Chapitre 21 : Virée Égyptienne

Il disparut avec les trois adolescents dans une gerbe de flammes et se matérialisa dans une cour en gravier qu'ils reconnurent comme étant celle des Weasley. Fumseck repartit aussitôt, sans qu'ils sachent où, mais Harry ne s'en faisait pas. Il savait que son compagnon à plumes reviendrait sans tarder s'il avait des ennuis dont il ne pouvait se défaire seul. Les trois amis traversèrent la cour et le roux frappa contre la porte, qui s'ouvrît aussitôt sur sa mère.

Laquelle étouffa les trois garçons dans une étreinte qui donnait l'impression qu'elle ne les avait pas vu depuis des années. Elle les relâcha lorsque son fils, comme l'année précédente, lui signala qu'ils ne pouvaient pas respirer, puis les trois amis allèrent s'installer. Comme l'été précédent, Neville et Harry installèrent des matelas dans la chambre de leur ami.

Lorsqu'ils redescendirent, ils comprirent qu'il y avait un problème. Harry demanda :

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

Le père de son ami lui expliqua :

- Nous venons de gagner 1000 galions au loto de la gazette et nous comptions en profiter pour aller en Égypte rendre visite à notre aîné.

Harry acquiesça puis s'interrogea sur ce qu'ils deviendraient, Neville et lui, durant l'absence des Weasley. Il s'agissait d'un voyage en famille, après tout. Comme s'il avait deviné à quoi pensait l'adolescent, le père de famille demanda aux deux bruns :

- Ça vous dirait une petite virée en Égypte ?

Neville et lui n'eurent besoin que d'un échange de regard pour accepter, bien que le fils Londubat se demanda si sa grand-mère accepterait de le laisser partir aussi loin. Harry, lui, ne se faisait pas de soucis à ce sujet. Il savait que ses tuteurs n'y verraient aucun inconvénient. Il avait grandi sur les mers, ce qui était bien plus dangereux qu'un simple voyage en Égypte. Qui plus est, il savait se défendre et ils lui faisaient confiance pour se sortir seul des ennuis. De plus, si on leur posait la question, ils diraient que les voyages forment la jeunesse.

Il finit tout de même par aller demander en personne car le couple Weasley insista, disant qu'il serait sous leur responsabilité le temps du voyage, et revint avec une réponse positive. Ce fut en revanche plus compliqué de convaincre la grand-mère de Neville, cette dernière n'ayant pas vu son petit-fils depuis des mois, au contraire de Harry qui venait de passer plusieurs semaines avec sa famille.

L'adolescent dut lui promettre de rentrer à chaque vacances cette année scolaire pour qu'elle accepte de le laisser partir avec la famille de son ami.

Ce fut ainsi que le lendemain matin, Arthur et Molly, accompagnés de leurs enfants encore scolarisés à Poudlard - leur second fils était déjà adulte et les rejoindrait sur place - et des deux amis de Ron, emmenèrent tout le monde dans la partie magique de l'aéroport londonien. En fin de matinée, ils prirent à tour de rôle un portoloin qui les emmena dans la capitale égyptienne : Le Caire. Le deuxième fils des Weasley, Charlie, les y attendait déjà. Ce fut lui qui les accueillit à mesure qu'ils arrivaient. Lorsque tout le monde fut là, Neville et Harry lui furent présentés.

Le groupe rejoignit ensuite l'hôtel où ils logeraient, où ils retrouvèrent cette fois Bill, l'aîné de la famille. À nouveau, des présentations furent faites et Harry se fit la réflexion qu'il aurait mieux valu qu'ils soient présentés aux deux en même temps.

La répartition des chambres fut assez rapide, étant donné qu'il était inenvisageable de séparer les jumeaux et que le trio insista pour partager la même chambre. Pour les autres, Percy s'installa dans la même chambre que ses aînés, et Ginny dans celle de leurs parents.

Lorsque tout le monde fut installé et qu'ils eurent tous rangé leurs affaires, ils se retrouvèrent au restaurant de l'hôtel pour dîner. Ce fut pour tout le monde l'occasion de goûter aux spécialités locales et le moins que l'on put dire, ce fut que le dépaysement fut complet. Le lendemain de leur arrivée, ils fêtèrent tous ensemble l'anniversaire de Neville. Harry et Ron, le sachant passionné de botanique, s'étaient cotisés pour lui offrir un livre avancé dans ce domaine, qui contenait diverses informations sur des plantes magiques du monde entier qu'ils n'étudieraient jamais à Poudlard. Leur ami les remercia en leur sautant dans les bras. Pour l'occasion, le trio eut quartier libre pour la journée, à condition qu'ils soient de retour pour dîner. Les trois amis durent également promettre d'être prudents et de ne pas trop s'éloigner de l'hôtel.

