voilà, je voulais juste te le dire.
Ryuga ne sut que répondre à ça ; voilà pourquoi il opta pour un simple haussement d'épaules qui voulait tout et rien dire à la fois. Habitué à ce type de signal de sa part, Kenta ne s'en offusqua pas et lui sourit, partagé entre la reconnaissance et la gêne. Passée la première euphorie de le savoir vivant, et s'il espérait toujours que l'empereur dragon ne disparaîtrait pas à nouveau dans la nature une fois tout ceci terminé, il ne nierait pas que cette situation était un peu… malaisante. Il le considérait comme son ami, certes, mais un type d'amitié qui différait tant d'avec Gingka, Yu ou n'importe quelle autre personne que le jeune adulte ne savait pas trop comment se comporter. C'était presque plus simple à l'époque où il le suivait partout ; là ils ne se parlaient qu'à peine, en dehors du strict nécessaire…
Un bruit de pas interrompit ses pensées. Nyx se plaçait au centre de leur groupe et Kenta focalisa aussitôt toute son attention sur elle. L'opération qu'ils préparaient requérait bien plus de concentration que ses tourments émotionnels.
— Avant de partir, je dois vous le redemander une dernière fois : êtes-vous certains de vouloir venir ? Je peux tout à fait y aller seule et les ramener.
— C'est gentil de votre part, mais nous devons y aller ! répondit Gingka. Déjà après s'être fait enlever, c'est pas dit que Zyro et les autres vous fassent confiance si vous êtes seule…
— Puis l'occasion est trop belle d'attaquer tant qu'Eris et Thanatos sont plutôt faibles, approuva Chris.
— Même s'ils ont pas encore leurs toupies, vaincre pour de bon Pluto et Lucina nous ôterait déjà une bonne épine du pied, argumenta Aguma.
— N'oubliez pas le troisième, intervint Hyoma. Celui qui était avec Thanatos. On ne le connaît pas encore, lui.
— Raison de plus pour attaquer ! s'écria Masamune. Il nous faut des informations ! Puis perso j'ai aucune envie de rester planqué ici à attendre qu'ils attaquent !
— Tu l'as dit, chéri ! adhéra King, accroché au bras de son compagnon.
— Puis avec un peu de chance, peut-être que nous pourrons empêcher les dieux de créer leurs toupies et que vous pourrez les sceller, réfléchit Tsubasa.
— Bon, si vous êtes unanimes…
Tous opinèrent du chef. Ils avaient discuté la veille, et s'ils comprenaient le point de vue de la déesse sur la prudence, ils ne désiraient pas se terrer. Peu importait si leurs ennemis les attendaient : ils récupéreraient les adolescents, se battraient si nécessaire, et reviendraient réfléchir à la suite. Le fait que ni Destra ni Lance ne puissent se battre par eux-mêmes pour le moment les lestaient, étant donné qu'ils devaient les vaincre pour que Nyx parvienne à annihiler leurs pouvoirs. Ils progressaient avec les moyens à leur disposition, à défaut de mieux.
— N'oubliez pas de rester prudents, les avertit leur alliée. Connaissant mes enfants, je doute qu'ils n'aient pas prévu un mauvais coup qui nous attendra sur l'île.
— Nous sommes prêts, acquiesça Dynamis.
— Bonne chance ! sourit Benkei, qui n'avait pas non plus changé d'avis, malgré son envie de les accompagner.
La déesse inspira lentement et joignit les mains. D'elle émana une lumière violette, tout juste assez brillante pour montrer sa puissance sans pour autant les aveugler. Au lieu de les agresser comme la téléportation de Lance l'avait fait la veille, celle de Nyx enveloppa leurs corps pour les protéger du remodelage de l'espace autour d'eux. Les murs du B-Pit fondirent, la silhouette de Benkei s'estompa, le plafond s'éclaira et avant qu'ils ne le réalisent, l'intérieur du magasin se mua en la nature d'une île qu'ils ne connaissaient que trop bien.
