Bonjour à tous!
Bien, nous sommes rendus au chapitre 7! Il se dévoile énormément de choses dans ce chapitre, j'en suis moi-même surprise. Disons que Harry a contrôlé ma main dans plusieurs dialogues. Mais bon, il faut bien que les choses avancent, non?
D'ailleurs, ce chapitre se passe presque entièrement, je dis presque, entre Harry et Tom.
Bonne lecture!
Reviews :
Demelza : Merci pour ta review, elle me fait très plaisir. Le fait que tu trouves ma fanfic crédible est un beau compliment. J'espère que la suite te plaira.
John : Merci pour les bons mots. Heureuse de lire que mon histoire te captive et que tu aimes mon style. Je sais que je suis capable de faire mieux, mais la publication serait encore plus longue à faire. Bonne lecture!
SeverusRiddle
CHAPITRE 7
Le bras tendu vers l'avant, le poignet enserré par des doigts possessifs, Harry se fit traîner dans les couloirs de Poudlard. Le repas du midi était débuté et pourtant, Tom montait les marches, passant devant la Grande Salle, puis grimpait encore plus haut jusqu'au septième étage. Lors de leur passage, des élèves les regardaient avec des yeux ronds, leur bouche ouverte, comme des carpes hors de l'eau. Ils chuchotèrent aussi entre eux, lançant des commérages croustillants à leur propos. Harry s'imaginait déjà les rumeurs: les deux rivaux en friction voulant régler leur compte à l'ombre des regards. Si c'était le cas, ce n'était pas complètement faux.
Harry se laissait faire, trop abasourdi par les sensations qu'il éprouvait au contact du sorcier. Lorsqu'il l'avait serré dans ses bras plus tôt, il s'était senti… comblé. Comme s'il retrouvait la maison, connue et accueillante. La chaleur de Tom le rassurait, l'émoustillait même. Jamais il n'avait éprouvé ce genre de sensation auparavant, et ce, pas même avec Ginny. Même en ce moment, son poignet chantait sous le contact de Tom. Voldemort l'avait pourtant touché dans son présent et jamais, au grand jamais, il n'avait aimé son contact. Cela l'avait au contraire rebuté. Et s'il était honnête avec lui, il aimait le contact de Tom. En était-ce ainsi pour ce dernier?
Sans lâcher Harry, Tom passa trois fois devant le mur de la Salle sur Demande, laissant apparaître une porte. Harry oublia de feindre la surprise, heureux que Jedusor ne le regarde pas, et le suivit dans la salle. Il fut surpris du décor: tout était très sobre. Les couleurs dans les tons de vert représentaient en majorité Serpentard, mais une cheminée centrale agrémentait la pièce par sa chaleur. Des divans argentés faisaient face à un feu qui crépitait alors que des accents dorés ornementaient le linteau du foyer. Harry avait l'impression de pénétrer une forêt de conifères décorée par des rappels de Gryffondor.
— C'est joli, ne put-il s'empêcher de dire.
Tom ne répondit rien, mais l'entraîna vers l'un des divans moelleux, le plus proche du feu. Non seulement la température du foyer réchauffait Harry, mais aussi le contact de Tom, ce dernier le retenant toujours par le poignet. Y laisserait-il une marque? Harry observa son visage, découvrant à nouveau ses prunelles redevenues sombres. Ses pupilles le scrutaient comme s'il n'y avait que lui dans la salle, tellement dilatées qu'Harry crut qu'elles gobaient entièrement l'iris. Ne ressentait-il aucune gêne de le fixer ainsi? Son ventre se tortilla et son corps gigota. Ses yeux verts tombèrent à ce moment sur la main de Tom, celle qui encerclait toujours son poignet. Jedusor suivit alors son regard et comprit le questionnement d'Harry; d'un geste brusque, il repoussa sa main, libérant le sorcier. Harry la ramena près de lui et se la frotta: sa peau était rougie par la poigne subie.
— Pourquoi n'as-tu pas réagi? murmura alors Tom. Pourquoi as-tu laissé Lestrange agir de la sorte avec toi?
Harry fronça les sourcils. Que voulait-il dire?
— Tu aurais pu lui lancer un sortilège ou bien le frapper! continua-t-il avec beaucoup plus de fougue.
— Lestrange ne faisait que me menacer, répliqua Harry, la voix basse. Je ne vois pas l'intérêt de réagir si je ne me sens pas en danger. Et je ne me sentais pas en danger.
Il vit les poings de Jedusor se resserrer, comme s'il était en colère de sa réaction. Même son souffle l'observa, la tête inclinée sur le côté, les sourcils froncés. Pourquoi une telle colère? Il ne le comprenait vraiment pas.
— Tu le crois sain? siffla Tom. Il n'hésiterait pas à te faire du mal si je le lui ordonnais!
— Eh bien, fais le contraire, s'exaspéra Harry d'un soupir. Dis-lui de ne plus rien me faire et il t'écoutera.
