Chapitre 26 : Le traître démasqué

Harry souhaita une bonne nuit à ses amis puis s'endormit très rapidement, en espérant que l'année se poursuive aussi calmement qu'elle avait commencé.

Le matin de la rentrée, les cinq occupants du dortoir eurent du mal à émerger, encore habitués au rythme des vacances. Harry fut le premier à y parvenir, cela étant sans doute dû au fait qu'il avait l'habitude de se lever tôt depuis son plus jeune âge. Il réveilla les quatre autres un à un et, hormis Neville et Ron qui s'étaient calqués sur son rythme depuis leur rencontre, il eut bien du mal à les lever. Il fut même obligé de priver Dean et Seamus de leur couverture pour qu'ils consentent à sortir de leur lit.

Une dizaine de minutes puis tard, les cinq garçons de troisième année arrivèrent dans la salle commune. Ils ne s'y attardèrent pas et sortirent rapidement dans le couloir afin de rejoindre la grande salle.

Ils s'assirent à leur table et commencèrent leur petit déjeuner. Peu de temps après leur arrivée, une jeune fille blonde vint les voir. Les élèves présents la reconnurent comme étant celle que Harry et ses deux amis avaient prise sous leur aile. La jeune Serdaigle salua ses amis et s'assit à côté d'eux. Certains tentèrent de protester mais personne ne fit attention à eux. Un élève dans la foule ajouta que ce n'était pas non plus comme si la nouvelle venue avait été à Serpentard, ce à quoi tout le monde acquiesça.

Quelques minutes plus tard, la salle se vida progressivement et tous les élèves de l'école remontèrent chercher leurs affaires de cours. Les Gryffondor de troisième année commençaient par un cours de potion. Depuis septembre, Harry faisait de son mieux pour se tenir à carreaux durant ces moments car le professeur Rogue, pour une raison qu'il ignorait toujours, n'appréciait pas de l'avoir comme élève, mais appréciait visiblement encore moins qu'il se soit rapproché du professeur Lupin et ne cessait depuis des mois de chercher une occasion de le lui faire payer.

Ce cours là se passa aussi bien que pouvait se passer un cours de potions commun à Gryffondor et Serpentard.

Harry, Neville et Ron continuaient également de chercher un moyen d'aider Hagrid à gagner le procès que lui avait intenté Lucius Malefoy mais cela était visiblement assez mal parti.

Les jours qui suivirent la rentrée, l'adolescent commença également à prendre des cours particuliers avec le professeur Lupin, afin d'apprendre à se défendre contre les détraqueurs.

L'adulte lui expliqua qu'il avait trouvé un épouvantard qu'il gardait enfermé dans une malle et que c'était de cette créature qu'ils allaient se servir pendant les cours, ne pouvant bien évidemment pas se permettre de faire venir un véritable détraqueur, pour des raisons de sécurité.

Lors des premiers cours, Harry était trop tétanisé par le pseudo-détraqueur pour réussir à se concentrer suffisamment pour réfléchir à un souvenir heureux. Il y parvenait cependant de mieux en mieux au fil du temps. Une fois cette première étape franchie, il lui avait fallut trouver un souvenir heureux qui soit assez puissant mais cela n'avait pas été très compliqué. Le jour où il avait appelé Roger « papa » pour la première fois était, encore aujourd'hui, le plus beau de sa vie.

Il s'était écoulé près d'une dizaine d'années depuis, mais il s'en souvenait encore comme si c'était hier. C'était environ deux mois après son arrivée à Logue Town. Comme toutes les nuits depuis que les deux pirates l'avaient recueilli, il s'était réveillé en hurlant à cause d'un cauchemar où il voyait Vernon venir le chercher.

Comme à chaque fois que ça arrivait, ses bienfaiteurs, prévenus il ne savait comment, s'étaient précipités dans sa chambre et il s'était jeté dans leurs bras. Même des années plus tard, il ne savait pas exactement ce qui avait motivé cette réaction. Toujours était-il que, ce jour-là, dans les bras de l'homme qui deviendrait son père, il avait murmuré pour la première fois "merci papa". L'adulte était resté immobile durant un long moment, trop stupéfait pour réagir, avant de simplement resserrer son étreinte autour de l'enfant et de répondre "de rien, mon fils".

Harry raconta son souvenir à son professeur, qui hocha positivement la tête. Au cours de cette séance, l'adolescent parvint à produire un nuage de fumée informe, sous les yeux ébahis du plus âgé. L'homme était presque choqué de voir un adolescent de treize ans réussir là où des centaines de sorciers adultes avaient échoués.

