Chapitre 25:
- Tu déconnes j'espère? S'esclaffa Emma. Tu m'as dit que j'avais des droits. Droit de te toucher quand je voulais le faire, de t'embrasser. Tu m'as dit que tu ne serais plus la seule maitresse des choses et j'ai simplement laissé parler mon cœur. Tu n'avais pas à l'entendre et tu n'aurais pas dû l'entendre. Tu n'as pas le droit de m'en vouloir pour ça!
- Swan, me toucher et m'embrasser, ce n'est pas le cas? Je ne veux toujours aucune relation, aucun sentiment.
- Tu as ajouté que tu te «réservais» uniquement pour moi.
Emma avait le cœur qui battait à tout rompre et craignait ne bientôt plus pouvoir retenir ses larmes.
- Je n'aurais sans doute pas dû.
Cette déclaration fit l'effet d'un coup de poignard dans le ventre d'Emma qui crut un instant qu'elle allait vomir.
- Quoi? Mais… je… tu… Tu rigoles non? A quoi servent tous ces efforts si c'est pour me repousser? Tu n'as pas à avoir peur d'éprouver quelque chose pour moi… Si c'est ça le problème… Je ne suis pas Daniel!
- Mais bordel, tu ne peux pas arrêter de parler de lui?
Regina était à présent furieuse et son regard n'avait plus rien de doux. Emma fut par ailleurs surprise du langage de la brune.
- J'étais prête à en faire plus pour toi oui. Je n'avais pas suffisamment réfléchi. Je ne t'ai jamais dit que je voulais qu'on forme un couple, j'ai toujours été claire sur les sentiments et les relations. Ce, depuis notre première entrevue.
Emma resta sans voix et une larme perla sur sa joue. Regina se calma et l'essuya d'un revers de main en s'approchant d'elle.
- On peut toujours se voir, si tu le veux. Mais on ne peut pas être exclusives, je savais que ça ferait naitre des sentiments et c'est ce que je ne voulais pas. Je suis désolée d'avoir manqué de jugement. Je ne voulais pas te faire de m…
- Ferme-la! Répondit Emma brutalement en lui repoussant la main. Pour qui tu te prends? Il est hors de question qu'on se revoit pour coucher ensemble. Tu es ma supérieure. Je suis ton employée. Voilà nos seules relations à présent.
- Parfait.
Sa réponse était froide. Pendant un instant, Emma revit la Regina glaciale qu'elle connaissait, celle du début. Elle se sentait tellement stupide de n'avoir pas su détecter la folie de la brune et d'avoir cru qu'elles pourraient former un couple un jour.
- Tu as dit que je comptais… Soupira-t-elle en un dernier essai désespéré.
- Tu comptes oui, c'est bien ça le problème.
- Je ne te comprends pas… Comment veux-tu que ça cesse si l'on continue de se voir?
- C'est toujours comme cela que j'ai fonctionné. Il m'est arrivé, depuis Daniel, de rencontrer des personnes à qui je me suis attachée. Je n'en ai jamais parlé à personne. Tu sais comment j'arrivais à refouler ces sentiments?
Emma grimaça, ne souhaitant pas franchement entendre la suite.
- En voyant d'autres personnes. Pas en arrêtant de les voir. Et ces sentiments ont toujours disparu.
- C'est quoi ton problème à ne pas vouloir te laisser aller avec quelqu'un?
- Je n'ai pas le temps, ni l'énergie.
Emma continuait à bouillonner de l'intérieur.
- Bien! Alors rentre chez toi!
Regina acquiesça sans discuter puis commença à descendre de la voiture.
- Tu vas crever seule, Regina! Lui lança simplement Emma alors qu'elle avait déjà entreprit le chemin pour rentrer chez elle.
- J'y compte bien! Lui répondit-elle froidement sans même se retourner.
Quelques jours après, Emma retourna au bureau. Elle était plus en colère qu'autre chose. Sur place, David était là et c'est ce qui la gênait le plus. Après une bonne heure de silence, il tenta:
- Emma tu sais je… je suis désolé. Pour toi.
Elle se contenta de le fusiller du regard et ne répondit pas, ce qui poussa le jeune homme à poursuivre.