Cela semblait si simple. Tom croisa les bras, les yeux plissés. Il réfléchissait sérieusement aux mots d'Harry. Ce dernier ne sut ce qu'il trouvait le plus étrange en ce moment : le fait qu'il l'écoutait avec intérêt ou bien le fait qu'il n'avait aucun doute sur son emprise sur les autres. Ce constat souleva la colère en Harry. Tom était trop sûr de lui, ne doutait-il jamais!
— Mais tu sais, ajouta-t-il avec un certain mépris, je pense que si tu t'ajoutes à l'équation, Lestrange aura sa propre volonté. Il semble nourrir une admiration sans bornes à ton égard… Comme s'il te vénérait alors que…
Il se secoua la tête, dépeignant davantage ses cheveux.
— Bref, je n'ai jamais vu ça auparavant.
Enfin, en ce qui concernait le jeune Jedusor et non Voldemort. Tom plissa le nez de dégoût, les yeux tournés vers le feu. La lumière découpait élégamment son profil, creusant ses traits mélodieux. On aurait dit une peinture honorant l'ombre et la lumière, dans un jeu contrastant entre le bien et le mal. Harry en eut le souffle coupé. Comment un être aussi beau pouvait-il aspirer à devenir un mage aussi cruel? Son nez droit, la courbe de ses lèvres, ses épaules carrées, il avait un physique enjôleur, une attitude séductrice. Les élèves pouvaient bien tomber sous son charme. Mais, malgré cette notoriété, Tom semblait seul, très seul. Tout comme lui.
— Alors… Pourquoi est-on venu ici? demanda Harry avec hésitation, ne comprenant pas ce qui se jouait dans l'esprit de Tom.
Il se recula sur le canapé, enfonçant son corps dans le moelleux du meuble. Mais il fit un faux mouvement; il lâcha une plainte, son dos encore douloureux depuis sa chute. Immédiatement, Tom le scruta avec intensité, une lueur presque sauvage dans le regard.
— Qu'y a-t-il?
Sa voix était grave, impérieuse comme si elle ne laissait pas le choix à Harry de répondre.
— Mon dos, il est douloureux depuis notre… ma chute. Ça va passer, rien de grave.
Tom hocha le menton, observant le corps d'Harry avec un certain mépris. Celui-ci sentit une pointe amère transpercer son cœur. Avec malaise, il frotta ses paumes moites contre son pantalon et évita de regarder Tom, même si celui-ci ne le lâchait pas du regard. Sa cicatrice, contrairement aux chatouillements habituels, le brûlait. La douleur devint si présente qu'Harry se massa le front.
— Cette cicatrice, comment l'as-tu eue?
Le regard de Tom le dérangeait, vraiment… Il préférait ses yeux pénétrants à ceux méprisants. Ce fut plus fort que lui, sa bouche parla avant même que son cerveau eût pris le temps de réfléchir.
— Pourquoi répondrais-je à une personne qui me regarde avec autant de dégoût?
Tom fut interloqué, puis fronça les sourcils.
— Avec dégoût? répéta-t-il avec incompréhension.
— Oui. Tu… lorsque je t'ai parlé de mon dos douloureux, tu m'as regardé avec dédain.
Lentement, Tom croisa les bras avant d'orienter son corps vers celui d'Harry. Il pencha la tête sur le côté, les traits presque détendus. Le voir ainsi semblait irréel, comme s'il était une personne normale, ordinaire.
— Ce n'est pas ainsi, souffla Tom d'une voix de velours. Je… Je ne me l'explique pas. Je n'apprécie pas l'idée qu'une personne ou bien une situation autre que moi puisse te blesser.
Harry l'observa soudain, les yeux écarquillés.
— Pardon? bégaya-t-il. Incroyable! Vraiment, tu es un vrai psychopathe!
— Que dis-tu?
— Tu es un vrai psychopathe! lâcha Harry. Tu es en train de me dire que tu es le seul qui puisse me blesser alors que… Alors que... Ce n'est pas normal de blesser les autres!
Harry en perdait ses mots. Sans s'en rendre compte, il s'était avancé vers Tom, les deux mains posées sur le canapé devant lui. Il le fixait sans ciller, comptant bien lui faire comprendre sa déraison.
— Est-ce que tu comprends, Tom? Tu ne peux pas blesser les autres comme ça, pour ton bon vouloir ou bien pour ta satisfaction. Bon sang, ce n'est pas bien!
Harry avait l'impression d'éduquer un enfant sur le bien et le mal. Et si c'était ce qu'il devait faire avec lui? Y avait-il seulement eu un adulte pour lui apprendre une chose aussi simple? Il attendait une réaction de sa part, mais certainement pas celle-ci :
— Comment m'as-tu appelé? demanda-t-il d'une voix étrangement rauque.
— Je…
Le corps de Harry se raidit. Ses bras tremblèrent.
— Tom… réalisa-t-il, effaré, le cœur battant à tout rompre.