Lorsque l'adulte le lui expliqua en réponse à son regard interrogateur, Harry se contenta de répliquer, l'air presque blasé :

- C'est une habitude chez moi de ne rien faire comme tout le monde, on dirait…

Après cela, Remus raccompagna Harry jusqu'à la salle commune de Gryffondor. Ses collègues avaient beau savoir qu'il donnait des cours particulier au jeune rouge et or, ils préféraient tous deux ne pas prendre de risques.

À la fin du mois, les jumeaux Weasley embarquèrent Harry dans une salle de classe vide pour lui montrer un morceau de parchemin qui, d'après eux, les avait beaucoup aidés depuis qu'ils l'avaient trouvé dans le bureau de Rusard lors de leur première année. Harry était d'humeur joueuse ce jour-là et les laissa se lancer dans de longues explications, sans jamais leur dire qu'il savait déjà de quoi il était question. Remus lui avait parlé de la carte lors de l'une de leurs précédentes conversations.

Ce ne fut qu'à la fin, lorsqu'ils virent son sourire malicieux, que les jumeaux comprirent que le plus jeune les avait laissé parler pour rien. Ils protestèrent pour la forme mais ne lui en tinrent pas rigueur, sachant qu'ils auraient également été capables de faire un coup du même genre.

Après le départ des jumeaux, Harry parcourut la carte du regard. Au bout de quelques minutes d'observation, il tomba sur un nom intriguant. En effet, l'un des points présents sur la carte portait le nom de… Peter Pettigrow. Le plus étrange étant que le point portant le nom de Ron était juste à côté. L'adolescent se rappela alors de la conversation d'Halloween, où Sirius et Remus lui avaient appris que Pettigrow était vivant et se cachait dans la famille Weasley. Pensant que son ami était peut-être en danger, Harry parti en courant sans quitter la carte du regard. Il se rendit vite compte que le chemin qu'il empruntait le menait à sa salle commune. Arrivé devant le tableau, il prononça le mot de passe et entra dans la pièce.

Tout en gardant un œil sur la carte, il parcourut la distance qui le séparait de son ami et vit que ce dernier tenait son rat dans les mains. Harry réflechit à un moyen d'avertir son ami sans s'attirer ses foudres. D'autant qu'en posant les yeux sur la carte, il avait désormais la confirmation que Croûtard était bien Pettigrow.

Le brun signala sa présence à son ami. Le plus âgé sursauta, ne l'ayant pas entendu arriver. Harry s'installa en face de lui et raconta ce qui venait de se passer avec ses frères, puis ce qu'il avait vu après le départ des jumeaux et comment, en voyant le nom de son ami à côté de celui de Pettigrow, il en avait déduit que ce dernier était en réalité Croutard.

Ron, au début, refusa d'y croire. Il demanda à Harry s'il avait des preuves de ce qu'il avançait. Ce dernier lui montra la carte, sur laquelle l'emplacement de l'animal de compagnie du roux correspondait à celui de l'étiquette portant le nom du traître, et lui rappela également la conversation d'Halloween, durant laquelle il avait appris que Pettigrow était vivant et qu'il avait par la suite rapportée à ses amis.

Le plus âgé fut obligé de se rendre à l'évidence : son rat n'en n'était pas vraiment un. Il demanda à Harry :

- Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?

Harry prit le temps de réfléchir à la situation puis répondit :

- Commence par enfermer Croûtard là où il ne pourra pas s'enfuir pendant que je vais chercher Neville et Luna et leur expliquer la situation. Ensuite, on se retrouve devant la salle du septième étage qu'on avait trouvé en première année. À ce moment-là, on décidera quoi faire de Pettigrow.

Ron acquiesça d'un simple signe de la tête puis les deux adolescents se séparèrent. Harry partit à la recherche de leurs amis tandis que lui-même alla dans le dortoir, Croûtard toujours dans la main, et fouilla dans sa valise en quête de ce qui pourrait servir de prison au traître.

Il trouva rapidement un bocal à la propreté douteuse, qui avait dû, à une époque, contenir des ingrédients de potion. Il lâcha le rat dans le bocal et referma ce dernier après avoir fait des trous dans le bocal. Il quitta ensuite la salle commune et prit la direction du lieu de rendez-vous donné par son ami.

Harry, de son côté, pour ne pas avoir à chercher ses deux amis au hasard dans tout le château, et s'épargner une perte de temps inutile, déploya son haki de l'observation dès qu'il fut dans le couloir. Il chercha les "voix" de Neville et de Luna. Il trouve son ami près des serres de botanique et la jeune fille, à proximité de l'entrée de la salle commune des bleus et bronze.

L'adolescent décida d'aller chercher Luna en premier, puisqu'elle était la plus proche de sa position. Il prit donc la direction de la salle commune de Serdaigle. Il arriva rapidement à destination et interpella la plus jeune, qui tourna vers lui, surprise :

- Harry ? qu'est-ce qui t'amène par ici ?

