Bonjour à tous! J'espère que vous allez bien, comme vous le voyez, je ne vous ai pas trop fait attendre pour ce chapitre. J'espère que ce dernier vous plaira, en tout cas, moi, j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire, en particulier une scène sur laquelle j'attends vos avis avec impatience. Sur ce, je vous laisse à votre lecture.
Chapitre 9: Jalousie
Emma ne savait même pas comment elle était rentrée jusque chez Regina. Elle avait airée dans la ville, saoule, jusqu'à retrouver le chemin de la bibliothèque puis de la rue Mifflin Street. Elle était ensuite restée plantée devant la porte du manoir durant de longues minutes, incapable d'y rentrer. Elle se sentait honteuse. Elle avait laissé Regina et Henry seuls toute la journée, était sortie se saouler au bar avec Ruby, et pour finir, elle avait embrassé une autre femme dans le seul but de rendre son amie jalouse. C'était ridicule et pitoyable de sa part. Elle se promit de ne plus jamais se laisser embarquer par Ruby dans ce genre de traquenard.
Elle avait si peur de ce que penserait Regina de son escapade qu'elle n'osait pas mettre la clé dans la serrure. La brune dormait surement depuis bien longtemps, mais elle avait peur quand même. Après une demi-heure d'hésitation, elle finit par ouvrir la porte le plus doucement possible. Elle pénétra dans la maison et entreprit de se rendre à sa chambre sur la pointe des pieds lorsqu'elle l'aperçut: Regina. Cette dernière dormait allongée sur le canapé, il était quatre heure du matin et de toute évidence elle l'avait attendue toute la nuit. Ce constat ne fit que renforcer sa culpabilité.
Elle s'approcha à pas de loup de la brune et remit délicatement la couverture qui lui couvrait les jambes jusqu'à son buste. Elle la regarda dormir un moment, observant sa poitrine se soulever à chaque respiration. Quelle idiote! Pensa-t-elle. Cette idée de la rendre jalouse était à l'évidence parfaitement stupide. Elle n'avait pas besoin de ça. Leur relation, telle qu'elle était, lui apportait déjà tant. Pourquoi vouloir y changer quoi que ce soit. Elle ne pouvait qu'espérer que la brune ne lui en veuille pas trop de l'avoir abandonné, elle et Henry, durant toute une journée. Elle espérait également que ce baiser échangé entre elle et Tilly passe inaperçu. Devait-elle lui en parler? Non, c'était inutile. Elle se contenterait de se faire pardonner comme il se doit demain matin.
Après plusieurs minutes à l'observer dormir, Emma se décida à remonter jusqu'à sa chambre. Elle s'écroula dans le lit à peine arrivée à destination.
De son côté, Regina ouvrit les yeux et poussa un soupir. Elle s'était bel et bien endormie, mais le bruit de la porte d'entrée l'avait réveillée. Elle avait prétendu être toujours assoupie simplement pour voir si Emma oserait la réveiller. Elle fut déçue de constater qu'elle ne le fit pas. Une part d'elle était en colère contre la blonde, son fils avait passé la journée à lui demander où était partie Emma, et de son côté elle s'était posé la même question. Elle savait qu'elle était avec Ruby et cette perspective ne l'enchantait pas. La jeune serveuse était une fêtarde et elle n'avait aucune idée des endroits où elle avait pu entrainer Emma.
Elle finit par se lever du canapé et monta dans les escaliers pour rejoindre sa chambre. Elle y trouva Emma, étendue, qui dormait désormais à poings fermés. Elle avait dû se tromper de chambre, et nul doute qu'elle avait dû se saouler toute la nuit. Elle hésita un moment: devait-elle dormir dans la chambre d'amis? Retourner sur le divan? Finalement, elle se rendit compte que sa colère était bien moindre que son envie d'être auprès de la jeune femme.
Elles discuteraient de tout ça demain, décida-t-elle avant de s'allonger auprès de la blonde. Instinctivement, Emma enroula un bras autour d'elle et Regina se mit à sourire. Après tout, elle avait le droit de sortir et de se faire des amies. Ce n'était pas si grave. Elle était rentrée, et c'était le plus important.
