Chapitre 30 : Adoption par le sang
Le lendemain de la rentrée, tous les élèves eurent du mal à sortir du lit. Même Harry, qui était pourtant un lève-tôt, eut du mal à quitter le rythme des vacances.
Quelques dizaines de minutes plus tard, alors que tous les élèves étaient en train de prendre leur petit déjeuner dans la grande salle, les portes de celles-ci s'ouvrirent avec grand fracas. Tous les regards se posèrent sur le nouveau venu. Il fallait dire qu'il avait tout pour attirer l'attention : son visage était couvert de tellement de cicatrices qu'il n'était plus qu'un patchwork de peau, sa mâchoire était déformée et un morceau de son nez était manquant. Il avait un œil normal mais l'autre était d'un bleu électrique et tournait dans tous les sens. Il marcha en boitant jusqu'à la table des professeurs.
Harry demanda à ses amis :
- Qui est cet homme ?
- Alastor Maugrey, dit « Fol Œil ». C'est un auror à la retraite.
Neville expliqua que l'homme avait la réputation d'être parano au point de boire dans sa propre fiole et de toujours vérifier que le contenu de son assiette n'était pas empoisonné. Comme pour lui donner raison, quelques secondes plus tard, tous purent voir le nouveau venu piquer une saucisse avec sa fourchette et la renifler avant de la porter à sa bouche.
Dumbledore se leva pour attirer l'attention des élèves et prit la parole, tandis que Harry se demandait ce qu'il pouvait bien avoir à leur dire. Le vieux professeur annonça que le professeur Maugrey occuperait le poste laissé vacant par le départ du professeur Lupin.
Les emplois du temps furent distribués puis la salle se vida peu à peu, à mesure que les élèves regagnaient leurs salles communes pour aller chercher leurs affaires de cours.
La journée se passa bien. Lorsqu'il quitta son dernier cours, Harry alla directement dans la salle commune. Il monta dans son dortoir chercher de quoi écrire puis redescendit et s'installa à une table et écrivit deux lettres : une pour sa famille et une pour Dragon.
Lorsqu'il eut fini, il appela Fumseck. Le phénix apparut et récupéra les lettres qu'il lui confia puis repartit dans une gerbe de flammes.
OoooO
L'oiseau de feu refit son apparition dans la chambre d'un adolescent qui l'attendait visiblement, puisqu'il ne parut pas surpris de le voir apparaître.
Dragon récupéra la lettre qui lui était destinée et l'ouvrit :
Salut Dray !
Ma rentrée s'est bien passée, même si je pense que mon père ne va pas aimer ce qu'il va apprendre dans ma lettre.
Cette année, Poudlard va accueillir un tournoi qui n'avait pas été organisé depuis plusieurs siècles. Neville et Ron m'ont dit que la dernière fois, le tournoi avait été annulé à cause du taux de mortalité.
Dumbledore à précisé que cette année le tournoi serait soumis à une limite d'âge et que seuls les élèves ayant 17 ans ou plus pourraient participer.
Mais je ne me fais pas d'illusions. Je sais très bien que certains de mes camarades voudront quand même tenter leur chance. Personnellement, ça ne m'intéresse pas. Et même si j'avais eu envie de participer, il y à une limite d'âge.
Sinon, tout va bien pour toi ?
À bientôt,
Harry
L'adolescent écrivit sa réponse et la confia au phénix, qui repartit avec.
OoooO
L'oiseau apparut ensuite sur l'Oro Jackson, dans la cabine du capitaine. Le visage de ce dernier s'éclaira lorsqu'il le vit arriver et il récupéra la lettre qui portait son nom. Il l'ouvrit :
Salut papa !
Ma rentrée s'est bien passée mais je pense que tu ne vas pas aimer la suite de ma lettre.
Roger grimaça. Quand les lettres de son fils commençaient de cette façon, la suite n'annonçait généralement rien de bon. Il poursuivit sa lecture :
Hier soir, pendant le banquet de rentrée, Dumbledore à annoncé que cette année, Poudlard allait accueillir le tournoi des trois sorciers. Il s'agit d'un tournoi en trois tâches qui n'avait pas été organisé depuis plusieurs siècles. Neville et Ron m'ont dit que la dernière fois, le tournoi avait été annulé à cause du taux de mortalité. Dumbledore à précisé que cette année le tournoi serait soumis à une limite d'âge et que seuls les élèves ayant 17 ans ou plus pourraient participer.