Comment cela était-il possible? Avec tous les derniers événements, avaient-ils franchi tous les deux une étape, une ligne qu'ils n'auraient pas due? Ils n'étaient pas amis, Harry le lui avait pourtant bien signifié. Alors pourquoi était-il aussi familier avec lui, tout à coup? Harry jeta un coup d'œil à Tom. Ses yeux étaient de nouveau dilatés, presque rougeâtres, et une convoitise dansait en eux. Sur ses lèvres s'étirait un sourire étrangement satisfait.
— Eh bien, voyez-vous ça? ricana-t-il avec ironie. Qui aurait cru que le nouvel élève – celui qui criait haut et fort ne pas vouloir entrer dans une relation avec moi – m'appellerait par mon prénom?
Le sang monta aux joues d'Harry. Les yeux grands ouverts, il s'exclama:
— Ma langue a fourché, je ne referai pas cette erreur! Je voudrais te nettoyer les oreilles jusqu'à ce qu'elles disparaissent!
Il y eut un silence. Puis les épaules de Tom tressautèrent. Que se passait-il? Était-il pris de convulsion? Mais Harry comprit que la réponse était bien plus simple: Tom riait.
— Quoi? lâcha-t-il, sa fierté effritée. Je ne pensais pas que tu savais comment rire.
Sa réaction ne calma pas Tom, au contraire, il continuait de s'amuser devant le visage orgueilleux d'Harry. Ce dernier l'observa alors et fut contaminé par ce rire de velours : il accompagna Tom dans un fou rire. Lorsqu'ils se calmèrent, Harry fut surpris de lui-même. Aurait-il pensé un jour échanger un tel moment avec Jedusor?
— Je veux que tu continues à utiliser mon prénom, entendit-il alors qu'il était plongé dans ses pensées.
— Quoi? Mais… Tu viens d'interdire à Lestrange de t'appeler ainsi. Et moi, pourquoi le ferais-je? Nous ne sommes pas des amis, voyons!
L'atmosphère douce s'assombrit d'un coup. Même le feu dans la cheminée brûlait avec moins d'éclat.
— Ce sera Tom pour toi, un point, c'est tout.
Harry balaya la lourde atmosphère de la main puis haussa les épaules.
— D'accord, mais sache que tous se poseront des questions.
Ce fut au tour de Tom de hausser les épaules. Il semblait s'en ficher. Harry, quant à lui, en avait un peu ras le bol de se faire examiner comme un animal par les autres. Il déposa sa tête contre le dossier du divan et observa Tom sans ciller. Jedusor suivit le mouvement et fit de même. Ils restèrent ainsi un long moment, dans le calme, calquant chacun leur respiration sur l'autre. Seul le crépitement du feu envahissait le silence. Ce moment apaisa Harry, aussi étrange que cela était possible.
— Ta magie, souffla soudain Tom au bout d'un long moment, est différente.
Harry cligna des yeux, sans changer de position.
— Que veux-tu dire?
— J'ai l'impression de la connaître depuis toujours, répondit-il dans un murmure. Tout me semble familier en toi alors que je t'ai vu pour la première fois à la rentrée.
Harry se passa la main dans les cheveux, mal à l'aise. Il accrocha ses lunettes, celles-ci étaient maintenant inclinées de biais sur son nez. Des doigts entrèrent dans son champ de vision. Tom, les yeux plissés, replaça ses lunettes avec délicatesse. Il remit quelques mèches de ses cheveux en ordre et laissa sa main en suspens, devant son nez. Le sang monta une fois de plus aux joues d'Harry, la bouche semi-ouverte d'étonnement.
— Rougis-tu toujours comme ça? lui demanda Tom avec un grand sérieux. C'est quelque chose que j'ai remarqué. Peu importe l'émotion que tu as, tes joues se colorent comme par enchantement.
— Je… Mes émotions sont instables, souffla-t-il.
— Tu es un émotionnel, c'est évident, claqua Tom, comme le son d'une règle contre le bois.
Ses doigts effleurèrent alors le front d'Harry afin de suivre les courbes de sa cicatrice. À ce contact, Harry fut surpris. D'un geste, il frappa la main devant lui afin de l'éloigner. Cette réaction provoqua l'amusement chez Tom, qui souriait narquoisement.
— Je n'aime pas que l'on me touche, réitéra Harry, déviant le regard vers les flammes qui dansaient dans l'antre de la cheminée.
— Je croyais qu'on avait brisé cette barrière plus tôt, lui avoua Tom en rétractant toutefois sa main, lorsque tu m'as pris…
D'un mouvement vif, Harry leva la main pour le faire taire.
— Ça va! C'était pour t'éloigner de Lestrange avant que tu ne commettes un autre meurtre!
Harry se paralysa d'horreur. Même son coeur cessa de battre un instant. Venait-il vraiment de dire… ça? Immédiatement, le feu dans l'âtre s'étouffa. Les lumières de la Salle sur Demande clignotèrent comme si elles étaient hantées par Peeves tandis que les divans tremblèrent comme victimes d'un tremblement de terre. La magie de Tom s'éleva tout autour de lui, s'insinuant dans la gorge d'Harry, l'irritant même. Mais quel idiot d'être aussi impulsif!
— Que viens-tu de dire?