C'est ainsi qu'en ouvrant les yeux le lendemain, en fin de matinée, Emma se rendit compte qu'elle n'était pas seule dans son lit. Regina l'avait rejointe et dormait encore paisiblement dans ses bras. Ce constat la soulagea, peut-être que la brune ne lui en voulait pas tant que ça d'être partie finalement.
- «Bonjour» Murmura Regina d'une voix roque en ouvrant à son tour les yeux.
- «Salut.» Lui répondit-elle avec un brin de timidité. «Tu m'as rejointe?»
- «Pas le choix, tu as pris mon lit.» Plaisanta la brune avec un léger sourire. À défaut de se mettre en colère au sujet d'hier, elle pouvait au moins la taquiner.
- «Quoi?» Emma balaya la pièce du regard et se rendit compte qu'elle n'était pas dans la chambre d'amis, mais bel et bien dans celle de Regina. Elle devait être tellement ivre hier soir qu'elle n'avait pas fait attention. «Désolé, j'ai pas fait gaffe.» S'excusa-t-elle.
- « Ce n'est pas grave, je n'avais pas envie de dormir seule de toute façon.»
Regina souriait, et cela ne fit que renforcer la culpabilité d'Emma. Même si la brune ne semblait pas en colère, elle lui devait au moins des excuses et des explications.
- «Je suis vraiment désolé pour hier. Je sais que tu m'as attendue toute la journée. J'aurais dû rentrer plus tôt. Je me suis un peu laissé entrainer par Ruby, on est allées au bar voir un concert, j'ai un peu bu… Enfin, bref, j'ai déconné. Je te présente mes excuses.»
Un petit sourire fendit le visage de Regina, les excuses d'Emma lui suffisait amplement.
- «Ce n'est pas grave, tu as le droit de te faire des amis. Je suis contente si tu t'es amusée.» Étonnamment, Regina pensait ses paroles, si Emma devait rester à Storybrook, c'était une bonne chose qu'elle se sociabilise avec les habitants de la ville. «La prochaine fois, tiens-moi juste au courant de l'heure où tu rentres et de ce que tu fais, que je ne m'inquiète pas.» Ajouta-t-elle malgré tout, car au final, c'est la seule chose qui l'avait vraiment ennuyé au sujet d'hier.
Emma fut surprise de sa réaction, elle ne s'attendait pas à ce que la brune réagisse aussi bien. Un sourire fendit son visage, elle en oublia le baiser partagé avec Tilly et prit Regina dans ses bras.
Cette dernière se mis à sourire et lui rendit son étreinte. Elles restèrent un moment ainsi jusqu'à ce qu'elles entendent la petite voix d'Henry, se tenant dans l'encadrement de la porte. Il était près de onze heure du matin et le bambin était réveillé depuis déjà un moment.
- «Emma! Tu es revenue!» S'exclama le petit garçon en se précipitant pour les rejoindre dans le lit de sa mère.
- «Hey gamin, tu m'as manqué, petite tête. » Avoua la blonde en prenant Henry dans ses bras.
- «J'ai pas une petite tête.» Répondit l'enfant d'une mine boudeuse.
- «Oh que si, tu as une toute petite tête.» Continua de le taquiner Emma en commençant à chatouiller le petit garçon qui se mit à remplir la pièce du son de son rire.
- «Non, pas les guilis !»
Regina assista à cette scène le sourire aux lèvres, son fils riait à plein poumon sous les chatouilles de la blonde, et voir son fils si heureux ne pouvait que lui faire éprouver une immense joie.
Quelques minutes plus tard, ils descendirent tous les trois jusqu'à la cuisine, Emma et Regina préparèrent ensemble le déjeuner et ils mangèrent dans un silence confortable.
- «Je dois vraiment aller à mon bureau aujourd'hui, j'ai pas mal de retard au travail. Tu penses que tu pourrais accompagner Henry à sa chimio?» Demanda la brune à la fin du repas. La perspective de ne pas être avec son fils ne l'enchantait pas, mais elle savait qu'il serait entre bonnes mains auprès d'Emma.
- «Oh tu es sûre? On n'y va toujours à deux…» Hésita la blonde qui n'avait pas l'habitude d'y aller seule.