Le paragraphe suivant donnait des détails sur le déroulement du tournoi.
La lettre finissait par :
À bientôt,
Ne fait pas de bêtises,
Je t'aime,
Harry
Arrivé à la fin de la lettre, la première réaction du capitaine pirate fut d'aller toquer à la porte de la cabine de son second. Un « oui, oui, j'arrive » se fit entendre et quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrît sur Sirius. Le sorcier demanda, intrigué :
- Qu'est-ce qu'il y à, capitaine ?
- Au départ j'étais venu parler à Rayleigh mais en fait, tu devrais aller chercher Remus. Ce que j'ai à dire vous concerne aussi tous les deux et je pense même que vous pourrez nous être très utiles.
L'ex-détenu acquiesça et partit, tandis que Roger entrait dans la pièce. Sirius revint peu après avec son ami d'enfance.
Une fois tout le monde réunit, Roger se contenta de leur tendre la lettre et leur laissa le temps de la lire. Le papier passa de mains en mains puis revint à lui.
Comme l'avait deviné Harry, son père était furieux de ce qu'il venait d'apprendre et les trois autres adultes l'étaient aussi. Finalement, la solution vint de l'ancien professeur :
- Est-ce que Harry à été officiellement adopté ?
Roger répondit :
- J'aurais aimé que ce soit possible mais comme nous sommes des pirates, ça aurait été trop risqué pour lui comme pour nous. Pourquoi ?
- Et bien… Vous savez sans doute que Lord Voldemort a essayé d'éliminer Harry lorsqu'il était tout petit ?
Les deux pirates acquiescèrent. Remus poursuivit :
- Si vous vous rendez à Gringotts - la banque des sorciers - avec Harry, les Gobelins pourront faire en sorte que vous l'adoptiez devant la magie.
Il expliqua qu'ils avaient juste besoin que les précédents tuteurs de Harry renoncent à leurs droits sur lui. Roger se leva en disant :
- Ça tombe bien, je me suis justement occupé de ça il y à 3 ans, quand Harry est entré à Poudlard.
Il s'absenta quelques minutes, le temps d'aller chercher le document qu'il avait fait signer aux Dursley quelques années plus tôt.
Après cela, ils se séparèrent et Roger alla répondre à la lettre de son fils. Les trois autres lui demandèrent de dire bonjour à l'adolescent de leur part.
Une fois sa lettre écrite, il la confia à Fumseck qui retourna à Poudlard.
OoooO
Quelques heures après avoir envoyé sa lettre, Harry était sur le point de se coucher lorsque Fumseck apparut devant lui avec les deux enveloppes.
Il commença par celle de son père. Il déchira l'enveloppe et en sortit le contenu :
Salut fiston !
Pour cette histoire de tournoi, je ne peux que te recommander de t'en tenir le plus loin possible mais je te connais assez pour savoir que tu n'as pas besoin que je te donne ce conseil et que tu n'aurais pas été assez bête pour te porter candidat, même si tu en avais eu le droit.
D'après Remus, le mage noir qui à essayé de te tuer quand tu était tout petit pourrait profiter de ce tournoi pour s'en prendre à toi en toute discrétion.
Il nous à conseillé d'aller à Gringotts pour t'adopter devant la magie afin de parer à toute éventualité. Comme il vaut mieux régler ça le plus tôt possible, on passera te chercher samedi matin.
À bientôt,
Papa
Harry rangea la lettre et passa à celle de Dragon. Il ouvrit l'enveloppe et en sortit la lettre qu'elle contenait :
Salut !
Je suis content que ta rentrée se soit bien passée, même si j'avoue que cette histoire de tournoi ne me dit rien de bon…
Mais je te connais assez pour savoir que tu ne feras rien de stupide.
Sinon, tout va bien de mon côté. En revanche, je ne sais pas pourquoi mais après que vous m'ayez ramené cet été, Maria à été bizarre toute la journée.
