Chapitre 31 : Nouveauté
Le brun retourna ensuite dans sa salle commune, où il remonta dans son dortoir. Sans même prendre le temps de se déshabiller, il s'écroula sur son lit. Lorsque sa tête toucha l'oreiller, il dormait déjà comme une masse.
Harry ne sut pas combien de temps il s'était écoulé lorsqu'il fut réveillé mais il constata que quelqu'un avait dû lui enlever son pantalon et l'installer convenablement puisqu'il était en sous-vêtements et que son corps était sous les couvertures. Il se leva et s'habilla avec des vêtements propres après avoir pris une douche.
Il se rendit également compte qu'il mourrait de faim et, en entendant le bruit que faisait son estomac, se dit que c'était probablement cela qui l'avait réveillé. Ses deux amis devaient l'attendre car ils se dirigèrent vers lui dès qu'il arriva dans la salle commune. Les deux autres lui dirent qu'ils ne l'avaient pas revu depuis son retour, la veille en fin d'après-midi, et qu'il avait dormi toute la matinée du dimanche.
Neville et Ron s'arrêtèrent soudainement et se retournèrent pour faire face à leur ami. Ce dernier, qui manqua de leur rentrer dedans, leur demanda :
- Qu'est-ce qu'il vous arrive, les gars ?
Les deux autres échangèrent un regard, mal à l'aise. Harry eut envie de se frapper en se rappelant des événements de la veille et compris que les changements physiques liés à l'adoption par le sang avaient dû se produire durant la nuit et que, par conséquent, les deux autres ne le reconnaissaient pas. Il sut qu'il devait mettre les choses au clair avant d'aller dans la grande salle et leur dit :
- Je vous promet que je suis toujours le Harry que vous connaissez mais je pense que vous comprendrez mieux si je vous explique tout.
Harry, sachant que les explications allaient probablement les occuper une bonne partie de l'après-midi, emmena ses amis jusqu'à la salle qu'ils avaient trouvé en première année. Comme à l'époque, ils demandèrent à la salle, dont ils avaient compris le fonctionnement avec le temps, de leur offrir un endroit où ils pourraient parler à l'abri des oreilles indiscrètes.
Comme elle l'avait fait près de deux ans et demi plus tôt, la salle prit l'apparence d'une pièce spacieuse, composée de plusieurs poufs et canapés disposés autour d'une grande table où trônaient plusieurs pichets de jus de citrouille, des assiettes remplies à ras bord de gâteaux, viennoiseries et autres et des pots en verres contenant des bonbon, sorciers et moldus confondus. Ils se servirent de grands verres de jus, se mirent à l'aise et chacun piocha dans ce qu'il préférait en terme de gâteaux et de sucreries.
Ce ne fut qu'une fois qu'ils furent confortablement installés que le plus jeune put commencer son récit des événements de la veille, en commençant par replacer les choses dans leur contexte, à savoir que le professeur Lupin avait conseillé à son père de se rendre à Gringotts, afin de régulariser son adoption au cas où quelqu'un profiterait du tournoi pour s'en prendre discrètement à lui. Il répéta ce que l'ancien professeur avait expliqué à Roger, à savoir que Voldemort - les deux autres grimacèrent à l'entente du nom - en avait après lui et que le tournoi serait l'occasion idéale pour s'en prendre à lui en faisant passer cela pour un accident, par exemple en l'y inscrivant malgré la limite d'âge. Une fois ce point éclairci, il raconta ce qu'il s'était passé la veille, en commençant par l'adoption par le sang. Ses deux amis se détendirent nettement en comprenant d'où venait sa nouvelle apparence.
L'adolescent passa ensuite à la partie imprévue de l'entretien à la banque, à savoir les horcruxes. Il commença par répéter les explications que le gobelin leur avait donné à ce sujet. Après cela, il enchaîna avec ce qu'il s'était passé au moment de partir, lorsque l'alarme avait sonné.
Il ne sut pas combien de temps dura son récit mais lorsqu'il eut terminé, il avait l'impression d'avoir la gorge complètement desséchée à force de parler et se servit un grand verre de jus de citrouille qu'il avala d'une seule traite.