- «Je te fais confiance, je suis sûre que ça se passera très bien.» La rassura Regina avec un sourire.
- «D'accord.» Accepta la jeune femme, touchée de savoir que la mère d'Henry avait suffisamment confiance en elle pour la laisser seule avec son fils, durant un moment aussi compliqué que sa chimiothérapie.
- «Il a rendez-vous à quatorze heure.»
- «Parfait, tu peux compter sur moi.»
- «Je sais.» Répondit simplement la brune en posant brièvement sa main sur l'épaule d'Emma, comme pour lui signifier son immense confiance.
- «On pourra prendre mon livre?» Demanda le petit garçon, toujours aussi passionné par la façon dont Emma lui lisait des histoires.
- «Évidemment, mon grand.»
C'est ainsi qu'une demi-heure plus tard, Regina était en route pour son bureau à la mairie. Elle y allait le cœur léger de savoir que tout allait bien entre elle et Emma. Elle salua sa secrétaire en entrant sur son lieu de travail et la prévint de ne pas la déranger. Elle avait pris beaucoup de retard sur ses dossiers et devait s'y atteler au plus vite. Elle se mit donc à étudier différents problèmes de voisinages et autres demandes de copropriétés qu'elle avait remit à plus tard depuis plusieurs jours.
Au bout d'une bonne heure et demie, son téléphone sonna, c'était sa secrétaire la prévenant que Sidney, le journaliste de Storybrook, souhaitait la voir concernant le prochain numéro du journal de la ville. Elle soupira, elle n'avait pas envie d'être déranger mais il fallait qu'elle donne son accord sur les articles du jour, elle confirma donc à sa secrétaire qu'elle pouvait le faire rentrer.
- «Bonjour, madame le Maire.» Salua le journaliste en pénétrant dans le bureau quelques instants plus tard, un sourire triomphant aux lèvres.
- «Bonjour Sidney.» Répondit Regina, plus détachée. «Alors, qu'avons-nous à la une du numéro du jour?»
- «Le concert d'hier soir au Rabbit Hole. Fantastique. Une réussite.» Sidney semblait plus que ravi de son article et encore plus des photos qu'il avait prit de l'événement.
Regina quant à elle, grimaça en entendant le nom du bar. Elle détestait ce trou à rat où les fêtards de Storybrook aimaient se retrouver pour boire a plus tenir debout. Il faut dire qu'il n'y avait pas énormément de bars à Storybrook, mais celui-ci lui paraissait particulièrement exécrable.
- «Montrez-moi votre article.» Demanda simplement la mairesse d'un ton détaché. Sidney lui tendit son papier et Regina le survola, lisant ce qui lui paraissait le plus important. Un concert aux sonorités pop-rock particulièrement réussi. Une ambiance des plus amusantes et dansantes pour les habitants de Storybrook. Une nuit endiablée. Cela lui paraissait correct. «Et les photos?» Ajouta-t-elle.
- «Magnifique.» Répondit le journaliste avec fierté.
Il lui tendit les clichés, une du groupe en gros plan, d'autres prises de plus loin avec la foule dansante. L'une d'entre elles attira particulièrement le regard de Regina. Une chevelure blonde et une veste rouge qu'elle aurait reconnue entre mille. Emma. Emma embrassant à pleine bouche une jeune femme au milieu de la foule avec le groupe en arrière-plan. Ses mains se resserrent malgré elle sur la photographie qu'elle froissa.
- «Qu'est-ce que c'est que ça?!» S'agaça-t-elle en comprenant qu'Emma s'était plus qu'amusée hier soir.
- «Je pensais que ça ferait une bonne première de couverture, cela représente bien l'ambiance de la soirée.» Sidney avait un sourire mesquin au coin des lèvres, il savait parfaitement qui était la jeune femme à la veste rouge si reconnaissable. Son sourire ne fit que renforcer la colère de la Maire de Storybrook.
- «Hors de question. Vous publierez la photo du groupe, rien de plus.» Répondit-elle, froidement.
- «Tout va bien, Madame Mills?» Demanda Sidney, désormais intrigué par la réaction de la brune.