Le garçon répondit :

- Je ne peux pas te le dire ici. Va jusqu'au septième étage. Normalement, tu devrais croiser Ron en chemin.

Harry lui expliqua que leur ami commun saurait lui dire où aller, puisqu'il lui avait donné rendez-vous au même endroit.

Ils partirent ensuite chacun de leur côté. Harry alla en direction des serres, là où il avait repéré son ami un peu plus tôt, tandis que Luna partit vers les étages supérieurs.

Il ne mît pas longtemps à trouver Neville et lui expliqua rapidement la situation tout en l'emmenant au point de rendez-vous.

Lorsqu'ils arrivèrent à destination, les deux autres les attendaient devant la porte. Harry eut un air satisfait à la vue du bocal que Ron avait entre les mains. Il ne lui avait pas demandé d'emmener le rat mais, avec le recul, c'était effectivement une bonne idée. Ne serait-ce que pour donner du crédit à l'histoire qu'ils allaient raconter.

Une porte apparut après quelques secondes et ils entrèrent. La salle contenait tout ce dont ils avaient besoin pour discuter en étant confortablement installés.

Ils se répartirent sur des poufs, autour d'une table. Ron posa son bocal sur la table puis Harry commença à raconter tout ce qui s'était passé depuis le moment où Fred et Georges lui avaient donné la carte.

Les deux autres les crurent sur parole. Neville parce qu'il connaissait assez bien ses deux amis pour savoir qu'ils n'auraient jamais menti sur un sujet aussi important et Luna parce qu'elle savait, instinctivement, qu'ils disaient la vérité.

Ce fut d'ailleurs elle qui demanda :

- Comment on va faire pour le livrer au ministère ?

Ils y réfléchirent tous pendant un moment puis Harry eut une idée, qu'il exposa :

- Je peux demander à Fumseck d'amener le professeur Lupin ici, pour qu'il redonne sa forme humaine au rat.

Les autres approuvèrent l'idée et Harry appela donc mentalement le phénix, qui apparut aussitôt. L'adolescent demanda :

- Tu peux aller chercher le professeur Lupin s'il te plaît ?

L'oiseau mythique lança un cri joyeux, que Harry pris comme une réponse positive, puis disparut.

Fumseck revint quelques secondes plus tard avec la personne demandée. Le professeur se demanda au départ ce qu'il faisait là, jusqu'à ce que Harry lui explique qu'ils avaient capturé Pettigrow, et comment ils l'avaient fait, puis lui demande :

- Vous pouvez lui rendre sa forme humaine ?

L'adulte accepta sans hésiter mais, avant de s'exécuter, pris tout de même la précaution d'immobiliser le rat. Il sortit ensuite ce dernier du bocal où il était enfermé et lança le sort qui permettait de rendre sa forme humaine à un animagus. Une fois que ce fut fait, le professeur ligota le traître et se tourna vers les enfants

:

- Merci à vous tous. Je vais l'amener au ministère.

À la demande de Harry, Fumseck transporta le professeur et son prisonnier jusqu'au ministère. Peu après, il revint avec l'adulte, qui était seul cette fois et confirma que Pettigrow avait bien été livré.

Ils quittèrent la salle et la journée reprit son cours. Le lendemain, l'arrestation de Peter Pettigrow était en Une du journal. Dès la fin de son petit-déjeuner, Harry s'empressa d'écrire une lettre à son père pour lui annoncer la bonne nouvelle. De son côté, en lisant le journal, Dumbledore manqua de faire une crise cardiaque.

Le journal annonçait également que les aurors avaient réussi à faire avouer Pettigrow et que ce dernier dormirait désormais à Azkaban. L'autre information donnée, et qui inquiéta Harry, fut la date du procès pour cette affaire : ce dernier aurait lieu dans un mois, le 27 février 1994.

L'adolescent joignit l'exemplaire du journal à la lettre destinée à son père afin que ce dernier puisse informer Sirius de l'avancée des évènements, puis confia comme à son habitude l'enveloppe à Fumseck.

OoooO

L'oiseau de feu disparut puis refit son apparition dans la cabine du capitaine du navire. Capitaine qui fut ravi de le voir et récupéra l'enveloppe qui portait son nom.

Il l'ouvrit et sortit la lettre qu'elle contenait et s'apprêtait à la déplier pour la lire lorsqu'il entendit quelque chose tomber. Le pirate se pencha et ramassa ce qu'il identifia comme un exemplaire de journal. Il vit le nom - La Gazette du Sorcier - et compris que son fils avait dû glisser le journal dans l'enveloppe avec sa lettre.