Il réalisa alors qu'il n'avait pas encore eu l'occasion de voir quelle était sa nouvelle apparence. À peine eut-il formulé cette pensée qu'un miroir de poche apparut sur ses genoux.
Il l'attrapa et le mit devant son visage. Finie la tignasse indomptable significative de la lignée des Potter, il arborait désormais des cheveux mi-longs mais toujours noirs de jais. Ses yeux étaient passés de vert émeraude à aussi noirs que ses cheveux.
Il se rendit compte à ce moment-là qu'il n'avait pas ses lunettes mais que, étrangement, il voyait mieux que quand il en avait. Il lui fallut quelques minutes pour comprendre que l'adoption par le sang lui avait également donné la vue de son père.
Il comprit également, devant sa nouvelle apparence, pourquoi ses amis ne l'avaient pas reconnu. Il ne le vit pas mais il avait également gagné plusieurs centimètres.
Après cela, les trois amis regagnèrent leur salle commune. La pièce fit apparaître une porte qui les amena tout près de leur destination.
La journée se déroula sans incident et, dès le lendemain, la nouvelle apparence de Harry ne passa pas inaperçue. Lorsqu'il sortit de son dernier cours, il était exténué d'avoir eu à expliquer à chacune des personnes croisées dans la journée que, oui, il était toujours le même et pourquoi son apparence était différente. Il n'avait qu'une envie : qu'on le laisse en paix pour la soirée. Ce fut pourquoi il eut beaucoup de mal à ne pas hurler lorsque le professeur McGonagall vint les voir pour informer l'adolescent que le directeur souhaitait le voir.
La directrice adjointe accompagna son élève jusqu'au bureau de Dumbledore et lui proposa :
- Voulez-vous que j'assiste à l'entretien ?
- Non merci, ça ira, mais merci de l'avoir proposé.
Elle prononça le mot de passe et accompagna l'adolescent jusqu'à la porte du bureau directorial puis frappa. La voix de Dumbledore s'éleva :
- Entrez !
Le professeur McGonagall ouvrit la porte et laissa entrer Harry. Avant de refermer le battant derrière lui, elle lui dit :
- Je vous attendrai en bas. À tout à l'heure, Mr Gold.
- Merci professeur. À tout à l'heure.
L'adolescent s'avança dans la pièce et s'assit sur l'un des fauteuils situé devant le bureau où était installé le directeur lorsque celui-ci le lui indiqua. Le vieil homme ne perdit pas de temps et entra directement dans le vif du sujet. Il interrogea le plus jeune sur l'origine de sa nouvelle apparence. Harry, ne voyant pas de raisons de le lui cacher, lui dit la vérité. Il ne parla cependant pas des horcruxes, estimant que cela n'avait pas de rapport avec la conversation.
Le directeur ayant eu l'explication qu'il voulait, l'entretien ne dura pas plus longtemps et Harry retourna dans le couloir, où l'attendait toujours le professeur McGonagall. Harry expliqua à la directrice adjointe ce qui a été dit avec le directeur et elle acquiesça.
Elle le raccompagna jusqu'à sa salle commune puis lui souhaita une bonne soirée. Le garçon lui rendit la pareille et monta directement dans son dortoir, où il alla immédiatement se coucher.
Les semaines passant, une routine s'installa. Les habitants de Poudlard s'étaient rapidement habitués à la nouvelle apparence de Harry. Même ceux qui, jusque-là, s'acharnaient à l'appeler Potter cessèrent petit à petit de le faire. L'autre aspect positif fut que Rogue se mit enfin à le traîter comme n'importe quel autre élève de la maison Gryffondor. Le changement n'était, certes, pas énorme mais il y en avait tout de même un.
Du côté de ses camarades, depuis son changement d'apparence, Granger semblait résolument décidée à l'ignorer royalement, ce dont il n'allait certainement pas se plaindre. Malefoy le laissa également en paix mais il ne se faisait pas d'illusions : le blond saisirait la première occasion qui se présenterait pour lui chercher des noises.
Le 30 octobre, jour d'arrivée des délégations étrangères, finit par arriver. Les élèves sortirent de cours une demi-heure plus tôt que d'habitude. Les quatrième année de Gryffondor en furent les plus heureux : ils étaient en cours de potions et le professeur Rogue comptait leur faire étudier les antidotes aux poisons en testant sur eux-mêmes leurs potions.
