Chapitre 29 : Du grabuge à la coupe du monde de Quidditch

Il disparut avec le trio puis refit son apparition dans une gerbe de flammes, dans la cour du Terrier.

En ne voyant pas leurs bagages, les garçons supposèrent que Fumseck les avait déposés directement à l'intérieur. Ils traversèrent la cour et Ron frappa à la porte. Peu de temps après, elle s'ouvrît sur sa mère.

Après avoir pris le trio dans une étreinte digne d'un ours, Mrs Weasley leur fit signe d'entrer. Les trois amis montèrent dans la chambre, où ils retrouvèrent leurs valises comme prévu. Ils constatèrent également que la pièce avait été aménagée afin qu'ils puissent y dormir tous les trois, puisque deux matelas avaient été ajoutés sur le sol. Les trois amis s'installèrent et Ron vida sa valise dans ses placards puis ils descendirent saluer le reste de la famille.

À cette occasion, Harry et Neville revirent les deux aînés de la fratrie, Bill et Charlie. Une fois les salutations faites, les jumeaux proposèrent un match amical de Quidditch au trio, ainsi qu'à tous ceux que cela intéressait. Si Harry et Ron sautèrent sur l'occasion, Neville déclina et se porta volontaire pour arbitrer.

Les deux équipes furent rapidement composées. Harry, Ron et Bill d'un côté. Charlie et les jumeaux de l'autre. Et Neville comme arbitre. Harry avait beau être très doué, son adversaire avait huit ans de plus que lui et l'expérience qui allait avec. Qui plus est, les jumeaux pouvaient anticiper ses trajectoires, ayant l'habitude de jouer avec lui. L'autre équipe remporta une victoire écrasante : 260 à 110.

Harry et ses deux coéquipiers félicitèrent leurs adversaires puis ils retournèrent tous à l'intérieur. En les voyant arriver, la première réaction du couple Weasley fut de les envoyer prendre une douche.

Une fois ceci fait, les garçons revinrent dans la cuisine. Quand approcha l'heure du dîner, Harry demanda à ses hôtes s'il pouvait faire quelque chose pour aider. Le couple lui répondit que non, mais que c'était gentil de proposer.

Les trois premières semaines du mois d'août se passèrent sans encombre. La seule chose notable fut le report dans la gazette de la disparition d'une employée du ministère du nom de Bertha Jorkins. Mais comme cette dernière était également réputée pour être très étourdie, personne ne s'inquiéta de sa disparition.

Enfin arriva le moment que tous attendaient : la finale de la coupe du monde de Quidditch. Le matin du jour où le match devait avoir lieu, les Weasley et leurs invités se levèrent très tôt. Si le trio n'eut aucun mal à sortir du lit, on ne pouvait pas en dire autant du reste de la fratrie.

En arrivant dans la cuisine pour prendre son petit déjeuner, Harry entendit l'un des jumeaux se plaindre que leurs aînés, eux, n'étaient pas obligés de se lever aux aurores. Il s'arrêta sur le seuil au moment d'entrer lorsque la mère de famille répondit :

- Ils sont majeurs et nous rejoindront directement sur place en transplanant.

Harry se racla la gorge pour signaler sa présence, attirant l'attention sur lui. Aussitôt, Mrs Weasley fondit sur lui pour lui demander ce qu'il voulait manger. L'adolescent répondit :

- Une omelette et une tasse de café au lait, s'il vous plaît.

Il s'installa à table après avoir demandé s'il pouvait se rendre utile. Une fois que tout le monde eut avalé son petit déjeuner et fut prêt à partir, Mr Weasley et les jeunes prirent la direction de la colline où ils avaient rendez-vous avec un collègue de travail d'Arthur pour prendre un portoloin. Mrs Weasley avait préféré rester afin de s'occuper de l'achat des fournitures scolaires, les lettres étant arrivées quelques jours plus tôt. Harry avait d'ailleurs été étonné que la liste des fournitures mentionne que les élèves devraient également, cette année, se munir d'une robe de soirée. Cela ne lui disait rien qui vaille, lui qui avait en horreur tout ce qui ressemblait de près où de loin tout ce qui touchait à la noblesse.

