Lisbon referma le dossier qu'elle était en train de consulter et s'étira lentement sur le canapé, étendant ses bras au-dessus de sa tête dans un geste paresseux. Ses muscles protestèrent légèrement, une sensation familière ces derniers temps. Son corps n'était plus tout à fait le sien, il appartenait aussi à cette vie minuscule qu'elle portait, et il lui rappelait constamment qu'il était en pleine transformation.

Sa main se posa machinalement sur son ventre, désormais arrondi, caressant distraitement la courbe douce sous le tissu de son t-shirt. Ce geste était devenu une habitude, un réflexe inconscient, presque instinctif. Elle laissa échapper un soupir fatigué. Pourtant, elle n'avait rien fait de particulièrement épuisant aujourd'hui. Elle s'était contentée de lire, de répondre à quelques mails, de ranger deux ou trois choses dans la maison… Mais la fatigue était là, pesante, inexpliquée et pourtant inévitable.

De l'autre côté du salon, Jane était confortablement installé dans un fauteuil en cuir, un livre ouvert sur les genoux, ses jambes étendues nonchalamment sur le repose-pieds. L'atmosphère était tranquille, à peine perturbée par le bruit du vent qui soufflait doucement contre les fenêtres. Il semblait absorbé dans sa lecture, les yeux courant sur les lignes avec une aisance presque détachée, comme s'il jouait avec les mots plutôt que de chercher une quelconque instruction. Il avait cette capacité unique à se perdre dans les livres, mais jamais au point de négliger ce qui se passait autour de lui. Lisbon le savait bien. Il ne se laissait jamais complètement absorber.

Ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne lève les yeux. Et effectivement, dès qu'il l'entendit soupirer, un petit bruit à peine perceptible, il interrompit sa lecture. Ses yeux clairs se posèrent immédiatement sur elle, scrutant sa silhouette étendue sur le canapé, et il fixa son regard sur elle avec une douceur tranquille, teintée d'une vigilance discrète, comme s'il pouvait sentir l'invisible fatigue qui s'était installée en elle sans qu'elle n'ait besoin de le dire.

— Tout va bien ? demanda-t-il, sa voix légère, presque enjouée, mais Lisbon pouvait lire dans son ton une attention silencieuse, une sollicitude qu'il dissimulait derrière son apparente décontraction.

Elle hocha la tête lentement, les yeux fixés sur son ventre arrondi, caressant distraitement la courbe sous son t-shirt. Ce geste était devenu automatique, une sorte de rituel apaisant, mais il avait aussi quelque chose de profondément intime, comme une conversation silencieuse entre elle et cet enfant qui grandissait lentement mais sûrement en elle. Lisbon sentit la fatigue l'envahir, une lassitude inexplicable qui s'était glissée dans ses os. Pourtant, elle ne voulait pas se laisser dominer par cette sensation, pas après une journée qui, en vérité, n'avait pas été particulièrement éprouvante. Quelques mails, quelques tâches ménagères… Rien qui ne justifie vraiment cette sensation de lourdeur qui l'accablait.

— Oui. Fatiguée, c'est tout, répondit-elle finalement, d'une voix un peu plus faible qu'elle ne l'aurait voulu, comme si cette fatigue était plus qu'un simple épuisement physique. Comme si elle portait en elle quelque chose de plus lourd que de la simple fatigue.

Sans aucune hésitation, Jane ferma son livre, le posant doucement sur l'accoudoir avec un bruit de pages légèrement froissées, puis se laissa tomber en arrière dans son fauteuil. Il la regarda avec un sourire tendre, ce sourire qu'il lui offrait parfois, un sourire qui disait tout sans qu'il n'ait besoin de parler. Son expression était un mélange de malice douce et de tendresse profonde, comme s'il voulait lui rappeler qu'il savait, mieux que quiconque, ce qu'elle traversait sans même qu'elle ne le lui dise.

— Tu portes un être humain en développement, Lisbon. C'est un boulot à plein temps, dit-il, d'un ton solennel, mais teinté d'une malice douce qui adoucissait ses mots.