Piqué au vif par la violence de sa voix, mais aussi par la violence magique autour de lui, Harry se leva comme si un ressort le contrôlait. Sa main chercha immédiatement sa baguette et la pointa sur Tom, à son tour menaçant. Mais Jedusor s'avançait vers lui, d'un pas sûr et terriblement menaçant. Ses yeux étaient de nouveau rouge sang.
— Recule! lui ordonna Harry.
— Est-ce que c'est pour ça que tu es entré dans mon dortoir avec l'intention de me tuer? cracha-t-il, les traits durs.
Comment se sortir de ce mauvais pas? Harry réfléchissait à vive allure, mais n'y arrivait pas. Que ferait Hermione dans une telle situation? Elle qui était si brillante! Peut-être devrait-il lui effacer la mémoire?
— Tes yeux, ce sont ceux d'un sorcier ayant dépassé les limites, souffla Harry, la main tremblante, la voix hésitante. Je… Je sais des choses sur toi, comme le fait que ton père Moldu du même nom que toi a été assassiné cet été, avec deux autres personnes dans son manoir. Es-tu celui qui a commis ces meurtres?
Tom s'arrêta un moment, surpris. Puis la colère revint au galop. Il tremblait de la tête aux pieds. Son expression changeait constamment, difficile à déchiffrer: haine, colère, incompréhension, surprise, inquiétude, tristesse… Il semblait batailler pour revenir à une expression plus neutre, sans succès. Harry avait l'impression qu'il combattait avec lui-même et ce constat, l'inquiétait.
— Tu ne comprends pas, siffla Tom avec difficulté. Ce n'était pas voulu…
Le bras d'Harry retomba. Il observa Tom, les sourcils froncés.
— Tu as des explosions de magie, n'est-ce pas? continua Jedusor avec un peu plus de facilité. Eh bien, moi aussi. Mais j'en perds parfois le contrôle…
— Et c'est ce qui s'est produit ce jour-là? s'enquit Harry, le cœur battant à vive allure.
Tom se cramponnait à lui-même, de nouveau tiraillé par ses émotions. Mais il hocha la tête en approbation.
— Mais… Je mentirais si je disais que le tableau n'avait pas été fort plaisant à regarder, termina-t-il, une lueur étrange dans les yeux. Je ne voulais pas les tuer, mais… je me suis senti puissant. Et ça, c'est grisant.
Harry recula d'un pas, l'horreur lui parcourant le dos. Tom avait un trouble de la personnalité, il n'y avait aucun doute là-dessus. Mais, le regret qu'il avait un tant soit peu perçu avant ses dernières paroles lui donna une lueur d'espoir. Alors, prenant son courage à deux mains, il s'avança vers Jedusor et lui prit les mains avec douceur. Ce geste hébéta un moment Tom. Il parla, avant même qu'Harry ne puisse le faire.
— Qui es-tu? l'intima-t-il en serrant les doigts d'Harry. Qui es-tu?
— Si tu l'acceptes, je suis la personne qui pourra peut-être t'aider, souffla-t-il en plongeant ses yeux dans les siens.
Mais ses paroles traversèrent Tom sans réellement l'impacter.
— QUI ES-TU? hurla-t-il en lui écrasant maintenant les doigts. Jamais tu ne réponds avec franchise à mes questions! Tu les détournes toujours! Finalement, tu es bien plus Serpentard que je le pensais!
Il tira sur les mains d'Harry et le rapprocha de lui dans une prise étroite. Il tordit l'un de ses bras et le força dans son dos, dans une posture douloureuse. D'une pression, Harry sentit que Tom pouvait lui briser le poignet.
— Ta cicatrice est souvent douloureuse lorsque je te regarde. Ton pouvoir, il m'attire comme jamais je ne l'ai été auparavant. Tu sembles lire en moi comme si tu connaissais mon âme, énuméra-t-il, emprisonnant toujours Harry contre lui, son souffle aspergeant son visage. Tu vois si clair en moi que tu ne te laisses pas berner comme tous les idiots de cette école. Et tu as vraiment voulu me tuer, n'est-ce pas? Comme si tu étais venu dans cette école que pour ça! Mais tu n'as pas pu. Ton âme est bien trop pure. C'est à la fois pathétique, mais aussi admirable.
Un ricanement s'éleva de sa gorge. Ses yeux le scrutaient avec tant d'ardeur qu'Harry ne pouvait quitter son regard. Il érigea ses barrières mentales, sachant que Tom pouvait à tout moment pénétrer son esprit. Son corps le brûlait, ses poumons peinaient à respirer. Tom était trop présent, il était partout autour de lui.
— Et cette sensation, en ce moment, cracha Jedusor en appuyant douloureusement sur le poignet d'Harry, ne la sens-tu pas? QUI ES-TU?
— Je suis ton Horcruxe! cria-t-il devant la violence de Tom et la douleur ressentie.