Le collègue en question, un dénommé Amos Diggory, qui leur présenta son fils, Cédric, en précisant à quel point il était fier de lui et en insistant sur le fait que l'adolescent avait battu Harry au Quidditch.

Le fils Diggory s'empressa de calmer les ardeurs de son père en ajoutant que c'était parce que le plus jeune avait fait une chute qui aurait pu lui être fatale parce que des détraqueurs avaient fait irruption sur le terrain en plein milieu du match. Cela n'eut aucun effet sur l'adulte qui continua de clamer à quel point son fils était génial.

Harry était partagé. Il était bien évidemment reconnaissant à Cédric pour son intervention mais il sentait également qu'il n'allait pas supporter Mr Diggory très longtemps si ce dernier continuait ainsi. Heureusement pour les nerfs de l'ado, leur moyen de transport finit par arriver. Il suivit l'exemple des autres et posa un doigt dessus.

Quelques secondes plus tard, il se sentit comme tiré par le nombril avant d'atterrir - de s'étaler serait plus exact - sur une surface plane. Harry n'eut pas le temps de se relever avant que ses deux amis puis les jumeaux ne lui tombent littéralement dessus.

Tandis que les jeunes se relevaient, le couple Weasley et les deux Diggory atterrirent en douceur, sans doute plus habitués qu'eux à ce moyen de transport. Ils se dirigèrent ensuite vers le guichet - tenu par un moldu - et récupérèrent le numéro de leur emplacement.

En partant, Harry entendit quelqu'un jeter un sort de confusion au guichetier. Le garçon interrogea Mr Weasley, qui marchait à côté de lui :

- Est-ce que ce genre de pratiques ne pose pas un problème d'éthique ?

- Le fait de rendre les moldus confus pour préserver notre existence ?

- Oui.

- C'est une très bonne question, Harry… Honnêtement, je n'en ai aucune idée. Je suppose que c'est plus simple que de poser un sortilège de repousse moldus où que d'effacer la mémoire de tous ceux qui seraient susceptibles d'être accidentellement témoins de magie.

Après cela, la conversation revint à des sujets plus détendus.

Peu de temps après, ils arrivèrent à destination. Tout le monde fut mis à contribution pour installer les tentes, aller chercher de l'eau et allumer un feu de camp.

Le trio fut envoyé remplir des seaux d'eau. Lorsqu'ils revinrent, Mr Weasley se débattait avec une boîte d'allumettes. Harry lui proposa son aide, que l'adulte accepta sans hésiter.

La journée se passa bien et, en fin d'après-midi, ils prirent la direction du stade. En chemin, Harry se fit la promesse d'écrire une lettre à Sirius et Remus pour leur raconter le match dès qu'il le pourrait. Il se dit qu'il était dommage que les deux hommes n'aient pas pu avoir de places pour le match mais ce n'était pas très étonnant, sachant que Sirius avait été en cavale durant une bonne partie de l'année scolaire précédente.

En arrivant au pied du stade, l'adolescent put constater à quel point il était immense. Il était bien plus grand que celui de Poudlard. Il suivit le reste du groupe et commença à monter dans les gradins. L'avantage d'être avec quelqu'un de haut placé au ministère était qu'ils avaient droit à des places proches de la loge du ministre en personne.

En revanche, sa joie retomba immédiatement lorsqu'il vit qui était installé dans la rangée située juste au-dessus de la leur. Malefoy, père et fils, accompagnés d'une femme qui, au vu de leur ressemblance, était vraisemblablement la mère du second. Heureusement, Malefoy avait le regard rivé sur le terrain et ne remarqua donc pas leur présence.

Après la présentation des mascottes des pays représentés par les deux équipes, le commentateur annonça les noms des joueurs et les deux équipes firent leur entrée sur le terrain.