Autant dire que la plupart n'étaient pas sereins durant ce cours.
Harry et ses amis regagnèrent leur dortoir afin d'y déposer leurs affaires de cours puis descendirent rejoindre les autres élèves dans le parc pour attendre l'arrivée de Durmstrang et BeauxBâtons.
Les étudiants étaient répartis par maison et par années. Harry était entre ses deux amis. Dean et Seamus étaient un peu plus loin dans le rang, juste derrière Neville.
Quelques minutes plus tard, l'attention de l'adolescent fut attirée par un mouvement dans le ciel. Peu après, un carrosse tiré par des chevaux ailés se posa dans le parc de l'école. Une dizaine d'élèves, filles et garçons, descendirent du carrosse. Une femme de grande taille les suivit et alla saluer Dumbledore.
Les élèves de Poudlard s'attendaient à ce que les Bulgares arrivent de la même façon que les Français, ce fut pourquoi tous scrutèrent le ciel.
Quelques minutes plus tard, quelqu'un attira leur attention du côté du lac. Harry se rendit alors compte que de gros remous se formaient au centre de l'étendue d'eau. Un bateau ressemblant à un drakkar sortit du lac.
Une dizaine de garçons en descendit, suivis par un homme qui, comme sa collègue française, alla immédiatement saluer Dumbledore.
Harry voyait que les élèves de BeauxBatons, pas habillés pour supporter les températures anglaises, grelottaient sur place. Les élèves de Durmstrang avaient, eux, le problème inverse : habillés trop chaudement, ils transpiraient.
Le directeur de Poudlard sembla également se rendre compte du problème, puisqu'il invita tout le monde à se rendre dans la grande salle.
Les français s'installèrent à la table de Serdaigle et les Bulgares, à celle de Serpentard. À ce moment, l'adolescent remarqua un visage connu parmi les élèves de Durmstrang. Le jeune homme lui était familier mais il ne parvint pas à se rappeler pourquoi. Ce fut Ron qui lui apporta la réponse : il s'agissait de Viktor Krum, l'attrapeur de l'équipe nationale de Bulgarie. Il ne fut pas surpris de voir Malefoy se précipiter vers l'attrapeur prodige mais eut un sentiment d'intense satisfaction en voyant le plus âgé s'écarter du blond puis l'ignorer royalement.
Le jeune Gryffondor reporta ensuite son attention sur le directeur, qui donna les modalités de sélection des champions. Il vit la déception s'afficher sur le visage de certains de ses camarades à l'entente de la présence d'une limite d'âge. Cela, en revanche, ne sembla pas poser problème à Fred et Georges. En effet, lorsque, quelques heures plus tard, les élèves regagnèrent leurs salles communes, il les entendit parler de potion de vieillissement. Il n'était pas nécessaire d'être un génie pour deviner quel usage ils allaient en faire.
Le lendemain matin, le trio put effectivement voir les jumeaux tenter de passer la limite d'âge pour mettre leurs noms dans la Coupe de Feu. Ils furent également aux premières loges pour voir les frères aînés de Ron être repoussés en dehors de la limite… et affublés d'une très longue barbe blanche, qui n'avait rien à envier à celle de Dumbledore.
En dehors de ce léger incident, la journée se déroula sans encombre. Tous attendaient avec impatience le banquet du soir et, avec lui, l'annonce des noms des champions.
Lorsqu'il les vit en entrant dans la grande salle pour le banquet, Harry constata que les jumeaux avaient été débarrassés de leur barbe. Il s'assit entre Neville et Ron, de façon à faire face à la salle : ils ne voulaient rien manquer de la sélection des champions. Harry ne toucha pratiquement pas au banquet et il ne fut pas le seul. Il fallait dire qu'il s'agissait du deuxième en deux jours et que les élèves avaient très largement fait honneur à celui de la veille. Il n'était donc pas étonnant qu'ils n'aient pas faim.