Elle leva un sourcil, un éclat amusé dans les yeux malgré la fatigue qui commençait à l'envahir. Il ne pouvait s'empêcher d'être théâtral, même dans ses moments les plus légers. Elle le regarda un instant, appréciant la chaleur que ce sourire lui procurait.

— Merci, je n'avais pas remarqué, répondit-elle d'un ton sec, mais le coin de ses lèvres se souleva malgré elle. La réplique était sèche, presque acerbe, mais l'amusement qui se dessinait au coin de sa bouche trahissait son humour intérieur.

Jane sourit, un de ces sourires qui avaient la capacité de transformer son visage tout entier. Ce sourire à la fois charmant et malicieux, un sourire qui semblait dire qu'il savait parfaitement ce qu'il faisait, mais qu'il avait toujours ce petit quelque chose d'imprévisible. Il pencha légèrement la tête, son regard se fixant alors sur son ventre avec une concentration presque scientifique, comme s'il cherchait à percer un mystère insondable. Ses yeux se plissèrent, comme s'il tentait de voir au-delà du simple arrondi de son ventre pour comprendre ce qui se passait réellement à l'intérieur. Il semblait être à la frontière d'une découverte, comme s'il croyait qu'un simple coup d'œil suffisait à déchiffrer le secret de cette vie qui grandissait en elle.

Lisbon observa ce changement subtil dans son expression, le mélange de curiosité et d'admiration qu'il cachait derrière ses airs de spectateur amusé. Elle sourit en voyant cette concentration si intense et absurde, mais en même temps, elle comprenait bien qu'il était plus attentif à tout ce qui se passait que ce qu'il voulait bien admettre.

— Alors, ce bébé a-t-il daigné bouger aujourd'hui ?

Lisbon haussa les épaules, étirant légèrement ses jambes sur le canapé tout en cherchant à apaiser cette sensation étrange qui persistait en elle. La certitude lui manquait encore. Elle avait eu quelques impressions ces derniers jours, mais rien de suffisamment clair pour qu'elle puisse vraiment affirmer quoi que ce soit.

— Je sais pas. Parfois, j'ai l'impression de sentir quelque chose… mais c'est subtil. Un genre de gargouillement bizarre.

Jane posa une main sur son propre ventre comme si cela pouvait l'aider à mieux comprendre la sensation qu'elle venait de décrire. Il ferma les yeux un instant, concentré, comme s'il essayait de capter le même mouvement, de s'imaginer la sensation avec toute la profondeur d'un scientifique en pleine recherche.

— Ça veut dire qu'il faut faire la différence entre "bébé en train de bouger" et "trop de tacos au dîner" ?

Lisbon secoua la tête, un sourire étirant lentement ses lèvres, amusée par la comparaison décalée qu'il venait de faire.

— Exactement.

Il haussait un sourcil avec cette expression faussement indignée, une exagération qui faisait tout le charme de ses blagues.

— C'est terriblement injuste.

Elle arqua un sourcil, intriguée et sceptique à la fois, se demandant bien où il allait en venir.

— Pourquoi ?

— Parce que tu as l'exclusivité sur cette expérience. Moi, je dois juste attendre.

Lisbon éclata de rire, un éclat de joie sincère qui se fit rare ces derniers temps. Elle se redressa légèrement sur le canapé, posant une main sur son ventre comme un réflexe naturel, ce geste devenu presque réconfortant.

— Tu veux aussi tester les nausées et les maux de dos ?

Jane fronça les sourcils, un air pensif traversant son visage comme s'il pesait sérieusement la question. Ses mains se mirent à bouger de manière théâtrale, comme s'il fallait absolument évaluer l'ampleur du dilemme qu'il venait d'entendre.

— Hmm… non, ça ira.

Elle éclata de rire de plus belle, secouant la tête tandis qu'il la regardait avec un air attendri, un regard qu'il lui offrait de plus en plus souvent depuis le début de la grossesse. Cette douceur discrète, cet émerveillement tranquille dans ses yeux, lui rappela combien les choses avaient changé, et à quel point il semblait prêt à tout pour partager ces moments avec elle.

Le silence s'installa un instant, paisible, seulement troublé par le tic-tac régulier de l'horloge et le souffle du vent contre les fenêtres. Lisbon se cala un peu plus contre le dossier du canapé, savourant cette tranquillité, cette bulle de calme qu'ils partageaient avant l'arrivée imminente du chaos sous forme de berceaux, de couches et de nuits blanches.