Le match démarra sur les chapeaux de roues. Harry était impressionné : cela n'avait rien à voir avec ce à quoi Poudlard l'avait habitué. Peu de temps après le début de la partie, son attention fut attirée par un mouvement derrière lui. Il se retourna, sur ses gardes, et se détendit en voyant qu'il ne s'agissait que de Fred et Georges, visiblement en train de parier sur l'issue de la rencontre. Après quelques secondes de réflexion, il enjamba le rebord de son siège et se joignit à eux :

- Salut les jumeaux !

Les deux roux sursautèrent : ils ne l'avaient pas entendu arriver. Après un échange de regard, ils lui demandèrent :

- Qu'est-ce qui t'amène par ici ?

Ils avaient peur que quelqu'un remarque ce qu'ils faisaient : leur mère les tueraient si elle venait à apprendre qu'ils pariaient de l'argent.

Ce à quoi le plus jeune répondit, le plus naturellement du monde :

- Je me joins à vous.

Les jumeaux se décalèrent pour lui faire de la place. Après tout, eux aussi pariaient alors qu'ils étaient mineurs. Qui étaient-ils pour le lui reprocher ?

Harry, qui n'y connaissait rien au Quidditch international, décida de parier sur la même chose que les frères de son ami : que Krum, l'attrapeur Bulgare et grand favori de la rencontre, attraperait le vif d'or mais que l'Irlande remporterait quand même le match. Après cela, il se retourna pour faire face au terrain et se réinstalla sur son siège.

Quelques heures plus tard, il sut qu'il avait eu raison de suivre les jumeaux, puisqu'ils gagnèrent leur pari. Le duo alla voir Ludo Verpey, celui avec qui ils avaient parié, puis rejoignit Harry. Ils lui donnèrent sa part de la somme gagnée.

L'adolescent les remercia puis alla vers ses amis. Les deux lui demandèrent où il était passé et il expliqua ce qu'il avait fait, en montrant la bourse qui contenait ce qu'il avait gagné. Les deux autres jetèrent un coup d'œil et Neville remarqua quelque chose d'étrange :

- Harry…

- Oui ?

Il se tourna vers son ami :

- Nev, tu m'inquiète la. Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Ta bourse est en train de se vider…

Harry baissa les yeux et constata qu'effectivement, l'argent que lui avaient donné Fred et Georges était en train de se volatiliser. Il s'apprêtait à aller voir les jumeaux dans le but de leur demander des comptes mais ils n'en n'eut pas besoin. Ils vinrent d'eux-mêmes vers lui. Les deux Weasley parlèrent en même temps et leurs explications furent plutôt décousues mais il en comprit l'essentiel : Verpey les avait arnaqués en leur refilant à tous les trois de l'or de farfadet qui, lui expliquèrent-ils, était particulièrement réputé pour s'évaporer au bout de quelques minutes.

En entendant cela, Harry eut une furieuse envie d'aller en coller une à l'adulte. Ses amis, voyant sa colère, lui apprirent que l'homme était employé au ministère et que s'en prendre à lui ne ferait que lui attirer des ennuis. Harry acquiesça. Il lui arrivait, certes, d'agir sans réflechir, souvent sous le coup de l'énervement, mais il n'était quand même pas idiot à ce point.

Ils ne s'en étaient pas rendus compte, plongés dans leur conversation, mais ils avaient fini par arriver à l'emplacement où leur tente était installée. Même si l'équipe qu'ils supportaient avait perdu le match, ils firent la fête jusque tard dans la nuit pour célébrer la performance de Krum.

Ils finirent par aller se coucher mais les Irlandais, eux, célébrèrent leur victoire pendant encore un moment. Leurs cris de joie ne s'étaient tus que depuis quelques minutes lorsqu'ils furent remplacés par d'autres bruits, beaucoup plus inquiétants : des hurlements de terreur et des explosions.