Ce dernier le lâcha soudainement, ce qui fit perdre son équilibre. Harry serra son poignet contre lui, le massant pour soulager la douleur. Il s'en voulait. Rien n'allait comme il le souhaitait. Il avait cherché à manipuler Slughorn pour éviter de donner des informations sur les Horcruxes à Jedusor et voilà qu'il dévoilait en être un. Et comment expliquer la suite? Tom était intelligent, il ferait des liens. Harry devait donc révéler certains éléments bien spécifiques, sans plus. Mais lesquels? Il releva le menton et observa le sorcier devant lui. Cette fois-ci, une seule émotion imprégnait ses traits: la stupeur.
— Je suis ton Horcruxe, répéta-t-il, lentement. Je… je suis un Voyageur temporel. Dans le futur, qui est mon présent, tu as fait de moi ton Horcruxe. Et, suite à certaines circonstances, j'ai fait un bond dans le temps.
Tom resta muet, observant Harry avec des yeux ébahis. Puis, ils se plissèrent, son cerveau de nouveau en marche. Il réfléchissait avec force, Harry pouvait le voir derrière le tiraillement de sa bouche. Il recula d'un pas, souhaitant quitter cette salle une bonne fois pour toutes. Il n'était pas un bon menteur, n'arrivait pas à manipuler Tom comme il le voulait, ne faisait que des bêtises depuis son arrivée en 1942.
Pourquoi Dumbledore l'avait-il encouragé à faire ce voyage? Il n'était pas un tacticien! Il était un pion, un pion élevé pour tuer Voldemort, et même ça, il en était incapable!
— Si ce que tu dis est vrai, pourquoi aurais-je fait de toi mon Horcruxe? Une personne qui a tenté de me tuer? Une personne qui me déteste?
— À cause d'une malencontreuse erreur. Tu es un mégalomane terrifiant dans mon présent. Tout ton être est dénaturé. Je… Te tuer était pour protéger tout le monde, mais…
Un claquement de langue s'éleva de Tom. Il plissait le nez, comme si toute cette scène le dégoûtait.
— Le visage que j'ai entraperçu dans tes pensées, était-ce moi?
Harry cligna des yeux. Il était vrai que Tom avait vu le visage de Voldemort. Ce visage de serpent, bien loin de la beauté de sa jeunesse. Il y avait de quoi être répugné.
— Oui…
Tom s'éloigna et s'arrêta devant le feu. Il semblait troublé. Mais à quel point? Jouait-il la comédie afin de le tromper? Était-ce une bonne chose de le mettre au courant d'une partie de son futur? Ce futur qui n'était déjà plus le même puisqu'Harry avait mis la pagaille dans le passé. Les événements s'enchaîneraient différemment, mais comment? Le fait que Tom soit au courant de sa possible fin pourrait-il le faire changer de voie ou bien chercherait-il un autre moyen pour parvenir au pouvoir, dans un chemin semblable?
Tom se tourna à demi et déchiqueta Harry de son regard.
— Si tu es mon Horcruxe, c'est que je suis ton supérieur? murmura-t-il, sa voix redevenue aussi douce que le velours.
— Non! En faisant de moi ton Horcruxe, tu m'as marqué comme ton égal!
Harry bouillait maintenant de rage pendant que Tom se retournait complètement devant lui. Il croisa les bras, un sourire condescendant aux lèvres.
— Une marque, n'est-ce pas comme une signature sur un livre pour identifier ce qui nous appartient? Ou bien comme le fer sur du bétail? Tu auras beau penser le contraire, cette marque t'identifie comme mien, Evans. Tu es lié à moi, comme je suis lié à toi.
Harry renifla, ne sachant que dire. Tom était obsédé par les possessions. Et Harry venait de s'offrir sur un plateau d'argent. Sa tête le brûlait, tout comme sa cicatrice.
— Tu sembles épuisé, ajouta Tom, toujours près de la cheminée. Je crois qu'il y a eu assez de révélations pour aujourd'hui. Bien entendu, tu gardes le silence sur ce que nous venons de… discuter.
— Tu me prends pour un idiot? Déjà que tu saches que je suis un Voyageur temporel est risqué! J'ai même gardé le secret sur tes meurtres! Mais peut-être que c'est ça, la solution? Tout révéler pour que tu sois enfin enfermé à Azkaban?
Tom s'avança vers Harry, le pas dur. Ses traits étaient à nouveau terribles, mais Harry n'en avait que faire. Il gonfla sa magie, mettant en garde n'aimait pas dominer comme le sorcier devant lui, mais cela ne signifiait pas qu'il pouvait tout accepter malgré sa tendance à jouer les martyrs.
— Non, tu garderas le silence! le somma Tom, sa voix crépitant comme la foudre.
— Eh bien, passons un accord? proposa Harry en déployant un peu plus sa magie.
Il vit les effets immédiats: les pupilles de Tom se dilatèrent, les muscles de sa mâchoire se crispèrent. Tout son corps se tendit comme la corde d'un arc. C'était comme s'il était sous l'emprise d'une drogue.
— Plus aucun meurtre, compris? Et s'il y a quoique ce soit, nous discuterons. Nous trouverons une solution devant tes... pulsions. Nos valeurs divergent peut-être, mais nous sommes assez semblables, toi et moi.