Après un temps d'attente qui parut interminable, Dumbledore demanda à Rusard d'amener le reliquaire. Le concierge s'exécuta et revint peu après avec la Coupe. Il la posa sur l'estrade et se mit en retrait. Le directeur prit la parole :
- Le moment que vous attendez tous est enfin arrivé, je ne vais donc pas vous faire attendre plus longtemps.
À ces mots, l'attention de toutes les personnes présentes dans la salle se fixa sur l'estrade et, plus particulièrement, sur la Coupe de Feu.
Les flammes de l'artefact devinrent bleu puis recrachèrent un morceau de papier. Dumbledore l'attrapa et le déplia puis lut à haute voix :
- Le champion de Durmstrang est Viktor Krum !
Le jeune homme reçu des applaudissements unanimes et ce fut sous les encouragements enthousiastes de ses camarades qu'il rejoignit la pièce où les champions étaient attendus.
Une fois le calme revenu, la Coup recracha un autre papier. Comme la première fois, le directeur de Poudlard l'attrapa, le déplia et lut :
- La championne de BeauxBâtons est Fleur Delacour !
Cette fois les réactions furent beaucoup plus mitigées. Seuls quelques rares élèves applaudirent. Et, parmi les camarades de classe de la jeune fille, certaines pleuraient de rage. Harry vit même une fille tordre sa petite cuillère en la serrant trop fort. Tandiq que la championne se rendait dans la pièce où se trouvait déjà Krum, l'adolescent se demanda ce qu'elle avait bien pu faire pour s'attirer à ce point la haine de ses camarades.
Il en était à ce stade de ses réflexions lorsque la Coupe cracha un troisième papier. Dumbledore, comme les deux fois précédentes, l'attrapa et le déplia. Il lut :
- Et pour finir, le champion de Poudlard est Cédric Diggory.
La table de Poufsouffle explosa de joie et manifesta celle-ci par des applaudissements tonitruants. Harry comprenait qu'ils laissent éclater leur joie : ce n'était pas souvent qu'ils avaient l'occasion de briller ainsi. Rapidement, les autres maisons suivirent le mouvement, quoique de façon plus modérée.
Une fois le calme revenu, Cédric alla à son tour dans la salle où se trouvaient déjà les deux autres champions.
Alors que Dumbledore allait reprendre la parole, il se produisit un phénomène auquel personne ne sattendait : les flammes de la Coupe redevinrent bleu et elle cracha un quatrième papier.
Le vieil homme l'attrapa et le déplia mais, contrairement aux fois précédentes, ne le lut pas immédiatement. Il posa les yeux dessus puis marqua un temps d'arrêt, comme s'il n'était pas sur de ce qu'il venait de lire. En proie à un mauvais pressentiment, Harry observait attentivement les réactions du directeur.
Ce dernier finit par reprendre la parole et lut le nom inscrit sur le papier :
- Harry Potter
Un silence s'abattit sur la salle. Les camarades de dortoir de Harry lui jetèrent un coup d'oeil, pour voir comment il allait réagir. L'adolescent ne bougea pas. Dumbledore allait appeler à nouveau, le professeur McGonagall se leva et lui dit quelque chose dans l'oreille. Le directeur poussa un profond soupir. Il marmonna quelque chose que personne ne comprit. La directrice adjointe lui adressa un regard à faire geler un désert et il dit à contrecoeur, de façon intelligible cette fois :
- Il n'y à pas de Harry Potter dans cette école.
Pour la première fois depuis sa première rentrée, Harry se sentit reconnaissant envers Dumbledore. Il le fut d'autant plus que l'action suivante du vieil homme fut de bruler le morceau de papier.
L'adolescent se sentit également reconnaissant envers son ancien professeur de Défense contre les forces du mal d'avoir prévu que cela pourrait arriver et de leur avoir conseillé d'agir en conséquence.
En parlant de professeur, il sentit un regard se poser sur lui. Il en suivit la provenance et eut la surprise de constater que celui que le professeur Maugrey posait sur lui était furieux. Harry s'interrogea sur la raison de cette fureur, d'autant plus qu'elle semblait dirigée contre lui.
Il n'eut pas le temps d'y réflechir plus avant car les préfets ramenèrent les élèves dans leurs salles communes mais se promit d'enquêter à ce sujet durant l'année. Il suivit ses camarades dans leur dortoir et se coucha immédiatement.