Harry fut le premier à réagir et sortit de la tente, ses deux amis sur les talons. Du coin de l'œil, il vit le reste de leur groupe les imiter. À l'extérieur, tout n'était que chaos. Les cris de terreur se firent plus puissants, attirant l'attention générale. Harry, comme toutes les personnes présentes, leva le regard vers leur provenance. Un groupe de personnes, dont seules les silhouettes pouvaient être distinguées, à cause de la distance, faisait flotter dans les airs la famille moldue à qui appartenait le camping et les ballotaient dans tous les sens.

L'adolescent se sentit bouillir de rage devant le sort infligé à ces moldus. Les pauvres se retrouvaient mêlés à ça alors qu'ils n'avaient rien demandé à personne. Il réussit à se contenir avec beaucoup de difficultés, détourna à contrecœur son regard de ce désolant spectacle et entraîna les deux autres vers la forêt.

Lorsque le trio fut à l'abri sous les arbres, le plus jeune laissa libre cours à sa colère et donna un coup de poing dans le tronc le plus proche. Les deux autres furent choqués de voir l'écorce éclater et le bois s'enfoncer. Ils se rappelèrent alors d'un fait survenu près de deux ans plus tôt, lorsqu'ils étaient en deuxième année : un cognard avait littéralement explosé, simplement en entrant en contact avec son bras. À l'époque, ils avaient mis cela sur le compte de la magie et supposé que celle de Harry avait pulvérisé le cognard pour le protéger. Elle l'avait bien envoyé dans un monde de pirates pour le sauver de sa famille abusive alors imaginer qu'elle aurait pu détruire un objet agressif pour lui épargner une blessure potentiellement grave n'était pas invraisemblable.

Cependant, ce qu'ils venaient de voir mettait sérieusement à mal cette théorie. Harry, inquiet du soudain silence pesant qui régnait, se retourna pour vérifier que les deux autres allaient bien. Sa colère, déjà bien retombée, fondit comme neige au soleil lorsqu'il vit les visages choqués de ses deux amis et, surtout, la peur dans leurs regards.

Il n'y avait pas fait attention sur le coup mais l'état du tronc lui fit comprendre qu'il avait inconsciemment imprégné son poing avec le haki de l'armement.

Neville fut le premier des deux à prendre la parole :

- Harry… L'arbre…

Le plus jeune réfléchit à ce qu'il allait dire avant de répondre, hésitant :

- Je suis désolé de vous avoir fait peur, les gars. Je… C'était pas ce que je voulais…

Il ajouta :

- J'avais oublié que ce genre de capacité était inhabituel chez les sorciers.

Les deux autres échangèrent un regard et se détendirent. Ron fut le suivant à parler :

- C'est bon, ça va. C'était juste… très surprenant. On avait pas réalisé que tu avais autant de force.

Neville acquiesça. Le roux continua :

- Mais tu nous doit de sacrés explications, mec.

- Je vous promets que je vous dirai tout dès qu'on sera de retour dans ta chambre.

Le Weasley acquiesça. Après cette mise au point, l'ambiance fut nettement plus détendue entre eux. Les trois amis s'enfoncèrent dans la forêt. Neville et Ron sortirent leurs baguettes pour éclairer le chemin devant eux et Harry, voulant faire de même, se rendit alors compte qu'il n'avait plus la sienne.

Il s'arrêta net et Neville, qui le suivait de près, lui rentra dedans. Le fils Londubas demanda à son ami :

- Il y a un problème Harry ?

- C'est ma baguette… Je ne l'ai plus sur moi… Je m'en suis rendu compte à l'instant, quand j'ai voulu la sortir pour faire de la lumière.

Ron, qui les avait entendus, demanda :

- Tu l'avais quand on à quitté la tente ?

Harry acquiesça et ajouta :

- Elle à dû tomber entre le moment où on est sortis de la tente et celui où on est entrés dans la forêt. Mais où, ça, je n'en ai aucune idée.

Cela rendait la situation d'autant plus inquiétante qu'ils savaient qu'ils ne pouvaient pas se permettre de prendre le risque de retourner sur leurs pas.