Ce qui ne pouvait signifier qu'une seule chose : le journal devait contenir des informations importantes. Il connaissait assez bien Harry pour savoir que sinon, il se serait contenté de citer l'article concerné. L'adulte commença donc à lire le journal et comprit vite pourquoi Harry l'avait envoyé : l'identité du véritable traître faisait la Une.

Roger quitta sa cabine et alla frapper à celle de Sirius, sachant que la nouvelle plairait à son invité. Lequel ouvrit tout de suite la porte et fut étonné de le trouver là. L'animagus demanda :

- Que se passe-t-il ?

Pour toute réponse, le plus âgé lui tendit le journal. L'évadé se plongea dans la lecture de l'article. Il se retint très difficilement de sauter de joie en apprenant l'arrestation de Pettigrow. En revanche, apprendre qu'il y aurait quand même un procès doucha immédiatement son enthousiasme.

Le capitaine laissa donc Sirius avec le journal et regagna sa cabine. Avant de commencer à lire la lettre de Harry, il appela son second, sachant que ce dernier voudrait la lire également. Son ami arriva quelques secondes plus tard.

Le brun déplia la lettre et les deux la lurent ensemble :

Salut papa !

Ici tout va bien. Depuis la rentrée des vacances de Noël, Remus m'apprend à me défendre contre les détraqueurs. Pour l'instant, je ne réussi à produire qu'un nuage de fumée informe mais lui dit que c'est mieux que ce dont sont capables la plupart des adultes qui essayent de produire un patronus. Si j'arrive à en faire un corporel d'ici la fin de l'année, je vous le montrerais quand je rentrerais cet été.

En dehors de ça, je pense que tu as dû comprendre pourquoi je t'avais envoyé un exemplaire du journal, et non simplement l'article concerné. Je te laisse en discuter avec lui, mais je pense qu'il serait mieux que Sirius retourne en Angleterre la semaine avant le procès pour que personne ne puisse se demander où il était, bien que très peu de monde le sache et que je fasse entièrement confiance à tous ceux au courant.

Ne t'attires pas d'ennuis,

À bientôt,

Harry

PS : Est-ce que Remus pourra venir cet été ? Je pense que ça ne peut pas leur faire de mal, à Sirius et lui, d'avoir du temps pour eux loin de l'Angleterre

Les deux hommes acquiesçèrent et Roger répondit à la lettre de son fils, tandis que Rayleigh allait soumettre à Sirius la proposition du plus jeune. Bien entendu, l'ancien détenu fut ravi à cette idée et donna son accord sans hésiter une seconde. Il demanda si Fumseck pouvait rester encore un moment, le temps qu'il écrive une lettre à Harry et, quelques minutes plus tard, le phénix repartait avec deux lettres accrochées à une patte.

OoooO

En début de soirée, après le dîner, Harry regagna sa salle commune et trouva Fumseck qui l'attendait avec non pas une, mais bien deux lettres. Il ouvrit celle qui portait l'écriture de son père et la lut immédiatement. Il se montra plus prudent avec l'autre, qui ne semblait pas provenir de quelqu'un qu'il connaissait. Il la déplia et commença à la lire :

Bonjour Harry (ou bonsoir, selon quand tu liras cette lettre),

Je sais que tu ne devais pas t'attendre à en recevoir une en plus de celle de ton père mais je tenais à t'écrire en personne pour te remercier.

Rayleigh m'a dit que tu avais demandé si Remus pouvait venir cet été, et que tu l'avais fait pour que j'ai l'occasion de passer du temps avec lui loin de l'Angleterre donc merci.

À bientôt,

Sirius O. Black

Après cela, Harry répondit aux deux lettres et confia les réponses à Fumseck, qui disparut aussitôt. Ensuite, il se mit à ses devoirs puis alla se coucher aussitôt qu'il eut fini.

Entre ses cours particuliers, ses cours et le temps passé avec ses amis, Harry ne vit pas passer les trois semaines qui suivirent. Avant qu'il ait eu le temps de s'en rendre compte, il ne restait que sept jours avant le procès. Le 20 février, à la fin de sa journée de cours, il envoya Fumseck chercher Sirius. Il avait en effet été décidé que ce dernier passerait la dernière semaine de février dans les appartements de son ami d'enfance.

Cette semaine-là, Harry passa la majeure partie de son temps libre dans lesdits appartements et en profita pour présenter ses amis aux deux Maraudeurs.

Le 27 au matin, Sirius et Remus quittèrent Poudlard en passant par la grille. Afin que Dumbledore ne découvre pas la présence de l'évadé, Harry accepta de prêter sa cape à ce dernier. Lui-même aurait aimé assister au procès mais était conscient que Dumbledore n'aurait jamais cédé à sa demande. D'autant plus que le directeur, qui serait également présent au procès, ignorait qu'il savait être le filleul de Sirius.