- «Sortez d'ici. J'ai du travail. Photo du groupe. C'est tout.» Elle n'avait même pas l'énergie de faire des phrases entières et lui fit un geste de la main pour lui indiquer de sortir au plus vite de la pièce.
- «Bien. Comme vous le désirez.» Répondit-il simplement en sortant du bureau.
Regina avait toujours la photographie dans les mains et la froissa un peu plus sous l'énervement. Emma s'était de toute évidence bien amusée la nuit dernière, pas étonnant qu'elle soit rentrée si tard. La mairesse était folle de rage sans même en comprendre la raison. Après tout, Emma était une femme adulte, capable de faire ce qu'elle désirait. Elles étaient amies et elle n'avait aucunement le droit de dicter ses fréquentations. Pourtant, elle était furieuse. Furieuse que la jeune femme en embrasse… Une autre? C'était ridicule, mais au fond d'elle, Regina savait que ce qu'elle ressentait n'était ni plus ni moins que de la jalousie. Elle était jalouse de ne pas avoir la même place dans le cœur d'Emma que celle que cette dernière occupait dans le sien.
Mais qu'elle était vraiment cette place?
- «Bordel.» Soupira la brune en écroulant sa tête sur le bureau. Des larmes perlèrent aux bords de ses yeux et elle gémit de frustration en comprenant, après tout ce temps, qu'elle avait des sentiments pour Emma.
Elle l'avait embrassée. Non pas sous le coup de l'émotion comme elle s'en était persuadée, mais parce qu'elle en avait envie. Elle avait eu envie de ses lèvres roses, de sentir leur douceur contre les siennes. Peut-être même qu'elle en avait envie depuis des semaines. Comment ne s'était-elle pas rendue compte plus tôt qu'elle adorait son humour, sa douceur et sa légèreté ? Qu'elle ne pouvait plus se passer du son de son rire et de la tendresse de ses étreintes? Qu'elle était accro à sa façon de la regarder. Qu'elle aimait jusqu'à sa stupide veste rouge. Elle était foutue.
Après une bonne heure à se lamenter sur la situation, Regina se reprit. Elle se noya dans le travail tout le reste de l'après-midi, tentant d'oublier la colère et la jalousie qui s'étaient emparées d'elle. Lorsqu'elle finit par regarder l'horloge accrochée au-dessus de son bureau, elle indiquait déjà dix-sept heure trente. Henry devait avoir fini sa chimiothérapie depuis une bonne heure et lui et Emma devaient déjà être de retour à la maison. Elle avait envie de voir son fils plus que tout, alors elle se décida à ranger ses affaires et quitta la mairie pour retourner au manoir.
Elle avait peur de se confronter à Emma, elle se sentait toujours terriblement blessée et folle de jalousie. Comment allait-elle se comporter avec la blonde? Elle n'en savait rien. Elle était d'ordinaire plutôt douée pour cacher ses émotions, mais face à Emma qui lisait en elle comme dans un livre ouvert, la tâche allait s'avérer plus difficile que d'ordinaire. La jeune femme savait toujours lorsqu'elle mentait.
En pénétrant dans la maison, elle découvrit Emma et Henry, assis autour de la table de la salle à manger, en pleine activité pâte à modeler. Le petit garçon avait un grand sourire aux lèvres tandis qu'il façonnait de petits bonhommes de toutes les couleurs. Emma aussi semblait concentrée dans sa construction, puisqu'elle n'entendit même Regina rentrer.
- «Maman!» S'exclama le petit garçon en apercevant sa mère. Il descendit de sa chaise et alla immédiatement encercler la taille de Regina, avec joie.
- «Coucou mon petit prince. Alors, ça c'est bien passé aujourd'hui?» Le questionna sa mère, heureuse de voir son fils si joyeux. La chimiothérapie était toujours aussi difficile, mais l'enfant semblait toujours ravie de passer ses journées aux côtés d'Emma.
- «Oui! On a lu des histoires, et j'ai gagné au jeu de cartes! Et on a été mangé une glace!» S'exclama l'enfant avec beaucoup d'excitation, Regina ne put retenir son sourire et embrassa son fils par-dessus son bonnet qu'il ne quittait pratiquement jamais.
- «Une glace? Tu as dû être très sage pour voir une glace.»