Harry se résigna en se disant qu'il pourrait toujours se racheter une baguette et ils venaient de se remettre en route lorsqu'une voix s'exclama, à seulement quelques mètres d'eux :

- MORSMORDRE !

Dans une puissante lumière verte, quelque chose apparut dans le ciel : une tête de mort dont un serpent sortait de la bouche. Les garçons s'approchèrent discrètement pour voir qui en était à l'origine. Quelle ne fut pas leur surprise de découvrir… un elfe de maison, qui tenait une baguette dans la main.

Baguette que Harry reconnut comme étant la sienne. Heureux de l'avoir retrouvée, il se précipita en criant :

- Ma baguette !

Ce qui, il devait bien l'avouer, n'était généralement pas dans ses habitudes. Il prit l'objet de la main de l'elfe et la remit dans sa poche. Ses deux amis le rejoignirent. Neville ouvrit la bouche pour parler mais n'eut pas le temps de dire un mot que plusieurs voix se firent entendre :

- Stupefix !

Avant qu'ils aient eu le temps de réagir, quelqu'un se jeta sur les garçons pour les envoyer à terre. Harry se prépara discrètement à contre-attaquer en posant là main sur sa baguette mais se détendit en reconnaissant la voix d'Arthur Weasley, qui intervint :

- Mais enfin, Croupton, qu'est-ce qu'il vous à pris !?

- La marque des ténèbres est apparue ici même et ces garçons étaient sur les lieux du crime.

- Mais enfin, ça n'a pas de sens ! Il s'agit de mon fils et de ses amis !

Harry lui fut reconnaissant pour son intervention et put expliquer comment ils s'étaient retrouvés dans cette situation :

- Je me suis rendu compte tout à l'heure que je n'avais plus ma baguette sur moi, sans que je sache à quel moment elle était tombée de ma poche. Juste après, on à entendu une voix crier quelque chose tout près de nous alors on est allés à l'endroit d'où elle semblait provenir.

Ses deux amis acquiescèrent et il continua :

- Quand on est arrivés, on à trouvé cet elfe avec ma baguette à la main. Cette chose que vous avez appelé « la marque des ténèbres » flottait déjà dans le ciel.

L'homme, Croutpon d'après ce qu'avait dit Mr Weasley, remarqua alors la présence de la petite créature et sembla la reconnaître. Il demanda d'une voix furieuse :

- Winky ! C'est vrai ce que dit ce garçon ? Tu avais sa baguette ?

La petite créature acquiesça, effrayée, et expliqua :

- Winky a trouvé la baguette par terre. Alors Winky à voulu aller la rendre à son propriétaire.

L'homme grogna, l'air moyennement convaincu. Ce qu'il se passa ensuite révolta Harry. Croupton demanda des comptes à son elfe au sujet de la marque. L'elfe répondit qu'elle n'y était pour rien. L'homme exigea alors que l'on fasse apparaître les derniers sorts jetés par la baguette de l'adolescent.

Ce dernier insista pour s'en occuper afin de prouver son innocence, tout en espérant secrètement qu'une autre baguette que la sienne avait été utilisée pour faire apparaître la marque. Le père de son ami lui indiqua le sort à utiliser et Harry s'exécuta :

- Priori Incantatem !

L'incantation fit remonter les derniers sorts lancés par la baguette et, à la surprise générale et pour le plus grand malheur de Harry, le dernier à apparaître fut… la marque des ténèbres.

Croupton se tourna aussitôt vers son elfe, d'un air qui disait clairement qu'elle avait intérêt à avoir une très bonne excuse. Malheureusement, la petite créature, terrorisée, n'osa pas répondre à son maître et fut incapable de s'expliquer.

Harry crut que l'adulte allait exploser de rage - lui-même n'en n'était pas très loin - mais l'homme se contenta de répondre d'une voix glaciale :

- Très bien, Winky. Tu l'auras cherché. Que mon elfe soit surprise avec une baguette à la main, alors qu'elle n'est pas censée en avoir le droit, passe encore. Mais que cette même elfe soit surprise avec, à la main, la baguette qui à servi à lancé la marque des ténèbres et soit incapable de s'en expliquer ? C'est inadmissible !