Enfin non, pas bizarre. Plutôt… Ailleurs. Et quand elle t'as vu, j'ai eu l'impression que… Je sais pas… On aurait dit que tu lui rappelais quelqu'un. Je sais pas trop quoi penser de tout ça, et j'ose pas l'interroger à ce sujet. Tu crois que je devrais lui poser la question ?
J'espère qu'on se verra à Noël (pour ça, tout dépendra de mon père),
À bientôt,
Dragon
Harry rangea la lettre avec celle de son père et alla se coucher. Il se mis au lit en se faisant la réflexion qu'il aurait beaucoup à faire le lendemain. Il lui faudrait prévenir le professeur McGonagall de son absence le samedi suivant et répondre aux lettres qu'il venait de recevoir.
Le lendemain matin, après leur entraînement quotidien, les trois amis allèrent prendre une douche puis descendirent dans la grande salle prendre leur petit déjeuner.
Les Gryffondor de quatrième année commencèrent la journée par un cours de Défense contre les forces du mal. Les élèves s'installèrent bruyamment, sans remarquer l'absence de leur professeur.
Ils firent tous un bond de plusieurs centimètres lorsque l'homme entra en claquant la porte derrière lui, faisant sursauter toute la salle. Une voix rauque retentit, et ils eurent tous très peur, ne s'y attendant pas:
- Vous êtes morts ! claqua la voix rugueuse de leur professeur, Alastor Maugrey dit « Fol Œil ». Ou au moins quelques uns, reprit-il sur le même ton. Il marqua une pause.
Il fit le tour de la salle, sa jambe de bois tapant sur le sol de bois dans un claquement sec, passant entre les rangs. Il reprit la parole :
- Le temps que les plus rapides réagissent, j'aurais pu en tuer encore quelques et lorsque vous aurez tous réagi, ce sera trop tard: j'aurais eu le temps de tuer les autres.
Après cette entrée en matière pour le moins… effrayante, il leur présenta le programme de l'année puis ils passèrent le reste de l'heure de cours à prendre des notes sur les différents sorts qu'ils étudieraient pendant l'année.
Ils leur fit également une démonstration par l'exemple des sortilèges impardonnables, en utilisant des araignées comme cobayes. Harry remarqua que ses deux amis étaient extrêmement mal à l'aise. Lui-même l'était également.
La journée se passa bien. À la fin du cours de métamorphose, le dernier de la journée, Harry resta tandis que les deux autres allaient l'attendre dans le couloir. L'adolescent se racla la gorge pour attirer l'attention de sa directrice de maison, qui se retourna. La directrice adjointe fut surprise de le voir :
- Qu'y a-t-il Mr Gold ? Il y à quelque chose dans mon cours que vous n'avez pas compris ?
- Non. Je voulais juste vous prévenir que je serais absent samedi. Je dois accompagner mon père à Gringotts pour régler un détail.
- C'est noté.
- Même s'il n'y à pas cours le samedi, j'ai préféré vous prévenir quand même.
- Vous avez bien fait.
Après cela, l'adolescent sortit dans le couloir, où il retrouva ses deux amis. Le trio regagna ensuite la salle commune rouge et or et se mit à ses devoirs.
Lorsqu'ils eurent fini, Harry alla chercher les deux lettres qu'il avait reçues la veille et sortit de quoi écrire pour y répondre.
Une fois ses réponses écrites, il les confia à Fumseck qui les porta à leurs destinataires.
OoooO
Le phénix apparut d'abord dans la chambre de Dragon mais, le propriétaire des lieux étant absent, se contenta de poser l'enveloppe sur le lit puis repartit avec cette fois l'Oro Jackson pour destination.
Comme à chaque fois, il apparut dans la cabine du capitaine. Ce dernier n'était pas seul : Rayleigh et les deux ex-Maraudeurs étaient là également.
Roger récupéra la lettre et la sortit de l'enveloppe. Il ouvrit et commença à lire :
Salut papa !
J'ai prévenu le professeur McGonagall que je serais absent samedi. J'espère juste que Dumbledore ne va pas faire des siennes…
Et oui, bien évidemment, tu peux compter sur moi pour me tenir le plus loin possible du tournoi
À samedi,
Harry
Une fois sa lecture terminée, il fit passer la lettre aux autres. Une fois n'est pas coutume, il n'y répondit pas. Ce ne fut pas nécessaire, puisqu'il verrait son fils dans quelques jours.