- «Je suis toujours sage!» Protesta l'enfant.
- «Toujours?» Intervint Emma, un sourire en coin. «Tu oublies ce matin quand tu n'as pas voulu mettre tes chaussettes.»
- «Mais elles grattent!» Bouda l'enfant en croisant les bras.
Regina ne put retenir un sourire tandis qu'Emma se mit à rire franchement. Bon sang, ce qu'elle aimait le son de son rire, pensa Regina en essayant tant bien que mal de ne pas regarder la jeune femme dans les yeux. Si elle se perdait une fois de plus dans son regard, elle était fichue.
- «Et toi, ta journée?» L'interrogea-t-elle, la sortant de ses pensées.
L'image de la photographie d'Emma et de cette maudite femme lui revint en mémoire, elle serra les poings sans même s'en rendre compte.
- «Bien. Productive.» Répondit-elle simplement. En apercevant la mine dubitative d'Emma, qui avait immédiatement compris que quelque chose clochait, elle sortit de la pièce en lançant simplement: «Je vais préparer le dîner.»
Emma resta plantée au milieu de la pièce, inquiète. Quelque chose semblait avoir changé dans le comportement de la brune depuis ce matin et cela ne présageait rien de bon. Peut-être était-elle simplement fatiguée de sa longue journée au bureau, mais son instinct lui disait que quelque chose d'autre n'allait pas. Néanmoins, elle décida de la laisser tranquille pour le moment et reporta son attention sur Henry pour continuer leur activité.
Quelques heures plus tard, après un dîner passé dans un silence plus que pesant, Regina alla coucher son fils qui était épuisé de sa journée et de sa chimiothérapie. L'enfant s'endormit en seulement quelques minutes et lorsque Regina redescendit au rez-de-chaussée, elle vit Emma sur le canapé, en train de leur servir deux verres de cidre.
- «Jeu des questions?» Demanda-t-elle avec un grand sourire. Regina se figea sur place. Elle ne se sentait pas capable de revivre une soirée aussi bouleversante que la dernière fois. À vrai dire, elle ne se sentait pas capable de passer la soirée avec Emma tout court.
- «Pas ce soir, Emma.» Répondit-elle.
- «Pourquoi ça?» La blonde semblait déçue et affichait la même mine boudeuse qu'Henry lorsqu'il était contrarié. Ils se ressemblaient tellement, parfois.
- «Je suis fatiguée.» Regina tourna les talons et se dirigea à nouveau vers les escaliers.
- «Regina? Qu'est-ce qui se passe? Tu n'as pas dit un mot de tout le dîner.» Lui fit-elle remarquer.
- «Rien. Je t'ais dis que j'étais fatiguée.» Répéta-t-elle d'une voix monotone sans même se retourner.
- «Je sais quand tu mens. Dis-moi ce qui se passe.» Insista Emma en se levant du canapé pour se planter juste derrière la brune.
Évidemment, pensa Regina, elle n'allait pas lâcher l'affaire si facilement. Une vague de colère s'empara à nouveau d'elle, et elle n'était pas très douée pour gérer cette émotion. Elle sentit des fourmis envahir le bout de ses doigts, la rage était en train de s'emparer d'elle et elle finit par se retourner pour dire quelque chose qu'elle regretta immédiatement.
- «Putain, Emma. Fous-moi la paix, d'accord?» Sa voix avait été tellement froide et autoritaire qu'Emma eut un mouvement de recul. On aurait dit la Regina d'il y a presque deux mois, la Regina se cachant derrière des murs pour ne pas affronter ses émotions. Elles restèrent plantées l'une en face l'autre sans un mot durant plusieurs secondes interminables. Regina était surprise de sa propre réaction, tandis qu'Emma était encore sous le choc.
Finalement, c'est la blonde qui rompit le silence:
- «Non.» Déclara-t-elle simplement.
- «Comment ça, non?»
- «Non, je ne te foutrais pas la paix, comme tu dis.» Elle semblait blessée, mais s'approcha malgré tout de l'autre femme et posa une main sur son avant-bras. Regina ressentit un frisson lui parcourir l'échine. C'est quelque chose qu'elle aimait chez Emma, que cette dernière soit capable de lui tenir tête.