Le silence plana. Il dura plusieurs secondes. Puis Tom hocha finalement la tête. Cette vision soulagea Harry : c'était un point pour lui. Maintenant, il devait le garder à l'œil et s'assurer qu'il respectait sa parole. Et surtout, il devait taire le plus possible certains éléments comme le fait qu'il était le Maître de la mort. Il aiderait Tom à changer, il le devait pour le bien de l'humanité. C'était son nouvel objectif.
Avec prudence, Harry se détourna de Tom, ses pieds se dirigeant vers la sortie. Lorsqu'il appuya sa main contre la poignée de porte, la voix de Tom s'éleva.
— Quel est ton véritable nom?
Harry s'immobilisa.
— Je croyais qu'il y avait eu assez de révélations pour aujourd'hui?
Sans même se retourner, il sentit la magie de Tom pétiller de fureur. Sa cicatrice fut aussi assaillie par la douleur.
— Je m'appelle réellement Harry… J'ai simplement modifié mon nom de famille. J'ai pris celui de ma mère… qui provenait d'une famille Moldue. Mon véritable nom est un secret.
— Tu es donc un vrai Sang-Mêlé?
— Oui, Tom, un Sang-Mêlé comme toi.
Puis il ouvrit la porte afin de fuir la pièce.
C'était le dimanche après-midi. Sur un gros coussin capitonné, Harry lisait un volume de Médicomagie. Il l'avait trouvé dans une section traitant des pathologies moldues et des pathologies sorcières. Un chapitre était justement réservé au Choc post-traumatique et Harry s'y reconnut fort bien à son grand désespoir. Selon les symptômes, il était mentionné que la personne atteinte pouvait perdre progressivement le contrôle de ses réactions et être en proie à des accès de colère et à des comportements impulsifs. Il était aussi stipulé que le sentiment de culpabilité était également fréquent. En y réfléchissant, Harry avait perdu l'envie de vivre après la vision de, certes, tous les morts, mais surtout de Ron, d'Hermione et de Ginny. Était-ce la culpabilité qui l'avait poussé à se faire tuer par Voldemort? Un endroit dans le chapitre expliquait aussi que les personnes victimes d'un Choc post-traumatique pouvaient ne ressentir que des émotions négatives, comme la peur, l'horreur, la colère ou la honte et qu'elles pouvaient, parfois, être incapables d'aimer ou de se sentir heureuses ou satisfaites. Harry avait tellement les émotions déstabilisées, passant de la colère intense à la perte d'intérêt… Il n'était pas Médicomage, mais manifestement, il avait de nombreux symptômes s'apparentant à ce syndrome.
Il tourna les pages et tomba sur les troubles de la personnalité: trouble de la personnalité paranoïde, trouble de la personnalité narcissique, trouble de la personnalité antisociale… Harry s'arrêta sur le dernier chapitre et lut un moment les explications. Il était mentionné que les personnes atteintes de ce trouble se comportaient comme elles l'entendaient, sans tenir compte des conséquences pour elles-mêmes ainsi que pour les autres. Le sentiment de remords ou de culpabilité était absent. Ces personnes victimes de ce trouble possédaient un mépris des conséquences et des droits des autres. L'utilisation de la tromperie et de la manipulation était fréquente afin d'obtenir ce qu'elles désiraient. Plus loin, Harry put lire que les personnes atteintes de ce trouble étaient souvent charmantes, persuasives et convaincantes afin d'obtenir justement ce qu'elles voulaient.
Harry cligna des yeux. Il reconnaissait bien Tom dans ces explications. Peut-être présentait-il seulement des traits de cette personnalité? Par contre, s'il ne faisait rien, ses traits se consolideraient en un véritable trouble. Et là, Voldemort naîtrait. Le fait que Tom ait perdu une partie de son âme favorisait-il justement ses comportements courtisant la folie? Si seulement il pouvait réparer son âme… Mais faire revivre une personne, c'était tout bonnement impossible.
Il s'enfonça dans le confort de son siège et ferma les yeux. S'il réfléchissait bien, Dumbledore avait décrit Tom comme une personne n'ayant jamais aimé. Ce sentiment lui était étranger. Était-ce à cause d'une éducation déficiente étant donné son milieu de vie, l'orphelinat? Était-ce à cause d'un grand manque d'attention d'un adulte pour lui enseigner le bien et le mal? Était-ce justement à cause de ses traits de la personnalité antisociale? Était-ce dû à une combinaison de tout ça? N'importe quel enfant né dans un milieu inadéquat pouvait développer des troubles de comportement… En fait, non, certains enfants étaient plus disposés à les développer, et s'ils n'avaient pas les outils adéquats pour y faire face, ils pouvaient bien sombrer.