Le jour J arriva très vite et le matin, Fumseck emmena Roger et Remus devant les portes du hall d'entrée puis disparut dans une gerbe de flammes. Le phénix revint rapidement avec Harry. L'adolescent salua son père et son ancien professeur puis l'oiseau de feu repartit avec le trio et les déposa sur le chemin de traverse.
Roger, qui n'y avait jamais mis les pieds, fut impressionné mais les deux lui rappelèrent pourquoi ils étaient là. Le pirate acquiesça puis ils prirent la direction de la banque. Ils s'arrêtèrent en devant l'entrée de l'établissement bancaire et virent ce qui y était inscrit. En lettres d'or majuscules figurait le nom de la banque « GRINGOTTS », au dessus du texte suivant :
Entre ici étranger si tel est ton désir
Mais à l'appât du gain, renonce à obéir,
Car celui qui veut prendre et ne veut pas gagner,
De sa cupidité, le prix devra payer.
Si tu veux t'emparer, en ce lieu souterrain,
D'un trésor convoité qui jamais ne fut tien,
Voleur, tu trouveras, en guise de richesse,
Le juste châtiment de ta folle hardiesse.
Harry sourit en se disant que, pour un pirate, une telle recommandation était presque un appel au cambriolage. Il jeta un œil à son père et la lueur de défi qui passa dans le regard de l'adulte lui donna raison. Le jeune homme savait toutefois que son père ne serait pas idiot au point de passer à l'acte.
Ce fut sur ces réflexions qu'il suivit les deux adultes à l'intérieur. Avant d'entrer, ils furent soumis à une fouille sommaire à laquelle ils se plièrent de bonne grâce.
Une fois à l'intérieur, Harry et son père furent impressionnés par le grand hall d'entrée, tout en marbre blanc et en immense colonnes. L'ancien professeur marcha jusqu'à un guichet et demanda :
- Je souhaiterais voir le gestionnaire des comptes de la Famille Potter.
- Qui le demande ?
- Remus John Lupin, en tant qu'accompagnateur de l'Héritier Harry James Potter.
Le gobelin acquiesça et partit après leur avoir demandé d'attendre. Remus se tourna ensuite vers l'adolescent :
- Je suis désolé, Harry, je sais que tu n'aime pas être appelé par ton nom de naissance mais je ne pouvais pas faire autrement.
Le garçon répondit :
- C'est rien, je comprends.
Quelques minutes plus tard, le guichetier fut de retour et leur dit :
- Argnok vous attend dans son bureau.
Il leur indiqua le chemin et ils se mirent en route. Quelques secondes plus tard, l'ancien professeur frappa à une grande porte en bois dur sur laquelle était clouée une plaque gravée :
Sir Argnok
Gestionnaire de comptes
Une voix rauque leur répondit :
- Entrez !
Le trio s'exécuta et ils pénétrèrent dans une pièce austère, qui contenait un bureau en bois d'ébènes et dont les murs étaient couverts d'étagères où étaient exposés de nombreux objets.
Derrière le bureau était installé un gobelin à l'air pour le moins revêche. La petite créature leur fit signe de s'installer puis leur demanda :
- Que voulez-vous, exactement ?
Remus donna la raison de leur présence, en expliquant que l'homme qui les accompagnait avait adopté Harry de façon non-officielle des années plus tôt et qu'ils souhaitaient que l'adolescent devienne son fils aux yeux de la magie. Après un moment de réflexion, le gobelin demanda :
- Ce garçon à-t-il de la famille encore en vie du côté de ses parents biologiques ?
L'ancien professeur répondit que non, en disant que le père du garçon n'avait plus de famille et que la famille de sa mère ne voulait pas de lui.
Lorsque le gobelin demanda une preuve de cette dernière affirmation, Roger tendit le papier qu'il avait fait signer aux Dursley, 3 ans plus tôt, qui stipulait que ces derniers renonçaient à tous leurs droits sur leur neveu.
La petite créature leur proposa alors une solution à laquelle ils n'avaient jamais pensé : l'adoption par le sang. Il expliqua à l'adolescent et à son père, qui n'en n'avaient jamais entendu parler, en quoi cela consistait.