La petite elfe se mit à pleurer à mesure qu'elle comprenait ce qu'impliquaient les paroles de son maître. Celui ci ne s'arrêta pas là et enfonça davantage le clou :

- Je ne peux pas me permettre de conserver un serviteur en qui je ne peux pas avoir confiance. Tu es renvoyée.

Il joignit le geste à la parole en lui lançant un morceau de tissu qui s'avéra être un mouchoir.

L'elfe éclata en sanglot tandis que son ancien maître s'éloigna sans même se retourner. Harry n'était pas très loin de se jeter sur lui pour le démolir. La scène à laquelle il venait d'assister lui faisait trop penser au comportement de la noblesse de son monde pour le laisser impassible. La seule chose qui l'empêcha d'intervenir fut la présence de ses deux amis dans son dos. D'autant plus que, tandis que les trois garçons suivaient Mr Weasley jusqu'à l'emplacement de leur tente, les deux autres lui expliquèrent que Mr Croupton avait un poste haut placé au ministère.

Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent à destination et virent que tout le monde allait bien.

Il était à l'origine prévu qu'ils passent la nuit sur place et rentrent le lendemain dans la journée mais, au vu des événements récents, il fut décidé qu'ils repartiraient le lendemain matin à l'aube.

Après cela, ils allèrent se coucher. Harry et ses deux amis regagnèrent la tente qu'ils occupaient avant l'attaque. L'adolescent ne s'en était pas rendu compte mais il était épuisé. Il fallait dire que la soirée avait été très riche en émotions. Avant de s'en être aperçu, les trois amis dormaient à point fermés.

Harry fut réveillé par Mr Weasley, qui le laissa se préparer tandis qu'il allait réveiller le reste du groupe. Ils furent rapidement tous prêts à partir. Ceux qui étaient en âge de le faire s'en allèrent en transplanant, tandis que Mr Weasley et les mineurs du groupe se dirigèrent vers la zone de départ des portoloins.

Quelques secondes plus tard, ils atterrirent sur la colline d'où ils étaient partis la veille. Les deux familles partirent chacune de leur côté : les Diggory rentrèrent chez eux, tandis que Harry, Neville et les Weasley prirent la direction du Terrier.

Lorsqu'ils arrivèrent à destination, Molly Weasley leur tomba dessus pour vérifier qu'ils n'étaient pas blessés, leur laissant à peine le temps de réagir.

Une fois qu'ils furent libérés de son étreinte, elle les examina sous toutes les coutures avant, d'enfin, les laisser partir. Le trio monta directement dans la chambre de Ron. Ce dernier ferma la porte puis Neville et lui se tournèrent vers Harry, en attente des explications qu'il leur avait promis.

Le fils de Roger n'avait pas oublié la promesse faite à ses amis de tout leur expliquer une fois rentrés chez les Weasley mais réfléchissait à la façon de formuler ses explications. Il finit par se décider à reprendre celles données par son père, quelques années plus tôt.

Il commença par expliquer ce qu'était le haki. À savoir, une aptitude que chaque être vivant possède et qui permet, soit d'anticiper les attaques ennemies et de repérer la présence d'autres personnes, soit de se protéger en revêtant son corps d'une armure invisible ou attaquer en augmentant la densité de l'armure.

Il continua en expliquant qu'il y avait trois formes : observation, armement et royal. Il précisa que lui-même apprenait les deux premières formes et n'avait, pour l'heure, montré aucune prédisposition pour la forme royale.

Les deux autres étaient pendus à ses lèvres et, à mesure qu'il parlait, se rendaient compte que cela expliquait pas mal de choses au sujet de Harry. Notamment le nombre de fois où il les avait averti que quelqu'un arrivait, sans leur dire comment il l'avait su. Et également la fameuse scène avec le cognard, près de deux ans plus tôt.