- «Je suis désolée.» Murmura Regina d'une voix à peine audible, des larmes perlèrent au coins de ses yeux, qu'elle tenta de chasser en battant des cils plusieurs fois.
- «Dis-moi ce qui se passe. Tu peux tout me dire, tu sais.» La voix d'Emma était si douce que sa colère s'envola. Elle osa la regarder dans les yeux pour la première fois depuis ce qui lui paraissait être des lustres. En contemplant ses magnifiques yeux verts, elle comprit qu'il était inutile de lutter.
- «Je- » Elle ne savait même pas quoi dire, alors elle se laissa guider par ce qu'elle ressentait, oubliant tous ses doutes. «Oh, et puis merde.»
En un instant, ses lèvres se collèrent à celles de la blonde dans un baiser enflammé. Emma mit quelques secondes à se rendre compte de ce qui se passait. Regina. Regina qui l'embrassait. Regina qui enfouissait sa main dans ses cheveux. Regina qui l'agrippait par la taille. Regina qui pressait ses lèvres si fort contre les siennes qu'elle en oublia tout le reste. Elle répondit au baiser avec ferveur, muant ses lèvres contre celles de la brune avec passion.
Le baiser s'intensifia, c'est Regina qui ouvrit la bouche la première, lorsqu'elle sentit la langue d'Emma lui quémander l'entrée. Leurs langues se mirent alors à jouer une danse qu'elles semblaient déjà connaître par cœur. Elles s'embrassèrent si fort que la brune se rendit à peine compte qu'elle était désormais plaquée contre le mur du salon. Elles manquèrent de faire tomber un tableau dans la précipitation.
Jamais elles n'avaient connu pareil baiser, si passionné, si intense, que rien d'autre ne semblait exister à par elles. Lorsque Emma sentit la jambe de Regina remonter pour s'accrocher autour de sa taille, elle ne répondit plus de rien. Ses mains se glissèrent sous le haut de la brune, caressant sa peau nue avidement. Regina gémit au contact des doigts froids de la jeune femme sur son corps, mais ne s'en plaignit pas, bien au contraire. Elle resserra sa prise sur la blonde, agrippant ses cheveux avec ardeur. Le son de leurs soupirs remplirent la pièce, bientôt remplacé par des gémissements lorsque Regina osa aventurer ses lèvres sur le cou d'Emma.
Elles auraient pu s'embrasser ainsi pendant des heures, leurs corps brûlants pressés l'un contre l'autre dans une passion ardente. Elles ne voulaient pas s'arrêter, elles voulaient se perdre dans se baiser jusqu'à ce que la terre disparaisse. Mais, soudain, un bruit les rappela à la réalité. C'était la sonnette de l'entrée.
- «Mhh, tu, oh…» Gémit Emma lorsque Regina lui mordilla l'oreille. «Tu as entendu?» Finit-elle par dire lorsque la sonnette retentit une deuxième fois.
- «C'est la porte d'entrée?» Demanda Regina qui essayait tant bien que mal de reprendre son souffle. La tête lui tournait et elle n'était même pas sûre de savoir encore comment respirer.
La sonnette retentit une troisième fois.
- «Tu attendais quelqu'un?» S'interrogea Emma, il était presque vingt heure trente et une visite si tardive lui parut étrange.
- «Non, pas que je saches.»
Regina prit le temps de se recoiffer légèrement et de replacer son haut. Elle rit en constatant que la chevelure d'Emma ressemblait plus à une crinière qu'à autre chose. Emma tenta elle aussi de se rendre présentable et elles se rendirent ensemble jusqu'à la porte d'entrée dont la sonnette se fit entendre une fois de plus.
Regina ouvrit la porte et son visage se décomposa en découvrant la personne qui se tenait sous le porche.
- «Maman?!»
Et voilà, c'est la fin de ce chapitre, j'espère qu'il vous auras plu. J'ai hâte de lire vos reviews, surtout après ce gros cliffanger avec la mère de Regina qui débarque, mais aussi ce baiser tant attendu entre Emma et Regina. De mon côté, je vous dit à bientôt pour un nouveau chapitre.