Ils acceptèrent tous deux sans hésiter. Le gobelin leur expliqua ensuite comment procéder. Il sortit un calice sur les bords duquel étaient gravées des runes. L'adolescent et son père, suivant les instructions de leur interlocuteur, mirent chacun une goutte de sang dans le calice puis le gobelin prononça une incantation dans une langue qu'ils ne comprirent pas. Les runes gravées sur le contenant s'illuminèrent et le sang passa de rouge à doré.
Le gobelin tendit ensuite le calice à l'adolescent en lui disant qu'il devait en boire le contenu. Harry prit une grande inspiration et s'exécuta à contrecœur en grimaçant. Il fut surpris de constater que le liquide n'avait pas de goût particulier.
Argnok leur expliqua que les effets seraient visibles dès le lendemain matin puis les congédia.
Au moment où ils allaient partir, une alarme retentit soudain dans le bureau. Le gobelin se redressa. Il savait ce que cela signifiait : il y avait des émanations de magie noir dans les parages. Mais cela lui parut étrange, étant donné que ni le gamin, ni son accompagnateur n'avaient utilisé la magie pendant leur entretien et que le père adoptif était moldu.
Il décida d'en avoir le cœur net et rappela le trio. Ils se retournèrent l'ancien professeur demanda :
- Que se passe-t-il ?
- J'aimerais vérifier quelque chose…
Il alla chercher l'un des instruments exposés sur les étagères de son bureau puis « scanna » les deux sorciers présents. Lorsque l'appareil, qui ressemblait à une sorte de grand bâton de bois avec une gemme gravée de runes, passa au niveau du front de l'adolescent, il se mit à clignoter en rouge et le son de l'alarme s'accentua.
Argnok marmonna dans sa barbe inexistante :
- Je vois…
Roger, inquiet pour son fils, demanda :
- Que se passe-t-il ?
Le gobelin ignora la question et s'adressa à Harry :
- Je suppose que vous n'ignorez pas d'où vous vient cette cicatrice, mon garçon ?
L'adolescent acquiesça et répondit :
- Je sais que je l'ai eue quand les Potter ont été tués par Voldemort. Pourquoi ?
La petite créature expliqua que l'alarme de toute à l'heure provenait d'un détecteur de magie noire et que l'appareil qu'il avait utilisé servait à en déterminer l'origine. Il ajouta que la réaction de l'appareil et l'augmentation du niveau sonore de l'alarme signifiaient que sa cicatrice contenait de fortes émanations de magie noire.
Le garçon demanda :
- Et vous savez pourquoi ma cicatrice contient de la magie noire ?
- Et bien, on pourrait penser que cela vient du sort qui vous l'a fait mais personnellement je pense que c'est autre chose.
- Vous avez un moyen d'en déterminer l'origine exacte ?
- Oui. Avec un adulte, j'aurais utilisé un sort de diagnostic spécifique mais le processus est très douloureux donc je vais plutôt choisir une méthode moins invasive.
Il expliqua qu'il allait utiliser un sort de scan magique spécifique à la race gobeline, qui analysait la magie noire et permettait d'en déterminer la nature et la source. Harry n'y comprit pas grand-chose mais acquiesça et se laissa faire.
Le gobelin reprit son appareil et le pointa sur la cicatrice de l'adolescent en prononçant une incantation dans une langue qui leur était inconnue.
Cela dura quelques minutes puis un parchemin se matérialisa et l'incantateur l'attrapa au vol. Lorsqu'il en prit connaissance, il devint blême l'espace d'un instant puis se reprit.
Il fit asseoir l'adolescent et ses deux accompagnateurs et leur expliqua que la cicatrice de Harry contenait un horcruxe. En entendant cela, le lycanthrope fut horrifié. Bien que n'y ayant jamais été confronté personnellement, il avait fait des recherches personnelles après la première guerre afin de comprendre pourquoi Voldemort n'était pas mort après que Harry lui ait retourné son sort. C'était à cette occasion qu'il avait découvert l'existence des horcruxes. Il n'en n'avait jamais parlé, connaissant la méfiance des sorciers anglais envers tout ce qui sortait du cadre de la magie dite "blanche", il se doutait que de telles recherches seraient mal vues.