Harry était tellement pris par ses explications qu'il ne remarqua pas que ses amis buvaient ses paroles. Ce ne fut que lorsqu'il eut terminé qu'il se rendit compte qu'ils étaient totalement captivés.

Le garçon attendit les questions qu'ils ne manqueraient pas de lui poser. Il n'eut effectivement pas à attendre très longtemps. Ce fut Neville qui « ouvrit le bal » :

- Pourquoi tu ne nous l'as pas dit plus tôt ?

- J'y ai pensé plusieurs fois mais… Je me suis dit qu'il valait mieux aborder le sujet avec mon père d'abord. J'avais pas prévu d'être rattrapé par les événements…

Les deux autres acquiescèrent et le roux demanda :

- Tu nous fais une démonstration ?

Le plus jeune répondit, enthousiaste :

- Ouaip, bien sûr !

Joignant le geste à la parole, il remonta ses manche jusqu'aux coudes et s'exclama :

- Haki de l'armement ! Blindage !

Sous les yeux ébahis de ses deux amis, ses bras se couvrirent d'une couche noire.

Après cela, la journée se poursuivit. Le trio harcela Percy et Mr Weasley de questions afin de savoir pour quelles raisons on leur avait demandé d'acheter une robe de soirée, en vain. Harry était pourtant persuadé qu'ils étaient au courant.

Le temps passa tranquillement et la rentrée finit par arriver. La veille, les jeunes se couchèrent tôt sur ordre de Mrs Weasley. La femme étant connue pour ses colères impressionnantes, personne n'osa la contredire.

Le matin du premier septembre, ce fut le branle-bas de combat au Terrier. Harry et ses deux amis se levèrent tôt et allèrent déjeuner, descendant leurs valises au passage. Depusi la cuisine, l'ado entendit des explosions en provenance de la chambre des jumeaux mais ne s'en inquiéta pas, Ron lui ayant dit que ces deux-là passaient leur temps à faire des expérimentations dans leur chambre depuis l'été précédent.

À 9h30, ils chargèrent la voiture - prêtée à Arthur par le ministère pour l'occasion - avec les valises et les animaux des plus jeunes puis se mirent en route.

Il était presque 10h45 lorsqu'ils arrivèrent à la gare. Le couple les pressa de récupérer leurs valises, et les cages des hiboux pour ceux qui en avaient, et de rejoindre le quai 9 ¾. Personne n'avait oublié que le trio avait raté le train deux ans plus tôt.

Harry et ses deux amis passèrent la barrière et montèrent directement dans le train. Ils se mirent ensuite à la recherche d'un compartiment. Ils en trouvèrent rapidement un et eurent la bonne surprise de constater que Luna y était déjà installée.

Les garçons rangèrent leurs valises puis la conversation s'engagea tout naturellement, chacun racontant ses vacances. Même si, en réalité, ce fut plutôt Luna qui raconta ses vacances aux trois autres, ces derniers ayant passé les deux derniers mois ensemble.

Harry, estimant que la jeune fille avait le droit d'être mise au courant, lui fournit les mêmes explications que celles qu'il avait données aux deux autres après la coupe du monde. Comme eux, son amie demanda une démonstration, qu'il exécuta de bon cœur.

La première partie du trajet se passa sans problème mais les choses se corsèrent après le passage de la dame au chariot. Ils étaient en train d'émettre des hypothèses sur la raison pour laquelle on leur avait demandé d'investir dans une robe de soirée et pourquoi, avant qu'ils montent dans le train, Charlie avait insinué qu'ils allaient le revoir, lorsqu'une voix traînante, désagréablement connue, se fit entendre depuis l'entrée de leur compartiment :

- Tu n'es pas au courant, Weasley ? Mon père à moi m'en à parlé il y à déjà plusieurs mois.

Harry grinça des dents et allait répliquer mais le blond poursuivit :

- Mon père voulait m'envoyer à Durmstrang, loin de idiot amoureux des moldus qu'est Dumbledore, mais ma mère à refusé que je parte aussi loin du manoir.