Puis elle fronça légèrement les sourcils.

Quelque chose…

Une sensation étrange, fugace, presque imperceptible. Ce n'était pas douloureux, ni même désagréable, mais c'était différent. Nouveau. Comme un frisson venu de l'intérieur, un souffle ténu contre sa peau, une vibration infime, à peine plus forte qu'un battement de paupière.

Elle se figea, tendant l'oreille à son propre corps, essayant de capter à nouveau ce mouvement insaisissable. Son cœur s'accéléra, et pendant un instant, elle se demanda si elle ne l'avait pas imaginé, si ce n'était pas un simple spasme musculaire ou l'un de ces gargouillements dont elle avait parlé à Jane quelques minutes plus tôt.

Puis, là, juste sous sa paume posée sur son ventre, elle le sentit à nouveau.

Un frisson. Un minuscule coup, comme un battement d'aile à l'intérieur d'elle. Ce n'était plus une simple impression, ni un vague mouvement confondu avec une digestion capricieuse. C'était réel.

Son cœur rata un battement.

— Oh.

Le mot s'échappa de ses lèvres comme un souffle à peine perceptible. Lisbon resta figée un instant, ses mains s'aplatissant instinctivement sur son ventre, comme si elle avait peur que ce qu'elle venait de ressentir ne fût qu'une illusion. Un frisson d'excitation et de doute la traversa.

Jane, immédiatement alerté par ce changement subtil dans sa voix, redressa la tête avec une rapidité qui trahit l'instant d'inquiétude qu'il avait ressenti. Son livre, oublié sur l'accoudoir, glissa lentement avant de tomber sur le sol avec un léger bruit, mais il ne s'en aperçut même pas, trop concentré sur le moindre signe de Lisbon.

— Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il, son regard se posant sur elle, inquiet, curieux, tout à la fois.

Lisbon cligna des yeux, bouche entrouverte, incapable de formuler immédiatement ce qu'elle venait de ressentir. Ses mains continuèrent à caresser son ventre, lentement, comme pour s'assurer que la sensation n'était pas un simple tour de son esprit. Elle se figea, tendant l'oreille à son propre corps, essayant de capter à nouveau ce mouvement insaisissable.

Là.

Un autre minuscule coup, juste sous sa paume, léger mais distinct. Ce n'était plus un simple spasme, ni un vague gargouillement, c'était un mouvement réel, un signal timide venu de l'intérieur, un petit miracle presque imperceptible. Son souffle se suspendit, une émotion nouvelle se frayant un chemin dans sa poitrine, une émotion qu'elle n'avait jamais ressentie auparavant. C'était à la fois bouleversant et merveilleux.

— Oh mon dieu, il vient de bouger.

Jane n'attendit pas un instant de plus. Il bondit du fauteuil comme un ressort, les yeux bleus brillants d'excitation et de joie. En un éclair, il traversa la pièce, s'agenouillant précipitamment devant elle, les mains déjà tendues, comme s'il s'apprêtait à recevoir un miracle en se plaçant au plus près de ce moment fragile et incroyable.

— Quoi ? Maintenant ?!

Lisbon acquiesça, un sourire émerveillé se dessinant sur ses lèvres, une émotion pure et tangible se lisant sur son visage.

— Oui. Je l'ai senti.

Elle n'en croyait pas ses mots. Depuis des semaines, elle attendait ce moment, s'interrogeant sans cesse sur ce que cela pourrait être, sur ce que ça ferait. Elle avait scruté son ventre avec une impatience grandissante, se demandant si elle reconnaîtrait cette sensation, ce premier signe de vie. Et maintenant, c'était arrivé.

Jane, ne perdant pas une seconde, posa ses mains sur son ventre, sa délicatesse frôlant la peau tendue comme une promesse. Il les plaça doucement, avec une infinie douceur, comme s'il craignait de briser cette connexion fragile, cette toute première rencontre avec leur bébé. Ses yeux ne quittaient pas Lisbon, il attendait, suspendu à cet instant, son souffle à peine audible.

— Fais-moi sentir.