Le gobelin expliqua aux deux autres, qui n'en n'avaient jamais entendu parler, ce qu'était un horcruxe. Harry, d'un air profondément dégoûté, demanda en espérant que la réponse serait négative :
- Donc ça veut dire qu'il y à un bout de Voldemort dans ma tête ?
Son interlocuteur répondit :
- Un bout de son âme, pour être exact. Mais sinon, oui, c'est ça.
L'adolescent demanda :
- Vous pouvez m'enlever ce truc ?
- Oui. Vous conserverez votre cicatrice, car il s'agit d'une blessure liée à de la magie noire, mais ce juste une marque ordinaire après cela.
Père et fils échangèrent un regard puis l'adulte répondit :
- Alors faites-le, s'il vous plaît.
Le gobelin acquiesça puis invita le plus jeune à le suivre dans une pièce attenante dont les murs étaient couverts de runes. En voyant les deux adultes hésiter, il leur indiqua qu'ils pouvaient les suivre s'ils le souhaitaient. Ils n'eurent pas besoin de réfléchir pour se mettre en marche et leur emboîter le pas.
Harry, de son côté, se rappela ce qu'il venait d'apprendre sur les horcruxes et eut soudain un énorme doute. Était-il possible que le journal d'il y à deux ans en soit un également ?
Il interrogea Argnok :
- Il y à deux ans, j'ai été mis en présence d'un journal et avec ce que je viens d'apprendre, je me demande s'il est possible que ce journal ait été un horcruxe ?
Le gobelin lui demanda en retour :
- Qu'est-ce qui vous à mis ce doute ?
- Et bien, ça ne m'avait pas spécialement étonné à l'époque parce que je ne connaissais pas l'existence des horcruxes mais ce journal dégageait une énergie maléfique.
- Je vois… Il y à effectivement de très fortes chances que ce journal ait été un horcruxe. Qu'en avez-vous fait ?
Harry commença par expliquer quel était son lien avec Fumseck et comment il s'était formé puis continua en disant que le phénix avait utilisé ses larmes pour purifier l'objet. À la demande du gobelin, il donna plus de détails sur comment ils avaient procédé. Argnok lui demanda s'il pouvait le faire venir. Harry acquiesça et appela mentalement le phénix, qui apparut dans la pièce où ils se trouvaient.
Le garçon lui expliqua mentalement ce qui se passait et l'oiseau de feu lança une trille joyeuse. Le gobelin fit apparaître un flacon et Fumseck, comprenant ce qu'on attendait de lui, fit couler des larmes dans le récipient. Harry le remercia et lui dit qu'il pouvait partir. Le phénix s'exécuta.
Argnok expliqua ensuite à l'adolescent qu'il allait verser le contenu du flacon sur sa cicatrice et que le processus serait peut-être douloureux. Harry hocha la tête et répondit :
- Ça ira mais merci de m'avoir prévenu.
Le gobelin demanda au garçon de s'allonger sur le sol. Harry s'exécuta sans se plaindre du manque de confort, surprenant agréablement l'autre. Argnok versa le contenu du flacon sur la cicatrice de l'adolescent. Harry ne montra pas sa souffrance, seule la crispation de sa mâchoire indiquait que l'expérience n'était pas agréable pour lui. La « purification » dura quelques minutes puis une lumière blanche apparut, éblouissant tout le monde dans la pièce, et une traînée noire sortit de la cicatrice de Harry avant de s'évaporer dans l'air.
L'adolescent se redressa lentement en position assise, le temps que la douleur qui lui martelait le crâne se dissipe, puis se releva. Son père ne put s'empêcher de lui tomber dans les bras en constatant qu'il allait bien. Harry profita de l'étreinte durant quelques minutes avant de s'en défaire. Le trio suivit ensuite le gobelin jusqu'à son bureau. L'être magique put ensuite les congédier, pour de bon cette fois.
Ils retournèrent dans le hall de la banque puis sortirent dans l'allée marchande.
Harry fut étonné de constater qu'il était déjà presque midi. Il n'avait pas vu le temps passer. Ses deux accompagnateurs non plus, vu leur air surpris. L'adolescent se rendit compte, par la même occasion, qu'il mourrait de faim.