- Ferme la, Malefoy, on t'à rien demandé. Et dégage de notre compartiment.

Comme à chaque fois, il partit sans demander son reste. Ron expliqua à Harry, qui l'interrogea à ce sujet, que la localisation précise de Durmstrang était inconnue du grand public mais qu'il était de notoriété publique que l'établissement accueillait des élèves originaires d'Europe de l'Est. Ce qui laissait supposer que l'école devait être située dans un pays très froid.

Ils furent rejoints par les deux autres camarades de dortoir du trio, Dean et Seamus, qui restèrent avec eux jusqu'à la fin du trajet. Les deux garçons eurent ainsi l'occasion de faire connaissance avec Luna.

Lorsque les haut-parleurs annoncèrent que le train allait arriver en gare de Pré-au-Lard, Luna quitta le compartiment pour aller se changer.

Quelques minutes plus tard, le trio descendit sur le quai, leurs valises derrière eux. Ils retrouvèrent leur amie. Ils montèrent tous les quatre dans une calèche. Dean et Seamus durent monter dans une autre pour cause de manque de place.

En regardant à l'extérieur, Harry vit qu'il pleuvait des cordes. Il eut une pensée compatissante pour les premières années qui devraient traverser le lac. Eux-mêmes seraient probablement trempés jusqu'aux os dès la seconde où ils mettraient un pied en dehors des calèches.

La suite lui donna raison. Lorsqu'ils descendirent pour rejoindre le château, ils n'eurent pas fait trois pas qu'ils furent complètement gogés. Comme si ce n'était pas suffisant, dans le hall, ils furent pris pour cible par Peeves, l'esprit frappeur, qui leur lança des bombes à eau.

Ils ne parvinrent pas à les éviter et durent leur salut à leur directrice de maison, qui vint chasser Peeves en le menaçant d'appeler le Baron Sanglant. Ce fut un trio plus trempé que jamais qui rejoignit la table rouge et or.

Après la répartition, les plats apparurent sur les tables et les élèves se jetèrent littéralement dessus, Harry parmi les premiers. Il était en train de manger lorsque quelque chose attira son attention.

Granger était en pleine conversation avec le fantôme de leur maison et visiblement la discussion était très animée. En écoutant discrètement, il comprit qu'elle se révoltait face au traitement infligé aux elfes de maison, dont elle venait de découvrir l'existence en apprenant comment les plats étaient acheminés. Pour la première fois de sa vie depuis qu'il la connaissait, il partageait son avis.

Bien sûr, se priver de repas en guise de protestation - ce qu'elle tenait visiblement à faire - était une méthode un peu trop radicale à son goût, mais il était d'accord pour dire que l'esclavage dont ils étaient victimes était révoltant.

Lorsque les derniers vestiges du repas eurent disparu, Dumbledore se leva pour faire son habituel discours de début d'année. Il commença par annoncer que la coupe de Quidditch n'aurait pas lieu cette année, provoquant un tollé parmi les élèves. Il expliqua :

- Cette annulation est due à un événement qui se tiendra cette année à Poudlard, qui débutera à la fin du mois d'octobre et se poursuivra jusqu'à la fin de l'année scolaire. J'ai l'immense honneur de vous annoncer que Poudlard à été choisie pour héberger… Le Tournoi des Trois Sorciers.

Le directeur expliqua ensuite en quoi consistait exactement ce tournoi pour ceux qui en ignoraient l'existence. Il termina en disant que les délégations des deux autres écoles arriveraient le 30 octobre.

Après cela, les élèves regagnèrent leurs salles communes. En chemin, Harry se fit la réflexion qu'il fallait absolument qu'il prévienne son père au sujet du tournoi. Il se promit qu'il lui enverrait une lettre le lendemain après sa journée de cours.

Les garçons retrouvèrent leurs deux autres camarades dans le dortoir et ils se couchèrent sans attendre.