- Tu sais… je lui ai fait un sacré sermon…
- A quoi ça me sert au juste David? Répondit-elle froidement. A moins que tu saches pourquoi elle ne veut pas entendre parler de relations dans sa vie, rien ne m'intéresse.
David soupira. Ce qui attira l'attention d'Emma.
- Tu sais?
- Je sais tout. Mais Emma… Je ne te dirais rien… Vraiment, c'est trop… Tu devrais l'oublier.
Il se tourna vers son ordinateur et pianota nerveusement dessus.
- Attends, quoi? David, l'oublier?
- Zily t'avait dit de ne pas t'attacher! Lui dit-il sans détacher ses yeux de l'écran.
- Mais tu as vu comment elle s'est comportée avec moi? Elle m'a laissée croire qu'il y aurait une chance, elle a changé, pris des décisions, alors pourquoi tout est si compliqué pour elle tout d'un coup? Que s'est-il passé?
- Elle m'a dit qu'elle s'était excusée auprès de toi, qu'elle avait commis une erreur de jugement en te laissant autant de libertés avec elle. Elle regrette.
- Ouais bah, c'est loin d'être suffisant.
David finit par poser les yeux sur elle.
- Je ne dis pas que c'est définitivement la fin. Mais je ne suis pas sûr que tu puisses attendre qu'elle se reconstruise.
- Est-ce qu'elle va un jour se reconstruire? Si c'est depuis Daniel ça date de longtemps.
- Crois-moi… Elle a toutes ses raisons.
Emma souffla de mécontentement et décida de ne plus adresser la parole à David. Ce dernier se retourna vers elle une dernière fois.
- Passe ton chemin… Oublie-la.
Elle ne répondit pas mais elle se demandait tout de même si David n'avait pas raison sur l'attitude à adopter. Après tout, qui la connaissait mieux que son frère?
En rentrant chez elle ce jour-là, elle surprit un véhicule garé devant son entrée. Elle fronça les sourcils puis passa devant pour rentrer chez elle. A ce moment-là, la portière avant s'ouvrit sur une jeune femme qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps.
- Tamara? S'étonna-t-elle en souriant et la prenant dans ses bras. Ça me fait tellement plaisir de te revoir. Que me vaut cet honneur?
- Ça va Emma? Une irrésistible envie de te voir.
Tamara était une ancienne collègue d'Emma, travaillant également au poste de police de New York, mais plutôt dans la section recherches. Elles s'étaient une fois embrassées lorsqu'elles avaient trop picolé mais s'étaient toutes deux résolues à laisser cet incident de côté pour préserver leur amitié. Emma conduisit son amie jusqu'à sa porte.
- Entre, je t'en prie. Comment tu as su où je vivais?
- Tu ne veux pas le savoir…
La blonde pensa immédiatement à Killian, qui était également ami avec Tamara.
- Comment va-t-il? Demanda-t-elle instinctivement.
- Comme il peut. Il n'a plus de rancœur envers toi, si tu veux vraiment tout savoir. Il commence à remonter les échelons au poste…
- Cool, je suis quand même contente pour lui…
Tamara lui sourit et remarqua un air triste sur le visage d'Emma.
- Tu as du vin? Demanda-t-elle.
- Euh, oui! Dans l'armoire du bas, là-bas.
Elle pointa du doigt le meuble et son amie entreprit d'en déboucher une, après avoir méticuleusement analysé les étiquettes. Emma apporta deux verres qui furent aussitôt remplis.
- On trinque à nos retrouvailles! Et tu vas m'expliquer pourtant tu m'as l'air aussi triste.
Emma but une longue gorgée.
- Parle-moi plutôt de toi, du poste et de comment tout se passe à New York.
La soirée passa agréablement, les deux amies riant des anecdotes racontées par Tamara. Au fur et à mesure que le temps passait, l'alcool leur montait à la tête.
- Bon tu vas finir par me raconter ou quoi?
Emma haussa les épaules et finit par lui expliquer d'un bout à l'autre sa liaison avec Regina. A bout de souffle, elle se stoppa et commença à pleurer largement dirigée par le vin.
- Woaaah, quelle salope! S'exclama Tamara.
- Eh!
- Quoi? Tu vas quand même pas t'offusquer, c'est vraiment une salope Emma!
- T'as pas tort…
Elle soupira en essayant de chasser de son esprit les souvenirs, les moments passés avec Regina avant que son amie reprenne.