Lisbon, le souffle court, guida ses mains juste à l'endroit où elle avait ressenti le mouvement. Ils restèrent immobiles, silencieux, suspendus à l'attente. Jane fixait son ventre avec une intensité presque comique, comme s'il essayait d'établir une connexion télépathique avec leur bébé, comme s'il lui disait vas-y, bouge encore, fais-moi ce cadeau. Lisbon, elle, n'avait jamais vu son regard aussi empli d'espoir. Jane fixait son ventre avec une intensité presque comique, son regard oscillant entre espoir et concentration extrême, comme s'il essayait de communiquer par la pensée avec leur bébé. Ses doigts, posés avec précaution sur la peau tendue sous le tissu du t-shirt de Lisbon, restaient immobiles, en attente du moindre signe.

— Allez, bébé Jane, c'est le moment de briller…

Lisbon leva les yeux au ciel, déjà trop habituée à ses excentricités, mais malgré elle, un sourire amusé se dessina sur ses lèvres. Elle savait qu'il n'avait pas pu s'en empêcher, et cela faisait longtemps qu'elle ne s'en étonnait plus.

— C'est un fœtus, Jane, pas un prestidigitateur.

Il prit un air faussement indigné, les sourcils haussés, l'expression pleine de théâtralité.

— Oh, pardon, excuse-moi, j'ai oublié qu'on élevait un enfant ordinaire.

Elle ouvrit la bouche pour répliquer, un commentaire sarcastique prêt à jaillir, mais à ce moment-là…

Un léger coup. À peine perceptible. Un minuscule contact sous la main de Jane, aussi fugace qu'un souffle, mais pourtant indiscutable.

Jane se figea instantanément, ses yeux s'écarquillant sous la surprise. Ses mains restèrent suspendues dans l'air un instant, ne sachant pas comment réagir, avant qu'il ne baisse lentement les yeux sur son ventre, sa respiration marquée par l'émotion qu'il ne cherchait même pas à dissimuler. Il resta figé, comme s'il venait de toucher quelque chose d'infiniment précieux, d'inaccessible. Un moment suspendu, irréel, presque sacré.

Puis, lentement, il releva la tête vers Lisbon, la bouche entrouverte, ses yeux cherchant dans le sien la confirmation qu'il n'avait pas rêvé ce moment.

— Je l'ai senti.

Lisbon hocha doucement la tête, son sourire s'élargissant avec une tendresse qui illuminait tout son visage. C'était la première fois qu'elle le voyait aussi émouvant, aussi vulnérable, et une vague de chaleur l'envahit.

Jane resta là, silencieux, comme suspendu dans l'instant, comme si le monde autour de lui n'existait plus. Il semblait comme englouti par l'émerveillement brut de ce contact infime, mais tellement bouleversant. Puis, presque malgré lui, un rire lui échappa, léger, presque incrédule, comme un enfant qui venait d'assister à son premier tour de magie, un rire teinté d'une joie pure, sans filtre.

— C'était incroyable.

Il posa ses mains à plat sur le ventre de Lisbon, les caressant avec une douceur infinie, comme si chaque mouvement devait être parfaitement mesuré pour ne pas briser cette connexion fragile et précieuse. Il voulait sentir à nouveau ce petit miracle, prouver que ce n'était pas un hasard, qu'il y avait bien une vie qui grandissait là, juste sous ses doigts, qu'il pouvait en être le témoin privilégié.

— C'est minuscule, mais c'est réel.

Et dans ses yeux brillait une émotion pure, un mélange de joie et d'étonnement qu'il ne cherchait même pas à masquer. Lisbon sentit son cœur se serrer légèrement, touchée par cette tendresse si sincère. Jane, toujours si volubile, était sans voix, absorbé par la réalité de leur enfant.

Lisbon l'observa, son cœur se serrant légèrement devant l'émotion pure qui traversait le visage de Jane. Elle avait vu tant d'expressions sur lui – l'amusement narquois, la provocation, la malice, la tendresse subtile qu'il tentait parfois de masquer… Mais là, c'était autre chose. Un émerveillement brut, une vulnérabilité qu'il ne cherchait même pas à dissimuler.