Et qu'en était-il de Tom? Était-il trop tard? Il avait déjà commis plusieurs meurtres. Sauf que, selon ses dires, l'assassinat des Jedusor relevait d'un accident. Était-ce vrai? Il avait semblé sincère, tout comme le moment où il avait avoué se sentir puissant devant les cadavres devant lui. Et Mimi? Était-ce prémédité ou bien était-ce aussi un accident? Harry était incapable de tuer Tom. Il tâcherait de l'aider à changer en mieux. Mais comment? Il n'était pas un psychologue ni un médicomage… Mais il connaissait ses secrets. C'était déjà une bonne base pour l'aider. Tom n'avait pas besoin de se cacher devant lui. Il devait le lui dire encore une fois, qu'il comprenne bien qu'il pouvait l'aider.
Il soupira avec force. Jamais il n'aurait pensé que les choses vireraient ainsi pour lui.
— Tu me sembles bien soucieux, s'éleva une douce voix devant lui.
Surpris, Harry ouvrit les yeux. Linette se tenait face à lui, un sourire aux lèvres. Elle avait noué ses cheveux avec un joli ruban jaune. Il ne l'avait pas entendu ni senti approcher, preuve qu'il était profondément encré dans ses pensées.
— Oui, tu as raison, l'approuva-t-il.
Elle pointa un doigt sur lui, ou plutôt sur ce qu'il lisait.
— Est-ce un volume de Médicomagie?
Harry observa la page ouverte et referma le volume d'un claquement sonore. Il ne voulait pas que Linette sache ses recherches sur les troubles de la personnalité.
— Oui, c'est bien ça.
— As-tu besoin d'aide? Ma mère est Médicomage, lui apprit-elle. Si jamais tu as des questions en particulier et que tu ne trouves pas la réponse, je peux lui écrire.
— C'est gentil… Mais ça va. C'est une branche qui m'intéresse, alors… Je m'informe un peu.
Linette prit place près de lui et l'observa avec attention.
— C'est vrai? Je pense que tu pourrais être un bon Médicomage, lui assura-t-elle. Bien que tu sois à Serpentard... Tu as une grande sensibilité.
— Bien que je sois à Serpentard? répéta-t-il. Je ne dois pas être le seul Serpentard à être sensible.
Elle lui tapa l'épaule en rigolant.
— Je te taquine. Mais, je pense vraiment que tu aurais les capacités pour pratiquer la médicomagie.
Harry croisa les bras, en réflexion. Jamais il n'avait pensé à cette branche. Peut-être pourrait-il en apprendre plus sur la santé mentale, justement. Il devait exister des moyens pour aider ceux qui en souffraient… Deux mains encerclèrent son bras et il sentit une poitrine se coller contre lui. Harry sursauta et observa Linette qui s'imposait à lui.
— Tu sais Harry… Je voulais t'en parler plus tôt, mais je ne trouvais pas le bon moment…
Il déglutit difficilement devant l'attitude de la jeune fille.
— Merci de m'avoir aidé depuis la rentrée, souffla-t-elle, le trémolo dans la voix. J'ai… j'ai perdu mon grand frère il y a deux ans et, tu me fais étrangement penser à lui.
Le corps d'Harry se détendit. Il l'observa alors avec compassion, prêt à accueillir son récit.
— Tu ne lui ressembles pas physiquement, mais ton caractère, comment tu me regardes avec gentillesse et patience, le son de ta voix… Tu me fais tellement penser à lui. Est-ce que tu pourrais me prendre dans tes bras un moment?
Linette avait le visage embarrassé, la bouche tordue par anticipation.
— Je sais, c'est bizarre ce que je demande, mais… Je voudrais juste donner le dernier câlin que je n'ai pas pu faire à mon frère. Faire un au revoir.
Lentement, Harry ouvrit ses bras et accueillit Linette dans ceux-ci. Il la serra contre lui et déposa son menton dans ses cheveux. Il lui frotta doucement le dos, la sentant pleurer contre sa robe de sorcier.
— Comment… hésita Harry. Comment est-il mort?
— La guerre, murmura Linette. Il était au mauvais endroit au mauvais moment.
L'étreinte dura plusieurs minutes. Toutefois, sa cicatrice finit par le gêner. Le nez toujours plongé dans les cheveux de Linette, Harry releva le menton et observa les environs. Adossé contre une bibliothèque, Tom se tenait raide comme un piquet, les poings fermés par la rage. Deux rubis illuminaient les ombres de son visage. Lestrange se tenait dans son sillage, le regard noir. D'un geste à la fois doux et ferme, Harry éloigna Linette, le sourire crispé.
— Merci d'avoir partagé ton histoire, lui dit-il avec vérité. Un jour, je te raconterai la mienne.
C'était a priori un mensonge, mais il sentait le besoin de rendre la pareille à Linette, de lui montrer qu'il tenait à leur nouvelle relation. Il appréciait le fait qu'elle lui ait témoigné son secret. Le sien était certes plus pointilleux, mais il pourrait peut-être manier les événements… Du coin de l'œil, il vit Jedusor approcher. Linette sursauta devant la grande silhouette qui se pencha vers eux, au sourire qu'Harry reconnut comme forcé.
— Est-ce que tout va bien?
Linette essuya les larmes de ses yeux, ces derniers écarquillés devant Tom. Harry en déduisit que c'était la première fois qu'ils parlaient tous les deux.