Quelques jours plus tard, alors qu'ils sortaient d'une visite de pyramide, un journaliste les aborda. L'homme expliqua les avoir reconnus de loin comme étant ceux qui avaient remporté le loto annuel du ministère et ajouta travailler pour la Gazette du Sorcier. Il demanda ensuite à les prendre en photo. Ce que personne ne savait à ce moment-là, c'était que cette photo, ainsi que l'article qui l'accompagnait, arriveraient entre les mains d'un ancien Auror, injustement emprisonné à Azkaban depuis près de douze ans, et seraient le déclencheur des événements qui allaient secouer Poudlard cette année-là.

Le reste du séjour se déroula plus ou moins tranquillement, la palme revenant à la fois où les jumeaux avaient enfermé Percy dans une pyramide. Ce jour-là, Harry crut que Mrs Weasley ne s'arrêterait jamais de crier. Les plus jeunes, quand à eux, eurent beaucoup de mal à calmer leur fou rire, ce qui leur valut de se faire également passer un savon. Il sembla à Harry qu'il n'avait pas vu passer le mois d'août lorsque, environ une semaine avant la rentrée, vint le moment où ils durent plier bagages pour retourner en Angleterre.

Comme pour le voyage aller, ils empruntèrent un portoloin qui les emmena dans la zone sorcière de l'aéroport londonien, puis Arthur et Molly les ramenèrent deux par deux en faisant transplaner ceux qui n'étaient pas en âge de le faire. Harry apprit à ce moment-là l'existence de ce moyen de transport, qu'il détesta aussitôt qu'il en fit l'expérience. Il n'y avait pas à dire, les sorciers étaient très doués pour inventer les pires modes de déplacement possible. Il préférait largement les voyages avec Fumseck qui, à défaut d'être confortables, avaient au moins le mérite d'être tranquilles et de ne pas mettre son estomac à rude épreuve.

Lorsqu'ils arrivèrent au Terrier, Harry monta à la suite de ses amis et des enfants des Weasley pour aller poser ses affaires dans la chambre de Ron puis tout le monde regagna la cuisine. Ils venaient tout juste de revenir d'Egypte mais la rentrée avait lieu dans une semaine et ils devaient encore acheter leurs fournitures scolaires. Justement, les lettres contenant les listes de courses pour l'année à venir arrivèrent en même temps qu'eux.

Ils prirent sans tarder la poudre de cheminette pour aller sur le Chemin de Traverse, si bien qu'aucun d'eux ne remarqua le journal posé sur la table, qui annonçait qu'une évasion avait eu lieu à Azkaban quelques semaines plus tôt. Pourtant, ils ne purent louper l'avis de recherche placardé sur tous les murs du Chaudron Baveur, notamment celui qu'ils eurent sous les yeux en quittant la cheminée située dans l'arrière salle du bar. L'affiche montrait le visage d'un homme aux cheveux longs, sales et très emmêlés qui paraissaient ne pas avoir été lavés depuis des années. Son regard semblait fou et donna froid dans le dos à Harry, qui espéra de toutes ses forces ne jamais croiser la route de cet homme. L'affiche précisait également son nom - Sirius Black - et la prime donnée pour toute information mais pas pour quelle raison il était recherché.

Harry ne vit pas le regard des parents de son ami se voiler d'inquiétude avant de se poser sur lui lorsqu'ils virent l'affiche.

Ils se séparèrent : un groupe alla s'occuper des livres, notamment pour les différentes options, tandis que l'autre s'occupait de refaire la garde robe et la réserve d'ingrédients de potions de ceux qui en avaient besoin. Harry et ses deux amis ayant beaucoup grandi durant l'été, Ron en particulier, ils se joignirent au second groupe et confièrent leur liste de fournitures à Arthur, qui guidait le premier groupe.

Ils commencèrent par l'apothicaire, où Harry préféra rester en retrait. Il n'avait, après tout, pas besoin de renouveler sa réserve d'ingrédients. Qui plus est, le regard insistant que le vendeur posait sur son front le mettait très mal à l'aise. Il s'attendait presque à le voir s'agenouiller devant lui comme s'il était Dieu en personne, ou une connerie du même genre.