Jane, d'ordinaire si volubile, était sans voix.

Il restait là, les mains toujours posées sur son ventre, le regard ancré sur ce point précis où il avait senti leur bébé pour la première fois. Comme s'il essayait d'imprimer cet instant dans sa mémoire, de le graver en lui à jamais.

Lisbon posa une main délicatement sur la joue de Jane, la chaleur de sa peau se heurtant à la fraîcheur de ses doigts, comme un contraste silencieux entre leur monde intérieur et extérieur. Il cligna des yeux, un peu perdu, avant de relever lentement la tête vers elle, comme s'il revenait d'un voyage intérieur, un peu plus ancré dans le moment présent.

— Ça devient concret, hein ? murmura-t-elle, une douceur dans la voix, presque une certitude cachée sous ses mots.

Jane souffla doucement, un léger sourire flottant toujours sur ses lèvres. Mais cette fois, il y avait quelque chose de différent dans ses yeux, une profondeur nouvelle, une sorte de sérénité qui n'avait pas été là jusqu'à présent. Une certitude douce, une évidence qu'il portait en lui depuis toujours, comme une vérité qu'il n'avait jamais eu à remettre en question.

— Oh, Teresa… Ça l'a toujours été.

Lisbon sentit une vague d'émotion la serrer à la gorge. Elle n'avait pas besoin de plus pour comprendre. Il avait raison.

Depuis le premier jour, tout avait été réel pour lui. Bien avant qu'il puisse voir, avant même qu'il puisse toucher, il avait su. Il l'avait su dès l'instant où elle lui avait annoncé sa grossesse, dès que l'idée d'un futur à trois s'était dessinée dans son esprit. Il l'avait su bien avant ce moment précis. Mais ce moment, où il avait senti leur bébé…

C'était comme si quelque chose venait de basculer en elle, une compréhension nouvelle, profonde et claire.

Elle le regarda, touchée par la simplicité de ses mots, et il sembla alors vouloir ajouter quelque chose. Il ouvrit la bouche, sembla réfléchir une fraction de seconde, puis esquissa un sourire taquin, la lueur espiègle et malicieuse qu'elle connaissait bien revenant dans ses yeux.

— Tu crois qu'il m'aime déjà ?

Lisbon éclata d'un rire doux, secouant la tête en souriant.

— Je pense qu'il ou elle n'a aucune idée de qui tu es.

— Faux.

Il tapota doucement son ventre du bout des doigts, un petit geste théâtral, comme s'il était en train de sceller un pacte avec ce petit être, de poser un premier contact officiel.

— Petit être, ici Patrick Jane, ton futur père. Sache que tu es déjà adoré, et que je vais t'apprendre plein de choses essentielles à la vie.

Lisbon arqua un sourcil, un peu sceptique, un sourire espiègle jouant sur ses lèvres.

— Comme quoi ?

— Les meilleures stratégies pour tricher au poker, comment repérer les menteurs, et bien sûr, comment charmer les foules.

Elle secoua la tête, amusée mais pas du tout surprise par la direction qu'il prenait.

— Parfait, on va élever un petit escroc.

Jane haussait légèrement les épaules, faussement indigné, mais son regard trahissait un fond de tendresse qu'il ne pouvait plus masquer.

— Ou un génie du crime.

— Rassurant.

Un sourire en coin flottait toujours sur ses lèvres, mais Lisbon n'avait pas besoin de plus pour voir à quel point il était touché, à quel point il était impliqué, même dans ces moments de légèreté. Il caressa à nouveau doucement son ventre, ses gestes cette fois-ci plus tendres, plus sincères. Il laissa de côté les blagues pour un instant et, avec une douceur infinie, il effleura la peau de son ventre, comme s'il voulait y laisser une part de lui.

— Quoi que tu sois, petit être, sache que tu es tombé sur une sacrée famille.

Lisbon sourit, un mélange de bonheur, de sérénité et de chaleur envahissant son cœur. Elle posa sa main sur la sienne, entremêlant leurs doigts sur ce ventre qui, bientôt, abriterait une vie, un avenir en constante évolution.

— Oui. Une sacrée famille.

Voilà pour la deuxième petite histoire, j'espère qu'elle vous plaira.