— Oui, répondit-elle, d'une voix hésitante. Je remerciais Harry pour sa présence.
Et elle regarda le concerné, le visage doux. Harry avala de travers: il imaginait très bien Tom mal interpréter les choses. Linette se leva, déplissa sa jupe d'école.
— Je vous laisse. Encore merci, Harry.
Elle passa près de Lestrange, le saluant de la tête, puis s'éloigna jusqu'à sortir du champ de vision d'Harry. Ce dernier sentit l'ambiance s'assombrir et se refroidir davantage. Tom resta debout, le corps entier raidit par des émotions qu'Harry ne saisissait pas.
— Que te voulait-elle?
La voix de Tom était rauque, presque nerveuse.
— Elle avait besoin d'être consolée, répliqua Harry, les sourcils froncés. Nous avons une bonne relation. Linette est gentille.
— Si tu as besoin d'une relation, tu as moi, siffla Tom, les yeux toujours rouge sang. Je ne vois pas pourquoi tu aurais besoin d'elle.
Lestrange, toujours derrière Tom, fixait le sol, la mâchoire contractée. Il se pinçait la peau des cuisses, comme s'il cherchait à former un nouveau point de douleur pour oublier le principal. Cette vision mit Harry mal à l'aise.
— Peut-on avoir cette conversation sans Lestrange? demanda-t-il, avec le plus de douceur possible.
— Lestrange ne dira rien, claqua Tom. Il surveille mes arrières.
— Eh bien, s'exclama Harry, cette conversation est terminée. Je n'ai pas envie que ses oreilles traînent dans le coin.
Avec étonnement, Harry vit Tom claquer de la langue, soupirer, puis faire un signe à Lestrange de la main. Ce signe devait signifier de partir puisque le garçon s'exécutât sans parler.
— Heureux?
Harry hocha le menton, les bras maintenant croisés contre son torse.
— Linette a perdu un être cher et elle m'expliquait que je lui faisais penser à cette personne. Elle m'a donc demandé une étreinte, un peu comme si elle disait au revoir à la personne décédée. Tu comprends?
Tom pencha la tête sur le côté, les yeux plissés. Il semblait réfléchir aux mots d'Harry.
— As-tu déjà perdu un être cher? lui demanda-t-il alors.
Le silence meubla un moment les deux sorciers. Harry fit donc signe à Tom de s'asseoir près de lui. Lorsqu'il le fit, leurs genoux se touchèrent. Des picotements de chaleur s'infiltrèrent dans la peau d'Harry. Tom le ressentait sûrement: son visage se dérida un peu, ses pupilles se dilatèrent.
— Imagine la personne que tu aimes le plus, poursuivit Harry. Imagine que du jour au lendemain, cette personne disparaisse. Cela ne t'affecterait-il pas?
La bouche de Tom se tordit.
— Cette personne n'existe pas et si elle existait, je n'accepterais jamais sa disparition. Je m'arrangerais pour que ça ne se produise pas.
Vraiment? Harry le regarda, exaspéré.
— Tu ne peux pas contrôler les événements à ce point, voyons! Et comment est-il possible que tu ne tiennes à personne?
La réponse s'éleva en lui: Tom avait des traits de la personnalité antisociale. Voilà pourquoi. Mais il semblait vouloir développer une relation avec Harry. De quel type, il ne le savait pas.
— Dis-moi, pourquoi veux-tu m'empêcher d'avoir des relations avec les autres?
— Tu es un solitaire, comme moi, répondit Tom avec lassitude. Je peux donc combler ton besoin de socialisation.
Harry renifla. Était-ce vraiment tout?
— Mais je reste un être minimalement social, Tom.
La prononciation de son prénom provoqua des frissons chez le sorcier, Harry put l'observer sur ses avant-bras découverts.
— Et Linette est gentille. J'aime parler avec elle.
Harry ressentit la colère soudaine de Jedusor, elle imprégnait l'air autour d'eux. Comment pouvait-il être si possessif pour une relation qui n'existait pas entre eux?
— Écoute, s'exaspéra-t-il, je continuerai à parler à Linette, mais je jure de le faire plus avec toi. Est-ce que ça te convient?
— Parfait, approuva Tom, les yeux maintenant de couleur abyssale, un sourire satisfait trônant sur ses lèvres. Tous les soirs, près du feu, nous discuterons.
— Tous les soirs! C'est trop! s'alarma Harry.
Tom fronça les sourcils.
— Trois soirs par semaine, est-ce que ça te convient? proposa Harry.
— Et tu manges avec moi à la Grande Salle, conclut Tom, sans lui laisser le temps de répondre.
D'un geste gracieux, il se leva et Harry l'observa partir, l'esprit confus. Il ne comprenait rien au comportement de Jedusor.
Eh bien? Qu'en avez-vous pensé? J'avoue que j'ai une petite anxiété, là. On note une évolution entre nos deux protagonistes et on sent qu'Harry a un nouveau plan en tête. Je suis désolée... aucun fanart encore. J'ai un peu moins de temps dernièrement et je préfère concentrer mon énergie sur l'écriture...
À la prochaine!