- Tu mérites beaucoup mieux!
- Tu dis ça parce que tu n'as pas vu la qualité! La beauté de la meuf est incroyable.
Elle explosa de rire en pensant qu'elle n'aurait jamais osé parler d'elle comme cela sobrement. Elle ne remarqua donc pas que Tamara s'était dangereusement approchée d'elle et qu'elle allait l'embrasser.
Lorsque ce fut chose faite, elle décida de ne pas la repousser. Après tout, est-ce que c'était nécessaire? Tout le monde avait voulu lui faire comprendre qu'il fallait qu'elle s'arrête de penser à Regina, elle-même lui avait parlé de rupture d'exclusivité. Il ne s'agissait pas de la trahir, car il n'y avait plus rien. Les deux femmes échangèrent des baisers plus fougueux puis finirent par coucher ensemble.
Le lendemain, Emma se réveilla avec pour seule vue le dos nu de Tamara et ses cheveux ébènes qui tombaient. Elle ne put s'empêcher de penser à Regina. Elle se sentait stupide. Comme Graham avait pu se sentir. C'était donc ça, de tomber amoureuse de Regina.
Regina se réveilla ce matin-là dans ses draps en satin et s'étira. Elle décida de se rendre au poste car elle avait une affaire de vente de drogue dont elle voulait parler à David, puisque Graham était en congés. Elle avait décidé de ne pas porter plainte contre Daniel et avait également demandé à Henry de ne plus rien lui dire, finalement. Elle voulait simplement vivre sa vie, sans lui et sans autre problème judiciaire. Elle se prépara un café puis se dirigea vers le poste bien que l'heure ne soit pas très avancée. Elle avait de toute façon des choses à régler avec l'équipe de nuit. En arrivant, elle croisa Philippe, beau brun chef de la brigade de nuit qui l'accueillit avec des courbettes exagérées. Elle le convoqua dans son bureau.
- Madame le Maire? Fit-il étonné de sa venue si matinale.
- M. Morris, répondit-elle sèchement, quelles sont les nouvelles concernant le petit malin qui entre par effraction dans les bâtiments communaux?
- Euh…
Il commença ensuite à expliquer les quelques pistes qui s'offraient à eux devant sa patronne qui perdait patiente.
- En clair vous n'avez rien!
- Nos effectifs de nuit sont trop réduits pour couvrir tout Storybrooke, madame.
- Soit alors je les double pour la nuit prochaine.
- Comment? Mais…
- Ne vous inquiétez pas de la manière par laquelle j'effectue mon travail, M. Morris.
Philippe baissa les yeux. Cette femme l'envoutait, comme tout le monde. Il lui avait déjà fait part de son attirance et son envie d'elle, qu'elle n'avait ni repoussé, ni accepté d'ailleurs. Il saisit sa chance, s'approcha brutalement d'elle, l'attira violemment et écrasa ses lèvres contre les siennes en pressant son bassin contre le sien.
- Mmh… Fit Regina surprise qui se laissa aller à approfondir leur baiser.
Son approche lui avait plu. Philippe sentit que le vent tournait favorablement, en profita pour lui toucher la poitrine par-dessus sa robe près du corps et commença à lui déboutonner les quatre boutons de devant pour atteindre son soutien-gorge. Regina apprécia le contact, jusqu'à ce que l'image d'Emma lui apparaisse à l'esprit. Elle repoussa instinctivement le jeune homme et s'essuya les lèvres en fixant le sol.
- Pas ici, Morris. Et pas maintenant.
Philippe acquiesça de peur de représailles et quitta le bureau aussi vite qu'il y était entré.
- Merde… Souffla Regina qui était à deux doigts de casser toute la porcelaine de son bureau sous les nerfs. Qu'est-ce que j'aià la fin?
Repousser quelqu'un qui était allé aussi loin, c'était bien la première fois pour elle. Elle en avait pourtant envie, mais le contact de la peau de Philippe la révulsait presque et elle tapa du poing sur la table.
- Ressaisis-toi!
Elle secoua la tête pour chasser ses pensées et s'assit à son bureau du poste. Elle avait des coups de fil à passer.
Je sais c'est drôle l'histoire du Philippe Morris (en vrai j'ai pris le prénom du perso et le nom de l'acteur et je m'en suis rendue compte après!)