Cela n'arriva pas, pour son plus grand soulagement. En revanche, l'homme refusa qu'ils payent leurs achats sous prétexte qu'il, je cite, « se sentirait mal s'il traitait Harry Potter comme n'importe quel autre client ». Hors, Harry ne demandait que ça, d'être traité comme n'importe qui d'autre. Il fallut son intervention et celle de Mrs Weasley pour que l'homme comprenne qu'il était en tort. Et encore, il refusa qu'ils payent la totalité de leurs achats et insista pour leur faire un prix, ce qui mit Harry dans une colère noire, bien qu'il n'en montra rien.

Il détestait que sa célébrité dans son pays natal lui accorde des passe-droit et n'avait pas décoléré lorsqu'ils arrivèrent devant la boutique de Mrs Guipure. La rencontre qu'ils y firent n'arrangea rien, puisqu'ils croisèrent le fils Malefoy qui, comme à son habitude, ne se gêna bien évidemment pas pour les provoquer. Neville et Ron, sentant probablement que Harry ne pourrait s'empêcher de frapper le blond s'il venait à intervenir, se chargèrent pour lui de le remettre à sa place.

L'héritier Malefoy sembla sur le point de dire quelque chose, lorsque son regard croisa celui, brûlant de fureur, de Harry. Personne ne sût ce qu'il y vit mais cela suffit visiblement à lui faire comprendre qu'il valait mieux qu'il garde pour lui ce qu'il avait à dire.

Ils passèrent ensuite commande et la vendeuse leur dit de revenir d'ici une vingtaine de minutes. Il fallut tout le temps que dura la préparation de leurs achats, qu'ils passèrent attablés devant le glacier du chemin de traverse, pour que Harry se calme.

Lorsqu'ils eurent récupéré les uniformes pour Poudlard, ils rejoignirent l'autre groupe là où ils s'étaient séparés puis rentrèrent au Terrier. Ce ne fut qu'à ce moment là qu'ils purent déballer leurs affaires et s'installer, tout en sachant qu'il leur faudrait refaire leurs valises à la fin de la semaine pour retourner à Poudlard.

Le soir même, le trio apprit, en même temps que le reste de la famille, que Percy avait été nommé Préfet en Chef. Quand ils regagnèrent la chambre du plus jeune fils de la famille, ce dernier et Neville expliquèrent à Harry, qui n'en avait jamais entendu parler, le système des préfets.

Ron remarqua mais sans s'en inquiéter que Croûtard, le rat qu'il avait hérité de Percy, ne semblait pas très en forme. Il se dit toutefois que cela devait être normal, car l'animal était dans leur famille depuis aussi longtemps qu'il pouvait s'en souvenir. Percy l'avait recueilli dans son enfance et le rongeur l'avait suivi à Poudlard, jusqu'à que son frère aîné obtienne son insigne de préfet deux ans plus tôt. À ce moment là, leurs parents avaient offert un hibou au nouveau préfet et c'était lui qui avait hérité de l'animal.

L'adolescent roux s'endormît sur ces pensées. La semaine passa rapidement et le matin du premier septembre, ce fut la famille Weasley au grand complet, accompagnée de Harry et de Neville, qui embarqua dans la voiture - magiquement agrandie - que le ministère avait fourni à Arthur pour l'occasion.

Harry, occupé à discuter avec ses amis, ne vit pas passer le trajet. Lorsqu'ils arrivèrent à la gare, tout le monde descendit et les jeunes partirent l'un après l'autre en direction du quai 9 . Arthur, contre l'avis de sa femme, prit Harry à part pour lui expliquer ce qui s'était passé durant l'été. L'adolescent demanda au père de son ami :

- Pourquoi ne me le dire que maintenant ? J'aurais pu l'encaisser dès le début.

- Je sais… Mais je voulais que tu puisses profiter pleinement de tes vacances.

Le plus jeune acquiesça et traversa la barrière après avoir remercié Mr Weasley de l'avoir mis au courant. Bien qu'il n'en ait rien dit, Harry soupçonnais également que sa femme lui ait interdit d'aborder le sujet avec lui à partir du moment où ils avaient pris connaissance de l'événement, probablement juste après leur retour d'Egypte. Sans doute le jour même où peut-être le lendemain.