Remus conduisit le trio jusqu'à un petit restaurant qu'il connaissait pour y avoir déjà mangé durant ses études, ainsi que l'été précédent. Ils s'installèrent à une table et un serveur vint les voir. Il reconnut l'ancien professeur, qu'il salua, puis leur demanda ce qu'ils voulaient boire. Remus prit, comme à son habitude, une bièraubeurre. Roger, lui, commanda une bière moldue et Harry demanda un jus de citrouille.
Un dizaine de minutes plus tard, le serveur revint avec leurs boissons puis leur demanda ce qu'ils souhaitaient commander. Harry demanda s'ils pouvaient avoir la carte. Son interlocuteur acquiesça et fit apparaitre la carte d'un coup de baguette.
Après un moment de réflexion, ils passèrent commande : Harry prit des lasagnes de la mer, saumon & côtes de bettes, son plat préféré. Pour son père, une entrecôte bien cuite avec des frites. Remus, lui, commanda la même chose que d'habitude, un steak saignant avec des légumes.
Les commandes arrivèrent rapidement - l'avantage d'un restaurant situé dans le monde magique - et chacun se jeta sur son plat.
Lorsqu'ils eut fini, le même serveur que les fois précédentes revint récupérer leurs assiettes et leur demanda :
- Vous prendrez un dessert ?
Après une réponse positive de leur part, il prit leurs commandes - deux parts de tarte à la citrouille et une de tarte à la mélasse - puis repartit en cuisine.
Une petite vingtaine de minutes plus tard, les desserts arrivèrent. Harry apprécia particulièrement la boule de glace qui accompagnait sa part de tarte à la citrouille. Il fallait dire que, pour le mois de septembre, les températures étaient encore particulièrement clémentes.
Après cela, Remus, le seul des trois à avoir de l'argent sur lui, paya l'addition. Malgré ses protestations, les deux autres lui promirent qu'ils le rembouseraient. L'ancien eut beau leur assurer que cela ne le dérangeait pas de payer pour trois, ils ne voulurent rien entendre.
Une fois qu'ils furent sortis du restaurant, Harry proposa à son père de lui faire visiter le chemin de traverse, ce que le pirate accepta avec plaisir, n'en n'ayant encore jamais eu l'occasion.
L'adolescent commença par sa boutique préférée : le magasin de balais. Remus lui l'avait déjà visitée puisque c'était lui qui avait acheté l'Eclair de Feu que Harry avait reçu pour son dernier anniversaire. Qui plus est, en étant ami avec les fanatiques de Quidditch qu'étaient James et Sirius, il s'agissait d'un passage obligé à chaque achat de fournitures.
La visite les occupa une bonne partie de l'après-midi, Roger tenant absolument à voir chacune des boutiques.
Harry adorait son père mais lorsqu'ils sortirent de la dernière, il était crevé et n'avait qu'une envie : rentrer à Poudlard et dormir jusqu'au lendemain. Remus remarqua la fatigue de l'adolescent et suggéra de rentrer. Le plus jeune lui en fut infiniment reconnaissant.
Il appela Fumseck pour qu'il les ramène, lui à Poudlard et les deux adultes, sur le navire de son père.
Le phénix s'exécuta et déposa l'adolescent directement dans son dortoir, avant de repartir avec les deux hommes. Harry descendit dans la salle, où ses amis l'attendaient. Il leur dit qu'il était mort de fatigue et qu'il allait simplement prévenir le professeur McGonagall de son retour et irait ensuite se coucher directement. Il leur promit cependant de tout leur raconter dans le détail le lendemain.
Il alla frapper à la porte du bureau de sa directrice de maison. La voix de celle-ci répondit :
- Entrez !
L'adolescent s'éxécuta et la femme lui dit :
- Bonsoir, Mr Gold.
- Bonsoir professeur. Avant d'aller me coucher, je tenais juste à vous prévenir que j'étais rentré.
La directrice adjointe acquiesça et le remercia de l'en avoir informé puis lui souhaita une bonne soirée. Harry répondit :
- Merci, vous aussi.
Le brun retourna ensuite dans sa salle commune, où il remonta dans son dortoir. Sans même prendre le temps de se déshabiller, il s'écroula sur son lit. Lorsque sa tête toucha l'oreiller, il dormait déjà comme une masse.