Gingka fit aussitôt un pas en avant pour tester son équilibre, qu'il évalua intact avec une grande satisfaction. Seul un léger tiraillement au niveau de ses tempes assombrissait le tableau, mais il partit vite, chassé par les secondes.
— C'était amusant ! s'enthousiasma Yu. Bien plus que quand c'est Thanatos qui le fait…
— Mon sort était plus doux et surtout, vous y consentiez, c'est normal que vous y réagissiez mieux, expliqua Nyx, souriante.
— Bon, comment on s'organise ? demanda Bao. Maintenant qu'on est sur l'île, est-ce qu'on se sépare pour les chercher ?
Au premier coup d'œil, le Royaume d'Hadès n'avait pas changé depuis la dernière fois qu'ils l'avaient vu : il ne brillait pas par la taille de l'espace qu'il occupait. En revanche, les falaises et la végétation masquaient l'horizon et réduisaient leur champ de vision… Une végétation à moitié morte, à présent qu'ils l'observaient. Les feuilles des arbres avaient fané et leurs troncs paraissaient ternes. Quant aux brins d'herbe, ils produisaient le même son que des fleurs mortes sous leurs pas. Au loin, le temple où ils avaient affronté Némésis les narguait de son immuabilité.
— C'est trop calme, remarqua Kyoya. J'aime pas ça.
— Je suis pas sûr que ce soit une bonne idée de se séparer…, admit Tithi. J'aime pas cette ambiance, j'ai pas envie d'être tout seul !
— Je resterai toujours avec toi, t'inquiète ! lui promit Yu.
— Ouais, faisons des groupes, ça ira plus vite, proposa Chris. On a nos téléphones pour s'avertir en cas de soucis. Même si le réseau est pas terrible, au moins on capte, c'est déjà ça.
Les débats d'organisation durèrent peu de temps. Ils s'accordèrent pour décider qu'il devait y avoir une personne connue des adolescents dans tous les groupes : aussi, leur bande se sépara en trois. Gingka, Hyoma, Kyoya, Aguma et Bao s'enfonceraient dans l'espèce de forêt qui entourait le temple ; Madoka, Tithi, Yu, Chris et Dynamis parcourraient la plage et ses alentours ; enfin, Masamune, King, Tsubasa, Yuki, Kenta et Ryuga s'aventureraient au milieu de la zone de roches et de falaises.
— Vous ne venez pas avec nous ? s'étonna Tsubasa en voyant que Nyx ne s'imposait dans aucun groupe.
— Je préfère rester en retrait, au cas où les choses tournent mal, sourit-elle. Je vous attends ici.
Ainsi, les bladeurs se séparèrent, en quête des adolescents. Ils n'avaient aucune preuve qu'ils avaient raison sur leur choix de lieu, mais ils ne voyaient pas où ils seraient, sinon. Ils entamèrent les recherches, à peine inquiétés du fait de se trouver au beau milieu du territoire ennemi.
Pourtant, au même instant, trois présences obscures les imitaient et se séparaient à leur tour. Prêtes à les prendre au piège dans leurs filets machiavéliques, à l'aide d'une botte secrète dont leurs ennemis ne ressortiraient pas…
Moi : Oui bon j'ai pris quelques libertés par rapport au Royaume Perdu, mais c'était plus fun comme ça n_n
Chris : Ouais en effet je doute que y'ait du réseau là-bas normalement, même pourri XD
Moi : Je te rassure, cette info va servir à rien XD
Ryuga : C'est obligé l'arc "je deviens pote avec Hagane" ... ?
Moi : Eh commence pas à râler, il est à peine entamé !
Gingka : Genre c'est une plaie d'être ami avec moi...
Ryuga : Bah pour moi, un peu oui.
Gingka : Mais... !
Moi : Commencez pas vous deux, sinon on a pas fini ! Bon voilà c'était un petit chapitre sans prétention, par contre je bouillonne d'écrire le prochain héhéhé !
Kyoya : On est foutus, elle est folle...
Moi : Ah c'est seulement maintenant que tu le réalises ? n_n Enfin, je vous dis à bientôt pour le début des choses sérieuses ! Prenez soin de vous et n'hésitez pas à commenter !
